Neuf-Brisach

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Neuf-Brisach
Neuf-Brisach, ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.
Neuf-Brisach, ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.
Blason de Neuf-Brisach
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar
Canton Neuf-Brisach (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Brisach
Maire
Mandat
Richard Alvarez
2014-2020
Code postal 68600
Code commune 68231
Démographie
Gentilé Néo-Brisaciens, Néo-Brisaciennes
Population
municipale
2 020 hab. (2011)
Densité 1 519 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 08″ N 7° 31′ 45″ E / 48.0188888889, 7.52916666667 ()48° 01′ 08″ Nord 7° 31′ 45″ Est / 48.0188888889, 7.52916666667 ()  
Altitude Min. 194 m – Max. 198 m
Superficie 1,33 km2
Localisation

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Liens
Site web site officiel Neuf-Brisach

Neuf-Brisach (en allemand : Neu-Breisach) est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

En 2008, Neuf-Brisach, membre du réseau des sites majeurs de Vauban, est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[1] :

« Neuf-Brisach, ville créée ex nihilo en 1697 dans la plaine d’Alsace, après la perte de Vieux-Brisach au-delà du Rhin, est la seule et magnifique illustration du « troisième système » de Vauban. C’est Louis XIV lui-même qui, parmi les trois projets soumis par Vauban, choisit le plan octogonal qui est parvenu jusqu’à nous... »

— Réseau Vauban[2]

Géographie[modifier | modifier le code]

Neuf-Brisach se trouve dans la partie de la plaine alsacienne, proche de la frontière allemande et du Rhin (5 km).

Situation[modifier | modifier le code]

Située dans la plaine d'Alsace, Neuf-Brisach est à 3,5 km du pont sur le Rhin, qui marque la frontière, et de la ville allemande de Vieux-Brisach située sur l'autre rive. Le territoire communal est uniquement constitué de la « ville nouvelle », des fortifications et de leurs emprises. Le bourg de Volgelsheim à l'Est est contigu, son territoire communal s'étendant de la place forte jusqu'au Rhin. Les communes rurales de Wolfgantzen à l'Ouest, sur la route de Colmar, Biesheim au Nord et Weckolsheim au Sud, se situent dans un environnement proche.

Transports[modifier | modifier le code]

Neuf-Brisach est accessible par l'autoroute A35, qui passe à Colmar, et diverses routes départementales[3]. Colmar est à 15 km, Mulhouse à 35 km et Fribourg, en Allemagne, à 33 km. Des services de transport en commun routier en bus[3] permettent de relier Neuf-Brisach à Colmar. Le TGV dessert Colmar et l'aéroport le plus proche, EuroAirport Bâle-Mulhouse[3], est à 56 km, l'aéroport international de Strasbourg[3] étant distant de 82 km.

Les moyens de transports touristiques ne sont pas uniquement liés à la route puisqu'on peut prendre un train touristique et historique à l'ancienne gare de Volgelsheim pour rejoindre l'embarcadère de Sans-Soucis et embarquer sur un bateau pour une croisière sur le Rhin. La Route verte, symbole de l'amitié franco-allemande[4], reliant dès le début des années 1960 les Vosges françaises au massif allemand de la Forêt-Noire, permet de relier en randonnée pédestre ou en cyclotourisme les villes historiques que sont Neuf-Brisach la française et Vieux-Brisach l'allemande.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1697, les traités de Ryswick signés à Rijswijk, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mettent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance. La France perd la place forte de Brisach sur la rive allemande du Rhin. Afin de combler la perte de l'ancienne place forte, qui laisse un vide défensif entre Strasbourg et Mulhouse, Louis XIV décide de la construction d'une nouvelle ville fortifiée face à Brisach pour prévenir toute invasion d'outre-Rhin. Il en confie l'étude à ses architectes Vauban et Jacques Tarade[5].

Plan de la ville par Vauban

Louis XIV choisit, entre trois projets, une place forte au plan octogonal ; la construction débute le avec la pose de la première pierre. Un canal est spécialement creusé jusqu’aux Vosges pour acheminer le grès rose nécessaire à la construction. Les fortifications de la nouvelle citadelle sont achevées en 1702 ; le a lieu la pose de la première pierre de l'église Saint-Louis, achevée en 1736. La mairie est achevée en 1758.

Plan-relief de la ville.

En dehors d'une alerte, en 1743, elle n'a jamais joué de rôle dans l'histoire de l'Europe, ni même dans l'histoire locale. Après avoir été investie à deux reprises en 1814 et 1815, c'est en novembre 1870 que Neuf-Brisach est assiégée pour la première fois. Sa garnison de 5 500 hommes enfermée dans des fortifications surannées s'oppose vainement aux troupes allemandes. Si la ville est partiellement détruite par les bombardements, elle sera reconstruite. Devenu une place forte allemande, ses fortifications largement modifiées à partir des années 1875 pour s'adapter au nouvelles conditions de la guerre et réaliser le cœur de l'importante tête de pont allemande de Neuf-Brisach (Brückenkopf Neubreisach). Cette tête de pont équipée des matériels les plus modernes est un ensemble majeur des fortifications du Rhin supérieur.

Une ligne de chemin de fer est construite sur une partie des dehors murs. Du fait de son enclavement dans les fortifications, la ville n'a pas de possibilité d'extension. Sa garnison est dissoute en 1992[6].

Neuf-Brisach, dernière fortification construite ex nihilo par Vauban, est considérée comme l’aboutissement de son œuvre en matière d'architecture militaire. La ville sévèrement touchée par les bombardements américains de 1945 est aujourd’hui restaurée et, depuis , fait partie des douze fortifications majeures de Vauban qui sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Quelques dates :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Neuf-Brisach

Les armes de Neuf-Brisach se blasonnent ainsi :
« D'azur au soleil à seize rais d'or, une fleur de lys d'argent en pointe. »[7]

Administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Neuf-Brisach
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours Richard Alvarez    
1983 2008 Maurice Zimmerlé RPR-UMP  
1971 1983 René Adolph RPR  
1820   Nicolas Claude Leroy[8]   colonel
1815 1820 Hermann de Wimpffen[9]   baron
1813 1815 Hyacinthe Blein[10]   marchand
1811 1813 Henri Moreau[11]    
1808   Jean Louis André Jourdain[12]   notaire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 020 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 000 1 721 1 746 1 837 2 005 2 020 2 432 2 498 3 893
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
3 268 3 456 1 981 2 627 2 772 2 223 2 155 3 052 3 291
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 307 3 522 2 809 1 603 2 100 1 940 2 150 1 163 1 764
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
2 127 2 580 2 579 2 205 2 092 2 197 2 237 2 185 2 032
2011 - - - - - - - -
2 020 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[14])
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Royale Saint-Louis.

Neuf-Brisach est membre du Réseau des sites majeurs de Vauban et classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, signé à Québec début juillet 2008.

Les lieux à voir à Neuf-Brisach :

  • les fortifications en forme d'étoile à 16 pointes ;
  • la place d'Armes au centre de la ville ;
  • le musée Vauban retraçant l'histoire de la ville (ouvert du 1er mai au 30 septembre, tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h) ;
  • les fossés, l'enceinte de sûreté, les huit tours bastionnées, les tenailles, contre-gardes, demi-lunes et réduits de demi-lunes ;
  • le canal Vauban.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Temple protestant

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Festivités[modifier | modifier le code]

  • Le 1er mai a lieu la fête du muguet
  • Des groupes musicaux et folkloriques animent la commune. Un marché des terroirs se tient autour de la Place d'Armes. Des forains participent aussi à la fête.
  • Le marché de Noël se tient le deuxième week-end de décembre. On y trouve le « Village 1700 » avec de nombreux exposants en costume d'époque, des artisans, des jeux d'autrefois pour les plus jeunes. Un sapin géant de 25 m, symbole de Noël en Alsace, illumine la place centrale de mille feux.
  • Tous les deux ans, la place forte vit au rythme d'un bivouac napoléonien (campement, reconstitutions de batailles, 300 figurants en costume...)

Visites guidées[modifier | modifier le code]

Des visites guidées sont proposées toute l'année par l'office de tourisme du Pays de Brisach. Les guides en costumes campent des personnages historiques tels que Vauban, Louvois, Laubanie, Tarade et retracent la vie de la cité au temps de Louis XIV. En été, les visites se déroulent chaque premier dimanche du mois ainsi que les mardis et les jeudis en français et les mercredis et samedis en allemand.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune de Neuf-Brisach est jumelée avec la commune de Meilhan-sur-Garonne, située dans la région Aquitaine et dans le département du Lot-et-Garonne, ainsi qu'avec sa sœur jumelle côté allemand Breisach am Rhein (Vieux-Brisach en français), située dans le district de Fribourg-en-Brisgau et dans le Land du Bade-Wurtemberg.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée Bleue,‎ 1995, 663 p. (ISBN 2-7165-0250)
    Monuments historiques de Neuf-Brisach, pp. 265 à 269
  • René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine,‎ septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)
    Chapitre VII Les monuments au service de l'écologie : Mise en valeur des fortifications Vauban à Neuf-Brisach, pp 219-220
  • Louis Schlaefli, « À Neuf-Brisach en 1944-45 : simples souvenirs d'un enfant », in Annuaire de la Société d'histoire de la Hardt et du Ried, 2002, no 15, p. 119-123

Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Réseau des Sites Majeurs de Vauban inscrits à l'UNESCO, lien du 14/07/2009
  2. Site vauban.org, page Neuf-Brisach, lien du 14/07/2009
  3. a, b, c et d Office du Tourisme des Bords du Rhin, comment se rendre à Neuf-Brisach lien du 14/07/2009
  4. Historique de la Route Verte (Grüne-Straße), lien du 14/07/2009.
  5. La plate-forte de Neuf-Brisach : Cicatrices de guerre
  6. Paragraphe extrait du pendant de l'article en allemand le 15 mars 2011.
  7. Archives Départementales du Haut-Rhin
  8. CGAE, lien du 15/07/2009 : « LEROY Nicolas Claude né le 10.6.1765 à St-Marcel, colonel d'artillerie en retraite, marié, 1 enfant, maire de Neuf-Brisach, nomination: 1820 »
  9. CGAE, lien du 15/07/2009 : « WIMPFFEN (Baron de) Herrmann, baron, maréchal de camp + 3.2.1820, marié, 2 enfants, maire de Neuf-Brisach, nomination: 1815 »
  10. CGAE, lien du 15/07/2009 : « BLEIN Hyacinthe né le 29.6.1772 à Neuf-Brisach, marchand, marié, / enfants, maire de Neuf-Brisach, nomination: 1813 »
  11. CGAE, lien du 15/07/2009 : « MOREAU Henri né le 3.10.1747 à Neuf-Brisach, marié, 7 enfants, maire de Neuf-Brisach, nomination: 1811 »
  12. CGAE, lien du 15/07/2009 : « JOURDAIN Jean Louis André né le 30.11.1757 à Neuf-Brisach, secrétaire de la municipalité, sergent de la guerre, conseiller municipal, administrateur de l'hospice, notaire +, marié, 3 enfants, maire de Neuf-Brisach, nomination: 1808 »
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011