Bataille de Montcornet

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Bataille de Montcornet
Monument en mémoire de la bataille.
Monument en mémoire de la bataille.
Informations générales
Date 17 mai 1940
Lieu Montcornet, France
Issue Victoire tactique allemande
Belligérants
Drapeau français France Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau de la France Charles de Gaulle Drapeau de l'Allemagne nazie Heinz Guderian
Forces en présence
5 000 hommes du 22e régiment d'infanterie coloniale
85 chars de la 4e division cuirassée
10e Panzerdivision et éléments de la 1re Panzerdivision
Pertes
14 tués
9 disparus
6 blessés
23 chars hors de combat
~100 tués
Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours
Pour le front néerlandais, voir Bataille des Pays-Bas.

Prélude et traversée allemande des Ardennes

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Tentatives de contre-attaques alliées :

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Défense des ports de la Manche et rembarquement britannique à Dunkerque :

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Effondrement de la Ligne Weygand et avancée allemande sur la Seine :

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Front italien et percée allemande dans le Sud :

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La bataille de Montcornet est un épisode de la bataille de France qui s'est déroulé le 17 mai 1940 à Montcornet (Aisne) entre la Wehrmacht et l'Armée française lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est une des rares contre-attaques de l'armée française lors de la bataille de France, et si la 4e division cuirassée commandée par le colonel Charles de Gaulle prend initialement plusieurs points stratégiques, elle se solde par une victoire allemande, suite à la retraite sur ordre des forces françaises qui manquent de renforts et de soutien aérien.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de France.
Carte de l'avancée allemande du 10 au 16 mai 1940.

Le 10 mai 1940, le Troisième Reich lance une grande offensive sur les Pays-Bas, la Belgique et la France dans ce qui sera appelé la bataille de France. Après la percée de Sedan le 13 mai, les troupes françaises sont en pleine débâcle.

Le colonel Charles de Gaulle qui avait été désigné, le 26 avril[1] pour commander, par intérim, la nouvelle 4e division cuirassée, reçoit l'ordre d'en prendre le commandement le 11 mai[1] et rassemble, à partir du 14 mai, les unités dispersées entre la Normandie, la Champagne, le Loiret et les Vosges[2]. Cette unité est tout juste en cours de formation (environ 5 000 hommes, 85 chars qui ne sont pas équipés de radios), manque d'appuis aériens, de batteries antichars et antiaériennes, de moyens de communication, de transports de troupe et de carburant, de munitions et son armement est incomplet[2].

Avec cette division, il exécute une contre-attaque vers Montcornet, dans l'Aisne, le 17 mai[2]. Ce village relève d'une importance stratégique majeure (située sur l'axe routier entre Reims, Laon et Saint-Quentin et étant un point de passage pour la logistique allemande de la 1re Panzerdivision notamment)[2]. La mission confiée à de Gaulle, le 15 mai, par le général Doumenc[1], est de « barrer la route de Paris en établissant un front défensif sur l'Aisne et l'Ailette[2] », afin de permettre à la 6e armée du général Touchon de s'y déployer.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de l'Aisne (1940).
Carte de l'avancée allemande du 16 au 21 mai 1940.

Le 17 mai, entre 4 et h du matin, les éléments de la 4e division cuirassée lancent une contre-attaque à Montcornet ; ils détruisent un convoi allemand au sud du village[2],[3]. Après avoir investi le Montcornet, vers midi, les chars B1 Bis sont pris à parti par des canons antichar Pak-37 et des panzers allemands : ce sera le premier engagement de la bataille[3]. Par manque d'essence, ceux-ci disposant en effet d'une faible autonomie et les moyens de ravitaillement font défaut[2], de nombreux chars français doivent être abandonnés ou battre en retraite tandis que d'autres s'embourbent dans les marécages[3]. Les chars français sont sous le feu des canons de 88 mm de DCA utilisés comme canons anti-chars par les Allemands[2],[3].

Le colonel de Gaulle envoie également de l'infanterie nettoyer les poches de résistance à Chivres[3]. Clermont-les-Fermes, un village adjacent, est par ailleurs nettoyé par des chars D2. Vers 16 h, de Gaulle ordonne une nouvelle offensive contre Montcornet mais celle-ci reste sans succès ; les équipages de chars, n'ayant reçu aucune carte détaillée du secteur, sont attaqués par les canons de 88 mm ennemis[3]. Le commandant Bescond, chef du 46e bataillon qui a dirigé l'assaut est tué[4],[3]. L'intervention de la Luftwaffe, vers 18 h 30, sonne le glas de l'offensive et force la 4e division cuirassée à se replier[2].

Bilan[modifier | modifier le code]

Les pertes du côté français sont de quatorze tués, neuf disparus et six blessés ; 23 chars français sur les 85 engagés sont mis hors de combat lors de la bataille, les pertes allemandes sont quant à elles de l'ordre d'environ 100 tués[3].

Un des enseignements de cette bataille, pour l'armée française, est qu'une grande unité motorisée blindée ne peut obtenir de résultats sans le soutien de l'aviation, la protection de la DCA et l'accompagnement d'unités d'infanterie spécialisées[2].

Bien que la bataille de Montcornet soit une défaite côté français, ce fut en quelque sorte une victoire morale, compte tenu du contexte[3].

Cette bataille est fréquemment citée comme la seule contre-attaque alliée de la campagne de France qui parvint à repousser les troupes allemandes, cependant, il ne s'agit pas du seul engagement de blindés (voir : « Bataille de Hannut », « Bataille de Flavion » et « Bataille de Stonne »).

Suites de la bataille[modifier | modifier le code]

Le lendemain et pendant la journée suivante[1], de Gaulle renouvelle son attaque, grâce à un renfort d'artillerie, à l'arrivée de nouveaux chars et au réapprovisionnements en essence de sa division, avec pour objectif Crécy-sur-Serre, afin d'essayer de couper l'avance des Allemands sur l'Oise[2]. Les Allemands qui ont protégé leur flanc sud ripostent de nouveau au canon de 88 et avec les stukas en piqué, tandis que leur infanterie vient à bout des chasseurs français retranchés à Chambry[2]. Le général Georges donne l'ordre de ne pas poursuivre cette bataille, le déploiement de la 6e armée étant accompli. Après encore une journée de combats, le 20 mai[1], la 4e division cuirassée passe alors l'Aisne vers le sud, gagne Fismes et se prépare à de nouveaux combats[2].

L'engagement suivant du colonel de Gaulle a lieu à la bataille d'Abbeville sous les ordres du général Weygand.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Éric Roussel, Charles de Gaulle, éd. Gallimard, Paris, 2002, 1032 p. (ISBN 2-07-075241-0 et 978-2070752416), p. 79-81.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Pierre Miquel, La Seconde Guerre mondiale, Paris, éd. Fayard, 1986 (ISBN 2-7242-3370-0) ; rééd. Club France Loisirs, 1987, p. 107-109.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i La bataille de Montcornet - 17 mai 1940 - Mythe et réalité, veterans.fr, consulté le 8 mars 2012
  4. Philippe Frilley, « Bescond Jean Yves Marie, 1939-1945 », sur memorial-genweb.org,‎ 11 juin 2010 (consulté le 25 mars 2013).

Bibliographie[modifier | modifier le code]