Paquebot

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Paquebot
Image illustrative de l'article Paquebot
Le Queen Mary 2, l'un des derniers paquebots transatlantiques, fait escale à Québec.
Généralités
Type Navire à passagers
Époque Années 1840 - présent
Sous-types Paquebot de ligne, navire de croisière
Caractéristiques courantes
Taille De 60 à 360 m de longueur environ
Propulsion Voile, vapeur, moteur Diesel
Matériaux Bois, fer, acier
Image illustrative de l'article Paquebot
Le Bremen, paquebot allemand de 1929

Un paquebot est un navire spécialisé dans le transport de passagers en haute mer. Le terme résulte de la francisation de l'anglais packet-boat, désignant les navires transportant du courrier. Les premiers grands paquebots sont apparus au début du XIXe siècle lorsque les migrations internationales étaient fortes. De nombreuses innovations techniques telles que la machine à vapeur et les coques en acier ont permis aux paquebots de gagner en taille et en vitesse et ont donné lieu à des compétitions entre puissances, notamment entre le Royaume-Uni et l'Allemagne. Après deux âges d'or, au tournant des deux siècles, puis dans l'entre-deux-guerres, le règne du paquebot s'est estompé pour laisser place à l'avion.

On distingue deux types de navires spécialisés dans le transport des passagers en haute mer :

  • Les paquebots de lignes (dont les plus célèbres sont les transatlantiques) sont affectés à des lignes régulières pour le transport de passagers et de courrier. Ils ont majoritairement disparu dans les années 1960/1970.
  • Les paquebots de croisière assurent pour leur part des voyages touristiques en diverses parties du globe et représentent, au début du XXIe siècle, l'écrasante majorité des paquebots bien que certains assurent occasionnellement des traversées de l'Atlantique.

Maintes compagnies se sont développées, les plus importantes sur le plan international étant britanniques et allemandes, suivies par les compagnies françaises et italiennes. Des chantiers navals spécialisés dans la construction de paquebots se sont également développés. Les lignes empruntées étaient, dans un premier temps, liées aux migrations et à la colonisation. Avec l'arrivée du transport aérien et la décolonisation, les croisières, en particulier en Méditerranée et dans les Caraïbes, ont pris le pas sur les lignes traditionnelles.

Les paquebots ont laissé une forte empreinte dans la mémoire collective. Certains comme le Queen Mary ou le France sont ainsi devenus des symboles nationaux, tandis que d'autres comme le Titanic ont frappé les esprits par leurs malheurs. Ils ont également inspiré le cinéma et la littérature, contribuant à créer un « mythe du paquebot ».

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Du clipper au paquebot à vapeur (1800 - 1838)[modifier | modifier le code]

Les premiers paquebots[modifier | modifier le code]

Les clippers sont les ancêtres des paquebots.

Les premiers paquebots apparaissent au milieu du XVIIe siècle. Ces navires étaient chargés de transporter le courrier — des « packets » — entre la Grande-Bretagne et le continent. Ils prenaient parfois à leur bord quelques passagers[1]. La marine britannique est alors la plus puissante du monde. Elle exploite de nombreuses routes commerciales de par le monde pour importer des matériaux exotiques[2]. La mer du Nord et la mer Baltique deviennent également des routes commerciales majeures[3]. Cependant, pendant la première moitié du XIXe siècle le service des « packets » disparaît au profit du paquebot moderne[Note 1].

Au début du XIXe siècle, la révolution industrielle et la croissance des échanges commerciaux inter-continentaux — par le biais, notamment, des colonies — rend impérieux le développement de liaisons sûres entre ces terres. Au premier rang des puissances coloniales, le Royaume-Uni a besoin de routes maritimes stables pour relier les différentes parties de son empire : Extrême-Orient, Inde, Australieetc. Depuis le XVIIIe siècle, les grandes puissances maritimes s'équilibrent, et le rêve du Hollandais Hugo Grotius selon lequel les mers appartiennent à tous se concrétise[4]. La naissance du concept d'« eaux internationales », et l'absence de revendication qui s'ensuit, simplifie la navigation. Le début de ce XIXe siècle est l'ère des clippers, puissants voiliers au gréement imposant, capables d'atteindre des vitesses parfois supérieures à 20 nœuds. Ces navires long-courriers sont principalement américains et assurent de nombreuses liaisons ; ils peuvent ainsi rallier Macao à New York en 70 jours[5].

En 1818, des marchands américains fondent la Black Ball Line qui est la première compagnie à assurer une liaison transatlantique régulière. Rapidement, de nombreuses autres compagnies l'imitent de par le monde[6]. Cependant, la domination reste américaine. La Guerre de Sécession freine le développement maritime : naufrages et faillites entament la suprématie américaine. La fin de la domination des clippers est définitive lorsqu'une nouvelle technologie apparaît : la navigation à vapeur[7].

Les débuts laborieux de la machine à vapeur[modifier | modifier le code]

En 1838, le Sirius est le premier navire à traverser l'Atlantique uniquement à la vapeur.

En 1807, l'ingénieur Robert Fulton réussit à appliquer le principe de la machine à vapeur aux navires. Il construit la première embarcation mue par cette technologie, le Clermont, qui parvient à rallier New York à Albany en une trentaine d'heures, avant d'entamer un service régulier entre ces deux villes[8]. D'autres vaisseaux reprennent rapidement cette innovation. En 1816, l'Elise est le premier navire à vapeur à traverser la Manche[9]. 1819 voit un nouveau progrès important. Le Savannah devient le premier navire à vapeur à traverser l'Atlantique. Parti de la ville du même nom, il rallie Liverpool en 27 jours. Toutefois, la traversée s'effectue principalement à la voile alors que la vapeur ne sera pas utilisée plus de 72 heures au cours du voyage[10]. L'engouement du public pour cette nouvelle technologie se réduit et, des 32 passagers qui avaient réservé une place à bord, aucun n'embarque sur le Savannah[11]. À cette époque, la navigation à vapeur ne convainc toujours pas les professionnels qui ne voient en elle qu'une curiosité, au point qu'en 1820, le propriétaire du Savannah débarrasse son navire de sa machine à vapeur[10].

Les travaux sur cette technologie continuent et un nouveau pas est franchi en 1833. Le Royal Edward réussit à traverser l'Atlantique en ayant recours à la vapeur sur les trois quarts du parcours. La voile n'est alors utilisée que pour permettre de décrasser les parois des chaudières couvertes de sel[10]. Cependant, les sceptiques sont toujours nombreux au point qu'en 1836, le physicien Dionysius Lardner déclare que « le voyage direct d'un bateau à vapeur entre Liverpool et New York est aussi chimérique qu'un voyage sur la Lune[12] ».

La dernière étape vers la navigation à vapeur est franchie lorsque le Sirius, parti de Liverpool le 3 avril 1838, atteint New York 19 jours plus tard après une traversée mouvementée. En effet, trop peu de charbon ayant été prévu pour la traversée, l'équipage doit brûler voiles et mobiliers pour arriver à destination. Le voyage se fait à une vitesse de 6,7 nœuds[13]. Il est rendu possible par la mise en œuvre de condenseurs alimentant les chaudières en eau douce, ce qui évite d'avoir à ôter le sel[12]. L'exploit est de courte durée. En effet, le lendemain, le Great Western, de l'architecte visionnaire Isambard Kingdom Brunel arrive à son tour à New York. Parti de Liverpool le 8 avril, il pulvérise le record du Sirius avec une vitesse moyenne de 8 nœuds. La course à la vitesse est lancée et avec elle, la tradition du « Ruban bleu ». C'est ainsi que le navire ayant effectué la traversée la plus rapide de l'Atlantique gagne le droit d'arborer un pavillon bleu à son mât[14].

Des navires de plus en plus imposants et sophistiqués (1838 - 1897)[modifier | modifier le code]

La naissance des grandes compagnies[modifier | modifier le code]

Avec le Great Western, Brunel pose les bases des nouvelles techniques de construction navale. Il s'est rendu compte que la capacité d'un navire augmente plus rapidement que sa résistance à l'eau ; en d'autres termes, la proportion de charbon à transporter par rapport à la taille du navire diminue lorsque le navire est plus imposant[12]. Construire de grands navires est donc plus rentable[15]. De plus, durant les années 1830, les migrations à destination des Amériques augmentent énormément. Ces mouvements de population sont une manne financière pour les compagnies maritimes[16] dont certaines parmi les plus grandes voient le jour à cette époque. C'est en particulier le cas de la P&O en 1822 au Royaume-Uni, et en France de la Compagnie générale maritime[Note 2], en 1855[17].

La vapeur permet également aux navires d'assurer un transport régulier que ne permettait pas la voile. Cet aspect séduit particulièrement les compagnies postales, qui louent les services de ces bâtiments afin de desservir des clients séparés par l'océan. Samuel Cunard fonde en 1839 la Cunard Line et devient le premier à dédier son activité au transport de courrier assurant dès lors un service régulier suivant un calendrier déterminé. Ses navires exploitent les routes entre le Royaume-Uni et les États-Unis et sont rapidement surnommés « paquet boats », termes à l'origine du mot « paquebot[18] ». Progressivement, ces paquebots long-courriers abandonnent la roue à aubes, peu pratique en haute mer, au profit de l'hélice[8].

Les premiers géants[modifier | modifier le code]

Si le Great Eastern demeure pendant 40 ans le plus grand paquebot au monde, sa carrière n'en est pas moins chaotique.

La taille des navires allant en augmentant, les coques en bois se fragilisent : l'apparition de coques en fer, à partir de 1845, puis en acier, remédie à ces problèmes[19]. Le premier navire à double coque en fer est le Great Britain, nouvelle création de Brunel, qui est également le premier navire sur lequel une hélice remplace les roues à aubes ; une fois encore, le navire effraie la clientèle et sa carrière se révèle désastreuse : le navire s'échoue et est reconverti en entrepôt. Il est finalement transformé en musée plus de 150 ans après son inauguration[20]. La compagnie américaine Collins Line suit une autre approche. Elle prend le parti du luxe avec des navires pourvus de chambres froides, de systèmes de chauffage et d'innovations diverses, mais l'opération est coûteuse[21]. Les naufrages de deux de ses navires portent un coup fatal à la Collins Line qui est dissoute en 1858.

En 1858, Brunel construit son troisième et dernier géant, le Great Eastern. D'une longueur de 212 mètres, ce paquebot reste pendant près de 40 ans le plus grand objet flottant jamais construit. Il peut en théorie embarquer 5 000 personnes[22]. Cependant, sa carrière est ruinée par une suite d'échecs et d'incidents : constructeur et armateurs font faillite, et la traversée transatlantique inaugurale maintes fois repoussée se fait presque à vide[23].

Entre l'Allemagne et les États-Unis également, beaucoup de navires sont au départs des grands ports allemands de Hambourg et de Brême avec des compagnie comme l'HAPAG et la Norddeutsche Lloyd. L'année 1858 est marquée par un accident majeur, le naufrage de l'Austria, le 13 septembre. Le navire construit à Greenock en 1857, qui reliait bi-mensuellement les deux villes de Hambourg et New York via Southampton subit un incendie accidentel qui fit succomber une bonne part des 534 passagers et membres d'équipage, au large de Terre-Neuve. 88 survivants témoigneront de la catastrophe,

Sur le marché britannique, la Cunard Line et la White Star Line se livrent une forte concurrence à partir du rachat de cette dernière par Thomas Ismay à la fin des années 1860. La lutte prend pour symbole l'obtention du Ruban bleu que les deux compagnies décrochent plusieurs fois à la fin du siècle et qu'elles partagent avec certains navires de l’Inman Line[24]. Le luxe et la technologie des navires évoluent également. Les voiles auxiliaires deviennent obsolètes et disparaissent complètement à la fin du XIXe siècle tandis que les paquebots adoptent une silhouette plus moderne avec une proue tombant à angle droit. Un usage militaire potentiel des paquebots est envisagé et le Teutonic devient, en 1889, le premier croiseur auxiliaire de l'histoire : en cas de guerre, il peut facilement être équipé de canons et utilisé en cas de conflit. Le navire parvient à impressionner jusqu'à l'empereur allemand Guillaume II qui désire voir son pays doté d'une flotte moderne[25].

Le premier âge d'or (1897 - 1914)[modifier | modifier le code]

L'Allemagne entre en scène[modifier | modifier le code]

Le Kaiser Wilhelm der Grosse marque la montée en puissance de l'Allemagne sur la scène maritime.

En 1897, l'Allemagne lance le Kaiser Wilhelm der Grosse de la Norddeutscher Lloyd suivi quelques années après par trois sister-ships. Ce navire long-courrier présente de nombreuses innovations : il est très luxueux et rapide et parvient à dérober le Ruban bleu aux Britanniques[26]. Il est également le premier des quatorze paquebots à quatre cheminées qui voient le jour dans l'histoire de la marine. Le navire n'en aurait eu besoin que de deux, mais un plus grand nombre de cheminées donne aux passagers une impression de sécurité et de puissance sur laquelle les constructeurs jouent[27].

En 1900, la HAPAG réplique avec le Deutschland, paquebot de quatre cheminées construit pour la vitesse. Celui-ci ravit facilement le Ruban bleu à son compatriote, avant de le perdre au profit d'un de ses sister-ships. Cette course à la vitesse se fait cependant au détriment du confort et engendre de fortes vibrations, qui font perdre tout succès au navire une fois son record battu[28]. Le Deutschland n'est utilisé que pendant dix années comme transatlantique avant d'être reconverti prématurément en navire de croisière[29]. Jusqu'en 1907, le Ruban bleu reste entre les mains des Allemands, au grand dam des Britanniques.

Ceux-ci ont par ailleurs d'autres problèmes : le financier américain John Pierpont Morgan embrasse l'idée d'un empire maritime regroupant un grand nombre de compagnies. Il fonde l’International Mercantile Marine Company qui regroupe dans un premier temps des compagnies maritimes américaines, et à partir de 1902, la Leyland Line et la White Star Line. Par ailleurs, son trust signe des accords avec les plus grandes compagnies allemandes de telle façon que sa seule concurrente sérieuse est la Cunard Line[30]. Le gouvernement britannique décide donc d'intervenir pour reprendre l'ascendant.

Les nouveaux géants britanniques[modifier | modifier le code]

Le naufrage du Titanic en 1912 entraîne une forte remise en question des mesures de sécurité en mer.

Bien que les Allemands dominent sur le plan de la vitesse, les plus gros navires battent pavillon britannique. L'Oceanic et les Big Four de la White Star Line sont en effet les premiers à surpasser largement le record établi quarante ans plus tôt par le Great Eastern. Cependant, leur propriétaire est américain. Face à cette importante concurrence, le gouvernement britannique propose à la Cunard Line de participer financièrement à la construction de deux paquebots à la taille et la vitesse inégalée. En contrepartie, ceux-ci pourront être convertis en croiseurs en cas de guerre. Le résultat de cet accord est la mise en service, en 1907, de deux jumeaux : le Lusitania et le Mauretania, qui reprennent le Ruban bleu dès leurs traversées inaugurales respectives. Le deuxième conserve cette distinction pendant plus de vingt ans[31]. Leur vitesse est accrue par l'utilisation de turbines au lieu des classiques machines à expansion. D'autres navires cumulent les deux systèmes de propulsion pour plus d'efficacité[32].

La White Star Line réplique fin 1908 - début 1909. Elle lance la construction des navires de classe Olympic, dont la mise en service est prévue entre 1911 et 1914[33]. Le premier, l’Olympic débute une carrière honorable, bien que ponctuée d'incidents. Ce n'est pas le cas de son jumeau, le tristement célèbre Titanic, qui fait naufrage lors de son voyage inaugural le 15 avril 1912. Cette catastrophe met en lumière les nombreux problèmes de sécurité dont souffrent les navires, notamment en termes de moyens de sauvetage, ce qui entraîne un durcissement de la réglementation[34].

À la même époque, la France tente de marquer sa présence avec l'arrivée de son seul « quatre-cheminée ». En 1912, le France est inauguré. C'est un bâtiment modeste par rapport à la concurrence[35]. L'Allemagne réagit à l'offensive britannique. La HAPAG lance un trio de paquebots géants nettement plus grands que ceux de la White Star Line. L'Imperator est le premier à arriver en 1913. Il est suivi du Vaterland, peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale[36]. La construction du troisième géant, le Bismarck, est stoppée par les hostilités[37],[38].

D'une guerre à l'autre (1914 - 1939)[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Mauretania en camouflage Dazzle durant la Première Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale est une époque tourmentée pour les paquebots. Certains comme le Mauretania, l'Aquitania, le Britannic ou encore le France sont transformés en navires-hôpitaux durant le conflit[31],[39],[40],[35]. D'autres deviennent des transports de troupes, tandis que certains, tels que le Kaiser Wilhelm der Grosse, participent en tant que navire de guerre aux hostilités[41]. Ce dernier type d'opérations est cependant vite jugée inutile, les navires offrant des cibles trop faciles. Le transport est en revanche très prisé du fait de leur grande taille. Les navires sont peints de formes géométriques et colorées selon le système de camouflage Dazzle pour éviter leur torpillage par les sous-marins ennemis[42].

La guerre est cependant marquée par son lot de naufrages de paquebots ; ainsi, le Britannic sombre en 1916 en mer Égée après avoir heurté une mine. Nombre de torpillages ont lieu et un grand nombre de navires coule. Le Kaiser Wilhelm der Grosse sombre à la suite d'un épique combat au large des côtes africaines en 1914, tandis que son jumeau le Kronprinz Wilhelm participe à des traques en mer pour aborder et couler des navires marchands[43]. Le torpillage du Lusitania, le 7 mai 1915, coûte pour sa part la vie à plusieurs dizaines de citoyens américains alors que les États-Unis sont encore neutres. Bien que d'autres facteurs entrent en jeu, l'impact de ce naufrage pousse fortement l'opinion américaine en faveur des Alliés et facilite l'entrée en guerre du pays[44].

Les pertes sont compensées par le traité de Versailles en 1919 qui conduit à la remise aux vainqueurs de nombreux paquebots allemands : le trio de la HAPAG est partagé entre la Cunard, la White Star et les United States Lines tandis que les trois navires survivants de la classe Kaiser sont réquisitionnés par la marine américaine dans le cadre du conflit, puis conservés. Des plus grands paquebots allemands, seul le Deutschland échappe à ce destin à cause de son mauvais état[29].

L'entre-deux-guerres : âge d'or et crise[modifier | modifier le code]

L’Île-de-France est resté de nombreuses années un paquebot très populaire auprès de la clientèle internationale.

Après une période de reconstruction, les compagnies maritimes se remettent rapidement des dégâts causés par la guerre. Les navires commencés avant la guerre tel que le Paris de la Compagnie générale transatlantique sont achevés et mis en service[45]. Les navires britanniques bien établis tels que l’Olympic et le Mauretania reprennent également du service et connaissent un grand succès au début des années 1920, tandis que des paquebots plus modernes font leur apparition. Ils sont tout d'abord français, avec l’Île-de-France, qui est mis en service en 1927[46]. Les États-Unis ont pour leur part récupéré le Vaterland, qui, renommé Leviathan devient le fleuron de leur flotte marchande. Cependant, la Prohibition, qui s'applique sur les navires américains comme sur tout le territoire, les pénalise fortement au profit des navires européens[36].

L'Allemagne revient sur le devant de la scène en 1929 avec les navires-jumeaux Bremen et Europa qui ravissent le Ruban bleu au Mauretania et s'imposent par leur modernité[47]. L'Italie n'est pas en reste avec l'arrivée, dans les années 1930, du Rex et du Conte di Savoia qui battent également des records de luxe et de vitesse[48]. La France, enfin, marque le pas de l'âge d'or des paquebots avec le Normandie, en 1935 : summum du luxe, le paquebot est également rapide et gigantesque, et devient une fierté nationale[49].

Cependant, l'heure est également à la crise. Les États-Unis ayant drastiquement réduit leurs quotas d'immigrants, les compagnies maritimes perdent une grande partie de leurs revenus et doivent se reconvertir[50]. La Grande Dépression joue également un rôle important et, les traversées rentables allant en diminuant, les compagnies redirigent une partie de leurs vaisseaux vers des croisières touristiques plus rentables[51]. Au Royaume-Uni, Cunard et White Star sont très mal en point, et le Chancelier de l'Échiquier Arthur Neville Chamberlain propose de fusionner les deux compagnies pour créer une compagnie britannique forte[52]. Toutes deux fusionnent en 1934, et lancent la construction du Queen Mary tout en envoyant progressivement leurs anciens navires à la casse[53]. La construction d'un deuxième navire, le Queen Elizabeth, est troublée par le début de la Seconde Guerre mondiale[54].

De la Seconde Guerre mondiale au règne de l'avion (1939 - 1975)[modifier | modifier le code]

Un conflit meurtrier[modifier | modifier le code]

Le naufrage du Wilhelm Gustloff est le plus meurtrier de l'histoire.

La Seconde Guerre mondiale est un conflit riche en événements concernant les paquebots. Dès le début des combats, les navires allemands sont réquisitionnés dans le cadre des hostilités, souvent comme casernes flottantes. C'est dans le cadre de cette activité que le Bremen prend feu et sombre en 1941[55]. À l'inverse, le Queen Elizabeth, bien qu'inachevé, part pour les États-Unis, après une opération de désinformation conséquente visant à détourner le feu allemand du navire[56]. Ce paquebot et le Queen Mary se distinguent alors pour les transports de troupes[57].

De terribles naufrages marquent le conflit : le Lancastria sombre, corps et biens, en 1940 avec 4 000 à 7 000 personnes à son bord[Note 3],[58]. En 1945, le bombardement du paquebot Cap Arcona tue 5 000 personnes, pour la plupart des prisonniers du camp de concentration de Neuengamme[59]. À la même époque, le Wilhelm Gustloff est torpillé par les Soviétiques et coule avec plus de 9 000 réfugiés à son bord, ce qui en fait le plus terrible naufrage de l'histoire[60].

D'autres naufrages sont nettement moins meurtriers mais causent la perte des navires : le Rex est ainsi bombardé et coulé, tandis que le Normandie prend feu durant sa transformation en transport de troupes dans le port de New York[61].

Une nouvelle donne[modifier | modifier le code]

Le United States est le dernier détenteur du Ruban bleu.

Après-guerre, certains navires sont à nouveau transférés des vaincus aux vainqueurs au titre des dommages de guerre. C'est le cas de l''Europa ainsi cédé à la France qui lui donne le nom de Liberté[62]. Par ailleurs, les chantiers de La Ciotat achèvent la construction de La Marseillaise (qui devait à l'origine s'appeler Maréchal Pétain), destiné à desservir les colonies pour le compte des Messageries maritimes. Cependant, avec la décolonisation, ce type de navire devient inutile et est rapidement revendu à des compagnies de croisières[63].

Les États-Unis sont pour leur part fortement impressionnés par les états de service des deux Queen durant la guerre. Désirant un navire fiable et rapide en cas de guerre contre l'URSS, ils font construire en 1952 le United States, qui bat tous les records de vitesse établis et détient depuis lors le Ruban bleu[64]. L'Italie construit peu après le prestigieux Andrea Doria qui fait naufrage en 1956[65].

La concurrence des avions de ligne se fait cependant de plus en plus pressante et, au début des années 1960, l'avion représente 95 % du trafic de passagers sur la traversée de l'Atlantique. Le règne du paquebot se termine[66]. La France lance cependant un dernier transatlantique, le prestigieux France, qui, même s'il naviguera jusqu'en 1972, se montre peu rentable. Il illustre parfaitement la mutation qui s'effectue alors, et une grande partie de son temps est destiné à des croisières en divers points du globe[67].

Du liner au navire de croisière (depuis les années 1970)[modifier | modifier le code]

Le règne de la croisière[modifier | modifier le code]

Au premier plan : Le Costa Fascinosa ; Au second plan : Le Costa Magica
Le Grand Princess est un navire de croisière type de la fin du XXe siècle.

Les navires de croisières ne sont pas un fait nouveau. La P&O en organisait déjà dans les années 1840[68] et, lorsqu'il s'est montré peu rentable en tant que transatlantique, le Deutschland est également devenu un navire consacré aux croisières de luxe[29]. À partir des années 1930, les grandes compagnies consacrent leurs transatlantiques à des croisières durant la morte saison[69]. À partir des années 1950 et 1960, la croisière devient la première activité des paquebots, qui n'effectuent plus que quelques traversées transatlantiques. En 1979, le France, devenu Norway, est ainsi totalement transformé pour s'y consacrer à plein temps[70].

Au fur et à mesure, les navires deviennent de véritables hôtels flottants, la superstructure s'élevant de plus en plus haut. Les grandes sociétés de croisières sont désormais Costa Croisière (du groupe leader mondial des croisières Carnival Group) , MSC Croisières ou encore la Royal Caribbean Cruise Line, qui possèdent de nombreux navires. Celles-ci mettent à disposition de leur clientèle des restaurants, des salles de gymnastique, des piscines, des théâtres, des cinémas ou bien des casinos, ainsi que des offres de prestations de luxe comme des suites, de la balnéothérapie, du thermalisme entre autres. Le navire n'est plus un moyen de traverser une mer ou un océan, mais devient un but en soi[71].

La fin des liners ?[modifier | modifier le code]

Les paquebots assurant des liaisons transatlantiques régulières se réduisent rapidement en nombre. Le United States est ainsi retiré du service en 1967. La même année, le Queen Mary est transformé en musée à Long Beach en Californie[72]. Jusqu'en 2008, le Queen Elizabeth 2 continue cependant à perpétuer la tradition des liners en effectuant plusieurs traversées transatlantiques annuelles[73]. À partir de 2004, le Queen Mary 2, de la même compagnie Cunard Line[Note 4], fait de même[74].

D'autres paquebots de ligne continuent à subsister comme témoignage de cette époque : le United States repose le long d'un quai de Philadelphie en attente d'un repreneur, tandis que le Rotterdam, fleuron de la marine néerlandaise depuis 1959 est transformé en février 2010 en hôtel et musée flottants dans la ville dont il porte le nom[75].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Une course à la puissance[modifier | modifier le code]

Toujours plus grands et plus rapides[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Liste des plus gros paquebots et Ruban bleu.
Le Queen Elizabeth est resté de 1940 à 1997 le plus gros navire jamais construit.

Les paquebots de ligne doivent dans un premier temps répondre à une demande croissante. Les premiers paquebots sont par ailleurs souvent considérés comme des « bateaux-cercueils », car les conditions d'hygiène déplorables y entraînent des taux de mortalité dépassant les 25 %[16]. Enrayer ce phénomène nécessite des navires plus grands, pour diminuer l'entassement des passagers, et plus puissants, pour réduire le temps de traversée. La vapeur et les coques en fer puis en acier qui apparaissent au cours du XIXe siècle permettent ces avancées. Ainsi, le Great Western, en 1838, mesure 65 mètres de long, tandis que le Great Eastern en mesure 212 vingt ans plus tard[22]. Son record n'est par ailleurs battu que 40 ans plus tard, en longueur par l’Oceanic et en tonnage par le Celtic[76]. Le tonnage croît par la suite de façon exponentielle : alors qu'il atteint pour la première fois les 20 000 tonneaux de jauge brute (tjb) en 1901 avec les Big Four de la White Star Line, les géants de classe Olympic atteignent les 45 000 tjb dix ans plus tard. Dans les années 1930, le Normandie est presque à 80 000 tjb[77]. Le Queen Elizabeth est alors, en 1940, le plus gros navire jamais construit, avec plus de 83 000 tjb, et il le reste jusqu'en 1997[78]. Au début du XXIe siècle, cependant, certains paquebots comme le Queen Mary 2 ou le Freedom of the Seas dépassent largement les 100 000 tjb[76].

Le Rex, détenteur italien du Ruban bleu en 1933

Au début des années 1840, la vitesse moyenne d'un paquebot est d'à peine 10 nœuds (une traversée de l'Atlantique dure donc une douzaine de jours). Elle passe dans les années 1870 à 15 nœuds (environ une semaine de traversée) grâce aux progrès réalisés dans le mode de propulsion des navires : les chaudières à vapeur rudimentaires cèdent le pas à des machineries plus élaborées ; les roues à aubes disparaissent progressivement, remplacées d'abord par une hélice puis par deux. Au début du XXe siècle, les « lévriers des mers » de la Cunard, Mauretania et Lusitania atteignent 27 nœuds. Les records semblent alors imbattables, et la plupart des compagnies abandonnent la course à la vitesse au profit de la taille, du luxe et de la sécurité[24]. L'apparition de navires alimentés par un moteur Diesel, ou dont les machines à vapeur préfèrent le mazout au charbon, comme le Bremen, au début des années 1930, relance la course au Ruban bleu, qui change plusieurs fois de mains au cours de la décennie avant d'être conquis par le Queen Mary en 1938. Il faut attendre 1952 pour que le United States établisse un record de vitesse définitif, à 34,5 nœuds (3 jours et 12 heures de traversée)[24]. Par ailleurs, depuis 1935, le Ruban bleu est accompagné du Trophée Hales, remis au vainqueur[79]. Cependant, le développement des croisières à partir des années 1960 diminue radicalement les besoins de vitesse.

Les cheminées comme symbole de force[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paquebots à quatre cheminées.
L'Aquitania, dernier des « quatre tuyaux » de l'Atlantique Nord.

Le nombre de cheminées d'un navire est pendant longtemps un facteur important. Jusque dans les années 1890, elles sont accompagnées d'une mâture fonctionnelle destinée à recevoir des voiles. Le gréement est peu à peu abandonné avec le temps, son utilité étant de moins en moins évidente. Jusqu'à cette époque, les paquebots arborent souvent des cheminées au nombre de deux. Outre leur fonction technique, les cheminées signalent également la compagnie à laquelle appartient le navire par le biais d'un code de couleurs : les cheminées de la White Star Line sont ainsi ocre brun à manchette noire ; celles de la Transat sont rouges à manchettes noires et ainsi de suite[80].

Avec le Kaiser Wilhelm der Grosse, les Allemands lancent la mode des paquebots à quatre cheminées : quatorze naviguent en tout, dont douze dans l'Atlantique Nord : cinq sont allemands, un français et les huit autres britanniques. Bien que non fonctionnelles[Note 5], elles donnent une illusion de sécurité et de puissance qui attire les passagers. La mode passe cependant rapidement et l'Aquitania, en 1914, est le dernier paquebot à quatre cheminées[35]. Par la suite, le nombre de cheminées se réduit, et celles-ci se font plus profilées et tassées. Certains navires, comme le Rotterdam en 1959, n'arborent même plus de cheminées[81].

Des services toujours plus nombreux[modifier | modifier le code]

De multiples activités et installations[modifier | modifier le code]

Le gymnase du Titanic, en 1912.

Les premiers paquebots sont conçus pour transporter majoritairement des migrants. Les conditions sanitaires sont souvent déplorables et les épidémies sont fréquentes. En 1848, des lois maritimes imposant des règles d'hygiène sont adoptées et améliorent les conditions de vie à bord[82]. Peu à peu, deux classes distinctes se développent, la classe cabine et l'entrepont. Les occupants de la première, minoritaires, sont des passagers fortunés qui bénéficient d'un certain confort. Les autres sont des migrants massés dans de grands dortoirs. Jusqu'au début du XXe siècle, ceux-ci ne disposent pas toujours de draps et de repas[83]. Une classe intermédiaire de touristes et de passagers de classe moyenne apparaît peu à peu. Les navires sont alors divisés en trois classes[32]. Au fil du temps, l'immigration disparaît au profit du tourisme. Les navires se dotent alors d'une classe « touriste » qui prend finalement le pas sur les autres classes à bord des navires de croisière[84].

Les installations offertes aux passagers se développent progressivement. Dans les années 1870, l'apparition sur l'Oceanic de baignoires et de lampes à huile fait sensation[85]. Dans les années qui suivent, les équipements se multiplient dans les navires : fumoirs, salons et ponts-promenade. En 1912, le Titanic propose même des bains turcs et une piscine[86]. Dans les années 1920, le Paris est le premier à proposer un cinéma[87]. Les paquebots modernes suivent toujours cette tendance et sont équipés de piscines, de courts de tennis, de casinos et de boutiques[88].

Des spectacles sont par ailleurs organisés, et, durant l'âge d'or des paquebots, des célébrités voyageant à bord participent aux festivités. Ainsi, Tino Rossi improvise en 1953 un spectacle à bord de l'Île-de-France[89]. Si les enfants ont longtemps été considérés comme « à charge », ils jouissent à partir des années 1920 de la pleine attention de l'équipage qui leur propose des salles réservées, des animations et des spectacles[90].

De véritables « villes flottantes »[modifier | modifier le code]

L'écrivain Jules Verne est le premier à avoir utilisé l'expression de « ville flottante » pour désigner un paquebot, expression maintes fois reprises par la suite.

Les paquebots génèrent une forte animation et nécessitent un personnel nombreux. Jules Verne, à la suite d'une traversée à bord du Great Eastern, écrit ainsi un ouvrage témoignage intitulé Une ville flottante[23]. Nombre de services sont en effet requis pour satisfaire au bien-être des passagers : l'équipage ne se contente pas du personnel navigant et de mécaniciens mais doit également faire avec une batterie de stewards, cuisiniers, grooms... En 1912, l'équipage du Titanic comporte ainsi près de 900 personnes et il n'est pas rare que certains navires excèdent les 1 000 membres d'équipage[91]. Les cuisines d'un paquebot moderne sont donc souvent gigantesques, et les réserves transportées pour une traversée sont gargantuesques : le nombre de bouteilles se compte généralement en dizaines de milliers pour une traversée[92]. Sur les très grosses unités telles l’Oasis ou Allure of the Seas, on ne compte pas moins de 2 000 m2 de chambres réfrigérées (fruits, légumes, produits laitiers, boissons et conserves), et 700 m2 de chambres pour produis congelés à −25 °C (glaces, viandes, volailles et poissons). Contrairement à certaines idées reçues, les plats servis sur les navires de croisières sont entièrement réalisés à bord par un important personnel en cuisine, à partir des produits de base frais et congelés. Les impositions sanitaires sont draconiennes, et souvent conformes aux normes sanitaires américaines (USPHS), ce qui permet à ces navires de pouvoir toucher les plaques tournantes américaines (Miami et Fort Lauderdale notamment).

Outre la nourriture, l'équipage doit répondre à d'autres besoins, en particulier religieux. Si les paquebots du début du XXe siècle se contentent bien souvent d'un office donné par le commandant dans le grand salon, d'autres tels que le Normandie ou le France disposent de plusieurs lieux de cultes exclusivement consacrés à la pratique religieuse[93]. La santé est également prise en compte et des hôpitaux apparaissent sur les paquebots. Il s'agit au départ de zones de quarantaine gérées par une équipe de médecins du bord mais les hôpitaux de navires plus modernes n'ont rien à envier aux cliniques terrestres. Certains disposent de blocs opératoires et de pharmacies[94], entre autres. En 1965, le France transmet des électrocardiogrammes d'un passager aux deux côtés de l'Atlantique, permettant une opération en direct[95].Il est fréquent d’avoir à gérer des décès de passagers, et chaque navire dispose d’une armoire mortuaire de conservation. Le Queen Mary 2 qui a vocation de faire voyager une clientèle âgée dispose, en plus de son important hôpital, d’une morgue pour 6 corps.

Les navires de croisière modernes doivent se montrer économiques en énergie, et respectueux de l’environnement. La chaleur générée par les moteurs diesel sert en partie à la production d’eau douce en quantité considérable. Toutes les eaux usées sont traitées dans des réacteurs biologiques, et ne sont rejetées à la mer qu’un fois conformes et stériles. Les ordures sont triées et débarquées à chaque rotation de passagers.

Constructeurs, compagnies et lignes[modifier | modifier le code]

Chantiers navals[modifier | modifier le code]

Britanniques et Allemands[modifier | modifier le code]

Des ouvriers irlandais quittent les chantiers Harland & Wolff durant la construction du Titanic.

Les Britanniques et les Allemands sont ceux qui se sont le plus illustrés dans la construction navale lors de la grande époque des paquebots. En Irlande, les chantiers Harland & Wolff de Belfast se montrent particulièrement innovants et réussissent à gagner la confiance de nombreuses compagnies au premier rang desquelles vient la White Star Line. Ces chantiers gigantesques emploient une forte partie de la population de la ville et construisent coques, machines, mobilier et même dispositifs de sauvetage[96]. Parmi les autres chantiers britanniques réputés se trouvent Swann, Hunter Wigham Richardson, notamment constructeur du Mauretania et le chantier John Brown & Company, constructeur du Lusitania[97].

Les Allemands disposent pour leur part de nombreux chantiers en mer du Nord et sur la Baltique, notamment les chantiers Blohm & Voss de Hambourg et les chantiers AG Vulcan de Stettin[Note 6]. Fortement détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, ces chantiers reprennent cependant une activité de construction intense[98].

Autres puissances maritimes[modifier | modifier le code]

La France n'est pas en reste et bénéficie également de grands chantiers. À Saint-Nazaire, les Chantiers de Penhoët sont à l'origine du prestigieux Normandie[99]. Après leur fusion, ils forment les chantiers de l'Atlantique, à l'origine de plusieurs paquebots de classe internationale (comme le Queen Mary 2...), et ce même au début du XXIe siècle (STX France[100]. Le pays dispose également de chantiers sur les bords de la Méditerranée[101].

L'Italie et les Pays-Bas disposent également de chantiers capables de construire des paquebots d'une certaine ampleur, bien que ceux-ci soient moins nombreux (Fincantieri, par exemple)[102].

Compagnies de paquebots[modifier | modifier le code]

Britanniques[modifier | modifier le code]

Les compagnies britanniques sont nombreuses mais deux se distinguent particulièrement : la Cunard et la White Star Line. Toutes deux sont fondées dans les années 1830 - 1840 et se livrent une forte concurrence, alignant au début du XXe siècle les plus gros et les plus rapides navires du monde. Il faut attendre 1934 pour que, la crise aidant, les deux fusionnent sous le nom de Cunard-White Star Line, avant que la Cunard ne rachète le tout en 1947. Bien qu'elle-même ait été rachetée par le Carnival Group, ses paquebots continuent à arborer son nom[103]. La P&O occupe également une grande part de l'activité.

D'autres compagnies britanniques s'illustrent. La Royal Mail Steam Packet Company fait office de compagnie d'État, tant ses rapports avec le gouvernement sont étroits. Au cours de son histoire, elle englobe de plus en plus de compagnies (en particulier la White Star à la fin des années 1920), devenant l'une des plus grandes compagnies au monde avant que des ennuis judiciaires ne conduisent à sa liquidation en 1931. L’Union-Castle Line dessert pour sa part l'Afrique et l'océan Indien avec une flotte non négligeable[104].

Allemands et Français[modifier | modifier le code]

Cette affiche de la Norddeutscher Lloyd fait la promotion des quatre puissants paquebots qui font la renommée de la compagnie au début du XXe siècle.

L'Allemagne voit s'affronter deux compagnies rivales, la Hamburg America Line, souvent appelée HAPAG, et la Norddeutscher Lloyd. Toutes deux connaissent leur heure de gloire dans les années 1900 et 1910. Les deux guerres mondiales sont cependant autant de coups durs et les compagnies, à chaque fois contraintes de céder leurs navires aux vainqueurs, fusionnent pour former la Hapag-Lloyd[105].

La France est également partagée, mais les domaines sont mieux définis. La Compagnie générale transatlantique, également connue sous le nom de « Transat » ou French Line, dessert la route de l'Atlantique Nord avec de prestigieux paquebots tels que le Normandie ou le France, tandis que la Compagnie des messageries maritimes est affectée aux colonies d'Asie et d'Afrique. La décolonisation conduit cependant à une forte baisse de rentabilité et les deux compagnies fusionnent en 1975 pour former la Compagnie générale maritime[106].

Autres grandes compagnies[modifier | modifier le code]

D'autres compagnies maritimes d'importance s'illustrent dans le domaine des paquebots. Aux États-Unis, les United States Lines tentent de s'imposer sur la scène internationale mais ne parviennent pas à concurrencer leurs rivales européennes. En Italie, l’Italian Line est fondée en 1932 à la suite de la fusion de trois grandes compagnies et possède notamment le Rex et l'Andrea Doria[107].

Lignes principales[modifier | modifier le code]

Atlantique Nord[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paquebot transatlantique.

La plus prestigieuse de toutes les lignes empruntées par les paquebots est la ligne transatlantique. Elle représente en effet une grande part de la clientèle, qui embarque dans les ports de Liverpool, Southampton, Hambourg, Le Havre, Cherbourg ou encore Cobh pour gagner les États-Unis. La prospérité de cette ligne vient donc également en grande partie de la migration vers le nouveau continent. Le besoin de vitesse se répercute également sur les navires et le prestigieux Ruban bleu récompense la traversée la plus rapide[14], bien que cela ne soit pas sans danger. Nombre de naufrages touchent en effet cette route, le plus célèbre étant celui du Titanic en 1912 : abordages entre navires, tempêtes et glaces sont en effet monnaie courante dans l'Atlantique Nord[108].

Cette ligne est la destination privilégiée des grandes compagnies et le théâtre des grandes compétitions : la Cunard, la White Star, la Norddeutscher Lloyd, la HAPAG et la Compagnie générale transatlantique s'y livrent une concurrence acharnée, parfois au détriment de la sécurité[109]. Ce prestige s'illustre également par la présence sur cette route de douze des quatorze paquebots à quatre cheminées jamais construits[110].

Atlantique Sud[modifier | modifier le code]

L'Asturias au large du Brésil.

L'Atlantique Sud est également un océan fort fréquenté par les navires à destination d'Amérique du Sud, mais aussi d'Afrique et parfois d'Océanie. La White Star Line dispose ainsi certains de ses navires sur la ligne Liverpool - Le Cap - Sydney, notamment le Suevic, qui a la particularité d'être coupé en deux en 1907 et de se voir construire une nouvelle proue[111]. Cependant, ces lignes permettent également aux compagnies espagnoles et italiennes de s'illustrer[112].

L'Atlantique Sud ne connaît pas les fortes concurrences du Nord et les vitesses y sont moins élevées. On y compte de fait moins de naufrages[113]. Des navires réussissent cependant à y devenir célèbres, notamment le Cap Arcona qui se distingue par son luxe[114], ou le Pasteur, dernier navire des Messageries maritimes[115]

Si la décolonisation et l'avènement de l'avion touchent fortement les paquebots de ligne de cette région, l'Atlantique Sud connaît une nouvelle vie avec les croisières. Les Antilles et le canal de Panama sont en effet devenues une destination très prisée des paquebots de croisière[116].

Méditerranée[modifier | modifier le code]

Le Carpathia desservait la Méditerranée et l'Atlantique Nord.

La mer Méditerranée est très fréquentée par les paquebots. De nombreuses compagnies profitent en effet de la migration venant du sud de l'Italie et des Balkans pour installer une ligne allant de la Méditerranée aux États-Unis. Le Carpathia, venu au secours du Titanic lors de son naufrage, desservait ainsi Gibraltar, Gênes et Trieste[117]. De même, les paquebots italiens sillonnent la Méditerranée avant de s'engager dans l'Atlantique Nord[118]. L'ouverture du canal de Suez bénéficie également à la Méditerranée qui devient souvent un passage obligé vers l'Asie[119].

Cependant, c'est dans le domaine des croisières que la Méditerranée s'illustre. Le tourisme à destination de l'Égypte prend en effet son essor dès le début du XIXe siècle : les gens de milieux aisés aiment naviguer sur le Nil et visiter les sites archéologiques[120]. De même, les croisières le long des côtes italiennes séduisent particulièrement et les paquebots font escale le long de côtes dans les grandes villes d'art que sont Rome, Venise ou bien Pise[121]. La mode persiste et, au début du XXIe siècle, la Méditerranée reste une destination privilégiée des organisateurs de croisières[122].

Océan Indien et Extrême Orient[modifier | modifier le code]

La colonisation rend l'Asie particulièrement attractive pour les compagnies maritimes. Nombreux sont en effet les fonctionnaires et militaires qui doivent s'y rendre. Dès les années 1840, la P&O organise des voyages à destination de Calcutta via l'isthme de Suez, le canal n'ayant pas encore été construit[123]. Les parcours sur ces itinéraires à destination de l'Inde, de l'Asie du Sud-Est et du Japon sont longs (plusieurs mois), et ponctués d'escales[124].

La Compagnie des messageries maritimes se montre très présente sur les lignes asiatiques, notamment dans les années 1930 avec la série des « nautonaphtes » (navires à moteur) dont le plus célèbre est le Félix Roussel qui accorde une grande place aux dortoirs dédiés aux permissionnaires[125]. De même, La Marseillaise mis en service en 1949, est le fleuron de leur flotte mais souffre également des débuts de la décolonisation. Avec la baisse de la demande et l'avènement du transport aérien, ces navires deviennent inutiles[63].

Autres lignes[modifier | modifier le code]

D'autres lignes sont également desservies avec moins d'ampleur : sur l'océan Pacifique, notamment pour aider à l'immigration chinoise[126] ; sur les mers arctiques dans le cadre de croisières, à partir des années 1950[127] ; les croisières vers le Groenland apparaissent également à la fin du XXe siècle[128].

Le « mythe du paquebot »[modifier | modifier le code]

Paquebots célèbres[modifier | modifier le code]

Symboles nationaux[modifier | modifier le code]

Le Queen Mary était en son temps très populaire auprès des Britanniques.

La construction de paquebots résulte souvent d'une volonté politique. Le regain de puissance de la marine allemande provient de la volonté clairement affirmée du Kaiser Guillaume II d'Allemagne de voir son pays devenir une puissance navale. C'est ainsi que le Deutschland a l'insigne honneur de porter le nom de la mère patrie, honneur qu'il perd au bout de dix ans d'une carrière décevante[29]. Le Lusitania et le Mauretania sont construits avec l'aide du gouvernement britannique pour que le pays reprenne une place de choix dans le trafic maritime[31]. Le United States est également l'aboutissement de la volonté du gouvernement américain qui désirait un navire puissant et facilement transformable en transport de troupes[64]. De même, le Rex et le Conte di Savoia sont construits à la demande de Benito Mussolini[129]. Enfin, le France est financé par l'État et est retiré du service en 1974 après la décision du Premier ministre Jacques Chirac[70].

Certains navires acquièrent également une forte popularité. Le Mauretania et l’Olympic ont ainsi durant leur carrière de nombreux admirateurs et leur démantèlement provoque une certaine tristesse. Il en est de même avec l’Île-de-France dont la démolition suscite un fort émoi auprès de ses admirateurs. Le navire a en effet acquis une forte popularité en venant au secours de nombreux navires, notamment l'Andrea Doria qui lui valent le surnom de « Saint-Bernard de l'Atlantique[130] ». De même, le Queen Mary jouit d'une très forte popularité auprès de la population britannique[95].

Naufrages et catastrophes maritimes[modifier | modifier le code]

Bien que presque aussi meurtrier, le naufrage de l'Empress of Ireland n'a pas eu l'impact médiatique de celui du Titanic.

Certains paquebots sont tristement célèbres pour leurs naufrages de très grande ampleur. Ainsi, en 1873, l’Atlantic sombre au large de la Nouvelle-Écosse en faisant 600 victimes[34]. Il devient ainsi le plus grand naufrage de son époque. Vient en 1912 le naufrage du Titanic, qui fait environ 1 500 victimes. Celui-ci met en évidence l'excès de confiance des compagnies maritimes dans leurs navires et le manque de canots de sauvetage à bord. Nombre de mesures sont prises à la suite de la catastrophe[109]. Ceci n'empêche cependant pas l'histoire de se répéter deux ans plus tard avec le naufrage de l'Empress of Ireland : un peu plus de 1 000 personnes périssent dans les eaux gelées du Saint-Laurent. Le naufrage est cependant rapidement occulté par la Première Guerre mondiale[131].

Parmi les autres naufrages célèbres, celui du Lusitania en 1915 qui suscite un fort émoi ou celui mystérieux du Georges Philippar qui s'embrase lors de son voyage inaugural en 1932. La mort du journaliste Albert Londres dans la catastrophe conduit certains à suspecter un incendie criminel[132]. En 1956, le naufrage de l'Andrea Doria fait les gros titres. Son bilan réduit d'une cinquantaine de victimes n'empêche pas un fort battage médiatique[133].

Le paquebot italien Achille Lauro est également au nombre des navires malchanceux. Il est en effet victime d'un détournement en 1985 qui se solde par la mort de l'un des otages[134] et de son quatrième incendie en 1994 qui le ravage durant plusieurs jours et le fera sombrer[135].

Le paquebot dans la culture[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Les paquebots ont eu un fort impact sur la culture, que ce soit durant la grande ère des liners ou après. Dès 1867, Jules Verne raconte son expérience à bord du Great Eastern dans Une ville flottante. En 1898, l'écrivain Morgan Robertson écrit le roman Le Naufrage du Titan qui raconte une catastrophe imaginaire. Quatorze ans plus tard, certains voient en ce récit un écrit prémonitoire annonçant le naufrage du Titanic, conduisant à nombre de légendes[136].

Dans un registre plus heureux, c'est après une traversée à bord du Carla C qu'une passagère américaine écrit un roman sur la vie à bord d'un navire de croisière. Celui-ci est par la suite adapté en série télévisée sous le titre La croisière s'amuse[137]. De plus, un grand nombre d'ouvrages consacrés aux paquebots est publié chaque année, et des sociétés historiques et autres associations sont fondées, telles que les French Lines ou encore la Titanic Historical Society[138],[139].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le thème du paquebot revient également beaucoup au cinéma. Ces navires sont ainsi souvent le théâtre d'histoires d'amour comme dans le film Elle et lui (Love Affair) avec Charles Boyer et Irene Dunne en 1939[140] et nombre d'autres[141]. Le paquebot est également très utilisé dans les films catastrophe. Le film The Last Voyage est ainsi tourné à bord de l'Île-de-France qui est racheté et sabordé pour l'occasion[142]. De même, L'Aventure du Poséidon est devenu un classique du genre et a fait l'objet de plusieurs remakes et parodies[143].

Le naufrage du Titanic attire également l'attention des cinéastes. Près de quinze films lui sont consacrés, dans différents genres. Le film Titanic de 1953 est ainsi réalisé dans la plus pure tradition hollywoodienne, tandis que celui de 1943 est une œuvre de propagande nazie. Enfin, le blockbuster Titanic de James Cameron connaît un succès sans précédent[144].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les anglophones différencient les paquebots au sens ancien du terme « packet boats (en) » (terme apparu dans les années 1520) des paquebots modernes « Ocean Liner ». Source : Jean-Paul Kurtz, Dictionnaire étymologique des anglicismes et des américanismes, BoD,‎ 2013, p. 907-908.
  2. Future Compagnie générale transatlantique.
  3. Le nombre total de victimes du naufrage du Lancastria n'a jamais pu être déterminé avec précision.
  4. Désormais filiale du Carnival Group.
  5. Le Kaiser Wilhelm der Grosse n'a besoin que de deux cheminées, la quatrième cheminée des navires de classe Olympic est factice.
  6. Aujourd'hui Szczecin en Pologne.

Références[modifier | modifier le code]

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  3. Corrado Ferulli 2004, p. 42
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  7. Christian Mars et Frank Jubelin 2001, p. 15
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  15. Gérard Piouffre 2009, p. 13
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  129. Olivier Le Goff 1998, p. 81
  130. Olivier Le Goff 1998, p. 64 - 65
  131. Christian Mars et Frank Jubelin 2001, p. 55
  132. Olivier Le Goff 1998, p. 77
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  135. Christian Mars et Frank Jubelin 2001, p. 107
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  139. (en) Titanic Historical Society. Consulté le 14 juillet 2010
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  144. Lee Server 1998, p. 76

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Brouard, Paquebots de chez nous, MDM,‎ 1998, 143 p. (ISBN 9782909313535)
  • (en) Mark Chirnside, The Olympic Class Ships : Olympic, Titanic, Britannic, Tempus,‎ 2004, 348 p. (ISBN 9780752428680)
  • Corrado Ferulli, Au cœur des bateaux de légende, Hachette Collections,‎ 2004, 240 p. (ISBN 9782846343503)
  • Olivier Le Goff, Les Plus Beaux Paquebots du Monde, Solar,‎ 1998, 143 p. (ISBN 9782263027994)
  • Christian Mars et Frank Jubelin, Paquebots, Sélection du Reader's Digest,‎ 2001, 208 p. (ISBN 9782709812863)
  • Gérard Piouffre, L'Âge d'or des voyages en paquebot, Éditions du Chêne,‎ 2009, 360 p. (ISBN 9782812300028)
  • Lee Server, L'Âge d'or des paquebots, MLP,‎ 1998, 80 p. (ISBN 2-7434-1050-7)

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