Offensive de Prusse-Orientale

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Offensive de Prusse-Orientale
L'assaut soviétique sur Königsberg (6-9 avril 1945)
Informations générales
Date 3 janvier -
Lieu Prusse-Orientale (Allemagne)
Issue Victoire soviétique
Belligérants
Drapeau : Troisième Reich Reich allemand Drapeau de l’URSS Union soviétique
Commandants
Drapeau de l'Allemagne Georg-Hans Reinhardt
Drapeau de l'Allemagne Walter Weiß
Drapeau de l'Allemagne Friedrich-Wilhelm Müller
Drapeau de l'Allemagne Erhard Raus
Drapeau de l’URSS Constantin Rokossovski
Drapeau de l’URSS Ivan Tcherniakhovski
Drapeau de l’URSS Alexandre Vassilievski
Drapeau de l’URSS Hovhannes Bagramian
Forces en présence
580 000 hommes
200 000 membres de la Volksturm
1 669 100 hommes[1]
Pertes
220 000 capturés[2] 126 464 tués ou disparus
458 314 blessés[1]
Batailles
Front de l’Est

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L’offensive de Prusse-Orientale (en russe : Восточно-Прусская стратегическая наступательная операция) désigne une offensive de l'Armée rouge qui eut lieu du 13 janvier au contre la Wehrmacht en Prusse-Orientale sur le Front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale. L'issue de la bataille de Königsberg, victoire soviétique, eut un impact important sur le cours de l'offensive.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le théâtre des opérations lors de l'offensive (janvier-mai 1945).

À la fin de l'année 1944, la Hongrie reste le dernier allié de l'Allemagne qui ne veut pas perdre ses ressources dont son pétrole. Les unités allemandes se retranchent donc dans la capitale Budapest et affrontent les forces soviétiques qui arrivent en vue de la ville à la fin décembre 1944. Après une proposition de reddition refusée, l'Armée rouge lance l'assaut et malgré des tentatives allemandes, vouées à l'échec (en raison du rapport de force), pour débloquer la ville, la garnison se rend le 11 février.

Les opérations lancées à partir du 12 janvier 1945 sont une démonstration de la maîtrise de l'art opérationnel acquise par l'Armée rouge. Disposant d'une supériorité en troupes et en matériel considérable, accentuée par le redéploiement de certaines unités blindées de la Wehrmacht en Hongrie[3], quatre fronts soviétiques s'élancent des têtes de pont conquises sur la Vistule au sud de Varsovie et à l'est de Cracovie, percent les lignes défensives préparées par les Allemands pendant l'automne, exploitent la percée obtenue grâce aux armées blindées[4] et progressent en à peine 23 jours de 400 km jusqu'à l'Oder où des têtes de pont sont sécurisées autour de Kustrin. Varsovie, détruite et abandonnée par les Allemands, est libérée dès le 18 janvier, Lodz quelques jours plus tard. Le front allemand s'est complètement effondré. Les Soviétiques lancent alors une offensive en Prusse-Orientale pour renverser le flux d'invasion.

Objectifs[modifier | modifier le code]

  • Protéger l'aile droite de Joukov dans le cadre de l'offensive stratégique de 1945.
  • Détruire la 2e Armée, les 3e et 4e Panzer Armées.
  • Occuper les ports qui ravitaillent le front de Courlande (Pillau, Hela, Gotenhafen, Dantzig) ainsi que Königsberg, capitale de la Prusse-Orientale.

Déroulement de l'offensive[modifier | modifier le code]

Soldats allemands de la Volksturm durant la bataille de Königsberg (20 janvier 1945). On voit deux Panzerfausts

Les historiens allemands s'accordent pour nommer cette opération « seconde offensive de Prusse-Orientale » . La première offensive (également connue sous le nom de code Opération Gumbinnen) se déroula du 16 au et fut menée par le 3e front biélorusse et le 1er front balte sous le commandement du général Ivan Tcherniakhovski Les forces soviétiques subirent de lourdes pertes lors de celle-ci en pénétrant de 30 à 60 km en Prusse-Orientale et en Pologne et l'offensive dut donc être reportée.

Lancées à l'assaut le 13 janvier au matin, les unités soviétiques du 3ème Front de Biélorussie affrontent une résistance acharnée, qui doit cependant rapidement se déliter devant l'énorme disproportion des moyens engagés de part et d'autre[5]: Tilsit est occupée le 20 janvier, Allenstein le 23, le 26 l'embouchure de la Vistule est atteinte, isolant la Prusse Orientale du reste du Reich[6]. 500 000 soldats allemands se retrouvent pris au piège dans différentes poches de tailles variables en Prusse et en Poméranie orientale[6].

Les Soviétiques perdirent 126 464 tués et 458 314 blessés[1] tandis que 220 000 Allemands furent capturés lors de la seconde offensive[2].

La poche d’Heiligenbeil fut le théâtre d'une bataille majeure lors de l'offensive, lors de laquelle 450 000 civils prussiens furent déplacés.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Pour le déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Pour les civils et les déportés[modifier | modifier le code]

Le succès de cette offensive entraîne non seulement la mise en mouvement des populations allemandes de Prusse Orientale, mais aussi l'évacuation, vers l'intérieur du Reich des déportés des camps de concentration de la région. Ainsi, le camp de Stutthof, dont l'évacuation avait été planifiée à l'automne 1944, est évacuée à la fin du mois de janvier 1945[7].
Comme dans l'ensemble des régions menacées par l'avance soviétique, les populations civiles fuient devant une avance soviétique inéluctable, présentée comme l'avant-garde du retour à la barbarie la plus sauvage[8]. Les populations abandonnent les agglomérations en pleine journée, voire en plein repas[9]. Il est vrai que l'offensive soviétique s'accompagne de destructions de villages, d'églises, de viols de masse, de profanations, actes que la presse nazie rapporte abondamment[10]. Les consignes du commandement soviétiques ambiguës, le déchainement de la propagande soviétique durant le printemps et l'été 1944 contribuent à donner aux soldats en route vers l'Ouest, le sentiment que les civils allemands ne devaient pas être traités avec le respect qui était dû au civils d'un pays occupé, et allié à ce sentiment, une sensation d'impunité[11].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Glantz, When Titans Clashed: How the Red Army Stopped Hitler, p.300
  2. a et b (ru) Восточно-Прусская стратегическая наступательная операция (13.01—25.04.1945), consulté le 29 mars 2012
  3. R.J.Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, p.791.
  4. P.Masson, Histoire de l'armée allemande, 1939-1945, p.448.
  5. Ian Kershaw, La Fin, p.232.
  6. a et b Ian Kershaw, La Fin, p.233.
  7. D.Blatman, Les Marches de la mort, p.126-129
  8. D.Blatman, Les Marches de la mort, p.88
  9. D.Blatman, Les Marches de la mort, p.89
  10. D.Blatman, Les Marches de la mort, p.90-91
  11. D.Blatman, Les Marches de la mort, p.91-92

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony Beevor, Berlin: The Downfall 1945. Penguin Books, 2002. (ISBN 0-670-88695-5)
  • (fr) Daniel Blatman, Les Marches de la mort. La dernière étape du Génocide nazi, été 1944-printemps 1945, traduit par Nicolas Weill, publié avec le concours de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Fayard, Paris 2009. (ISBN 2-21363551-4)
  • (en) Christopher Duffy, Red Storm on the Reich: The Soviet March on Germany, 1945. Routledge, 1991. (ISBN 0-415-22829-8)
  • (fr) Richard J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, Flammarion Collection Au fil de l'Histoire, Paris, 2009, ISBN 978-2-08-120955-8
  • (en) Glantz, David M. & House, Jonathan, When Titans Clashed: How the Red Army Stopped Hitler, Lawrence, Kansas: University Press of Kansas, 1995. (ISBN 0700608990)
  • (fr) Ian Kershaw, La Fin, Allemagne, 1944-1945, Éditions du Seuil, Paris, 2012, 665 pages, ISBN 978-2-02-080301-4.
  • (fr) Philippe Masson, Histoire de l'Armée allemande. 1939-1945, Perrin, 1994. (ISBN 2-262-01355-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]