Bataille de Dunkerque

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Bataille de Dunkerque
Troupes britanniques à Dunkerque
Troupes britanniques à Dunkerque
Informations générales
Date du 20 mai au 3 juin 1940
Lieu Dunkerque
Issue Victoire tactique allemande
Victoire stratégique alliée
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau français France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Général Weygand
Lord Gort
Gerd von Rundstedt
Ewald von Kleist
Forces en présence
400 000 hommes 800 000 hommes
Pertes
11 000 morts
34 000 prisonniers
177 avions abattus
20 000 morts ou blessés
156 avions abattus
Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours
Pour le front néerlandais, voir Bataille des Pays-Bas.

Prélude et traversée allemande des Ardennes

Drôle de guerre · Évacuation des civils de la ligne Maginot · Mobilisation · Offensive de la Sarre · Baie de Heligoland · Accident de Mechelen · Plan jaune · Plan Dyle · Luxembourg · Ében-Émael · Hannut

Percées de la Meuse et rupture du front belge :

Sedan · Dinant · Monthermé · Givet · La Horgne · Gembloux · Flavion · Louvain · Charleroi

Tentatives de contre-attaques alliées :

Stonne · Montcornet · La Sambre · Arras

Défense des ports de la Manche et rembarquement britannique à Dunkerque :

L'Escaut · Amiens · La Lys · Massacre de Vinkt · Boulogne-sur-Mer · Calais · Poche de Lille · Massacre du Paradis · Abbeville · Dunkerque · Capitulation belge

Effondrement de la Ligne Weygand et avancée allemande sur la Seine :

L'Aisne · L'Ailette · Opération Paula · l’Exode

Front italien et percée allemande dans le Sud :

Pont-de-l'Arche · Les Alpes · Vallon du Seuil · Bombardement de Toulon · Opération Vado · La Loire · La vallée du Rhône · Bombardements de Marseille · Pont Saint-Louis · Armistice du 22 juin

Coordonnées 51° 02′ 03″ N 2° 22′ 37″ E / 51.0343, 2.3768251° 02′ 03″ Nord 2° 22′ 37″ Est / 51.0343, 2.37682  

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La bataille de Dunkerque (nom de code Opération Dynamo) menée par les armées françaises et anglaises contre les armées allemandes, s'est déroulée du 21 mai au 4 juin 1940.

Bousculée par le Blitzkrieg engagé par l'armée allemande lors de la bataille de France, l'armée britannique ainsi que des unités de l'armée française ont dû battre en retraite vers le nord de la France.

Encerclées à Dunkerque, elles ont mené une résistance héroïque et désespérée, en particulier la 12e division d'infanterie motorisée à partir du Fort des Dunes, destinée à gagner un laps de temps nécessaire à l'embarquement du gros des troupes vers le Royaume-Uni, aidées par l'indécision d'Adolf Hitler qui confirma un ordre d'arrêt du général von Rundstedt (Haltebefehl) des armées allemandes devant Dunkerque. L'évacuation s'est opérée à l'aide de tous les navires que la Royal Navy put réquisitionner pour traverser la Manche, tandis que la RAF luttait dans le ciel pour couvrir l'opération. Les troupes et le matériel n'ayant pas pu être embarqués ont été capturés par la Wehrmacht, mais la réussite du sauvetage du gros des troupes a peut-être sauvé le Royaume-Uni d'une invasion face à laquelle il n'aurait peut-être pas résisté malgré la puissance de sa flotte et l'efficacité de son aviation et de ses radars.

Le 27 mai 1940, le casino de Cassel abrite une réunion de l'état-major britannique préparant le lancement de l'opération Dynamo pour évacuer ses troupes à Dunkerque. Deux officiers, dont un général, y sont tués par une bombe allemande.

L'opération Dynamo[modifier | modifier le code]

Le mouvement de retraite stratégique consiste à la fois dans une opération maritime de rembarquement une opération terrestre de protection de la poche de Dunkerque où, prises en étau par les troupes allemandes, et sous le feu de leur aviation et de leur artillerie, les forces alliées évacuent vers l'Angleterre.

Le 20 mai, la situation est désespérée pour les troupes alliées; deux divisions de panzers commandées par Heinz Guderian ont atteint Abbeville et la mer. La Wehrmacht est ainsi parvenue à couper les armées alliées en deux et à encercler, entre les mâchoires de la tenaille, un million de soldats français, belges et britanniques qui menacent d'être pris au piège entre la Manche et les troupes allemandes dont les chars poursuivent leur progression vers la côte. Le 24 mai, les avant-gardes de Guderian établissent six têtes de pont sur l'Aa et atteignent Bourbourg ; elles ont pratiquement le champ libre lorsqu'un ordre impératif du général von Rundstedt, confirmé par Hitler, les stoppe jusqu'au matin du 27.

Plusieurs théories d'historiens ont tenté d'expliquer cet ordre.

La première veut que ce soit Rundstedt, commandant du groupe d'armées A, qui ait voulu un arrêt pour repositionner (recoller en langage militaire) ses troupes, tout en évitant une contre-attaque de flanc qu'il redoutait (menace sans fondement en réalité, au vu de la désorganisation alliée). Depuis un ouvrage de KH Frieser, « le mythe de la guerre éclair », il est en effet admis qu'Hitler n'a fait que confirmer l'ordre d'arrêt de son général, désavouant l'État Major qui voulait au contraire absolument continuer les combats et s'attribuer le coup de faucille de Sedan (plan jaune sur une idée de Manstein) et renvoyant à Rundstedt la décision définitive à prendre. Frieser[1] argue, par ailleurs, que dans sa directive Nr 13, Hitler a bien donné l'ordre le 24 mai 1940 de préparer « l'anéantissement des forces franco-belgo-anglaises enfermées dans les Flandres et l'Artois ». Il ne voulait donc pas ménager la GB, comme il le dira plus tard, pour des raisons politiques, comme certains auteurs le dirent en stoppant son armée.

Cet argument affaiblit la seconde théorie qui se base sur l'idée qu'Hitler, pour des raisons diplomatico-stratégiques et contre l'avis de ses généraux qui, en dehors de Rundstedt voulaient poursuivre, aurait voulu obtenir des Anglais un accord de paix en écartant une solution d'humiliation, afin de lui permettre d' attaquer l'URSS dans la future opération Barbarossa. Cette thèse lui imputerait la faute stratégique énorme de cet ordre d'arrêt de l'offensive, faute qui marque un vrai tournant de la guerre. La thèse, de moins en moins défendue, s'appuie sur les dires postérieurs d'Hitler qui a tenté au cours de la guerre de se présenter en homme raisonnable recherchant la paix avec la Grande-Bretagne.

Dans ses mémoires, éditées en 1959, W. Churchill adoptait déjà la thèse que consolidera Frieser en s'appuyant sur des documents allemands dont le journal du QG de Rundstedt (écrit à l'époque) qui précise que lors de sa visite au général, Hitler adopta le point de vue exposé par celui-ci. Il se déclara "entièrement d'accord". Le journal rapporte, indique Churchill, que "la IV armée protesta contre cette restriction (ne pas attaquer Dunkerque). il ajoute: "Il est donc par conséquent certain que les unités blindées ont été arrêtées et que cela s'est fait non à l'initiative d'Hitler mais à celle de Rundstedt."[2]

Parmi les autres hypothèses, on peut signaler celle qui affirme qu'Hitler aurait voulu donner à Goering la possibilité de mettre en valeur la Luftwaffe en détruisant l'armée anglaise par l'aviation ce qu'il réclamait, inconscient de la fatigue des pilotes et surtout de l'éloignement des bases aériennes. Pour ses partisans, cette thèse reprend le thème de la jalousie du dictateur vis-à-vis des ses généraux qui s'attribuaient la gloire de la réussite inespérée de la percée de Sedan et de son prolongement vers la Manche. Avec Goering, il les écartait. La directive Nr 13 d'Hitler confirme cette option aérienne et la rend compatible avec l'ordre d'arrêt confirmé de Rundstedt.

Les Alliés profitent de l'aubaine : ils se regroupent en hérisson pour tenir pied à pied un corridor s'étendant de la région lilloise à Dunkerque, sur une centaine de kilomètres de profondeur et trente à quarante de largeur afin de regrouper leurs troupes dans une poche allongée et ouverte sur la mer qui laisse place à deux options. Pour l'État Major français, le général français Weygand mise sur une contre-attaque qui permettrait de se dégager vers le Sud. Mais le chef du corps expéditionnaire britannique, le général Gort, préfère évacuer ses positions et sans prévenir ni le gouvernement britannique ni ses alliés, il fait retraite vers les ports de la Manche. Le lendemain, le cabinet de guerre britannique, mis devant le fait accompli, confirme cette décision unilatérale, mais toujours sans prévenir ses alliés : « En de telles conditions, une seule issue vous reste : vous frayer un chemin vers l'ouest, où toutes les plages et les ports situés à l'est de Gravelines seront utilisés pour l'embarquement. La marine vous fournira une flotte de navires et de petits bateaux, et la Royal Air Force vous apportera un soutien total… ».

Les troupes anglaises abandonnent donc la droite de l'armée belge pour retraiter précipitamment en vue de se rembarquer à Dunkerque. Dès ce moment, le roi et l'État-major belges se sentent abandonnés, ainsi que le relate l'attaché militaire anglais auprès du roi Léopold III, lord Keyes. Le 28 mai à quatre heures du matin, le roi Léopold III, chef de l'armée belge capitule, après la bataille de la Lys, décision violemment contestée en France et en Angleterre et par son propre gouvernement, mais aussi par son conseiller militaire et plusieurs historiens, notamment le professeur Henri Bernard de l'École royale militaire belge[3], qui estime que l'armée belge (600 000 hommes) même fort entamée à la fin mai, aurait dû mieux coordonner ses mouvements avec les Français et les Britanniques.

Le 29 mai 1940, le général Henri Vernillat, commandant la 43e division d'infanterie, se voit confier par l'amiral Abrial, la responsabilité du regroupement des grandes unités et éléments organiques d'armée et de corps d'armée. Ce regroupement doit se faire dans une zone boisée située à l'est de Bray-Dunes et au sud-ouest de la Panne[4].

La poche de Dunkerque le 21 mai 1940

Le vice-amiral Bertram Ramsay, chef de l'opération, installe son quartier général dans une cave du château de Douvres, où avait fonctionné, jadis, un groupe électrogène. Pour cette raison, l'opération est baptisée Opération Dynamo. Elle durera neuf jours pleins : du dimanche 26 mai au mardi 4 juin.

Le 29 mai, le corridor s'est rétréci comme une peau de chagrin : il ne s'étend plus maintenant que, côté mer, des environs de Dunkerque au petit port belge de Nieuport, aux canaux de Bergues à Furnes et de Furnes à Nieuport, côté terre.

Le général Bertrand Fagalde, commandant du XIVe corps d'armée rattaché à la 7e armée, qui est intervenu en Hollande puis en Belgique et se replie devant la puissance des armées ennemies par étape, doit se replier sur Dunkerque. Il est chargé, sous l'autorité de l'amiral Abrial, de la défense de la tête de pont de Dunkerque, responsabilité écrasante. En réalité, il s'agira de couvrir les embarquements des Anglais qui ne participeront pas à la défense rapprochée de la tête de pont. Il faudra ensuite essayer d'embarquer le maximum de Français.

Le 20 mai 1940, les chars allemands atteignent la Manche, coupant les Alliés, au nord, du reste de la France. Enfermé dans un quadrilatère dont les limites terrestres sont respectivement : - à l'ouest, le canal de Mardyck et la trouée de Spycker ; - au sud, le canal de la Haute-Colme puis la Basse-Colme ; - à l'est, la région des Moeres et les blocs frontières de Ghyvelde et Bray-Dunes ; soit une longueur de 22 km et une profondeur de 10 km avec les amiraux Platon et Abrial, les généraux Blanchard, Beaufrère, La Laurencie, Janssen (commandant de la 12e D.I.M. tué le 2 juin avec plusieurs de ses officiers par une bombe allemande au fort des Dunes) dans la poche de Dunkerque avec 400 000 hommes et un matériel immense. Les allemands bombardent la ville et la défense française et anglaise se fait d’heure en heure plus sporadique, d’autant que les Britanniques ont reçu l’ordre d’embarquer coûte que coûte et n’apportent pas vraiment leur aide au combat au sol et qu’ils ont déjà embarqué leur artillerie et la DCA. Les bombardements ininterrompus, la peur, la faim, la soif (il n’y a plus d’eau mais on ne manque pas d’alcool) et la fatigue brisent les nerfs des troupes.

L’embarquement des troupes sur les navires se fait dans le plus grand désordre, les Britanniques privilégiant leurs propres troupes. Dans la panique, les scènes les plus regrettables et les actes de bravoure se côtoient, mais le nombre de morts augmente d’heure en heure autant par noyade que sous le feu de l’ennemi. Le dernier navire s’éloigne laissant 40 000 hommes qui vont encore combattre âprement ; le 4 juin 1940, Dunkerque capitule, les Allemands pénètrent dans une ville en ruine où ils sont reçus par le sous-préfet Le Gentil. Le général Fagalde, pour son action durant les combats depuis Anvers jusqu'à Dunkerque, est promu Grand officier de la Légion d'honneur le 4 juin 1940.

Le 4 juin 1940, l'opération Dynamo est achevée ; le drapeau à croix gammée flotte sur le phare de Dunkerque. En neuf jours, 338 226 combattants seront évacués, dans des conditions inouïes. Fait souvent oublié ou négligé, l'évacuation réussie de Dunkerque incombe beaucoup au sacrifice héroïque de l'armée française du général Fagalde qui contint partout l'ennemi, en dépit d'un manque d'armes lourdes et d'une infériorité numérique patente (1 contre 10 voire 1 contre 30 dans certains secteurs).

La noria des little ships[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Évacuation de Dunkerque.
Embarquement des troupes britanniques

Rassembler en aussi peu de temps une petite armada n'est pas chose aisée. Qu'à cela ne tienne, la Royal Navy détache immédiatement 39 destroyers, des dragueurs de mines et quelques autres bâtiments. Mais c'est insuffisant, car la faible déclivité des plages oblige les navires de fort tonnage à mouiller au large. Il faut dès lors mobiliser des ferries, des chalutiers, des remorqueurs, des péniches, des yachts et d'autres embarcations encore plus modestes, les désormais célèbres little ships. Il en vient 370 équipés tout au plus de deux mitrailleuses.

Il faut ensuite organiser cette « noria ». Entre Dunkerque et Douvres, la route la plus directe est la route « Z », longue de 60 km, mais elle est à portée des canons allemands à la hauteur de Calais. La route « Y » évite cet inconvénient à ceci près qu'elle met Dunkerque à 130 km de Douvres ; qui plus est, elle constitue un terrain de chasse pour les vedettes lance-torpilles de la Kriegsmarine. La voie la plus praticable est la route « X », longue de 80 km ; elle ne sera toutefois déminée que le 29 mai.

Malgré la vigilance de la RAF, le principal danger vient des airs. Le 29 mai par exemple, 400 bombardiers allemands, protégés par 180 Messerschmitt, ont méthodiquement pilonné Dunkerque, tout en mitraillant les plages sans omettre de bombarder les bâtiments croisant au large. Ce jour-là, le bilan des pertes est tellement lourd que l'Amirauté décide d'arrêter l'opération : au total, près de 250 embarcations sont envoyées par le fond ; les vedettes lance-torpilles et les avions auront raison des contre-torpilleurs français Jaguar et Chacal, des torpilleurs Bourrasque, Siroco et l'Adroit. Le plafond des nuages, souvent très bas, et la fumée des incendies gênent toutefois la Luftwaffe, laquelle ne peut sortir ses escadrilles que les 27, 29 mai et 1er juin.

Les opérations de rembarquement sont incommodes. Il y a trop d'hommes et pas assez de bateaux. Pour s'échapper, il faut soit être accepté à bord d'un navire accostant au môle est du port (l'actuelle jetée s'avance en effet de 1 500 mètres dans la mer), soit rejoindre la plage et avancer en file indienne jusqu'à une embarcation légère qui fait le va-et-vient entre le rivage et le bâtiment au large. La machine s'est rodée ; le premier jour, 7 669 hommes ont pu rejoindre un port allié, 17 804 le second, 47 310 le troisième, 53 823 le quatrième.

Le 4 juin à h 20, le Shikari, chargé à ras bord de soldats, quitte le môle pour sa dernière rotation. À 10 h, l'armée allemande investit Dunkerque. Parmi les évacuations réussies, mentionnons celle de la barge anglaise Beatrix Maud, commandée par le lieutenant français Joseph Héron qui réussit, dans la nuit et la journée du 3 au 4 juin 1940, à évacuer près de 340 hommes de troupe et gradés jusqu'à Douvres. Ils échappèrent ainsi à la captivité. À la suite de cet exploit, le lieutenant Jo Héron reçut la Croix de Guerre avec étoile d'argent[5]. On peut aussi évoquer celle du Princess Elizabeth qui évacuera 500 soldats français.

Caboteurs néerlandais[modifier | modifier le code]

Un rôle peu connu est celui des caboteurs néerlandais. Vingt-neuf d'entre eux ont pu échapper à l'occupation allemande aux Pays-Bas et sont allés aider les soldats sur les plages de Dunkerque. Ils ont sauvé 23 000 hommes. Parmi eux, huit ont sauvé chacun plus de mille soldats. Le Rian (232 tonnes) tient le record absolu : entre le 28 et le 31 mai, le caboteur a sauvé 2 542 hommes. Le navire a sombré près de l'île de Man en 1946. Au total, sept des caboteurs néerlandais furent perdus pendant le sauvetage des soldats de Dunkerque[6].

En neuf jours, 338 226 combattants (dont 123 095 Français) ont pu être évacués sur une mer d'huile ; la Wehrmacht a capturé quelque 35 000 soldats, dont la quasi-totalité sont des Français. Parmi eux le 8e régiment de zouaves, qui a protégé l'évacuation jusqu'au dernier moment et n'a pas pu embarquer. Ceux qui n'ont pas été tués ont été fait prisonniers. Le même sort sera réservé aux survivants de la 12e division d’infanterie motorisée, composée notamment du 150e régiment d'infanterie, ils ont été fait prisonniers le 4 juin 1940 au matin sur la plage de Malo-les-Bains. Le drapeau de ce dernier régiment a été brûlé pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi.

Soulagement à Londres[modifier | modifier le code]

Monument aux morts.

L'évacuation de Dunkerque suscite néanmoins une certaine aigreur chez les responsables français. Weygand et d'autres feront notamment grief aux Britanniques d'avoir fait échouer la contre-attaque sur Arras. Les relations entre les Alliés, souvent assez confuses, avec des difficultés de communication perceptibles à bien des échelons, seront désormais placées sous le signe de la méfiance.

À Londres, on éprouve du soulagement et de la gratitude : les combattants de Dunkerque sont traités en vainqueurs et non en vaincus ; sur les quais de débarquement comme dans les gares, on leur fait fête. Cependant Churchill modère les ardeurs, en rappelant que « les guerres ne se gagnent pas avec des évacuations » aussi héroïques soient-elles. Suite à l'opération Dynamo, le New York Times publie : « Tant que l'on parlera anglais, le nom de Dunkerque sera prononcé avec le plus grand respect »[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mythe de la guerre éclair, Karl-Heinz Frieser, Belin, 479 p., 2003, p. 317
  2. Mémoires de guerre, W. Churchill, 2013, 432/667, T 2
  3. Panorama d'une défaite, Duculot, Gembloux, 1984
  4. Thibault Richard, Des forêts d'Alsace aux chemins de Normandie - La 43e division d'infanterie dans la guerre - 3 septembre 1939 - 26 juin 1940, éd. Corlet, Condé-sur-Noireau, août 2001, 234 pages + cahier photo, (ISBN 2-84706-004-9)
  5. Cols Bleus, no 548 du 31 mai 1958)
  6. (nl) J.J. von Münching, De Nederlandse koopvaardijvloot in de Tweede Wereldoorlog, (La flotte néerlandaise de cabotage pendant la seconde guerre mondiale), Bussum, 1978, p. 120-131, (ISBN 90-228-1981-7).
  7. Site officiel de Dunkerque-Opération Dynamo

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Azéma « 1939-1940, l'année terrible. Dunkerque : sortir de la nasse », Le Monde du 27 juillet 1989.
  • Une rose de sang. roman / Bruno Robert ; ill., Fabienne Maignet, Paris : P. Téqui ; Château-Landon : Carrick, 1999 - (coll. Défi ; 6), (ISBN 2-7403-0636-9) suivi de :
  • Fin de jeu. roman / Bruno Robert ; ill., Fabienne Maignet, Paris : P. Téqui ; Château-Landon [BP 4, 77570] : Carrick, 1998. - (collection Défi ; 3) (ISBN 2-7403-0621-0).
  • Week-end à Zuydcoote Le récit de cette bataille valu le Prix Goncourt 1949 au roman de Robert Merle qui fut lui-même fait prisonnier a Dunkerque : Week-end à Zuydcoote (Édition Gallimard, (ISBN 2070367754)). Ce roman a été adapté au cinéma par Henri Verneuil en 1964.
  • Maurice Guierre, Marine-Dunkerque mon équipe au combat, Flammarion, 1942 - Editions J'ai lu leur aventure N°A165, 1967
  • David Divine, les 9 jours de Dunkerque, traduit de l'anglais par Daniel Mauroc, Collection "l'Heure H", Calmann-Lévy, Paris, 1964; réédition: Editions J'ai lu Leur Aventure N°A197, 1968.
  • Karl Bartz, Quand le ciel était en feu (Als der himmel brannte), traduit de l'allemand par Jacques Boitel, Corrêa, 1955.
  • Robert Béthegnies, La défense de Dunkerque - 1940 , Yves Demailly, Éditeur-Libraire, 8 rue Georges-Maertens, Lille, 1950.

Autres lectures[modifier | modifier le code]

  • Yves Buffetaut, Dunkerque 1940: Légendes et mystères, Magazine 39-45 no.49, 1990
  • Yves Buffetaut, Le mois terrible (1): Dunkerque juin 40, Magazine Armes Militaria HS no.17, 1995
  • Richard Collier, The sands of Dunkirk (Miracle à Dunkerque), Presses de la Cité, 1961
  • Matthieu Comas, La campagne de France (2): La bataille de Dunkerque 26 mai-2 juin, in Batailles Aériennes no 8, Éditions Lela Presse, 1999
  • Pierre Mestu, DÜNKIRCHEN Dunkerque l'occupation allemande 1940/1945
  • Jean-Loui Roba, Opération Dynamo, de Boulogne/Mer à Dunkerque, les combats aériens, in Batailles Aérienne no 64, Éditions Lela Presse, 2013

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Dunkerque, documentaire de la série "La Guerre en couleurs", par Tracy Pearce, Dynacs Digital Studios, 2001.
  • Dunkerque, docu-fiction pour la TV par Alex Holmes, BBC, 2004.
  • Week-End à Zuydcoote, par Henri Verneuil, Studio Canal, 2001, ASIN B00004XOCD
  • Dunkirk, de Leslie Norman (1958), qui décrit un peloton britannique dans sa retraite et la participation des little ships et le volontariat de marins civils pour piloter leurs bateaux. voir http://www.imdb.com/title/tt0051565/
  • Reviens-moi (Atonement), Joe Wright, Universal Pictures, 2007. Très spectaculaire, la fin du film a pour cadre l'une des plages où les soldats français et anglais ont embarqué.
  • La Bataille de France dans la série des grandes batailles du passé, documentaire d'Henri de Turenne et de Daniel Costelle. Voir http://www.youtube.com/watch?v=in0TLT2zCUA

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]