Massilia (paquebot)

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Le Massilia à Bordeaux, vers 1930.

Le Massilia est un paquebot de ligne de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique, lancé en 1914.

Il est célèbre pour avoir été réquisitionné en pleine débâcle en 1940 pour permettre à des membres du gouvernement et 27 parlementaires de quitter la France pour se réfugier en Afrique du Nord.

Il est ensuite transformé en transport de troupes, et finit coulé en 1944 par l'armée allemande pour bloquer le port de Marseille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après son lancement en 1914, la Première Guerre mondiale interrompt sa construction, qui n'est achevée qu'en 1920. Il est exploité sur la ligne de l'Atlantique-Sud par la Compagnie de navigation Sud-Atlantique jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[1].

En 1940, le Massilia est réquisitionné par le gouvernement Paul Reynaud replié en juin 1940 à Bordeaux en raison de la déroute de l'Armée française, afin de permettre à des hommes politiques (dont 27 parlementaires) de quitter la France avec l'intention de constituer un nouveau gouvernement en exil qui abandonnerait à l'Allemagne les territoires de métropole afin de mieux reprendre l'offensive militaire à partir des départements d'Afrique du Nord.

Le départ a été organisé par Édouard Barthe, questeur de la Chambre[2].

Parmi les passagers les plus connus :

Plusieurs députés font défection au moment du départ, comme Édouard Herriot, Louis Marin ou Gratien Candace.

Embarqués du port du Verdon en aval de Bordeaux, le Massilia reste d'abord bloqué un jour en raison d'une grève de l'équipage qui refusait d'appareiller par hostilité envers les parlementaires[3] et n'appareille que le 21 juin 1940[4], soit quatre jours après la formation du gouvernement Pétain et la veille de la signature de l'armistice. Il n'arrive à Casablanca que trois jours après, le 24 juin, car certains députés ayant envisagé de faire route vers l'Angleterre et de s'y réfugier, le paquebot a dû attendre en mer des autorisations du consul de Grande-Bretagne qui n'ont pas été accordées.

À leur arrivée, une foule hostile les attend sur les quais et les passagers sont consignés pour les protéger dans un grand hôtel de Casablanca par le Résident général Noguès, mais pour Raymond Forni c'est suite à un contre-ordre de l'amiral Darlan[5]. Ceux qui étaient considérés comme mobilisés en tant qu'officiers, Pierre Mendès France, Pierre Viénot, Alex Wiltzer et Jean Zay, sont arrêtés le 31 août 1940 à Casablanca, rapatriés en métropole et traduits devant le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand pour « désertion devant l'ennemi » et trois d'entre eux condamnés le 4 octobre 1940 à des peines de prison et à dix ans de privation de droits civils. D'autres, comme Édouard Daladier et Georges Mandel, sont accusés d'être responsables de la défaite et jugés avec d'autres officiers comme le général Maurice Gamelin au cours du Procès de Riom. Ces décisions ont été annulées en 1946.

Le , les vingt-deux autres parlementaires étaient autorisés à regagner la France, soit sept jours après le vote des pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain par l'Assemblée nationale (c'est-à-dire la réunion du Sénat et de la Chambre des députés). Les parlementaires embarqués étaient quasiment tous de gauche ou de centre-gauche, dont des personnalités de premier ordre, qui se sont trouvées de ce fait absentes des débats.

Le Massilia sert ensuite de transport de troupes entre le France et l'Afrique du Nord. En 1944, il est pris et coulé par les Allemands[1].

Passagers du Massilia[modifier | modifier le code]

La liste a été établie par une dépêche de José-Felix de Léqueria, ambassadeur d'Espagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Massilia, paquebot de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique », sur Maîtres du Vent - MDV (consulté le 25 juin 2011).
  2. Celui-ci était questeur de la Chambre lorsque celle-ci s'était réunie à l'École Anatole-France à Bordeaux le 18 juin 1940 pour débattre de l'opportunité de demander un armistice à l'initiative de Jean Mistler ; seuls Paul Giaccobi, Paul Ramadier, Michel Tony-Revillon, Camille Blaisot et Yves Le Troquer se sont déclarés favorables à continuer le combat depuis l'Afrique du Nord. Yves Le Troquer, embarquera sur le Massilia.
  3. Quid, 2007.
  4. « 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 – 21 juin », sur assembleenationale.fr, Assemblée nationale (consulté le 17 février 2013).
  5. Discours de Raymond Forni lors du colloque international à l'Assemblée nationale « Le 18 Juin, combats et commémorations », 22 juin 2000.
  6. Base roglo.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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