Alexander von Falkenhausen

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Alexander von Falkenhausen
Image illustrative de l'article Alexander von Falkenhausen

Naissance (
Gut Blumenthal Allemagne
Décès ( (à 87 ans)
Nassau (Lahn)
Origine Flag of the German Empire.svg Allemagne
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Général
Années de service 1897 – 1945
Conflits Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale
Distinctions Pour le mérite
Autres fonctions Gouverneur militaire de la Belgique occupée

Alexander Ernst Alfred Hermann von Falkenhausen (Gut Blumenthal Allemagne Nassau ) était un général allemand de la Wehrmacht. Il a été le gouverneur militaire de la Belgique et du Nord de la France (Départements du Nord et du Pas de Calais) durant l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, du 22 mai 1940 au 15 juillet 1944.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières armes en Asie (1901-1914)[modifier | modifier le code]

Alexander von Falkenhausen est issu d’une famille de vieille noblesse dans laquelle la carrière militaire était une tradition ; il est apparenté au général Ludwig von Falkenhausen, son oncle, qui sera gouverneur général de Belgique de 1917 à 1918.

Après ses études primaires à Breslau, il entame sa carrière militaire à douze ans, en rejoignant l’école des cadets de Wahlstadt. Il rejoint ensuite le 91e régiment d’infanterie d’Oldenburg (de), commandé par Paul von Hindenburg, et est nommé second lieutenant en 1897. Au début de l’été 1901, il est muté, à sa demande, au 3e régiment d’infanterie d’Asie orientale, qui participe à la répression de la révolte des Boxers. Après un séjour d’un an en Chine, il regagne l’Allemagne, où il poursuit sa formation à Oldenburg et puis à l’académie militaire de Berlin. Passionné par l’histoire de la colonisation européenne et par l’histoire et la culture du Japon et de la Chine, il suit les cours du séminaire de langues orientales à l’université de Berlin et termine ses études avec distinction.

En 1908, il est nommé au grand état-major, puis en 1909, il est envoyé au Japon. Il séjourne et étudie en Asie pendant deux ans, période au cours de laquelle il visite non seulement le Japon, mais aussi le nord de la Chine, la Corée et l’Indochine. À peine de retour en Allemagne en 1911, il est à nouveau envoyé au Japon, cette fois comme attaché militaire, poste qu’il occupe lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

D'une guerre mondiale à l'autre (1914-1940)[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre, von Falkenhausen combat avec les forces de l’empire ottoman. Après avoir été chargé par Mustafa Kemal d’opérations dans le sud de l’empire, contre les troupes anglaises dans la région de Bagdad, von Falkenhausen combat en Palestine, sous les ordres du général Liman von Sanders et est décoré de l’ordre Pour le mérite.

Il reste dans l’armée après la fin de la guerre et il est nommé à la tête de l’école d’infanterie de Dresde le 1. fevrier 1927. En janvier 1930, il se retire du service et part en Chine pour servir de conseiller militaire à Chiang Kai-Shek.

En 1937, l’Allemagne nazie s’allie avec le Japon, en guerre avec la Chine. En gage de bonne volonté, l’Allemagne reconnaît l’état fantoche du Manchukuo créé par le Japon et rompt l’accord de coopération germano-chinois. Sa famille restée en Allemagne étant menacée de poursuites pour trahison, von Falkenhausen est forcé de quitter son poste auprès de Chiang Kai-Shek, qu’il quitte en lui promettant de ne rien révéler de ses plans aux Japonais.

À la tête de la Belgique occupée (1940-1944)[modifier | modifier le code]

Von Falkenhausen est rappelé en service actif le 25 août 1939, et sert en tant que Befehlshaber Wehrkreis IV (commandant du district militaire n°4) pour quelques mois à Dresde. Le 12 mai 1940 il est informé de sa nomination comme gouverneur militaire des Pays-Bas occupés (quelques semaines plus tard il devient gouverneur militaire de la Belgique et du Nord-Pas-de-Calais qui y est annexé). Il succède ainsi à son oncle qui avait déjà occupé le même poste pendant la guerre 1914-1918.

Aristocrate prussien traditionaliste éduqué à l'ancienne (il parle plusieurs langues) il méprise le Führer et le parti nazi qu'il tient pour des parvenus, mais, en bon militaire, il leur obéit puisqu'ils représentent le pouvoir légal. Cependant, il est secrètement favorable au roi Léopold III de Belgique, tenu en résidence surveillée à Bruxelles. Cela se devine et les milieux nazis de Belgique mènent contre lui une insidieuse campagne de dénigrement auprès d'Hitler.

Mais il signe, contre la population juive de Belgique, dix-sept décrets préparés par son adjoint nazi, Eggert Reeder. Il ne s'agit pas encore de déportation. Celle-ci se déclenchera à partir de juin 1942, de 25 000 Juifs vers les camps d’extermination. Falkenhausen soutiendra, après la guerre, qu'il n'avait aucun pouvoir de s'opposer aux nazis qui formaient une autorité parallèle à la sienne et directement soumise au Führer. Eggert Reeder s'active personnellement à la spoliation des Juifs (aryanisation) et à la destruction de toute présence juive dans l’économie belge et dans celle de la région Nord Pas de Calais annexée à la Belgique, ce qui débouche sur un chômage massif parmi les travailleurs juifs, notamment ceux de l’industrie du diamant.

Durant l’occupation allemande, 43 000 non-juifs sont aussi déportés en camps de concentration, où 13 000 perdent la vie, et des dizaines de milliers de résistants sont arrêtés, parmi lesquels des centaines torturés et fusillés. (voir aussi Résistance intérieure belge (1939-1945)

C'est aussi sous l'autorité d'Alexandre von Falkenhausen que les Allemands procèdent à l'exécution de 240 otages civils, en représailles aux attentats de la Résistance. Il interviendra, dans certains cas, pour sauver des résistants et des Juifs, et ce sur demande d'une certaine madame de Perlinghi[1], nom porté par mariage par une Chinoise nommée Siou-Ling Tsien installée en Belgique et dont la famille avait fréquenté le général lors de son séjour en Chine quand il était conseiller militaire de l'armée chinoise. Cette femme témoignera pour lui après la guerre [2].

Un personnage ambigu[modifier | modifier le code]

Von Falkenhausen est de plus en plus opposé au nazisme au fur et à mesure que la guerre avance. Il est un ami proche de plusieurs opposants à Hitler dont Carl Friedrich Goerdeler et Erwin von Witzleben et il offre son soutien à von Witzleben pour la préparation d’un coup d’État. Après l’échec de l’attentat du 20 juillet 1944, il est arrêté et interné dans la baraque des personnalités à Buchenwald, puis à Dachau.

En avril 1945, Falkenhausen et 138 détenu(e)s prominent(e)s sont transportés au Tyrol du Sud. Un capitaine de la Wehrmacht, Wichard von Alvensleben, les libère. Quelques jours plus tard, Falkenhausen devient prisonnier de guerre des Américains.

Incarcéré à nouveau, von Falkenhausen est renvoyé en Belgique pour y être jugé en 1948 ; en mars 1951, à Bruxelles, il est condamné à douze ans de travaux forcés (malgré son âge de 71 ans) pour la déportation de 25 000 Juifs et l’exécution d’otages. Trois semaines après sa condamnation, von Falkenhausen est libéré et renvoyé en Allemagne, sur la base de témoignages qui établissent qu’il a cherché à contrecarrer la déportation des Juifs et les condamnations de résistants. C'est notamment la déposition de madame de Perlenghi, nom d'une chinoise mariée en Belgique qui avait intercédé en faveur des condamnés en invoquant une vieille amitié avec le général qu'elle avait connu en Chine où il avait été conseiller militaire de Tchang-Kaï-Chek. Il n'a cependant manifesté aucun regret pour les assassinats commis sous ses ordres, et à sa libération, il va jusqu'à se plaindre de « l'ingratitude » de la Belgique à son égard, reprenant à son compte, non sans outrecuidance, la formule de Scipion l'Africain contre sa patrie romaine Ingrata Belgia, non possidebis ossa mea (« Ingrate Belgique, tu n'auras pas mes ossements »).

Veuf depuis 1950, il se remarie 1960 avec une ancienne responsable de la Résistance belge, Cécile Vent, de 28 ans sa cadette.

Il décède le à Nassau (Lahn). Il avait gardé jusqu'au bout intacts son anticommunisme, son désir de voir la nouvelle armée allemande (Bundeswehr) jouer un rôle-clé dans la défense de l'Europe occidentale à la place de soldats français qu'il jugeait de mauvaise qualité, et sa conviction que la Wehrmacht avait pendant la guerre mené une guerre "propre".

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Albert De Jonghe, La lutte Himmler-Reeder pour la nomination d'un HSSPF à Bruxelles (1942-1944), dans: Cahiers d'histoire de la Seconde guerre mondiale, Bruxelles, 1976-1984.
  • Hsi-Huey Liang: The Sino-German connection: Alexander von Falkenhausen between China and Germany 1900–1941 van Gorcum, Assen 1978
  • Liman von Sanders: Fünf Jahre Türkei
  • Hans Werner Neulen: Feldgrau in Jerusalem, München 1991, ISBN 3-8004-1437-6
  • Norbert Frei (Hrsg.): Transnationale Vergangenheitspolitik, Göttingen 2006, ISBN 3-89244-940-6
  • Peter Lagrou, Guerre "honorable" sur le front de l'Ouest: crime, punition et réconciliation, in Occupation et répression militaire allemandes 1939-1945. La politique de "maintien de l'ordre" en Europe occupée, collection Autrement, 2007, p. 201-205.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Siou-Ling Tsien, qui avait sauvé Ecaussinnes des nazis », l'avenir.net, vendredi 1er août 2008, lien
  2. Un feuilleton télévisé chinois lui sera consacré dans les années 2000. Tourné en Belgique, il s'intitule Une Chinoise sous le fusil de la Gestapo.