Alexandre Djouhri

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Alexandre Djouhri (né Ahmed Djouhri), né le 18 février 1959 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est un homme d'affaires français d'origine algérienne.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, Alexandre Djouhri entre à Vivendi Environnement, devenu Veolia. Il est présenté comme « l'homme sans qui son PDG Henri Proglio n'est rien »[1].

Selon la journaliste Raphaëlle Bacqué[2], ses activités consistent à être un intermédiaire sur les marchés internationaux de l'eau, des déchets et du pétrole, bon connaisseur de l'Afrique et du Moyen-Orient. La journaliste présente Alexandre Djouhri comme un des hommes influents du moment, proche de Dominique de Villepin. Claude Guéant dit de lui : « Il a une connaissance de l’économie et des affaires qui est utile à notre pays[3]. »

Controverses[modifier | modifier le code]

En 1981, Alexandre Djouhri est interpellé pour vol à main armée dans l'attaque d'une bijouterie. Sans preuve à charge, il ne sera pas mis en examen[4]. Selon le journaliste Pierre Péan, Alexandre Djouhri aurait été mêlé à la tentative de meurtre d'un concurrent, l'homme d'affaires Ziad Takieddine[5]. L'Express du 9 mars 2010 affirme que Djouhri aurait été l'expéditeur de menaces de mort à l'encontre du conseiller juridique de Nicolas Sarkozy Patrick Ouart.

Selon l'enquête de Pierre Péan (La République des mallettes), il est décrit comme un intermédiaire dans le cadre de ventes d'armes internationales, proche de Dominique de Villepin mais aussi de Claude Guéant et Bernard Squarcini, patron du renseignement intérieur français[6].

Deux journalistes de Paris Match, David Le Bailly et François Labrouillère, ont tenté de faire une enquête sur Djouhri. Après avoir posé des questions à Claude Guéant et Bernard Squarcini, la direction de leur journal a décidé d'annuler cette investigation. L'AFP dans une dépêche du 26 avril 2011 relate cet épisode en supposant une « intervention » d'un proche de Dominique Strauss Kahn et d'Arnaud Lagardère auprès de la direction du journal[7].

Un autre intermédiaire spécialiste du Proche-Orient, Ziad Takieddine considéré comme un « rival » de Djouhri, a déclaré au Journal du Dimanche[8] « J’accuse Jacques Chirac et Dominique de Villepin, à l’Élysée, et leurs « hommes », le diplomate Maurice Gourdault-Montagne et, notamment, un homme de l’ombre, Alexandre Djouhri, d’avoir, par leurs agissements, fait que la France passe aujourd’hui pour un des pays les plus corrompus au monde et ne vende plus rien à l’international », déclaration mettant en exergue la rivalité existant entre les intermédiaires qui vivent sur les commissions générées par les marchés internationaux.

Selon l'hebdomadaire "Le Canard enchaîné" (avril 2012, cité par Francetv), l'ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, aurait veillé à l'exfiltration de Libye du directeur de cabinet de M. Kadhafi, Béchir Salah Béchir, au moment des révolutions arabes, dans un jet privé appartenant à l'homme d'affaires Alexandre Djouhri. Pour le site d'information Maghreb Confidentiel, Djouhri et Salah seraient "inséparables" et se seraient envolés pour le Mali en juin 2012. Pierre Péan cite l'ancien ministre de l'intérieur Hervé Morin (La République des mallettes p. 390) qui lui aurait confié que "Djouhri a géré la Libye avec Guéant". Pierre Péan ne manque pas de rappeler le rôle central de Djouhri dans le règlement de l'affaire des "infirmières bulgares" détenues en Libye puis comme médiateur dans le divorce Cécilia-Nicolas Sarkozy, avec pour objectif de s'assurer du silence de l'ex-première dame contre une pension conséquente.

Alexandre Djouhri a pour habitude de poursuivre en justice les journalistes qui enquêtent sur lui. En effet, il a parfois fait l'objet de certaines affirmations diffamatoires dans des articles de presse, ce qui a par exemple abouti à la condamnation du journal Libération pour diffamation publique[9]. Mais il est parfois débouté, comme le 14 septembre 2011 quand la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris a donné raison à l'Express au sujet de ses révélations concernant des menaces contre Patrick Ouart[10].

Monsieur Alexandre Djouhri a répondu à ces controverses dans une tribune libre du Figaro, publiée le 17 février 2011, intitulée « Lettre ouverte à Pierre Péan », en soulignant qu'il ne laisserait jamais personne inventer sa vie[11].

Famille[modifier | modifier le code]

Sa famille, originaire d'Algérie, s'est installée à Saint-Denis puis à Sarcelles dans les années 50[12].

D'après le journaliste Olivier Drouin du journal Capital, son fils, Germain Djouhri, a épousé la fille d’un proche de Poutine, Sergey Chemezov (en), homme-clé du complexe militaro-industriel russe Rostekhnologuii[13]. Germain Djouhri résiderait à Londres, et serait proche de Jean-Charles Charki qui se trouve être le gendre de Claude Guéant[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Péan, La République des mallettes, Fayard, septembre 2011. Dans ce livre, Pierre Péan recueille de nombreux témoignages sur le financement occulte de la vie politique. Il s’intéresse surtout à Alexandre Djouhri, un homme d’affaires proche de Dominique de Villepin et de l’Élysée. Selon Pierre Péan, Alexandre Djouhri est devenu « un des hommes les plus puissants de la République. »

Alexandre Djouhri affirme que Pierre Péan n'a jamais cherché à « vérifier ses allégations » auprès de lui ni même de ses proches, estimant que les sources du journaliste cherchent à « régler des comptes personnels » et pour certains, à travers lui, « à atteindre Dominique de Villepin »[15]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Libération, édition du 10 juin 2005
  2. Le Monde, 27 avril 2011
  3. Guéant : « Alexandre Djouhri est utile à notre pays », Le Nouvel Observateur, 24 avril 2011
  4. Djouhri, l’agent trouble du pouvoir, Libération, 29 janvier 2011
  5. Marianne, édition du 10 septembre 2011, page 22
  6. Article du journal 20 minutes, le 11 septembre 2011
  7. Dépêche AFP du 26 avril 2011
  8. Takieddine: "J'accuse Chirac et Villepin", Le JDD, 30 mai 2010
  9. Libération, édition du 18 décembre 2008, page 14
  10. Alexandre Djouhi débouté des poursuites contre l'Express, L'Express, 14 septembre 2011
  11. « Je ne laisserai à personne le droit d'inventer ma vie », sur lefigaro.fr,‎ 17 février 2011
  12. Djouhri, de Sarcelles aux palaces, L'Express, Par Éric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, publié le 14/09/2011
  13. Djouhri, l’agent trouble du pouvoir, Libération, 29 janvier 2011
  14. L’argus des éminences grises, Capital, juin 2010
  15. article de France2 qui s'appuie sur une dépêche AFP.

Liens externes[modifier | modifier le code]