Stéphane Richard

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Stéphane Richard

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Stéphane Richard en 2011, lors du 37e sommet du G8.

Nom de naissance Stéphane Richard
Naissance 24 août 1961 (53 ans)
Caudéran (Gironde)
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Formation

Stéphane Richard, né le 24 août 1961 à Caudéran (Gironde), est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise publique français. Il est actuellement président-directeur général (PDG) d'Orange.

Directeur de cabinet des ministres de l'Économie Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde, entre 2007 et 2009, il rejoint le 1er septembre 2009 la direction à l'international de France Télécom, puis est nommé le 5 octobre 2009 à la tête des opérations France en remplacement de Louis-Pierre Wenes. Il en est le directeur général depuis le 1er mars 2010 et PDG depuis le 24 février 2011.

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un ingénieur des mines, petit-fils d'un berger des Cévennes[1], Stéphane Richard est diplômé d'HEC (promotion 1983) et ancien élève de l'école nationale d'administration (promotion Fernand Braudel) dont il sort inspecteur des Finances.

Carrière[modifier | modifier le code]

D'abord inspecteur des finances, Stéphane Richard intègre en 1991 le cabinet du ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur, Dominique Strauss-Kahn, comme conseiller technique, puis est embauché en 1992 par Jean-Marie Messier en tant que chargé de mission à la Compagnie générale des eaux[2]. Il lui confie le redressement du pôle immobilier de la Générale des eaux comme administrateur et directeur général de la Compagnie immobilière Phénix en 1994. Il fonde l'année suivante à partir de cette société la Compagnie générale d'immobilier et de services qui devient Nexity, occupant d'abord les mêmes fonctions jusqu'en 1997, puis celle de président du conseil de surveillance depuis 2003.

En 1997, Stéphane Richard est nommé directeur adjoint la Compagnie générale des eaux jusqu'en 2000. À partir de 2003, il est numéro quatre de Veolia, en tant que directeur général adjoint de Veolia Environnement et de Connex devenu Veolia Transport.

En 2007, Stéphane Richard est appelé par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, comme directeur de cabinet, il est reconduit à la même fonction par Christine Lagarde (successeur de Jean-Louis Borloo à ce ministère).

Stéphane Richard siège également aux conseils d’administration de France Télécom et d'UGC.

Le 1er septembre 2009, Stéphane Richard est directeur à l'international du groupe France Télécom[3]. Selon la presse économique, il doit devenir directeur général délégué au 1er janvier suivant avant de remplacer le PDG, Didier Lombard en mai 2011[4]. Mais, alors que l'entreprise est secouée par un profond malaise de ses salariés, médiatisé par plusieurs suicides, il en devient le directeur général adjoint chargé des opérations France dès le 5 octobre 2009, le directeur général le 1er mars 2010[5] et le président-directeur général depuis le 24 février 2011.

Décrit par Challenges comme le « pur produit de l'excellence à la française », un « tout terrain, privé et public », Stéphane Richard est, pour le journaliste économique Erwan Seznec, « emblématique d'une génération de hauts fonctionnaires, en passe de reléguer au rang d'anecdotes les problèmes déontologiques posés par le pantouflage à l'ancienne. Chez lui, le conflit d'intérêts n'est plus un risque à éviter, mais le moteur d'une carrière construite à la charnière du public et du privé[2] ».

Politique[modifier | modifier le code]

Hormis ses fonctions au sein de cabinets ministériels, Stéphane Richard longe le champ de la politique. Élu conseiller municipal de Bandol sur une liste centre gauche entre 1989 et 1995[6], il est sur la liste UMP du maire sortant de la même localité[7] aux élections municipales de 2008[8],[9], sans succès.

Affaire Tapie-Crédit lyonnais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Tapie-Crédit lyonnais.

Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, est convoqué le 10 juin 2013 devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l'arbitrage rendu en 2008, favorable à Bernard Tapie, qui avait touché 403 millions d'euros dans l'affaire l'opposant au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas[10]. Il met en cause Jean-François Rocchi, président du Consortium de réalisation au moment de l'arbitrage[11]. Le 10 juin 2013, il est placé en garde à vue[12] et est mis en examen pour escroquerie en bande organisée[13]en même temps que Jean-François Rocchi (démissionnaire de son poste de président du BRGM le 13 juin 2013)[14].

Fortune[modifier | modifier le code]

Stéphane Richard a fait fortune en vendant, dans le cadre d'une opération de leveraged buy-out ses parts dans Nexity. Son investissement initial de 600 000 euros lui a rapporté vingt millions d'euros[15]. Sa fortune en 2009 est estimée à trente-cinq millions d'euros et il est de ce fait assujetti à l'ISF[1].

Stéphane Richard a fait l'objet le 12 octobre 2007 d'un redressement fiscal de 660 000 euros sur ses revenus de 2000, 2001, 2002, et 2003, montant comprenant « une pénalité de mauvaise foi d'un montant de 5 % »[16].

Revenus[modifier | modifier le code]

Stéphane Richard a touché 1 520 241 euros en 2011 en tant que directeur général de France Télécom[17]. En avril 2013, il se déclare prêt à baisser son salaire d'un tiers pour que France Télécom échappe à la taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à un million d'euros[18].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Numériques, Grasset et Fasquelle, 2014

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Corinne Lhaïk, Stéphane Richard, le dandy de Bercy chez France Télécom , L'Express, 29 décembre 2008
  2. a et b Erwan Seznec, « Stéphane Richard : le roi du conflit d'intérêts à Bercy » dans Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours, sous la direction de Benoît Collombat et David Servenay, La Découverte, 2009, p. 576-578
  3. France Télécom : Stéphane Richard rejoint la direction du groupe - Le Point/AFP, 7 mai 2009
  4. Olivier Mongeau, Stéphane Richard futur PDG de France Télécom , Stratégies.fr, le 7 mai 2009
  5. Richard prend les rênes de France Télécom , Challenges.fr, article créé le 22 février et mis à jour le 1re mars 2010
  6. Un « sarkozyste de gauche », directeur de cabinet à Bercy - Les Échos, 25 mai 2007
  7. Bandol François Barois 60 % de nouveaux - Var-Matin, 16 février 2008
  8. François Barois sort ses atouts - Bandolais.fr, 16 février 2008
  9. Liste présentée en 2008 par M. Barois.
  10. Affaire Adidas : l'avocat de Tapie et le juge arbitre Estoup en garde à vue - Le Parisien/AFP, 28 mai 2013
  11. Le Monde 30/05/2013 Affaire Tapie : qui a décidé du recours à l'arbitrage ? - Le Monde, 30 mai 2013
  12. Affaire Tapie : Stéphane Richard placé en garde à vue - Libération/AFP, 10 juin 2013
  13. AFP, « Arbitrage Tapie : Stéphane Richard mis en examen », sur liberation.fr,‎ 12 juin 2013
  14. Gérard Bon édité par Yves Clarisse, Jean-François Rocchi démissionne du BRGM , Capital.fr avec Reuters, 13 juin 2013
  15. Portrait : Stéphane Richard, le PDG de Bercy - Le Point, 13 septembre 2007
  16. Redressement fiscal pour le directeur de cabinet de Lagarde - Le Nouvel Observateur 22 juin 2008
  17. 61e, Stéphane Richard, France Telecom : 1,5 million € en 2011, Journal Du Net, 20 juin 2012
  18. Pourquoi Stéphane Richard, PDG d'Orange, est prêt à baisser son salaire - La Tribune, 10 avril 2013
  19. Le pantoufleur mobile - Portrait dans le mensuel régional le Ravi

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Tanguy, « Stéphane Richard, ou l'art de passer entre les gouttes », Capital, no 264,‎ septembre 2013, p. 28-30.