Hôtel de Beauvau

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Hôtel de Beauvau
Les grilles de l'hôtel de Beauvau.
Les grilles de l'hôtel de Beauvau.
Présentation
Type Hôtel particulier
Architecte Nicolas Le Camus de Mézières
Date de construction 1770
Destination initiale Hôtel particulier
Propriétaire État
Destination actuelle Ministère français de l'Intérieur
Protection  Inscrit MH (1975)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité 8e arrdt de Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 17″ N 2° 18′ 59″ E / 48.871306, 2.316428 ()48° 52′ 17″ Nord 2° 18′ 59″ Est / 48.871306, 2.316428 ()  

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Hôtel de Beauvau

L’hôtel de Beauvau est un hôtel particulier situé place Beauvau, à Paris. Il est le siège du ministère français de l'Intérieur depuis 1861 (le ministre y possède également un appartement de fonction) et se trouve à quelques pas du palais de l'Élysée.

De façon générale, le ministre de l'Intérieur est souvent désigné, par les médias, par le titre de « locataire de Beauvau ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terrain sur lequel fut construit l'hôtel, situé à proximité de l'hôtel d'Évreux (aujourd'hui palais de l'Élysée), fut, semble-t-il, acquis en 1729 par Pierre Camus, procureur au parlement de Paris. À sa mort, son fils Armand-Gaston Camus (1740-1804), avocat au même parlement, octroya un bail à vie à Charles Juste de Beauvau-Craon, ministre de la guerre sous Louis XVI et Maréchal de France. À charge, pour Camus, d'édifier sur le domaine, un hôtel particulier dont la construction fut ordonnée et confiée à l'architecte Nicolas Le Camus de Mézières.

En 1770, le gros œuvre était achevé. Un péristyle dorique flanqué de deux pavillons d'entrée en arcades ouvrait sur le corps de logis principal, « haut d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés avec combles au-dessus ».

La mort du maréchal en 1793 laissa sa veuve Marie Charlotte de Rohan-Chabot (1729-1807) inconsolable, elle quitta donc l'hôtel et en résilia le bail en février 1795. Un temps occupé par les autorités municipales, l'hôtel de Beauvau fut racheté par les époux Besse la même année, puis en 1807, par le général Pierre Dupont de l'Étang, futur ministre de la guerre de Louis XVIII. La veuve de ce dernier revendit la demeure au banquier Ernest André en 1856, un an avant qu'il ne soit élu député du Gard.

André fit luxueusement restaurer le bâtiment par l'architecte Jean-Baptiste Pigny et acquit un terrain attenant au jardin de l'hôtel. En 1859, il céda le domaine à L'État. Celui-ci constituait un ensemble de 6 962 m2, avec trois entrées : la première place Beauvau, la seconde au 7 rue des Saussaies ; et la troisième au 41 rue de la Ville-l'Évêque.

Un éphémère ministre de l'Algérie et des Colonies s'y installa, créé spécialement par Napoléon III pour son cousin Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte (familièrement désigné par le fameux sobriquet « Plon-Plon »[réf. nécessaire]). Mais à peine Pigny, qui avait été maintenu en fonction à Beauvau, eut-il achevé le réaménagement des locaux pour le ministre et son cabinet, que le gouvernement général de l'Algérie fut rétabli à Alger en novembre 1860.

En février 1861, l'immeuble fut affecté au ministère de l’Intérieur, à l'époque logé dans l'hôtel de Conti (situé quai de Conti et aujourd'hui disparu) qui était moins spacieux. Le cœur du dispositif administratif se rapprochait ainsi de la tête de l'État, l'Élysée. Succédant au secrétariat d'État à la maison du roi en 1790, le ministère de l'Intérieur résidait primitivement au Louvre. Pendant l’occupation parisienne par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel abrite des services de la Gestapo ; des interrogatoires de résistants ont lieu, mais la torture n’y est pas utilisée.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Beauvau est le siège du ministère de l'Intérieur depuis 1861. Son administration s'est peu à peu étendue aux bâtiments alentours, le ministère formant désormais un pâté de maison longeant toute la rue des Saussaies, la place du même nom et la rue Cambacérès.

Grilles[modifier | modifier le code]

Les grilles sont commandées en 1856 par le banquier César-Ernest André et réalisées par le serrurier Roy. Avant que cet ouvrage de ferronnerie ait été installé, le portique d'entrée était en pierre[2]. Elle permettent d'accéder à une cour intérieure, où ont lieu les cérémonies officielles[3].

Escalier d'honneur[modifier | modifier le code]

Escalier d'honneur.

L'escalier d'honneur se trouve dans la première pièce accessible depuis l'escalier de la cour d'honneur, un hall de marbre rouge. Réalisée en 1859 par le marbrier Coquet et l’entrepreneur Laurent, elle mène aux appartement du ministre (ceux-ci comportent un grand salon, deux salles à manger, une bibliothèque et plusieurs chambres dans le cas où le ministre souhaite y vivre avec sa famille)[2],[3].

Antichambre[modifier | modifier le code]

Située entre la pièce de l'escalier d'honneur et le salon du ministre, donc au rez-de-chaussée, elle abrite une huile sur toile de Charles-Henri Monvert, Le blanc, le gris, le noir, le blanc 1990/1991[2].

Salon du ministre[modifier | modifier le code]

Situé entre l'antichambre et le bureau du ministre et donnant sur les jardins, ce salon sert à recevoir les hôtes du ministre. Elle abrite notamment une pendule à colonnes en marbre plan et bronze dorés d'époque Louis XVI, dont le cadran a été dessiné par Le Dunois[2].

Bureau du ministre[modifier | modifier le code]

La pièce de travail du ministre est ornée en son centre d'un bureau. Datant de 1812, il a été réalisé par les élèves de l'École impériale d'arts et métiers de Châlons-sur-Marne (actuellement Châlons-en-Champagne). De style Empire, il est en acajou, comportant un imposant plateau avec bronze et appliques dorées. Il aurait appartenu à l'archichancelier de l'Empire Jean-Jacques Régis de Cambacérès, bien que celui-ci n'ait jamais été ministre de l'Intérieur[2]. Le bureau du directeur de cabinet a été réalisé dans la même école.

Salon Érignac[modifier | modifier le code]

À l'origine le « salon vert », cette salle de réunion a été rebaptisée du nom du préfet Claude Érignac, assassiné en Corse en 1998. Il abrite « deux consoles en bois peint blanc, rechampies d'or, dessus de marbre blanc, de l'époque Restauration (1824) »[2].

Galerie des portraits[modifier | modifier le code]

Cette pièce abrite sur ses murs les portraits de tous les ministres de l'Intérieur de la France depuis Lucien Bonaparte, y compris ceux du régime de Vichy (dans d'autres ministères, ce n'est pas le cas). Lors des Journées du patrimoine, une copie des murs est présentée dans la salle des fêtes, du fait de la petitesse de la pièce[2].

Salle des fêtes[modifier | modifier le code]

Construite en 1900 par l’architecte Édouard Paulin, elle a bénéficié d'un crédit financier spécial ouvert lors de l'exposition universelle ayant lieu la même année à Paris. Sur les murs sont disposées d'immense tentures d'Abbeville, Le sacre de Charles X, des copies de celles tissées en 1824 lors du sacre du roi de France. Cette pièce est utilisée pour des réceptions, les vœux du ministre et les conférences de presse[2].

Jardin[modifier | modifier le code]

Comportant cinq côtés, le jardin est encadré, de gauche à droite, par la salle des fêtes, le salon Érignac, le salon du ministre, le bureau du ministre puis celui de son directeur de cabinet (au centre) et enfin par l'ancienne orangerie, transformée en bureau. Il comporte 413 arbres, plantés au XIXesiècle et en provenance des pépinière du château de Trianon (Versailles)[4].

Hall George Sand[modifier | modifier le code]

Menant à l'immeuble Lamartine et comportant les services de restauration du ministère, ce hall rend hommage à l'écrivaine George Sand, qui avait travaillé au sein du ministère, lorsqu'elle se trouvait rue de Grenelle. Le 24 mars 1848, elle écrivait à son fils Maurice : « Me voilà déjà occupée comme un homme d'État. J'ai fait deux circulaires gouvernementales aujourd'hui, une pour le ministère de l'Instruction publique, une pour le ministère de l'Intérieur »[4].

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hôtel du Ministère de l'Intérieur », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Le ministère de l'Intérieur, hôtel de Beauvau, édité lors des Journées du patrimoine 2012 par le ministère de l'Intérieur, imprimerie de la Direction opérationnelle des services techniques et logistiques de la préfecture de police, 2012, pages 8-10
  3. a et b Michèle Alliot-Marie, Au cœur de l'État, Plon, 2013, page 96.
  4. a et b Le ministère de l'Intérieur, hôtel de Beauvau, édité lors des Journées du patrimoine 2012 par le ministère de l'Intérieur, imprimerie de la Direction opérationnelle des services techniques et logistiques de la préfecture de police, 2012, page 13

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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