Joseph Brugère

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Officier général francais 3 etoiles.svg Joseph Brugère
Image illustrative de l'article Joseph Brugère

Naissance
Uzerche (Corrèze)
Décès (à 77 ans)
Lautaret
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 18591906
1914-1918
Conflits Guerre de 1870
Commandement 12e Division d'Infanterie
8e Corps d'Armée
2e Corps d'Armée
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Médaille de 1870
Médaille coloniale

Henri Joseph Brugère, né à Uzerche (Corrèze) le et mort au Lautaret le , est un général français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Henri Charles Brugère, notaire et maire de Tulle et de Elisabeth Mougenc de Saint-Avid, Henri Joseph Brugère naît à Uzerche le 27 juin 1841[1].

Entré à l'École polytechnique en 1859, diplômé en 1861, il entre alors à l'École d'application de l'artillerie et du génie de Metz.

En 1863, dirigé dans les provinces de Constantine et d'Oran, il est lieutenant au 2e régiment d'artillerie montée puis au 9e régiment d'artillerie à pied, en 1864. Il passe lieutenant en premier en 1866 et, en 1867, il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour sa conduite durant l'épidémie de choléra en Algérie.

Promu capitaine en juin 1870, il passe au 18e Régiment d'Artillerie à Cheval à Grenoble. Quand éclate la guerre de 1870, il devient adjoint du commandant de l'artillerie du 18e Corps d'Armée et participe batailles de Borny, de Rezonville et de Saint-Privat. Fait prisonnier lors de la capitulation de Metz, il s'évade le 4 novembre 1870, arrive à Tours et rejoint l'Armée de la Loire au 18e CA. Nommé capitaine en premier, en novembre, il participe, le 28 novembre, à la bataille de Juranville, de Maizières, le 30 novembre et de Gien le 9 décembre.

Le 1er décembre, il est cité à l'ordre de l'armée : « Henri Joseph Burgère, capitaine au 15e régiment d'artillerie est mis à l'ordre du jour de l'armée pour avoir en plein jour et à découvert, enlevé une pièce prussienne sous le feu de l'ennemi, au combat de Juranville ».

Le 22 décembre 1870, il est promu chef d'escadron, et rejoint, les capitaines Philibert d'Ussel[2] et Raoul de Jouvenel[3] et le général Billot, tous également Corréziens, l'armée de l'Est et devient chef d'état-major de l'artillerie du 26e CA. On le retrouve aux batailles de Villersexel le 6 janvier 1871 sous le commandement du général Billot, à Héricourt du 15 au 17 janvier et au défilé de la Cluse le 1er février, ou l'armée de Bourbaki, qui après avoir négocié la Convention des Verrières avec le général suisse Hans Herzog, sera internée en Suisse, après avoir été désarmée au passage de la frontière le 3 février. Suite à ses faits de guerre, il est fait officier de la Légion d'honneur.

Une nouvelle fois fait prisonnier, il s'évade de nouveau et parvient à Bordeaux d'où il est envoyé, sur sa demande, pour réprimer l'insurrection en grande Kabylie ou il se distingue lors des combats livrés par la colonne Lallemand.

En bas à gauche auprès de Sadi Carnot.
J.Brugère présente les manoeuvres de Bétheny du bras au Ministre de la guerre André.

L'ordre régnant de nouveau, il rentre en France ou il est nommé, de 1872 à 1874, au 30e régiment d'artillerie montée en garnison à Tarascon puis à Orléans de 1874 à 1880 ou il est nommé lieutenant-colonel, chef d'État-major de l'artillerie du 5e corps d'armée et qu'il se marie.

Le 26 février 1880, il est nommé à la maison militaire du président Grévy. Promu colonel en 1881, il prend part à la campagne de Tunisie, du 5 avril au 22 juin 1881, et est présent à tous les combats engagés par la colonne Logerot

De retour en France, il reçoit, en décembre 1881, le brevet d'état-major et commande le 12e régiment d'artillerie cantonné à Vincennes.

Nommé général de brigade le 11 juin 1887 il reste au palais de l'Élysée comme chef de la Maison militaire du président Carnot et secrétaire général de la Présidence.

En 1888, il est victime d'un accident de chasse lors des chasses présidentielles à Rambouillet.

En 1890, il est promu général de division.

En 1892, il quitte la Maison militaire et le secrétariat de l'Élysée et prend la tête de la 12e Division d'Infanterie à Reims et reçoit, le 9 juillet, la cravate de commandeur de la Légion d'honneur.

En 1894 il prend le commandement du 8e CA à Bourges puis, en 1897, le 2e CA à Amiens et est promu, le 14 septembre, grand-officier de la Légion d'honneur et est appelé la même année au conseil supérieur de la guerre. C'est à l'époque également un habitué du salon de Mme Lemaire, où il se trouve des soutiens au sein de la haute société parisienne.

De 1899 à 1900 il est Gouverneur militaire de Paris durant la période de Exposition Universelle de Paris et du gouvernement Pierre Waldeck-Rousseau.

En 1900 devenu Inspecteur d'Armée il parvient vice-président du conseil supérieur de la guerre, c'est-à-dire le plus haut officier de l'armée française. De 1900 à 1905, il dirigera les grandes manœuvres annuelles. En 1901, il commande, devant le Tsar Nicolas II et le Président de la République française Émile Loubet, les grandes manœuvres et la revue de Bétheny, réunissant 150 000 soldats[4],[5].

En 1904, il est fait grand-croix de la Légion d'honneur, il reçoit également plusieurs médailles et ordres étrangers ainsi que la Médaille militaire.

Le 18 juin 1906 il passe en deuxième section du cadre de réserve des officiers généraux. Il se met alors à écrire et publie plusiers Mémoires. Les siennes tout d'abord puis des mémoires qui paraitrons dans divers publication comme la Revue de d'Artillerie, Mémorial des Officiers d'Artillerie et publie La tactique de l'artillerie pendant la guerre de 1866.

En 1914, à 73 ans et en parfaite santé, il demande à être réintégré au service actif. Le Président de la République française Alexandre Millerand, lui donne, en 1915, le commandement de quatre divisions de régiments d'infanterie territoriaux[6] qui montent au front entre Amiens et Béthune. Le 26 août 1915, il reçoit sa 2e citation à l'ordre de l'armée et la Croix de guerre avec palmes : « Le Général Brugère a commandé pendant un mois avec la plus grande énergie un groupe de divisions territoriales avec lesquelles il a combattu en première ligne à côté des corps d'armée actifs, résiste aux plus violentes attaques de l'ennemi et fait reculer la Garde prussienne. Pendant ces dures journées, a constamment fait sentir son action personnelle et a su communiquer à tous la foi qui l'animait et son dévouement absolu au Pays… »

En octobre 1914, la guerre se stabilisant dans les tranchées, les groupes de divisions territoriales mises en première ligne, sont dissous. Il est alors nommé Inspecteur général dans les régions de l'Intérieur.

En 1917, il sera appelé à diriger la commission d'enquête constituée après l'échec des offensives Nivelle sur le chemin des Dames.

Après plusieurs missions militaires accomplies, âgé de 77 ans, il prend quelques jours de congés dans la région de Grenoble, qu'il a connue lors de la guerre de 1870. Le 31 août 1918, il meurt d'une rupture d'anévrisme dans l'automobile qui le conduit en excursion au col du Lautaret.

Il eut 3 fils qui combattirent lors de la Grande guerre dont l'un, commandant, est mort, disparu, au combat près de Juvigny le [7]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Joseph BRUGERE sur geneanet.org
  2. Philibert d'Ussel est l'auteur de l'ouvrage Campagne d'un volontaire sur la Loire et dans l'Est paru en 1872
  3. Raoul de Jouvenel deviendra préfet
  4. Histoire de Bétheny
  5. Cartes posatles de Bétheny
  6. Il s'agit des 22e régiment d'infanterie territoriale
  7. Lemouzi N°205 page 131