Ys

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La fuite du roi Gradlon. saint Guénolé demande à Gradlon d'abandonner sa fille Dahud, Évariste-Vital Luminais, vers 1884 (Musée des beaux-arts de Quimper).

Ys ou Is, parfois appelée « Ker Ys » (Kêr-Is en breton), est une ville légendaire de Bretagne, qui aurait été engloutie par l'Océan. Probablement issue d'un thème celtique autour de la femme de l'Autre Monde, la légende de la ville d'Ys est très nettement christianisée. Le seul élément originel qui en subsiste est le personnage de Dahut. La version hagiographique de Pierre le Baud, plus ancienne version connue, voit déjà l'engloutissement de la ville comme résultant des péchés de ses habitants, mettant en valeur les évangélisateurs Bretons.

Une tradition bretonne récente a fait d'Ys la capitale cornouaillaise du roi Gradlon, censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez ou au large de celle-ci. Cette légende constitue l'un des récits bretons les plus populaires, et les plus connus en France.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ys se nomme Kêr-Is en breton, de Kêr Izel, « Ville basse »)[1]. Ys signifie « sous » ; « sous la mer »[1]

Histoire et évolution du récit[modifier | modifier le code]

La légende de la ville d'Ys n'a jamais été fixée. Il n'existe aucune histoire originelle, les versions les plus anciennes datant d'après la christianisation de la Bretagne. Les différentes versions existantes constituent des variations plus ou moins bonnes autour d'un thème lui-même peu stable. Globalement, Ys se rattache à deux groupes de mythes : celui des villes englouties et celui des femmes de l'Autre Monde, particulièrement irlandaises et galloises. La légende s'est construite et se construit encore au gré des imaginations. Cette élaboration progressive de l'histoire est étudiée par Louis Ogès, qui montre comment chaque auteur se l'est appropriée pour son propre compte au fil des siècles. Il montre aussi combien la « tradition populaire » est presque toujours invoquée pour donner du poids ou justifier des créations littéraires personnelles.

Le récit à partir duquel la plupart des récits en circulation depuis le XXe siècle sont écrits est dû à Charles Guyot, et date de 1926. Il existe une grande quantité de versions, plus ou moins éloignées du mythe. Selon Christian-Joseph Guyonvarc'h (mythographe et linguiste, spécialiste de l'histoire celte) : « Nous n'avons jamais assisté à une telle catastrophe légendaire, à la limite de l'escroquerie : on a littéralement fabriqué, aux dépens de Dahud (et de la vérité) un véritable conte pour touristes à qui on se garde bien d'apprendre qu'il ne date que du premier quart du XXe siècle. »

Versions hagiographiques[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention connue de la ville d'Ys provient de l'historien breton Pierre Le Baud, dans ses Chronicques et Ystoires des Bretons publiées à la fin du XVe siècle. Elle fait intervenir Saint Corentin, consacré évêque par Saint Martin après avoir assisté à la submersion de la ville à cause des péchés de ses habitants. D'après Baud, « Le roi Gradlon en réchappa miraculeusement », et les vestiges de la ville visibles sur la rive furent nommés « Ys »[2]. Ce résumé très court montre qu'au XVe siècle, le mythe d'Ys est déjà christianisé[3]. La version tout aussi hagiographique d'Albert Le Grand, au XVIIe siècle, est intitulée La vie de saint Gwénolé. Elle achève la christianisation du thème, en introduisant la punition divine[3]. Dans la version la plus ancienne de Pierre le Baud en 1495, Dahut n'apparaît pas. Elle apparaît en 1636 avec celle d'Albert le Grand dans La vie des Saints de la Bretagne Armorique : « cause principale à la Princesse Dahud, fille impudique du bon Roy, laquelle périt en cet abysme [...] »[4]. La littérature bretonne postérieure s'appuie sur cette version[5].

Ce sont également les versions hagiographiques qui semblent avoir introduit le faste de la ville d'Ys. Une seconde version de la Vita de Saint Guénolé précise que le roi Gradlon se fait reprocher le luxe de sa cour, les soieries, l'or et les festins dont il se délecte par le Saint[6]. Pour Arthur de La Borderie, cette Vita est à l'origine des versions postérieures de la légende d'Ys qui décrivent toutes la cour de Gradlon comme luxueuse et débauchée[7].

Versions littéraires[modifier | modifier le code]

Émile Souvestre[modifier | modifier le code]

Émile Souvestre raconte une version de la légende d'Ys dans Le Foyer Breton, où l'homme de dieu est Saint Corentin, le saint patron de la ville de Quimper. Dans sa version, Ys est donc située au large de Quimper. Ce n'est pas Dahut qui ouvre les vannes protégeant la ville, mais le Diable, qui a volé les clés d'argent gardées par le roi Gradlon après une nuit d'orgie passée avec la princesse[8]. Sa version ne peut être considérée comme rattachée directement au folklore breton, car Souvestre est connu pour avoir beaucoup arrangé et modifié ses récits[9]. Il s'inspire vraisemblablement de la version de Pierre Le Baud ainsi que des Grandes chroniques de la Bretagne d'Alain Bouchart[10].

Lai de Graelent Meur[modifier | modifier le code]

Théodore Hersart de la Villemarqué inclut le lai de Graelent Meur après la quatrième édition du Barzaz Breiz[11]. Son authenticité est sujette à caution car La Villemarqué paraît s'être inspiré de thèmes gallois[12]. Bien qu'il l'attribue à Marie de France, ce lai ne semble donc pas être l'une de ses œuvres[13].

Charles Guyot[modifier | modifier le code]

La rencontre de Gradlon et Malgven est un ajout de Charles Guyot (1926). Cet ajout rattache l'histoire à la mythologie nordique, en inventant une ascendance « féerique » à Dahud. Le roi Gradlon de Cornouaille y possède de nombreux navires qu'il utilise pour guerroyer dans les pays du Nord. Fatigué de ces combats, les marins de Gradlon refusen de poursuivre le siège d'une forteresse inconnue. Gradlon les laisse repartir en Cornouaille et choisit de demeurer dans les contrées septentrionales. Désormais seul, le souverain rencontre une femme à la chevelure rousse, Malgven, la reine du Nord. Elle le prie tuer son mari pour être délivrée. Ils tuent le roi du Nord et enfourchent Morvarc'h (« cheval de mer » en breton), la monture magique de Malgven. L'animal noir crache du feu par ses naseaux et peut galoper sur la mer, particularité que la légende associe au fait que le cheval galopait tellement vite que ses sabots n'avaient pas le temps de s'enfoncer dans l'eau. Ils retrouvent leur navire.

Gradlon et Malgven restent un an en mer, si bien que Malgven donne naissance à une fille, Dahut. Dahut est passionnée par la mer et demande à son père de lui bâtir une cité marine. Il est fait selon son désir : la ville souhaitée est construite sur le fond de la baie de Douarnenez et on l’appelle Ys. Dahut souhaite une ville sans église. Au début du règne de Gradlon, la ville se trouve sous le niveau de la mer à marée haute. Une très haute digue est élevée par les korrigans afin d'empêcher l'eau d'engloutir la ville. Seule une porte de bronze permet d'entrer ou de sortir de la ville. Dahut en confie la clef à son père, le roi. Ys est florissante et heureuse. Cependant, en dépit des sermons de Saint Guénolé, Ys devient un lieu de « péchés » sous l'influence de Dahut qui y organise des orgies. Elle a l'habitude de faire tuer ses amants le matin venu, son comportement était tel que Dieu décide de la punir. Un chevalier vêtu de rouge arrive à Ys, et provoque son engloutissement avec le vol de la clé et l'ouverture de la porte. Pour échapper au désastre, le roi Gradlon et sa fille montent sur Morvarc'h. Mais Saint Guénolé accourt auprès d'eux et dit à Gradlon de repousser sa fille. Gradlon refuse et Guénolé précipite Dahut dans la mer. L'eau engloutit Ys et Dahut devient une sirène.

Personnages[modifier | modifier le code]

La légende de la ville d'Ys s'articule autour de trois personnages : le Saint (Corentin ou Guénolé) qui incarne le Bien, Dahud qui incarne le mal, et le roi Gradlon placé face à un choix. Aucune des version historiques n'attribue de caractère particulier à chacun des personnages[14].

Dahud[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dahud.

Le Saint[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Saint Corentin et Guénolé de Landévennec.

Cependant, dans les versions historiques, le personnage principal est toujours celui du Saint, qu'il s'agisse de Corentin ou de Guénolé. Les actions et les lieux d'attribution (Douarnenez ou Quimper) sont interchangeables : Le Saint agit pour éliminer le source du mal dans la ville d'Ys, à savoir Dahud[15].

Gradlon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gradlon.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

La reine Malgven et le cheval Morvarc'h sont vraisemblablement des inventions de Charles Guyot.

Analyse[modifier | modifier le code]

La légende de la ville d'Ys est souvent vue, à tord, comme mettant en scène l'opposition du christianisme au paganisme. Les éléments écrits ne permettent en réalité pas de valider une telle interprétation. À l'époque où circulent les plus anciennes versions (XVe siècle et XVIIe siècle), Dahud la « pécheresse » n'est pas du tout perçue comme un symbole de paganisme celtique. Sa nature même est inconnue. Aucun texte ancien ne mentionne la présence de lieux de culte païens dans la cité d'Ys. Françoise Le Roux et Christian Guyonvarc'h en concluent qu'elle symbolise tout simplement le mal, vaincu par le bien[16].

Place d'Ys dans la tradition[modifier | modifier le code]

Statue du roi Gradlon
Statue du roi Gradlon située entre les flèches de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

La ville d'Ys occupe un rôle central dans les légendes bretonnes. On dit qu'Ys renaîtra le jour où une messe y sera célébrée. D'autres légendes mettent en scène la ville engloutie, telle celle où Sainte-Marie du Ménez-Hom ouvre tous les cent ans les flots pour contempler la ville. Également, dans son livre la Légende de la Mort (recueil de récits et croyances sur la mort), Anatole Le Braz consacre un chapitre à la ville d'Ys. Alan Stivell évoque, dans son livre consacré aux légendes celtiques, la fascination qu'elle lui procure : « Ys, la rebelle, dont on disait que, lorsqu'elle resurgirait, Paris serait alors submergé. Et je rêvais gamin, d'une grande vague celtique engloutissant Paris, comme je rêvais d'une cité de l'espace - à l'instar de la Station spatiale internationale (ISS). »[1]

Gradlon se serait réfugié à Quimper, qui fut sa nouvelle capitale. Une statue équestre du roi fut faite et elle est toujours aujourd'hui entre les flèches de la cathédrale Saint Corentin à Quimper. On dit que les cloches des églises d'Ys peuvent encore être entendues en mer par temps calme. On dit aussi qu'après l'engloutissement, à l'emplacement de ce qui était devenu la nouvelle rive de la baie des Trépassés, naquit un nouveau village que l'on nomma Douarnenez, du breton Douar nevez, « nouvelle terre ». Cependant, l'étymologie la plus vraisemblable pour Douarnenez est Tutouarn-enez, « île de Tutouarn ». Une autre origine souvent avancée est Douar an Enez, « la terre de l'île », en référence à l'Île Tristan[17]. Quant à Douar Nevez, c'est le nom breton de Terre-Neuve.

Une autre hypothèse : Douarnenez étant une ville relativement récente, la légende se rapporterait plutôt au Douar Wened, la terre Vénète submergée en -56 par le Romains de César vêtu de rouge . Il existe toujours un lieu-dit KerisPer ( autorité de Keris ) en La Trinité/Mer,en bas de Crach.

Émile Souvestre cite cette tradition, selon laquelle la ville d'Ys s'élevait dans ce qui est aujourd'hui la baie de Douarnenez[18]. Dans ses notes, il dit lui-même croire en la réalité de la ville d'Ys, dont les ruines seraient visibles sur l'île Tristan[19]. Au contraire, pour Arthur de La Borderie, Ys n'a aucune réalité historique[7].

Ys et Paris[modifier | modifier le code]

Une légende raconte que, lorsque Paris sera engloutie, la ville d'Ys resurgira des profondeurs : " Pa vo beuzet Paris, Ec'h adsavo Ker Is " (Par Is signifiant en breton « pareille à Ys »).[réf. nécessaire] Émile Souvestre cite aussi une croyance du XIXe siècle selon laquelle « les hommes de l'ancien temps », cherchant un nouveau nom pour leur capitale, l'appelèrent Par-Is, c'est à dire « l'égale d'Is », pour montrer leur désir d'égaler voire de surpasser la splendeur d'Ys. D'après lui, cette étymologie populaire est acceptée en Bretagne à son époque[20]. En réalité, Paris doit son nom à la tribu gauloise des Parisii, ces derniers ayant pour capitale Lutetia Parisiorum, qu'on nomme actuellement « Lutèce » et qui est l'ancêtre de Paris. Une autre interprétation possible est que la ville appelée Paris dans la légende ne désignait pas forcément dès l'origine la ville que nous connaissons aujourd'hui sous ce nom mais n'importe quelle ville pouvant être vue comme l'égale d'Ys. Dans ce cas Paris pourrait aussi désigner Quimper, Nantes, Rome, voire Rennes, Bruxelles, Berlin ou toute autre ville pouvant ou ayant pu être vue comme l'égale d'Ys. En grec παρα = près de , παρ' devant une voyelle, (Ις)

Mythologie comparée[modifier | modifier le code]

Le mythe de la femme de l'Autre Monde est très présent en Irlande[21]. Celui de la submersion, tel que présenté dans les différentes versions, s'éloigne sensiblement de l'interprétation celtique de ce thème dans la légende d'Ys, pour se rapprocher du motif biblique du déluge[22]. Les villes englouties des traditions celtiques, en particulier irlandaises, sont avant tout des Autres Mondes : le síd ne peut être atteint qu'en traversant de l'eau[23]. Un récit du Livre noir de Carmarthen, le poème de la submersion de Maes Gwyddneu, présente des points communs avec celui d'Ys. Une jeune fille provoque la submersion « pour avoir déchaîné la mer après la fête ». La submersion est ici une punition de l'orgie et de l'ivresse[24].

Ys dans la littérature et les arts[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • 1495 : Histoire de la Bretagne, Pierre Le Baud. La trace la plus ancienne de l'histoire. Ys est submergée pour les péchés de ses habitants. Il n'est pas question de Dahut.
  • 1839 : Le Barzaz Breiz, T. Hersart de la Villemarqué. Il y est fait référence à l'anonyme de Ravenne (géographe qui cite Ker Is ou Chris).
  • 1845 : Le Foyer breton, Emile Souvestre (Éditions Keltia).
  • 1864 : L'Armorique bretonne, celtique romaine et chrétienne, Eugène Halliguen.
  • 1883 : La Légende de Ker Ys, Guy de Maupassant dans la revue "Le Gaulois". Récit très court mais typique de la vision romantique de l'histoire.
  • 1886 : Légendes de la mer, Paul Sébillot. Réédition en 1997 Le Folklore de la mer, Ed. de l'ancre marine.
  • 1893 : La Légende de la mort, Anatole Le Braz. Recueil de récits autour de la ville engloutie.
  • 1923 : Le chapitre XI du recueil La Légende de la Mort[25] d’Anatole Le Braz et Georges Dottent contient plusieurs histoires sur la ville d’Ys.
  • 1923 : Le Petit Roi d'Ys de Georges G. Toudouze, auteur de la série pour la jeunesse Cinq jeunes filles, nous fait revivre la légende bretonne de la ville d'Ys, qui aurait disparu voici plusieurs siècles, engloutie par les flots. Ce récit parle d'un roi bon et généreux, Gradlon, et de la princesse qu'il épouse, Ahès. Celle-ci ouvre les écluses qui protègent la ville d'Ys de la fureur des flots. Ces derniers s'engouffrent dans l'ouverture, engloutissant la cité et tous ses habitants.
  • 1926 : La Légende de la ville d'Ys d'après les textes anciens, Charles Guyot (Éditions d'Art Piazza); réédition: Coop Breiz. La première version importante.
  • 1953 : La Légende de la ville d'Ys, Louis Ogès (ancien président du centre d'archéologie bretonne). L'auteur montre bien la longue naissance de la légende par ajouts successifs des uns et des autres.
  • 1961 : Tempête sur la ville d'Ys, Henri Queffelec (Presses de la Cité). Une tentative de reconstitution romancée de la fin d'Ys, basée sur la légende mais aussi sur des bases scientifiques, géographiques et historiques.
  • 1978–81 : Bran Ruz, Claude Auclair et Alain Deschamps (Casterman). Ce roman de bande dessinée s'inspire de la légende d'Ys qui y est présentée au public lors d'un fest-noz. L'histoire a été prépubliée dans la revue (A SUIVRE) puis publiée en album.
  • 1985 : Ys, dans la rumeur des vagues, Michel Lebris (Éditions Artus). Ys est l'histoire de nos tumultes intérieurs. Le désir et la nécessité de plonger dans les mythes pour féconder notre façon de penser le monde.
  • 1986-88 : Le Roi d'Ys, Poul et Karen Anderson (Éditions Belial). La ville d'Ys extrapolée par : Ys devient une cité fédérée qui depuis Jules César jouit d’un statut privilégié, et dont la fondation remonte à l’arrivée de fugitifs carthaginois[26].
  • 1988 : La Ville plus basse que la mer, Françoise Gange (Flammarion). La "conquète" spirituelle et la destruction d'Ys par Guénolé. Une vision de l'histoire pénétrante et forte. À travers Guénolé, F. Gange montre comment l'église entretient la haine du corps vivant par opposition aux anciens cultes (celtiques et grecs) qui le magnifient.
  • 1995 : La Grande Déesse du Nord, Régis Boyer (Berg International Éditeurs). Une étude passionnante sur les différentes images et avatars de la déesse-mère des mythologies nordiques.
  • 2000 : La Légende de la ville d'Ys, Françoise Leroux & Christian-Joseph Guyonvarc'h (Éditions Ouest-France). Étude mythologique assez dense. Les auteurs remettent en perspective les pièces du mythe en les rattachant aux mythes irlandais et gallois.
  • 2000 : Lionel Courtot livre dans Ys, adaptation théâtrale de la légende de la ville, aux Éditions Alain Bargain, un portrait fort et émouvant des différents protagonistes de la légende d’Ys.
  • 2000–2007 : Martial Caroff, auteur des Quatre Saisons d’Ys (rebaptisé les Cinq Saisons d'Ys lors du cinquième tome), fait bourlinguer ses personnages dans la cité d’Ys autour d’enquêtes passionnantes.
  • 2001–2003 : Le Pays d’Ys est également un des mondes dans lesquels les héros du Livre des Étoiles d’Erik L'Homme évoluent.
  • 2003 : Les Mystères de la ville d’Is - L'héritage spirituel des légendes celtiques, Pascal Bancourt (Éditions du Rocher).
  • 2006 : Dans Les Bienveillantes, Jonathan Littell évoque la légende de Vineta, cité située sur la côte de la Baltique dans l’actuelle Pologne, et la compare à Ys.
  • 2006 : Dahud-Ahès, Colette Trublet, 2006 (Éditions Bécherel Cité du Livre). Étude psychanalytique du mythe de la ville d'Ys. L'histoire de la ville d'Ys raconte la guerre que le catholicisme livre aux anciens cultes mais surtout l'histoire de la volonté de l'homme de dominer la femme.
  • 2007 : Les Druides, BD de Thierry Jigourel, Jean-Luc Istin et Jacques Lamontagne
  • 2008 : Contes et légendes du Finistère, Loïc Pujol.
  • 2008 : Dans La Dérive des incontinents, Gordon Zola évoque la persistance de la famille régnante d'Ys.
  • 2009 : Dans Le mensonge indispensable. Du trauma social au mythe, le psychologue Pascal Hachet a proposé une lecture psychanalytique de la légende de la ville d'Ys. Cet auteur envisage cette légende comme la trace culturelle originale et puissante d'une situation de deuil collectif : l'impossibilité pour les évangélisateurs en terre bretonne de se dégager de la fascination "honteuse" - car interdite d'expression au regard des dogmes chrétiens - qu'ils ressentirent face à l'absence de manichéisme exaltée par les mythes celtiques (où les idées de péché et de damnation n'existaient pas), qu'ils furent contraints (au nom de l'Église) de détruire en les "diabolisant" ou "infernalisant".
  • 2010 : Ker-Is la légende de la ville au milieu des flots. Album jeunesse chez (Albin-Michel-Jeunesse) de Jean-Pierre Kerloc'h, illustration de Jérémy Moncheaux.
  • 2011 : Dans Folie d'Ys (collection Polars&Grimoires - « Enquête sur la Légende », Éditions Terre de Brume) Michel Brosseau souligne, au détour d'une intrigue policière, la construction de la légende d'Ys par les chrétiens et l'Église catholique, aux fins d'édification des masses.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La Cité d'Is : téléfilm de Michel Subiela (1970) avec André Valmy (le roi Gradlon) et Isa Mercure (Malgven / Dahuse) : Dans Le Tribunal de l'impossible série TV (1967-1974), Épisode 10, Saison 1 (sources : I.N.A. , I.M.D.B.)

Musique[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

Une gwerz intitulée Kêr Ys a été interprétée par plusieurs chanteurs bretons, dont Yann-Fañch Kemener sur l'Héritage des Celtes. Elle a été reprise en version punk rock par Tri Bleiz Die, sous le titre de Ar Gêr a Is, dans leur album Dalc'homp Mat!. Tri Yann a créé sa propre chanson sur la ville d'Ys nommé "Loc'hentez Kêr Is", elle est dans l'album "Abysses" (2007).

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

La légende d'Ys a inspiré une série de jeux vidéo du même nom de la société japonaise Falcom. Cette série, entamée dans les années 1980, s'est vue déclinée sur bon nombre de plateformes du MSX à la PlayStation 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Stivell et Jolif 2013, p. 12
  2. Pierre Le Baud, Chronicques et Ystoires des Bretons, chap. IV, ed. Charles de la Lande de Calan, tome III, Rennes, 1911, p. 43-44
  3. a et b Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 68
  4. Albert Le Grand, cité par Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 69
  5. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 69
  6. « Vitae Sancti Winwaloei » dans Liber Secundus XVI, ed. Analectia Bollandiana VII, Bruxelles, 1888, p. 229
  7. a et b Arthur de La Borderie, Histoire de Bretagne, Rennes, 1896, T.I, p. 323-324
  8. Émile Souvestre, Le Foyer Breton, 1844, p. 119-127
  9. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 78
  10. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 82-83
  11. Théodore Hersart de la Villemarqué, Barzaz Breiz, édition 6, Librairie Académique Perrin, 1867, p.39-44
  12. Bromwich 1950, p. 234-243
  13. (en) William Henry Schofield, « The lays of Graelent and Lanval and the story of Wayland », Publications of the Modern Language Association of America, Baltimore, vol. XV, no 2,‎ 1900, p. 212-280
  14. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 84
  15. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 85
  16. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 77
  17. « Douarnenez » (consulté le 4 mars 2010)
  18. Souvestre 1853, p. 173
  19. Souvestre 1853, p. 181-182
  20. Souvestre 1853, p. 174
  21. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 17
  22. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 61
  23. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 62
  24. Le Roux et Guyonvarc'h 2000, p. 66-67
  25. http://www.archive.org/details/lalgendedelamo01lebruoft
  26. http://www.cafardcosmique.com/Roma-Mater-Le-Roi-d-Ys-Tome-1-de
  27. acanthes.ircam.fr / Centre 2012 / Jeudi 28 juin 2012 - 20h30 - Studio CENTQUATRE, salle 400 / Atelier public de présentation des œuvres de compositeurs stagiaires / Caspar De Gelmini : "YS - A imaginary Roadmovie from Paris To Douarnenez" (2012), pour ensemble (11 musiciens) interprété par l'Ensemble intercontemporain, direction : Pascal Rophé
  28. manifeste.ircam.fr / ManiFeste-2012 / Créations de l'Atelier de composition pour ensemble instrumental / Avec l'Ensemble intercontemporain - direction Pascal Rophé

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles de recherche[modifier | modifier le code]

  • (en) Rachel Bromwich, « Cant'r Gwaelod and Ker-Is », dans The early cultures of North-West Europe, Cambridge, Chadwock Memorial Studies,‎ 1950, p. 217-218