Ordre des Carmes déchaux

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Ordre des Carmes Déchaux
Carmel Thérésien
Image illustrative de l'article Ordre des Carmes déchaux
Blason de l'Ordre du Carmel Déchaussé
Type Ordre mendiant
Création 1562 (il y a 452 ans)
Reconnaissance canonique 1573
Fondateur(s) Thérèse d'Avila, Jean de la Croix
Spiritualité Carmélitaine, Contemplative et apostolique
Liste des ordres religieux

L' Ordre des Carmes Déchaux (O.C.D. - Ordre des Frères déchaux et les Moniales déchaussées de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel) est un ordre religieux catholique contemplatif et apostolique, appartenant à la catégorie des ordres mendiants. Les frères Carmes déchaux partagent avec les sœurs Carmélites déchaussées, moniales cloîtrées, le même rythme de prière. S’ils consacrent ainsi deux heures chaque jour à la prière silencieuse, leur mission est plus particulièrement d’annoncer l’Évangile par la prédication à la lumière de la riche tradition spirituelle du Carmel.

Cette congrégation religieuse établie à la fin du XVIe siècle, est née d'une réforme de l'Ordre du Carmel. Cette réforme fut d'abord appliquée à des couvents de femmes par sainte Thérèse d'Ávila en 1562. Ensuite la réformatrice, secondée par saint Jean de la Croix, l'introduisit dans les couvents d'hommes. Un des signes de la Réforme de Sainte Thérèse d’Avila était que les carmes allaient pieds nus dans des sandales (d'où leur nom).

Aujourd'hui, les Carmes déchaux et les Carmélites déchaussées, issus de la réforme de Thérèse d'Avila et Jean de la Croix, sont au nombre d'environ 4000 frères et 12000 sœurs sur les cinq continents. En 2011, on dénombre en France 89 monastères de Carmélites déchaussées.

Des laïcs, célibataires ou mariés, prêtres ou diacres séculiers, vivent aussi de la spiritualité du Carmel, et se réunissent régulièrement au sein de communautés carmélitaines. Ils forment l’O.C.D.S : Ordre des Carmes Déchaussés Séculiers, anciennement nommé le Tiers-Ordre.

Histoire de l'ordre[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Ordre des Carmes et Carmélites Déchaussés est reconnu comme expression nouvelle de l’Ordre du Carmel, joint la fidélité à l’esprit et la tradition du Carmel à la volonté d’un renouveau spirituel introduit par sainte Thérèse d’Avila avec l’aide de Saint Jean de la Croix. (cf. Constitutions OCD)

Les origines de l’Ordre du Carmel se situent en Terre-Sainte, vers le milieu du XIIe siècle, les frères vivaient dans des grottes sur les pentes du Mont Carmel, d'où l'Ordre tire son nom. Le fait est attesté par quelques documents et confirmé par l’architecture très sobre de leur première chapelle, dédiée à Notre-Dame, et par les poteries découvertes aux alentours. Dans la vallée qui, au nord-est du promontoire du Mont Carmel, s’ouvre vers la Méditerranée, près d’une source, que les Arabes appellent « Wadi’ aïn es Siah », les ermites habitaient des grottes, creusées dans les flancs de la montagne. Cependant la naissance de l’Ordre du point de vue canonique (reconnaissance officielle par l'Eglise) date de 1209, quand ces ermites reçoivent une règle de vie, donnée par Albert Avogadro, patriarche latin à Jérusalem, Légat du Saint-Siège. Le pape Honorius III approuve cette Règle en 1226. Le pape Innocent IV en 1247 rectifie cette règle pour l’adapter à la vie de religieux mendiants, imposée aux ermites après leur arrivée en Europe, à la suite de la perte du royaume de Jérusalem[E 1]. La Règle du Carmel adaptée par Innocent IV est mitigée par Eugène IV en 1432 à la suite de la demande de certains moines[E 2].

La Réforme Thérésienne du Carmel[modifier | modifier le code]

Santa Teresa de Jesús. Peinture à l'huile d'Alonso del Arco, XVIIe

La mitigation de la Règle, causée et par la peste noire, et par le schisme, valut à l’Ordre du Carmel, comme aux autres congrégations religieuses, de nombreux mouvements de réforme. Une réforme italienne, dite de Mantoue, connut aussi près d’un siècle d’épanouissement. Jean Soreth (Caen, France), XXVe prieur général, travailla vigoureusement à la Réforme de Touraine[E 2]. Mais la grande Réforme de l’Ordre, celle qui devait avoir le plus grand impact, fut entreprise par Thérèse d’Avila, aidée de Jean de la Croix, au milieu du XVIe siècle[E 3].

Teresa de Ahumada entre au Carmel de l’Incarnation d’Avila à 20 ans. À cette date, le monastère de l’Incarnation vit de la Règle mitigée et les lois de la clôture ne sont nullement strictes. Le 24 août 1562, Thérèse de Jésus se déchausse, revêt l’habit de bure brune et part fonder avec quatre novices un nouveau monastère dédié à saint Joseph, inaugurant ainsi la Réforme de l'Ordre consistant au retour rigoureux à la règle de 1247 définie par le pape Innocent IV (Règle de saint Albert de 1209 adaptée à la vie monastique)[1].

Lors de la fondation de son deuxième monastère de Carmélites déchaussées à Medina del Campo, Thérèse de Jésus retrouve le prieur des Carmes de cette ville, Antoine de Heredia, qui lui promet aussitôt « d’être le premier religieux de la Réforme ». À Medina encore, Thérèse de Jésus rencontre pour une première fois un jeune Carme, alors étudiant à Salamanque, le P. Jean de Saint-Matthias, futur saint Jean de la Croix. Elle le persuade d’embrasser à son tour la Réforme, au lieu d'entrer à la chartreuse, comme il le désirait. En 28 novembre 1568, le premier couvent de carmes déchaussés est érigé à Duruelo, dans la plus grande pauvreté[2]. Les pères Antoine de Jésus, Jean de la Croix et frère Joseph, diacre, font leur nouvelle profession selon la Règle primitive.

Saint Jean de la Croix, premier carme déchaussé

La Madre Thérèse de Jésus continue de fonder des monastères de Carmélites déchaussées. Elle fonde les Carmels de Tolède et de Pastrana en 1569, suivent les Carmels de Salamanque en 1571 et d’Alba de Tormes un an plus tard. Le 11 juin 1570, la petite communauté de religieux déchaux à Duruelo peut être transférée dans un couvent régulier à Mancera, où deux grandes figures des premiers carmes déchaussés reçoivent l’habit de l’Ordre : Jérôme Gratien et Nicolas Doria.

À la mort de sainte Thérèse d’Avila en 1582, la Réforme Thérésienne compte, en Espagne, 16 monastères de moniales et 17 couvents de religieux[3].

L’expansion de la Réforme[modifier | modifier le code]

Très vite, la Réforme thérésienne connait de grands succès. Face aux conflits entre Carmes chaussés et Carmes déchaux, le page Grégoire XIII répond en faveur des déchaux (soutenus par le roi Philippe II d'Espagne[E 4]) par le bref du 22 juin 1580 qui rassemble tous les couvents de carmes déchaux dans une nouvelle province directement rattachée au général de l'Ordre du Carmel. Lors du premier chapitre des déchaux, en mars 1581, le père Jérôme Gratien est élu provincial des déchaux[3].

Malgré le refus du Général des Carmes déchaussés en Espagne qui ne souhaitaient pas voir la Réforme s’étendre en dehors de l’Espagne, le pape Clément VIII autorise l’établissement de la Réforme non-seulement en Italie. En 1584, le premier monastère des carmes déchaussés est fondé (sous l’invocation de Sainte Anne) dans une chapelle située aux portes de l’ancienne ville de Gênes. En 1597, à Rome, le pape met l’Église Notre-Dame de la Scala à la disposition des Carmes déchaussés pour fonder le couvent de la Scala. En 1590, le monastère de carmélites déchaussées de Gênes est également fondé : c'est la première fondation de carmélites déchaussées en dehors de l’Espagne. Par le motu proprio du 20 mars 1597 Clément VIII sépare les Carmes déchaux d'Italie de ceux d’Espagne. L’Ordre des déchaux est alors divisé en deux congrégations autonomes : celle de Saint-Joseph (pour l’Espagne, le Portugal et le Mexique) et celle de Saint-Élie (pour l’Italie et les autres régions d’Europe et du monde)[4].

Les carmes déchaux se répandent très vite en Europe[4] :

  • une nouvelle fondation s'effectue en 1608 à Avignon (qui alors territoire pontifical).
  • en 1611 les carmes établissent un couvent à Paris, rue de Vaugirard.
  • La même année un couvent est inauguré à Nancy, puis à Charenton-le-Pont. D’autres fondations suivirent rapidement : on dénombre 20 fondations entre 1615 et 1635.

En 1617, les six premières provinces de la Congrégation d’Italie sont canoniquement érigées : celles de Gênes, Rome, Pologne, France, Flandres Belges et Lombardie. Neuf ans plus tard, les couvents de Cologne, Vienne et Prague constituent la province d’Allemagne. En 1701 la province d’Autriche est créée. En France, les provinces de Paris, Aquitaine, Bourgogne et Normandie sont érigées respectivement en 1635, 1641, 1653 et 1686. Celle de Lorraine, érigée en 1740, n'est rattachée au royaume de Louis XV qu'en 1766.

Aux Pays-Bas, entre 1610 et 1652, on compte 24 fondations de couvents de carmes déchaux. Les carmélites établissent 7 monastères en 12 ans. En 1612, cinq carmélites partent des Pays-Bas fonder le couvent de Cracovie en Pologne. D’autres fondations auront lieu ensuite à Lviv, Varsovie et Cracovie-Wesola[4].

En 1631, les carmes déchaux vont réaliser une fondation très symbolique pour l'ordre : reconstruire le couvent du Mont Carmel, lieu fondateur de l'ordre[N 1].

Séparée des carmes de l'antique observance, cette Réforme devint un nouvel ordre religieux autonome et comptait à la fin du XVIIe siècle une vingtaine de provinces dont presque 8000 religieux.

Persécutions et effondrement de l'Ordre[modifier | modifier le code]

Durant les Guerres de religions, de nombreux couvents sont détruits et les religieux chassés, voire exécutés[E 4]. Le XVIIIe siècle est une période de décadence pour les abbayes les couvents. Du fait de la baisse des vocations et de la diminution des revenus qui garantissent le fonctionnement des couvents, plusieurs d'entre eux ferment. En 1765 on ne compte plus que 600 Carmes Déchaux en France, répartis dans 60 couvents (environ)[E 5].

L'empereur Joseph II du Saint-Empire romain germanique, avant même la Révolution française décide de supprimer tous les couvents des ordres religieux contemplatifs (le Carmel, mais également les visitandines). Tous les monastères se son empire (Allemagne, Autriche, Pologne, une partie de l'Italie, les Pays-Bas) sont supprimés, et les religieux et religieuses soit expulsés soit envoyés dans les couvents d'autres ordres. Même l'intervention et la visite du pape Pie VI ne le fait pas changer d'avis. Sous l'impulsion de Louise de France, de nombreux carmels de France accueillent les carmélites expulsées[5].

En France, de 1766 et 1780, une "Commission des réguliers" est chargée de mettre un peu d’ordre dans les maisons religieuses. La commission enregistre 79 couvents de Carmes Déchaux totalisant 750 religieux ; la Commission estime que 4 couvents n’ont plus de raison d’être et les supprime (contre 21 pour les Grands Carmes). Mais les effectifs continuent de fondre, et en 1790, le recensement des religieux réalisé par la Constituante ne donne plus que 425 Carmes Déchaux[5].

La Révolution française entraine la fermeture de tous les couvents de Carmes et de Carmélites (l'Assemblée constituante supprime les congrégations religieuses à vœux solennels le 18 août 1790). Les biens des religieux sont saisis et vendus. Les Carmes disparaissent de France jusqu'en 1840 (date de la réinstallation officielle des Carmes déchaux en France)[E 5]. Les carmélites françaises entrent en clandestinité, ou partent trouver refuge dans des carmels à l'étranger, auprès de carmélites qu'elles avaient parfois hébergées quelques années auparavant. Mais les expansions des Guerres napoléoniennes entrainent la prise de contrôle par l'état français de nombreuses zones jusqu'alors en territoire étranger. Les couvents alors libres (Pays-Bas, Savoie, ...) sont fermés, les religieux et religieuses expulsés ou arrêtés[5]. De nombreux Carmes et Carmélites sont également exécutés et meurent martyrs[N 2],[C 1].

En Espagne, au cours du XIXe siècle, plusieurs émeutes et révoltes amène les populations à brûler des couvents, voir à y massacrer les religieux. En 1835 le gouvernement ordonne la suppression des couvents qui comptent moins de 12 membres. C'est ainsi que plus de 900 couvents sont fermés[5]. En 1936, avant même le début de la Guerre d'Espagne, les milices républicaines attaquent et incendies de nombreux couvents, et vont même jusqu'à massacrer les religieux (voir Terreur rouge : Violences antireligieuses)[6].

La renaissance du Carmel[modifier | modifier le code]

Frères carmes.
Sœurs carmélites.

En France après la Révolution[modifier | modifier le code]

Le retour des carmes se fait lentement au cours du XIXe siècle. Après la fermeture des couvents de France en 1792, des carmélites organisent des couvents clandestins. Mère Thérèse-Camille de l’Enfant Jésus (Marie-Thérèse-Françoise-Camille de Soyecourt) qui a pu récupérer la fortune familiale va utiliser cet argent pour racheter des anciens couvents saisis et vendus par la république afin de réinstaller des religieuses. En 1797, Mme de Soyecourt rachète le couvent des carmes de la rue Vaugirard, et en 1800, elle y organise un premier couvent clandestin qui servira de plaque tournante pour recueillir les carmélites isolées et les renvoyer vers de nouveaux couvents clandestins. Napoléon qui la redoute et l'a fait emprisonner [N 3] dira d'elle « Du moment que l’Empire n’est pas en jeu, il n’est pas prudent de discuter avec Madame de Soyecourt. Si tous ceux qui sont pour moi avaient la fidélité de cette femme pour les causes qu’elle soutient, je n’aurais pas tant de soucis. ». C'est ainsi qu'en 1804, 25 couvents sont déjà reconstitués[5]. Après la chute de Napoléon les restaurations de couvents de Carmélites se poursuivent et de nouvelles fondations voient le jour (57 restaurations et fondations jusqu'en 1850)[C 2]. Les Carmes déchaux, qui avaient fui la France reviennent y fonder un premier couvent en 1840 (fondation réalisée par Dominique de Saint-Joseph, espagnol chassé de son pays par les persécutions dont l'Église y est l'objet), à Rions au hameau de Broussey, près de Bordeaux. Les fondations se multiplient alors (en France) jusqu'à la fin du XIXe siècle, et en 1901, on compte alors 132 couvents de carmélites, soit 58 de plus qu'avant la Révolution[5].

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle les carmels français lancent des fondations sur d'autres continents (Inde, Palestine)[7].

En Espagne[modifier | modifier le code]

En 1937, en pleine guerre civile, sainte María de las Maravillas de Jesús parvient à faire évacuer ses carmélites du secteur républicain et de les amener en France après tout un périple. Après la guerre, elle retourne en Espagne pour restaurer le couvent de Cerro de los Angeles, complètement détruit. Elle sera à l'origine de 10 fondations de couvents en Espagne et à l'étranger (un couvent en Équateur). L'ordre des carmes déchaux se développe rapidement après la guerre pour atteindre les 149 couvents[8].

En Grande-Bretagne et pays anglophones[modifier | modifier le code]

En 1850, la Grande-Bretagne qui ne comptait plus que 3 couvents de carmélites (et aucun carme déchaux) voit de nouvelles fondations se réaliser à partir de 1868. Ces couvents anglais deviennent à leur tour fondateurs de nouveaux couvents en Grande-Bretagne, Australie, Irlande, États-Unis. Aux USA, qui ne comptaient qu'un couvent (fondé en 1790), de nouvelles fondations ont lieu au début du XXe siècle en provenance de Grande-Bretagne et d'Espagne. Les USA comptent aujourd'hui 3 provinces et 64 couvents. En Australie, de nouvelles fondations ont lieu à partir de la fin du XIXe siècle (plusieurs couvents de carmélites et 2 de carmes)[8].

Autres figures du renouveau[modifier | modifier le code]

D'autres figures contribuent à la restauration du Carmel déchaussés : l'espagnol Francisco Palau y Quer qui fonde deux instituts de carmélites missionnaires, l'officier polonais Joseph Kalinowski qui restaure les couvents en Pologne, le pianiste et carme allemand Hermann Cohen qui aide également à la fondation de divers couvents.

Sainte Thérèse de Lisieux et sainte Élisabeth de la Trinité renouvellent le message spirituel du Carmel. La lecture d'Histoire d'une âme a un immense retentissement[N 4], de même que sa canonisation en 1925. La philosophe juive réputée, Edith Stein, entrée au Carmel de Cologne en 1933 sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix; réalise une œuvre théologique et philosophique qui influence beaucoup le siècle.

En 1831, trois prêtres indiens (Kuriakose Elias Chavara, Thomas Porukara et Thomas Palakal) fondent à Mannanam la Congrégation des Serviteurs de Marie Immaculée du Mont-Carmel, communément appelés Carmes de Marie Immaculée, affiliés aux Carmes Déchaux en 1831. Le Bienheureux Elias Chavara, prêtre de l'Église syro-malabare (unie à Rome), a également fondé la congrégation féminine du Congrégation de la Mère du Carmel en 1866. Ces deux congrégations se sont également implantées en Afrique et en Europe.

En 1948, le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus fonde le premier Institut séculier carmélitain[N 5]: Notre-Dame de Vie, faisant partie du Tiers-Ordre carmélitain. Dans les années 1970, le Brésilien José Cardoso Sobrinho, farouchement opposé à la théologie de la libération, a été conseiller général et procureur général des Carmélites, avant d'être nommé archevêque d'Olinda et de Recife.

Évolution des effectifs au cours de l'histoire[modifier | modifier le code]

La réforme est lancée en 1562 avec un premier couvent. En 1582 (à la mort de sainte Thérèse d’Avila), on compte en Espagne, 16 monastères de moniales et 17 couvents de religieux[3]. À la fin du XVIe siècle les convents de carmes et carmélites déchaux sont limités à l'Espagne, plus deux en Italie (Rome et Gêne)[4]. En 1635, 22 couvents ont été fondés en France, et au milieu du XVIIe siècle, l'Italie compte 6 provinces, la France 5, à laquelle s'ajoute une province d'Allemagne-Autriche qui sera scindée en deux au dèbut du siècle suivant[4].

À la fin du XVIIe siècle, l'ordre des déchaux (séparé des Grands carmes) compte une vingtaine de provinces et presque 8000 religieux. En France, de 1766 et 1780, la "Commission des réguliers" enregistrait 79 couvents de Carmes Déchaux totalisant 750 religieux [5] (autres chiffres sur une autre source : en 1765 on ne compterait plus que 600 Carmes Déchaux en France, répartis dans 60 couvents (environ)[E 5]. En 1790, le recensement des religieux réalisé par la Constituante ne donne plus que 425 Carmes Déchaux[5]. Les carmélites, à la veille de la révolution sont un peu plus de 1700 réparties dans 74 couvents[C 3]. En 1804, après la dissolution et disparition de tous les couvents, 25 couvent de carmélites sont rouverts[C 4]. En 1850, il y a 72 couvents de carmélites en France et 132 en 1901[C 5].

En 1994, en France, on comptait 113 couvents avec environ 2000 moniales[C 3], en 2013 le nombre de monastère de carmélites est porté à 85 (plus 2 en Suisse Francophone)[9]. En Espagne on compte 6 provinces et 149 couvents de Carmélites[8]. La zone "Grande-Bretagne/Irlande" est érigée en province en 1929. Les USA comptent 3 provinces et 64 couvents. En Australie, on compte plusieurs couvents de carmélites et 2 de carmes[8].

En France, le Carmel de Pontoise, fondé en 1605, est le plus ancien Carmel de carmélites déchaussées à être toujours en activité[N 6],[C 6].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La famille Carmélitaine des déchaux comprend aujourd'hui :

À ces branches se rajoutent différentes communautés de Carmélites apostoliques (ou de Carmes) :

  • La Fédération Carmélitaine Apostolique qui rassemble trois congrégations[10] :
    • Notre Dame du Mont Carmel d’Avranches,
    • Les Sœurs de la Providence de la Pommeraye
    • Sainte Thérèse d’Avesnes sur Helpe.
  • les Carmélites de la Charité, (fondées en 1826 par Sainte Joaquina Vedruna), rassemble plus de 2500 religieuses[8],[11].
  • La congrégation des Carmes de Marie-Immaculée (ou CMI) ( fondée en Inde en 1830[12] par les Pères Malpan Thomas Porukara, Malpan Thomas Palackal et Kuriakose Elias Chavara). Cette congrégation de Carmes qui rassemble des religieux autochtone est affiliée aux Carmes déchaux[13]. En 2005 la congrégation comptait plus de 2700 membres, essentiellement en Inde (mais également en Europe et USA)[14].
  • les Carmélites Missionnaires[15] et les les Carmélites Missionnaires Thérésiennes[16] (fondées en 1861 par Francisco Palau y Quer). Ces deux instituts de vie consacrée ont pour mission d'aider, de servir, d'assister à travers le monde les pauvres, les malades, les personnes qui souffrent physiquement ou moralement, les enfants, les jeunes, les vieillards et les familles.
  • La Congrégation de la Mère du Carmel (CMC) (fondée en Inde en 1866 par Kuriakose Elias Chavara avec le frère missionnaire italien Léopold Beccaro[13]). La congrégation compte aujourd'hui 6400 religieuses dans le monde et 200 maisons[17].
  • Les Carmélites de Saint Joseph (fondé en 1872)[18]
  • Mouvement Thérésien de l'Apostolat (MTA), (fondée en 1876 par Saint Henri de Osso y Cervello sous le nom de "Compagnie de sainte Thérèse de Jésus"), rassemble plus de 3000 religieuses [19].
  • Les Carmélites du Sacré-Cœur de Jésus, (fondées en 1911), dépassent le millier de carmélites[8]
  • Les Carmélites de l'Enfant Jésus[20]

La famille du Carmel comprend également l'institut Notre Dame de Vie qui est un Institut séculier destiné aux laïcs.

En 2009, on dénombrait environs 12.000 carmélites et 4.000 frères carmes sur les cinq continents[21], auxquels s'ajoutent 40.000 membres de l'OCDS.

Le charisme du Carmel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le charisme de l'Ordre du Carmel.

Personnalités dans l'Ordre des Carmes Déchaux[modifier | modifier le code]

Bénédiction du Saint-Sacrement au Couvent des Carmes Déchaussés de Gand

Voir aussi la Liste des saints du Carmel.

Carmes déchaux[modifier | modifier le code]

  • Saint Jean de la Croix (1542-1591). Réformateur du carmel et docteur de l'église.
  • Laurent de la Résurrection (1614-1691), frère carme au Couvent de Paris rue de Vaugirard, connu par un petit recueil de lettres et d'entretiens dans lesquels il raconte ses expériences spirituelles, tout entières centrées sur la pratique de la présence de Dieu.
  • Hermann Cohen (pianiste) (1820-1871), issu d'une famille juive, il se convertit au catholicisme en 1847 et entre dans l'ordre des Carmes Déchaux sous le nom d'« Augustin-Marie du Saint-Sacrement ».
  • Saint Raphael Kalinowski (1835 - 1907), en religion Raphaël de Saint-Joseph, religieux carme déchaux polonais, considéré comme le « restaurateur du Carmel polonais ».
  • Vénérable Père Jacques de Jésus (1900-1945), fondateur du Petit Collège d'Avon en 1934, arrêté en 1944 pour avoir caché trois enfants juifs. Il est honoré à Yad Vashem comme un Juste parmi les nations.
  • Père Louis de la Trinité (1889-1964), marin, religieux carme et résistant français.
  • Vénérable Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967), définiteur général puis vicaire général de l'Ordre des Carmes Déchaux (1937-1955), fondateur de l'Institut Notre-Dame de Vie.
  • Mgr Guy Gaucher (1930-2014), évêque auxiliaire émérite de Bayeux et Lisieux, écrivain spirituel et grand connaisseur de la figure et spiritualité de Sainte Thérèse de Lisieux.

Carmélites déchaussées[modifier | modifier le code]

Moniales carmélites déchaussées à Nogoyá, Argentine

OCDS[modifier | modifier le code]

L'Ordre des Carmes Déchaussés Séculiers est le Tiers-Ordre carmélite de la branche des déchaussés. Il regroupe des laïcs.

  • Maria Petyt (1623-1677) ou Marie de Sainte Thérèse. Mystique flamande.
  • Bienheureuse Josefa Naval Girbés (1820-1893). Mystique, elle donne des enseignements de vie spirituelle. Par son apostolat elle se révèle en avance sur les textes de Concile Vatican II.
  • Saint Georges Preca (1880-1962, prêtre et fondateur), Fondateur de la Société de la Doctrine Chrétienne (MUSEUM).

Prieurs Généraux de l’Ordre[modifier | modifier le code]

1593-1594 : Nicolas de Jésus-Marie Doria[3]

2009- : Saverio Cannistrà du Sacré Cœur

Couvents de Carmes[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]


Italie[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Autres continents[modifier | modifier le code]

Monastères de Carmélites[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Autres pays[modifier | modifier le code]

Autres Continents[modifier | modifier le code]

En Israël/Palestine[modifier | modifier le code]

Autres pays[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce couvent sera détruit en 1761 et les carmes chassé. Reconstruit en 1767, il est à nouveau détruit en 1821. Une reconstruction définitive est lancée en 1827. Ce monastère joue un rôle central dans l'Ordre du Carmel. Voir l'article dédié au Monastère Stella Maris (Haïfa).
  2. Voir l'article Pontons de Rochefort, ou les Carmélites de Compiègne.
  3. En 1809 Napoléon 1er est excommunié par le pape. Mère Thérèse-Camille répand des copies de la bulle d’excommunication que l'empereur ne voulait surtout pas voir diffuser en France. Elle est suspectée, et arrêtée puis exilée à Guise (1811-1813).
  4. Plusieurs religieuses diront être entrées au Carmel après avoir lu sa biographie. Voir Marie Ange de Saint Joseph, Thérèse de l'Enfant Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix, Maria Candida dell’Eucaristia. Voir aussi Marcel Van.
  5. La première communauté est fondée en 1932 et regroupe des femmes professeurs de l'enseignement. Le groupe est approuvé en 1937, agrégé à l'Ordre en 1947 et transformé en institut séculier l'année suivante.
  6. Carmel en activité sans interruption depuis sa fondation, hors période révolutionnaire (fermé en 1790 et restauré en 1803).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les origines sur le Mont Carmel », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 7 août 2013)
  2. « La réforme thérésienne au 16e siècle en Espagne », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 7 août 2013)
  3. a, b, c et d « Historique de la réforme thérésienne », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 7 août 2013)
  4. a, b, c, d et e « Extension du Carmel réformé en Europe », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 14 août 2013)
  5. a, b, c, d, e, f, g et h « Révolution et persécutions religieuses (18è-19è siècles) », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 12 août 2013)
  6. « 3 Carmélites martyres de Guadalajara (Espagne) (1936) », sur Abbaye Saint Benoit de Port-Valais, abbaye-saint-benoit.ch (consulté le 11 septembre 2013)
  7. Amédée Brunot : Mariam, la petite arabe, 2009, ((ISBN 2-706-70668-6))
  8. a, b, c, d, e et f « Renaissance du Carmel en Europe », sur Le Carme en France, carmel.asso.fr (consulté le 13 septembre 2013)
  9. « Présentation des monastères », sur Le Carmel en France, carmel.asso.fr (consulté le 10 septembre 2013)
  10. « Nos trois Congrégations : hier et aujourd’hui », sur Le Carmel en France, carmel.asso.fr (consulté le 10 septembre 2013)
  11. « Sœurs Carmélites de la Charité, CCV », sur VIDIMUS DOMINUM, vd.pcn.net (consulté le 13 septembre 2013)
  12. Lors de leur fondation, la congrégation est nommée congrégation religieuse autochtone pour les hommes. C'est plus tard qu'elle prendra le nom de Carmes de Marie-Immaculée (ou CMI).
  13. a et b (en) « His Unique and Pioneering Services », sur blessedchavara.net, Blessed Chavara (consulté le 27 mai 2014)
  14. (en) « CARMELITES OF MARY IMMACULATE (C.M.I) », sur blessedchavara.net, Blessed Chavara (consulté le 27 mai 2014)
  15. « Carmélites Missionnaires », sur lecarmel.org, Le Carmel au Québec (consulté le 27 mai 2014)
  16. (es) « FRANCISCO PALAU Y QUER, APÓSTOL Y FUNDADOR », sur saneliascmt.com, Carmelitas Misioneras Teresianas (Espagne) (consulté le 27 mai 2014)
  17. (en) « About Us », sur cmcsisters.org, Congregation of Mother of Carmel (consulté le 27 mai 2014)
  18. « Qui sommes nous ? », sur Carmélites de Saint Joseph, carmelitesdesaintjoseph.com (consulté le 16 septembre 2013)
  19. (es) « NUESTRO FUNDADOR: ENRIQUE DE OSSÓ », sur Movimiento Tereiano Apostolico - Espana, vd.pcn.net (consulté le 13 septembre 2013)
  20. « La Congrégation des Sœurs carmélites de l'Enfant-Jésus », sur Le Carmel en France, carmel.asso.fr (consulté le 10 septembre 2013)
  21. Théo, Encyclopédie Catholique pour tous, 2009, page 865, article La famille Carmélitaine).

« De l'érémitisme chrétien aux Carmes », sur Abbaye St Hilaire du Vaucluse (consulté le 20 juin 2013)

  1. Chapitre Les Carmes au XIIIe siècle sur la page De l'érémitisme chrétien aux Carmes.
  2. a et b Chapitre Les Carmes au XVe siècle
  3. Chapitre Les Carmes au XVIe siècle
  4. a et b Chapitre Carmes déchaux ou déchaussés - (1593)
  5. a, b et c Chapitre Les Carmes au XVIIIe siècle

Frère Louis Marie de Jésus, « Mort et Résurrection du Carmel Féminin Français, 1789-1850 », sur Société Historique de Compiègne, histoire-compiegne.com,‎ 8 mais 1994 (consulté le 10 septembre 2013)

  1. Voir la première partie du document Mort et résurrection du Carmel féminin P 157 à P 161, en particulier, le chapitre "Un lourd bilan" P161
  2. Pages 163 à 169
  3. a et b Page 154
  4. Page 165
  5. Page 169-170
  6. Tableau synthétique des fondations Pages 174 à 177