Glenmor

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Glenmor

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Informations générales
Surnom Milig ar Skañv
Nom de naissance Émile Le Scanff
Naissance 25 juin 1931
Maël-Carhaix
Décès 18 juin 1996 (à 64 ans)
Quimperlé
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical chanson bretonne folk
Labels Barclay
Le Chant du Monde

Glenmor, Émile Le Scanff à l'état civil, dit également Milig ar Skañv en breton, était un auteur-compositeur-interprète, écrivain et poète de langue française et bretonne engagé dans la défense de l'identité bretonne, né le 25 juin 1931 à Maël-Carhaix et mort le 18 juin 1996 à Quimperlé. Barde moderne, grand éveilleur des consciences de sa génération et de celles qui suivent, il est à l'origine du renouveau de la culture bretonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1931 à Maël-Carhaix dans une famille bretonnante paysanne, Émile entre à l'école communale mais continue d'apprendre à lire et à écrire en breton malgré les humiliations qu'il subit[1]. Il entre en 1941 au petit séminaire de Quintin, où il fera ses études secondaires, étudiant le latin, le grec et la théologie et obtenant ses deux baccalauréats à 17 ans[2]. Pour autant, il fera preuve d'anticléricalisme[n 1] et de mysticisme[n 2], sorte de religion personnelle, entre liberté, jouissance et humour[n 3], tendant parfois au moralisme, notamment dans le recueil en prose Sables et Dunes[n 4]. Après avoir fait son service militaire à Paris, il obtient en 1952 une licence de philosophie à l'université de Rennes. À vingt ans, Milig s'occupe de théâtre et essaye de faire revivre le théâtre populaire breton. Il anime Breizh a Gan, une troupe qui monte une opérette en breton, Genovefa, d'où naît sa rencontre avec Youenn Gwernig. Il voulait raconter la lutte et la fierté d'un peuple, à travers ses héros, Nominoë et Lez-Breiz, dont il fera aussi des chansons. Sans le succès escompté, il part seul sur les routes en 1953 et voyage intensément, en Italie, Grèce, Turquie, Yougoslavie et Russie. Sans avoir eu l'impression d'avoir atteint un but, il rentre en Bretagne fin 1954. Il commence alors à écrire et composer[n 5].

Sa carrière artistique débute en octobre 1959 par un récital à Paris, devant quelques inconditionnels, avec Denise Mégevand à la harpe. Dès lors, il tente de vivre de ses chansons, interprétant aussi des textes d'Armand Robin, de René-Guy Cadou et d'autres poètes. Il adopte le nom de scène Glenmor ("terre-mer" en breton), réunion de l'Armor et de l'Argoat et devient le nouveau barde breton. Durant de nombreuses soirées, il se produit à Montparnasse, en particulier au restaurant Ti-Jos. Après Paris, il émigre plusieurs mois à Bruxelles en 1961 où il connaît un petit succès. Il croise Jacques Brel (qui dit dans une chanson Adieu l'Émile, je vais mourir) et rencontre sa future femme qui, arrivée en Bretagne, se renomme Katell[3]. Leur mariage en Centre-Bretagne sera enregistré sur un disque, avec la présence de nombreux invités et est l'exemple d'une noce typique en Basse-Bretagne. Après les soirées de Kerroc'h à Kertalg, en passant par les petites salles puis les salles de casinos et de cabarets, il retourne à « l'assaut de Sodome » Il produit ensuite à compte d'auteur son premier 33 tours, une captation d'un concert donné à la Mutualité de Paris au printemps 1965. Il y donnera d'autres récitals, dont deux accompagnés par le jeune harpiste Alan Stivell.

Au début de 1969, son premier 30 cm commercial sort chez Barclay, Cet Amour-là..., sur lequel il est accompagné par une harpe celtique sur deux chansons et par l'orchestre de François Rauber sur presque toutes les autres. La chanson écologique Les Oiseaux fait référence aux pétroliers échoués, le Torrey Canyon à l'époque. En 1971, un autre 33 tours Barclay est un Hommage à Morvan Lebesque, journaliste et essayiste de la décolonisation et la décentralisation. Il quitte sa maison de disque parisienne et signe au Chant du Monde, avec la sortie de Vivre en mars 1972 puis quatre autres 33 tours.

Avec ses amis Alain Guel et Xavier Grall, il participe à la fondation des Éditions Kelenn, où il publie en 1968 Le livre des chansons, en même temps que Xavier Grall y publie Barde imaginé puis La fête de la nuit (1972), ouvrage dans lequel Glenmor est le personnage principal, sous les traits du barde Arzel. Au début des années 1970 il fonde avec les mêmes Xavier Grall et Alain Guel le journal la Nation bretonne, qui joue alors un rôle important auprès d'une certaine élite intellectuelle.

Artiste engagé du nationalisme breton, Glenmor affirme fortement dans ses chansons l'identité et les spécificités bretonnes. Il compose le Kan bale lu poblek Breizh (renommé Kan bale an ARB) (« Chant de marche de l'Armée révolutionnaire bretonne »). Il ouvre la voie de la conscience bretonne et fut l'un des premiers chanteurs dont la renommée dépassait les frontières bretonnes à chanter en breton.

En 1972, il tourne en Bretagne avec Léo Ferré. Dans Vivre, il reprend d'anciennes chansons, dont deux qu'il avait écrites en breton, Viviana et Klemm Breizh-Izel, accompagnées d'un récitatif en français par Katel. En avril 1973, Princes, entendez bien... tire son nom de la composition de dix-huit minutes sur toute la face A et la face B se termine par un « récit bardique ». E dibenn miz gwengolo en 1977 contient de nouvelles œuvres, en français et en breton.

Il vit entre Saint-Péran et Mellionnec, comme dans sa chanson sur Les chemins de Bohême. Il fête à Mellionnec ses vingt ans de chansons lors d'une grande fête, puis avec la parution d'un disque anniversaire : Tous ces vingt ans déjà. En 1978, il est désigné Breton de l'année par Armor Magazine[4].

En juin 1979, en compagnie de son ami Jean Le Calvez, directeur de la publication du journal Combat Breton, dont ils sont par ailleurs tous deux membres du comité de rédaction, il observe une grève de la faim pour protester contre le report du procès de plus d'une vingtaine de militants bretons interpellés en juillet 1978 à la suite d'un attentat contre le château de Versailles. Ils exigeaient la libération des détenus politiques, dont Yann Puillandre. Le journal se fera largement l'écho des lettres des prisonniers comme des prises de positions en leur faveur. Ce moment sera l'occasion de réaffirmer son adhésion à Argad Breizh. Dans le même temps, il publie son roman La septième mort chez Jean-Edern Hallier et participe à la campagne de ce dernier aux élections européennes, malgré des ennuis de santé[5].

En 1990, à l'issue d'un concert pour la Fête de la langue bretonne à Carhaix, il décide de mettre fin à sa carrière musicale pour se consacrer à l'écriture[6]. Il est décoré de l'ordre de l'Hermine en 1990.

Le cancer l'emporte six ans plus tard, le 18 juin 1996, à l'aube de son 65e anniversaire. Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Maël-Carhaix, où plus de 4 000 personnes assistent à ses obsèques. Sur la tombe est écrit :

« Et voici bien ma terre, la vallée de mes amours. »

— Émile Le Scanv (1931-1996)

Entourage[modifier | modifier le code]

  • Katell, son épouse, rencontrée à Bruxelles et épousée en 1961 ;
  • Yann Penn, organisateur de ses spectacles ;
  • Bernard Benoît, guitariste, fut son accompagnateur ;
  • Fanch Bernard, contrebassiste et pianiste, fut son accompagnateur, chauffeur et secrétaire ;
  • Laurence Meillarec, fut sa pianiste et sa choriste

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 1969 : Cet amour-là (Barclay)
  • 1971 : Hommage à Morvan Lebesque (Barclay) [7]
  • 1972 : Vivre (Le Chant du Monde)
  • 1973 : Princes, entendez bien... (Le Chant du Monde)
  • 1974 : Ouvrez les portes de la nuit (Le Chant du Monde)[8]
  • 1977 : E dibenn miz gwengolo (Le Chant du Monde)
  • 1978 : Tous ces vingt ans déjà... Pour un vingt ans d'abord (Le Chant du Monde)
  • 1979 : La Coupe et la Mémoire (Arfolk)
  • 1984 : Tristan Corbière : Le Paria, dit par Glenmor (Arfolk)
  • 1985 : Si tu ne chantais pas pour eux à quoi bon demeurer ? (Arfolk/Stern Ha Lugern)
  • 1987 : Après la fleur le fruit, sous la rose l'épine (Escalibur)
  • 1987 : En Bretagne, noces et fest-noz (Arion, Barclay) mariage de Glenmor et Katell réédition CD
  • Katell dit Glenmor 1 et 2

Albums en public[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Glenmor Ed. Kornog (Tout au bout du sillon, Memento, Les nations, Viviana)
  • 1963 : Les hommes de notre temps (+ De rêves et d'étoiles, Le retour, Les croisades)
  • 1968 : Cet amour-là (+ Sodome, Toi l'enfant, Dieu me damne)
  • 1969 : O Keltia (Cinq chansons en breton), Barclay (+ Koumoulen an hañv, An tousegi, Hiraezh, Groñvel)
  • 1970 : Les temps de la colère, Barclay (+ Les larmes d’un copain, Les chemins de la bohême, Tour de Babel)
  •  ? : Klemm Breizh-Izel (La plainte de la Bretagne), Sked (+ O Langonnet, Pa vin maro, Kan bale Névénoé)
  • 1975 : Katell dit Glenmor : Poèmes, Ternell (Ce peuple est fou, Sables et dunes, Aux sans dieu, La demeure est close)

Participations[modifier | modifier le code]

  • 1973 : Kertalg 73 : 2e festival Pop celtic (Barclay) avec Sœurs Goadec, Brenda Wooton, Planxty…
  • 1973 : Beilhadeg e Menez Kamm veillée bretonne à Menez-Kamm (Arfolk) avec Andrea Ar Gouilh, Mickael Skouarneg, An Nijadenn…
  • 1978 : Ils se meurent nos oiseaux (Arfolk) avec Alan Stivell, Gilles Servat, Sœurs Goadec, Sonerien Du
  •  ? : Skoazell Vreizh, Soutien aux familles des détenus politiques bretons (Coop Breizh) avec Ar Breizerien, Gweltaz, Stivell

Compilations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • 1998: Mouezh Paotred Breizh e Pleiben Chœur d'hommes de Bretagne (O Keltia et Kan Bale de Glenmor)
  • 2000 : Hommage à Glenmor - Da Enorin Glenmor (Kan an Douar/Coop Breizh)
  • 2001 : Buhez (Vie) par l'Ensemble Choral du bout du Monde avec Gilles Servat, Youenn Gwernig...
  • 2002 : D'an enezenn - Vers l'île par l'ensemble choral Mouez ar mor de Brest (textes de Xavier Grall, Anjela Duval, Marie Kermarec, Per-Jakez Hélias, Job An Irien...)
  • 2005 : Katel dit Glenmor avec Bernard Benoit (réédition CD Sobridis)
  • 2006 : Dix ans déjà - Ar Pep Gwellañ ...que le vent porte et pose (An Distro/Coop Breizh)
  • 2006 : Hommage à Glenmor par Gérard Ducos
  • 2009 : Glenmor Mémoire vivante par Clarisse Lavanant
  • 2011 : Je te souviens Glenmor (volume 2) par Clarisse Lavanant
  • 2012 : Le vieil amant par Léa (Laurence Meillarec, sa pianiste) - Coop Breizh

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Glenmor[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Livre des Chansons, Mutualité 67 (éd. Kelenn, rééd. Stern ha Lugern, 1979)
  • 1971 : Sables et Dunes (éd. Ternel)
  • 1974 : Livre des Chansons, tome II, Bobino 73 (éd. Ternel)
  • 1974 : La Septième Mort (éd. Ternel, rééd. Libres Halliers 1982)
  • 1975 : Le Sang nomade (éd. Ternel)
  • 1977 : Les emblaves et la moisson (éd. Stern ha Lugern)
  • 1977 : Retraites paysannes, avec des typographies et bois gravés de Claude Huart (éd. Ternel)
  • 1981 : Chantres de toutes les Bretagnes. 20 ans de la chanson bretonne, préface du livre d'André-Georges Hamon (éd. Jean Picollec)
  • 1992 : L'Homme du dernier jour, La Gacilly (éd. Artus)
  • 1995 : Les Derniers Feux de la Vallée (éd. Coop Breizh)
  • 1996 : La Sanguine (éd. Coop Breizh)

Parutions posthumes[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Glenmor[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Glenmor an Distro est l'association des amis de Glenmor. Son directeur est Hervé Le Borgne.
  • En 1998, Alan Stivell consacre une chanson à la mémoire de Glenmor sur son album 1 Douar : Kenavo Glenmor ("Au revoir Glenmor").
  • Le billet de 70 Lur est à son effigie, utilisé lors des fêtes de la langue bretonne[11]
  • À Lanester, une rue porte son nom.
  • Une stèle à son effigie, réalisé par le sculpteur Jean Fréour, est érigée le 27 juin 1998[12] au parc du Thabor à Rennes.
  • En 2001, la ville de Carhaix nomme Espace Glenmor sa nouvelle salle de spectacle.
  • Chaque année, la scène principale du festival des Vieilles Charrues de Carhaix porte son nom.
  • La municipalité de Landerneau donne son nom à une salle de répétition de la Maison de la Musique.
  • Le sculpteur Patrig Ar Goarnig a réalisé deux sculptures hommages : un bas-relief sur ardoise, réalisé en 1996, installée à Landeleau et une statue taillée dans le schiste baptisée Glenmor an distro, réalisée en 2006, installée au château de Kervoazec à Châteaulin[13]
  • La municipalité de Rostrenen décide suite au décès de Glenmor de lui dédier une place près du presbytere.
  • En 2009, Clarisse Lavanant a enregistré un album consacré aux chansons du barde "Glenmor Mémoire Vivante" récompensé par l'Académie Charles Cros et Trad Magazine. Le second volume "Je te souviens Glenmor" est sorti en 2011 et le troisième est en cours de réalisation.
  • En 2011 est créé le spectacle théâtral chanté Glenmor L’insoumis (Disuj en breton), mis en scène par Goulc’han Kervella, interprété par des chanteurs et musiciens sous la direction de Patrick Audouin, et des comédiens d’Ar Vro Bagan[14].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. comme dans La Gavotte romaine ou Sodome
  2. comme dans Prière de Robinson, Credo de la Joie, Où va ton univers
  3. « Dieu laisse à l'homme le droit de choisir sa morale. C'est le secret de notre liberté », « Le dieu des philosophes ne rit jamais. Je me demande s'il est vivant. Je préfère celui des poètes et des amoureux », « Je préfère croire en Dieu qu'être athée, ne serait-ce que pour le maudire. »
  4. « Le malheur des hommes, même des hommes de foi, vient souvent de cela qu'ils ne savent écouter le silence de Dieu. »
  5. Victime de la tuberculose durant son périple, il est soigné dans un sanatorium à Praz-Coutant dans les Alpes. C'est là qu'il donne sa toute première représentation, en 1958. Ronan Gorgiard, L'étonnante scène musicale bretonne, 2008, p. 38

Références[modifier | modifier le code]

  1. La chanson bretonne, Jacques Vassal, p. 71
  2. La chanson bretonne, Jacques Vassal, p. 72
  3. Ronan Gorgiard, L'étonnante scène musicale bretonne, 2008, p. 38
  4. Breton de l'année Armor Magazine 1978
  5. La chanson bretonne, Jacques Vassal, p. 81
  6. Journal Libération Mort de Glenmor, barde breton 20/06/1996
  7. Réédition CD 2001.
  8. Réédition 2CD An Distro/Coop Breizh 1996.
  9. CD "principales œuvres" sur le site Coop-Breizh
  10. "L'intégral" sur Amazone avec extraits
  11. Billet de 70 lur à son effigie
  12. Ville de Rennes, « Archives contemporaines, Service Relations publiques », sur http://www.archives.rennes.fr, Archives municipales,‎ 1998 (consulté le 15 juin 2009)
  13. Le Télégramme. Les monumentales de Patrig ar Goarnig, 1er août 2011
  14. Site d'Ar Vro Bagan Spectacle Disuj, L'insoumis

Liens externes[modifier | modifier le code]