Temple romain

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Temples d'Hercule et de Portunus à Rome.
Temple de Portunus à Rome.

Le temple romain était une construction monumentale de l'architecture romaine dédiée soit à la pratique extérieure du culte des Romains, soit à loger symboliquement une administration ou vénérer une personne.

Les Romains pratiquaient aussi un culte domestique à l'aide de mini-temples : les Laraires.

Origine[modifier | modifier le code]

Le terme de temple est un emprunt direct au latin templum qui se rattache lui-même au verbe grec τέμνω - « découper, séparer[1] ». Anciennement, templum désignait une portion d'espace (généralement rectangulaire) délimitée par un augure, à l'intérieur de laquelle ce prêtre effectuait ses observations (comptage des oiseaux, passage de nuages, etc.). N'était pris en considération par l'augure, et n'avait de signification religieuse que ce qui survenait dans ce périmètre. Cette pratique des augures était désignée comme la contemplatio, d'où le mot français contemplation (la méditation intériorisée) tire son origine. La matérialisation du templum originel en un bâtiment découle vraisemblablement de la nécessité de séparer physiquement le fanum, l'espace sacré ou sanctuaire, des profanes, c'est-à-dire du monde extérieur. Les signes étant toujours considérés comme les manifestations d'un dieu, on estimait que le dieu souhaitait que l'espace lui soit réservé.

Il semble n'y avoir eu que très peu de temples dans les premiers temps de Rome, et si dans bien des cas la vénération d'une idole y est attestée de temps immémorial, le premier temple de cette même idole n'est construit qu'à époque historique relativement récente. Ainsi en va-t-il de la fondation du temple de la vieille divinité italique Saturne, sur le Capitole, qui n'intervient pas avant[2] -498. Les temples de Quirinus et Mars sont aussi d'époque républicaine. Jupiter n'eut pas de temple avant le règne d'Ancus Martius, et encore ce temple fut-il fort modeste, au jugement du moins des auteurs de la période impériale[3]. William Smith suppose que les lieux d'adoration des premiers Latins n'étaient le plus souvent que de simples autels ou des sacella.

Dans l'architecture sacrée des Romains, les influences étrusques se mêlent aux influences grecques. Les temples étrusques se dressent sur un socle élevé faisant office de fondation, ce qui les distingue nettement des édifices alentour. Ils ont une orientation précise dans l'espace, et pour cette raison sont à plan rectangulaire. Un escalier extérieur en façade mène au porche, une salle à colonnade ouverte sur l'extérieur, qui précède la cella intérieure, souvent tripartite. Le toit est à deux pans peu inclinés (« toit rampant ») couvert de tuiles en terre cuite.

Les temples romains suivent en général au départ les modèles étrusques, mais graduellement, et surtout après l'invasion de la Grèce au IIe siècle av. J.-Chr., l'influence grecque devient prépondérante : le temple s'étire en longueur, la cella est plus étendue que le porche, les trois pièces de la cella cèdent la place à une grande salle unique qui abrite la ou les statues du dieu, et il y a un autel devant chaque statue[4]. Le toit couvrant cette cella est appelé testudo, mais on apprend par Varron que dans la plupart des cas, il n'y en a pas afin de laisser la lumière du jour illuminer l'effigie divine[5]. L'entrée d'un temple romain était, selon Vitruve, tournée vers le couchant autant que cela était possible, et la statue du dieu était tournée également de ce côté, de sorte qu'un fidèle en prière ou offrant un sacrifice devant l'autel était tourné vers le levant[6]. Lorsqu'il n'était pas possible d'édifier le temple dans cette position, on faisait en sorte qu'on puisse, de cet édifice, embrasser du regard la plus grande partie de la ville ; et lorsqu'enfin un temple était construit le long d'une rue ou au bord d'une route, on faisait en sorte que les passants puissent en voir l'intérieur, et ainsi saluer la divinité. Un temple bien conservé du Siècle d'Auguste est la Maison Carrée à Nîmes.

Pour ce qui est de la propriété des temples, il est établi que dans les temps anciens un domaine foncier était attribué à chaque temple ; mais ces terres ne servaient qu'à assurer la subsistance des seuls prêtres. Les rituels publics (sacra publica) étaient assurés aux frais de l'État ; et c'est pourquoi l'on suppose que lorsque l'entretien des temples, rémunéré par les tarifs sacerdotaux et les amendes, n'était plus suffisant pour permettre d'entreprendre les réparations, l'État se portait caution, à moins qu'un particulier n'assure les couvertures de ces frais.

L'administration suprême des temples de Rome, et de tout ce qui s'y rapportait, était un privilège du collège des pontifes. On appelait Aeditui les hommes chargés de la gestion directe et quotidienne des temples.

Liste des temples romains[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Rome[modifier | modifier le code]

Autres villes italiennes[modifier | modifier le code]

Gaule[modifier | modifier le code]

Germanie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Servius, Commentaire à l'Énéide [détail des éditions] [(la) lire en ligne], I, 446.
  2. Cf. Tite-Live, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], II, 21 ; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 1 ; Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Publicola. 12.
  3. Cf. Denys d'Halicarnasse, op. cit., II, 34 et Tite-Live, op. cit., I, 33.
  4. Vitruve, IV, 5.
  5. Varron, cité par Servius dans son commentaire sur l'Énéide, I, 505.
  6. Cf. Isidore de Séville, Étymologies, XV, 4, 7 ; Hygin le gromatique, De limitibus, p. 153, éd. Goes.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) William Smith, D.C.L., LL.D., A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, Londres, John Murray,‎ 1875
    Cette encyclopédie du XIXe siècle contient un grand nombre de références aux sources primaires.

Voir aussi[modifier | modifier le code]