Thermes romains

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Les thermes (en latin thermæ, du grec thermos, chaud) étaient des établissements de bains publics de la Rome Antique.

Histoire des thermes[modifier | modifier le code]

Les thermes sont à l’origine une idée grecque, mais les Romains l’ont considérablement améliorée.Selon les découvertes archéologiques, les premières installations de bains datent de 2 500 ans av. J.-C., mais la pratique du bain est attestée à la fin du Ve siècle av. J.-C. en Grèce.

Les premiers thermes sont privés, les thermes publics n'apparaissent qu'au Ier siècle avant J.-C.. Des particuliers proposaient des bains froids et chauds et parfois des massages. Il fallut attendre 27 av. J.-C. pour voir apparaître les vrais thermes, sur l’ordre de Marcus Vipsanius Agrippa, un ami de l’empereur Auguste, qui était son gendre. Ce dernier vint dans des bains froids préconisés par le médecin marseillais Antonius Musa. Les bains froids s'ajoutèrent aux salles tièdes et chaudes, et les thermes se répandirent dans tout l’Empire[1]. Même les villes pauvres en possédaient. La construction des thermes revenait à l’empereur ou à ses représentants. Les coûts de fonctionnement des thermes étaient donc assurés par les finances publiques. Les évergètes étaient de riches financiers. À Rome, c'est l'empereur qui finançait la plupart de ces monuments.

Les Romains se rendaient aux thermes pour l'hygiène corporelle et les soins complets du corps. Mais ce lieu avait aussi une fonction sociale importante : les thermes faisaient partie intégrante de la vie urbaine romaine. On s’y lavait, mais également, on y rencontrait ses amis, on y faisait du sport, on jouait aux dés, on se cultivait dans les bibliothèques, on pouvait aussi y traiter des affaires ou se restaurer.

Pour les Romains, le bain représentait à la fois un luxe et une nécessité. Tous s'y rendaient, sans distinction de classe sociale. Ils étaient ouverts aux hommes et aux femmes, mais dans des parties différentes et/ou à des heures différentes.

Seules les villas des classes aisées disposaient de bains privés et de toilettes. Les bains publics (thermes) jouaient donc un rôle important pour l'hygiène générale. Ils appartenaient à l'État ou à des personnes privées. Le prix d'entrée était modique. Souvent, pour se faire valoir, les riches bourgeois édifiaient des thermes luxueux qu'ils mettaient gratuitement à la disposition du public (pratique de l'évergétisme). Le droit d'entrée était normalement gratuit, mais on connaît des cas où l'entrée était payante. À la fin de l'Empire romain, les bains devinrent mixtes.

Principe architectural des thermes[modifier | modifier le code]

Plan des thermes d'Herculanum, avec sections masculine et féminine ; Ier siècle.

Le principe de base des thermes privés, qui fut ensuite adapté au gabarit nécessaire à l'ouverture à un large public, comprend :

Le sol était recouvert de mosaïques et chauffé par un système de chauffage par le sol et de réservoirs : l'hypocauste, alimenté par un foyer attenant, le praefurnium. Les fumées du foyer étaient évacuées par des conduits situés dans l'épaisseur des murs (les tubuli) qui les chauffent par la même occasion. L'approvisionnement en eau était effectué grâce aux aqueducs. Pour les besoins urgents, on pouvait aller aux latrines.

Les thermes complétaient souvent cet équipement d'une palestre pour l'exercice physique et une piscine (natatio, piscinam). Les grands thermes de l'époque impériale constituaient de vastes complexes de loisirs, avec des jardins, des salles de spectacle, des bibliothèques.

Les thermes n'étaient pas mixtes, à de très rares exceptions près. Certaines installations étaient doublées, avec une partie séparée réservée aux femmes. D'autres pratiquaient des horaires alternés pour chaque sexe. Le matin étant plus volontiers réservé aux femmes, tandis que les hommes en profitaient tout l'après-midi et même en soirée[2].

Après leur matinée de travail, les Romains allaient couramment aux thermes pour se détendre et suivaient un « parcours » d'échauffement progressif puis de refroidissement. Tout d'abord, ils allaient déposer leurs vêtements dans les vestiaires (apodyterium ou spoliatorium), gardés par des esclaves, ils s'échauffaient en faisant du sport au gymnase pour transpirer (jeux de balles, course à pied, haltérophilie), et ceux qui n'aimaient pas l'effort physique allaient dans le tepidarium, salle tiède, puis dans une salle plus chauffée, le laconicum (étuve sèche) ou sudatorium (étuve humide) pour transpirer[1].

Ils passaient ensuite aux bains chauds, se raclaient la peau à l'aide d'un ustensile appelé le strigile, sorte de racloir en fer recourbé puis ils pénétraient dans l'étuve. Le bain de propreté était alors terminé.

Dans le caldarium, ils se reposaient puis passaient aux bains tièdes, aux bains froids, et enfin, ils allaient se faire masser, épiler ou encore parfumer... Généralement, ils s'enduisaient le corps d'huile dans le destrictarium (les Romains n'utilisaient pas le savon, cependant connu des Gaulois) . Les huiles et parfums étaient conservés dans un unctuarium[3].

Bibliothèques, salle de repos ou de conversation, jardins, gymnase et lieux de promenades faisaient partie du « complexe » des thermes et offraient la possibilité de prolonger ce moment de détente agréable pour le corps et l'esprit. C'est sans doute de là que vient l'expression « un esprit sain dans un corps sain » (en latin : « mens sana in corpore sano »), formule présente dans l'œuvre de Juvénal. On pouvait aussi y écouter des orateurs[2].

Itinéraire[modifier | modifier le code]

Le plus ancien est rétrograde : le baigneur repasse par les mêmes pièces à l'aller et au retour.

Il a été ensuite cherché un moyen de ne pas faire repasser par les mêmes salles et faire que les baigneurs ne se croisent pas, ceci avec des itinéraires circulaires pour les grands thermes et semi-circulaire pour de plus petits édifices.

Sous Néron ce sont des thermes symétriques avec deux itinéraires circulaires et symétriques qui sont construits[4].

Thermes du monde romain[modifier | modifier le code]

Scène de bain romaine
Article détaillé : Liste des thermes romains.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les dossiers d'Archéologia n°323, Thermes et pratique balnéaire en Gaule romaine, Alain Bouet p. 5
  2. a, b et c Archéologie suisse, 24-2-2001, Les thermes publics, par Chantal Martin Pruvot, p.33
  3. voir par exemple, l'unctuarium des thermes romains de Glanum
  4. Les dossiers d'Archéologia n°323, Thermes et pratique balnéaire en Gaule romaine, Alain Bouet p. 8

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvon Thébert, Thermes romains d'Afrique du Nord et leur contexte méditerranéen : études d'histoire et d'archéologie, École française de Rome, 2003, 733 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]