Tréguier

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Tréguier
Entrée de la vieille ville. La maison de gauche, à l'angle du quai Jaudy et de la rue Renan, est classée Monument historique.
Entrée de la vieille ville. La maison de gauche, à l'angle du quai Jaudy et de la rue Renan, est classée Monument historique.
Blason de Tréguier
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Tréguier (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Haut-Trégor
Maire
Mandat
Guirec Arhant
2014-2020
Code postal 22220
Code commune 22362
Démographie
Gentilé Trécorrois
Population
municipale
2 630 hab. (2011)
Densité 1 730 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 09″ N 3° 13′ 52″ O / 48.785833333, -3.231111111 ()48° 47′ 09″ Nord 3° 13′ 52″ Ouest / 48.785833333, -3.231111111 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 66 m
Superficie 1,52 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-treguier.fr/

Tréguier [tʁegje] est une commune, chef-lieu de canton du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Tréguier est la capitale historique du Trégor. Sa cathédrale, ses ruelles et ses maisons à pans de bois constituent le charme de cette ancienne cité épiscopale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Tréguier vu de la rive droite du Jaudy (côté Trédarzec)

Tréguier est situé au confluent du Jaudy et du Guindy ; la Rivière de Tréguier étant la ria ou l'estuaire, large de 250 à 500 mètres selon les endroits, commun aux deux cours d'eau, Tréguier occupant le site de leur presqu'île de confluence. Ces vallées découpent le plateau du Trégor et le centre de la ville s'étant implanté sur le promontoire entre les deux vallées. Celles-ci ont découpé le plateau du Trégor et la ville s'est développée sur les deux escarpements limitant ce lambeau de plateau jusqu'à la rive droite du Guindy et la rive gauche du Jaudy. Longtemps, les rives opposées du Jaudy et du Guindy opposées à Tréguier n'ont été reliées à la cité que par des bacs (bacs de Canada, attesté dès 1619, l'origine du nom est inconnue, et de Saint-Sul) pour franchir le Jaudy, ou au prix d'un assez long détour via un petit pont à hauteur du village du Guindy, pour rejoindre Plouguiel en franchissant le Guindy.

« Dès le XIVe un passeur de bac assurait la liaison très régulièrement entre Tréguier et la presqu’île : la redevance, droit féodal typique, était versée à l’évêque auquel appartenaient les deux rives, y compris le moulin.  »

Tréguier est une ville-port de fond de ria, comme le sont de nombreuses autres villes bretonnes comme Dinan, La Roche-Derrien, Morlaix, Landerneau, Quimper, Quimperléetc., donnant sur la Manche toute proche[1].

Le port, situé à 9 km de la mer, a une activité attestée dès le Moyen Âge (des bateaux de faible tirant d'eau pouvaient alors remonter l'estuaire et un trafic de sable, de pierre, de blé ou de lin créa à cet égard un véritable négoce jusqu'à la fin du XVe siècle. Situé sur la rive gauche du Jaudy juste avant la confluence avec le Guindy, il est désormais accessible, grâce à sa profondeur, à des bateaux d'assez fort tonnage et, si c'est encore un port de commerce au trafic modeste, c'est désormais surtout un port de plaisance équipé de cinq pontons flottants et d'une capacité d'accueil de 330 places[2].

La pêche des poissons, crustacés, coquillages (huîtres) en Rivière de Tréguier était active comme le prouve une réglementation datant de 1853[3]. En 1896, 230 bateaux montés par 390 hommes participent à la pêche aux huîtres sur les bancs naturels (la pêche ne dure que quelques heures un jour de mars) de la Rivière de Tréguier[4]. Cette activité décline progressivement : en 1904, 108 bateaux et, en 1905, 87 bateaux de Tréguier et des environs participent à la pêche aux huîtres par dragage[5]. On y arma aussi pour la pêche à la morue dans les parages de l'Islande.

Cette description de la ville et du port date de 1904 : «  Tréguier s'offre d'abord sous l'aspect de rues qui, de la place centrale, dégringolent avec une déclivité brusque jusqu'au semblant de port, à sec dès que commence à se produire le reflux. Un ou deux bateaux y somnolent. Ils y restent des jours, des jours, car surtout au pays trégorrois, les affaires sont lentes. Jadis régnait la richesse ; mais je ne sais quel air de lassitude et de renoncement pèse sur Tréguier. On dirait une ville pétrifiée[6]  ».

Rose des vents Penvénan Plouguiel Pleumeur-Gautier Rose des vents
Camlez N Trédarzec
O    Tréguier    E
S
Langazou (commune du Minihy-Tréguier) Minihy-Tréguier Pouldouran

La petitesse du territoire communal (153 hectares !) bloque l'essor de la ville (même si, en 1836, Tréguier a annexé les Buttes, le faubourg de Kerfant et la chapelle Saint-Michel qui dépendaient jusque-là de la commune voisine du Minihy-Tréguier) et a longtemps freiné le réaménagement urbain. En 1927 a été percé le boulevard Anatole Le Braz, qui passe sous les voûtes de la mairie et permet un accès direct au pont franchissant le Guindy en direction de Plouguiel[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Landreger.

Le "Val Trécor" ("Vallée aux trois coins" ou "Tric'horn" en breton) s'est appelé ainsi car "on remarque, en effet, en face de Tréguier, trois espèces de promontoires correspondant à trois ouvertures en forme d'angles, du côté de la ville[Informations douteuses][8]". "C'est un vrai triangle dont les côtés sont formés par le Jaudy, le Guindy et la commune de Minihy[9]". De là proviennent les noms de Tréguier et de Trégor, entre dans l'histoire ou dans la légende vers 532-535 avec le moine gallois Tugdual qui y aurait fondé un monastère dénommé Lan Trécor en breton, devenu "Landreger", toponyme qui donnera son nom actuel à la ville[7], mais ce toponyme (sous la variante Landreguer) n'apparaît qu'en 1330. Antérieurement le lieu était dénommé "Saint-Pabu", Pabu étant l'un des noms sous lesquels est connu saint Tugdual. Le monastère est dénommé " Saint Tutual Pabu" dans la Chronique de Nantes compilée vers 1050 et un acte de 1086[10] parle de Hugues de Saint Pabu-Tual, évêque de Tréguier" ("episcopus Trigarensis").

D'autres explications au nom de Tréguier ont été fournies: pour certains, le nom provient de "trève" (annexe d'une paroisse en breton), mot qui ici précède "ker" ("maison" en breton), mais cette explication paraît fantaisiste[11] ; pour d'autres "du breton "tre" (trois) et "guer" (cours d'eau) par référence aux trois rivières passant à Tréguier[12]".

Tréguier provient du démembrement de la paroisse primitive de l'ancienne Armorique, Ploulandreguer qui englobait aussi outre le territoire de Tréguier, celui de Minihy-Tréguier[13].

Saint Tugdual et la création de l'évêché[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ancien diocèse de Tréguier.

Tugdual est consacré évêque de Landreger vers 542. Il fut le premier évêque d'un siège épiscopal particulièrement important en Bretagne jusqu'à sa suppression lors de la Révolution française. De son existence, nous ne savons en réalité que peu de choses, même pas la date précise de sa mort survenue un 30 novembre en 553, 559 ou 564. Il serait le fils d'Alma Pompa (sainte Pompée) et de Hoël Ier, 8e roi d'Armorique. Originaire de Grande-Bretagne, Tugdual aurait émigré en Armorique accompagné de sa mère. Il semble qu'autour de son monastère se soit rapidement constituée une importante agglomération.

Portrait des 14 évêques de Tréguier entre 1587 et 1801 (cathédrale Saint-Tugdual)

C'est ainsi que Tréguier fut et demeure une étape obligée du Tro Breizh, pèlerinage aux sept saints fondateurs bretons.

L'ancienne cathédrale, probablement en bois, n'a laissé aucune trace ; on suppose qu'elle était située à peu près au même emplacement que l'édifice actuel et était dédiée à saint André.

En 848, Nominoë, roi de Bretagne, fit de cet évêché-abbaye un évêché séculier et Tréguier resta siège d'évêché jusqu'en 1790. Peu de temps après surviennent les premières invasions normandes commandées par Hasting. Tréguier sera détruit, abandonné par la population.

À son emplacement ne poussaient que des ronces et du lierre quand un certain Gratien entreprend de relever la cathédrale (970) qui sera dédié cette fois-ci à saint Tugdual. Il nous en reste une tour de la cathédrale appelée, on ne sait trop pourquoi, tour Hasting.

Article détaillé : Liste des évêques de Tréguier.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La cité est nommée Saint-Pabu (autre nom de saint Tugdual) ou des variantes de ce nom du XIe siècle au XIIIe siècle.

Statue de saint Yves à l'hôtel de ville

Un autre ecclésiastique est à l'origine de la renommée de la ville : Yves de Kermartin, plus connu sous le nom de Yves de Tréguier ou saint Yves, le saint patron des avocats, né vers 1253 à Minihy, au manoir de Kermartin, défenseur des pauvres contre la puissance des riches. La cathédrale actuelle, de style gothique, fut ainsi édifiée (à partir de 1339 par l'évêque Richard du Poirier, en ce qui concerne le corps de l'église) à la gloire de saint Yves (canonisé en 1347) qui y fut enterré même si la guerre de Succession de Bretagne paralysa un temps les travaux qui durèrent près d'un siècle (1339-1435).

Article détaillé : Yves de Tréguier.

La paroisse de Tréguier « parrochia Trecorensis » est citée dès 1330. En 1412, Tréguier obtient le statut de ville. Un sénéchal ducal puis royal existait dans la ville dès 1260 et jusqu'en 1576. Par la suite, l'évêque de Tréguier, qui portait aussi le titre de "comte de Tréguier" avait pouvoir de haute et basse justice. "Le revenu de son évêché était de 20 000 livres[14]".

De 1450 à 1479, fut construit autour de cette cathédrale un cloître gothique qui abrite le tombeau de plusieurs défenseurs et religieux de la cité épiscopale dont Jean V, duc de Bretagne et saint Yves, le patron des avocats. Ce cloître a même accueilli le marché de la ville, les marchands payant redevance aux chanoines.

Vers 1505, la duchesse Anne de Bretagne, aussi reine de France, effectue un pèlerinage sur le tombeau de saint Yves.

Entre 1589 et 1592, la ville de Tréguier est ravagée par les Ligueurs. Cette période de l'histoire de la Bretagne est synonyme de guerre de religion entre catholiques radicaux (soutenus par les Espagnols) et protestants (soutenus par le roi de France et l'Angleterre). Les catholiques faisaient partie de la Ligue ou Sainte Union et étaient dirigés par Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, les protestants et royalistes par le roi Henri IV. Tréguier se rangea du côté des royalistes ainsi que la ville de Lannion. La fin de cette guerre en 1598 aboutit à la reddition de Mercœur et par la proclamation du fameux édit de Nantes. Entre 1604 et 1616, Adrien d'Amboise est évêque de Tréguier.

Une cité religieuse[modifier | modifier le code]

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Landreger était divisée en deux paroisses, celle de Saint-Sébastien de la Rive ("parochia Sancti-Sebastiani aliter de Ripa") à l'est de la cathédrale et celle de Saint-Vincent de L'Hôpital à l'ouest de la cathédrale. La partie rurale, au sud, constituait le fief de l'évêque de Tréguier et forma par la suite la paroisse du Minihy-Tréguier[13].

Les plans de Tréguier à l'époque montrent l'importance des constructions religieuses dans la ville entre le XVe et le XVIIIe siècles, avec de nombreux lieux de culte souvent aujourd'hui disparus (chapelle Saint-Ruellin, chapelle Saint-Fiacre, chapelle Saint-Michel, couvent Saint-François) ou existant encore comme l'Hôtel-Dieu fondé en 1654, tenu par les "Religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus" qui suivaient la règle de saint Augustin (Augustines)[15] qui soignent les malades et recueillent les enfants abandonnés, auxquels s'ajoutent au XVIIe siècle un séminaire fondé en 1646 par l'évêque Balthasar Grangier de Liverdis et tenu par les lazaristes auquel s'ajoute un collège enseignant de la sixième à la classe de philosophie et destiné à la formation des futurs séminaristes, en 1625 le couvent des Ursulines, en 1667 le couvent des Sœurs de la Croix, en 1782 celui des Paulines) en plus de la cathédrale, du cloître, du palais épiscopal, des demeures des chanoines du chapitre de la cathédrale, les hôtels de la psalette (école de psaumes, chants religieux), de la chantrerie (chorale), etc.[7]. Il existait aussi au XVIIIe siècle un "hôpital général" tenu par les Paulines qui faisait en fait fonction d'hospice pour enfants et vieillards. "Les garçons hospitalisés font de la toile, les filles filent le lin et l'étoupe" écrit René Durand[16].

Sur le plan économique et commercial, la ville s'est peu développée, comme étouffée par l'existence d'un clergé dont la présence est partout sensible, ce qui a amené Renan, en son temps, à parler de Tréguier comme d'un « vaste monastère ».

Les fêtes (Pardon) de saint Yves à la fin du XIXe siècle

Les Pardons de saint Yves étaient un moment très important dans la vie de la ville: "Ce jour-là, les hôtels regorgeaient de clients, et aussi les maisons particulières louaient aux voyageurs venus de toutes les diligences des environs. Les prêtres, arrivant en foule de tous les pays d'alentour, emplissent le séminaire qui déborde jusqu'en l'église où plus d'un bon abbé passe la nuit dans les stalles du chœur" écrit Constant de Tours en 1892. Il poursuit: "Dès le matin du grand jour, l'animation est extraordinaire : guirlandes de verdure, fleurs, décorations aux couleurs jaunes et noires(...), arcs de triomphe (...). Des mendiants invraisemblables, un peuple de bohémiens en guenilles, grouille le long des chemins semés de fleurs : lépreux, nains, estropiés, amputés qui n'ont même plus une main à tendre et à qui l'on jette l'aumône dans une sébille posée à terre devant eux[17]".

Cette impression est partagée par d'autres, par exemple Michel Salomon à la fin du XIXe siècle : "Bientôt je m'engageai dans une de ces longues rues bordées de couvents qui font la grave physionomie de Tréguier. Et bientôt après un détour, au fond d'une place plantée d'arbres, je vis se profiler sous un ciel pâle la silhouette de la cathédrale.(...) Elle domine, elle écrase tout, altière au milieu de cette ville épiscopale dont elle fut la vie[18]".

À la fin du XIXe siècle également, André Petitcolin écrit à propos de Tréguier : " L'ancienne cité épiscopale a l'austérité monacale (...). Elle est ville par ses demeures armoriées, ses tours carrées (...) ; elle est village par ses granges, ses pigeonniers, ses cours de fermes[19].

Ernest Renan a décrit ainsi Tréguier : « Une ville tout ecclésiastique, étrangère au commerce et à l’industrie, un vaste monastère ou nul bruit du dehors ne pénétrait, où l’on appelait vanité ce que les autres hommes poursuivent, et où ce que les laïques appellent chimère passait pour la seule réalité. »

Révolution[modifier | modifier le code]

En 1789, Tréguier est en majorité favorable aux idées nouvelles. L'évêque de Tréguier Augustin-René-Louis Le Mintier va déclencher par son hostilité aux idées nouvelles une suite d'événements dramatiques pour la ville. Ayant fui en Angleterre, c'est une de ses fidèles, la femme de son valet Taupin, qui fut victime de la Terreur et fut guillotinée Place du Martray pour avoir abrité des prêtres réfractaires. Au cours de l'hiver 1794, le bataillon des volontaires d'Étampes mit à sac tous les monuments religieux de la ville : ainsi disparurent presque tout le mobilier, la statuaire, l'orfèvrerie, les vitraux…

La cathédrale servit d'écurie et fut tellement saccagée qu'elle ne put servir au culte imposé de l'Être suprême (reconnaissance d'un être suprême et de l'immortalité). Ce culte s'opposait au culte de la Raison instauré par Chaumette en 1793.

Tréguier est ruinée par la perte de son statut : elle n'est plus le siège d'un évêché depuis la Révolution. Avant la Révolution, elle était plus peuplée que Saint-Brieuc, de nos jours elle est douze fois moins peuplée.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La Restauration redonne à Tréguier une certaine importance religieuse : si la ville n'est plus siège d'évêché, un nouveau séminaire s'y ouvre après la tourmente révolutionnaire dès 1816, installé dans un premier temps dans l'Auberge du Lion d'Or, puis dans l'ancien collège, avant de réintégrer les locaux de l'ancien séminaire lazariste ; c'est là que le jeune Ernest Renan fit ses études secondaires entre 1832 et 1838. Une nouvelle chapelle y est inaugurée en 1897. Ce collège où étudia Renan fut détruit en 1911 et se trouvait à l'emplacement de l'actuelle Place de République.

Le XIXe siècle est la période où Tréguier reprend un mouvement de prospérité grâce aux cultures de légumes primeurs et à son activité portuaire, mais la pauvreté reste grande si l'on en croit ce témoignage daté de 1885 environ : "Tréguier est tout en bois et mal bâti. Ses rues sont raides, son pavé fatigant. Sa cathédrale est d'un gothique grossier, et par dessus cela aussi sale que peut l'être une église bretonne[20]".

Des descriptions plus flatteuses existent aussi : Anatole Le Braz, qui arrive par la Rivière de Tréguier, a écrit: "Tréguier surgit, lumineuse, poussée d'un seul jet, ainsi qu'une ville de rêve, avec les teintes pourprées de ses vieux toits, son peuple de clochetons et la flèche de sa cathédrale, toute rose (...). Tréguier m'apparût ce jour-là comme une cité merveilleuse au milieu d'un paysage enchanté[21].

La situation en presqu'île de confluence de la ville était depuis toujours une gêne pour les communications terrestres vers les rives opposées du Guindy et du Jaudy: aucun pont n'existait et seuls des bacs permettaient de rejoindre Trédarzec. En 1834, la construction de la "passerelle Saint-François" permet aux piétons et aux chevaux de franchir le Guindy, donc d'accéder plus aisément à Plouguiel et en 1835 la construction du premier pont suspendu en Bretagne, le "pont Canada", à péage, dénommé ainsi car construit à l'emplacement de l'un des deux bacs qui partait d'un lieu-dit ainsi appelé, permet de franchir le Jaudy[22]. En 1832, M. Ozou, négociant à Tréguier propose ce projet. En 1833, débute la construction du pont, celle-ci se terminera en avril 1834. Le 25 mai 1834 le pont Canada est ouvert à la circulation. La construction de ce pont suscita une vive opposition des habitants de La Roche-Derrien car il empêchait désormais la remontée des bateaux jusqu'à cette localité, c'est pourquoi il fut détruit en 1886, remplacé temporairement par un bac, puis par un pont métallique n'entravant pas la navigation car il disposait d'une travée mobile, lui-même remplacé[23] après la Seconde Guerre mondiale, en 1954[24]. En 1921, s'y est ajouté le pont du chemin de fer.

Les deux ponts noirs dans les années 1900 :
- Le pont routier de 1893 à droite
-Le pont ferroviaire à gauche, avec un train des Chemins de Fer des Côtes-du-Nord traversant la route

Le Guindy fut lui franchi par un ensemble de deux ponts : les Ponts Noirs, le premier, supportant une route, a été mis en service en 1893, et le second a été construit pour une des lignes des Chemins de Fer des Côtes-du-Nord par Louis Auguste Harel de La Noë.

Le premier de ces ouvrages a été détruit en 1972, et le second en 1952.

Le XIXe siècle voit la naissance d'un célèbre et controversé écrivain, Ernest Renan. Celui-ci mourut en 1892 à Paris. Un musée lui est dédié dans la maison qui le vit naître en 1823.

Article détaillé : Ernest Renan.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les querelles entre "laïcs" et "catholiques" au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Si Théodore Botrel chante "Le clocher de Tréguier[25]" en 1900, les premières années du XXe siècle vont voir cléricaux et laïcs s'opposer vivement à Tréguier.

La loi sur les congrégations de 1901 a d'importantes conséquences à Tréguier, entraînant la fermeture des écoles congréganistes. Une École supérieure de filles est créée en 1905 et une de garçons en 1908, ancêtre de l'actuel lycée. La loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 provoque dans cette ville de violentes émeutes (querelle des inventaires) : l'inventaire des biens du Petit Séminaire est à cet effet conduit sous la direction du sous-préfet protégé par cinq brigades de gendarmerie et de quelques soldats et aura pour conséquence immédiate l'expulsion des enseignants qui trouveront refuge au collège Saint Joseph de Lannion.

En 1903, une violente controverse à propos de l'érection de la statue d'Ernest Renan dans la ville de saint Yves éclate à Tréguier[26]. Le projet émane d'un groupe républicain "Les Bretons de Paris" et ne convainc pas immédiatement la municipalité car de son vivant Ernest Renan était fort mal vu par une bonne partie de la population de la ville, mais la décision est finalement prise par le Conseil municipal le 30 août 1902, rencontrant aussitôt la vive opposition des milieux conservateurs et de Mgr Fallières, évêque de Saint-Brieuc. De proche en proche les surenchères verbales, l’obscurantisme et l’intransigeance des parties en présence vont transformer le projet d’éloge littéraire en une ardente offensive républicaine destinée à réduire l’influence cléricale. La statue entérine en effet un authentique hommage à la Libre Pensée, au philosophe de la Raison et de la Science, à l'auteur de "La Vie de Jésus", honni par l’Église. Le 13 septembre 1903, le Président du conseil Émile Combes vient en personne inaugurer la statue[27] et prononce un discours[28].

Les catholiques de Bretagne protestent ("Cœur de Jésus, sauvez la France, et délivrez-nous de M. Renan" récitait-on du vivant de Renan[29]) lancèrent une souscription nationale qui permit la réalisation par les Ateliers Yves Hernot de Lannion du " Calvaire de protestation " , dit aussi " Calvaire de réparation ", sur les quais de Tréguier.Il fut inauguré en la solennité du Pardon de Saint Yves le 19 mai 1904 par l'archevêque de Rennes, le cardinal Labouré. On peut lire sur le socle, en breton et latin, en réponse à Renan, la parole du centurion romain au pied de la croix, rapportée par les Évangiles : " Cet homme était vraiment le Fils de Dieu." Ce calvaire symbolise l'église ultramontaine triomphante du XIXe siècle confrontée aux Radicaux de la IIIème République[30].

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Les deux guerres mondiales[modifier | modifier le code]

Un centre d'aviation de l'US Navy, destiné à combattre les sous-marins allemands[31], s'est installé à Tréguier (en fait à Plouguiel en 1917-1918[32]), mais pendant quelques mois seulement.

En août 1944, les combats pour la libération de Tréguier ont été longs et violents :

  • le 4 août, la quinzaine de gardes maritimes allemands, font sauter deux grues sur le port et incendient des bateaux de pêche avant de se replier sur Pontrieux sous la pression de la résistance locale : les trécorrois en liesse se croient libérés... mais, dès le lendemain, 200 Allemands reviennent en force car ils n'ont pas pu s'échapper du Trégor pour fuir les troupes alliées.
  • Le 6 août, quatre avions américains bombardent Tréguier, visant le Gollot où les Allemands sont cantonnés, faisant 5 morts parmi la population civile et des dégâts matériels importants en ville. La voie de chemin de fer aux environs de la gare est touchée.
    Des résistants du maquis de Plouisy occupent ce jour-là brièvement la ville, libérant une vingtaine de Russes qui étaient prisonniers des Allemands au château de Bilo[33].
  • Le 12 août, les FFI du maquis de Bégard et les résistants trécorrois obtiennent la reddition des Allemands. Tréguier est libéré pour la deuxième fois pendant quelques heures. Mais le même jour, soixante nouveaux soldats allemands réoccupent la ville et ce n'est que le 14 août que l'arrivée de troupes américaines ajoutée aux attaques des résistants permet la libération définitive de la ville après un ultime bombardement qui détruira une partie de la gare, 2 locomotives, 2 automotrices et 6 wagons. Les Américains font sauter le "pont Canada" (qui ne fut reconstruit qu'en 1954) car 300 soldats allemands occupent toujours l'autre rive du Jaudy. Les combats du 15 août pour anéantir la présence allemande dans les parages de Tréguier provoquent ce jour-là l'explosion du pont du chemin de fer[34].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armoiries de Tréguier

Les armoiries de Tréguier se blasonnent ainsi :
« D'azur au vaisseau équipé et habillé d'argent, surmonté à dextre d'un écusson du champ chargé de trois fleurs de lys d'or et à senestre d'un écusson d'hermine plain »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983 1989 Roger Le Gulluche PS Directeur d'école retraité
1989 1995 Claude Nicol (sans étiquette) Assureur
1995 mars 2001 Bernard Cohan PS  
mars 2001 2008 Patrick Toularastel UMP  
mars 2008 avril 2014 Michel Sohier PS Retraité
avril 2014   Guirec Arhant Centriste Instituteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 630 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 064 2 604 2 795 3 080 3 178 3 079 3 382 3 798 3 008
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 472 3 598 3 643 3 815 3 611 3 125 3 193 2 763 3 051
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 297 3 028 2 973 3 040 3 019 3 013 3 090 2 992 3 432
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
2 885 3 059 3 257 3 130 2 799 2 679 2 676 2 659 2 630
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[35] puis Insee à partir de 2004[36].)
Histogramme de l'évolution démographique


Commentaire : Tréguier en 2007 a 396 habitants de moins qu'en 1793 ! Rares sont les villes françaises ayant connu un tel déclin démographique. C'est en 1872 que le maximum de population est atteint : 3 815 habitants, soit une augmentation de 751 habitants en trois-quart de siècle, mais le déclin est ensuite brutal, surtout entre 1876 et 1881 : perte de 486 habitants en 5 ans, dont la cause reste à trouver. De 1881 à 1982, la stagnation est remarquable : à un siècle d'intervalle, la population est quasi-identique (alors que la quasi-totalité des villes françaises croissent spectaculairement à cette époque) par delà quelques fluctuations intermédiaires en dents de scie. Depuis 1982, le déclin a repris, Tréguier ayant encore perdu 451 habitants en 17 ans entre 1982 et 1999, même si le résultat du recensement de 2007 montre une quasi stabilisation de la population.

En 2007, Tréguier avait 466 jeunes de moins de 20 ans (17,4 % de la population totale) et 1081 personnes de 65 ans et plus (40,5 % de la population totale),, donc une structure par âges très vieillie qui explique l'énorme déficit naturel avec un taux de natalité de 6,9 pour mille et un taux de mortalité de 38,0 pour mille en 2007[37]. En 2008, Tréguier a comptabilisé 21 naissances et 106 décès. Bref Tréguier est le type même de localité en très grave crise démographique. Le centre hospitalier de Tréguier "constitue un pôle de santé et d'hébergement, spécialisé dans le traitement et le soin des pathologies du grand âge et de la dépendance[38]", ... ce n'est pas surprenant!

Cette crise démographique est due à des causes multiples : les Côtes-d'Armor sont le département le moins dynamique des départements bretons, Tréguier est excentré par rapport aux axes de circulation moderne et son port inadapté aux trafics actuels, la petitesse du territoire communal oblige les jeunes couples, dans le cadre de la périurbanisation à se loger dans les communes avoisinantes (la commune du Minihy-Tréguier a par exemple gagné 375 habitants entre 1968 et 2007) et les activités économiques à s'y développer : aucun des cinq "parcs d'activités[39]" de la Communauté de communes des trois rivières n'est implanté sur le territoire de Tréguier faute de place. Tréguier est bien une "ville-musée".

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Landreger.

À la rentrée 2013, 31 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue catholique (soit 8,5% des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [40].

Économie et transports[modifier | modifier le code]

  • Tréguier fut un temps desservi par le rail entre 1905 et 1948 par les Chemins de fer des Côtes-du-Nord. Tréguier était le point de jonction de deux lignes de chemins de fer départementaux, celle de Lannion à Tréguier par Petit Camp, et celle de Plouëc (voie étroite) elle-même reliée à Guingamp (voie normale, d'où un problème du transbordement des marchandises). Dans les années 1920, une voie ferrée dite "d'intérêt local" fut mise en place de Tréguier à Plouha. Désormais, les gares les plus proches sont celles de Paimpol, Lannion, Guingamp et Saint-Brieuc.
  • Tréguier n'est pas desservi par une voie expresse. La D 786, ancienne route nationale devenue départementale, la relie à Saint-Brieuc (direction vers ou depuis Rennes et Paris) et à Lannion où se trouve l'aéroport le plus proche.
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Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le centre-ville de Tréguier, la "vieille ville[41]" un tiers du territoire communal, est un secteur sauvegardé, ce qui est contesté par ceux qui refusent que la cité devienne une "ville-musée" mais approuvé par d'autres[42].

Vue panoramique de la place Martray, le 16 août 2007
Vue depuis le portail de la cathédrale. À droite, on aperçoit la statue d'Ernest Renan réalisée par Jean Boucher

Bâtiments et lieux publics remarquables[modifier | modifier le code]

Maisons classées ou inscrites au titre des Monuments historiques
  • Maison à l'angle de la place du Général de Gaulle (no 7) et de la rue Ernest Renan, classée en 1948[43].
  • Rue de la Chalotais :
  • Rue Colvestre :
    • no 11, inscrite en 1926[46] ;
    • no 12, inscrite en 1964[47] ;
    • no 14, inscrite en 1964[48] ;
    • no 20, inscrite en 1964[49] ;
    • no 22, inscrite en 1926[50].
  • Place Notre-Dame-de-Coatcolvezou :
    • no 10, inscrite en 1964[51] ;
    • no 12, inscrite en 1964[52] ;
    • N° 18, inscrite en 1964[53].
  • Rue Ernest Renan :
    • no 22, inscrit en 1964[54] ;
    • no 31, inscrit en 1946[55] ;
    • no 56, inscrit en 1964[56] ;
    • no 59, inscrit en 1964[57] ;
    • no 63, inscrit partiellement en 1996[58] ;
    • no 65, inscrit en 1964[59].
Monuments civils
  • Hôtel de la Tour, incluant la porte de l’ancien évêché, classée en 1924. Le reste du bâtiment est inscrit en 1973[60] ;
  • Bureau de poste de la rue saint-André, inscrit partiellement en 1995[61] ;
  • Le manoir de Kernabat, dont le portail est inscrit en 1931[62] ; c'est un manoir à cour close avec entrée par une voie charretière.
  • L'hôtel de ville, ancien évêché, classé en 1954/1956 pour ses façades et toitures, et inscrit pour la salle des délibérations en 1925[63]
  • L'aqueduc sur le Guindy, inscrit en 1931[64].
  • Le Monument aux morts, surnommé «  La douleur  », œuvre du sculpteur Francis Renaud, illustre la douleur d'une bretonne en cape de deuil.
  • La « statue d'Ernest Renan  », par Jean Boucher, érigée en 1904 sur la place du Martray, suscita à l'époque de son érection maintes polémiques. On lit, gravé sur le socle: « Ernest Renan, né à Tréguier le 27 février 1823. On ne fait de grandes choses qu'avec la science et la vertu. La foi qu'on a eue ne doit jamais être une chaîne. L'homme fait la beauté de ce qu'il aime et la sainteté de ce qu'il croit. E. R.  »
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  • Maison natale d'Ernest Renan, classée en 1944[65], et devenue un musée consacré à sa vie et à son œuvre. Cette maison à colombages du XVIe siècle abrite des souvenirs d'Ernest Renan, manuscrits, portraits ; une salle présente un montage vidéo évoquant la vie de l'écrivain, les lieux qu'il fréquenta.
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Bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

La nef en granite est soutenue par des arcades gothiques. Sous le triforium court une frise sculptée en tuffeau. Les voûtes, éclairées par des fenêtres hautes, sont de style Tudor. Les vitraux du chœur, faits par le maître-verrier de Quintin Hubert de Sainte-Marie, illustrent des thèmes bibliques de l'Ancien Testament ou de l'Évangile. Une grande verrière dans le bras droit du transept illustre de nombreux saints bretons dont les sept saints fondateurs.
Près du porche sud, un groupe statuaire du XIIIe siècle se remarque : "Saint Yves entre le riche et le pauvre". La cathédrale contient aussi : des enfeus datant du XVe siècle de chevaliers en armure ; un reliquaire du chef de saint Yves dans une châsse en bronze doré datant du XIXe siècle ; un gisant de Jean V, duc de Bretagne, datant de 1945 : le tombeau de saint Yves, datant de 1890, de style néogothique : Saint Yves œuvre de Jean-Marie Valentin (1823 - 1896) mention honorable en 1888 ; 46 stalles Renaissance dans le chœur avec leurs miséricordes sculptées.
La cathédrale a été érigée en basilique mineure en 1947. Son pavillon a été restauré en 2003, à l'occasion des cérémonie commémoratives du 700e anniversaire de la mort de saint Yves. Il est exposé dans le chœur, de même que le tintinnnabulum, les deux insignes de toutes les basiliques.
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  • Le trésor de la cathédrale[67]. montre les beaux meubles (chapier et meuble Renaissance, calices, ciboires, chasubles, étoles, chapes)
  • Le cloître, adossé à l'évêché, est accessible à partir du transept de la cathédrale. Il forme un quadrilatère irrégulier et est constitué d'une quarantaine d'arcades de style gothique, en granite provenant de l'Île-Grande et de Pluzunet. Au milieu de la cour intérieure gazonnée se trouve un calvaire provenant du château de Keralio, en Plougrescant. Le déambulatoire présente de nombreux gisants du XVe au XVIIe siècles.

Cathédrale : les gisants du cloître

Le "calvaire de la Protestation" (1904)

Musées[modifier | modifier le code]

Tableaux représentant Tréguier et sa région[modifier | modifier le code]

Contes et légendes[modifier | modifier le code]

  • La chauve-souris et le cloître de la cathédrale de Tréguier :

« Au temps jadis, une souris vint à demander l'hospitalité à une hirondelle qui avait bâti son nid dans une vieille cheminée et couvait ses œufs ; celle-ci, que son mari avait abandonnée, y consentit, mais à la condition que, durant trois jours, la souris couverait à sa place. La souris accomplit sa tâche, puis elle partit. Voilà les petits éclos, mais ils étaient couverts de poils au lieu des plumes, et ils avaient une tête et un corps de souris, avec des oreilles et des ailes crochues comme le diable. L'hirondelle en mourut de chagrin ; après ses funérailles, la reine des hirondelles fit enfermer les orphelins dans le cloître de la cathédrale de Tréguier et leur défendit, sous peine de mort, de ne jamais sortir à la lumière du soleil. Voilà pourquoi on ne voit jamais de chauve-souris pendant le jour[71]. »

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cité dans le commentaire de vieilles cartes postales exposées dans le trésor de la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier
  2. http://www.port-treguier.com/
  3. Ministère de la Marine et des Colonies. Décret du 4 juillet 1853 portant règlement sur la police de la pêche maritime côtière dans l'arrondissement de Brest, précédé de documents concernant la pêche et la domanialité maritimes ; dispositions spéciales au quartier de Paimpol, pages 179-226, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5835859p.image.hl.r=Tr%C3%A9guier.f181.langFR
  4. Revue Maritime, tome 129, 1896, page 160, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34616k.image.hl.r=Tr%C3%A9guier.f159.langFR
  5. Revue maritime, Paris, tome 166, 1905-1907, Note de l'administrateur de l'inscription maritime à Tréguier, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34653s.image.r=Tr%C3%A9guier.f128.pagination.langFR
  6. Charles Fuster, Bretagne, heures vécues, éditions Fischbacher, Paris, 1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102819z.image.hl.r=Tr%C3%A9guier.f31.langFR
  7. a, b et c http://www.ville-treguier.fr/patrimoine-treguier/
  8. Benjamin Jollivet, "Monographies des villes et villages de France. Côtes-du-Nord. Arrondissements de Lannion et Loudéac", Volume IV, 1859, Réédition Res Universis, 1990
  9. Adolphe Guillou, "Essai historique sur Tréguier, par un Trécorrois", imprimerie Francisque Guyon, Saint-Brieuc, 1913, réédition Laffitte Reprints, Marseille, 1979
  10. Acte en faveur de l'abbaye du Mont-Saint-Michel
  11. http://marikavel.com/bretagne/treguier/accueil.htm
  12. Éditions FLOHIC : Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. 1998
  13. a et b http://www.infobretagne.com/treguier.htm
  14. Benjamin Jollivet,"Monographies des villes et villages de France. Côtes-du-Nord. Arrondissements de Lannion et Loudéac", Volume IV, 1859, Réédition Res Universis, 1990
  15. René Durand, "L'hôtel-Dieu de Tréguier à la veille de la Révolution", Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Bulletins et mémoires, tome LI, 1913, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5802842n.r=Tr%C3%A9guier.langFR
  16. René Durand, "L'hôpital général de Tréguier", Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Bulletins et mémoires, tome LIV, 1922, pages 95 à 97
  17. Constant de Tours (Chmielenski), "Vingt jours en Bretagne : de Saint-Malo à Brest...", Librairies-Imprimeries réunies, Paris, 1892, pages 71 et 72, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1027879.image.f75.tableDesMatieres
  18. Michel Salomon, Études et portraits littéraires, Pèlerinage à Tréguier, Éditions Plon, 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&q=Tr%C3%A9guier&lang=FR&n=15&p=2&pageNumber=147
  19. André Petitcolin, "Bretagne (France), descriptions et voyages, monographie, 1898, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k352292.image.f280.tableDesMatieres
  20. Julien Trévédy, "Voyages dans le département actuel des Côtes-du-Nord (1875-1885), R. Prudhomme, Saint-Brieuc, 1890, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1020183.image.hl.r=Tr%C3%A9guier.f30.langFR
  21. Anatole Le Braz, "Au pays des pardons", 1894, H. Caillière éditeur, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102818k.r=Tr%C3%A9guier.f34.langFR.hl
  22. http://histoire.bretagne.free.fr/textcan.htm
  23. P.Dantu, E. Galard, G. Lacombe, "La reconstruction du pont Canada à Tréguier, revue Travaux, no 245, mars 1955, page 299
  24. http://histoire.bretagne.free.fr/treg1.htm
  25. Théodore Botrel, "Contes du lit-clos, récits et légendes bretonnes en vers, éditions Georges Ondet, Paris, 1900, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5860141v.r=Tr%C3%A9guier.langFR
  26. Journal Ouest-Éclair no 1480 du 8-09-1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k640089b.r=Quilbignon.langFR
  27. http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/hist_geo/ResPeda/laicite/DD/D10.htm
  28. Emile Combes, "Campagne laïque (1902-1903), Simonis Empis éditeur, Paris, 1904, pages 348 et suivantes, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5801940v.image.hl.r=Tr%C3%A9guier.f1.langFR
  29. Constant de Tours (Chmielenski), "20 jours en Bretagne, Librairies-Imprimeires réunies, Paris, 1892, page 71, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1027879.image.f74.tableDesMatieres
  30. http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/hist_geo/histarts/calvaire_texte.htm
  31. http://www.bretagne-aviation.fr/Steles/page_cam_penze.htm
  32. http://www.sahpl.asso.fr/site_sahpl/Leroy_Thierry_Lutte_contre_les_sous_marins_allemands_1917_1918.htm
  33. http://francoissouquet.pagesperso-orange.fr/Plouisy%201.html
  34. http://jeanmichelhuon.canalblog.com/archives/2010/08/14/5925913.html
  35. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  36. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  37. http://www.recensement.insee.fr/chiffresCles.action?zoneSearchField=&codeZone=22362-COM&idTheme=3&rechercher=Rechercher
  38. http://www.ch-treguier.fr/spip.php?page=accueil
  39. http://www.cc3r.com/economie/economie.php
  40. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  41. http://docarmor.free.fr/valarmor/valouest/treguie2.htm
  42. Reportage vidéo "Tréguier secteur sauvegardé", consultable http://www.ina.fr/notice/voirTouteVideoSimilaire/idNotice/CAB97141883
  43. « Notice no PA00089715 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  44. « Notice no PA00089709 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  45. « Notice no PA00089710 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  46. « Notice no PA00089708 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  47. « Notice no PA00089712 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  48. « Notice no PA00089713 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  49. « Notice no PA00089714 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  50. « Notice no PA00089707 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  51. « Notice no PA00089716 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  52. « Notice no PA00089717 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  53. « Notice no PA00089718 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  54. « Notice no PA00089719 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  55. « Notice no PA00089720 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  56. « Notice no PA00089721 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  57. « Notice no PA00089722 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  58. « Notice no PA22000007 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  59. « Notice no PA00089723 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  60. « Notice no PA00089705 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  61. « Notice no PA00135259 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  62. « Notice no PA00089704 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  63. « Notice no PA00089703 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  64. « Notice no PA00089700 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  65. « Notice no PA00089706 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  66. « Notice no PA00089701 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  67. http://cpsainttugdual.catholique.fr/Visitez-le-tresor-de-la-cathedrale
  68. « Notice no PA00089711 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  69. « Notice no PA00089777 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  70. « Notice no PA00089702 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  71. Légende recueillie par G. Le Calvez, instituteur à Caulnes à la fin du XIXe siècle, citée par Le Télégramme n° 20288, 22 septembre 2010.
  72. Anatole Le Braz, Au pays des pardons, H. Caillière, Rennes, 1894, consultable sur Gallica.
  73. Voir Dominique Taillandier, Manoir de La Carrée, 2011, (ISBN 978-2-7466-3631-6), extraits consultables.
  74. Avis de décès sur le site de Ouest France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Corlouër, Tréguier autrefois... Landreger gwechall gozh... Treguier in the past..., essai historique 2009, Éditions le Cormoran - Français - Breton - Anglais)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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