Rosière

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Louis XVIII couronne la rosière de Mittau, tableau de Jean-Charles Tardieu[1].
Grande célébration du mariage des seize rosières, filles de décorés de juillet (1831-1832)
Les rosières de Paris, élues en 1891[2].
« Mariage de la rosière » à La Mothe-Saint-Héray vers 1910.

Une rosière est une jeune fille qu'on récompense pour sa réputation vertueuse.

Mariage de sept rosières à Saint-Denis en 1931.

Instituée, selon la légende, par saint Médard à la fin du Ve siècle, la fête de la Rosière est née à Salency (Oise).

Elle consiste, à l'origine, en la remise d'une couronne de roses (d'où le nom) à la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie ont marqué le village.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première rosière de l’Histoire aurait été la propre sœur de saint Médard, sainte Médrine. La tradition s’est ensuite perpétuée tous les 8 juin (ou autour de la Pentecôte[3]).

En 1769, Charles-Simon Favart fait représenter à Fontainebleau puis à la Comédie-Italienne La Rosière de Salency, opéra-comique suivi d’un ballet, dont la musique est due à Blaise, Philidor, Monsigny et Duni. Le thème sera repris en 1774 par André Grétry, sur un livret remanié par Masson de Pezay.

En 1779, le parlement de Metz autorise une fête de la Rosière à Réchicourt-le-Château à l’initiative du curé Joseph-Benoît Marquis.

En 1799, le comte de Provence en exil à Mittau couronne une rosière. Cet événement est immortalisé par un tableau de Jean-Charles Tardieu[1].

Au XIXe siècle, pour fêter son accession au trône puis la victoire d’Austerlitz, Napoléon décrète que des jeunes filles pauvres et vertueuses seront dotées par l’État et mariées. En 1810, pour fêter ses noces avec Marie-Louise d'Autriche, l'empereur ordonne que, dans tout le pays, six mille militaires soient mariés avec ces jeunes filles de bonne moralité[4].

Dans la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe, la commune de Carhaix (Finistère) élit chaque année sa rosière.

En 1887, Guy de Maupassant écrit Le Rosier de Madame Husson, nouvelle dans laquelle « rosier » s'entend comme l'équivalent masculin de « rosière ».

En 1891, quatre rosières sont élues à Paris[2].

Le 1er mars 1894, les étudiants parisiens font défiler à la Mi-Carême un « rosier » : la « rosière du XXIe arrondissement », un très grand jeune homme vêtu en mariée et flanqué d'un minuscule et caricaturale maire marieur[5].

La fête de la rosière de Nanterre était jadis célèbre en France. On peut voir sur Internet un documentaire consacré à son édition 1920[6].

Les rosières aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui encore, des rosiers et rosières sont élus chaque année dans un certain nombre de villes et villages de France. C'est l'occasion de faire une grande fête. L'institution a évolué. Ainsi, par exemple, la rosière de Saint-Sauves d'Auvergne élue en 2013, Laura Virassamy, a été choisi pour son implication dans la vie associative du village, sa participation à l'équipe de football et au comité des jeunes. Jadis, la rosière de ce village devait obligatoirement être vierge. Depuis bien longtemps ce n'est plus un critère de sélection[7].

Liste non exhaustive de communes françaises élisant de nos jours des rosières :

  • À La Brède existe depuis 1823 une Fête de la Rosière instituée par un legs de François de Paule Latapie, Secrétaire de Montesquieu[10].
  • À Saint-Sauves d'Auvergne est élue une rosière depuis 1913. La centième a été fêtée en août 2013. Dans ce village de 1150 habitants, 2000 personnes sont venues assister à son triomphe. À l'origine de cette rosière est un legs de 17 000 francs fait par un agriculteur de la commune[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le comte de Provence futur roi de France vivait en 1799 en exil à Mittau. Ce tableau, figurant au salon de 1817, le présente en tant que « Louis XVIII ». Il se trouve à présent au musée national du château de Versailles.
  2. a et b Supplément littéraire illustré du Petit Parisien, 12 avril 1891, page 8. Article d'accompagnement, page 6, 4e colonne. Voir cet article reproduit sur la base Commons.
  3. Léo Moulin, La Vie quotidienne des religieux au Moyen Âge, 1981.
  4. Cédric Istasse Les « mariages de la Rosière » dans le département de Sambre-et-Meuse Indices sur la réinsertion sociale des anciens soldats de Napoléon Ier, Napoleonica. La Revue 2009/1 (N° 4).
  5. L'Intransigeant, 2 mars 1894, p. 3, 1re colonne. Voir l'article de L'Intransigeant reproduit en entier sur la base Commons.
  6. Documentaire filmé sur la fête de la rosière de Nanterre en 1920.
  7. a et b Saint-Sauves d'Auvergne fête sa centième rosière, sur le site Internet de France 3-Auvergne.
  8. La fête des Rosières, sur le site Internet de la mairie de Suresnes.
  9. Le Petit Journal, 21 juin 1864, page 1.
  10. Fête de la Rosière sur le site Internet de La Brède.
  11. Fêtes de la Rosière, Vinay fête sa 120ème Rosière ! Musique, défilés, feu d'artifice et bonne humeur seront au rendez-vous !, sur le site Internet du Comité départemental du tourisme de l'Isère.
  12. Fêtes de la Rosière 2013, sur le site Internet du Comité des quartiers de Montferrand.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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