Forêt de Paimpont

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Forêt de Paimpont
La forêt de Paimpont, entre le Val sans Retour et le miroir aux fées.
La forêt de Paimpont, entre le Val sans Retour et le miroir aux fées.
Localisation
Coordonnées 48° 01′ 08″ N 2° 10′ 26″ O / 48.018865, -2.174027 ()48° 01′ 08″ Nord 2° 10′ 26″ Ouest / 48.018865, -2.174027 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine, Morbihan, Côtes-d'Armor
Géographie
Superficie 9 000 ha
Altitudes mini. 71 m — maxi. 258 m
Compléments
Protection ZNIEFF, Réseau Natura 2000[2],[3]
Statut Forêt privée
Essences Chênes, Hêtre européen, Pin sylvestre et Pin maritime

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La forêt de Paimpont, parfois identifiée à la forêt de Brocéliande, est une forêt française située dans le département de l'Ille-et-Vilaine en Bretagne à environ 30 km au sud-ouest de Rennes. D'une surface de 9 000 hectares, elle fait partie d'un massif forestier plus large qui couvre les départements voisins du Morbihan (avec le camp de Coëtquidan) et des Côtes-d'Armor pour s'étendre sur une surface totale de 19 500 ha environ[4].

Présentation[modifier | modifier le code]

Paimpont est une petite ville d'environ 1 600 habitants bâtie au bord d'un vaste étang situé au centre de la forêt, domaine privilégié des légendes bretonnes et celtiques. Les 7 000 hectares de bois qui entourent Paimpont sont les restes d'une futaie plus dense et beaucoup plus étendue dans laquelle on a l'habitude de situer maints épisodes des romans de la Table Ronde et de la légende arthurienne. On l'appelait Brécilien au XVe siècle ; on la désigne en breton sous le nom de Brec'helean[réf. nécessaire].

C'est une forêt de feuillus, chênes et hêtres principalement, avec des peuplements de résineux soit en inclusion après des coupes à blanc soit sur la périphérie comme transition avec la lande, par exemple vers l'ouest dans le secteur de Tréhorenteuc et du Val sans Retour ravagé par plusieurs incendies en particulier en 1976, année de grande sécheresse et de Néant-sur-Yvel et son jardin aux moines. Elle occupe principalement le territoire de la commune de Paimpont, mais s'étend sur des communes limitrophes, principalement Guer et Beignon au sud, Saint-Péran au nord-est et Concoret au nord.

Géographie[modifier | modifier le code]

La relative altitude du massif forestier contribue à lui donner un climat proche du climat océanique des côtes du Finistère. Ce régime où dominent les vents d'ouest et de sud-ouest porteurs de nuages et de précipitations régulières favorisent la végétation, le surplus d'humidité alimentant les nombreux ruisseaux occupant les fonds de vallons, avant d'aboutir dans la rivière de l'Aff, puis de la Vilaine aux environs de Redon au sud du département.

Du point culminant à 258 m de la partie occidentale appelée haute forêt. L'altitude diminue régulièrement en offrant des points de vue vers le département du Morbihan, points de vue dont on retrouve les équivalents au nord sur la commune de Mauron, porte des Côtes-d'Armor. C'est la route des Forges à Concoret tout au nord passant par le bourg de Paimpont qui délimite la haute forêt et la basse forêt, d'étendues comparables.

C'est non loin de là que dominant l'étang du Chatenay a été construite en 1966 et 1967 la station biologique de Paimpont relevant de l'université de Rennes I. En bordure de la route conduisant de Paimpont à Campénéac, on remarque le restaurant panoramique. La forêt et ses milieux variés constituent un cadre propice à de nombreux stages auxquels participent les étudiants rennais en biologie ainsi que de nombreux étudiants et chercheurs étrangers, les bâtiments permettant d'accueillir environ soixante-dix personnes. Des chercheurs travaillent toute l'année sur des sujets généralement très éloignés du biotope local tels que le comportement des primates, représentés par des cercopithèques aux cris familiers pour le voisinage mais surprenant le promeneur peu habitué à cette faune exubérante. Les premiers chercheurs ont longuement étudié l'écologie des landes armoricaines, les sols et l'hydrologie.

Gestion[modifier | modifier le code]

La forêt appartient principalement à quelques propriétaires qui l'entretiennent et l'exploitent pour le bois et pour la chasse ; seule une petite partie au nord-est (10 %) est domaniale et gérée par l’Office national des forêts (ONF).

Cette situation empêche une libre circulation dans la forêt même aux abords du bourg et de son étang. Les propriétaires ont cependant signé une convention autorisant du 1er avril à la fin du mois de septembre la fréquentation de sentiers de randonnée empruntant certaines lignes ou sentiers de la forêt.

Au point de vue de la protection du massif forestier en particulier contre l'incendie, les interventions dans la forêt ont été réparties en fonction de la distance aux lieux en cause entre les centres de secours de Paimpont, de Plélan, de Campénéac et de Mauron[5]

À Vaubossard, la lande mésophile est l'objet d'une fauche manuelle traditionnelle[6].

Fin XIXe siècle, toutes les grumes exploitées dans la forêt arrivaient à la scierie de la Fenderie, vers le sud de la forêt, certains jours amenées par de nombreuses charrettes et des paysans que les travaux des champs n'occupaient pas. Ils croisaient ou rencontraient alors tous les clients notamment des communes au sud de Paimpont[Gernigon 1].

Règlementation[modifier | modifier le code]

Parmi les attributions des gardes-forestiers, figurent la surveillance des comportements répréhensibles au premier rang desquels figure la création de feux, mais aussi la circulation ou divagation de chiens, comme directement nuisibles au gibier. La cueillette des champignons sans être absolument interdite, ne peut guère être plus qu'un agrément supplémentaire de la promenade elle-même localement tolérée.

Par son importance avant la Révolution française, la forêt était le ressort d'une juridiction royale appelée maîtrise des eaux et forêts, les juridictions seigneuriales traditionnelles ne s'occupant pas de la gestion forestière. Le bois étant exploité le plus complètement possible pour l'alimentation des hauts fourneaux en charbon de bois au moins aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'affectation des arbres de premier choix à la marine a été un rôle marginal.

Extrait des archives du tribunal correctionnel de Montfort :

« Étant parti des forges de Paimpont lundi matin, il passa par l'atelier des charpentiers qui est éloigné des forges au milieu de la forêt, il y but avec Julien Auffray son cousin et chef d'attelier des charpentiers. » (« maître d'attelier des charpentiers et scillieurs de long des bois pour la marinne » ailleurs) »

— Interrogatoire Auffray, 1826

Histoire[modifier | modifier le code]

La forêt a été à plusieurs reprises exploitée les besoins de construction de la ville de Rennes, en particulier au XVe siècle. Ainsi, en 1419, quatre-vingt arbres vendus par les paroissiens de Plélan et de Coganne sont abattus en 187 journées de travail et acheminés à Rennes par vingt-deux charretiers[7].

La forêt est surexploitée pour les besoins des forges. Durant la période de la Révolution française, l'abolition des privilèges déclenche une reprise des défrichements de bois et forêts suite au partage des boisements communaux. Ainsi, en 1804 le préfet du département, Mr Borie écrivait « La forêt de Painpoint est la plus étendue (du département) (...) Les pillages des usagers l'ont laissée dans un état de dégradation qui ne suffit plus aux forges ; les acquéreurs se sont empressés de détruire beaucoup de futaies et d'avenues dépendant des anciennes propriétés des émigrés »[8] Il ajoute que « Les landes de ce département sont de vastes plaines incultes et sauvages, couvertes de bruyères... Elles furent jadis des forêts. On en enlève la terre végétale, et on laisse à nu le roc ou une couche de glaise compacte et inculte à laquelle le laps d'un siècle ne rendra pas la végétabilité (../..)Les chèvres menacent les taillis et les clôtures d'une entière destruction »[8].

1875-1938 : le Domaine de Paimpont[modifier | modifier le code]

En 1875, la forêt est achetée au Comte de Paris par un armateur et industriel nantais, Louis Levesque, « pour le repos et l'agrément » [Gernigon 2], celui-ci partageant son domicile entre Nantes et Paimpont selon les mois. Le nouveau propriétaire crée le Domaine de Paimpont et fait marquer en particulier la tenue (veste en velours de couleur verte) et les outils des gardes, mais également l'équipage de vénerie, puisque des chasses à courre au sanglier sont organisées avec la meute renommée du Comte de la Rochefoucault, et au chevreuil avec la meute du Comte de Pontavice. Entre les deux guerres mondiales, la forêt fait partie du terrain de chasse du Duc de Westminster, ainsi que plusieurs cartes postales en témoignent[9]. « JAMAIS JE N'OUBLIERAI PAIMPONT » est le devise du domaine gravée sur les boutons de l'équipage de vénerie autour d'une tête de chevreuil de profil[10].

Commence une longue période de rancœur de la part de la population de Paimpont dont les droits ancestraux dans la forêt sont à nouveau contestés en raison d'abus. Après plusieurs années de procédure, la municipalité perd le procès engagé contre le propriétaire, solidement appuyé sur de bons avocats, et un nouveau règlement entre en vigueur[Gernigon 3], par exemple, la coupe de litière (fougères, bruyères, ajoncs, genêts) reste possible, mais avec l'accord et la surveillance d'un garde.

Les maisons de garde de la Croix-Jallu et de Roche-Plate sont édifiées, s'ajoutant aux neuf existantes : La Fenderie ; les Forges ; Haute-Forêt ; Métairie-Neuve ; Hergant ; la Gelée ; le Pas-du-Houx ; le Buisson ; Bon-avis. Dans la plupart des maisons logeaient deux gardes et leurs familles. Les gardes ordinaires étaient encadrés par cinq brigadiers, l'ensemble dirigé par le Garde général (maison près de l'ancienne chapelle des Forges)[Gernigon 4]. À la fin de la période, les postes de brigadier furent supprimés, et un seul garde fut affecté à chaque poste de garde ; de même, leur cheptel ne fut plus limité à cinq vaches. Chaque mois, une réunion des gardes aux Forges servait à faire le bilan des procès-verbaux rédigés dans les coupes à leur surveillance[Gernigon 5].

Sous l'impulsion d'un fils du propriétaire, Donatien, des lignes sont ouvertes dans la forêt, des fossés sont creusés, et les principaux carrefours sont dotés de panneaux indiquant les directions - Les Forges, Le Gué, etc -. Voisine du moulin, une scierie est installée à la Fenderie, où comme son nom l'indique s'était développée une activité de découpe de tôle avant la création du Domaine[Gernigon 6]. Mal récompensé de sa passion pour la forêt, y compris son attention aux habitants, c'est à ses deux frères que revient le domaine au décès du père dans les années 1880 : Basse-Forêt à Louis, Haute-Forêt à Donatien (1842-1908)[11], qui assurera la gestion de l'ensemble pendant plus d'un quart de siècle [Gernigon 7].

La famille réside encore au Chalet des Forges (non loin de la chapelle), avant que le Pavillon soit édifié pour Donatien, dominant l'étang des Forges depuis le haut d'une vaste prairie ouverte dans la forêt, non loin de la scierie Gernigon et l'étang de la Fenderie. Parmi l'important personnel nécessaire à un train de vie assurément bourgeois, prenait rang un porteur d'eau, acheminant deux fois par jour de l'eau dans des jattes en grès depuis la fontaine du Fresne (dans le sous-bois en arrière de l'usine des Forges)[Gernigon 8].

Pendant la Première Guerre mondiale, la forêt, privée de l'essentiel de ses gardes, est affectée par d'importants incendies d'origines inconnues[Gernigon 9]. Ceci aurait incité les propriétaires à vendre 3500 hectares de forêt, à des acquéreurs peu compétents, pour aboutir à une société dite Société forestière de Bretagne qui fournira du bois de mine pour les mines du nord de la France détruites pendant la guerre[Gernigon 10].

À la mort de Donatien Levesque, la direction du domaine est assurée pendant plus de vingt ans par son neveu par alliance, Adolphe Jollan de Clerville (1852-1931), maire de Saint-Père-en-Retz, président du conseil général de la Loire-Atlantique[Gernigon 11].

L'extraction du minerai de fer 

Le minerai de fer utilisé aux Forges provenait de la Gelée, site à proximité du bourg de Paimpont. Les ouvriers venaient de villages éloignés « certains faisant plus de quinze kilomètres tous les jours » notamment du sud de la commune avec les villages voisins des Forges mais en Plélan-le-Grand, la Bourgoulière, et la Vieille-Ville, ou encore du Thélin aussi en Plélan, et aussi de villages de Beignon dans le Morbihan. Une fois leur « chiffre » individuel de wagonnets plein de minerai effectué, ils rentraient sans échanger beaucoup de paroles au long du chemin, tout le bas de leurs pantalons « complètement tapissés de terre argileuse jaune » [Gernigon 12].

Le directeur, ingénieur des Mines, habitait le bourg, comme tout l'encadrement « Plusieurs étaient Italiens, d'autres du Nord de la France » raconte Armand Gernigon[12],[Gernigon 13].

Une autre minière à ciel ouvert, celle de l'Étang bleu, fut exploitée pour alimenter les usines du nord de la France. Sur une hauteur d'une quarantaine de mètres, des ouvriers détachaient à la pioche des blocs que d'autres chargeaient dans des wagonnets poussés sur leur rail au bas d'une des rampes où un système de treuil électrique (alimentée par une génératrice couplée à une machine à vapeur) prenait le relai pour les amener au niveau du sol. Là, le minerai était introduit dans des laveurs où de l'eau sous pression le débarrassait de sa terre [Gernigon 14]. Une voie ferrée traversant la forêt vers le nord permettait le transport du minerai jusqu'à la gare de Mauron.

Dans un premier temps, l'eau boueuse fut déversée dans le proche étang de Paimpont par une canalisation, mais après quelques années, le mécontentement des riverains de l'Aff dans le Morbihan de voir l'eau devenue totalement impropre à leurs divers usages, contraignit après de nombreuses procédures, la direction à abandonner ce procédé. L'eau de l'Aff resta teintée de jaune plus de dix ans [Gernigon 15].

L'épuisement du gisement ferrugineux, associé aux difficultés de l'eau de lavage, aboutit à la décision de la société Monin-Pralon d'arrêter l'exploitation de la mine [Gernigon 16]. Les conséquences de cette décision sur le plan des emplois et de la prospérité s'ajoutèrent naturellement à celles consécutives au quasi-arrêt des forges : une page était tournée, la forêt n'aurait plus d'activité industrielle [Gernigon 17].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du débarquement en Normandie le 6 juin 1944, trois parachutistes du Special Air Service de la France libre, Henry Corta, Francis Folin et André Bernard, furent parachutés à la limite sud de la forêt avec mission d'effectuer des sabotages en vue de retarder l'envoi de renforts allemands vers le front de Normandie. Ils devaient notamment constamment neutraliser la ligne de chemin de fer Ploërmel-Mauron à Trégadoret en Loyat près de la rivière Yvel. La nuit suivante, les trois hommes s'égarèrent au Val-sans-retour en se dirigeant vers Loyat, leur objectif. Le lendemain, ils aperçurent un ancien en train d'exploiter une parcelle de lande, Auguste Fournel qui avait été fermier à Loyat, celui-ci fut pétrifié en voyant ces individus armés, lourdement chargés et curieusement habillés. Les soldats le rassurèrent en l'informant qu'ils arrivaient d'Angleterre par parachute. il accepta, enthousiasmé, de guider les libérateurs, de nuit à travers champs et haies du Val-sans-retour vers Trégadoret, après les avoir ravitaillé. Le sabotage se fit dans la chaleur de la nuit par un beau clair de lune, l'explosion retentit, la première mission fut remplie[13],[14].

De la deuxième moitié du XXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, un projet de barrage sur l'Aff pour l'approvisionnement de la région rennaise a suscité l'émotion [15] avant d'être abandonné. Exploitant une des deux vallées du massif, celle où passait déjà le sentier de grande randonnée 37, la retenue devait s'étendre sur 45 à 75 hectares.

Un projet d'agrandissement d'un centre de traitement des déchets présent sur la commune de Gaël existe depuis 2003. Malgré l'interdiction du permis de construire en 2010 et la forte opposition de la population[16], le Syndicat Mixte de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères (SMICTOM) en a obtenu un nouveau en novembre 2011[17]. Une nouvelle pétition créée sur Avaaz a obtenu plus de 17 000 signatures pour s'opposer à ce projet[18].

Activité touristique et lieux remarquables[modifier | modifier le code]

La forêt, privée, est à apprécier pour sa beauté, sa nature ou sa dimension légendaire. La circulation sur les routes offre déjà certaines opportunités, ainsi la route principale entre Plélan-le-Grand et le bourg ne manque pas de charme « [...] ses longues branches forment une voûte, une tonnelle devrait-on dire, d'un si beau vert au printemps-été et d'un ton or à l'automne. » [Gernigon 18].

Il se visite dans la forêt de Paimpont un certain nombre de monuments et de curiosités légendaires. La forêt et ses environs sont exploités, en particulier d'un point de vue touristique, pour faire vivre la légende apparue au milieu du XIXe siècle identifiant la forêt de Paimpont à la forêt imaginaire de Brocéliande. C'est ainsi que Paimpont appartient à la communauté de communes de Brocéliande, elle-même regroupée au sein d'une structure supra-intercommunale nommée le Pays de Brocéliande.

Paimpont et ses environs[modifier | modifier le code]

Abbaye de Paimpont

Paimpont est un village d'environ 1 600 habitants situé au centre de la forêt. Située au bord du lac de Paimpont, son abbaye fut construite au XIIIe siècle sur l’emplacement d’un prieuré fondé en 645 par Judicaël, roi de Domnonée. C'était à l'origine un monastère bénédictin, mais elle fut dès le XIIIe siècle habitée par des chanoines jusqu’à la Révolution.

De style gothique médiéval (les murs, les ouvertures, le baptistère et la chapelle du St-Sacrement, la voûte), l'abbatiale présente un décor intérieur (chaire, statues, autels-retables) de style baroque du XVIIe siècle. La sacristie contient le trésor de l'abbatiale composé d’un Christ en ivoire (XVIIe siècle), d’un reliquaire (XVe siècle) offert par la duchesse Marguerite de Bretagne, mère de Anne de Bretagne, qui contiendrait un radius de St Judicaël.

Un peu plus loin se trouve l'étang du Pas du Houx, au nord-est de Paimpont. Avec ses 80 hectares, il est le plus grand étang de la forêt de Paimpont, riche en faunes et flores aquatiques. Sur ses rives se font face les châteaux de Brocéliande et du Pas-du-Houx, construits au début du XXe siècle, le premier pour Joseph Guillet de la Brosse[19] et le second pour sa soeur Cécile[20].

Les forges de Paimpont[modifier | modifier le code]

Les forges de Paimpont sont situées au sud de la forêt, près d'un lieu légendaire nommé "Pont de Secret". Elles furent créées en 1653 par Jacques de Farcy et François d'Andigné après avoir acquis une partie du fief de Brécilien.
Vers 1800, elles fabriquent en moyenne, avec la méthode wallonne, 500 tonnes de fonte et 360 tonnes de fer. Autour de 1820, afin de lutter contre la concurrence étrangère, les forges de Paimpont entament une phase d'agrandissement et de modernisation. Ce tournant technologique se matérialise, en 1831, par la construction d'un laminoir à quatre fourneaux à réverbère, trois paires de cylindres et un atelier de moulerie avec deux fours à réverbère. Alors que l'établissement connaît son apogée durant les années 1850-1860, où la production triple, le déclin se fait rapidement sentir. Les hauts fourneaux sont éteints en 1866. L'activité reprend de 1872 à 1884.
En 1873, M. Lévêque, armateur nantais, achète l'usine dont les descendants sont les actuels propriétaires. Seul subsistera jusqu'en 1954 un atelier de construction mécanique. Les forges de Paimpont comptaient parmi les plus importantes et les plus réputées de Bretagne, concurrençant les meilleurs fers de Suède ou d’Espagne par leur qualité. De cette époque industrieuse subsistent le village des Forges, le château des maîtres des Forges et une chapelle.

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Le château de Comper[modifier | modifier le code]

Le château de Comper se situe au nord de la forêt de Paimpont, à deux kilomètres à l'est du bourg de Concoret. L’opinion commune qui veut que le nom de Comper soit lié au breton kemper qui signifie « confluent », ne peut pas être acceptée, par le simple fait qu’il n’existe pas là de confluent. Par contre, un énorme barrage de retenue retient les eaux de l’étang de Comper, et mieux vaut se référer à l’ancien français (XIIe siècle) combre, « barrage » (du gaul. comberros « barrage ») pour expliquer ce toponyme. Comper aurait appartenu à Salomon, roi de Bretagne (IXe siècle) mais le château n'entre véritablement dans l'histoire qu'avec les barons de Gaël-Montfort, dont le premier a été Raoul, compagnon de Guillaume le Conquérant avec lequel il a combattu à Hastings. Dès le XIIIe siècle, Comper est considéré comme l'une des plus fortes positions de Haute Bretagne. Il a été le théâtre de nombreux combats et est passé aux mains de plusieurs familles.

Le château, à l'origine à peu près carré, se composait de quatre tours d'angle, reliées entre elles par de hautes murailles. À la porte d'entrée : une herse et un pont-levis. Aujourd'hui, un chemin enjambe les douves asséchées par le manque de pluie et le domaine est passé de l'histoire à la légende puisque le château abrite les expositions du Centre arthurien. Le Grand Étang est associé au lac de la fée Viviane qui cache aux yeux des curieux le château de cristal construit par Merlin pour sa belle élève.

Le domaine est privé, mais l'accès à la cour et aux abords de l'étang est possible moyennant un modeste péage, un peu plus élevé si l'on désire visiter les expositions du Centre de l'Imaginaire Arthurien.

Le tombeau de Merlin et la fontaine de jouvence[modifier | modifier le code]

Au nord de la forêt se trouve le tombeau de Merlin [21], ancienne allée couverte du Néolithique. Ce monument est le vestige d'une allée couverte néolithique qui a été détruite en 1894, suite à des fouilles et dont il ne reste aujourd'hui plus que deux dalles de schiste rouge, perpendiculaires, adossées à un vieux houx. De nos jours, de nombreuses personnes vouent un culte à ce monument en y déposant un mot adressé à Merlin (en général un souhait qu'on désire qu'il exauce) ou un objet.
Selon la légende, après l'avoir séduit Viviane emprisonna Merlin dans une prison invisible, puis l'enferma dans un tombeau : Merlin s'étant allongé dans une fosse, la fée fit rabattre sur lui deux énormes pierres.

La fontaine de Jouvence ou plutôt la fontaine dite de Jouvence [22] est un modeste trou d'eau situé près du tombeau de Merlin. Autrefois, lorsque les croyances populaires étaient fortement liées aux rythmes des saisons et à la nature, le recensement des enfants nés pendant l'année se faisait proche des fontaines. À la date du solstice d'été (21 juin), ces enfants étaient présentés aux grands prêtres afin qu'ils puissent être lavés et inscrits sur le "marith" (registre). Les enfants qui n'avaient pu être présentés au recensement de l'année étaient ramenés l'année suivante et inscrits comme nouveau-nés de la nouvelle année, de sorte qu'ils se retrouvaient rajeunis d'un an. Ceci est peut-être à l'origine de l'appellation "fontaine de jouvence".

Les arbres remarquables[modifier | modifier le code]

La forêt de Paimpont renferme plusieurs arbres remarquables.

Le plus célèbre d'entre eux est un vieux chêne âgé d'environ 1 000 ans et faisant plus de 9 mètres de circonférence : le chêne de Guillotin. Il est situé entre Concoret et Tréhorenteuc. Selon la légende, un prêtre réfractaire nommé Pierre-Paul Guillotin s’y réfugia pendant la Révolution française. Il continua à administrer sacrements et bénédictions dans la région, et rédigea un précieux journal des événements révolutionnaires.

Un autre chêne célèbre de cette forêt situé près du Tombeau de Merlin est nommé chêne des Hindrés, mesurant environ 5 mètres de circonférence.

Les autres arbres remarquables sont :

La fontaine de Barenton[modifier | modifier le code]

La fontaine de Barenton (forme moderne défomée/corrigé de l'ancien nom Bellanton - au XVe siècle[23]) est un lieu à la fois pittoresque et modeste de Paimpont. Située à l'ouest de la forêt, près du hameau de la "Folle-Pensée", elle est assez difficile d'accès.
Les légendes associées à ce lieu sont nombreuses. Selon une légende tardive, c'est là que Merlin rencontra Viviane et l'eau de cette fontaine aurait le pouvoir de guérir les maladies mentales. Mais attention, car verser cette eau sur le perron de la fontaine déclencherait un orage très violent, selon la légende... La coutume veut aussi que les jeunes gens et jeunes filles visitent la fontaine en quête de mariage. Les filles y jettent des épingles pour la faire sourire et les garçons y cherchent le reflet de leur fiancée.
C'est aussi ici que Yvain, le Chevalier au Lion, décrit par Chrétien de Troyes défia le Chevalier Noir, gardien de la fontaine. Citée dans la littérature médiévale, cette fontaine a conservé une caractéristique déjà évoquée alors : elle "bout à froid", c'est-à-dire que de temps en temps on voit des chapelets de bulles monter à sa surface.

Le Val sans Retour[modifier | modifier le code]

Le Val sans Retour est situé près de Tréhorenteuc, à l'ouest de Paimpont. C'est le lieu le plus réputé de la forêt. Le Val sans Retour est une vallée encaissée très contrastée par ses paysages, creusée profondément dans le schiste rouge, (c’est le minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge ; ce même minerai fausse les boussoles des randonneurs[réf. nécessaire]).

Selon la légende, Morgane la fée, demi-sœur du roi Arthur, trahie par son amant, décida de retenir prisonniers dans ce val tous les chevaliers infidèles. Seul le chevalier Lancelot, fidèle à la reine Guenièvre, put rompre l’enchantement, échapper au sortilège et délivrer les chevaliers.

On y trouve aussi le Miroir aux Fées, un lac dans lequel cinq fées vécurent en se jurant les unes aux autres qu'elles ne regagneraient pas la surface, jusqu'au jour où l'une d'entre elles tomba amoureuse d'un mortel. Les autres fées, voyant cela, décidèrent de tuer l'homme. Devinant à son retour ce que les autres avaient fait, la fée les tua et retourna dans le lac. Désormais, lorsqu'une fée voulait lire l'avenir, elle devait payer un droit avec un grain de blé. Le nom de miroir a été donné au lac car la forêt qui l'entourait était tellement dense que le vent n'y passait pas, rendant la surface de l'eau tout à fait immobile.

En septembre 1990, la forêt de Paimpont a brûlé pendant cinq jours détruisant 600 hectares. Après cette catastrophe, les dons ont afflué de toute la France pour financer le nettoyage et la replantation. Pour marquer cet évènement, l'artiste François Davin a créé l'Or de Brocéliande, souvent appelé Arbre d'Or. C'est un châtaignier doré à la feuille d'or (90 grammes d'or le recouvrent), et il est entouré de cinq arbres noirs qui symbolisent la forêt brûlée ainsi que toutes les forêts détruites par la négligence ou le profit. L'or symbolise l'immortalité, notamment celle de la forêt. Il fut installé au bout de la digue du Miroir aux Fées le 10 août 1991. L'artiste a voulu évoquer les bois d'un cerf des anciennes religions et qui symbolise Merlin.

Tombeau du Géant[modifier | modifier le code]

Nous sommes en plein cœur de la forêt près du célèbre Val sans retour et de l'hotié de Viviane. Des fouilles menées en 1982 par l'archéologue Jacques Briard mirent au jour une occupation très ancienne du site. Les seules trouvailles furent des tessons de poterie de l'âge du bronze et un fragment de lame en silex.
Le monument mégalithique « Tombeau du Géant » appelé aussi « Roche à la Vieille » est constitué de trois ou quatre menhirs dressés il y a 5000 ans. Trois menhirs furent réemployés à l'âge de bronze (il y a environ 3500 ans) comme coffre funéraire ; le quatrième est au sol à une dizaine de mètres. Autrefois recouvert d'un tumulus de terre, le site est par ses dimensions impressionnantes surnommé « Tombeau des Géants ». On raconte d'ailleurs qu'il s'agit de la tombe d'un géant vaincu par les Chevaliers de la Table ronde.

L'hotié de Viviane[modifier | modifier le code]

L'hotié de Viviane (ou maison de Viviane) est situé près du Val sans Retour, un peu plus loin en s'enfonçant dans les sous-bois, à 191 mètres d'altitude.
Appelé aussi Tombeau des Druides [24], c'est un mégalithe datant d'environ 2500 av. J.-C. De nombreuses fouilles y ont été faites et ont permis la trouvaille de nombreux objets anciens comme une hache polie en dolérite, des tessons de poteries, des éléments en silex, des pointes et des bijoux rudimentaires.

Le Jardin aux Moines[modifier | modifier le code]

La légende dit qu'autrefois, les seigneurs et les moines de la région passaient leur temps à ripailler. Un jour Saint Méen les surprit sur la lande et les somma de se confesser et de cesser leurs orgies, ce dont ils n'eurent cure. La punition divine ne fut pas longue, ils furent aussitôt changés en pierres à l'endroit même de leur péché.

Ce lieu ne fait pas partie des légendes arthuriennes, mais c'est un site spectaculaire de la forêt. Situé à Néant-sur-Yvel, il est aussi appelé "Jardin aux tombes".
C'est en fait un site mégalithique daté de 3000 à 2500 avant notre ère. Il donne l'impression d'avoir été construit en deux étapes. Il reste une énigme quant à son utilisation.
C'est un des nombreux tertres tumulaires présents dans cette région : long de 27 m sur 5 ou 6 m de large, il est constitué de 27 blocs de schiste rouge et de quartz. Il a été fouillé en 1983 sous la direction de M.J. Briard, démontrant une activité d'un petit groupe de chasseurs il y a 7000 à 8000 ans.

Le château de Trécesson[modifier | modifier le code]

Situé en dehors de la commune et de la forêt, immédiatement dans son prolongement au Sud-Ouest, le château de Trécesson fut reconstruit, dans son état actuel, au XVe siècle. Il appartenait à la famille de Trécesson illustrée par plusieurs connétables de Bretagne. Il resta dans la famille jusqu'en 1773 puis il passa aux mains des Le Preste de Châteaugiron par le mariage de René-Joseph Lepreste avec Agathe de Trécesson.
Pendant la Terreur, le député girondin Defermon y resta caché plus d'un an. Acquis ensuite par un payeur aux armées, M. de Sivry, celui-là même qui est inhumé sous le mausolée de la chapelle Saint-Jean, il fut affecté pendant la restauration à l'École d'Agriculture du Morbihan. Il est actuellement la demeure du comte de Prunelé.

Une légende tenace dans la région se rattache au château de Trécesson, celle de « la Dame blanche de Trécesson ». Selon la légende, au XVIIIe siècle, une jeune mariée y fut enterrée vivante le matin même de son mariage, un chasseur vit la scène, mais quand on déterra la jeune femme, elle était morte. Elle hanterait depuis le domaine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées relevée à l'abbaye de Paimpont à l'aide de Google Maps
  2. « ZNIEFF 530007561 - FORET DE PAIMPONT 1ère génération », sur INPN (consulté en 20 février 2010)
  3. « Caractéristiques du site Natura 2000 - FR5300005 - Forêt de Paimpont », sur DIREN Bretagne (consulté en 20 février 2010)
  4. « Document d'objectifs- Forêt de Paimpont – Tome 1 – rapport de synthèse sur l'état des lieux », sur DIREN Picardie (consulté en 20 février 2010)
  5. Sécurité : la commune divisée entre quatre secteurs, Ouest-France du jeudi 21 août 2008.
  6. Photo dans Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, p. 56.
  7. Le transport des arbres couta 17 livres, leur achat 28 et leur abattage 30 livres. Source : Jean-Pierre Leguay, La Ville de Rennes au XVe siècle à travers les comptes des Miseurs, Guingamp, 1968.
  8. a et b Becquerel (Antoine César, M.), Mémoire sur les forêts et leur influence climatérique (exemplaire numérisé par Google) ; 1865 voire pages 43 et suivantes
  9. L'ouvrage Le pays de Brocéliande, Edition Alan Sutton, contient trois cartes postales des chasses à courre du duc.
  10. Le musée de la vénerie de Senlis qui conserve un de ces boutons indique un diamètre de 18 mm et un usage entre 1877 et 1888.
  11. Auteur d'un ouvrage sur la conduite des chevaux, sa passion, intitulé Les Guides
  12. L'auteur de Mémoires & souvenirs..., fils d'un modeleur aux Forges, gendre de François Sentier, garde général du domaine de Paimpont, est né le 17 juillet 1893 et est mort en 1981. Cf. p. 84 de son ouvrage.
  13. Henry Corta (1921-1998) : les bérets rouges (1952), amicale des anciens parachutistes SAS
  14. Henry Corta : Qui ose gagne (1997), service historique de l'armée de terre
  15. Article de Ouest-France « Une violence contre Brocéliande » du 25 août 1993
  16. http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=18854
  17. http://www.20minutes.fr/rennes/887081-broceliande-veut-plus-dechets
  18. http://www.avaaz.org/fr/petition/Pas_Decharge_en_Broceliande/
  19. Le château de Brocéliande sur Château en France
  20. Le château du Pas du Houx sur Château en France
  21. Tombeau de Merlin-Inventaire général du patrimoine culturel
  22. Fontaine dite de Jouvence-Inventaire général du patrimoine culturel
  23. Fontaine de Barenton-Inventaire général du patrimoine culturel
  24. Tombeau des Druides-Inventaire général du patrimoine culturel

Armand Gernigon, Mémoires & souvenirs d'Armand Gernigon, garde en forêt de Paimpont., Saint-Léry, Les Amis de la Bibliothèque de Paimpont,‎ 2005, 95 p. (ISBN 2-9525306-0-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

  1. p. 55 et 57.
  2. p. 15
  3. p. 11, p. 27.
  4. p. 31.
  5. p. 34.
  6. p. 55.
  7. p. 19.
  8. p. 24.
  9. p. 35
  10. p. 37.
  11. p. 26.
  12. p. 68.
  13. p. 71.
  14. p. 67.
  15. p. 68.
  16. p. 68.
  17. p. 71.
  18. p. 77

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Bellamy, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Bérenton, quelques lieux d'alentour, les principaux personnages qui s'y rapportent, Rennes, J. Plihon & L. Hervé,‎ 1896
  • Michel Denis, Grandeur et décadence d'une forêt : Paimpont du XVIe au XIXe siècle, vol. no64 : Annales de Bretagne,‎ 1957, p. 257-273 [lire en ligne]
  • L. Pouessel, Modifications de la structure agraire dans la forêt de Paimpont, vol. no52 : Annales de Bretagne,‎ 1945, p. 101-107
    Voir aussi le texte d'une conférence sur les forges et la forêt (cote 52 J 162, Fonds Henri Fréville, Archives I&V)
  • Gwenc’hlan Le Scouëzec, Jean-Robert Masson (photos), Brocéliande, Brasparts, Beltan,‎ 2002, 256 p. (ISBN 2951645449)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

Destination Brocéliande (tourisme)[modifier | modifier le code]