Kergloff

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Kergloff
Mairie de Kergloff.
Mairie de Kergloff.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Carhaix-Plouguer
Intercommunalité Communauté de communes du Poher
Maire
Mandat
Pierrot Belleguic
2014-2020
Code postal 29270
Code commune 29089
Démographie
Gentilé Kergloffistes
Population
municipale
940 hab. (2011)
Densité 38 hab./km2
Population
aire urbaine
14 136 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 31″ N 3° 37′ 06″ O / 48.275278, -3.61833448° 16′ 31″ Nord 3° 37′ 06″ Ouest / 48.275278, -3.618334  
Altitude 110 m (min. : 67 m) (max. : 172 m)
Superficie 24,94 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de Kergloff

Kergloff [kɛʁglɔf] (en breton : Kerglof) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Ses habitants sont appelés les Kergloffiste.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans l'arrondissement de Châteaulin, proche de Carhaix distante seulement de 4 kilomètres, Kergloff est située à 37 kilomètres au sud-est de Morlaix, à 55 kilomètres au sud-ouest de Guingamp et 85 kilomètres au sud-est de Brest. La commune, situé historiquement dans le Poher, se trouve à une dizaine de kilomètres au sud du parc naturel régional d'Armorique et des monts d'Arrée. L'altitude moyenne de la commune est de 120 mètres (le bourg est vers 107 mètres), le finage communal s'échelonnant entre 172 mètres et 67 mètres d'altitude. La commune est traversée par l'Hyère, affluent de l'Aulne.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Kergloff
Plouyé Poullaouen Plounévézel
Collorec Kergloff Carhaix-Plouguer
Cléden-Poher Saint-Hernin

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Le celtique clunia, le gaulois clounia ont généré le vieux breton ch'lan, ch'lon, ch'leun, ou ch'loff signifiant prairie. (références à Cluny, au Cleunay, etc.) Géographiquement on peut vérifier que le bourg trévial de Kergloff est bâti en bordure d'une prairie. On prononçait Kerglo. Les 2 F ne se prononcent pas en breton. La première mention connue du nom date de 1535. Kergloff fit partie de la paroisse primitive de l'Armorique de Poullaouen avant de devenir ensuite une trève de Cléden-Poher mais « Kergloff a tous les attributs de l'autonomie dès avant la Révolution. Conscients de leur spécificité par rapport à la paroisse-mère, les habitants sous l'autorité de leurs dirigeants, n'auront aucune difficulté à se gérer par eux-mêmes en devenant une commune à part entière »[1] même si Kergloff ne devint une paroisse que lors du Concordat[2], restant pour quelques années encore, ainsi que Landeleau, rattachée à Cléden-Poher par la loi du 12 septembre 1791[3]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Kergloff dépendait de la baronnie de Kergorlay, puis du marquisat de Tymeur situé à Poullaouen.En 1500, le manoir de Kerligonan appartenait à « Jean de Cabournais, époux de Jeanne de Bouteville, fille de Jean seigneur du Faouët et de Marie de Kymerch (Quimerch) »[4].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le testament de Gilles de Kerampuil[modifier | modifier le code]

En 1578 Gilles de Kerampuil, né vers 1530, qui fut recteur de Cléden-Poher et de Motreff, dans son testament[5], prévoit à sa mort de donner« troys mullons de bled » (blé) déjà battu « aux croyement pauvres et mandians de la dicte paroisse de Cletguen (Cléden-Poher), Kerahès (Carhaix) et Kergloff, scavoyr de la moictyé à Kerahes, et l'aultre moictyé aux deux aultres, et leur estre renduz en leurs maisons ».

Les guerres de la Ligue[modifier | modifier le code]

Entre 1589 et 1598, comme tout le Poher, Kergloff fut concernée par les guerres de la Ligue : en Bretagne à l'époque, les Ligueurs sont dirigés par Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et gouverneur de la province. Carhaix et les paroisses voisines dont la trève de Kergloff, sont alors sous l'influence des Ligueurs. En représailles, le procureur du Roi Jan de Kerampuil décide de lever un impôt aux paroisses de la juridiction de Carhaix qui auront adhéré « aux ennemis de Sa Majesté et émancipées de son obéissance, du nombre desquelles il a présentement nommez estre ladite ville de Carhaix avec ses faubourgs, la paroisse de Plouguer, Moustoir, Trébrivan, Plévin, Motreff, Quelen (Locarn), Duault, & Landugen, Le Loc’h, Tréogant, Spézet, Mael-Pestivien, Botmel & Callac, Plusquellec, Calanhel, Plourach, Carnoët, Scrignac & Bolazec, Poulaouen, Plounévézel & Kergloff »[6] , entre autres pour « le payement de la garnison de Quintin » . Sur les 3000 écus exigés, Kergloff fut condamnée à payer 100 écus. On ne sait pas si ces sommes furent effectivement versées[7].

Sébastien Le Balp et la Révolte des Bonnets rouges[modifier | modifier le code]

Du 6 juillet au 12 octobre 1675, la Révolte des Bonnets rouges[8] autour de Carhaix est menée par Sébastien Le Balp, né à Moulin Meur en Kergloff, fils de meuniers. Précédemment, il avait été remarqué par le marquis de Tymeur qui l'avait envoyé faire des études de droit à Nantes. Il se marie avec Anne Riou et achète une étude de notaire à Carhaix et devient le notaire de Renée-Mauricette de Ploeuc, marquise du Tymeur en Poullaouen qui roule les paysans avec sa complicité, ce qui lui vaut des ennuis judiciaires et il est envoyé en prison de 1673 à 1675[9]. Après sa libération, révolté contre l'injustice, il prend la tête de la rébellion qui pille manoirs et châteaux (9 manoirs détruits à Poullaouen, six à Kergloff, 4 à Saint-Hernin dont le château de Kergoat) et détruit titres et parchemins dans tout le Poher, la révolte s'étendant aussi en Cornouaille. Sébastien Le Balp est finalement tué par la marquis de Montgaillard au château de Tymeur en Poullaouen, son cadavre fut enterré hâtivement avant d'être déterré, décapité et placé sur une roue à l'entrée du village pour servir d'exemple[10].

Article détaillé : Sébastien Le Balp.
Article détaillé : Révolte des Bonnets rouges.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1871 1883 Thomas    
1883 1884 Menez    
1884 1896 Joseph Couteller    
1896 1912 Pierre Cotton    
1912 1925 Michel Cornec    
1925 1929 Yves Marie Le Bourhis    
1929 1942 Michel Cornec    
1942 1944 Auguste Poignonnec    
1944 1949 Joseph Moysan    
1949 1949 Joseph Quénet   Faisant fonction
1949 1953 Jean Follezou    
1953 1959 Pierre Louis Le Bail    
1959 1962 Claudius Brun    
1962 1965 Corentin Morvan    
1965 1983 Jean-Marie Huiban    
1983 1995 Jean-Pierre Péron    
1995 2001 Pierrot Belleguic socialiste  
mars 2001 2008 Pierrot Belleguic socialiste  
mars 2008   Pierrot Belleguic socialiste  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
945 935 918 883 942 898 901 982 982
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 030 1 156 1 245 1 121 1 148 1 198 1 282 1 267 1 288
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 201 1 289 1 342 1 398 1 314 1 177 1 093 977 875
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
762 630 558 610 720 745 886 905 940
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : La population de la commune est légèrement moindre qu'il y a deux siècles. Après une stagnation pendant la première moitié du XIXe siècle, la population a augmenté modérément, en dépit de quelques modestes évolutions en dents de scie, pendant la seconde moité du XIXe siècle parvenant en 1921 à son maximum démographique, n'ayant alors gagné que 453 habitants en 128 ans entre 1793 et 1921. La population décline ensuite constamment pendant les 2e et 3e quarts du XXe siècle, perdant 840 habitants en 54 ans entre 1921 et 1975, la commune étant alors en proie à l'exode rural. Un notable regain démographique est toutefois perceptible depuis une bonne trentaine d'années, la commune regagnant 354 habitants en 34 ans entre 1975 et 2009.

Alors que la commune connaissait depuis des décennies et jusqu'en 1975 un double déficit naturel et migratoire, elle bénéficie désormais de sa proximité de Carhaix et bénéficie d'un notable excédent migratoire ( + 2,1 % l'an entre 1999 et 2007) même si l'excédent naturel ( + 0,3 % l'an entre 1999 et 2007) n'est encore que faiblement positif. La transformation partielle de la commune en ville-dortoir en est la raison : le nombre des résidences principales s'est accru de plus de moitié entre 1975 et 2007, passant de 215 à 354 en raison de la construction de plusieurs lotissements, ce qui a aussi provoqué un net rajeunissement de la population (21,6 % de la population avait moins de 15 ans en 2007)[13].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Trémeur.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Le Balp en 1639, un des chefs de la Révolte des Bonnets rouges. Sébastien Le Balp est né à Moulin Meur en Kergloff en 1639 de Francois Le Balp (meunier) et de Louise Caroff. À 22 ans il épouse Anne Riou, ce qui lui permet d'acheter une charge de notaire grâce à la dot. Lors de sa mort en 1675 il habitait à Garzangroas en Kergloff.
  • Hervé Tilly, cultivateur à Kergloff, fut très connu avant 1914 en tant que chanteur forain. « Traînant une voiturette à chiens, il s'installait sur les marchés et chantait ses œuvres, la plupart imprimées à Ar Bobl. Décédé presque aveugle »[20].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barthélémy de Saizieu, "Terres, familles et sociétés dans une commune de Basse-Bretagne : Kergloff aux XIXe et XXe siècles", École des hautes études en sciences sociales (EHESS),Paris,1984. (histoire du village depuis l'occupation romaine; habitat et peuplement)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Garrec, "La trève de Kergloff au XVIIIe siècle", Bulletin de la société archéologique du Finistère, 1998, 127, p. 381-398
  2. a et b http://www.infobretagne.com/kergloff.htm
  3. Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale, tome 12, Éditeur, Imprimerie nationale (Paris), 1791, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5685361x/f434.image.pagination.r=kergloff.langFR
  4. A. Le Grand et G.M. Thomas, "Manoirs de Basse-Bretagne"
  5. Testament de Messire Gilles de Kerampuil, sieur du Bigodou (près de Morlaix), chanoine de Kerahès,.. daté du 24 septembre 1578, cité par la Comtesse du Laz dans "Généalogie de la maison de Saisy de Kerampuil, suivie de pièces justificatives et complémentaires", 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55351888/f169.image.pagination.r=Kergloff.langFR
  6. Dom Hyacinthe MORICE, « Mémoire pour servir de preuves »( 9 mars 1591),Preuves, Tome 3
  7. Bulletin du Centre généalogique et Historique du Poher, Kahier ar Poher ("Cahiers du Poher") no 21, juin 2008, consultable http://joseph.lohou.perso.sfr.fr/Callac-de-Bretagne/poherligue.html
  8. Leclerc (G), La Révolte du Papier timbré à Carhaix et dans sa région, Bull. Association Bretonne, CX, 2001, p. 137-152, Puillandre (A), Sébastien Le Balp, Bonnets rouges et papier timbré, Keltia Graphic, Spézet, 1996
  9. http://sebastienlebalp.e-monsite.com/
  10. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=299
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  13. http://recensement.insee.fr/chiffresCles.action?zoneSearchField=&codeZone=29089-COM&idTheme=6&rechercher=Rechercher
  14. http://fr.topic-topos.com/retable-kergloff
  15. http://fr.topic-topos.com/chapelle-de-la-trinite-kergloff
  16. http://ww2.diocese.c-plus-net.fr/diocese/bibliotheque-1/base-de-donnee-notices-sur-les-paroisses/kergloff.pdf/download.pdf
  17. http://www.croix-finistere.com/commune/kergloff/kergloff.html
  18. http://www.ouest-france.fr/2010/08/19/kergloff/Histoire-de-la-fontaine-Saint-Egannec--58808640.html
  19. http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA00004991
  20. J. Ollivier, Catalogue de la chanson populaire bretonne sur feuilles volantes (suite) (Léon, Tréguier, Cornouaille), "Annales de Bretagne", année 1939, volume 46, page 208, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1941_num_48_1_1805?_Prescripts_Search_tabs1=standard&

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]