Callac

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Callac
Église Saint-Laurent.
Église Saint-Laurent.
Blason de Callac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Canton Callac (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Callac - Argoat
Maire
Mandat
Lise Bouillot
2014-2020
Code postal 22160
Code commune 22025
Démographie
Gentilé Callacois, Callacoise
Population
municipale
2 323 hab. (2011)
Densité 70 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 18″ N 3° 25′ 36″ O / 48.405, -3.4266666666748° 24′ 18″ Nord 3° 25′ 36″ Ouest / 48.405, -3.42666666667  
Altitude 108 m (min. : 116 m) (max. : 291 m)
Superficie 33,03 km2
Localisation

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Callac

Callac [kalak], souvent désignée par Callac-de-Bretagne, est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Callac est située à 28 kilomètres au sud-ouest de Guingamp et à 20 kilomètres au nord-est de Carhaix-Plouguer, Finistère. Cette commune est aux limites du Poher historique. Elle est arrosée par la petite rivière de l'Hyères, affluent de l'Aulne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

Le château de Callac[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui disparu, le château féodal de Callac aurait été construit au XIIe siècle. C'était une véritable forteresse entourée d'un mur d'enceinte continu avec un seul accès donnant au sud sur ce qui deviendra l'actuelle rue des Portes. Bâti à la pointe du promontoire rocheux qui se termine à la jonction des deux vallées de Pont-ar-Vaux et de l'Hyères, le château offrait une protection certaine, qui attira les habitants de la région. Peu à peu, des habitations virent le jour donnant naissance à un village.

Les ruines de l'église de Botmel.

Durant la guerre de Succession de Bretagne, qui voit l'opposition de Charles de Blois et de Jean de Montfort, le château fut assiégé plusieurs fois en 1341, 1342 et 1345. Le dernier siège que le château eut à subir, en 1363, fut très probablement mené par le futur connétable de France Bertrand Du Guesclin qui venait de prendre le château de Carhaix. Tous ces sièges eurent raison de la puissance du château de Callac et sa démolition fut ordonnée par le roi Charles VI de France en 1393.

À la suite de ce démantèlement, le château resta à l'abandon plusieurs années. Mais les menaces que faisait peser le Royaume de France sur le duché de Bretagne, et surtout la volonté d'annexion du duché par Louis XI, obligèrent le duc François II à demander le renforcement des places fortes du duché. Le château de Callac profita de cette volonté défensive et retrouva sa puissance vers 1475. Après l'union de la Bretagne à la France, le château subit de nouveau un démantèlement, vers 1551, sur ordre du roi de France Henri II, également duc de Bretagne. Les restes du château passèrent alors aux mains des Bénédictins de l’abbaye de Quimperlé.

Durant les Guerres de la Ligue, les ruines du château servent de repaire à des soi-disant partisans du roi, profitant de cette place pour piller les communes voisines. Délogés par le général espagnol Don Juan d'Aguila, ils furent vite remplacés par des ligueurs aux ordres du capitaine Du Mas, puis par les hommes du sieur de Bougerel, lieutenant de La Fontenelle.

À la suite de ces occupations successives, la destruction du château est ordonnée en 1619. Commença alors le lent éparpillement des pierres, qui dura plus de cinquante ans. Elles serviront à la construction des moulins du Quinquis et Kerdréquen, ainsi qu’à la construction de l’église de Botmel et à la tour de la chapelle Sainte-Catherine située sur la place du Martray, actuelle place du centre.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Kommandantur de Callac était située place du Centre (à l'emplacement de l'actuelle "Maison de la Presse").

La Résistance[modifier | modifier le code]

Un réseau de résistance d'obédience communiste commença à se former dès le printemps 1941 dans la région de Callac, formé en grande partie de jeunes réfractaires au STO, formant à partir de 1943 un bataillon FTPF qui incendia au début de mars 1943 l'intendance allemande de Callac. Le 22 mars 1944 une voiture de gendarmerie de Guingamp fut attaquée par la résistance de Callac afin de libérer un résistant qui était transféré, Joseph Guillerm. Pendant la nuit du 25 au 26 mai 1944, la gendarmerie de Callac fut attaquée par quinze résistants qui s'emparèrent de 700 litres d'essence. Les autorités allemandes d'occupation procédèrent à une rafle le 9 avril 1944 à Callac[1] , organisée par le capitaine Maschke, chef des services de l'Abwehr à Saint-Brieuc, et qui mobilise 800 soldats allemands appuyés par des miliciens du Bezen Perrot : la population est rassemblée dans les halles et 120 personnes en situation irrégulière sont transférées à Saint-Brieuc où une cinquantaine furent arrêtées et, parmi elles, une dizaine déportées. Marcel Bitaille[2] et trois autres résistants firent partie furent condamnés à mort le 5 mai 1944 par la cour martiale de la Feldkommandantur de Saint-Brieuc et fusillés le 6 mai 1944 à Ploufragan (19 résistants FTPF furent fusillés ce jour-là à Ploufragan)[3].

Le 3 juin 1944, au Pont-Guernadet, eut lieu un combat entre la Résistance et les milices.

Le groupe de résistants FTPF de la région de Callac, dénommé parfois "maquis de Callac" (mais les résistants étaient plutôt basés en fait sur le territoire des communes de Maël-Pestivien, Trébrivan et Peumerit-Quintin), rattaché au "Bataillon Guy Môquet", prit le nom de "Compagnie Ernest Le Borgne"[4] après que ce dernier eût été fusillé. Cette compagnie était commandée par Auguste Fercoq[5] et comptait parmi ses membres Valentin Bertrand, auteur d'une brochure sur la Résistance dans la région de Callac[6], Jean Devienne[7], etc. En raison de son importance numérique, ce groupe de résistants se scinda en deux, Marcel Loussouarn prenant la direction du deuxième groupe en compagnie de deux gendarmes de Maël-Carhaix, Dinqua et Le Quéré. Plusieurs membres de ce groupe furent victimes d'une rafle commise par l'armée allemande et des miliciens du Bezen Perrot le 29 juin 1944 à Trébrivan[8].

Article détaillé : Trébrivan#La rafle de Trébrivan.

Louis Le Meur[9] fut un des autres responsables de la résistance FTPF dans le secteur de Callac, fondant le "Comité secret de libération nationale" et participant à de nombreuses attaques contre les Allemands et organisant de nombreux parachutages dans la région de Maël-Pestivien[10]. Parmi les résistants tués par les Allemands, François Marie Guizouarn[11], Auguste David[12], coiffeur, qui participa à l'attaque de la mairie de Plonévez-du-Faou le 3 août 1943 et fut arrêté le lendemain à Callac par un gendarme français, livré aux Allemands et martyrisé à Brest[13]. Le "maquis de Callac" accueillit aussi Georges Niemann, un soldat allemand déserteur par amour d'une jeune fille de Trébrivan, gardé dans un premier temps prisonnier par les maquisards de Lopuen en forêt de Duault, avant d'être pris en charge et libéré par les résistants callacois qui décidèrent de lui faire confiance. Le barde autonomiste Auguste Bocher aurait aussi été assassiné par des résistants de ce maquis, mais ce fait est nié par certains, qui accusent de faux résistants d'être les auteurs de ce meurtre[8].

La compagnie Tito, commandée par Charles Moreau, libéra Callac.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent aux trois chevrons de gueules.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Lise Bouillot DVD  
mars 2008 mars 2014 Carole Le Jeune PCF  
mars 1989 mars 2008 Félix Leyzour PCF Conseiller général canton de Callac (1970-2008)
mars 1983 mars 1989 François Le Gall    
1981 mars 1983 Albert Prigent    
mars 1965 1981 Louis Raoul    
1948 mars 1965 Jean Auffret    
1945 1948 Louis Toupin    
1944 1945 Trémeur Burlot    
1935 1944 Louis Toupin    
1925 1935 Louis Morel    
1921 1925 Yves Marie Kerhervé    
1912 1921 François Joseph Quéré    
1900 1912 Yves Marie Kerhervé    
1896 1900 Pierre Le Cam    
1886 1896 Paul Guiot    
1865 1886 Pierre Yves Marie Guiot    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 041 1 543 1 928 1 959 2 616 2 764 3 022 3 188 3 424
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 184 3 279 3 361 3 397 3 228 3 147 3 372 3 418 3 295
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 430 3 629 3 607 3 637 3 552 3 230 3 373 3 183 2 946
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
3 002 3 043 3 024 2 872 2 592 2 459 2 375 2 351 2 323
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École primaire publique de Callac.
  • Collège Gwer-Halou (222 élèves en 2008/2009).

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Kallag.

L’adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 30 juin 2011.

Une classe bilingue a été ouverte à l'école publique de Callac à la rentrée 2012. À la rentrée 2013, 19 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue (soit 11,4 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[16].

Élevages divers[modifier | modifier le code]

  • Callac est connue pour être la capitale de l'épagneul breton, croisement du setter écossais avec le chien local, dit du charbonnier.
  • Les haras de Callac sont célèbres pour l'élevage de chevaux de trait, dont le meilleur représentant fut Naous, mort en 1951.
Pont gallo-romain, sur la commune de Callac

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ruines de l’église Notre-Dame de Botmel, ancienne église paroissiale de Callac, inscrit par arrêté du 22 janvier 1927[17].
  • Pont gallo-romain.
  • Statue de l’étalon Naous, de la station de Callac, par le sculpteur animalier Georges Lucien Guyot (1958).
  • Un musée - La Maison de l'épagneul breton - a ouvert ses portes au public depuis juillet 2007. Objets, dessins, peintures, photographies, vidéos, film original qui vous transporte par ses images « impressionnistes », racontent cette histoire si particulière de l’épagneul breton et l’inscrivent dans son berceau d’origine, l’Argoat[18],

Évènements[modifier | modifier le code]

  • La semaine culturelle de Callac : la première édition a eu lieu en 2005 avec l'ambition de dynamiser la vie culturelle dans le Centre Bretagne et susciter, autour de la culture en général, la rencontre entre le public et des artistes : auteurs, réalisateurs, conteurs, chanteurs, musiciens, écrivains, peintres, etc. L’Association propose des animations sur des thèmes qui intéressent un large public, des plus jeunes aux plus âgés, et qui rayonne bien au-delà du canton de Callac.
    La 8e édition 2012 s'est déroulée du 20 au 26 août 2012. Depuis 4 ans, en plus de La semaine culturelle de Callac, est organisé le concert de la Saint-Valentin (février), le concert "Opéra Rustica" (avril), le concert de l'Avent (dernier dimanche de novembre). Pour plus de renseignement, voir le site http://callac-culture.fr
  • Callac est ville départ et arrivée de La Pierre le Bigaut, une concentration cyclo-touristique au profit de la lutte contre la mucoviscidose, une des plus importantes organisées en France, qui regroupe chaque année, plus de 7000 cyclistes et coureurs.
  • Callac fut aussi la ville organisatrice d'un des plus célèbres critérium cycliste de Bretagne. Le "Critérium de Callac" avait lieu le premier mardi suivant le Tour de France, ce qui permettait à beaucoup de Bretons de pouvoir applaudir les coureurs s'étant illustrés lors du Tour, tels Bernard Hinault, Raymond Poulidor, etc. Commencé en 1947, la dernière édition eut lieu en 1999.
  • L'année 2011 a vu le Tour de France traverser Callac, plusieurs animations ont été proposées par les Associations de Callac en collaboration avec la Mairie.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Callac compte 72 agriculteurs, 84 commerçants artisans et chefs d'entreprises, 24 cadres et intellectuels supérieurs, 80 professions intermédiaires, 256 employés, 192 ouvriers, 1 068 retraités et 404 personnes sans activité professionnelle sur 2 180 habitants dans l'ensemble.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Edmond Rebillé historien et romancier, fut médecin généraliste à Callac.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une plaque commémorative de cette rafle a été inaugurée en janvier 2014, voir http://www.ouest-france.fr/une-plaque-commemorative-de-la-rafle-du-16-mai-1944-1878341
  2. Marcel Bitaille, né le 13 décembre 1923 à Callac, était sabotier
  3. http://joseph.lohou.perso.sfr.fr/Callac-de-Bretagne/bitaille_marcel.html et "Les Cahiers de la Résistance Populaire", Cahier no 12 de mai 2011
  4. Ernest Le Borgne, né le 25 novembre 1922 à Callac, passé dès 1941 dans la clandestinité, fut arrêté en 1943 dans le Finistère où il dirigeait un réseau de résistance FTPF, et fusillé le 8 juin 1944 en même temps qu'un autre résistant originaire de Callac, Auguste David
  5. Auguste Fercoq, originaire de La Chapelle-Neuve (Côtes-du-Nord), sabotier, décéda le 7 avril 1945 à Trébrivan des suites d'un accident
  6. Valentin Bertrand, "La Résistance face aux nazis dans la région de Callac", brochure publiée à compte d'auteur
  7. Jean Devienne, né en 1911 à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais), instituteur, réfugié en 1943 à Maël-Pestivien, décédé en 1949 à Hué (Indochine), voir http://www.genealogie22.org/Callac-de-Bretagne/devienne.html
  8. a et b http://francoisemorvan.com/travaux/miliciens-contre-maquisards-ou-la-resistance-trahie/complements/
  9. Louis Le Meur est né le 18 mai 1906 à Kergrist-Moëlou
  10. http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=2699
  11. François Marie Guizouarn, né le 8 août 1921 à La Chapelle-Neuve (Côtes-du-Nord), tué le 3 août 1944 au retour d'une mission par une patrouille allemande à qu*/ elques centaines de mètres de son domicile, voir http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=9997&tunit=R%E9sistance&cunit=FTP-FFI+de+Callac%2C+compagnie+Auguste+FERCOQ
  12. Auguste David est né le 24 mars 1920 à Callac
  13. http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/fusilles/fusilles-colombier.htm
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  16. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  17. « Notice no PA00089047 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Maison de l’Épagneul - Communauté de communes Callac-Argoat, consulté le 2 mai 2014.

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