Vérification des faits

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Le fact checking est un travail d'investigation sur la véracité des déclarations des hommes politiques et des experts mais aussi parfois sur la neutralité des médias eux-mêmes dans leur traitement de l'information.
(Illustration : Un atelier de rédaction dans une école de journalisme à São Paulo, Brésil, en 2016).

L'expression vérification des faits est la traduction de l'expression anglophone fact checking apparue aux États-Unis dans les années 1990. Elle désigne une technique consistant en premier lieu à vérifier en temps réel l’exactitude de chiffres et la véracité de faits présentés dans les médias par des hommes politiques et - dans une moindre mesure - des experts (en économie, santé publique, environnement, etc). En second lieu, elle vise à questionner le niveau d'objectivité des médias eux-mêmes, dans leur traitement de l'information.

Utilisée en premier lieu par les journalistes d'investigation dans le cadre de leur profession, cette technique s'est démocratisée, semi-automatisée (grâce à des logiciels aidant les particuliers à vérifier les faits)[1] et même entièrement automatisée, puisque, depuis 2013, des robots sont conçus pour le pratiquer eux-mêmes[2],[3],[4]. Et dans la mesure où la majorité des fakes, des trolls et des hoaxes sont diffusés sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter eux-mêmes y recourent depuis 2016[5],[6].

Mais au fil des années 2010, l'efficacité du fact checking est progressivement remise en cause, voire contestée, au point qu'en 2016 un grand nombre de commentateurs estiment qu'il ne permet pas de contrecarrer les effets des contre-vérités proférées par les politiciens, même les plus évidentes[7], et que l'on est entré dans "l'ère post-vérité".

Objectifs[modifier | modifier le code]

Considérée comme l'une des deux règles principales de la déontologie du journalisme (l'autre étant la protection des sources d'information), la vérification par les faits est consubstantielle du métier de journaliste, donc ancienne.

Avec l'essor d'Internet, des quantités inégalées d'informations circulent à travers le monde. Inévitablement, se pose la nécessité de vérifier dans quelle mesure elles sont conformes aux faits auxquels elles se réfèrent, et qu'elles ne sont pas diffusées à des fins de propagande.

Mais, au début du XXIe siècle, en raison d'une part du développement croissant des chaînes d'information en continu, d'autre part de la prolifération des informations diffusées sur internet (blogs et réseaux sociaux) par des non-professionnels (donc non soumis à la déontologie), l'application de cette règle est de plus en plus ressentie comme nécessaire et devant être menée de façon méthodique[8].

Deux champs sont visés, distincts mais complémentaires :

Dans les deux cas, sont répertoriés :

  • les imprécisions, inexactitudes et omissions (involontaires) ;
  • les déformations de l'information (volontaires ou non) ;
  • les informations vraies, mais présentées hors de leur contexte (volontaires ou non)
  • les reprises d'informations fausses (volontaires ou non; on parle alors de désinformation) ;
  • le mensonge (volontaire).

Le fact-checking nécessite des connaissances générales et la capacité d'effectuer des recherches rapides et précises; notamment, depuis l'affaire Penelope Fillon en 2017, dans le domaine légal[11].

Mais alors qu'à l'origine, ses praticiens étaient uniquement des journalistes intervenant dans le cadre de leurs investigations, « aujourd'hui, n'importe qui peut retrouver des infos ou des vidéos en ligne, pointer des mensonges, des contradictions, des raccourcis »[12].

Historique[modifier | modifier le code]

L'exercice de la critique des médias se développe aux États-Unis à partir de 1988, avec la publication du livre d'Edward Herman et Noam Chomsky La fabrication du consentement. Les auteurs entendent démontrer comment les principaux médias interprètent les faits non pas de façon neutre et objective, comme le leur oblige la déontologie mais de manière tendancieuse, portés par le souci de véhiculer l'idéologie libérale (impulsée alors par le président américain Ronald Reagan et la Première ministre britannique Margaret Thatcher) et du fait de la collusion entre les grands magnats de la presse et les hommes politiques.

Le fact checking proprement dit émerge dans les années qui suivent, consécutivement au développement des technologies de l'information et de la communication, de la téléphonie portable, des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.), d'Internet et de ses puissants moteurs de recherche[13]. Trois facteurs ont contribué à son développement, dans la presse d'abord puis chez les particuliers : l'apparition des sites d’information en ligne, la consultation de plus en plus facile des bases de données et l'éclosion du travail collaboratif.

Ses origines en tant que discipline journalistique sont diverses. Aux États-Unis, elles puisent en 1994, dans l'expérience The Annenberg Political Fact Check (ou Annenberg Public Policy Center (en)) lancée au sein de l'université de Pennsylvanie par le milliardaire et philanthrope Walter Annenberg, visant à accorder des bourses d'études dans le domaine des sciences politiques. En France, le journaliste Daniel Schneidermann crée en 1995 l'émission Arrêts sur image sur La Cinquième et, l'année suivante naît l'association Acrimed, qui se présente comme « l'observatoire des médias ».

Le fact ckecking prend son essor aux États-Unis aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001, comme riposte aux théories du complot qui se répandaient alors autour du 9/11 Truth Movement (mouvement pour la vérité du 11 septembre) réunissant des milliers de personnes doutant des analyses données par l'administration Bush et les médias. Également deux ans plus tard quand, dans l'hémicycle de l'ONU, le Secrétaire d'État Colin Powell a menti en prétendant que les Irakiens fabriquaient des armes de destruction massive.

Le fact checking se développe avec la création des sites web Factcheck, en 2003, et Politifact, en 2007, qui se présentent comme « non partisans et à buts non lucratifs, au service des électeurs et des consommateurs qui souhaitent mettre fin à la confusion qui règne dans la politique américaine ». Ces sites s'attachent à analyser la faisabilité des promesses faites par les personnalités politiques en vérifiant en particulier si les données chiffrées qu'ils avancent sont justes et si ce qu'ils disent est en conformité avec ce qu'ils ont avancé par le passé[14].

La technique se concrétise auprès du grand public par l'attribution de notes ou de mentions. Avec le Truth-O-Meter, par exemple, Politifact attribue les mentions « vrai », « à moitié vrai » ou « faux ». Et avec l’Obameter, créé l'année suivante, le site s'assigne la mission d'analyser que les engagements de campagne du président nouvellement élu, Barack Obama, sont réalisables. Le site est récompensé en 2009 par le Prix Pulitzer, la plus haute récompense journalistique aux États-Unis[15].

En France, le développement du fact checking est lent jusque dans les années 2010[16]. Ce n'est qu'à partir de 2011 qu'il entre pleinement dans la pratique journalistique[17], à l'occasion de la campagne de l'élection présidentielle [18],[19].

Le fact-checking est une pratique aujourd'hui répandue, tant au sein de la presse institutionnelle que dans la blogosphère[réf. nécessaire]. Ari Malber, correspondant du magazine The Nation, déclare en 2012 : « nous sommes tous des "vérificateurs" (fact-checkers) à présent »[20]. La technique est même de plus en plus confiée à des robots[21].

Une technique questionnée[modifier | modifier le code]

Au début des années 2010, le principe du fact checking est questionné. A première vue, en effet, le procédé naît d'une préoccupation d'ordre éthique. Mais plusieurs commentateurs, y compris des journalistes, reconnaissent que sa pratique tire son origine dans un facteur totalement différent : "les raisons (de son développement) sont diverses, explique en 2010 Thomas Legrand, mais n'ont rien à voir avec une supposée plus ou moins grande audace des journalistes ou plus ou moins grande liberté de la presse. C'est une question d'abord bêtement technique : nous sommes passés de la bande magnétique et vidéo au numérique et nous pouvons garder, chacun d'entre nous, journaliste ou non, et classer tout ce qui se dit. Internet fait le reste: tout est à la disposition de tout le monde en un clic."[22] L'éditorialiste de France Inter, qualifie le fact checking de « tyrannie de la cohérence », mais, précise t-il aussitôt, une « tyrannie salutaire »[22].

En 2012, aux États-Unis, en dépit que les sondages indiquent que les informations des deux grandes chaînes câblées Fox News et MSNBC sont jugées peu fiables, les citoyens se tournent davantage vers ses chaînes « partisanes » que vers CNN, chaîne réputée plus mesurée. Le traitement du fact-checking par ses chaînes n’est pas similaire et est lui-même orienté[23].

En 2014, Benjamin Lagues, d'Acrimed écrit :

« Cette pratique peut être saine et féconde pour le journalisme tel que nous le défendons (... mais ...) si l’exercice n’est pas nouveau, sa constitution en genre et en rubrique particulière est plus récente, au point que, victime de son succès, elle a parfois été dévoyée pour devenir dans certains cas une pratique inutile, voire contre-productive. (...) A vouloir systématiquement fact-checker les élus et politiques, le risque est grand d’exercer un effet loupe sur leur lecture de l’événement. (...) Présenter les faits, oui, mais lesquels ? Car les pratiquants et promoteurs du fact-checking tendent parfois à sacraliser « les faits » en leur donnant le pouvoir de trancher n’importe quelle polémique, n’importe quel débat. (...) Rapidement devenu victime de son succès, le fact-checking est en réalité devenu un genre quasi-autonome dans certains médias : équipe dédiée, chronique quotidienne, rubrique hebdomadaire, etc. In fine, puisqu’une case est à remplir, il fallait vérifier à tout-va. Et dans l’urgence, souvent, seules les données les plus rapidement vérifiables sont analysées. Résultat : une vérification industrielle de « faits », mais une production parfois famélique d’informations. »

— Benjamin Lagues, [24]

L'universitaire Ingrid Riocreux rappelle que « comme toute information, le fact-checking est orienté ». Il a tendance à se transformer et « devient un combat d'idées ». Il est loin d'étayer toujours sérieusement son propos et de fournir des références. Pour cette raison, « le fact-checking doit accepter d'être « fact-checké » ». Pour retrouver en partie la confiance du public, « les médias de masse devraient renoncer à propager ce mythe de l'objectivité qui est allé de pair avec leur développement et reconnaître que toute information est orientée. »[25]

Cédric Mathiot (Libération) regrette que le fact-checking « épargne les journalistes. »[26] mais Chloé Luce, consultante, estime que, du fait que la technique du fact-checking a été rendue possible par l’essor du numérique et du mouvement open data, on y retrouve « en creux, l’idée d’une société de communication dont il faudrait sans cesse décoder les messages cachés, et où la forme a[urait] définitivement pris le pas sur le fond »[27]. Et alors qu'il a été conçu pour vérifier que les hommes politiques ne travestissent pas la réalité à leur avantage et que les médias ne sont pas de connivence avec eux ou avec les décideurs économiques, tout le monde aujourd'hui pratique le fact-checking, y compris les politiciens[28] qui, selon Luce, en font « une arme de communication ».

Une efficacité contestée[modifier | modifier le code]

Une affiche de l'organisation Vote Leave (en) affirmant que le Royaume-Uni déboursait 350 millions de livres par semaine pour être membre de l'Union européenne. Le fact checking n'est pas parvenu a rendre vaine cette stratégie militante.

Selon Elise Koutnouyan des Inrocks, l'efficacité du fact checking est singulièrement remise en cause en 2016 par deux événements politiques. Elle en veut pour preuve que les fact checking mis en place par la majorité des médias n'ont ni entravé le Brexit, ni empêché la nomination de Donald Trump au poste de Président[29]. Cette « méfiance croissante [du public] vis-à-vis des faits présentés par l’establishment » serait caractéristique d'une ère nouvelle dans l'histoire de l'humanité : l'ère post-vérité[29].

Samuel Laurent, animateur de la rubrique « Les décodeurs » au Monde, admet que « la vérification n’a jamais été un remède miracle à la démagogie. Que des politiques mentent est tout sauf nouveau. Ce qui l’est, c’est plutôt le fait que des médias le remarquent et le pointent. Mais là encore, attention à la bulle filtrante : qui vérifie ? En réalité, quelques grands médias, et quelques acteurs universitaires ou citoyens. Et surtout, qui tient compte de cette vérification ? Malheureusement, pas grand monde »[30]. Daniel Schneidermann admet lui aussi que le fact-checking est « impuissant » mais considère qu'il reste cependant « nécessaire »[31].

Selon Maëva Poulet (BFMTV), le fait que les politiciens et toutes sortes d'associations pratiquent à leur tour le fact-checking conduit à générer plus de confusion que de clarté : "Désintox contre désintox, le risque pour cette pratique qui voulait permettre d'y voir plus clair et de mieux "décoder" l'information est désormais... de s'y perdre"[32].

Manifestations[modifier | modifier le code]

Le fact-checking s'exprime essentiellement sur des sites web (dont certains sont les extensions de journaux quotidiens et hebdomadaires), des chroniques radiophoniques et des émissions de télévision. Chaque canal traite des événements de l'actualité locale et internationale.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Créé en 2007, PolitiFact est l'un des deux principaux sites de fact-checking aux États-Unis. Il remporte le Prix Pulitzer en 2009.

C'est dans ce pays qu'il s'est le plus développé et que l'opinion publique y est le plus sensible.

Deux sites web apparaissent dès les années 1990 :

Mais c'est durant la décennie suivante que la pratique du fact-checking s'institutionnalise. Les acteurs les plus influents sont alors :

  • Factcheck, créé en 2003, animé par Glenn Kessler (en), un journaliste qui couvre la politique économique, la politique étrangère, l'aéronautique et Wall Street, par ailleurs rédacteur de la rubrique Fact Checker dans le Washington Post à partir de 2007 ;
  • Politifact, créé en 2007 et aussitôt popularisé avec le Truth-O-Meter (« indice de vérité ») puis, l'année suivante, l'Obameter, mis en place pour étudier dans quelle mesure les promesses du candidat démocrate Barack Obama sont réalisables.

Signalons également :

  • la NewsTrust's Truth Squad, la « brigade de la vérité » du site NewsTrust (en) (créé en 2005), à partir de 2010.

La campagne présidentielle américaine de 2012 a fortement popularisé le fact-checking. Les sites "fact-checkers" oeuvrent non plus seulement pour vérifier l'authenticité des informations relatives à des faits passés mais pour intervenir en amont des faits, ceci en analysant la faisabilité des promesses électorales. Ils se trouvent ainsi investis du rôle d'arbitres entre les deux candidats, Barack Obama et Mitt Romney :

  • Factcheck, a analysé leurs propos de façon régulière et approfondie [33]. La campagne prend de la hauteur, sur le thème de l'emploi, lors du discours de l'ex-président Bill Clinton venu soutenir Barack Obama. Ovationné par la convention démocrate, Clinton crée la surprise et s'offre aux fact-checkers quand il affirme que si « la Maison Blanche a été occupée durant vingt-huit ans par un républicain, et vingt-quatre ans par un démocrate » depuis 1961, avec 24 millions d'emplois créés sous les républicains et 42 millions sous les démocrates, le bilan de très long terme est favorable à ces derniers concernant l'emploi[34]. Les grands médias américains, comme CNN[35], CBS et l'Associated Press[36] et Bloomberg LP[37] constatent que l'ex-président dit vrai.
  • Politifact a souligné que le projet de Mitt Romney de créer douze millions d'emplois en quatre ans n'était pas irréaliste[38].

France[modifier | modifier le code]

En 1995, l'émission Arrêt sur Images intronise le fact-checking dans le paysage audiovisuel français.

L'entrée officielle du fact-checking en France date de 1995, quand est créée l'association Acrimed (pour « Action-CRItique-MEDias »), qui se présente comme « l'observatoire des médias ». L'année suivante est créée l'émission de télévision Arrêts sur image[39] sur la chaîne publique France 5. Dans les deux cas, les médias sont passés au crible dans leur façon de traiter l'information, en premier lieu l'actualité politique. Mais il faut attendre les années 2010 pour que se développe sa pratique[40].

En 2011, Le Monde publie un article intitulé « Le "fact checking", nouveauté journalistique »[41], qui annonce que « plusieurs médias en ligne ont décidé de leur consacrer une rubrique à part entière ». L'année suivante, à l'approche de l'élection présidentielle française, période faste en matière de création de sites et de blogs, un journaliste de la radio BFM Business écrit sur son blog un article intitulé « Le factchecking est en train de nous détruire »[42].

Blogs et sites Web[modifier | modifier le code]

Émissions de télévision[modifier | modifier le code]

Rubriques de journaux[modifier | modifier le code]

  • « Les observateurs » de France 24[49] (depuis 2007), lancé par Julien Pain[50] et animé par lui jusqu'en 2016.
  • « Désintox » : blog créé en 2008 par Cédric Mathiot[51] puis devenu une chronique de Libération[52],[53].
  • « Les décodeurs » : blog créé en 2009 par Samuel Laurent[54] et devenu en 2014 une rubrique du Monde[55].
  • « Les Pinocchios de l’Obs »[56], sur le site du Nouvel Observateur (depuis 2011).
  • « Détecteur de mensonge »[57], sur le site du Journal du dimanche (depuis 2011).
  • « Le Scan politique du Figaro[58] », sur le site du Figaro (depuis 2013).

Émissions de radio[modifier | modifier le code]

  • Le vrai du faux[59] (depuis 2012), diffusée le matin sur France Info et animée par Antoine Krempf
  • Vrai-faux de l'info[60], (depuis 2014), chronique intégrée à la tranche matinale animée par Bruce Toussaint - coordonnée et présentée par Laurent Guimier sur Europe 1. Le concept a été moqué à plusieurs reprises par Nicolas Canteloup dans la Revue de presque[61],[62].

Enseignement du journalisme[modifier | modifier le code]

En France, 14 écoles sont reconnues par la profession. La technique du fact-checking y est enseignée. Signalons notamment :

Prix satirique[modifier | modifier le code]

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

C.P. Scott (1846-1932), un pionnier du fact checking.

En 1929, le journaliste et politicien Charles Prestwich Scott (en) est l'auteur d'une formule qui parait dans le Manchester Guardian, dont il est le fondateur, et qui sera reprise plus tard par les promoteurs de la vérification des faits : « Comment is free but facts are sacred » (les opinions sont libres, les faits sont sacrés).

L'association Fullfact est créée en 2009, financée par les donations de particuliers et des fondations Joseph Rowntree Charitable Trust (en), Nuffield Foundation et Esmee Fairbairn Foundation. Elle privilégie l'interaction avec le public et l'élargissement de la vérification des faits aux grandes questions économiques et sociales, au-delà du simple débat politique[67].

En 2012, la chaîne Channel 4 crée le FactCheck blog.

En 2016, les journalistes du Guardian et la BBC ne parviennent pas à contrecarrer les effets de la rumeur propagée par les partisans de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne selon laquelle le pays envoie 350 millions de livres par semaine à l’Union[68]. L'année suivante, la BBC annonce qu'elle va mettre en place une équipe permanente de fact-checking. James Harding (en), son directeur, précise qu'elle travaillera en collaboration avec Facebook « afin d'être plus efficace »[69].

Ailleurs en Europe[modifier | modifier le code]

Créé en 2014, FactCheckEU[70] est la première plateforme européenne d'approche collaborative de la vérification par les faits (crowd-checking). Dédié à l'Union européenne et disponible en différentes langues, le site permet aux utilisateurs de proposer des déclarations ainsi que de les analyser et de les traduire[71].

Italie[modifier | modifier le code]

En 2012, Pagella Politica[72] est le premier site consacré au fact checking.

Suisse[modifier | modifier le code]

En 2013, une chronique de vérification des faits intègre le Journal du Matin de La Première, principale chaîne radio de la Radio télévision suisse (RTS). Animée par les journalistes Séverine Ambrus et Loïs Siggen Lopez, la chronique « Factuel »[73] propose au grand public, du lundi au jeudi, la vérification d'un fait ou d'une allégation d'une personnalité publique suisse.

Ailleurs dans le monde[modifier | modifier le code]

Québec[modifier | modifier le code]

En 2012, Radio-Canada se lance dans la vérification des faits en direct, lors du duel opposant les hommes politiques Jean Charest et François Legault[74]. Quelques semaines plus tôt Radio-Canada a initié une procédure de vérification des faits concernant les chiffres du chômage[75].

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Signalons en Argentine le site Chequeado (es), depuis 2010, et au Brésil le site Aos Fatos[76].

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

En 2012, l'université du Witwatersrand lance le site internet Africa Check (en) à usage du public mais surtout des médias, en partenariat avec la Fondation AFP. Animé par des permanents de l'université, c'est le premier site internet en Afrique voué à « la vérification des faits, à la promotion de l'idée de vérification et de rigueur dans le débat public », selon Anton Harber, chef du département journalisme de l'université du Witwatersrand[77] et ancien rédacteur en chef du South African Mail and Guardian[78]. « Je crois profondément qu'Africa Check peut apporter une contribution importante au débat public en encourageant une culture de la précision qui pourra faire réfléchir par deux fois les personnalités qui prennent parfois trop de libertés avec les faits », précise Anton Harber à SlateAfrique[78].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Décodex, un outil de vérification de l’information, Les décodeurs, Le Monde, 23 janvier 2017
  2. Erwann Desplanques, Après les robots journalistes, voici les robots spécialistes du fact-checking, Télérama, 6 février 2013
  3. Fact-checking : le "Truth Teller" pour la première fois dévoilé en France, Journalisme.com
  4. Samuel Laurent, Le fact-checking peut-il s’automatiser ? Le Monde, 23 octobre 2015
  5. Felix Delaborde, Facebook et Twitter se lancent dans le fact-checking, La Tribune, 14 septembre 2016
  6. Philippe Berry, Facebook mise sur le fact-checking pour éradiquer les infos bidon, 20 minutes, 15 décembre 2016.
  7. Elise Koutnouyan, 2016 a-t-elle enterré le fact-checking ? Les Inrocks, 30 décembre 2016
  8. « Fact-checking », Françoise Laugée, Revue européenne des médias et du numérique no 20, automne 2011.
  9. « Le fast-checking ou l’art de vérifier les faits », sur Voix Off, le jeudi 29 mars 2012.
  10. Maxime Bourdier, « Présidentielle : ces sites qui traquent les mensonges des candidats », sur Sud Ouest.fr,‎ .
  11. Après le "fact checking", le "legal checking" débarque avec Les Surligneurs, Le Point, 10 février 2017
  12. « Le “fact checking” contre les boniments des politiques », Erwan Desplanques, Télérama.fr, 9 décembre 2011.
  13. Fact-checking, Françoise Laugée, revue européenne des médias et du numérique no 20, automne 2011
  14. « Le “fact checking” contre les boniments des politiques », Erwan Desplanques, Télérama.fr, 29 mars 2012.
  15. Pascal Lapointe, « Science et politique : la guerre des faits », Agence Science-Presse, 15 octobre 2012.
  16. « Le "fact-checking" peine à s’imposer en France », sur OWNI.fr,‎ .
  17. « Le "fact checking", nouveauté journalistique », Xavier Ternisien, Le Monde.fr, 22 septembre 2011.
  18. « Présidentielle 2012 : la Web campagne tient ses promesses] », sur Terrafemina.com,‎ .
  19. « 2012 : le triomphe du fact-checking à la française ? », sur erwanngaucher.com,‎ .
  20. (en) Ari Melber, « Why Fact-Checking Has Taken Root in This Year's Election », sur PBS.org,‎ .
  21. « Après les robots journalistes, voici les robots spécialistes du fact-checking », Erwan Desplanques, Télérama.fr, 6 février 2013.
  22. a et b Sarkozy, victime du fact checking, Thomas Legrand, Slate, 8 avril 2010
  23. Le fact-checking s’impose, les télévisions disposent, Anthony Nelzin-Santos, horizonsmediatiques.fr, 31 octobre 2012
  24. Le « fact-checking » : une pratique féconde... mais pas auto-suffisante, Acrimed, 12 novembre 2014
  25. Post-vérité : "On assiste à une dangereuse communautarisation de l'information", entretien Ingrid Riocreux, marianne.net, 4 février 2017
  26. Faut-il fact-checker les journalistes ? Libération, 16 septembre 2014
  27. « Fact checking : la vérité qui ne dérange pas », Chloé Luce, A Medium Corporation, 21 novembre 2016.
  28. 2017: quand les politiques se mettent au "fact-checking", Maëva Poulet, BFMTV, 10 février 2017
  29. a et b « 2016 a-t-elle enterré le fact-checking ? » Les Inrocks.com, 30 décembre 2016.
  30. « La “post-vérité”, “lémédia”, le fact-checking et Donald Trump », Samuel Laurent, Medium France, 14 novembre 2016.
  31. « Le fact-checking, impuissant mais nécessaire », Daniel Schneidermann, Libération.fr, 27 novembre 2016.
  32. 2017: quand les politiques se mettent au "fact-checking", Maëva Poulet, BFMTV, 10 février 2017
  33. Jonathan Trudel, « A beau mentir… », L'Actualité.com, 22 octobre 2012.
  34. « Bill Clinton, avocat percutant de Barack Obama », Sylvain Cypel, Le Monde.fr, 6 septembre 2012.
  35. (en) « CNN Fact Check: Clinton arithmetic holds up on jobs », CNN.com, 7 septembre, 2012.
  36. (en) « Economists: Romney's goal of 12M jobs possible » par Martin Crutsinger, pour l'Associated Press, le 7 septembre, 2012.
  37. (en) « Bill Clinton Asserts Democrats Create More Jobs: Reality Check », Businessweek.com, 6 septembre 2012.
  38. (en) « Bill Clinton says Democratic presidents top Republican presidents in job creation », Louis Jacobson, Politifact.com, 6 septembre 2012.
  39. Site web d'Arrêts sur images.
  40. « Le “fact-checking” peine à s’imposer en France », sur OWNI.fr,‎ .
  41. « Le "fact checking", nouveauté journalistique », Le Monde.fr, 22 septembre 2011.
  42. Soumier/BFM, « Le Fact-Checking nous détruit », Arrêt sur images.net, 8 mai 2012.
  43. http://www.rue89.com/le-demonte-rumeur.
  44. http://www.rue89.com/controle-technique.
  45. http://owni.fr/2012/02/16/veritometre-factchecking-presidentielle/
  46. "A l’épreuve des faits", nouvelle émission présentée par Philippe Ballard sur LCI, Le zapping du Paf, 14 Septembre 2012
  47. « France 2 : timides débuts du fact-checking en direct », Arrêts sur image.net, 28 septembre 2012.
  48. "Check Point", nouvelle rubrique de fact-checking sur les chaînes parlementaires, Le blog TV News, janvier 2017
  49. « Les Observateurs », sur Les Observateurs de France 24 (consulté le 17 octobre 2016).
  50. « “Les observateurs” de France 24 ne sont pas que des amateurs », Valérie Hurier, Télérama.fr, 14 décembre 2012.
  51. http://desintox.blogs.liberation.fr/blog/about.html.
  52. http://desintox.blogs.liberation.fr/
  53. Qu’est-ce que Désintox à Libération ?, Culture-RP, 9 février 2015
  54. [1].
  55. http://decodeurs.blog.lemonde.fr/
  56. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/les-pinocchios-de-l-obs/
  57. http://www.lejdd.fr/Detecteur-de-mensonges.
  58. http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/
  59. http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/
  60. http://www.europe1.fr/emissions/le-vrai-faux-de-l-info
  61. http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-revue-de-presque-de-Nicolas-Canteloup/Sons/Guimier-prends-en-de-la-graine-1485349/ Guimier, prends en de la graine !
  62. Oui mais non !.
  63. Enquête, sources et fact-checking sur le web et les réseaux sociaux, CFJP
  64. Fact-checker
  65. "Live" et "fact checking" politique
  66. Opération fact-checking à l'école de journalisme, La Nouvelle République, 10 février 2017
  67. (en) Site web de Full Fact.
  68. Le Brexit, ou l'impuissance du fact-checking, Vincent Glad, Libération, 30 juin 2016
  69. « La BBC va mettre en place une équipe permanente de fact-checking », L'Obs, 13 janvier 2017.
  70. « FactCheckEU.org », FactCheckEU.org,‎ (consulté le 11 janvier 2014).
  71. « About US », FactCheckEU.org (consulté le 11 janvier 2014).
  72. https://pagellapolitica.it
  73. http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/factuel/
  74. Fact-checking en direct sur Radio-Canada.
  75. "L'emploi a-t-il vraiment progressé sous les libéraux?" sur Radio-Canada, le 2 août 2012 [2].
  76. https://aosfatos.org
  77. "Afrique du Sud: Lancement du premier site africain de vérification des faits", dépêche AFP du 31/10/2012.
  78. a et b "Le "fact checking" arrive en Afrique", sur Afrik.com du 6 novembre 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Trop de liens externes (janvier 2017).
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