Institut Montaigne

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Institut Montaigne
Image illustrative de l’article Institut Montaigne

Domaine d'activité Généraliste
Histoire
Création 2000
Budget
Caractéristiques
Personnes-clés Claude Bébéar, fondateur
Henri de Castries, président
Laurent Bigorgne, directeur
Siège Paris (France)
Publications Notes, études, rapports et événements
Site web http://www.institutmontaigne.org

L'Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, est un groupe de réflexion français, qui se présente avec l'objectif de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale. Basé à Paris, il regroupe des cadres d'entreprises, des hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile. Son expertise porte sur les enjeux de long terme, notamment en matière de politiques publiques[1], auxquels la France et l'Europe sont confrontées. Il est d'orientation libérale[2],[3],[4].

Recherche[modifier | modifier le code]

Grands axes[modifier | modifier le code]

Il organise ses travaux autour de quatre axes de recherche :

  • Cohésion sociale : éducation, enseignement supérieur, emploi, formation professionnelle, égalité des chances, diversité ;
  • Action publique : retraites, justice, santé, protection sociale, environnement, Europe, relations internationales ;
  • Compétitivité : entreprises, énergie, transports, PME, numérique, régulation financière ;
  • Finances publiques : fiscalité, finances locales, dépenses publiques, collectivités territoriales.

L’Institut s’attache à fournir des éléments de décryptage du débat public, notamment en mettant à la disposition des citoyens des outils et des données factuelles. En 2016, l’Institut Montaigne lance avec l’IFOP une grande enquête, aux méthodes rigoureuses et transparentes[citation nécessaire], sur les musulmans de France auprès de plus de 1 000 personnes de confession ou de culture musulmanes. Ainsi, en 2012, à l’occasion de l’élection présidentielle, l’Institut Montaigne a réalisé une estimation de l’impact budgétaire des programmes des principaux candidats à travers l’opération Chiffrages-Déchiffrages 2012. Il a renouvelé cette démarche pour les programmes des deux principaux candidats des dix des plus grandes villes françaises à l’occasion des élections municipales de 2014, des élections régionales de 2015 et de la présidentielle 2017 . Il a également créé le premier serious game sur les finances publiques, permettant à chacun de comprendre en temps réel l’impact des mesures macro-économiques et politiques sur le budget de l’État et de visualiser l’évolution de la dette et du déficit de la France.

L’Institut crée aussi des initiatives participatives comme il l’a fait en organisant en 2012 une conférence de citoyens réunissant 25 personnes pour les former aux principaux enjeux du système de santé, à son fonctionnement et à son financement. Ils ont ensuite débattu avec des experts venus d’horizons très divers avant de se réunir pour rédiger eux-mêmes un "avis citoyen".

Souvent classé comme libéral, l'institut a pris néanmoins des positions fermes en matière de régulation financière à la suite de la crise financière de 2008[5],[6]. Il propose une forte réduction des dépenses publiques notamment en augmentant le temps de travail des fonctionnaires et dans le secteur privé, en rendant dégressive l'indemnité chômage, en créant une franchise de remboursement médical, enfin en réduisant les allocations familiales, par une diminution progressive de la prise en charge des congés parentaux[7].

L’Institut travaille au renouvellement de certaines pratiques démocratiques en accompagnant des initiatives innovantes. Ainsi il a mené en 2011, sous la direction de Gilles Kepel, une enquête auprès des habitants des communes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil (93) qui a donné lieu à Banlieue de la République, monographie d’un territoire qui a été l’épicentre des émeutes de 2005. Gilles Kepel et l’équipe de l’Institut ont également parcouru la France pendant un an et demi pour réaliser "Passion française", fruit de rencontres à Roubaix et à Marseille de candidats issus de l’immigration.

En 2012, dans de cadre de l’élection présidentielle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel fait suspendre la diffusion par BFM-TV et RMC des publicités de l'institut Montaigne, trop engagées en faveur de Sarkozy, afin de respecter l'équilibre entre candidats. L'institut Montaigne se félicite d'avoir atteint son objectif : « Notre campagne aura été programmée 26 jours sur les 31 prévus initialement »[8].

Production[modifier | modifier le code]

L’institut Montaigne est un espace de réflexion et d’élaboration de propositions concrètes affranchi de toute logique partisane dont l’objectif est de renforcer la compétitivité et la cohésion sociale. Les propositions formulées sont adressées aux pouvoirs publics. Plus récemment, l’institut Montaigne encourage et promeut des voies nouvelles d’action en lançant des expérimentations rigoureusement évaluées. C’est le cas, par exemple, de la conférence de citoyens organisée à l’automne 2012 sur la réforme du système de santé français et de son financement.

Depuis sa création, l'institut a fait paraître 202 publications (au 15 novembre 2017)[9] :

  • Le rapport, fruit d'une réflexion collective d'un groupe de travail. Au total au 15 novembre 2017, 85 rapports ont été produits[9].
  • L'étude plus personnelle réalisée par un ou une expert(e)-associé(e). Au 15 novembre 2017, 42 études ont été publiées[9].
  • La note réagit à un sujet d'actualité. Au 15 novembre 2017, 59 notes ont été réalisées[9].
  • Les enquêtes et ouvrages collectifs: Banlieue de la République (), Réformer par temps de crise (), Intérêt général : que peut l’entreprise ? (), Et la confiance, bordel ? (août 2014), Pour en finir avec le chômage (septembre 2015), Terreur dans l'Hexagone (décembre 2015), Les primaires pour les nuls (avril 2016), Un autre droit du travail est possible (mai 2016).
Publications récentes
  • Vaincre l'échec à l'école primaire (avril 2010) : ce rapport étudie les mécanismes à l’origine des difficultés scolaires et formule des propositions pour y remédier.
  • De la naissance à la croissance: comment développer nos PME (): propositions pour aider le tissu de PME françaises à grandir et à se développer sur le plan national et international.
  • Pour un "New Deal" numérique (), par Gilles Babinet : dix propositions pour permettre à la France de rattraper son retard dans le secteur du numérique[10].
  • Gaz de schiste : comment avancer (Juillet 2014), président du groupe de travail Jean-Pierre Clamadieu : 12 propositions pour mettre un terme au blocage du débat sur les gaz de schiste en France[11].
  • Dix ans de politiques de diversité : quel bilan ? (septembre 2014) : Dix ans après la publication de ce travail et la création de la Charte de la diversité, quel bilan tirer des politiques de lutte contre les discriminations mises en œuvre en France ?
  • Chômage : inverser la courbe (octobre 2014) par Bertrand Martinot. Ce livre, ayant remporté le Prix Turgot, questionne les logiques et les blocages qui caractérisent l’arsenal anti-chômage de la France.
  • Marché du travail : la grande fracture (février 2015) par Augustin Landier et David Thesmar. Cette étude interroge les conditions de la création d’emplois dans une économie post-industrielle.
  • Big data et objets connectés. Faire de la France un champion de la révolution numérique (avril 2015) : Ce rapport identifie étudie l'impact et les potentialités économiques du Big data et des objets connectés.
  • Sauver le dialogue social. Priorité à la négociation d’entreprise (septembre 2015) :  Il s'agit de "revoir profondément la hiérarchie des normes en droit du travail". Ce rapport préconise la prévalence des accords d'entreprise sur les accords de branches ou les textes du Code du travail en matière de droit applicable[12].
  • Pour en finir avec le chômage (septembre 2015) Ouvrage publié aux Editions Fayard[13].
  • Discriminations religieuses à l’embauche : une réalité. Ce rapport étudie la différence de traitement par les entreprises entre les candidatures entre différents profils similaires, distingués uniquement par leur prénom et leur orientation religieuse[14].
  • Décentralisation : sortons de la confusion (janvier 2016)[15].
  • Le numérique pour réussir dès l'école primaire (mars 2016)[16]
  • Refonder la sécurité nationale (septembre 2016)[1]
  • Un islam français est possible (septembre 2016)[2]
  • Economie circulaire réconcilier croissance et environnement (novembre 2016)[3]
  • L'Europe dont nous avons besoin (mars 2017)[4]
  • Quelle place pour la voiture demain ? (juin 2017)[5]
  • Syrie en finir avec une guerre sans fin (juin 2017)[6]
  • Nouveau monde arabe, nouvelle "politique arabe" pour la France (août 2017)[7]
  • Prêts pour l'Afrique d'aujourd'hui ? (septembre 2017).[8]

Organisation[modifier | modifier le code]

Comité directeur[modifier | modifier le code]

Organe décisionnel, qui s'assure de la cohérence des publications et de la qualité scientifique et éditoriale des travaux [17]:

D'après Laurent Bigorgne, « la moitié de notre comité de direction est composée de gens de gauche, et l’autre moitié de gens de droite »[20].

Conseil d'orientation[modifier | modifier le code]

Instance consultative, composée de douze membres dont le président est Ezra Suleiman, professeur à l'Université de Princeton, le conseil d’orientation de l’institut Montaigne a pour principale finalité de nourrir la réflexion de l’institut sur les tendances sociétales lourdes[21].

Experts[modifier | modifier le code]

De nombreuses personnalités contribuent aux travaux et réflexions menées par l’institut Montaigne.

  • Gilles Babinet contributeur sur les questions numériques;
  • Nicolas Baverez contributeur sur les questions de défense;
  • Patrick Calvar conseiller pour les questions de sécurité;
  • Eric Chaney conseiller pour les questions économiques;
  • Olivier Duhamel contributeur sur les questions politiques et institutionnelles;
  • Ramon Fernandez contributeur sur les questions européennes;
  • Hakim El Karoui collaborateur sur les questions de politique arabe et relatives à l’Islam;
  • Marc Lazar contributeur sur les questions politiques et institutionnelles françaises et européennes;
  • Dominique Moïsi conseiller pour les questions de géopolitique;

Équipe Permanente[modifier | modifier le code]

Composée de 21 membres dirigée par Laurent Bigorgne depuis 2011[22]

Financement[modifier | modifier le code]

L'institut est financé par plus de 100 entreprises[23]. Aucune des cotisations ne peut excéder 2 % du budget total. Son financement est exclusivement privé[20]. Il possède en 2017 un budget de 4,3 millions d'euros[24].

Controverses[modifier | modifier le code]

Actions pendant la campagne présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Comme en 2007, l'Institut Montaigne a porté ses propositions dans la campagne présidentielle, à la télévision ainsi qu'à la radio : priorité à l'école primaire, non-cumul des mandats, insertion des jeunes sur le marché du travail, petite enfance, compte individuel de formation, fusion des régimes de retraite, réforme des rythmes scolaires, efficacité et qualité des soins.

En avril 2012, il a été reproché à l'institut Montaigne de faire de la publicité déguisée pour Nicolas Sarkozy, alors que la publicité de partis politiques est interdite[25]. En effet, une proposition issue de la campagne de publicité menée de mars à avril par l'institut Montaigne a été rapprochée de certains propos tenus par le président-candidat, Nicolas Sarkozy, conduisant le CSA à instruire le dossier[26],[27],[28]. Cette proposition avait déjà été formulée par l'Institut Montaigne dès 2006 dans une étude de Jacques Bichot[29]. D'autres propositions mises en avant pendant cette campagne font écho aux programmes de François Hollande comme celles sur la priorité à l'école primaire, défendue par l'Institut Montaigne dans son rapport Vaincre l'échec à l'école primaire en 2010[30].

L'institut Montaigne a également suscité la polémique en chiffrant les mesures proposées par les candidats à l'élection présidentielle, en partenariat avec le journal Les Échos[31],[32].

Pendant la campagne, La Chaîne parlementaire (LCP) avait comme éditorialiste de son émission politique Thèmes de campagne, Laurent Bigorgne, alors directeur de l'institut Montaigne[33]. Cette émission, présentée par Patrick Poivre d'Arvor, avait reçu, de mars à juin 2012, Pascal Lamy, Nicole Notat, Thierry Breton et Jacques Attali[34].

Classements[modifier | modifier le code]

En 2017, l'Institut Montaigne a été classé à la première place du classement “Think Tank & Transparent” de l'Observatoire européen des think tanks, en obtenant les plus hautes notes en matière de gouvernance, de transparence et de production[35],[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.institutmontaigne.org/qui-sommes-nous
  2. « INFO OBS. Le CSA fait retirer des publicités trop sarkozystes », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  3. Jean-Louis Dell'Oro, « Un think tank libéral se cache-t-il derrière les candidatures Macron et Fillon ? », challenges.fr, 8 décembre 2016.
  4. Marie Charrel, « L’Institut Montaigne plaide pour un renforcement de la zone euro », lemonde.fr, 27 mars 2017.
  5. Nicolas Cori, Le libéral Institut Montaigne pique une crise d’altermondialisme, Libération, 28 mars 2009
  6. http://www.institutmontaigne.org/blog/2011/08/12/758-aux-etats-et-aux-investisseurs-de-reprendre-la-main-sur-le-systeme-financier-claude-bebear-edouard-tetreau
  7. l'Institut Montaigne prône des coupes drastiques dans la dépense publique, lexpansion.lexpress.fr, 13 décembre 2012
  8. « Des publicités trop sarkozystes retirées par le CSA », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  9. a b c et d http://www.institutmontaigne.org/fr/publications
  10. Hugo Sedouramane, L'Institut Montaigne dévoile 10 propositions pour un "New Deal" numérique, Journal du Net, 26 février 2013
  11. « Gaz de schiste : comment avancer », sur http://www.institutmontaigne.org/ (consulté le 3 octobre 2014)
  12. « Sauver le dialogue social. Priorité à la négociation d’entreprise », sur institutmontaigne.org, (consulté le 8 avril 2016)
  13. « Pour en finir avec le chômage », sur institutmontaigne.org, (consulté le 27 avril 2016)
  14. « Discriminations religieuses à l’embauche : une réalité », sur institutmontaigne.org, (consulté le 27 avril 2016)
  15. « Décentralisation : sortons de la confusion », sur institutmontaigne.org, (consulté le 27 avril 2016)
  16. « Le numérique pour réussir dès l'école primaire », sur institutmontaigne.org, (consulté le 27 avril 2016)
  17. Comité directeur
  18. Biographie de Christian Forestier sur le site de l'institut.
  19. Biographie de Jean-Paul Tran Thiet sur le site de l'Institut.
  20. a et b Jean-Louis Dell'Oro, « Un think tank libéral se cache-t-il derrière les candidatures Macron et Fillon? », sur Challenges.fr, (consulté le 9 février 2017).
  21. Conseil d'orientation
  22. Équipe Permanente
  23. Liste des 100 entreprises
  24. Camille Polloni, « Institut Montaigne, Terra Nova, Iris... Qui finance les think tanks ? », nouvelobs.com, 19 novembre 2013.
  25. http://tempsreel.nouvelobs.com/l-oeil-de-nabil/20120330.OBS5113/une-pub-deguisee-pour-sarkozy-a-la-tele.html
  26. http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13571
  27. http://www.mediapart.fr/journal/france/040412/une-publicite-deguisee-pour-sarkozy-en-question
  28. https://www.tdg.ch/monde/europe/publicite-deguisee-ump-risque-detre-interdite/story/14903012
  29. « Institut Montaigne - Publications »
  30. « Institut Montaigne - Publications »
  31. https://www.lesechos.fr/14/11/2011/LesEchos/21057-047-ECH_presidentielle-----les-echos---et-l-institut-montaigne-engagent-le-chiffrage-des-programmes-pour-2012.htm
  32. http://www.mediapart.fr/journal/france/101211/presidentielle-2012-chiffrages-dechiffrages-enfumages
  33. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4139
  34. « LCP - Thèmes de campagne »
  35. https://uploads.strikinglycdn.com/files/8df09ab7-5fb7-42d6-a1d1-7d974f11a3f9/LA-FRANCE-DES-THINKS-TANKS-2017.pdf
  36. https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0301018502889-les-think-tanks-francais-des-organismes-bien-structures-mais-peu-transparents-2138125.php classement

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]