Institut Montaigne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Institut Montaigne
Image illustrative de l'article Institut Montaigne

Domaine d'activité Généraliste
Histoire
Création 2000
Budget
Caractéristiques
Personnes-clés Claude Bébéar, fondateur
Henri de Castries, président
Laurent Bigorgne, directeur
Siège Paris (France)
Publications Notes, études et rapports
Site web www.institutmontaigne.org

L'Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, est un think tank ("réservoir d'idées") français dont l'objectif est de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale. Il est classé à droite par certains, sans attache partisane pour d'autres. Il est favorable à la construction européenne et d'obédience libérale, c'est-à-dire favorable à l’économie de marché. Basé à Paris, il regroupe des cadres d'entreprises, de hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile. Son expertise porte sur les enjeux de long terme, notamment en matière de politiques publiques[1], auxquels la France et l'Europe sont confrontées.

Recherche[modifier | modifier le code]

Grands axes[modifier | modifier le code]

Il organise ses travaux autour de quatre axes de recherche :

  • Cohésion sociale : éducation, emploi, diversité, formation professionnelle, égalité des chances
  • Action publique : retraites, justice, santé, protection sociale, Europe, enseignement supérieur
  • Compétitivité : entreprises, énergie, transports, PME, numérique, régulation financière
  • Finances publiques : fiscalité, finances locales, dépenses publiques, collectivités territoriales

Souvent classé comme libéral, l'institut a pris néanmoins des positions fermes en matière de régulation financière à la suite de la crise financière de 2008[2],[3]. Il propose une forte réduction des dépenses publiques notamment en augmentant le temps de travail des fonctionnaires et dans le secteur privé, en rendant dégressive l'indemnité chômage, en créant une franchise de remboursement médical, enfin en réduisant les allocations familiales, par une diminution progressive de la prise en charge des congés parentaux[4].

L’Institut travaille au renouvellement de certaines pratiques démocratiques en accompagnant des initiatives innovantes. Ainsi il a mené en 2011, sous la direction de Gilles Kepel, une enquête auprès des habitants des communes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil (93) qui a donné lieu à Banlieue de la République, monographie d’un territoire qui a été l’épicentre des émeutes de 2005. Gilles Kepel et l’équipe de l’Institut ont également parcouru la France pendant un an et demi pour réaliser "Passion française", fruit de rencontres à Roubaix et à Marseille de candidats issus de l’immigration.

L’Institut s’attache à fournir des éléments de décryptage du débat public, notamment en mettant à la disposition des citoyens des outils et des données factuelles. Ainsi, en 2012, à l’occasion de l’élection présidentielle, l’Institut Montaigne a réalisé une estimation de l’impact budgétaire des programmes des principaux candidats à travers l’opération "Chiffrages-Déchiffrages 2012"[5]. Il a renouvelé cette démarche pour les programmes des deux principaux candidats des dix des plus grandes villes françaises à l’occasion des élections municipales de 2014[6]. Il a également créé le premier serious game sur les finances publiques , permettant à chacun de comprendre en temps réel l’impact des mesures macro-économiques et politiques sur le budget de l’Etat et de visualiser l’évolution de la dette et du déficit de la France.

L’Institut crée aussi des initiatives participatives comme il l’a fait en organisant en 2012 une conférence de citoyens réunissant 25 personnes pour les former aux principaux enjeux du système de santé, à son fonctionnement et à son financement. Ils ont ensuite débattu avec des experts venus d’horizons très divers avant de se réunir pour rédiger eux-mêmes un "avis citoyen" [7]

Production[modifier | modifier le code]

L’institut Montaigne est un espace de réflexion et d’élaboration de propositions concrètes affranchi de toute logique partisane dont l’objectif est de renforcer la compétitivité et la cohésion sociale. Les propositions formulées sont adressées aux pouvoirs publics. Plus récemment, l’institut Montaigne encourage et promeut des voies nouvelles d’action en lançant des expérimentations rigoureusement évaluées. C’est le cas, par exemple, de la conférence de citoyens organisée à l’automne 2012 sur la réforme du système de santé français et de son financement.

Depuis sa création, l'institut a fait paraître 171 publications (au 21 juillet 2015)[8] dont 59 publications concernant l'action publique, 48 publications la cohésion sociale, 49 publications la compétitivité et 15 publications les finances publiques :

  • Le rapport, fruit d'une réflexion collective d'un groupe de travail. Au total au 21 juillet 2015, 69 rapports ont été produits[8], dont :
    • 24 sur l'axe action publique
    • 17 sur l'axe cohésion sociale
    • 23 sur l'axe compétitivité
    • 5 sur l'axe finances publiques
  • l'étude plus personnelle réalisée par un ou une expert(e)-associé(e). Au 21 juillet 2015, 39 études ont été publiées[8], dont :
    • 15 sur l'axe action publique
    • 15 sur l'axe cohésion sociale
    • 7 sur l'axe compétitivité
    • 2 sur l'axe finances publiques
  • La note réagit à un sujet d'actualité. Au 21 juillet 2015, 51 notes ont été réalisées[8], dont :
    • 17 sur l'axe action publique
    • 14 sur l'axe cohésion sociale
    • 15 sur l'axe compétitivité
    • 5 sur l'axe finances publiques
  • Les enquêtes et ouvrages collectifs: Banlieue de la République (), Réformer par temps de crise (), Intérêt général : que peut l’entreprise ? (), Et la confiance, bordel ? (août 2014)
Publications récentes

Organisation[modifier | modifier le code]

Comité directeur[modifier | modifier le code]

Organe décisionnel, composé à 75 % d'hommes, qui s'assure de la cohérence des publications et de la qualité scientifique et éditoriale des travaux :

  • président : Henri de Castries, président de l'Institut Montaigne et Président Directeur Général d'AXA
  • président d'honneur et fondateur : Claude Bébéar, groupe Axa
  • président d'honneur : Bernard de La Rochefoucauld[11], fondateur, Institut La Boétie
  • David Azéma, Chairman Global Infrastructure Group, Bank of America Merrill Lynch
  • Emmanuelle Barbara, associée-gérante, August & Debouzy
  • Nicolas Baverez, économiste, avocat
  • Marguerite Bérard-Andrieu, directrice générale adjointe chargée de la Stratégie du groupe BPCE
  • Mireille Faugère, conseillère maître à la Cour des comptes
  • Christian Forestier[12], ancien recteur
  • Marwan Lahoud, directeur général délégué, Airbus Group
  • Natalie Rastoin, directrice générale, Ogilvy France et Présidente, Ogilvy One
  • René Ricol, associé fondateur de Ricol Lasteyrie Corporate Finance
  • Jean-Dominique Senard, président de Michelin
  • Jean-Paul Tran Thiet[13], avocat associé, White & Case
  • Arnaud Vaissié, PDG, International SOS, président de la chambre de commerce française de Grande-Bretagne
  • Philippe Wahl, président-directeur général, Groupe La Poste
  • Lionel Zinsou, président, PAI partners

Conseil d'orientation[modifier | modifier le code]

Instance consultative, composée à 58 % d'hommes, le conseil d’orientation de l’institut Montaigne a pour principale finalité de nourrir la réflexion de l’institut sur les tendances sociétales lourdes[14] :

  • président : Ezra Suleiman, professeur, université Princeton
  • Benoit d'Angelin, président d'Ondra Partners
  • Frank Bournois, directeur général d'ESCP Europe
  • Pierre Cahuc, Economiste, Chercheur, Universitaire
  • Loraine Donnedieu de Vabres, avocate, associée gérante, cabinet JeantetAssociés
  • Pierre Godé, vice-président de LVMH
  • Michel Godet, Professeur titulaire de la chaire de prospective stratégique du CNAM
  • Françoise Holder, Administrateur du groupe Holder SAS
  • Philippe Josse, administrateur civil
  • Marianne Laigneau, membre du Conseil d'Etat
  • Sophie Pedder, chef de bureau à Paris, The Economist
  • Hélène Rey, professeur d'économie, London Business School

Equipe Permanente[modifier | modifier le code]

Laurent Bigorgne dirige l'Institut Montaigne depuis 2011. Son équipe est composée de 14 permanents dont 57% de femmes.

Financement[modifier | modifier le code]

L'institut est financé par environ 100 entreprises. Une fois adhérentes, l'institut leur propose d'intégrer les groupes de travail qui peuvent les concerner[15][réf. insuffisante]. Pour éviter une perte d'indépendance trop importante, aucune des cotisations ne peut excéder 2 % du budget total[16].

L'institut Montaigne est subventionné par environ 100 entreprises[17] dont :

Controverses[modifier | modifier le code]

Actions pendant la campagne présidentielle 2012[modifier | modifier le code]

Comme en 2007, l'Institut Montaigne a porté ses propositions dans la campagne présidentielle, à la télévision ainsi qu'à la radio : priorité à l'école primaire, cumul des mandats, insertion des jeunes sur le marché du travail, petite enfance, compte individuel de formation, fusion des régimes de retraite, réforme des rythmes scolaires, efficacité et qualité des soins.

En avril 2012, il a été reproché à l'institut Montaigne de faire de la publicité déguisée pour Nicolas Sarkozy, alors que la publicité de partis politiques est interdite[18]. En effet, une proposition issue de la campagne de publicité menée de mars à avril par l'institut Montaigne a été rapprochée de certains propos tenus par le président-candidat, Nicolas Sarkozy, conduisant le CSA à instruire le dossier[19],[20],[21]. Cette proposition avait déjà été formulée par l'Institut Montaigne dès 2006 dans une étude de Jacques Bichot[22]. D'autres propositions mises en avant pendant cette campagne font écho aux programmes de François Hollande comme celles sur la priorité à l'école primaire, défendue par l'Institut Montaigne dans son rapport Vaincre l'échec à l'école primaire en 2010[23].

L'institut Montaigne a également suscité la polémique en chiffrant les mesures proposées par les candidats à l'élection présidentielle, en partenariat avec le journal Les Echos[24],[25].

Pendant la campagne, la chaîne parlementaire (LCP) avait comme éditorialiste de son émission politique "Thèmes de campagne", Laurent Bigorgne, alors directeur de l'institut Montaigne[26]. Cette émission, présentée par Patrick Poivre d'Arvor, avait reçu, de mars à juin 2012, Pascal Lamy, Nicole Notat, Thierry Breton et Jacques Attali[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Que fait l'Institut ?, Institutmontaigne.org
  2. Nicolas Cori, Le libéral Institut Montaigne pique une crise d’altermondialisme, Libération, 28 mars 2009
  3. « http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/index.php/2011/08/12/758-aux-etats-et-aux-investisseurs-de-reprendre-la-main-sur-le-systeme-financier-claude-bebear-edouard-tetreautribune » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 12/08/2011, sur Figaro
  4. l'Institut Montaigne prône des coupes drastiques dans la dépense publique, lexpansion.lexpress.fr, 13 décembre 2012
  5. « Comment chiffrer les propositions des programmes électoraux »
  6. « Quel est le bilan de santé des finances de la ville de Rennes ? »
  7. « Le pari d'un avis citoyen sur le système de santé »
  8. a, b, c et d http://www.institutmontaigne.org/fr/publications
  9. Hugo Sedouramane, L'Institut Montaigne dévoile 10 propositions pour un "New Deal" numérique, Journal du Net, 26 février 2013
  10. « Gaz de schiste : comment avancer », sur http://www.institutmontaigne.org/ (consulté le 3 octobre 2014)
  11. Biographie de Bernard de La Rochefoucauld sur le site de l'institut.
  12. Biographie de Christian Forestier sur le site de l'institut.
  13. Biographie de Jean-Paul Tran Thiet sur le site de l'Institut.
  14. Voir le conseil d'orientation sur le site de l'institut.
  15. http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290711/institut-montaigne-et-fondapol-deux-styles-pour-des-idees-proches?page_article=3
  16. Tout sur l'Institut, Institutmontaigne.org
  17. Voir les soutiens sur le site de l'institut.
  18. http://tempsreel.nouvelobs.com/l-oeil-de-nabil/20120330.OBS5113/une-pub-deguisee-pour-sarkozy-a-la-tele.html
  19. http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13571
  20. http://www.mediapart.fr/journal/france/040412/une-publicite-deguisee-pour-sarkozy-en-question
  21. http://www.tdg.ch/monde/europe/publicite-deguisee-ump-risque-detre-interdite/story/14903012
  22. « Institut Montaigne - Publications »
  23. « Institut Montaigne - Publications »
  24. http://www.lesechos.fr/14/11/2011/LesEchos/21057-047-ECH_presidentielle-----les-echos---et-l-institut-montaigne-engagent-le-chiffrage-des-programmes-pour-2012.htm
  25. http://www.mediapart.fr/journal/france/101211/presidentielle-2012-chiffrages-dechiffrages-enfumages
  26. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4139
  27. « LCP - Thèmes de campagne »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]