Éliane Viennot

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Éliane Viennot, née à Lyon en 1951, est une historienne de la littérature et critique littéraire française.

Elle est professeure émérite de littérature française de la Renaissance à l'université Jean-Monnet-Saint-Étienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Lyon en 1951[2], Éliane Viennot y effectue ses études secondaires, milite au MLAC, participe avec un collectif de femmes à la création de la librairie Carabosse (Paris 11e) de 1978 à 1984. Elle obtient l'agrégation de lettres modernes[3] puis soutient une thèse de doctorat préparée sous la direction de Madeleine Lazard, et consacrée à la vie et à l’œuvre de Marguerite de Valois (1991)[4]. Elle mène ensuite une carrière universitaire, en tant que professeure[5],[6], puis professeure émérite, de littérature française de la Renaissance à l'université Jean-Monnet-Saint-Étienne. Elle est membre honoraire de l'Institut universitaire de France (senior, promotion 2003, renouvellement 2008)[7].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

Éliane Viennot a consacré de nombreuses études aux relations entre les femmes et le pouvoir, en particulier à Marguerite de Valois. Cofondatrice de la Société internationale pour l'étude des femmes de l'Ancien Régime (SIEFAR) en 2000 et sa présidente jusqu'en 2008, elle a également créé deux collections, « La Cité des dames » et « L'École du genre », aux Presses universitaires de Saint-Étienne (voir Université Jean-Monnet-Saint-Étienne), afin de diffuser les recherches sur l'histoire des femmes et du genre.

Les archives d’Éliane Viennot sont conservées au Centre des archives du féminisme à l'université d'Angers[8],[9], qui en est propriétaire.

Dans son ouvrage La France, les femmes et le pouvoir. Les résistances de la société (XVIIeXVIIIe siècle) (2008), Éliane Viennot soutient que les philosophes des Lumières vont déplacer le paradigme de l'infériorité féminine en lui donnant une cause naturelle et en le faisant entrer dans leur réflexion sur la « sensibilité ». C'est à ce moment que la pensée de « la différence incommensurable des sexes » prend son essor. Michèle Clément considère que la notion de « conscience de sexe » plusieurs fois alléguée par Éliane Viennot pose problème sur le plan théorique. Le livre reprend des éléments caractéristiques de la plume d'Éliane Viennot, « des formules à l'emporte-pièce ou familières », qui font qu'il est « toujours à la charnière entre synthèse historique, analyse critique et pamphlet. » Cette démarche interrogerait la position du chercheur, car « à la chercheuse qui compile et théorise, se superpose la féministe qui instruit un procès. »[10]

La thèse d'Éliane Viennot, selon laquelle il y aurait eu, à partir du XVIIe siècle, une masculinisation délibérée de la langue française est contestée par les linguistes Yana Grinshpun et Jean Szlamowicz. Selon Yana Grinshpun, « c'est une thèse farfelue : "masculinisation" n'a aucun sens en linguistique, et l'Histoire des langues n'a rien à voir avec ce que peuvent en penser des grammairiens ». Pour elle, « cette doctrine montée de toutes pièces dénonce une méconnaissance totale du fonctionnement de la langue »[11].

Émission Secrets d'Histoire[modifier | modifier le code]

En tant que spécialiste de la Renaissance, elle participe ponctuellement à l'émission Secrets d'Histoire présentée par Stéphane Bern.

Elle est notamment intervenue dans les numéros suivants :

Publications[modifier | modifier le code]

  • (co-dir.) avec Florence Rochefort, L’engagement des hommes pour l’égalité des sexes (XIVe – XXIe siècle), Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, , 272 p. (ISBN 978-2-86272-635-9)
Karen Offen, « Florence Rochefort & Éliane Viennot (dir.), L’Engagement des hommes pour l’égalité des sexes (XIVe – XXe siècle) », Clio. Femmes, genre, histoire, no 32,‎ , p. 454-455 (lire en ligne)
  • (coll.) L'Académie contre la langue française : Le dossier “féminisation”, Donnemarie-Dontilly, iXe, , 224 p. (ISBN 979-10-90062-33-7)
Jacques-Philippe Saint-Gerand, « Éliane Viennot, dir., L’Académie contre la langue française. Le dossier « féminisation » », Questions de communication, no 44,‎ (lire en ligne)
  • Le langage inclusif : pourquoi, comment, Donnemarie-Dontilly/14-Condé-en-Normandie, iXe, , 142 p. (ISBN 979-10-90062-50-4)
  • « Genrer, dégenrer, regenrer : la langue, un terrain de lutte pas comme les autres », dans Christine Bard et Frédérique Le Nan (dir.), Dire le genre. Avec les mots, avec le corps, Paris, CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-11788-5, lire en ligne), p. 271-296

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « http://bu.univ-angers.fr/sites/default/files/inventaire_viennot.pdf »
  2. Florian Bardou, « Eliane Viennot, péril pour Immortel·le·s », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. « Histoire des femmes et rapport de pouvoir, ancien régime et époque contemporaine », sur Archives audiovisuelles de la recherche, , entretien avec Éliane Viennot à la Maison des Sciences de l'homme.
  4. Sous la dir. de Madeleine Lazard, La Vie et l'œuvre de Marguerite de Valois : discours contemporains, historiques, littéraires, légendaires (thèse de doctorat ès lettres), Paris, université Paris-III, (SUDOC 043801331).
  5. « Professeuse ».
  6. « Éliane Viennot », sur The Conversation.
  7. « Éliane Viennot », sur Institut universitaire de France (consulté le ).
  8. « 15 AF », sur Centre des archives du féminisme.
  9. « Archives Viennot, Éliane (15 AF) » (consulté le ).
  10. Michèle Clément, Eliane Viennot, La France, les Femmes et le Pouvoir. Les résistances de la société (XVIIe-XVIIIe siècle) (compte-rendu), Réforme, Humanisme, Renaissance, Année 2009, 69, pp. 198-199
  11. Grinshpun-Szlamowicz: "La masculinisation de la langue française est une thèse farfelue", lexpress.fr, 27 juin 2021.
  12. « Secrets d'Histoire consacré à Henri III ce mardi sur France 2 », sur Blogtvnews, (consulté le )
  13. « La légende noire de la reine Margot », sur Inatheque (consulté le )
  14. [compte rendu] Jean-Louis Jeannelle, « Le XIXe siècle contre le féminisme », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. [compte rendu] Yannick Ripa, « «L’Age d’or de l’ordre masculin», ciments de l’antiféminisme », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Bio », sur Éliane Viennot.
  17. Décret du portant promotion et nomination.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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