Éliane Viennot

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Éliane Viennot est une linguiste, historienne de la littérature et critique littéraire française.

Elle est professeur émérite de littérature française de la Renaissance à l'université Jean-Monnet-Saint-Étienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Lyon, elle y effectue ses études secondaires, milite au MLAC, participe avec un collectif de femmes à la création de la librairie Carabosse (Paris 11e) de 1978 à 1984. Elle obtient l'agrégation de lettres modernes[1] puis soutient une thèse de doctorat préparée sous la direction de Madeleine Lazard, et consacrée à la vie et à l’œuvre de Marguerite de Valois (1991)[2]. Elle mène ensuite une carrière universitaire, en tant que professeuse[3] de littérature française de la Renaissance à l'université Jean-Monnet-Saint-Étienne. Elle est membre honoraire de l'Institut universitaire de France (senior, promotion 2003, renouvellement 2008)[4].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

Éliane Viennot a consacré de nombreuses études aux relations entre les femmes et le pouvoir, en particulier à Marguerite de Valois. Cofondatrice de la Société internationale pour l'étude des femmes de l'Ancien Régime (SIEFAR) en 2000 et sa présidente jusqu'en 2008, elle a également créé deux collections, « La Cité des dames » et « L'École du genre », aux Publications de l'université de Saint-Étienne, afin de diffuser les recherches sur l'histoire des femmes et du genre.

Les archives d’Éliane Viennot sont conservées au Centre des archives du féminisme à l'université d'Angers[5],[6], qui en est propriétaire.

Langue française[modifier | modifier le code]

Dans son livre Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française, Éliane Viennot démontre comment les règles de la langue française - en particulier la règle « le masculin l'emporte sur le féminin » - ont été imposées au terme de vifs et longs débats témoignant plus d'un rapport de force défavorable aux femmes que d'une démarche linguistique scientifique. Elle rappelle que les noms de métier et de fonction féminisés qui existaient au Moyen Âge et au début de la Renaissance ont peu à peu été proscrits à partir du XVIIe siècle : ainsi de l'évolution d'usage puis de la disparition du terme « autrice ». Loin de parler de féminisation de la langue française, elle invite à parler de démasculinisation de la langue.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Femmes et pouvoirs sous l'Ancien Régime, Rivages, 1991
  • Marguerite de Valois : histoire d'une femme, histoire d'un mythe, Paris, Payot, coll. « Histoire Payot », , 477-[8] p., 24 cm (ISBN 2-228-88617-3, notice BnF no FRBNF35564863)
    Réédition augmentée, avec un nouveau sous-titre : Marguerite de Valois : « la reine Margot », Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 111), , 660 p., poche (ISBN 2-262-02377-8, notice BnF no FRBNF40030768)
  • Royaume de fémynie : pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes, de la Renaissance à la Fronde, H. Champion, 1999
  • Louise Labé 2005, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2004
  • La France, les femmes et le pouvoir. L’invention de la loi salique (Ve - XVIe siècle), tome I, Perrin, 2006
  • La France, les femmes et le pouvoir. Les résistances de la société (XVIIe - XVIIIe siècle), tome II, Perrin, 2008
  • Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française, iXe, 2014. À propos de la parution de ce livre, voir l'entretien mené par Laurent Angard pour le site Nonfiction.
  • (avec M. Candea, Y. Chevalier, S. Duverger et A-M. Houdebine) L'Académie contre la langue française. Le dossier "féminisation", iXe, 2016, (ISBN 979-10-900-62-33-7)
  • Le langage inclusif : pourquoi, comment, iXe, 2018, (ISBN 979-1090062504)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Elle a reçu les prix suivants[7] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Histoire des femmes et rapport de pouvoir, ancien régime et époque contemporaine », entretien avec Éliane Viennot à la Maison des Sciences de l'homme, Archives audiovisuelles de la recherche, jeudi 24 octobre 2002.
  2. Sous la dir. de Madeleine Lazard, La Vie et l'œuvre de Marguerite de Valois : discours contemporains, historiques, littéraires, légendaires (thèse de doctorat ès lettres), Paris, université Paris-III, (SUDOC 043801331).
  3. Elle indique sur son blog à propos de sa fonction universitaire « professeuse », reprenant cette formulation par une note dans laquelle elle commente « Zut alors ! C'était pas professeure, qu'il fallait dire ? » [lire en ligne]
  4. « Éliane Viennot », sur Institut universitaire de France (consulté le 7 janvier 2018).
  5. Centre des archives du féminisme : 15 AF.
  6. « Archives Viennot, Éliane (15 AF) » (consulté le 10 janvier 2019).
  7. « Éliane Viennot : bio », sur www.elianeviennot.fr (consulté le 5 septembre 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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