Les Jeunes avec Macron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Jeunes avec Macron
Image illustrative de l’article Les Jeunes avec Macron
Logotype officiel.
Présentation
Délégué général Martin Bohmert
Fondation 2015
Scission de Mouvement des jeunes socialistes
Site web lesjam.frVoir et modifier les données sur Wikidata

Les Jeunes avec Macron (JAM) est le mouvement de jeunesse de La République en marche.

Créé en 2015 par des militants du Mouvement des jeunes socialistes (Sacha Houlié, Pierre Person, Florian Humez et Jean Gaborit), il constitue le premier mouvement de soutien à Emmanuel Macron.

Martin Bohmert en est le délégué général depuis 2018.

Historique[modifier | modifier le code]

Sacha Houlié (en haut) et Pierre Person (en bas), cofondateurs des Jeunes avec Macron.

Un site internet lancé le 30 juin 2015 annonce la création du mouvement et fait l'objet de l'attention médiatique[1]. Le collectif est créé quelques semaines plus tard[1]. Il s'agit du premier mouvement de soutien à Emmanuel Macron[1].

Ses quatre initiateurs — Sacha Houlié, Pierre Person, Florian Humez et Jean Gaborit — sont des proches de Stéphane Séjourné, le conseiller politique d’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avec qui ils sont en contact étroit pour cette opération, et d'anciens militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), où Stéphane Séjourné était leur « mentor »[1]. S'étant connus à l'université de Poitiers, ils sont désignés a posteriori dans la presse comme « la bande de Poitiers »[1]. Ils appartiennent au courant « La Relève », situé à l'aile droite du MJS, proche de Dominique Strauss-Kahn, et apparaissent comme minoritaires au sein du MJS[1],[2]. Le Huffington Post souligne que « ce parcours et cet organigramme issus des rangs socialistes n'est pas sans rappeler celui de LREM, dirigé par l'ancien député PS Christophe Castaner avec d'autres parlementaires ex-PS autour de lui comme Richard Ferrand ou François Patriat, chefs des députés et sénateurs macronistes »[2].

Alors qu'Emmanuel Macron est au fait de leur identité dès le lancement, les cofondateurs présentent alors l'initiative comme « totalement indépendante » du cabinet d'Emmanuel Macron[1].

Ils rencontrent Emmanuel Macron pour la première fois lors d’une réunion à Bercy en septembre 2015, puis en tête-à-tête officiel, le 14 mars 2016[1].

France Inter voit dans la phase de lancement « un formidable coup médiatique », observant que « toute la presse nationale, qui s’interroge encore sur les ambitions présidentielles d’Emmanuel Macron, fait le déplacement » à la première conférence de presse des JAM et que « pendant deux jours, les créateurs des JAM multiplient les apparitions en direct sur les chaînes d’information en continue »[1].

A l’automne 2016, Sacha Houlié devient délégué national d’En marche, Pierre Person intègre l’équipe de campagne comme conseiller, Jean Gaborit travaille à l’organisation des meetings et Florian Humez devient collaborateur parlementaire du député PS pro-Macron Jean-Jacques Bridey[1]. Après les élections nationales de 2017, Sacha Houlié et Pierre Person sont tous deux élus députés — de même que certains de leurs proches issus de l'université de Poitiers comme Guillaume Chiche et Aurélien Taché — et figurent parmi les plus « en vue » à l'Assemblée ; Jean Gaborit travaille au service communication du palais de l'Élysée ; et Florian Humez auprès de François de Rugy à la présidence de l'Assemblée[2],[3].

En février 2018, LREM, à travers une décision de son bureau exécutif, affilie les JAM comme son mouvement de jeunesse[4].

En mars 2018, à l'occasion de la première convention nationale du mouvement à laquelle participent Édouard Philippe et une dizaine de ses ministres, une nouvelle équipe dirigeante est désignée ; Martin Bohmert, cadre chez General Electric, devient délégué général (il est le seul candidat à ce poste). Les quatre cofondateurs conservent un droit de veto sur les grandes décisions[5],[2].

Adhérents et militantisme[modifier | modifier le code]

Au lancement, sont considérés adhérents sont ceux qui laissé leur coordonnées sur le site ou lors d’une réunion[1]. Alors que le collectif revendique en octobre 2015 « 1 000 sympathisants et 300 membres actifs », France Inter indique qu'« un fichier diffusé un peu plus tard montre qu’ils seraient en réalité une trentaine. L’examen attentif de plusieurs fichiers adhérents contenus dans les échanges mails entre les créateurs des JAM montre qu’ils ont probablement gonflé les chiffres, ce que Sacha Houlié et Pierre Person ne contestent pas formellement en admettant dans un sourire que « la phase d’amorçage est toujours difficile » »[1].

En juin 2016, peu après le lancement d'En marche, les JAM revendiquent 7 000 adhérents[6]. Sur les 1 500 coordinateurs de « la grande marche » organisée par En marche ! en 2016, la moitié est issue des JAM. France Inter indique que « sans eux, l’opération aurait pu tourner au fiasco »[1].

En mars 2018, les JAM revendiquent 25 000 adhérents[5]. Pour Le Huffington Post, ce montant est « à prendre avec des pincettes (comme pour LREM), l'inscription se faisant en seulement quelques clics. Les trois-quarts seraient en effet des "primo engagés" qui découvrent la politique via ce canal »[2].

Moyens[modifier | modifier le code]

Le premier siège officiel des Jeunes avec Macron est fourni par Henry Hermand[1]. Celui-ci les conseille, leur ouvre les colonnes du 1 dont il est actionnaire, et assure leur promotion auprès d’Emmanuel Macron dans une des notes qu’il lui envoie régulièrement, alors que certains membres de son cabinet semblent commencer à être agacés par leur activisme[1].

Selon France Inter, le mouvement « semble avoir fonctionné avec très peu de moyens financiers jusqu’à son intégration officielle à la galaxie En Marche, en novembre 2016 »[1].

En 2018, les JAM procèdent à la dissolution de leur association de financement et ne peuvent ainsi plus recevoir de dons[7].

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Le premier logo des JAM est très largement inspiré par un événement organisé par le quotidien Le Monde ; la direction juridique du journal repère les similitudes, et obtient un changement[1].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Jacques Monin et cellule investigation de Radio France, « Jeunes avec Macron : histoire d’un hold-up politique », sur France Inter.fr, (consulté le 4 novembre 2018).
  2. a b c d et e Alexandre Boudet, « Les Jeunes avec Macron, succursale d'ex-socialistes au service de LREM, désignent leur chef », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 5 novembre 2018).
  3. Nathalie Segaunes, « Pépinières: la «bande de Poitiers», du MJS à l’Assemblée nationale », sur L'Opinion.fr, (consulté le 5 novembre 2018).
  4. « LREM affilie les Jeunes avec Macron comme organisation de jeunesse », sur europe1.fr, (consulté le 12 novembre 2018).
  5. a et b « Les "Jeunes avec Macron" changent de tête sous le patronage du gouvernement », sur Capital.fr, (consulté le 5 novembre 2018).
  6. Stéphane Grand, « Emmanuel Macron, le ministre qui drague les jeunes », sur lopinion.fr, (consulté le 12 novembre 2018).
  7. « Les Jeunes avec Macron mettent fin aux dons », sur La Lettre A.fr, (consulté le 27 décembre 2018).