Edgar Morin

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Edgar Morin
Edgar Morin IMG 0558.jpg

Edgar Morin au forum Libération, en 2008.

Naissance
(96 ans)
Paris
Nationalité
Formation
Principaux intérêts
Sociologie, Philosophie, Environnement, Politique
Idées remarquables
Œuvres principales
Enfant
Distinctions

Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né à Paris le , est un sociologue et philosophe français.

Penseur de la complexité, il définit sa façon de penser comme « co-constructiviste »[1] en précisant : « c’est-à-dire que je parle de la collaboration du monde extérieur et de notre esprit pour construire la réalité ».

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine séfarade, mais agnostique (il se décrit lui-même comme d'identité néo-marrane). Fils unique, d'un père commerçant venu de Salonique et d'une mère d'ascendance italienne, qu'il perd lorsqu'il a dix ans.

En 1936, pendant la guerre d'Espagne, son premier acte politique est d’intégrer une organisation libertaire, « Solidarité internationale antifasciste », pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine[2],[3]. En 1938, il rejoint les rangs du Parti frontiste, petite formation de la gauche pacifiste et antifasciste. Il obtient une licence en histoire et géographie et une licence en droit (1942), et entre alors dans la Résistance communiste, en 1942, au sein des « forces unies de la jeunesse patriotique ». Il intègre ensuite le mouvement de Michel Cailliau, le MRPGD (Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés). En 1943, il est commandant dans les Forces françaises combattantes et sera homologué comme lieutenant[4]. Son mouvement fusionne avec celui de François Mitterrand, il devient le MNPGD (Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés). Il adopte alors le pseudonyme de Morin, qu’il garde par la suite. Il devient attaché à l'état-major de la 1re Armée française en Allemagne (1945), puis chef du bureau « Propagande » au Gouvernement militaire français (1946). À la Libération, il écrit L’An zéro de l’Allemagne où il dresse un état des lieux de l'Allemagne, insistant sur l'état mental du peuple vaincu, en état de "somnambulisme", en proie à la faim et aux rumeurs. Ce livre arrive au moment du tournant communiste, où après la stigmatisation de la culpabilité allemande, Staline déclare qu'Hitler passe et que le peuple allemand reste. Maurice Thorez l'invitera à écrire dans l'hebdomadaire Les Lettres françaises.

Membre du Parti communiste français depuis 1941, il s'en éloigne à partir de 1949 et en est exclu en 1951, pour avoir écrit un article dans le journal France Observateur. "Ce fut comme un chagrin d'enfant, énorme et très court", dira-t-il. Avec l'appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre en 1950 au CNRS et fait partie du Centre d'études sociologiques dirigé par Georges Friedmann[5].

En 1955, il est l'un des quatre animateurs du Comité contre la guerre d'Algérie. Il défend, en particulier, Messali Hadj. Contrairement à Jean-Paul Sartre, André Breton, Guy Debord ou encore ses amis Marguerite Duras et Dionys Mascolo, il ne signe pas la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, dite « Manifeste des 121 », publiée en septembre 1960 dans le journal Vérité-Liberté. Comme il pense que l'urgence est d'éviter l'installation de dictatures en France et en Algérie, il lance avec Claude Lefort, Maurice Merleau-Ponty et Roland Barthes un appel pour l'urgence des négociations.

En 1965, il conduit une étude transdisciplinaire, au sein d'une vaste recherche de la DGRST, mobilisant de multiples disciplines, sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plodémet (1967), commune où il séjourne près d'un an. Ce fut un des premiers essais d’ethnologie dans la société française contemporaine.

Il s'intéresse très vite aux pratiques culturelles, qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L'Esprit du temps (1960), La Rumeur d'Orléans (1969). Il cofonde la revue Arguments en 1956. Il dirige le CECMAS (Centre d'études des communications de masse) de 1973 à 1989, qui publie des recherches sur la télévision, la chanson dans la revue Communications.

Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des Sciences sociales de Santiago du Chili. En 1969, il est invité à l'Institut Salk de San Diego. Il y retrouve Jacques Monod, l'auteur du Hasard et la Nécessité et conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.

Aujourd'hui directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen et en Amérique latine, et jusqu'en Chine, Corée, Japon. Il a créé et préside l’Association pour la pensée complexe (APC).

Morin a écrit plusieurs ouvrages revenant sur son passé, dont Autocritique en 1959, Vidal et les siens en 1989, Itinérance en 2006 et Mon chemin en 2008.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Edgar Morin est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il apprécie, à cet égard, le bouddhisme qui est une religion sans dieu.

Il s'intéresse de plus en plus au processus de la mondialisation où « le vaisseau spatial terre est propulsé par trois moteurs couplés science/technique/économie, mais est dépourvu de pilote, ce qui prépare deux avenirs antagonistes, l'un de catastrophes (dégradation de la biosphère, multiplication des armes nucléaires, économie soumise à la spéculation financière, crise des civilisations traditionnelles et crise de la civilisation occidentale, multiplication des confits et des fanatismes), l'autre de « transhumanisme » permettant de retarder la mort sans vieillir et de confier aux robots toutes les tâches ennuyeuses et pénibles. Mais cette dernière perspective d'homme augmenté, purement quantitative, ignore la nécessité d'un énorme progrès moral et intellectuel pour éviter les catastrophes et ne pas soumettre l'humanité à une algorithmisation qui la robotiserait »[6].

Il participe à la création en mars 2012 du Collectif Roosevelt 2012 avec l'aide de Stéphane Hessel, Michel Rocard et de nombreux intellectuels et personnalités publiques de la société civile et politique. Ce collectif présente 15 propositions pour éviter un effondrement économique, élaborer une nouvelle société, lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique[7].

En 2012, il soutient publiquement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. Il participe avec ce dernier et de nombreux autres intellectuels, juristes et politiques au lancement d'un Tribunal moral pour les crimes contre la nature et le futur de l'humanité[8] lors de la Conférence « Rio+20 ».

Un documentaire lui est consacré en 2015, intitulé Edgar Morin, chronique d'un regard, coréalisé par Olivier Bohler et Céline Gailleurd.

Le 7 avril 2015, le nom d'Edgar Morin est donné au Lycée d'Excellence de Douai qui devient ainsi le "Lycée d'Excellence Edgar Morin".

Le 2 juillet 2015, il fait partie des premiers signataires, avec d'autres personnalités, d'une pétition demandant que la France accueille Edward Snowden et Julien Assange, à la suite de la lettre ouverte de ce dernier au Président de la République François Hollande.

Œuvre[modifier | modifier le code]

« La pensée est le capital le plus précieux pour l'individu et la société. »[9]

La pensée qui relie[modifier | modifier le code]

Edgar Morin utilise le terme de reliance pour indiquer le besoin de relier ce qui a été séparé, disjoint, morcelé, détaillé, compartimenté, classé, trié... en disciplines, écoles de pensée, etc.

Il aime aussi envisager les choses dans une combinaison de confrontation, complémentarité, concurrence, coopération, les quatre en étroite synergie dynamique.

Il prône l'attitude d'ouverture. Il aime à dire qu'il est animé par un certain "esprit de la vallée", en référence au Tao. L'esprit de la vallée recueille les "eaux" qui viennent de différents versants.

Il a avancé sept principes guides pour une pensée qui relie, principes qui sont complémentaires et interdépendants[10].

  1. Le principe systémique ou organisationnel. L'idée systémique est à l'opposé de l'idée réductionniste car « le tout est plus que la somme des parties ». Les émergences, qualités ou propriétés nouvelles apparaissent dans l'organisation d'un nouveau produit que les composants ne possédaient pas. « Le tout est moins que la somme des parties » également car certaines qualités des composants sont inhibées par l'organisation de l'ensemble.
  2. Le principe hologrammatique. Chaque cellule est une partie d'un tout — l'organisme global —, mais le tout est lui-même dans la partie : la totalité du patrimoine génétique est présente dans chaque cellule individuelle ; la société est présente dans chaque individu-citoyen, en tant que tout, à travers son langage, sa culture, ses normes...
  3. Le principe de boucle rétroactive. « L'effet agit sur la cause » referme le processus de causalité de linéarité ouverte « la cause agit sur l'effet ». Comme dans un système autonome de chauffage où le thermostat régule le fonctionnement. Comme l'homéostasie des organismes vivants.
  4. Le principe de boucle récursive. C'est une boucle génératrice dans laquelle les produits et les effets sont eux-mêmes producteurs et causateurs de ce qui les produit. Chaque être vivant est produit et producteur dans le système de reproduction. Les individus produisent la société dans et par leurs interactions, et la société, en tant que tout émergeant, produit l'humanité des individus en leur apportant le langage et la culture.
  5. Le principe d'autonomie / dépendance (auto-éco-organisation).Les [choses] vivantes sont des [systèmes] auto-organisateurs qui sans cesse s'auto-produisent et par là-même dépensent de l'énergie pour entretenir leur autonomie et doivent donc puiser de l'énergie dans leur milieu, dont elles dépendent pour être autonomes.
  6. Le principe dialogique. [Ce principe] unit deux notions devant s'exclure l'une l'autre, mais qui sont indissociables en une même réalité. La dialogique « ordre / désordre / organisation » dès la naissance de l'Univers. Les particules physiques comme une dialogique (onde et corpuscule). La dialogique (individu / société / espèce) présente en chaque être humain.
  7. Le principe de réintroduction du connaissant dans toute connaissance. [Tout objet-machine, tout objet-processus inventés contient du « sujet » qui les a conçus]. De la perception à la théorie scientifique, toute connaissance est une reconstruction / traduction pour un esprit / cerveau dans une culture et un temps donnés.

« L'humanisme ne saurait plus être porteur de l'orgueilleuse volonté de dominer l'Univers. Il devient essentiellement celui de la solidarité entre humains, laquelle implique une relation ombilicale avec la nature et le cosmos. »

La pensée complexe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pensée complexe.

Concept dont la première formulation date de 1982 dans le livre Science avec conscience (1982)[11], qui exprime une forme de pensée acceptant les imbrications de chaque domaine de la pensée et la transdisciplinarité. Le terme de complexité est pris au sens de son étymologie « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un enchevêtrement d'entrelacements (plexus).

Le Paradigme perdu[modifier | modifier le code]

En 1972, Edgar Morin co-organise le colloque international "L'Unité de l'Homme", avec Jacques Monod et Massimo Piatelli-Palmarini. Sa communication, "Le Paradigme perdu : la nature humaine", transformée et enrichie, deviendra un livre qui paraitra l'année suivante. Il y est dit que nature et culture sont indissociables l'une de l'autre, chacune produisant l'autre dans une boucle permanente.

La Méthode[modifier | modifier le code]

Edgar Morin (à gauche) avec Jean-Louis Le Moigne.

La Méthode est l'œuvre majeure d'Edgar Morin. Comprenant six volumes au total (qui peuvent être lus dans le désordre), on pourrait la qualifier d'encyclopédante (qui met en cycle les savoirs) : la méthode y est déroulée de façon cyclique, pour ne pas dire répétitive, s'appliquant à de nombreuses notions dont certaines sont reprises ci-après.

Le premier tome, intitulé La Nature de la nature, où sont traités les concepts d'ordre et de désordre, de système, d'information, etc. du monde physique.

Le second, intitulé La Vie de la vie, aborde le vivant, la biologie.

Le troisième et le quatrième tomes pourraient être regroupés en un seul puisqu'ils abordent le thème de la connaissance.

Le troisième est intitulé La Connaissance de la connaissance. Il aborde la connaissance du point de vue anthropologique. Il y ouvre le chantier de l'épistémologie complexe.

Le quatrième tome de La Méthode, Les Idées, d'après les mots d'Edgar Morin, « pourrait aussi en être le premier ». En effet, « il constitue l'introduction la plus aisée à « la connaissance de la connaissance » et de façon inséparable au problème et à la nécessité d'une pensée complexe ». Il complète l'œuvre épistémologique du troisième tome en abordant la connaissance du point de vue collectif ou sociétal (« l'organisation des idées »), puis au niveau de la « vie des idées », qu'il appelle la noologie. Il traite en particulier dans un dernier chapitre des notions philosophiques de langage, de logique et de paradigme, auxquelles il applique sa méthode.

Dans une note de lecture[12], Jean-Louis Le Moigne souligne l'importance du dernier chapitre de ce tome 4 qu'Edgar Morin consacre à « la Paradigmatologie » : « encore un néologisme nouveau, dira-t-on ? Sans doute, mais il me semble si fécond pour nous permettre d'entendre la richesse de l'univers pensable sans commencer par l'appauvrir en la simplifiant ». Jean-Louis Le Moigne cite pour conclure Edgar Morin : « Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d'un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d'une paradigmatologie. Il s'agit non de la tâche individuelle d'un penseur mais de l'œuvre historique d'une convergence de pensées. » Selon les mots de Morin, la paradigmatologie est « le niveau qui contrôle tous les discours qui se font sous son emprise et qui oblige les discours à obéir ».

Le cinquième tome (L'Humanité de l'humanité, L'Identité humaine) est consacré à la question de la trinité humaine : Individu - Société - Espèce.

La Méthode se termine par un sixième tome intitulé L'Éthique, qui envisage les incertitudes et les contradictions éthiques et prône une éthique de la compréhension.

Conscience planétaire et Politique de civilisation[modifier | modifier le code]

Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire : « C'est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l'université de Berkeley m'ont éveillé la conscience écologique », rapporte-t-il, avant de s'alarmer : « Trois décennies plus tard, après l'assèchement de la mer d'Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d'ozone dans l'Antarctique, l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, l'urgence est plus grande que jamais ».

En 2007, il est l'auteur de L'An I de l'ère écologique : la Terre dépend de l'homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot.

Cette conscience doit s'accompagner pour Edgar Morin d'une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire... préhistoire de l'esprit humain »[13].

La politique de civilisation, explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être »[14]. L'économiste Henri Bartoli appelle d'ailleurs à replacer l’homme au centre de l'économie (l'économie doit être au service de la vie et non l'inverse)[15]. Plus concrètement, partant du constat que la civilisation moderne génère souvent mal-être profond et individualisme, il propose de s'attacher « à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l'éducation »[16].

L'expression « politique de civilisation » a été reprise par le président de la République française Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux du 31 décembre 2007[17]. Edgar Morin s'est montré très nuancé quant à cette utilisation du concept : « Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l'a pas montré jusqu'à présent et n'en donne aucun signe. »[18], « J’ai deux désaccords très importants avec Sarkozy : sur la politique extérieure, où je vois un alignement sur Bush ; et sur l’intérieur et la politique inhumaine envers les immigrés. Pour le reste, il y a une marge d’incertitude et il peut évoluer.[...] Le chef de l’État est un personnage plastique, en mouvement. Il n’a pas encore pris conscience du caractère radical d’une politique de civilisation. »[19]

Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur[modifier | modifier le code]

Edgar Morin, dans son avant-propos, classe cet opus comme l'ultime d'une trilogie :

  • La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée, 1999,
  • Relier les connaissances, 1999,
  • Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur, 2000.

Il y dégage les 7 thèmes qui doivent devenir fondamentaux dans les enseignements.

Penser la crise : l'abîme ou la métamorphose ?[modifier | modifier le code]

La réflexion d’Edgar Morin[20] plonge au cœur des mouvements de l’histoire, faite de sauts et de soubresauts, loin de l’idée de progrès linéaire, comme il l’explique à un journaliste de Sciences humaines au cours d’une conférence de décembre 2008[21] : « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels – les empires mésopotamien, égyptien, romain, perse, ottoman, maya, aztèque, inca… Et tous ont disparu et ont été engloutis. Voilà ce qu’est l’histoire : des émergences et des effondrements, des périodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons des émergences inattendues. » Et parfois, ajoutera-il à la fin de sa conférence : « Au sein même des périodes noires, des graines d’espoir surgissent. Apprendre à penser cela, voilà l’esprit de la complexité. »

Edgar Morin sur le tournage de Edgar Morin, Chronique d'un regard.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Dès l'adolescence, au début des années 1930, Edgar Morin se passionne pour le cinéma allemand (Georg Wilhelm Pabst en particulier), soviétique (Le Chemin de la vie, Les Marins de Kronstadt) et les films du réalisme poétique français, comme À nous la liberté ou 14 juillet, de René Clair.

À son entrée au CNRS en 1950, encore très influencé par ses recherches pour son livre L'Homme et la mort, qui lui révèlent l'importance de l'imaginaire et du mythe, il commence à étudier le cinéma. Il participe alors à la Revue internationale de filmologie et publiera en 1956 Le Cinéma ou l'Homme imaginaire, dans lequel il analyse le dispositif de la projection cinématographique et développe le concept de projection-identification, qui permet au spectateur à la fois de se projeter dans l'image cinématographique, en même temps qu'il s'identifie aux personnages sur l'écran. Selon lui, le spectateur voit sur l'écran des ombres, des doubles de personnages réels, qui se chargent par la projection de puissances quasi magiques, à l'instar des fantômes ou des revenants des mythologies anciennes. L'année suivante, dans Les Stars[22], il poursuit son analyse du phénomène de divinisation des stars par le public, partant des stars du muet, magnifiées et inaccessibles, jusqu'aux stars modernes, devenues plus humaines, jusque dans l'exposition de leurs faiblesses.

Edgar Morin poursuit son étude du cinéma dans de nombreux articles, entre autres pour la revue La Nef.

En 1960, Edgar Morin coréalise avec Jean Rouch le film Chronique d'un été, qui jette les bases du cinéma-vérité. Les deux réalisateurs s'attachent à la question du bonheur, en suivant divers personnages, principalement des jeunes gens, étudiants ou ouvriers, à Paris, au cours de l'été 1960. Parmi ces jeunes gens se trouvent, alors inconnus, Marceline Loridan-Ivens, Régis Debray, Marilù Parolini. Edgar Morin est ensuite sollicité pour écrire le scénario de L'Heure de la vérité, pour le cinéaste Henri Calef, qui doit raconter l'histoire d'un ancien nazi, chef de camp de concentration, qui s'est réfugié en Israël sous l'identité d'un déporté qu'il a supprimé. Le film se tourne en Israël, avec Karlheinz Böhm, Daniel Gélin et Corinne Marchand, mais la collaboration avec Henri Calef se passe mal et Edgar Morin retirera son nom des dialogues du film, apparaissant au générique sous le pseudonyme de Beressi, qui est le nom de jeune fille de sa mère.

Edgar Morin revient sur l'aspect fondateur du cinéma dans son parcours intellectuel, dans le film de Céline Gailleurd et Olivier Bohler, Edgar Morin, chronique d'un regard[23], qui est salué par un bel accueil critique en avril 2015. Le film suit le cinéaste à Paris et Berlin, en conférence et dans divers musées, comme le Filmmuseum Berlin et le musée du quai Branly. De nombreux extraits inédits de Chronique d'un été permettent de mieux comprendre la gestation de ce projet, de même que le livre de Séverine Graff qui revient sur la généalogie et l'accueil complexe du film[24].

Art et esthétique[modifier | modifier le code]

En 2016, il consacre un ouvrage à l'esthétique, qui examine le problème de la création artistique et des arts.

Style d'Edgar Morin[modifier | modifier le code]

Edgar Morin se distingue par l'emploi régulier de formules paradoxales ou autoréférentielles, incluant souvent de la récursivité, comme « Nous faisons le langage qui nous fait », « Réformer la pensée, penser la réforme » ; de préfixes comme dans l'invention du terme ré-auto-éco-organisation et l'invention de néologismes comme la paradigmatologie[travail inédit ?].

Quelques notions abordées dans la Méthode[modifier | modifier le code]

Tout au long de son œuvre, Edgar Morin a employé sa méthode pour traiter de concepts clés de la philosophie comme la connaissance, le langage, la logique, l'information.

Connaissance[modifier | modifier le code]

Pour Morin, il n'y a « pas de connaissance sans connaissance de la connaissance » (La Méthode, tome 3). L'observateur doit s'inclure dans toute observation.

La cognition comporte la computation (La Méthode, tome 3). Edgar Morin propose une connaissance de type computique — une computation étant, écrit Morin, une opération sur/via signes/symboles/formes dont l'ensemble constitue traduction/construction/solution — qui prend la forme d'un « complexe organisateur/producteur de caractère cognitif comportant une instance informationnelle, une instance symbolique, une instance mémorielle et une instance logicielle » (René Barbier[25]).

Toute connaissance (et conscience) qui ne peut concevoir l'individualité, la subjectivité, qui ne peut inclure l'observateur dans son observation, est infirme pour penser tous problèmes, surtout les problèmes éthiques. Elle peut être efficace pour la domination des objets matériels, le contrôle des énergies et les manipulations sur le vivant. Mais elle est devenue myope pour appréhender les réalités humaines et elle devient une menace pour l'avenir humain.[26]

Pour répondre aux critiques l'accusant de relativisme ou de nihilisme, il avance : Le fond du nihilisme contemporain, je le surmonte en disant que s'il n'existe pas de fondement de certitude à partir duquel on puisse développer une connaissance vraie, alors on peut développer une connaissance comme une symphonie. On ne peut pas parler de la connaissance comme d'une architecture avec une pierre de base sur laquelle on construirait une connaissance vraie, mais on peut lancer des thèmes qui vont s'entre-nouer d'eux-mêmes[27].

S'il n'y a pas de fondement à la connaissance, Morin identifie, à la suite de Humberto Maturana, une source originelle dans le computo de l'être cellulaire, qui est lui-même « indissociable de la qualité d'être vivant et d'individu-sujet » (René Barbier, idem).

Langage[modifier | modifier le code]

Il est donc sensé de penser que c'est le langage qui a créé l'homme, et non l'homme le langage, mais à condition d'ajouter que l'hominien a créé le langage[28].

Le langage est en nous et nous sommes dans le langage. Nous faisons le langage qui nous fait. Nous sommes, dans et par le langage, ouverts par les mots, enfermés dans les mots, ouverts sur autrui (communication), fermés sur autrui (mensonge, erreur), ouverts sur les idées, enfermés dans les idées, ouverts sur le monde, fermés au monde.[29]

Logique[modifier | modifier le code]

A contrario du positivisme logique et du Cercle de Vienne, pour Edgar Morin (La Méthode, tome 4), il faut abandonner tout espoir de fonder la raison sur la seule logique et il faut reconnaître ce qu'il appelle un principe d'incertitude logique.

En effet, explique Edgar Morin, pour commencer, la logique rencontre la contradiction au niveau le plus basique, comme l'illustre le paradoxe du Crétois, mis en évidence dès l'Antiquité par le Crétois Épiménide, qui déclare que tous les Crétois sont des menteurs. Ensuite, le théorème d'incomplétude de Gödel montre que la logique ne peut « trouver en elle-même un fondement absolument certain », tandis que la physique quantique – avec la reconnaissance paradoxale du comportement à la fois ondulatoire et corpusculaire de toute particule (dualité onde-corpuscule) – conduit à penser que « certains aspects de la réalité microphysique n'obéissent pas à la logique déductive-identitaire ».

Ainsi, il souligne que la pensée perdrait « la créativité, l'invention et la complexité » si la logique pouvait l'asservir.

Mais il ne propose pas pour autant de bannir la logique, il adopte une position nuancée :

L'usage de la logique est nécessaire à l'intelligibilité, le dépassement de la logique est nécessaire à l'intelligence. La référence à la logique est nécessaire à la vérification. Le dépassement de la logique est nécessaire à la vérité[30].

Et si la logique ne peut fonder la raison, c'est que la vraie rationalité reconnait ses limites et est capable de les traiter (méta-point de vue), donc de les dépasser d'une certaine manière tout en reconnaissant un au-delà irrationalisable.

La logique classique fonctionne pour tout ce qui est compartimenté et isolé.

Information[modifier | modifier le code]

Edgar Morin confirme les deux idées fondamentales de la théorie de l'information de Shannon :

  • La notion d'information ne peut être dissociée du support physique portant cette information : l'information a une réalité physique.
  • Le sens de l'information est indépendant de la théorie de l'information et est porté par la sphère anthropo-sociale.

Selon ses propres mots (La Méthode 1) :

« L'information doit toujours être portée, échangée et payée physiquement.(...) L'information s'enracine dans la physis, mais sans qu'on puisse la réduire aux maîtres-concepts de la physique classique, masse et énergie. (...) Les traits les plus remarquables et les plus étranges de l'information ne peuvent se comprendre physiquement qu'en passant par l'idée de l'organisation. » (ib. p. 307).

Par exemple, « Le sens [d'une information] fonctionne en dehors de la théorie [de l'information de Shannon] » (La Méthode 1, 3.2.I). En fait, « La théorie de l'information [de Shannon] occulte le méta-système anthropo-social qu'elle suppose et dans lequel elle prend son sens. » (ib.)

Mais surtout, « Pour concevoir l'information dans sa plénitude physique, il ne faut pas seulement considérer ses interactions avec énergie et entropie ; il ne faut pas seulement considérer ensemble néguentropie et information, il faut aussi considérer ensemble information, néguentropie et organisation, en englobant l'information dans la néguentropie et la néguentropie dans l'information. » (ib. p. 307)

« La réalité physique de l'information n'est pas isolable concrètement. Je veux dire qu'il n'y a pas, à notre connaissance et sur notre planète, d'information extra-biologique. L'information est toujours liée aux êtres organisés néguentropiquement que sont les vivants et les êtres métabiotiques qui se nourrissent de vie (sociétés, idées). De plus, le concept d'information a un caractère anthropomorphe qui me semble non éliminable. » (ib. p. 316)

Et enfin, « La notion d'information est nécessairement associée à la notion de redondance et de bruit. » (La Méthode 1, 3.2.I)

Son implication internationale[modifier | modifier le code]

Le Collegium international éthique, politique et scientifique[modifier | modifier le code]

Edgar Morin compte également parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique, association regroupant des scientifiques, intellectuels, anciens chefs d'État ou de gouvernement, qui souhaitent apporter des réponses intelligentes et appropriées à l'échelle mondiale aux nouveaux défis de notre temps.

Edgar Morin et le « cancer israélo-palestinien »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Morin (France).

Le 4 juin 2002, Edgar Morin publie dans le journal Le Monde, avec Sami Naïr et Danièle Sallenave, une retentissante tribune libre intitulée « Israël-Palestine : le cancer »[31]. Cet article y développe l'idée que « ce cancer israélo-palestinien s'est formé, d'une part, en se nourrissant de l'angoisse historique d'un peuple persécuté par le passé et de son insécurité géographique ; d'autre part, du malheur d'un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique ».

Il critique « l'unilatéralisme » que porte la vision israélienne des choses. Pour lui, « c'est la conscience d'avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d'Amérique) devient la légitimation d'un colonialisme, d'un apartheid et d'une ghettoïsation pour les Palestiniens ».

Cet article valut à Edgar Morin et à ses coauteurs un procès pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme » intenté par les associations France-Israël et Avocats sans frontières. Ces associations obtinrent la condamnation[32] du philosophe par la cour d'appel de Versailles, mais ce jugement fut cassé par un arrêt définitif de la Cour de cassation[33] qui a reconnu que la tribune incriminée relevait de la liberté d'expression de ses auteurs.

Citation[modifier | modifier le code]

« Mon premier acte politique fut d’intégrer une organisation libertaire, Solidarité internationale antifasciste, pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine[3]. »

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Les ouvrages d'Edgar Morin ont été traduits en 28 langues et dans 42 pays.

  • 1946 : L'An zéro de l'Allemagne, éditions de la Cité Universelle.
  • 1947 : Allemagne notre souci, Éditions Hier et Aujourd'hui.
  • 1948 : Une cornerie, Éditions Nagel.
  • 1951 : L’Homme et la mort, Éditions Corrêa. Nouvelle édition, Le Seuil, coll. Points, 1976.
  • 1956 : Le Cinéma ou l'homme imaginaire, Éditions de Minuit.
  • 1957 : Les Stars, Le Seuil ; 3e édition, remaniée et augmentée, coll. Points, 1972.
  • 1959 : Autocritique, Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1994.
  • 1962 : L'Esprit du temps, Grasset-Fasquelle.
  • 1967 : Commune en France. La métamorphose de Plodémet, Fayard. (cf. Plozévet).
  • 1968 : Mai 68, La Brèche, avec Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, Fayard. (ISBN 9782213636986). Nouvelle édition suivie de "Vingt ans après", éd. Complexe, 1988.
  • 1969 : La Rumeur d'Orléans., Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1982.
  • 1969 : Introduction à une politique de l'homme, Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1999.
  • 1970 : Journal de Californie., Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points 1982.
  • 1973 : Le Paradigme perdu : la nature humaine., Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1979.
  • La Méthode :
    • 1977 : La Nature de la nature (t. 1), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1981.
    • 1980 : La Vie de la vie (t. 2), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1985.
    • 1986 : La Connaissance de la connaissance (t. 3), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1992.
    • 1991 : Les Idées (t. 4), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 1995.
    • 2001 : L’Humanité de l’humanité - L’identité humaine (t. 5), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points, 2003.
    • 2004 : Éthique (t. 6), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points.
  • 1981 : Pour sortir du XXe siècle, Nathan. Nouvelle édition, augmentée d'une préface et d'un nouveau titre, Pour entrer dans le XXIe siècle, Le Seuil, coll. Points, 2004.
  • 1982 : Science avec conscience, Fayard, Nouvelle édition remaniée, coll. Points, 1990.
  • 1983 : De la nature de l’URSS, Fayard.
  • 1984 : Le Rose et le noir, Galilée.
  • 1984 : Sociologie, Fayard (1re édition), Le Seuil. Nouvelle édition, Le Seuil, coll. Points, 1994.
  • 1987 : Penser l'Europe, Gallimard, coll. Folio, 1990.
  • 1988 : Mais, Édition Neo/Soco Invest, avec Marek Halter.
  • 1989 : Vidal et les siens, (avec Véronique Grappe-Nahoum et Haïm Vidal Sephiha), Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1996.
  • 1990 : Introduction à la pensée complexe, Le Seuil.
  • 1993 : Terre-patrie (avec la collaboration d’A.B. Kern), Le Seuil, Nouvelle édition coll. Points, 1996.
  • 1994 : Mes démons, Stock. Nouvelle édition, Points, 1998.
  • 1994 : La Complexité humaine, Textes choisis, Flammarion, coll. Champs.
  • 1995 : Les Fratricides - Yougoslavie-Bosnie 1991-1995, Édition Arléa.
  • 1995 : Une année sisyphe, Le Seuil.
  • 1997 : Comprendre la complexité dans les organisations de soins (avec Jean-Louis Le Moigne), ASPEPS Éd.
  • 1997 : Une politique de civilisation (en collaboration avec Sami Naïr), éd. Arléa, Paris.
  • 1997 : Amour Poésie Sagesse Le Seuil. Nouvelle édition, coll. Points, 1999.
  • 1999 : L’Intelligence de la complexité (avec Jean-Louis Le Moigne), Éd. l’Harmattan.
  • 1999 : Relier les connaissances, Le Seuil.
  • 1999 : La Tête bien faite, Le Seuil.
  • 2000 : Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Le Seuil.
  • 2000 : Dialogue sur la nature humaine, avec Boris Cyrulnik, Édition France Culture/L'Aube intervention.
  • 2001 : Journal de Plozévet, Bretagne, 1965 (Préparé et préfacé par Bernard Paillard), La Tour d’Aigues, Éditions de L’Aube.
  • 2002 : Dialogue sur la connaissance. Entretiens avec des lycéens (entretiens conçus et animés par Alfredo Pena-Vega et Bernard Paillard), La Tour d’Aigues, L’Aube.
  • 2002 : Pour une politique de civilisation, Paris, Arléa.
  • 2003 : La Violence du monde (avec Jean Baudrillard), Édition du Félin.
  • 2003 : Éduquer pour l’ère planétaire, la pensée complexe comme méthode d’apprentissage dans l’erreur et l’incertitude humaine (avec Raul Motta, Émilio-Roger Ciurana), Balland.
  • 2003 : Université, quel avenir ? (avec Alfredo Pena-Vega)., Éditions Charles Léopold Mayer (ISBN 2-84377-074-2).
  • 2003 : Les Enfants du ciel : entre vide, lumière, matière (avec Michel Cassé), Odile Jacob.
  • 2004 : Pour entrer dans le XXIe siècle, réédition de Pour sortir du XXe siècle publié en 1981, Le Seuil.
  • 2005 : Culture et Barbarie européennes, Bayard.
  • 2006 : Itinérance ( transcription d'un entretien avec Marie-Chritine Navarro en 1999 sur France-Culture, retraçant sa carrière), Arléa.
  • 2006 : Le Monde moderne et la question juive, Le Seuil (ISBN 2-02090-745-3). Nouvelle édition, coll. Points, 2012.
  • 2007 : L'An I de l'ère écologique (avec la collaboration de Nicolas Hulot), Tallandier. (ISBN 2-84734-441-1).
  • 2007 : Où va le monde ?, L'Herne. (ISBN 978-2-85197-669-7).
  • 2007 : Vers l'abîme, L'Herne. (ISBN 978-2-85197-692-5); 2010 - édition Kindle (ASIN B004EPYW6U).
  • 2008 : Mon chemin. Entretiens avec Djénane Kareh Tager, Fayard, 368 p. (ISBN 9782213636832).
  • 2008 : Vive la politique ?, avec Claude Lefort, Forum Libération de Grenoble sur CD audio, Frémeaux & Associés.
  • 2008 : La Méthode, coffret des 6 volumes en 2 tomes, Le Seuil, coll. Opus.
  • 2009 : Crises, Éditions du CNRS, coll. Débats.
  • 2009 : La Pensée tourbillonnaire - Introduction à la pensée d'Edgar Morin, Éditions Germina.
  • 2009 : Edwige, l'inséparable, Fayard. (ISBN 9782213644080).
  • 2010 : Pour et contre Marx, Temps Présent.
  • 2010 : Ma gauche, Éditions François Bourin.
  • 2010 : Comment vivre en temps de crise ? (avec Patrick Viveret), Bayard Centurion, coll. « Le temps d'une question ».
  • 2010 : Regards sur le sport, collectif, dirigé par Benjamin Pichery et François L'Yvonnet, Le Pommier/INSEP 2010. (ISBN 9782746504844).
  • 2011 : La Voie : Pour l'avenir de l'humanité, Paris, Éditions Fayard. (ISBN 9782213655604). Nouvelle édition, coll. Pluriel, 2012.
  • 2011 : Conversation pour l'avenir (avec Gilles et Michel Vanderpooten), La Tour d'Aigues, L'Aube, coll. « Monde en Cours ».
  • 2011 : Dialogue sur la connaissance : Entretiens avec des lycéens, Éditions de l'Aube.
  • 2011 : Mes philosophes, Germina.
  • 2011 : Le Chemin de l'espérance, en collaboration avec Stephane Hessel, Fayard.
  • 2012 : La France est une et multiculturelle. Lettre aux citoyens de France, en collaboration avec Patrick Singaïny, Fayard.
  • 2013 : Mon Paris, ma mémoire, Fayard. (ISBN 978-2-213-67203-8).
  • 2014 : Au péril des idées, avec Tariq Ramadan, Presses du Châtelet..
  • 2014 : Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation, Actes Sud-Play Bac Éditions (ISBN 978-2-330-03432-0).
  • 2015 : Avant, pendant, après le 11 janvier, en collaboration avec Patrick Singaïny, Éditions de l'Aube.
  • 2015 : Qui est Daech ?, collectif, avec Régis Debray, Tahar Ben Jelloun, Michel Onfray, Olivier Weber, Jean-Christophe Rufin et Gilles Kepel, Éditions Philippe Rey.
  • 2015 : Impliquons-nous ! Dialogue pour le siècle, avec Michelangelo Pistoletto, Actes Sud. (ISBN 978-2-330-05649-0).
  • 2015 : Penser global - L'humain et son univers, Éditions Robert Laffont, coll. Le monde comme il va.
  • 2016 : Sur l'esthétique, Robert-Laffont-EMSH.
  • 2016 : Pour une crisologie, L'Herne, coll. Carnets.
  • 2016 : Ecologiser l'Homme, Lemieux Éditeur. (ISBN 978-2-373-44075-1).
  • 2017 : Connaissance, Ignorance, Mystère, Fayard. (ISBN 978-2-213-66622-8).
  • 2017 : L’Île de Luna, roman, Actes sud. (ISBN 978-2-330-08226-0).

Ouvrages, Chaire, MOOC sur Edgar Morin[modifier | modifier le code]

  • Arguments pour une méthode (autour d'Edgar Morin), Colloque de Cerisy, sous la direction de Daniel Bougnoux, Jean-Louis Le Moigne, Serge Proulx, Seuil, 1990.
  • Françoise Blanchi, Le Fil des idées. Une éco-biographie intellectuelle d'Edgar Morin, Seuil, 2001.
  • Robin Fortin, Comprendre la complexité. Introduction à la méthode d'Edgar Morin, Presses de l'Université de Laval, 2005.
  • Emmanuel Lemieux, Edgar Morin, l'indiscipliné, Seuil, 2009.
  • Jean Tellez, La Pensée tourbillonnante. Introduction à la pensée d'Edgar Morin, Germina, 2009.
  • Ali Aït Abdelmalek, Edgar Morin, sociologue de la complexité, Ed. Apogée, 2010, (ISBN 978-2-84398--360-3).
  • Auguste Nsonsissa, Transdiscplinarité et transversalité épistémologiques chez Edgar Morin, L'Harmattan, 2010.
  • Edgar Morin, aux risques d'une pensée libre, revue Hermès, no 60, CNRS-éditions, 2011.
  • Edgar Morin, le philosophe indiscipliné, Le Monde, Hors série, juin 2011.
  • Edgar Morin, l'aventure d'une pensée, revue Sciences Humaines, Hors-série, no 18, 2013.
  • Cahier de l'Herne "Edgar Morin", sous la direction de François L'Yvonnet, L'Herne, 2016.
  • En 2014, L'ESSEC ouvre une chaire « Edgar Morin de la complexité » et propose un MOOC « L'avenir de la décision : connaître et agir en complexité », Mooc qui s'appuie sur des vidéos enregistrées par Edgar Morin pour la présentation des concepts de l'intelligence de la complexité, sur des vidéos de professeurs de l'école et de professionnels reconnus ayant été confrontés à des situations à gérer en complexité.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Bougnoux et Bastien Engelbach, « Entretien avec Edgar Morin (2) : Science et philosophie », nonfiction.fr,‎ (lire en ligne)
  2. Fernando Arrabal, « Edgar Morin 96 ans : « Mon premier acte politique : l’organisation libertaire, « Solidarité antifasciste pour l’Espagne » », La Règle du jeu,‎ (lire en ligne).
  3. a et b Edgar Morin, « Pour une politique de civilisation », La pensée de midi, Actes Sud, vol. 7, no 1,‎ , p. 40-50 (ISBN 2742736042, ISSN 1621-5338, résumé, lire en ligne).
  4. « Mon chemin », entretiens avec Djénane Kareh Tager.
  5. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées complexe.
  6. Cf. La Voie - Pour l'avenir de l'humanité, Ed. Fayard, cité dans Groupe Progrès Solidarité, entretien avec Joël Daniault, Saint-Ismier le 10/07/2011
  7. Collectif Roosevelt, site officiel
  8. Voir le site du site du tribunal.
  9. Edgar Morin, La Tête bien faite, Paris, Seuil, , 155 p. (ISBN 9782020375030), p 19.
  10. Edgar Morin, La Tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée, Paris, Seuil, , 154 p. (ISBN 9782020375030), p 106 à 111.
  11. Science avec conscience, 1982, Edgar Morin: « le but de la recherche de méthode n’est pas de trouver un principe unitaire de toute connaissance, mais d’indiquer les émergences d’une pensée complexe, qui ne se réduit ni à la science, ni à la philosophie, mais qui permet leur intercommunication en opérant des boucles dialogiques. »
  12. Voir le site du Mouvement pour la Pensée Complexe.
  13. Voir Pour sortir du XXe siècle (1981) et sa réédition Pour entrer dans le XXIe siècle (2004), ou encore Pour une politique de civilisation (1997).
  14. Entretien avec Edgar Morin : pour une politique de civilisation sur le site du ministères Affaires étrangères, 1997
  15. voir notamment la trilogie Économie et création collective (Economica, 1977), L'Économie multidimensionnelle (Economica, 1991), et L'Économie, service de la vie : Crise du capitalisme - Une politique de civilisation (Presses universitaires de Grenoble, 1996).
  16. Article « Les couleurs de la France » du NouvelObs (1996).
  17. Article Agoravox du 17 janvier 2008.
  18. Article du Monde du 2 janvier 2008.
  19. Article de Libération du 9 janvier 2008.
  20. Voir Vers L'abîme, L'Herne, 2007.
  21. L'abîme ou la métamorphose ?, Rencontre avec Edgar Morin Sciences humaines, mensuel no 201 - février 2009.
  22. Les Stars, Collections Microcosme « Le Temps qui court », Le Seuil, Edgar Morin, 1957.
  23. Article du Slate, Jean-Michel Frodon, 28 avril 2015
  24. Graff Séverine, Le Cinéma-vérité. Films et controverses, Presses Universitaires de Rennes, , 412 p.
  25. Dans le texte Morin et la connaissance.
  26. Éthique (La méthode 6), Seuil, 2004, p. 65.
  27. « Le complexus, qui est tissé ensemble » in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006, p. 25.
  28. Le Paradigme perdu, Points no 109, p. 86.
  29. La Méthode, tome 4, Points no 303, p. 172.
  30. La Méthode, tome 4, Points no 303, p. 207.
  31. « Israél-Palestine : le cancer », sur MCXAPC, 4 juin 2002. (consulté le 10 mai 2010)
  32. Edgar Morin : « On a créé un état d’intimidation » (Interview accordée par Edgar Morin en juin 2005 à la journaliste suisse Silvia Cattori).
  33. « Jugement du 12 juillet 2006 : La condamnation d'Edgar Morin pour diffamation raciale cassée », sur Le Monde
  34. Résultat de la commission COSIP du CNC du 23 mai 2013
  35. (en) Edgar Morin, membre d'honneur du Club de Budapest

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Textes et articles[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]