Edgar Morin

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Edgar Morin
Edgar Morin, 2011 (cropped).jpg
Edgar Morin, en 2011
Fonction
Directeur de recherche au CNRS
Biographie
Naissance
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Edgar NahoumVoir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales

Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le à Paris, est un sociologue et philosophe français.

À partir des années 1950, il occupe une place en vue dans la sociologie française. Penseur de la complexité, il définit sa façon de penser comme « constructiviste »[1] en précisant : « c’est-à-dire que je parle de la collaboration du monde extérieur et de notre esprit pour construire la réalité »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Edgar Nahoum nait à Paris en 1921. Ses parents sont des Juifs originaires de Salonique de lointaine ascendance italienne[3]. Il grandit dans un environnement non pratiquant, sa famille étant « moderne et laïcisée depuis trois générations »[3]. Fils unique, il perd sa mère à dix ans, son père est commerçant.

Edgar Morin durant un colloque à Rio de Janeiro (1972).

En 1936, pendant la guerre d'Espagne, son premier acte politique est d’intégrer une organisation libertaire, « Solidarité internationale antifasciste », pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine[4],[5]. En 1938, il rejoint les rangs du Parti frontiste, petite formation de la gauche pacifiste et antifasciste.

En 1942, il obtient une licence en histoire et géographie et une licence en droit. Il entre la même année dans la Résistance communiste au sein des « forces unies de la jeunesse patriotique ». Il intègre ensuite le mouvement de Michel Cailliau, le MRPGD (Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés). En 1943, il est commandant dans les Forces françaises combattantes et est homologué comme lieutenant[6]. Son mouvement fusionne avec celui de François Mitterrand, il devient le MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés). Il adopte alors le pseudonyme de Morin (l'anecdote – confirmée par Edgar Morin lui-même lors d'une émission sur France Inter[7] – veut que, lors d'une réunion de résistants à Toulouse, le jeune Edgar Nahoum s'est présenté sous le nom d'Edgar Manin, en référence au personnage de Malraux dans La condition humaine. Mais une camarade avait compris "Morin" et il n'avait pas cherché à rectifier[8]). Il devient attaché à l'état-major de la 1re Armée française en Allemagne (1945), puis chef du bureau « Propagande » dans le Gouvernement militaire français (1946). À la Libération, il écrit L’An zéro de l’Allemagne où il dresse un état des lieux de l'Allemagne, insistant sur l'état mental du peuple vaincu, en état de "somnambulisme", en proie à la faim et aux rumeurs. Ce livre arrive au moment du tournant communiste, où après la stigmatisation de la culpabilité allemande, Staline déclare qu'Hitler passe et que le peuple allemand reste. Maurice Thorez l'invite à écrire dans l'hebdomadaire Les Lettres françaises. Membre du Parti communiste français depuis 1941, il s'en éloigne à partir de 1949 et en est exclu en 1951, pour avoir écrit un article dans le journal France Observateur. « Ce fut comme un chagrin d'enfant, énorme et très court », dira-t-il.

Avec l'appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre en 1950 au CNRS et fait partie du Centre d'études sociologiques dirigé par Georges Friedmann.

En 1955, il est l'un des quatre animateurs du Comité contre la guerre d'Algérie. Il défend, en particulier, Messali Hadj. Contrairement à Jean-Paul Sartre, André Breton, Guy Debord ou encore ses amis Marguerite Duras et Dionys Mascolo, il ne signe pas la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, dite « Manifeste des 121 », publiée en septembre 1960 dans le journal Vérité-Liberté. Comme il pense que l'urgence est d'éviter l'installation de dictatures en France et en Algérie, il lance avec Claude Lefort, Maurice Merleau-Ponty et Roland Barthes un appel pour l'urgence de négociations.

Edgar Morin est à l'origine de plusieurs revues : Arguments (1956-1962), la Revue française de sociologie (1960) et Communications[9].

En 1965, il conduit une étude transdisciplinaire, au sein d'une vaste recherche de la DGRST, mobilisant de multiples disciplines, sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plodémet (1967), sur la commune de Plozévet (Finistère) où il séjourne près d'un an. Ce fut un des premiers essais d’ethnologie dans la société française contemporaine.

Il s'intéresse très vite aux pratiques culturelles, qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L'Esprit du temps (1960), La Rumeur d'Orléans (1969). Il cofonde la revue Arguments en 1956. Il dirige le CECMAS (Centre d'études des communications de masse) de 1973 à 1989, qui publie des recherches sur la télévision, la chanson dans la revue Communications.

Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des Sciences sociales de Santiago du Chili. En 1969, il est invité à l'Institut Salk de San Diego. Il y retrouve Jacques Monod, l'auteur du Hasard et la Nécessité et conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.

Directeur de recherche émérite au CNRS depuis 1993, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde[10]. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen et en Amérique latine, et jusqu'en Chine, Corée, Japon. Il crée et préside l’Association pour la pensée complexe (APC).

Morin a écrit plusieurs ouvrages revenant sur son passé, dont Autocritique en 1959, Vidal et les siens en 1989, Itinérance en 2006, Mon chemin en 2008 et Les souvenirs viennent à ma rencontre en 2019.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

En 1946, il épouse la philosophe Violette Chapellaubeau avec qui il aura deux filles, Irène Nahoum et Véronique. En 1970, il épouse Johanne Harelle. En 1982, il épouse Edwige Lannegrace dont il est veuf en 2008[11]. Depuis 2012, il est marié à la sociologue Sabah Abouessalam[12], avec qui il a rédigé le livre L'homme est faible devant la femme (Presses de la Renaissance, 2013), puis en 2020 Changeons de voie - Les leçons du coronavirus (Denoël, 2020).

Prises de position[modifier | modifier le code]

Morin se déclare agnostique, se qualifiant « d’incroyant radical »[13]

Edgar Morin est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il apprécie, à cet égard, le bouddhisme qui est une religion sans dieu.

Il s'intéresse de plus en plus au processus de la mondialisation où « le vaisseau spatial terre est propulsé par trois moteurs couplés science/technique/économie, mais est dépourvu de pilote, ce qui prépare deux avenirs antagonistes, l'un de catastrophes (dégradation de la biosphère, multiplication des armes nucléaires, économie soumise à la spéculation financière, crise des civilisations traditionnelles et crise de la civilisation occidentale, multiplication des conflits et des fanatismes), l'autre de « transhumanisme » permettant de retarder la mort sans vieillir et de confier aux robots toutes les tâches ennuyeuses et pénibles. Mais cette dernière perspective d'homme augmenté, purement quantitative, ignore la nécessité d'un énorme progrès moral et intellectuel pour éviter les catastrophes et ne pas soumettre l'humanité à une algorithmisation qui la robotiserait »[14].

En 2002, il participe à la fondation du Collegium international éthique, politique et scientifique, sous la présidence du Président de Slovénie Milan Kucan, et dont Sacha Goldmann, Michel Rocard, puis Stéphane Hessel, furent successivement secrétaire général, avec l'ambition de convaincre les nations et l'ONU d'œuvrer à une coopération internationale pour trouver les réponses éthiques et appropriées qu'attendent les peuples du monde face aux nouveaux défis de notre temps.[15]

Il participe à la création en mars 2012 du Collectif Roosevelt 2012 avec l'aide de Stéphane Hessel, Michel Rocard et de nombreux intellectuels et personnalités publiques de la société civile et politique. Ce collectif présente 15 propositions pour éviter un effondrement économique, élaborer une nouvelle société, lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique[16].

Edgar Morin à Paris (2006).

En 2013, il soutient publiquement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. Il participe avec ce dernier et de nombreux autres intellectuels, juristes et politiques au lancement d'un Tribunal moral pour les crimes contre la nature et le futur de l'humanité[17] lors de la Conférence « Rio+20 ». En 2013, il s'associe avec la tribune publiée par le mouvement End ecocide in Europe et cosignée par douze autres intellectuels[18] appelant à « limiter sinon arrêter les destructions graves de la nature en mettant en accusation les responsables physiques des atteintes graves à l'environnement »[19]. En 2019, il déclare que c'est le pouvoir de l'argent qui est à l'origine de la dégradation de l'écologie[20].

Un documentaire lui est consacré en 2015, intitulé Edgar Morin, chronique d'un regard, coréalisé par Olivier Bohler et Céline Gailleurd.

Le , le nom d'Edgar Morin est donné au lycée d'excellence de Douai qui devient ainsi le lycée d'excellence Edgar-Morin.

Le , il fait partie des premiers signataires, avec d'autres personnalités, d'une pétition demandant que la France accueille Edward Snowden et Julian Assange, à la suite de la lettre ouverte de ce dernier au président de la République François Hollande.

Prenant position sur le conflit israélo-palestinien, il considère que « les juifs d'Israël, descendants des victimes d'un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. [...] On a peine à imaginer qu'une nation de fugitifs, issue du peuple le plus persécuté de l'histoire de l'humanité […] soit capable de se transformer, en deux générations [...] à l'exception d'une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier ». Le sociologue réfute toute recrudescence de l’antisémitisme, et selon lui, « ce terme est brandi pour fournir à Israël des justifications à sa politique »[21].

Œuvre[modifier | modifier le code]

« La pensée est le capital le plus précieux pour l'individu et la société. »[22]

La pensée qui relie[modifier | modifier le code]

Edgar Morin utilise le terme de reliance pour indiquer le besoin de relier ce qui a été séparé, disjoint, morcelé, détaillé, compartimenté, classé, trié... en disciplines, écoles de pensée, etc.

Il aime aussi envisager les choses dans une combinaison de confrontation, complémentarité, concurrence, coopération, les quatre en étroite synergie dynamique.

Il prône l'attitude d'ouverture. Il aime à dire qu'il est animé par un certain "esprit de la vallée", en référence au Tao. L'esprit de la vallée recueille les "eaux" qui viennent de différents versants.

Il a avancé sept principes-guides pour une pensée qui relie, principes qui sont complémentaires et interdépendants[23].

  1. Le principe systémique ou organisationnel : L'idée systémique est à l'opposé de l'idée réductionniste car « le tout est plus que la somme des parties ». Les émergences, qualités ou propriétés nouvelles apparaissent dans l'organisation d'un nouveau produit que les composants ne possédaient pas. « Le tout est moins que la somme des parties » également car certaines qualités des composants sont inhibées par l'organisation de l'ensemble.
  2. Le principe hologrammatique : Chaque cellule est une partie d'un tout — l'organisme global —, mais le tout est lui-même dans la partie : la totalité du patrimoine génétique est présente dans chaque cellule individuelle ; la société est présente dans chaque individu-citoyen, en tant que tout, à travers son langage, sa culture, ses normes...
  3. Le principe de boucle rétroactive : « L'effet agit sur la cause » referme le processus de causalité de linéarité ouverte « la cause agit sur l'effet ». Comme dans un système autonome de chauffage où le thermostat régule le fonctionnement. Comme l'homéostasie des organismes vivants.
  4. Le principe de boucle récursive : C'est une boucle génératrice dans laquelle les produits et les effets sont eux-mêmes producteurs et causateurs de ce qui les produit. Chaque être vivant est produit et producteur dans le système de reproduction. Les individus produisent la société dans et par leurs interactions, et la société, en tant que tout émergeant, produit l'humanité des individus en leur apportant le langage et la culture[24].
  5. Le principe d'autonomie / dépendance (auto-éco-organisation) : Les [choses] vivantes sont des [systèmes] auto-organisateurs qui sans cesse s'auto-produisent et par là-même dépensent de l'énergie pour entretenir leur autonomie et doivent donc puiser de l'énergie dans leur milieu, dont elles dépendent pour être autonomes.
  6. Le principe dialogique : [Ce principe] unit deux notions devant s'exclure l'une l'autre, mais qui sont indissociables en une même réalité. La dialogique « ordre / désordre / organisation » dès la naissance de l'Univers. Les particules physiques comme une dialogique (onde et corpuscule). La dialogique (individu / société / espèce) présente en chaque être humain.
  7. Le principe de réintroduction du connaissant dans toute connaissance : Tout objet-machine, tout objet-processus inventés contient du « sujet » qui les a conçus. De la perception à la théorie scientifique, toute connaissance est une reconstruction / traduction pour un esprit / cerveau dans une culture et un temps donnés.

« L'humanisme ne saurait plus être porteur de l'orgueilleuse volonté de dominer l'Univers. Il devient essentiellement celui de la solidarité entre humains, laquelle implique une relation ombilicale avec la nature et le cosmos. »

La pensée complexe[modifier | modifier le code]

Edgar Morin confesse avoir trouvé ce mot dans la définition de la complexité issue de l'œuvre de W. Ross Ashby[25].

Edgar Morin à Porto Alegre (2011).

Ce concept, dont la première formulation se trouve dans le livre Science avec conscience (1982)[26], exprime une forme de pensée acceptant les imbrications de chaque domaine de la pensée et la transdisciplinarité. Le terme de complexité est pris au sens de son étymologie « complexus » qui signifie « ce qui est tissé ensemble » dans un enchevêtrement d'entrelacements (plexus).

Le Paradigme perdu[modifier | modifier le code]

En septembre 1972, au Centre International d'études bioanthropologiques et d'anthropologie fondamentale (CIEBAF) devenu ensuite le Centre Royaumont pour une science de l'homme, Edgar Morin co-organise le colloque international "L'Unité de l'Homme", avec Jacques Monod et Massimo Piatelli-Palmarini. Sa communication, "Le Paradigme perdu : la nature humaine", transformée et enrichie, deviendra un livre qui paraitra l'année suivante. Il y est dit que nature et culture sont indissociables l'une de l'autre, chacune produisant l'autre dans une boucle récursive permanente. Ont été réunis des biologistes, anthropologues, sociologues, mathématiciens, cybernéticiens afin de faire se rapprocher (reliance) les points de vue, les oppositions et les options fondamentales des spécialités et de leurs épistémologies. Un ouvrage en trois tomes réunit les contributions des participants au colloque[27] :

  • T1 : Le primate et l'homme,
  • T2 : Le cerveau humain,
  • T3 : Pour une anthropologie fondamentale.

La Méthode[modifier | modifier le code]

La Méthode est l'œuvre majeure d'Edgar Morin. Comprenant six volumes au total (qui peuvent être lus dans le désordre), on pourrait la qualifier d'encyclopédie (qui met en cycle les savoirs) : la méthode y est déroulée de façon cyclique, pour ne pas dire répétitive, s'appliquant à de nombreuses notions dont certaines sont reprises ci-après.

Le premier tome, intitulé La Nature de la nature, où sont traités les concepts d'ordre et de désordre, de système, d'information, etc. du monde physique.

Le second, intitulé La Vie de la vie, aborde le vivant, la biologie.

Le troisième et le quatrième tomes pourraient être regroupés en un seul[Selon qui ?] puisqu'ils abordent le thème de la connaissance.

Le troisième est intitulé La Connaissance de la connaissance. Il aborde la connaissance du point de vue anthropologique. Il y ouvre le chantier de l'épistémologie complexe.

Le quatrième tome de La Méthode, Les Idées, d'après les mots d'Edgar Morin, « pourrait aussi en être le premier ». En effet, « il constitue l'introduction la plus aisée à « la connaissance de la connaissance » et de façon inséparable au problème et à la nécessité d'une pensée complexe ». Il complète l'œuvre épistémologique du troisième tome en abordant la connaissance du point de vue collectif ou sociétal (« l'organisation des idées »), puis au niveau de la « vie des idées », qu'il appelle la noologie. Il traite en particulier dans un dernier chapitre des notions philosophiques de langage, de logique et de paradigme, auxquelles il applique sa méthode.

Dans une note de lecture[28], Jean-Louis Le Moigne souligne l'importance du dernier chapitre de ce tome 4 qu'Edgar Morin consacre à « la Paradigmatologie » : « encore un néologisme nouveau, dira-t-on ? Sans doute, mais il me semble si fécond pour nous permettre d'entendre la richesse de l'univers pensable sans commencer par l'appauvrir en la simplifiant ». Jean-Louis Le Moigne cite pour conclure Edgar Morin : « Nous en sommes au préliminaire dans la constitution d'un paradigme de complexité lui-même nécessaire à la constitution d'une paradigmatologie. Il s'agit non de la tâche individuelle d'un penseur mais de l'œuvre historique d'une convergence de pensées. » Selon les mots de Morin, la paradigmatologie est « le niveau qui contrôle tous les discours qui se font sous son emprise et qui oblige les discours à obéir ».

Le cinquième tome (L'Humanité de l'humanité, L'Identité humaine) est consacré à la question de la trinité humaine : Individu - Société - Espèce.

La Méthode se termine par un sixième tome intitulé L'Éthique, qui envisage les incertitudes et les contradictions éthiques et prône une éthique de la compréhension.

Conscience planétaire et Politique de civilisation[modifier | modifier le code]

Edgar Morin intervenant au forum Libération (2008).

Avec Terre-Patrie, écrit en 1993, (avec Anne-Brigitte Kern), Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre », véritable conscience planétaire : « C'est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l'université de Berkeley m'ont éveillé la conscience écologique », rapporte-t-il, avant de s'alarmer : « Trois décennies plus tard, après l'assèchement de la mer d'Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d'ozone dans l'Antarctique, l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, l'urgence est plus grande que jamais ».

En 2007, il est l'auteur de L'An I de l'ère écologique : la Terre dépend de l'homme qui dépend de la Terre. Le livre comporte un dialogue avec Nicolas Hulot.

Cette conscience doit s'accompagner pour Edgar Morin d'une nouvelle « politique de civilisation », pour sortir de cet « âge de fer planétaire... préhistoire de l'esprit humain »[29].

La politique de civilisation, explique Edgar Morin, « vise à remettre l’homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être »[30]. L'économiste Henri Bartoli appelle d'ailleurs à replacer l’homme au centre de l'économie (l'économie doit être au service de la vie et non l'inverse)[31]. Plus concrètement, partant du constat que la civilisation moderne génère souvent mal-être profond et individualisme, il propose de s'attacher « à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l'éducation »[32].

L'expression « politique de civilisation » a été reprise par le président de la République française Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux du 31 décembre 2007[33]. Edgar Morin s'est montré très nuancé quant à cette utilisation du concept : « Je ne peux exclure que M. Sarkozy réoriente sa politique dans ce sens, mais il ne l'a pas montré jusqu'à présent et n'en donne aucun signe. »[34][source insuffisante], « J’ai deux désaccords très importants avec Sarkozy : sur la politique extérieure, où je vois un alignement sur Bush ; et sur l’intérieur et la politique inhumaine envers les immigrés. Pour le reste, il y a une marge d’incertitude et il peut évoluer.[...] Le chef de l’État est un personnage plastique, en mouvement. Il n’a pas encore pris conscience du caractère radical d’une politique de civilisation. »[35][source insuffisante]

Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur[modifier | modifier le code]

Edgar Morin, dans son avant-propos, classe cet opus comme l'ultime d'une trilogie :

  • La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée, 1999,
  • Relier les connaissances, 1999,
  • Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur, 2000.

Il y dégage les 7 thèmes qui doivent devenir fondamentaux dans les enseignements.

Penser la crise : l'abîme ou la métamorphose ?[modifier | modifier le code]

La réflexion d’Edgar Morin[36] plonge au cœur des mouvements de l’histoire, faite de sauts et de soubresauts, loin de l’idée de progrès linéaire, comme il l’explique à un journaliste de Sciences humaines au cours d’une conférence de décembre 2008[37] : « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels – les empires mésopotamien, égyptien, romain, perse, ottoman, maya, aztèque, inca… Et tous ont disparu et ont été engloutis. Voilà ce qu’est l’histoire : des émergences et des effondrements, des périodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons des émergences inattendues. » Et parfois, ajoutera-il à la fin de sa conférence : « Au sein même des périodes noires, des graines d’espoir surgissent. Apprendre à penser cela, voilà l’esprit de la complexité. »

Edgar Morin sur le tournage de Edgar Morin, Chronique d'un regard.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Dès l'adolescence, au début des années 1930, Edgar Morin se passionne pour le cinéma de langue allemande (de l'autrichien Georg Wilhelm Pabst en particulier), soviétique (Le Chemin de la vie, Les Marins de Kronstadt) et les films du réalisme poétique français, comme À nous la liberté ou 14 juillet, de René Clair.

À son entrée au CNRS en 1950, encore très influencé par ses recherches pour son livre L'Homme et la Mort, qui lui révèlent l'importance de l'imaginaire et du mythe, il commence à étudier le cinéma. Il participe alors à la Revue internationale de filmologie et publiera en 1956 Le Cinéma ou l'Homme imaginaire, dans lequel il analyse le dispositif de la projection cinématographique et développe le concept de projection-identification, qui permet au spectateur à la fois de se projeter dans l'image cinématographique, en même temps qu'il s'identifie aux personnages sur l'écran. Selon lui, le spectateur voit sur l'écran des ombres, des doubles de personnages réels, qui se chargent par la projection de puissances quasi magiques, à l'instar des fantômes ou des revenants des mythologies anciennes. Le texte considéré alors par certains comme acte fondateur de l'histoire culturelle du cinéma fait aussi le constat du retard accumulé par les sciences humaines dans l'appréhension du cinéma[38].

L'année suivante, dans Les Stars[39], il poursuit son analyse du phénomène de divinisation des stars par le public, partant des stars du muet, magnifiées et inaccessibles, jusqu'aux stars modernes, devenues plus humaines, jusque dans l'exposition de leurs faiblesses.

Edgar Morin poursuit son étude du cinéma dans de nombreux articles, entre autres pour la revue La Nef.

En 1960, Edgar Morin coréalise avec Jean Rouch le film Chronique d'un été, qui jette les bases du cinéma-vérité. Les deux réalisateurs s'attachent à la question du bonheur, en suivant divers personnages, principalement des jeunes gens, étudiants ou ouvriers, à Paris, au cours de l'été 1960. Parmi ces jeunes gens se trouvent, alors inconnus, Marceline Loridan-Ivens, Régis Debray, Marilù Parolini (France Culture diffusera en 1991 une importante émission de Jean-Pierre Pagliano en 25 épisodes : Chronique d'un été, 30 ans après, avec J. Rouch et E. Morin, qui prolonge les interrogations du film et fait le point sur l'apport du « cinéma-vérité »). Edgar Morin est ensuite sollicité pour écrire le scénario de L'Heure de la vérité, pour le cinéaste Henri Calef, qui doit raconter l'histoire d'un ancien nazi, chef de camp de concentration, qui s'est réfugié en Israël sous l'identité d'un déporté qu'il a supprimé. Le film se tourne en Israël, avec Karlheinz Böhm, Daniel Gélin et Corinne Marchand, mais la collaboration avec Henri Calef se passe mal et Edgar Morin retirera son nom des dialogues du film, apparaissant au générique sous le pseudonyme de Beressi, qui est le nom de jeune fille de sa mère.

Edgar Morin revient sur l'aspect fondateur du cinéma dans son parcours intellectuel, dans le film de Céline Gailleurd et Olivier Bohler, Edgar Morin, chronique d'un regard[40], qui est salué par un bel accueil critique en avril 2015. Le film suit le cinéaste à Paris et Berlin, en conférence et dans divers musées, comme le Filmmuseum Berlin et le musée du quai Branly. De nombreux extraits inédits de Chronique d'un été permettent de mieux comprendre la gestation de ce projet, de même que le livre de Séverine Graff qui revient sur la généalogie et l'accueil complexe du film[41].

Art et esthétique[modifier | modifier le code]

En 2016, il consacre un ouvrage à l'esthétique, qui examine le problème de la création artistique et des arts.

Son implication internationale[modifier | modifier le code]

Edgar Morin (à gauche) avec Jean-Louis Le Moigne.

Le Collegium international éthique, politique et scientifique[modifier | modifier le code]

Edgar Morin compte également parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique, association regroupant des scientifiques, intellectuels, anciens chefs d'État ou de gouvernement, qui souhaitent apporter des réponses intelligentes et appropriées à l'échelle mondiale aux nouveaux défis de notre temps.

Edgar Morin et le « cancer israélo-palestinien »[modifier | modifier le code]

Le 4 juin 2002, Edgar Morin publie dans le journal Le Monde, avec Sami Naïr et Danièle Sallenave, une retentissante tribune libre intitulée « Israël-Palestine : le cancer »[42]. Cet article y développe l'idée que « ce cancer israélo-palestinien s'est formé, d'une part, en se nourrissant de l'angoisse historique d'un peuple persécuté par le passé et de son insécurité géographique ; d'autre part, du malheur d'un peuple persécuté dans son présent et privé de droit politique ».

Il critique « l'unilatéralisme » que porte la vision israélienne des choses. Pour lui, « c'est la conscience d'avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag, des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d'Amérique) devient la légitimation d'un colonialisme, d'un apartheid et d'une ghettoïsation pour les Palestiniens ».

Cet article valut à Edgar Morin et à ses coauteurs un procès pour « diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme » intenté par les associations France-Israël et Avocats sans frontières. Ces associations obtinrent la condamnation[43] du philosophe par la cour d'appel de Versailles, mais ce jugement fut cassé par un arrêt définitif de la Cour de cassation[44] qui a reconnu que la tribune incriminée relevait de la liberté d'expression de ses auteurs[45].

Citations[modifier | modifier le code]

« Mon premier acte politique fut d’intégrer une organisation libertaire, Solidarité internationale antifasciste, pour préparer des colis à destination de l’Espagne républicaine[5]. »

« La vieillesse est comme une marche, un escalier qu'on monte, pas un escalier qu'on descend vers la tombe. C'est un escalier qu'on monte où chaque marche qui vient a plus de valeur compte tenu des marches déjà franchies. L'expérience donne plus de valeur à la marche suivante. Donc c'est une quête, le vieillissement, d'un changement permanent »[réf. nécessaire].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture de la traduction espagnole d'Amour, Poésie, Sagesse d'Edgar Morin.

Les ouvrages d'Edgar Morin ont été traduits en 28 langues et dans 42 pays.

  • L'An zéro de l'Allemagne (avant-propos de Bernard Groethuysen), Paris, Éditions de la Cité Universelle, 1946.
  • Allemagne notre souci, Paris, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1947.
  • Une cornerie, Paris, Éditions Nagel, 1948.
  • L'Homme et la Mort, Paris, Éditions Corrêa, 1948, (réédition, Paris, Le Seuil, 1976)[46].
  • Le Cinéma ou l'homme imaginaire, Paris, Éditions de Minuit, 1956.
  • Les Stars, Paris, Le Seuil, 1957, (réédition, Paris, Le Seuil, 1972).
  • Autocritique, Paris, Le Seuil, 1959.
  • L'esprit du temps. Essai sur la culture de masse, Paris, Grasset-Fasquelle, 1962[47].
  • Introduction à une politique de l'homme, Paris, Le Seuil, 1965[48], (réédition, Paris, Le Seuil, 1999).
  • Commune en France. La métamorphose de Plodémet, Paris, Fayard, 1967[49]
  • Mai 68, La Brèche (avec Claude Lefort et Cornelius Castoriadis), Paris, Fayard, 1968.
  • La Rumeur d'Orléans, Paris, Le Seuil, 1969.
  • Le vif du sujet, Paris, Le Seuil, 1969.
  • Journal de Californie, Paris, Le Seuil, 1970.
  • Le Paradigme perdu : la nature humaine, Paris, Le Seuil, 1973[50].
  • L'unité de l'homme (avec Massimo Piattelli Palmarini), 3 vols, Paris, Le Seuil, 1974 :
    • L'unité de l'homme : 1 - Le primate et l'homme.
    • L'unité de l'homme : 2 - Le cerveau humain.
    • L'unité de l'homme : 3 - Pour une anthropologie fondamentale, t. 3, Paris, Le Seuil, , 364 p. (ISBN 2-02-004824-8).
  • La bureaucratie (ouvrage collectif), Paris, Union générale d'éditions, 1975.
  • La Méthode, 6 vols, Paris, Le Seuil, 1977-2004 :
    • 1977 : La Nature de la nature, t. 1, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 414 p. (ISBN 978-2-02-005771-4). Nouvelle édition : 1981.
    • 1980 : La Vie de la vie, t. 2, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 482 p. (ISBN 978-2-02-008648-6). Nouvelle édition : 1985.
    • 1986 : La Connaissance de la connaissance, t. 3, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 255 p. (ISBN 978-2-02-014440-7). Nouvelle édition : 1992.
    • 1991 : Les Idées : Leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation, t. 4, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 267 p. (ISBN 978-2-02-023960-8). Nouvelle édition : 1995.
    • 2001 : L’Humanité de l’humanité : L’identité humaine, t. 5, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 384 p. (ISBN 978-2-02-061644-7)
    • 2004 : Éthique, t. 6, Paris, Le Seuil, coll. « Points », , 288 p. (ISBN 978-2-7578-0183-3).
  • Pour sortir du XXe siècle, Paris, Nathan, 1981.
  • Science avec conscience, Paris, Fayard, 1982, Prix Halphen de l'Académie française.
  • De la nature de l’URSS, Paris, Fayard, 1983.
  • Sociologie, Paris, Fayard, 1984[51].
  • Le Rose et le noir, Paris, Galilée, 1984.
  • New York : la ville des villes, , Paris, Galilée, 1984.
  • Penser l'Europe, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1987[52].
  • Mais (avec Marek Halter), Paris, Édition Neo/Soco Invest, 1988.
  • Vidal et les siens, (avec Véronique Grappe-Nahoum et Haïm Vidal Séphiha), Paris, Le Seuil, 1989.
  • Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990, (réédition, Paris, Le Seuil, 2005).
  • Un nouveau commencement (avec Bocchi Gianluca et Mauro Ceruti), Paris, Le Seuil, 1991.
  • Terre-Patrie (avec Anne-Brigitte Kern), Paris, Le Seuil, 1993[53].
  • Mes démons, Paris, Stock, 1994, (réédition, Paris, Le Seuil, 1998).
  • La complexité humaine [sous la dir. de], Paris, Flammarion, 1994.
  • Les Fratricides : Yougoslavie-Bosnie (1991-1995), Paris, Édition Arléa, 1995.
  • Une année sisyphe, Paris, Le Seuil, 1995.
  • Comprendre la complexité dans les organisations de soins (avec Jean-Louis Le Moigne), Paris, ASPEPS, 1997.
  • Une politique de civilisation (en collaboration avec Sami Naïr), Paris, Arléa, Paris, 1997.
  • Amour, Poésie, Sagesse, Paris, Le Seuil, 1997.
  • L'Intelligence de la complexité (avec Jean-Louis Le Moigne), Paris, L'Harmattan, 1999.
  • Relier les connaissances, Paris, Le Seuil, 1999.
  • Une tête bien faite : Repenser la réforme, réformer la pensée, Paris, Le Seuil, 1999[54].
  • Les Sept Savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Paris, Le Seuil, 2000.
  • Dialogue sur la nature humaine (avec Boris Cyrulnik), Paris, L'Aube, 2000.
  • Journal de Plozévet, Bretagne, 1965, Paris, L'Aube, 2001.
  • Dialogue sur la connaissance. Entretiens avec des lycéens (entretiens conçus et animés par Alfredo Pena-Vega et Bernard Paillard), Paris, La Tour d’Aigues, 2002.
  • Pour une politique de civilisation, Paris, Arléa, 2002.
  • La Violence du monde (avec Jean Baudrillard), Paris, Édition du Félin, 2003.
  • Éduquer pour l’ère planétaire, la pensée complexe comme méthode d’apprentissage dans l’erreur et l’incertitude humaine (avec Raul Motta et Émilio-Roger Ciurana), Paris, Balland, 2003.
  • Université, quel avenir ? (avec Alfredo Pena-Vega), Paris, Éditions Charles Léopold Mayer, 2003.
  • Les Enfants du ciel : entre vide, lumière, matière (avec Michel Cassé), Paris, Odile Jacob, 2003.
  • Pour entrer dans le XXIe siècle, Paris, Le Seuil, 2004.
  • Culture et Barbarie européennes, Paris, Bayard, 2005.
  • Pour un nouvel imaginaire politique (avec Mireille Delmas-Marty et René Passet), Paris, Fayard, 2006.
  • Itinérance (entretien avec Marie-Christine Navarro), Paris, Arléa, 2006.
  • Le Monde moderne et la question juive, Paris, Le Seuil, 2006, (réédition, Paris, Le Seuil, 2012).
  • L'An I de l'ère écologique (avec Nicolas Hulot), Paris, Tallandier, 2007.
  • Où va le monde ?, Paris, L'Herne, 2007.
  • Vers l'abîme, Paris, L'Herne, 2007.
  • Mon chemin (entretien avec Djénane Kareh Tager), Paris, Fayard, 2008.
  • Vive la politique ? (avec Claude Lefort), Grenoble, Forum Libération de Grenoble, 2008.
  • La Méthode, coffret des 6 volumes en 2 tomes, Paris, Le Seuil, 2008.
  • Crises, Paris, Éditions du CNRS, 2009.
  • La Pensée tourbillonnaire, Paris, Éditions Germina, 2009.
  • Edwige, l'inséparable, Paris, Fayard, 2009.
  • Au-delà du développement. Pour une politique de l'humanité ? [sous la dir. de], Paris, Atlantique, 2009.
  • Pour et contre Marx, Paris, Temps présent, 2010[55], (réédition, Paris, Flammarion, 2012).
  • Ma gauche, Paris, Éditions François Bourin, 2010.
  • Comment vivre en temps de crise ? (avec Patrick Viveret), Paris, Bayard, 2010.
  • Regards sur le sport [sous la dir. de], Paris, Le Pommier / INSEP 2010. (Réédition revue et augmentée sous le titre Le sport porte en lui le tout de la société, Paris, Cherche-Midi / INSEP 2020. (ISBN 978-2749165134))
  • La Voie : pour l'avenir de l'humanité, Paris, Fayard, 2011.
  • Conversation pour l'avenir (avec Gilles Vanderpooten), Paris, L'Aube, 2011.
  • Dialogue sur la connaissance : Entretiens avec des lycéens, Paris, L'Aube, 2011.
  • Le philosophe indiscipliné, Paris, Le Monde, Hors série, 2011.
  • Mes philosophes, Paris, Germina, 2011, (réédition, Paris, Fayard, 2013).
  • Le Chemin de l'espérance (avec Stephane Hessel), Paris, Fayard, 2011.
  • La France est une et multiculturelle. Lettre aux citoyens de France (avec Patrick Singaïny), Paris, Fayard, 2012.
  • Journal (1962-1987), Paris, Le Seuil, 2012.
  • Journal (1992-2010), Paris, Le Seuil, 2012.
  • Mon Paris, ma mémoire, Paris, Fayard, 2013.
  • La rencontre improbable et nécessaire (avec Sabah Abouessalam), Paris, Presses de la Renaissance, 2013.
  • Notre Europe : Décomposition ou métamorphose (avec Mauro Ceruti), Paris, Fayard, 2014.
  • Au péril des idées (avec Tariq Ramadan), Paris, Presses du Châtelet, 2014.
  • Enseigner à vivre. Manifeste pour changer l’éducation, Paris, Actes Sud-Play Bac Éditions, 2014.
  • Avant, pendant, après le 11 janvier (avec Patrick Singaïny), Paris, L'Aube, 2015.
  • Qui est Daech ? (avec Régis Debray, Tahar Ben Jelloun, Michel Onfray, Olivier Weber, Jean-Christophe Rufin et Gilles Kepel), Paris, Éditions Philippe Rey, 2015.
  • Impliquons-nous ! Dialogue pour le siècle (avec Michelangelo Pisto), Paris, Actes Sud, 2015.
  • Penser global : L'humain et son univers, Paris, Robert Laffont, 2015.
  • Pour l'esthétique, Paris, Robert Laffont, 2016.
  • Pour une crisologie, Paris, L'Herne, 2016.
  • Ecologiser l'Homme, Paris, Lemieux Éditeur, 2016.
  • Connaissance, Ignorance, Mystère, Paris, Fayard, 2017.
  • L’Île de Luna (roman), Paris, Actes sud, 2017.
  • L'Urgence et l'Essentiel (avec Tariq Ramadan), Paris, Éditions Don Quichotte, 2017.
  • Le temps est venu de changer de civilisation (avec Denis Lafay), Paris, L'Aube, 2017.
  • Où est passé le peuple de gauche ?, Paris, L'Aube, 2017[56].
  • Ce que fut le communisme, Paris, L'Aube, 2017.
  • Pour résister à la régression, Paris, L'Aube, 2018.
  • Le Cinéma : Un art de la complexité, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2018[57].
  • Poésies du métropolitain, Paris, Descartes & Cie, 2018.
  • La Marseillaise, Paris, L'Aube, 2019.
  • La Fraternité, pourquoi ?, Paris, L'Aube, 2019.
  • Chronique d'un été (avec Jean Rouch), Paris, L'Aube, 2019.
  • Les souvenirs viennent à ma rencontre, Paris, Fayard, 2019[58],[59]
  • Quelle école voulons-nous ? La Passion du savoir (avec Jean-Michel Blanquer), Paris, Éditions Odile Jacob, 2020.
  • Sur la crise : Pour une crisologie suivi de Où va le monde ?, Paris, Éditions Flammarion, coll. Champs, 2020, réunion de deux textes anciens, le premier datant de 2016 le deuxième de 1981.
  • Changeons de voie : Les leçons du coronavirus (avec la collaboration de Sabah Abouessalam), Paris, Éditions Denoël, 2020[60].
  • L'entrée dans l'ère écologique, Paris, L'Aube, 2020[61].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix Ibn Khaldoun pour la promotion des études et des recherches en sciences humaines et sociales, Tunisie (2015)[69].

Docteur honoris causa[modifier | modifier le code]

Il est docteur honoris causa de nombreuses universités, parmi lesquelles :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Bougnoux et Bastien Engelbach, « Entretien avec Edgar Morin (2) : Science et philosophie », nonfiction.fr,‎ (lire en ligne)
  2. HAVING TO BE – article en anglais de Ricardo Costa sur la sauvegarde de la Terre mettant en valeur les idées d’Edgar Morin
  3. a et b Nicole Lapierre, « La part juive », Communications, vol. 82, no 1,‎ , p. 95–106 (DOI 10.3406/comm.2007.2441, lire en ligne, consulté le 29 mars 2019)
  4. Fernando Arrabal, « Edgar Morin 96 ans : « Mon premier acte politique : l’organisation libertaire, « Solidarité antifasciste pour l’Espagne » », La Règle du jeu,‎ (lire en ligne).
  5. a et b Edgar Morin, « Pour une politique de civilisation », La pensée de midi, Actes Sud, vol. 7, no 1,‎ , p. 40-50 (ISBN 2742736042, ISSN 1621-5338, résumé, lire en ligne).
  6. « Mon chemin », entretiens avec Djénane Kareh Tager.
  7. « Une semaine avec Edgar Morin : "La Vulgate ou L'heure de Stalingrad" », sur www.franceinter.fr (consulté le 2 avril 2020)
  8. Le Point magazine, « Ils changent de nom pour changer de peau », sur Le Point, (consulté le 31 janvier 2020)
  9. Jean-René Tréanton, Morin Edgar, Sociologie. (compte-rendu), Revue française de sociologie, Année 1985, 26-4, pp. 728-730
  10. « Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain - Liste des titres scientifiques ou autres d’Edgar Morin », sur www.iiac.cnrs.fr (consulté le 2 janvier 2020)
  11. Sciences Humaines Dossier Edgar Morin: L'Aventure d'une Pensée - Chronologie Hors-série N° 18 - Mai/juin 2013, https://www.scienceshumaines.com/chronologie_fr_30586.html
  12. Catherine Goillau, « L'humanisme selon Edgar Morin », Le Point Références no 64, juillet-août 2016, « La Grèce est ses dieux, une leçon de tolérance ? Les textes fondamentaux », p. 108.
  13. « Edgar Morin ou l’éloge de la pensée complexe », sur CNRS Le journal (consulté le 13 novembre 2018)
  14. Cf. La Voie - Pour l'avenir de l'humanité, Ed. Fayard, cité dans Groupe Progrès Solidarité, entretien avec Joël Daniault, Saint-Ismier le 10/07/2011
  15. Edgar Morin, Les souvenirs viennent à ma rencontre, Paris, Éditions Fayard, , 762 p., p. 663
  16. Collectif Roosevelt, site officiel
  17. Voir le site du site du tribunal.
  18. Dont notamment Dominique Bourg, Valérie Cabanes, la porte parole d'End Ecocide, Philippe Desbrosses, Jean Gadrey, Susan George, Georges Menahem, René Passet, Pierre Rabhi, Jacques Testart et Patrick Viveret.
  19. Cf. tribune « Une initiative citoyenne européenne pour préserver la nature et les générations futures » publié le 16 juillet 2013 dans le journal Le Monde
  20. « "La barbarie anonyme et glacée du pouvoir de l'argent" », sur liberation.fr,
  21. Judith Waintraub et Vincent Nouzille, « L'islamosphère », Le Figaro Magazine, semaine du 6 octobre 2017, pages 50-56
  22. Edgar Morin, La Tête bien faite, Paris, Seuil, , 155 p. (ISBN 978-2-02-037503-0), p 19.
  23. Edgar Morin, La Tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée, Paris, Seuil, , 154 p. (ISBN 978-2-02-037503-0), p 106 à 111.
  24. Edgar Morin et Jean-Louis Le Moigne, L'intelligence de la complexité, Paris, L'Harmattan, , 332 p. (ISBN 978-2-7384-8085-9, lire en ligne), p. 255
  25. Edgar Morin, paraphilosophe
  26. Science avec conscience, 1982, Edgar Morin: « le but de la recherche de méthode n’est pas de trouver un principe unitaire de toute connaissance, mais d’indiquer les émergences d’une pensée complexe, qui ne se réduit ni à la science, ni à la philosophie, mais qui permet leur intercommunication en opérant des boucles dialogiques. »
  27. Unité de l'Homme 1972, p. 9 à 11
  28. Voir le site du Mouvement pour la Pensée Complexe.
  29. Voir Pour sortir du XXe siècle (1981) et sa réédition Pour entrer dans le XXIe siècle (2004), ou encore Pour une politique de civilisation (1997).
  30. Entretien avec Edgar Morin : pour une politique de civilisation sur le site du ministères Affaires étrangères, 1997
  31. voir notamment la trilogie Économie et création collective (Economica, 1977), L'Économie multidimensionnelle (Economica, 1991), et L'Économie, service de la vie : Crise du capitalisme - Une politique de civilisation (Presses universitaires de Grenoble, 1996).
  32. Article « Les couleurs de la France » du NouvelObs (1996).
  33. Véronique Anger-de Friberg, Nul n’est prophète en son pays..., agoravox.fr, 17 janvier 2008.
  34. Article du Monde du 2 janvier 2008.
  35. Article de Libération du 9 janvier 2008.
  36. Voir Vers l'abîme, L'Herne, 2007.
  37. L'abîme ou la métamorphose ?, Rencontre avec Edgar Morin Sciences humaines, mensuel no 201 - février 2009.
  38. Christophe Gauthier, « Le cinéma : une mémoire culturelle », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, no 52,‎ , p. 9–26 (ISSN 0769-0959 et 1960-6176, DOI 10.4000/1895.1012, lire en ligne, consulté le 7 juin 2018)
  39. Les Stars, collections Microcosme « Le Temps qui court », Le Seuil, Edgar Morin, 1957.
  40. Article du Slate, Jean-Michel Frodon, 28 avril 2015
  41. Graff Séverine, Le Cinéma-vérité. Films et controverses, Presses Universitaires de Rennes, , 412 p.
  42. « Israél-Palestine : le cancer », sur MCXAPC, 4 juin 2002. (consulté le 10 mai 2010)
  43. Edgar Morin : « On a créé un état d’intimidation » (Interview accordée par Edgar Morin en juin 2005 à la journaliste suisse Silvia Cattori).
  44. « Jugement du 12 juillet 2006 : La condamnation d'Edgar Morin pour diffamation raciale cassée », sur Le Monde
  45. Cass. 1re civ., 12 juill. 2006, 05-17.704
  46. Thomas Louis-Vincent, « Morin (Edgar) L'Homme et la mort », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 43, no 2,‎ , p. 280-283 (lire en ligne)
  47. Michel Matarasso, « Morin Edgar, L'esprit du temps. Essai sur la culture de masse », Revue française de sociologie, vol. 4,‎ , p. 80-83 (lire en ligne)
  48. « Introduction à une politique de l'homme, Edgar Morin », sur www.seuil.com, (consulté le 7 février 2020)
  49. Juillard Etienne, « Edgar Morin, Commune en France. La métamorphose de Plodémet », Études rurales, vol. 40,‎ , p. 133-135 (lire en ligne)
  50. Etienne Géhin, « Morin Edgar, Le paradigme perdu : la nature humaine », Revue française de sociologie, vol. 15,‎ , p. 134-139 (lire en ligne)
  51. Jean-René Tréanton, « Morin Edgar, Sociologie », Revue française de sociologie, vol. 26,‎ , p. 728-730 (lire en ligne)
  52. Philippe Moreau Defarges, « Edgar Morin. Penser l'Europe », Politique étrangère, vol. 52,‎ , p. 764 (lire en ligne)
  53. André Jacob, « Edgar Morin, Anne-Brigitte Kern, Terre-Patrie », L'Homme et la société, vol. 111-112,‎ , p. 196-197 (lire en ligne)
  54. Alfredo Pena-Vega, « Une tête bien faite, pour changer un monde incertain », Communications, vol. 82,‎ , p. 135-141 (lire en ligne)
  55. Alain Cugno, « Edgar Morin, Pour et contre Marx », Revue Projet, vol. 319,‎ , p. 102 (lire en ligne)
  56. « Edgar Morin et le "peuple de gauche" », sur humanite.fr.com,
  57. Fabio La Rocca, « Edgar Morin, Le cinéma. Un art de la complexité », Sociétés, vol. 141,‎ , p. 141-143 (lire en ligne)
  58. « Edgar Morin : "Résister à la prose de la vie pour trouver la poésie de sa propre vie" », sur franceculture.fr,
  59. RFI.fr idées Pierre Edouard Deldique 20/10/2019 http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200329-edgar-morin-souvenirs-viennent-rencontre
  60. « "Le monde d'après", selon Edgar Morin », sur lesechos.fr, .
  61. Eugène Berg, « L’entrée dans l’ère écologique d'Edgar Morin », sur esprit.presse.fr, .
  62. Résultat de la commission COSIP du CNC du 23 mai 2013
  63. Décret du 13 juillet 2001 portant promotion
  64. Décret du 25 mars 2016 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  65. Décret du 14 novembre 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  66. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x et y « Liste des titres scientifiques ou autres d’Edgar Morin », sur cnrs.fr
  67. « Edgar Morin, Irina Bokova (Unesco) et Mo Ibrahim décorés par le roi Mohamed VI », sur huffpostmaghreb.com,
  68. (en) Edgar Morin, membre d'honneur du Club de Budapest
  69. « Remise du Prix Ibn Khaldoun 2015 à Tunis », sur kapitalis.com,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Françoise Blanchi, Le Fil des idées. Une éco-biographie intellectuelle d'Edgar Morin, Paris, Le Seuil, 2001.
  • Daniel Bougnoux, Jean-Louis Le Moigne et Serge Proulx [sous la dir. de], Arguments pour une méthode (autour d'Edgar Morin), Paris, Le Seuil, 1990.
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  • Jean-francois Dortier et Louisa Yousfi, Edgar Morin, l'aventure d'une pensée, , Paris, Sciences Humaines, 2020.
  • Robin Fortin, Penser avec Edgar Morin : Lire La méthode, Paris, PUF, 2009.
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  • Jean Jacob, Edgar Morin : la fabrique d'une pensée et ses réseaux influents, Paris, Golias, 2011.
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  • François L'Yvonnet [sous la dir. de], Cahier de l'Herne "Edgar Morin", Paris, L'Herne, 2016.
  • Raymond Matand Makashing, Michel Serres, Hans Jonas, Edgar Morin et l'écologie profonde, Paris, L'Harmattan, 2020.
  • Edgar Morin, Aux risques d'une pensée libre, Paris, CNRS, 2011.
  • Edgar Morin, Le philosophe indiscipliné, Paris, Le Monde, Hors série, juin 2011.
  • Edgar Morin, L'aventure d'une pensée, Paris, Revue Sciences Humaines, Hors-série, no 18, 2013.
  • Marius Mukungu Kakangu, Vocabulaire de la complexité: Post-scriptum à La Méthode d'Edgar Morin, Paris, L'Harmattan, 2007.
  • Auguste Nsonsissa, Transdiscplinarité et transversalité épistémologiques chez Edgar Morin, Paris, L'Harmattan, 2010.
  • Michaël de Saint-Cheron, Mémoire et Responsabilité : Dialogue avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Edgar Morin, Emmanuel Levinas, Paris, Dervy, 2000.
  • Valérie Souffron, Edgar Morin : L'homme et la mort : pour une anthropologie de la mort, Paris, Ellipses, 2011.
  • Jean Tellez, La Pensée tourbillonnante. Introduction à la pensée d'Edgar Morin, Paris, Germina, 2009.
  • En 2014, L'ESSEC ouvre une chaire « Edgar Morin de la complexité » et propose un MOOC « L'avenir de la décision : connaître et agir en complexité », Mooc qui s'appuie sur des vidéos enregistrées par Edgar Morin pour la présentation des concepts de l'intelligence de la complexité, sur des vidéos de professeurs de l'école et de professionnels reconnus ayant été confrontés à des situations à gérer en complexité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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Textes et articles[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]