Chouchi

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Chouchi
(az) Choucha
Blason de Chouchi
Héraldique
Vue de la cathédrale Ghazanchetsots, située à Chouchi.
Vue de la cathédrale Ghazanchetsots, située à Chouchi.
Administration
Pays Drapeau du Haut-Karabagh Haut-Karabagh
Région Chouchi
Maire Karen Avagimyan
Démographie
Population 4 136 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 39° 45′ 30″ N 46° 44′ 54″ E / 39.758333, 46.748333 ()39° 45′ 30″ Nord 46° 44′ 54″ Est / 39.758333, 46.748333 ()  
Altitude 1 600 m
Fuseau horaire UTC+4
Localisation

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Chouchi (en arménien : Շուշի) ou Choucha (en azéri : Şuşa)[Note 1] est une ville de la République du Haut-Karabagh[Note 2]. Depuis 1992, la quasi-totalité de la population est arménienne, les populations azéries ayant fui la région durant la guerre du Haut-Karabagh. Chouchi comptait 4 136 habitants en 2011.

Géographie[modifier | modifier le code]

Chouchi est située au sud-ouest du Haut-Karabagh, non loin de la frontière avec l'Arménie. Elle est perchée à une altitude comprise entre 1 400 et 1 800 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Forteresse de Chouchi.

Les premières mentions de la ville apparaissent au Moyen Âge. La ville et la forteresse de Chouchi sont ensuite mentionnées en tant qu'élément important d'un des districts militaires d'Arménie orientale qui joue un rôle clef dans la campagne du commandant arménien Avan Yuzbashi, soutien de David Bek, contre les forces ottomanes ayant envahi le Caucase du Sud dans les années 1720-1730[1]. Situées dans le mélikat arménien de Varanda, elles sont ainsi mentionnées en 1725 dans un rapport de Kehva Chelebi, chargé de la correspondance entre les méliks du Karabagh et les autorités russes[2]. La forteresse entre ensuite à la fin des années 1760 en possession de Panah Ali Khan[3], fondateur du khanat du Karabagh, peut-être par tromperie[4].

Selon une autre version, défendue par des historiens azerbaïdjanais, la ville est fondée en 1750 par Panah Ali Khan[5].

La période qui suit est marquée par des conflits répétés avec la Perse voisine.

Au XIXe siècle, l'influence russe sur le Caucase ne cesse de grandir et, en 1805, le Karabagh est intégré à l'Empire russe. Durant la guerre russo-persane de 1826-1828, la citadelle de Chouchi résiste durant plusieurs mois sans jamais être prise. Par la suite, la ville ne cesse de croître grâce aux vagues successives d'immigration, notamment d'Arméniens quittant la Perse.

En 1830, la ville est divisée en deux parties. Les quartiers de l'est de la ville sont habités par les populations turcophones tandis que les Arméniens peuplent les quartiers ouest, plus en hauteur.

La ville après les progroms anti-arméniens

Les premières tensions entre les deux ethnies ont lieu au début du XXe siècle. La population arménienne n'a cessé de croître au XIXe siècle et toute la région est en proie à des tensions entre les populations musulmanes et arméniennes. De plus, en périphérie de la Russie, ce début de siècle est marqué, outre la révolution bolchévique, par la recherche d'autonomies territoriale et culturelle et le Caucase n'y échappe pas. Le 5 août 1905, les premières tensions entre les deux ethnies éclatent et des centaines de personnes sont tuées et plus de 200 maisons brulées ; ces violences s'inscrivent dans le cadre des massacres arméno-tatars de 1905-1907.

À la fin de la Première Guerre mondiale, après la chute de l'Empire ottoman, le Karabagh est occupé par les troupes britanniques. Son commandement désigne l'Azerbaïdjan pour gouverner le Karabagh. Son Conseil accepte de coopérer avec Bakou en attendant que le sort de la région soit réglé par la conférence de paix de Paris.

Mais à l'été 1919, la tension monte et 700 chrétiens de la ville sont massacrés par les Tatars. La tension culmine avec la révolte arménienne fortement réprimée par l'armée azerbaïdjanaise. La situation s'envenime et plus de 20 000 Arméniens sont massacrés durant le pogrom de mars 1920.

Monument à la prise de la ville par les Arméniens.

Peu de temps après, l'Armée rouge envahit l'Azerbaïdjan puis l'Arménie. En 1923, malgré les promesses bolchéviques faites aux Arméniens, le Haut-Karabagh devient une région autonome au sein de la nouvelle RSS d'Azerbaïdjan. Après les pogroms de 1920, Chouchi n'est plus qu'une petite ville de 5 000 habitants et laisse le titre de capitale de région à la ville voisine de Stepanakert.

La ville reste en ruines jusque dans les années 1960 où l'on remarque son potentiel touristique. Dans les années 1970, les touristes viennent de toute l'Union soviétique se reposer à Chouchi et profiter des paysages montagneux de toute la région.

Avec la guerre et la prise de la ville par les Arméniens le 9 mai 1992, des quartiers entiers ont été ravagés et restent aujourd'hui encore en ruines.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[6],[7] :

Évolution démographique
1897* 1923* 1926* 1939* 1959*
25 881 6 976 5 107 5 424 6 117
1970* 1979* 1989* 2002 2005
8 693 11 729 15 039 3 000 3 191
2007 2008 2009 2010 2011
3 320 3 429 3 599 3 880 4 136


Personnalités nées à Chouchi[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Chouchi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. En russe : Шуши́, Chouchi, ou Шуша, Choucha ; en anglais : Shushi ou Shusha.
  2. Pour le statut international du Haut-Karabagh, cf. l'article « Haut-Karabagh ».
Références
  1. (en) Georges A. Bournoutian, Armenians and Russia, 1626-1796: A Documentary Record, Mazda Publishers, Costa Mesa, 2001 (ISBN 978-1568591322), « Armenian Military Activities in Karabakh and Ghapan », p. 402-413.
  2. (en) Georges A. Bournoutian, op. cit., p. 133.
  3. (en) Georges A. Bournoutian, op. cit., p. 134, 269.
  4. (ru) А. А. Цагарели,Грамота и гругие исторические документы XVIII столетия, относяшиеся к Грузии, vol. 1, Saint-Pétersbourg, 1891, p. 434-435.
  5. (az) Hasan Ikhfa Alizade, « Şuşa şeherinin tarixi », dans Qarabagnameler, vol. 2, Bakou, 1991, p. 316 ; (az) Nazim Axundov, Qarabag Salnameleri, Bakou, 1989, p. 36.
  6. (en) « Cities & towns of Azerbaijan », sur pop-stat.mashke.org (consulté le 20 décembre 2013).
  7. (en) « Azerbaijan: Economic Regions, Republics, Major Cities, Towns & Settlements », sur citypopulation.de (consulté le 20 décembre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]