Anton Dénikine

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Anton Ivanovitch Dénikine
Антонъ Ивановичъ Деникинъ
Image illustrative de l'article Anton Dénikine

Naissance 16 décembre 1872
Włocławek, Pologne
Décès 8 août 1947 (à 74 ans)
Ann Arbor (États-Unis)
Origine Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de la Russie Armées blanches
Arme Infanterie
Grade IRA F7LtGen 1917 h.png Lieutenant général d'état-major
Années de service 1890 – 1920
Conflits Guerre russo-japonaise
Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Commandement 8e armée, Front de l'ouest, Front du sud-ouest, Armée des volontaires, Forces Armées du Sud de la Russie
Distinctions Ordre de St-Georges IIIe classe Ordre de Saint-Georges
Ordre de Saint-Vladimir IIIe classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Sainte-Anne IIe classe Ordre de Sainte-Anne
Ordre de Saint-Stanislas IIe classe Ordre de Saint-Stanislas
Médaille de la première campagne du Kouban Médaille de la première campagne du Kouban
Ordre du Bain Ordre du Bain
Croix de guerre 1914-1918 (France) Croix de guerre 1914-1918
Ordre de Michel le Brave IIIe classe Ordre de Michel le Brave
Famille fille : Marina Grey

Anton Ivanovitch Dénikine (en russe : Антон Иванович Деникин), né le 4 décembre/16 décembre 1872 à Włocławek (Pologne) et mort le 8 août 1947 à Ann Arbor (États-Unis). Général russe, chef d'état-major dans les armées de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale, commandant en chef de l'armée des volontaires pendant la guerre civile russe.

Pendant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fils d'un officier subalterne né dans le servage, Dénikine s'engage très tôt dans une carrière militaire. Il suit l'école normale de Lovitch, puis l'école militaire des cadets de Kiev et enfin l'académie d'état-major général. Breveté d'état-major en 1899, il prend le commandement de la région militaire de Varsovie.

Sa première affectation le conduit sur le théâtre de la guerre russo-japonaise. En août 1914, il est chef d'état-major et commandant de la région militaire de Kiev. Il rejoint le VIIIe corps d'armée et assure en septembre le commandement de la 4e division d'infanterie, dite « division de fer ».

En 1916, il est nommé commandant en chef de la VIIIe armée et coordonne l'offensive Broussilov en Roumanie.

Pendant la Révolution russe[modifier | modifier le code]

Après la révolution de février[modifier | modifier le code]

Lors de la révolution de Février 1917, Dénikine se trouvait sur le front roumain. En mars 1917, il fut rappelé à Pétrograd par le ministre de la guerre du gouvernement provisoire Alexandre Goutchkov qui lui proposa le poste de chef d'état-major auprès du commandant en chef de l'armée russe, le fraîchement nommé général Mikhail Alekseïev. Le 5 avril, Dénikine entra en fonction, qu'il exerça un mois et demi, en bonne entente avec Alekseïev. Après le remplacement d'Alekseïev par Broussilov, Dénikine, ne souhaitant pas être le chef d'état-major de ce dernier, fut nommé commandant des armées du front ouest. À ce poste, il organisa le soutien stratégique du front sud-ouest lors de l'offensive de juin 1917. En août 1917, Dénikine fut nommé commandant du front sud-ouest.

Arrestation, captivité à Berditchev et Bykhov[modifier | modifier le code]

Les généraux retenus à Bykhov à l'automne 1917

Le 28 août 1917, il est arrêté à la suite d'un télégramme expédié au gouvernement provisoire dans lequel il exprime sa solidarité avec le général Lavr Kornilov. Accusé de mutinerie (Affaire Kornilov), il fut incarcéré en compagnie de Kornilov à la prison de Bykhov, d'où les généraux réclamaient un procès public pour se laver des accusations mensongères et présenter leur programme pour l'avenir de la Russie.

Après la chute du gouvernement provisoire, l'accusation de mutinerie devint sans objet et, le 2 décembre 1917, le commandant de chef général Nikolaï Doukhonine donna l'ordre de transférer les prisonniers sur le Don, ce que contesta le comité des armées. Apprenant que des unités bolchéviques aux ordres de l'enseigne Krylenko marchaient sur Moguilev, menaçant d'exécuter les généraux, ceux-ci se décidèrent à fuir vers le Don.

Fuite vers le Don, campagne de glace[modifier | modifier le code]

Avec des papiers au nom d'Alexandre Dombrowski, Dénikine parvint à déjouer la vigilance des contrôles bolchéviques et à rallier Novotcherkassk, où il participa à la formation de l'armée des volontaires. Le 30 janvier 1918, il fut nommé commandant de la première division volontaire. Lors de la première campagne du Kouban[1], il était vice-commandant de l'armée du général Lavr Kornilov puis, après la mort de ce dernier le 31 mars 1918 lors de l'assaut de Ekaterinodar, il prit le commandement de l'armée. Il parvint à organiser la retraite de ses troupes d'Ekaterinodar vers la région du Don, leur évitant ainsi l'encerclement et l'anéantissement. Les cosaques du Don ayant alors revu leur attitude face aux bolchéviques et entamé une lutte armée, il put donner à ses hommes du repos et refaire leurs rangs avec de nouveaux volontaires, parmi lesquels de nombreux officiers et cosaques du Kouban.

Chef du mouvement blanc[modifier | modifier le code]

Dans l'armée des volontaires[modifier | modifier le code]

La garde d'officiers accueille le général Dénikine à la gare de Rostov-sur-le-Don en 1919.
Chars et soldats français à Odessa, en 1919, pour soutenir l'armée de Denikine.

Dans la nuit du 22 au 23 juin 1918, l'armée des volontaires, forte de 8 à 9 000 hommes, sous le commandement d'A. I. Dénikine débuta sa seconde campagne du Kouban, qui aboutit à l'anéantissement des unités rouges du Kouban (environ 100 000 hommes) et la prise d'Ekaterinodar, capitale du Kouban.

Au début de 1919, Dénikine parvint à mater l'opposition bolchévique dans le Caucase du nord[2], à s'assurer la loyauté des armés cosaques du Don et du Kouban en éloignant du commandement le général Piotr Krasnov, favorable à l'Allemagne, et à obtenir des Alliés par les ports de la mer Noire des munitions et pièces d'artillerie. Les Français et les Anglais débarquèrent à Odessa et Sébastopol fin 1918. Mais la population se montra hostile à leur présence et la coopération militaire fut difficile. Les Français, qui dirigeaient l'intervention, se rembarquèrent en avril 1919.

Commandant en chef des Forces Armées du Sud de la Russie[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 1919, l'armée des volontaires et l'armée du Don fusionnèrent pour donner naissance aux Forces Armées du Sud de la Russie (russe : Вооружённыя силы Юга Россіи (В. С. Ю. Р.)) commandées par le général Dénikine depuis son état-major de Taganrog.

Le 12 juin 1919, Dénikine reconnut officiellement le gouvernement de l'amiral Koltchak, dirigeant suprême et commandant en chef. Le 24 juin 1919 le conseil des ministres du gouvernement d'Omsk le nomma suppléant du commandant en chef afin d'assurer « la continuité du commandement suprême ».

Ayant défait les bolchéviques sur le Don et le fleuve Manytch, les armées de Dénikine entamèrent une avancée vers le centre du pays. Le 3 juillet Dénikine annonça le début de la marche sur Moscou (200 000 combattants, 2 000 canons et 30 chars d'assaut). En septembre les forces armées du sud de la Russie avait pris le Donbass, la Crimée et de larges territoires du sud de la Russie avec les villes de Kharkov, Tsaritsyne, Kiev, Odessa et autres.

Septembre et début octobre 1919 connurent l'extension maximale des territoires contrôlés par les forces anti-bolchéviques.

En septembre 1919, les troupes blanches infligèrent de lourdes défaites lors de batailles vers Kharkov et Tsaritsyne aux armées rouges et en poursuivant les unités défaites, elles se rapprochaient peu à peu de Moscou. Le 20 septembre Koursk tomba, le 6 octobre Voronej, le 13 octobre Orel et Toula était à portée. Le front sud des bolchéviques s'écroulait. Les bolchéviques étaient proches de la défaite et se préparaient à passer dans la clandestinité. Un comité clandestin du parti de Moscou fut créé, les institutions préparaient leur évacuation vers Vologda. Mais à partir d'octobre 1919, la situation des forces armées du sud de la Russie se dégrada sensiblement. Les bases arrières en Ukraine étaient pillées par les raids des hommes de Nestor Makhno qui avaient forcé les lignes blanches dans la région d'Ouman[3], il fallut détourner du front des unités pour le combattre, les bolchéviques avaient conclu un armistice avec les Polonais et les forces de Petlioura, libérant des forces pour la lutte contre Dénikine. Ayant pu restaurer leur supériorité numérique sur le principal front d'Orel à Koursk (62 000 hommes côté rouge contre 22 000 côté blanc) l'armée rouge passa à la contre-attaque en octobre 1919. Après des combats acharnés, les armées blanches furent forcées à se replier sur toute la longueur du front. Durant l'hiver 1919-1920, les troupes de Dénikine durent quitter Kharkov, Kiev, la région du Donbass et Rostov-sur-le-Don. En février-mars 1920, elles furent battues lors des combats pour le contrôle du Kouban à la suite de la décomposition de l'armée du Kouban (l'unité la moins fiable des Forces Armées du Sud de la Russie en raison de ses tendances séparatistes). Les troupes de l'armée blanche se replient sur Novorossiisk d'où elles s'embarquent le 26 et 27 mars 1920 pour la Crimée.

Début décembre 1919, l'amiral Koltchak discuta avec son gouvernement la question d'une « abdication en faveur de Dénikine ». Le 22 décembre, le conseil des ministres du gouvernement russe décréta que « dans le but d'assurer la continuité et la succession du pouvoir de toutes les Russies le conseil a décidé qu'en cas de maladie grave ou de décès du chef suprême ainsi que dans le cas de sa démission ou de son absence prolongée ses obligations passeront au commandant en chef des Forces Armées du Sud de la Russie lieutenant-général Dénikine. »

Le 4 janvier 1920, Koltchak annonce dans le décret de Nijneoudinsk que « vu ma décision de transmettre le pouvoir suprême de toutes les Russies au commandant en chef des Forces Armées du Sud de la Russie général Dénikine, jusqu'à l'obtention de ses ordres et afin de conserver dans notre partie orientale de la Russie des fondations étatiques pour l'unité de la Russie » il donne « les entiers pouvoirs militaires et civils sur tout le territoire oriental de la Russie unie par le pouvoir russe suprême » au général Grigori Semenov.

Comme l'écrit dans ses mémoires Dénikine, il ne pouvait, dans les conditions difficiles liées aux lourdes défaites des Forces Armées du Sud de la Russie et la crise politique, « accepter le titre et la fonction » et refusa de titre de chef suprême, le justifiant par l'absence d'informations officielles sur les évènements à l'est.

Le 4 avril 1920, Dénikine, face à l'opposition des généraux, démissionne du commandement des Forces Armées du Sud de la Russie au profit du lieutenant-général baron Wrangel et s'embarqua le jour même pour l'Angleterre via Constantinople.

Durant l'été 1920, A. Goutchkov adressa à Dénikine la demande de « finaliser son exploit patriotique et avec un acte solennel investir le baron Wrangel… de la succession du pouvoir de toutes les Russie », ce que Dénikine déclina toutefois de faire.

La politique de Dénikine[modifier | modifier le code]

Sur les territoires contrôlés par les Forces Armées du Sud de la Russie tous les pouvoirs revenaient à Dénikine en tant que commandant en chef. À ses côtés, le « conseil spécial » remplissait les rôle d'exécutif et de législatif. Investi de facto de pouvoirs dictatoriaux et partisan d'une monarchie constitutionnelle Dénikine ne se reconnaissait pas le droit de décider du régime d'un futur état russe avant la réunion d'une assemblée constituante. Il tenta de rassembler de larges couches de la population autour du mouvement blanc sous les devises « combattre le bolchévisme jusqu'à la fin », « une Russie grande, unie et indivisible », « libertés politiques ». Cette attitude était critiquée par les monarchistes ainsi que par les libéraux. L'appel à une Russie unie et indivisible rencontra l'opposition des gouvernements cosaques du Don et du Kouban qui recherchait une autonomie plus grande et une Russie fédérale, de même les nationalistes ukrainiens, caucasiens et baltes ne pouvaient s'y retrouver. En même temps, un semblant de vie normale s'installait à l'arrière du front. Là où les conditions le permettaient les usines et fabriques se remirent à fonctionner, le transport ferroviaire et fluvial repris, les banques et le commerce poursuivaient leurs activités. Le prix des produits de l'agriculture fut fixé, une loi contre la spéculation promulguée, les tribunaux et les institutions de gouvernement local réinstaurés, de nombreux partis existaient librement (y compris les socialistes révolutionnaires et les sociaux-démocrates), la presse était presque totalement libre. Le conseil spécial de Dénikine instaura une législation du travail progressiste (journées de travail de huit heures, sécurité du travail), toutefois la désorganisation de l'industrie fit que cette législation ne trouva que peu de domaines d'application.

Le gouvernement de Dénikine n'eut pas le temps de mettre en œuvre la réforme agraire qu'il avait préparé. Son objectif était de renforcer les petites et moyennes exploitations aux dépens de terres d'états et de grands propriétaires. Une loi provisoire de Koltchak était en vigueur, spécifiant que jusqu'à la réunion d'une assemblée constituante la terre restait en possession de celui qui la possédait de facto. La reprise de force des terres par d'anciens propriétaires n'était pas tolérée.

La position de Dénikine sur la question linguistique en Ukraine est exposée dans le manifeste À la population de la Petite Russie (1919) : « Je déclare que la langue officielle sur tout le territoire de la Russie est le russe mais j'estime qu'il est inacceptable et j'interdis de réprimer la langue petit-russe. Chacun peut parler dans les institutions locales, zemstvo, lieux publics et tribunaux en petit-russe. Les écoles locales financées sur des fonds privés peuvent enseigner dans n'importe quelle langue. Les écoles publiques… peuvent instaurer des cours de la langue populaire petit-russe… Également il n'y aura pas de barrière pour la langue petit-russe dans la presse[4] »

Pogroms et crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Certaines unités des troupes de Dénikine se rendirent coupables de plusieurs pogroms dans les régions qu'elles occupèrent. Le 17 octobre 1918, un soldat du troisième régiment de cavalerie de Tcherguinov (appartenant à l'armée de Dénikine) écrit ainsi à ses parents : « Nous sommes allés à Konotop rosser les youpins, j'ai réussi à égorger trois juifs et un vieux youpin, et pour ça on a touché 500 roubles par soldat ». La socialiste révolutionnaire de gauche Kakhovskaïa décrit en 1919 l'entrée des troupes blanches de Dénikine à Kiev en évoquant des « charrettes de cadavres juifs ». Les pogroms les plus importants eurent lieu à Fastov en septembre 1919 et à Kiev en octobre, faisant respectivement un millier et plus de 250 morts, « sans que les autorités militaires ou civiles supérieures aient cru bon de s'interposer »[5].

Dénikine publia une déclaration condamnant l'antisémitisme. Cependant, selon l'historien marxiste Arno Joseph Mayer, « il s'agissait d'une démarche essentiellement tactique, destinée à courtiser les alliés ; en effet, les tenants occidentaux des forces anti-bolchéviques ne cessaient de rappeler que les excès antisémites leurs aliénaient l'opinion publique et compromettait le maintien de leurs aide aux blancs »[6]. Plus généralement, il y eut peu de protestations aux sommets de l'appareil politique et militaire du gouvernement blanc en Ukraine pour s'élever contre les flambées d'antisémitisme. Les Cadets membres du quartier général de Dénikine ne protestèrent pas contre les pogroms, leur parti allant jusqu'à « demander aux juifs de répudier le bolchevisme pour se sauver eux-mêmes »[7]. L'Osvag, service de propagande du gouvernement de Dénikine, fit courir de nombreuses rumeurs sur l'existence de complots ourdis par les juifs. Une proclamation d'un des généraux de l'armée blanche incitait ainsi le peuple à « s'armer et à se dresser contre les communistes bolcheviques juifs, l'ennemi commun de notre terre russe », afin d'extirper « la force mauvaise et diabolique qui réside dans le cœur des communistes juifs »[8].

Cependant, selon les études de Nahum Gergel, citées par Alexandre Soljenitsyne[9], les pogroms menés par les Armées blanches en Ukraine, ne représentent que 17 % des 887 de l'époque (contre 40 % imputées par l'auteur aux forces de l'indépendantiste ukrainien Simon Petlioura[10], 25 % aux armées paysannes et aux bandes qui n'étaient contrôlées par aucun des principaux belligérants et 8,5 % à l'armée rouge et à la Tchéka)[11]. À la différence des blancs, les bolcheviques cherchèrent à identifier et à châtier les officiers responsables de pogroms (tels que Bogouni et Taratchani), et affectèrent à partir de juin 1919 des fonds pour soutenir les victimes de pogroms[12].

Le général Wrangel, pourtant monarchiste convaincu et allié de Dénikine, décrit l'anomie qui règne sur l'immense territoire contrôlé par ce dernier quand il en prend la tête en mars 1920 : « Le pays était dirigé par toute une série de petits satrapes, à commencer par les gouverneurs pour finir par n'importe quel gradé de l'armée […] l'indiscipline des troupes, la débauche et l'arbitraire régnant à l'arrière n'étaient un secret pour personne […] L'armée, mal ravitaillée, se nourrissait exclusivement sur le dos de la population, ainsi grevée d'un fardeau insupportable. »

Les Blancs considéraient que les Juifs, qui formaient en très grande majorité les cadres bolchéviques, leur étaient très hostiles et très favorables aux bolchéviques. Loin d'estimer s'attaquer à des innocents, ces massacres étaient tenus pour des règlements de compte, égard aux affres causés par l'usure, l'alcoolisme, l'exploitation de la misère et les « crimes » de la révolution bolchévique. De nombreux nobles estimant que la révolution avait été juive, pensaient également se venger des meurtres, des viols et des dépossessions que leurs familles avaient eu à souffrir.

L'exil[modifier | modifier le code]

Tombe provisoire de Denikine

Il s'exile en France, puis émigre aux États-Unis en 1945.

Après l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933 et malgré son hostilité intransigeante vis-à-vis du communisme, Dénikine affirme son soutien à l'Armée rouge face à la menace d'une invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, qualifiant Hitler de « pire ennemi de la Russie et du peuple russe ».

Il s'éteint paisiblement dans son lit en 1947 à Ann Arbor dans le Michigan. Peu avant de mourir, il achève plus de 2 000 pages de Mémoires, dont le livre III s'ouvre par une réflexion sur la nature et l'ampleur de la révolution russe de 1917.

Le 3 octobre 2005, ses restes ont été ensevelis dans une tombe du cimetière du monastère de Donskoï, non loin de celles du philosophe russe Ivan Iline, transférées aussi ce même 3 octobre[13]. Dans le même cimetière, reposent également l'écrivain Ivan Chmeliov mort en exil et enterré en l'an 2000, le dernier patriarche de la Russie impériale Tikhon, détenu jusqu'à sa mort dans le monastère et Alexandre Soljénitsyne. Avant de mourir, Ivan Chmeliov avait envoyé une photo à Dénikine au dos de laquelle il avait écrit : « Nous nous retrouverons peut-être un jour à Moscou ».

Sa fille Marina Grey, productrice et historienne, avait épousé Jean-François Chiappe, lui aussi historien. Elle avait récemment reçu la nationalité russe en plus de sa nationalité française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La « campagne de glace » de l'armée des volontaires du général Kornilov
  2. Chambarov V.E. Anéantissement de l'armée rouge au Caucase
  3. Almendinger V.V. «Гибель второго батальона Симферопольского Офицерского полка»
  4. Stefan Machkevitch Язык до Киева доведет. А в Киеве?
  5. Arno Joseph Mayer, Les Furies : Violence, vengeance, terreur aux temps de la Révolution française et de la Révolution russe, p. 443. Mayer se réfère à Richard Pipes (Bolshevik Regime, p. 109) en ce qui concerne les pogroms de Fastov.
  6. Ibid, p. 442.
  7. Peter Kenez, Civil war in South Russia, 1919-1920, p. 173-174.
  8. Cité dans Kenez, ibid, p. 175.
  9. Deux siècles ensemble - Juifs et Russes avant la révolution [ref précise souhaitée]
  10. La responsabilité de Simon Petlioura a toutefois été remise en cause à l'ouverture des archives soviétiques, notamment par l'historien Henry Abramson (www.h-net.org) ou le gouvernement ukrainien Ambassade d'Ukraine en France ; Lettre de l`Ambassadeur d`Ukraine en France Yuriy Sergeyev au Président de la LICRA Monsieur Patrick Gaubert
  11. Nahum Gergel, The Pogroms in the Ukraine in 1918-21, 1951
  12. Richard Pipes, Bolshevik Regime, p. 111.
  13. Éléonore Dermy, « Les restes du général Denikine enterrés à Moscou », Regard sur l'Est,‎ 29 septembre 2005 (lire en ligne)

Écrits[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La Décomposition de l'armée et du pouvoir - février-septembre 1917, 1922. 3 volumes édités à Paris + 2 volumes à Berlin
  • La Situation internationale et le problème russe, 1934.
  • The Career of a Tsarist Officer. Memoirs, 1872-1916.
  • The Russian Turmoil. Memoirs: Military, Social, and Political.
  • The White Army.
  • Поход и смерть генерала Корнилова.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]