Équipe de Suisse de football

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de l'équipe masculine. Pour l'équipe féminine, voir Équipe de Suisse de football féminin.

Drapeau : Suisse Équipe de Suisse

Écusson de l' Équipe de Suisse
Généralités
Confédération UEFA
Emblème Croix suisse
Couleurs rouge et blanc
Surnom La « Nati »
Stade principal Parc Saint-Jacques
Classement FIFA en diminution 12e (28 octobre 2014)[1]
Personnalités
Sélectionneur Drapeau : Croatie Drapeau : Bosnie-Herzégovine Drapeau : Suisse Vladimir Petković
Capitaine Gökhan Inler
Plus sélectionné Heinz Hermann (118 sélections)
Meilleur buteur Alexander Frei (42 buts)

Rencontres officielles historiques

Premier match 12 février 1905 (France, 0-1)
Plus large victoire 9-0, Lituanie (25 mai 1924)
Plus large défaite 0-9, Angleterre (20 mai 1909)

0-9, Hongrie (29 octobre 1911)

Palmarès

Coupe du monde Phases finales : 10
Quart de finale en 1934, 1938 et 1954
Championnat d'Europe Phases finales : 3
1er tour en 1996, 2004 et 2008
Jeux olympiques Médaille d'argent en 1924

Maillots

Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
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Domicile
Couleurs de l’équipe
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Extérieur

Actualités

Pour la compétition en cours, voir :
Coupe du monde 2014

L'équipe de Suisse de football (Schweizer Fussballnationalmannschaft en allemand, Nazionale di calcio della Svizzera en italien, Squadra naziunala da ballape da la Svizra en romanche) est la sélection de joueurs de football suisses sous l'égide de l'Association suisse de football. Surnommée la « Nati » (abréviation de Nationalmannschaft), elle représente le pays lors des compétitions continentales et internationales.

Après la création de l'Association suisse de football en 1895, l'équipe suisse dispute la première rencontre de son histoire en 1905 face à la France. Elle remporte une médaille d'argent lors de sa première participation olympique en 1924. La sélection atteint les quarts de finale de la Coupe du monde en 1934, 1938 et 1954. Après avoir pris part à six des huit premières éditions de ce tournoi, elle participe à une Coupe du monde entre 1966 et 2006 : celle de 1994 aux États-Unis. Désormais composée de joueurs évoluant pour la majorité dans les grands championnats européens, elle participe à sa troisième Coupe du monde consécutive en 2014 au Brésil. Il s'agit de sa dixième Coupe du monde au total.

Les Suisses disputent la plupart de leurs rencontres à domicile au Parc Saint-Jacques, stade d'une capacité de 36 000 places situé à Bâle. Troisièmes du premier classement FIFA en août 1993, ils ont terminé l'année 2013 au 8e rang mondial. L'Allemand Ottmar Hitzfeld, sélectionneur depuis 2008, a été remplacé par Vladimir Petković après la Coupe du monde de 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse de l'équipe nationale (1905-1918)[modifier | modifier le code]

Des élèves anglais de pensionnats introduisent le football en Suisse en 1855 et de nombreux clubs amateurs sont ensuite fondés dans le pays. L'Association suisse de football (ASF) est créée le 7 avril 1895 à Olten[2] et des matchs internationaux entre clubs de Suisse et des pays frontaliers ont lieu dès le milieu des années 1890. La première sélection de suisse bat une équipe du Sud de l'Allemagne par trois buts à un le 4 décembre 1898. La moitié de l'équipe suisse est alors constituée d'étrangers vivant en Suisse, pour la plupart britanniques[3]. Plusieurs autres matchs de ce type sont organisés ; la Suisse perd par exemple contre l'Autriche sur le score de 4-0 le 8 avril 1901.

Le premier match officiel de l'équipe suisse, joué contre la France le 12 février 1905.

L'équipe nationale suisse joue son premier match officiel contre l'équipe de France le 12 février 1905 à Paris. La Suisse perd sur le score de 1-0 devant 5 000 spectateurs. Le match retour, perdu sur le score de 1-2, ne peut se jouer que trois ans plus tard à Genève à cause des problèmes financiers de l'ASF. Adolf Frenken du FC Winterthour marque le premier but de l'équipe suisse[4]. Les Suisses obtiennent leur première victoire le 5 avril 1908 en battant l'équipe d'Allemagne, qui joue son premier match, sur le score de 5-3 à Bâle. L'équipe enregistre ensuite ses deux plus larges défaites sur le même score de 9-0, l'un contre l'Angleterre à domicile le 20 mai 1909 et l'autre contre la Hongrie à Budapest le 29 octobre 1911. L'Association suisse prévoit d'envoyer une équipe aux Jeux olympiques d'été de 1912 à Stockholm, mais ce projet de ne concrétise pas à cause d'un manque d'argent[5].

Après le début de la Première Guerre mondiale, le football est beaucoup moins présent en Suisse. Plus de la moitié des terrains sont transformés en terrains agricoles et de nombreux clubs cessent leurs activités car les joueurs doivent faire leur service militaire. L'ASF convainc progressivement les autorités militaires, d'abord sceptiques, que le football peut entretenir la condition physique des militaires en service. Le jeu reprend dès 1916 ; de nombreux matchs sont organisés au sein de l'armée, ce qui contribue à la popularisation du football. Cinq matchs internationaux peuvent être organisés : deux à domicile contre l'Autriche et trois à l'extérieur contre l'Italie, l'Autriche et la Hongrie[6].

Une médaille olympique et deux Coupes du monde (1918–1945)[modifier | modifier le code]

Le premier match de l'après-guerre est joué le 29 février 1920 contre la France. Le 27 juin 1920, les Suisses jouent un match très politisé contre l'Allemagne à Zurich : ils ont ignoré l'interdiction de matchs internationaux infligée par la FIFA aux perdants de la guerre. La France menace alors de boycotter les matchs contre la Suisse et des manifestations ont lieu en Belgique et en Angleterre. L'association régionale de la Suisse romande interdit à ses membres d'y participer. Cette partie controversée se termine par une victoire suisse sur le score de 4-1. L'ASF a décidé en août 1919 de participer aux Jeux olympiques d'été de 1920 à Anvers, mais elle annule son inscription une semaine avant le début du tournoi. En plus du manque d'argent, elle craint une scission de la fédération selon la frontière linguistique à la suite du match contre l'Allemagne[7].

Dix-sept joueurs se rendent à Paris en train pour participer aux Jeux olympiques d'été de 1924. S'attendant à une élimination rapide, l'ASF achète un billet de train valable seulement pour dix jours. Pour la première fois, trois entraîneurs sont engagés par l'ASF : les Britanniques Teddy Duckworth et Jimmy Hogan ainsi que le Hongrois Izidor Kürschner. Lors du seul match du tour préliminaire, les Suisses obtiennent la victoire la plus large de leur histoire en battant la Lituanie sur le score de 9-0. Après un match nul (1-1) contre la Tchécoslovaquie, le match est rejoué et les Suisses s'imposent sur le score de 1-0. Ils battent l'Italie en quart de finale (2-1) et le journal « Sport » lance une collecte de fonds pour prendre en charge les coûts supplémentaires engendrés par l'hébergement. L'équipe suisse surprend en demi-finale en battant les Suédois, favoris du tournoi, sur le score de 2-1. Elle perd en finale contre l'Uruguay et obtient la médaille d'argent ainsi que le titre non officiel de champion d'Europe[8].

Après cette très bonne performance, le niveau de l'équipe nationale baisse considérablement. Elle ne joue qu'un match aux Jeux olympiques d'été de 1928 à Amsterdam : elle est éliminée après une défaite contre l'Allemagne par quatre buts à zéro. Les résultats ne sont pas meilleurs à la Coupe internationale, prédécesseur du Championnat d'Europe, où la Suisse se classe dernière lors de chacune des six éditions. Léopold Kielholz est cependant le meilleur buteur de l'édition 1933-1935 à égalité avec le Hongrois György Sárosi. Comme de nombreuses autres nations européennes, la Suisse ne participe pas à la première Coupe du monde qui a lieu en 1930 en Uruguay pour des raisons de coûts[9].

Les Suisses obtiennent leur qualification pour la Coupe du monde de 1934 en Italie sur le tapis vert. Les deux matchs nuls contre la Yougoslavie et la Roumanie n'auraient en effet pas suffi, mais les Roumains ont aligné un joueur non sélectionnable et la victoire est accordée à la Suisse. Avant la phase finale, un conflit éclate entre l'ASF et le Servette FC. Le club genevois craint que ses joueurs se blessent pendant les matchs internationaux et demande une compensation financière à l'ASF. Ce n'est qu'après des menaces de cette dernière que le club libère ses joueurs, une semaine avant le début de la Coupe du monde. Avec l'entraîneur Heinrich Müller, les Suisses gagnent leur huitième de finale contre les Pays-Bas sur le score de 3-2. Il perdent ensuite contre les futurs vice-champions du monde tchécoslovaques par deux buts à trois[10].

L'assemblée des délégués de l'ASF décide en 1931 de créer une ligue partiellement professionnelle, mais celle-ci ne répond pas aux attentes élevées. De nombreux joueurs de l'équipe nationale sont attirés par des contrats lucratifs à l'étranger, en particulier en première division française. L'intérêt des spectateurs reste modéré et l'objectif principal, une augmentation du niveau de l'équipe nationale, n'est pas atteint. Entre 1934 et 1938, elle ne remporte que le quart de ses rencontres internationales. Des fonctionnaires influents estiment que le sport professionnel est à l'origine des problèmes et idéalisent l'époque amateur. En 1937, les salaires sont si bas que les joueurs doivent exercer un autre métier pour vivre. Le sport professionnel est interdit par le président de l'ASF Robert Zumbühl en 1943[11],[2].

L'Autrichien Karl Rappan, devenu entraîneur en septembre 1937, modifiera significativement le football suisse pour les 25 années suivantes. Son mandat est divisé en quatre périodes (1937–1938, 1942–1949, 1952–1954, 1960–1963). Controversé à cause de son appartenance au Parti nazi, il met en place un système défensif venant d'Europe centrale qui sera connu sous le nom de « verrou suisse ». Mélange entre la défense de zone et la défense individuelle, il permet aux Suisses de rivaliser avec des équipes plus cotées. Rappan développe ensuite le catenaccio en ajoutant le poste de libéro[12].

Les Suisses jouent un match unique contre le Portugal à Milan pour se qualifier pour la Coupe du monde 1938 en France ; ils le remportent sur le score de 2-1. Au premier tour de la phase finale, la Suisse rencontre l'équipe de l'Empire allemand, qui a annexé l'Autriche trois mois plus tôt. Le match se termine par une égalité (1-1) et il est rejoué cinq jours plus tard. Le deuxième match reste comme l'un des plus remarquables de l'histoire du football suisse. L'équipe allemande, qui est en fait une fusion des deux demi-finalistes de 1934, l'Allemagne et l'Autriche, est considérée comme la favorite du tournoi. Elle mène par deux buts à zéro à la 40e minute, mais encaisse quatre buts par la suite pour perdre sur le score de 2-4. La victoire contre l'Allemagne est célébrée avec beaucoup d'enthousiasme au pays. Les Suisses jouent leur quart de finale trois jours plus tard contre la Hongrie, mais il le perdent sur le score de 0-2[13],[14].

Après la victoire contre l’Allemagne, les footballeurs sont vus comme des modèles. De nombreux journaux les comparent aux héros de l’histoire suisse. Par exemple, la Gazette de Lausanne écrit que « les onze petits Suisses […] ont lutté comme à Saint-Jacques et ont remporté une victoire qui retentira longtemps sous les murs de Paris »[15]. Le football devient ainsi un élément de la défense spirituelle, mouvement politique et culturel visant à préserver les valeurs fondamentales démocratiques et culturelles de la Suisse de l’influence de ses voisins totalitaires, le verrou suisse étant perçu comme un symbole de l’affirmation du pays[16].

À l’exception de la phase de mobilisation, le championnat suisse est maintenu pendant la Seconde Guerre mondiale. Les joueurs n'ont aucun problème à prendre congé de leur club pour effectuer leur service militaire. Le général Henri Guisan tient particulièrement à ce que le football reste actif dans le pays[17]. L'équipe nationale joue seize matchs pendant la guerre, dont onze contre les forces de l'Axe et leurs alliés. Les matchs à domicile sont mis en scène comme des événements nationaux et le général Guisan assiste à certains d'entre eux. La population suisse n'a aucune sympathie pour les puissances de l'Axe et particulièrement l'Empire allemand, mais les matchs permettent aux hommes politiques de maintenir l'image de neutralité absolue de la Suisse. Le 20 avril 1941, anniversaire d'Adolf Hitler, les Suisses battent les Allemands à Berne sur le score de 2-1[18].

Quatre Coupes du monde dont une à domicile (1945–1966)[modifier | modifier le code]

Le premier match de l'après-guerre est gagné 1-0 le 21 mai 1945 contre le Portugal. Les Suisses reçoivent les Italiens le 11 novembre 1945 à Zurich (4-4) et leur permettent ainsi de réintégrer le football international. Après deux victoires contre le Luxembourg, les Suisses se qualifient pour la Coupe du monde de 1950. L'ASF engage l'ancien joueur Franco Andreoli comme entraîneur pour la phase finale au Brésil. C'est la première fois que l'équipe suisse sort du continent européen. Les dix-neuf joueurs s'envolent de Kloten et arrivent à Rio de Janeiro après deux escales à Lisbonne et Dakar. Ils perdent leur premier match contre la Yougoslavie sur le score de 0-3. Les Suisses affrontent ensuite la Seleção brésilienne, grande favorite du tournoi. Ils surprennent en obtenant un match nul (2-2) grâce à la technique du verrou suisse et à deux buts de Jacques Fatton. Une victoire 2-1 contre le Mexique ne suffit pas pour se qualifier pour le tour final, qui réunit les vainqueurs de chaque groupe[19],[20].

La Suisse a soutenu l'Allemagne dans sa demande, refusée, de réintégrer la FIFA en 1948. Les trois matchs suivants entre clubs suisses et allemands sont donc critiqués par les médias étrangers, notamment aux Pays-Bas. Les Suisses échappent à la menace de suspension de la FIFA car l'ASF inflige des amendes de 500 francs aux clubs concernés jouant à domicile[21]. Après l'intégration de l'Allemagne et de la Sarre à la FIFA, il n'y a plus d'obstacles aux matchs internationaux dès 1950. La Suisse joue son premier match contre l'Allemagne depuis la fin de la guerre le 22 novembre 1950 à Stuttgart et le perd sur le score de 0-1[22].

La Suisse, soutenue par le président de l'ASF et vice-président de la FIFA Ernst Thommen, obtient l'organisation de la Coupe du monde de 1954. L'ASF réengage Karl Rappan en novembre 1952 pour préparer l'équipe nationale. Le 25 avril 1954, un match de préparation contre l'Allemagne est le premier de l'équipe nationale à être diffusé par la télévision suisse. Lors de leur premier match de la Coupe du monde, les Suisses battent l'Italie à Lausanne sur le score de 2-1. Ils perdent ensuite contre l'Angleterre à Berne par deux buts à zéro. Deuxièmes du groupe avec deux points, à égalité avec l'Italie, ils se qualifient pour les quarts de finale grâce à une victoire à Bâle sur le score de 4-1 lors du match d'appui. Lors de leur quart de finale, les Suisses et les Autrichiens établissent le record du nombre de buts marqués en un match de Coupe du monde[23]. La rencontre a lieu à Lausanne devant environ 35 000 spectateurs et par une très forte chaleur[24]. Les Suisses mènent 3-0 après 20 minutes mais, alors que le défenseur Roger Bocquet est victime d'une chute et des fortes chaleurs, ils encaissent ensuite cinq buts en un quart d'heure. Malgré un début d'insolation de leur gardien Kurt Schmied, les Autrichiens gardent leur avantage et remportent la partie sur le score de 7-5[25].

Les années suivantes sont marquées par de grandes désillusions. L'entraîneur Jacques Spagnoli manque la qualification pour la Coupe du monde de 1958 en Suède. Son successeur, l'Autrichien Willibald Hahn, n'obtient pas de meilleurs résultats. Après une défaite sur le score de 0-8 contre la Hongrie, une des plus lourdes de l'histoire de la Nati, l'ASF s'en sépare en octobre 1959[26]. Elle appelle pour la quatrième et dernière fois Karl Rappan. Après trois victoires et une défaite dans les qualifications pour la Coupe du monde de 1962 au Chili, l'équipe nationale doit jouer un match de barrage contre la Suède, vice-championne du monde en 1958 et également première du groupe. Ce dernier a lieu en novembre 1961 à Berlin et se termine par une victoire suisse sur le score de 2-1. En raison de la construction du mur trois plus tôt, le match est joué dans la partie occidentale de la ville, isolée. Lors de la phase finale, la Suisse subit trois défaites contre le Chili (1-3), l'Allemagne (1-2) et l'Italie (0-3)[27].

L'ASF engage l'Italien Alfredo Foni, champion olympique en 1936 et champion du monde en 1938, en juillet 1964. Les Suisses participent sous sa direction aux qualifications pour la Coupe du monde de 1966 en Angleterre. Après notamment une victoire 2-1 contre les Pays-Bas, ils se dirigent vers un match de barrage contre l'Irlande du Nord. Cette dernière n'obtient cependant qu'une égalité lors de son dernier match contre l'Albanie et les Suisses se qualifient directement en étant premiers de leur groupe. Lors de la phase finale, les Suisses perdent à nouveaux trois fois contre l'Allemagne de l'Ouest (0-5), l'Espagne (1-2) et l'Argentine (0-2)[28]. Un tour de ville nocturne de Jakob Kuhn, Leo Eichmann et Werner Leimgruber dans une voiture avec deux Anglaises à Sheffield attire également l'attention des médias. Foni ne les sélectionne pas pour le match contre l'Allemagne et l'ASF les suspend pour ce comportement jugé scandaleux. Les joueurs concernés accusent ensuite les dirigeants de l'association de diffamation. Ils peuvent à nouveau jouer dès 1968 après avoir retiré leur plainte[29].

Absence des grandes compétitions (1967–1989)[modifier | modifier le code]

En 1962, Karl Rappan analyse ainsi le football suisse : « Si nous ne réorganisons pas notre football d'élite – et rapidement – nous allons remporter une rencontre internationale de temps en temps avec de la chance, mais n'aurons plus notre mot à dire au niveau international »[30].

Les prédictions de Rappan s'avèrent correctes. Plusieurs raisons expliquent le fait que la Suisse s'éloigne de plus en plus de l'élite mondiale. Le verrou suisse devient inefficace au fil du temps, et une sorte de « Röstigraben » footballistique se développe le long des frontières linguistiques. Alors qu'un football athlétique basé sur la défense demandant force et discipline est privilégié en Suisse alémanique, la Romandie et dans une moindre mesure le Tessin préfèrent un système opposé, plus abouti techniquement, orienté vers l'attaque et avec beaucoup de passes courtes[31]. Entre 1967 et 1989, dix entraîneurs se succèdent sans obtenir une qualification pour la Coupe du monde ou le Championnat d'Europe[32].

L'expression « défaite honorable » est souvent utilisée pour décrire les résultats de l'équipe nationale dans les années 1970. Elle perd beaucoup de matchs, souvent avec un seul but d'écart. Les matchs nuls contre des équipes plus fortes sont fêtés comme des victoires. De plus, l'équipe nationale devient de moins en moins importante pour certains joueurs[33],[34]. Une première reprise à lieu avec l'entraîneur Paul Wolfisberg. Les Suisses obtiennent quelques très bons résultats lors des matchs amicaux, par exemple une victoire à l'extérieur contre l'équipe d'Italie, récemment sacrée championne du monde, sur le score d'un but à zéro. Les succès sont cependant rares dans les matchs décisif des qualifications pour les grandes compétitions. À la fin des années 1980, alors que Daniel Jeandupeux n'atteint pas les objectifs de l'équipe, l'ASF entreprend des réformes attendues depuis longtemps dans l'organisation de l'association et la formation des juniors[35].

Bons résultats avec Roy Hodgson puis nouveau déclin (1989–2001)[modifier | modifier le code]

L'ASF engage l'entraîneur allemand Uli Stielike en 1989. Ce dernier obtient un résultat remarquable dès ses débuts, avec une victoire contre le Brésil sur le score d'un but à zéro le 21 juin 1989. Les Suisses jouent un match amical historique le 19 décembre 1990 à Stuttgart (défaite 4-0), puisque c'est la première rencontre de l'Allemagne réunifiée[36]. Ils ne se qualifient pas pour la Coupe du monde de 1990[37]. La Suisse manque d'un point la qualification pour le Championnat d'Europe 1992 qui ne compte encore que huit équipes[36].

Roy Hodgson.

L'Anglais Roy Hodgson, engagé en 1992, continue le travail de reconstruction de Stielike. L’ASF signe un contrat de sponsoring avec la banque Crédit suisse en 1993. Elle s’engage à investir la moitié de son argent dans la formation pour assurer le succès de l'équipe nationale à long terme[38]. Troisièmes du premier classement FIFA en août 1993[39], les Suisses obtiennent une place à la Coupe du monde de 1994 en terminant deuxième de leur groupe derrière l'Italie. Le dernier match des qualifications, une victoire 4-0 contre l'Estonie, est joué devant les conseillers fédéraux Ruth Dreifuss et Adolf Ogi ainsi que 2,2 millions de téléspectateurs[40]. C'est la première fois depuis 28 ans que la Suisse participe à la phase finale de la Coupe du monde. Les Suisses jouent le match d'ouverture contre le pays hôte, les États-Unis, dans le stade couvert du Silverdome à Détroit devant des milliers de spectateurs suisses. Georges Bregy ouvre la marque pour la Suisse sur un coup franc à la 39e minute, mais Eric Wynalda égalise peu après grâce à un tir puissant dans la lucarne. Le match se termine sur le score de 1-1. Grâce notamment à deux buts d'Adrian Knup, les Suisses battent ensuite la Roumanie par quatre buts à un et obtiennent ainsi leur première victoire en Coupe du monde depuis 1954. Ils se qualifient pour la suite du tournoi malgré une défaite contre la Colombie (0-2). L'équipe suisse affronte l'Espagne en huitième de finale. Le gardien Andoni Zubizarreta parvient à arrêter tous les tirs suisses et les Espagnols marquent trois buts dont un sur penalty. La Suisse est donc éliminée sur le score de 0-3[41],[42].

Les Suisses sont premiers de leur groupe dans les qualifications pour le Championnat d'Europe 1996. Lors d'un match de qualification le 6 septembre 1995 à Göteborg (Suède), les joueurs suisses déploient une banderole avec le message « Stop it Chirac » pendant l'hymne national à l'initiative d'Alain Sutter et Adrian Knup. Ils protestent ainsi contre l'annonce du président français Jacques Chirac de la reprise des essais nucléaires dans l'atoll de Mururoa, dans le Pacifique sud[43]. L'UEFA interdit ensuite les actions politiques sur les terrains. L'ASF, qui a reçu un blâme de l'UEFA, renonce à sanctionner les joueurs car leur action est largement approuvée par la population et les médias[44].

Artur Jorge remplace Hodgson à la fin de son contrat. L'entraîneur portugais est critiqué dès ses débuts. Jorge provoque une polémique en ne sélectionnant pas Adrian Knup ni Alain Sutter pour le Championnat d'Europe. Le quotidien alémanique Blick publie ensuite la plus longue et la plus intense série de critiques contre un entraîneur national suisse, le traitant notamment de « fou ». La Suisse commence bien le premier Championnat d'Europe de son histoire puisqu'elle obtient un match nul (1-1) contre le pays hôte, l'Angleterre. Elle est cependant éliminée au terme du premier tour après deux défaites contre les Pays-Bas (0-2) et l'Écosse (0-1). Jorge annonce sa démission juste après[45].

La Suisse affronte des équipes considérées comme abordables lors des qualifications pour la Coupe du monde de 1998, mais le premier match avec l'entraîneur autrichien Rolf Fringer est jugé honteux. Le 31 août 1996 à Bakou, la Suisse clairement favorite perd sur le score de 0-1 contre l'Azerbaïdjan. Cette défaite inattendue a un impact négatif sur le reste de la campagne. La Suisse perd contre la Norvège, futur vainqueur du groupe, sur le score de cinq buts à zéro. C'est la plus lourde défaite de l'équipe nationale en 17 ans[46]. Le journaliste et ancien joueur Norbert Eschmann analyse ainsi les causes de ces résultats en 1997 : « Après l'ère Hodgson, il y a eu démobilisation et tâtonnement de la part des successeurs du mentor britannique, qui ont débouché sur une perte de crédibilité dans le milieu du foot et auprès du public ». Cela s'explique également par le départ à la retraite de plusieurs joueurs ayant participé à la Coupe du monde de 1994 et au Championnat d'Europe de 1996[47]. La Suisse atteint le plus mauvais rang de son histoire au classement FIFA avec une 83e place en décembre 1998[39].

Gilbert Gress remplace Fringer en mars 1998. Les Suisses manquent de très peu leur qualification pour le Championnat d'Europe 2000. Ils ont le même nombre de points et une meilleure différence de buts que les Danois, deuxièmes du groupe, mais un moins bon bilan pour les confrontations directes. L'Argentin Enzo Trossero devient entraîneur de la « Nati » en août 2000, mais il ne réussit pas à qualifier l'équipe pour la Coupe du monde de football de 2002[48].

Succès avec Köbi Kuhn (2001–2008)[modifier | modifier le code]

L'équipe suisse avant un match amical contre le Brésil le 15 novembre 2006.

Jakob Kuhn, plus connu sous son surnom Köbi Kuhn, est engagé comme entraîneur en août 2001. Lui-même joueur de l'équipe nationale de 1962 à 1976, il entraînait auparavant l'équipe nationale des moins de 21 ans. Malgré des débuts difficiles[49], il obtient des bons résultats après une année. Kuhn réussit à intégrer les jeunes qu'il a lui-même entraînés et provoque un changement de génération. Les Suisses terminent les qualifications pour le Championnat de football 2004 à la première place de leur groupe, laissant notamment la Russie et l'Irlande derrière eux. Ils ne répondent cependant pas aux attentes élevées au Portugal. Après un match nul contre la Croatie (0-0), ils perdent contre l'Angleterre (0-3) et la France (1-3). Johan Vonlanthen, seul buteur suisse, devient le plus jeune buteur de l'histoire du Championnat d'Europe à l'âge de 18 ans. Il bat un record établi quatre jours plus tôt pas l'Anglais Wayne Rooney[50].

Deuxième de son groupe derrière la France, la Suisse doit jouer un barrage contre la Turquie, troisième de la Coupe du monde de 2002, pour se qualifier pour la Coupe du monde de 2006. Après une victoire 2-0 lors du match aller à Berne, l'équipe suisse perd sur le score de 2-4 à Istanbul. Les Suisses sont qualifiés car ils ont marqué à l'extérieur. Après le coup de sifflet final, des joueurs turcs agressent certains de leurs adversaires. Plusieurs Turcs ainsi que le Suisse Benjamin Huggel, qui a également été violent, reçoivent des matchs de suspension, alors que l'équipe turque doit jouer trois de ses matchs de qualification pour le Championnat d'Europe 2008 prévus à domicile à l'étranger et à huis clos[51].

Lors du tour final de la Coupe du monde, l'équipe suisse termine première de son groupe après un match nul (0-0) contre la France, future vice-championne du monde, et deux victoires contre la Corée du Sud (2-0) et le Togo (2-0). Elle est éliminée par l'Ukraine après une défaite par trois tirs au but à zéro. La Suisse, avec son gardien Pascal Zuberbühler, est la première équipe à ne pas encaisser de but dans le temps réglementaire lors d'une phase finale de Coupe du monde. Elle est également la première à ne pas marquer lors d'une séance de tirs aux but[52].

La Suisse organise le Championnat d'Europe 2008 avec l'Autriche. Après deux courtes défaites contre la République tchèque (0-1) et la Turquie (1-2), la « Nati » est éliminée du tournoi[53]. La Suisse remporte son troisième match, sans enjeu, une équipe B du Portugal sur le score de 2-0. Ce match, première victoire de l'équipe suisse dans un Championnat d'Europe, est aussi le dernier de Köbi Kuhn à la tête de l'équipe nationale[54].

Une nouvelle génération avec Ottmar Hitzfeld (2008-2014)[modifier | modifier le code]

Le match contre l'Espagne à la Coupe du Monde 2010

L'ASF engage l'Allemand Ottmar Hitzfeld, un entraîneur qui a remporté la Ligue des champions avec deux clubs différents, pour succéder à Köbi Kuhn[55]. Les qualifications pour la Coupe du monde de 2010 commencent mal : après un match nul (2-2) contre l'Israël à Tel Aviv[56], les Suisses perdent à domicile sur le score de 1-2 contre la modeste équipe du Luxembourg. Les résultats s'améliorent ensuite. Après huit matchs consécutifs sans défaite, l'équipe suisse se qualifie directement pour la Coupe du monde en terminant première de son groupe, avec un point d'avance sur la Grèce[57]. Les Suisses créent la surprise lors de leur premier match de la phase finale. Ils battent l'Espagne, championne d'Europe en titre et future championne du monde, sur le score de 1-0. Pourtant largement dominée, la « Nati » réussit à ne pas encaisser de but et à marquer sur un contre par Gelson Fernandes à la 52e minute. C'est la première victoire helvétique de l'histoire contre la « Roja », qui s'incline seulement pour la deuxième fois en 49 rencontres depuis 2007[58]. La Suisse ne confirme pas ce résultat. Troisième de son groupe, elle est éliminée du tournoi au terme du premier tour après une défaite contre le Chili (0-1) et match nul contre le Honduras (0-0)[59].

La Suisse ne se qualifie pas pour le Championnat d'Europe 2012. Elle est éliminée dès l'avant-dernier match, une défaite 0-2 contre le pays de Galles[60]. Elle termine troisième de son groupe avec 11 points, alors que l'Angleterre est première avec 18 points et le Monténégro deuxième avec 12 points[61]. Le 26 mai 2012, lors d'un match amical à Bâle, la Suisse bat l'Allemagne pour la première fois en 56 ans. Le match se termine sur le score de 5-3 après notamment un triplé d'Eren Derdiyok[62]. Lors d'un autre match amical, l'équipe suisse bat le Brésil pour la première fois depuis 1989 en août 2013[63].

Après huit matchs sans défaite, la Suisse obtient sa qualification pour la Coupe du monde de 2014 au Brésil en battant l'Albanie le 14 octobre 2013[64]. Elle bat ensuite la Slovénie quatre jours plus tard. Au classement final, la Suisse est première de son groupe avec 24 points (sept victoires et trois matchs nuls) alors que l'Islande est deuxième avec 17 points[65]. Grâce à ces résultats, la Suisse atteint la septième place du classement FIFA en octobre 2013 et fait partie des têtes de série pour le tirage au sort de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire[66]. La Suisse affronte la France, l'Équateur et le Honduras dans le Groupe E lors de la phase finale[67]. L'équipe nationale remporte son premier match joué contre l'Équateur au dernier moment. Menée 1-0 à la mi-temps, elle égalise à la 48e par Admir Mehmedi puis marque le 2-1 à la 93e minute par Haris Seferović[68]. La « Nati » perd ensuite largement contre la France. Après la sortie sur blessure de Steve von Bergen, touché au visage par un pied d'Olivier Giroud, elle encaisse cinq buts consécutifs avant de réduire le score en marquant deux buts à la fin du match[69]. L'équipe suisse bat ensuite le Honduras sur le score de 3-0 grâce à trois buts de Xherdan Shaqiri dont deux sur un service de Josip Drmić[70]. Elle termine deuxième du groupe E avec six points, derrière la France (7 points) mais devant l'Équateur (4 points) et le Honduras (0 point). Elle affronte en huitième de finale l'Argentine, première du Groupe F. Dominée, la Suisse réalise un bon match et bénéficie de quelques grosses occasions de buts. Elle est cependant éliminée après les prolongations et un but d'Ángel Di María à la 118e minute[71].

L'ère Petković (depuis 2014-)[modifier | modifier le code]

C'est le 1er juillet 2014 que Vladimir Petković succède officiellement à Ottmar Hitzfeld comme sélectionneur de la Nati. Riche d'une expérience de 17 ans comme entraîneur en Suisse à Young Boys ou à l'étranger à Samsunspor et à la Lazio, Petković hérité d'une équipe jeune et pleine d'avenir pour le football suisse. Le 18 novembre 2014, pour son premier match amical sous l'ère Petković, la Suisse fait match nul deux buts partout contre la Pologne à Wrocław.

Identité[modifier | modifier le code]

Surnom[modifier | modifier le code]

L'équipe suisse est surnommée la « Nati », abréviation de Nationalmannschaft qui signifie équipe nationale en allemand. Il s'agit du surnom officiel de l'équipe de la FIFA mais il n'est pas utilisé par l'Association suisse de football[72].

Tenues[modifier | modifier le code]

Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Tenue classique extérieur
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Tenue classique domicile

Depuis le premier match de l'équipe de Suisse en 1905, les tenues de jeu sont restées plus ou moins les mêmes. Pour les matches à domicile, la tenue contient un maillot rouge, un short blanc et des chaussettes rouges. Pour les matches à l'extérieur, un maillot blanc, un short rouge et des chaussettes blanches. De temps en temps, l'équipe nationale joue ses matches tout en rouge ou tout en blanc. Pendant les trois-quarts du XXe siècle, les maillots comportaient une croix suisse. Au début des années 1980, la croix suisse sur les maillots domicile et extérieur disparaissait pour laisser place au logo de l'association suisse de football. L'équipementier de la « Nati » est en ce moment Puma. En 2006, la Suisse jouait un match contre l'Autriche avec une tenue dorée. Pour la coupe du monde 2010, Puma a confectionné pour la Suisse comme tenue domicile un maillot rouge avec un col et une croix suisse, un short blanc avec une ceinture de boxeur ornée d'une croix suisse et des chaussettes rouges. Pour la tenue extérieur, un maillot blanc sans col avec une croix suisse, un short blanc avec une ceinture de boxeur ornée d'une croix suisse et des chaussettes blanches. La grande nouveauté des maillots 2010 est le retour de la croix suisse. Le maillot domicile pour 2012 ressemble fortement à celui de 2010.

Composition[modifier | modifier le code]

Joueurs[modifier | modifier le code]

Provenance des joueurs[modifier | modifier le code]

Pendant presque tout le XXe siècle, la plupart des internationaux jouent dans le Championnat de Suisse. Cependant, l'équipe nationale compte dès ses débuts des joueurs évoluant à l'étranger. Plusieurs internationaux suisses jouent en première division italienne dans les années 1900 et 1910, par exemple Friedrich Bollinger et Hans Kämpfer à la Juventus et à Torino[73]. D'autres jouent en France, comme Walter Weiler au Havre ou Frank Séchehaye au Club français[74]. Deux joueurs de l'équipe de Suisse de football à la Coupe du monde 1938 viennent d'un club étranger, tous deux en France : André Abegglen (FC Sochaux) et Alessandro Frigerio (Le Havre AC). Tous les joueurs sélectionnés pour les Coupes du monde de 1950, 1954 et 1966 jouent en Suisse, alors que trois des participants à la Coupe du monde de 1962 jouent dans d'autres championnats européens.

Quatre des joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde de 1994 jouent en Allemagne, dont Stéphane Chapuisat. Jouant avec le Borussia Dortmund, ce dernier est le seul Suisse à avoir remporté la Coupe d'Europe sur le terrain. La Suisse améliore son système de formation dans les années 1990, ce qui permet d'augmenter le niveaux des joueurs suisses. Le nombre d'internationaux évoluant dans les championnats européens augmente donc rapidement au début du XXIe siècle. Ils sont 12 à l'Euro 2004 puis entre 15 et 18 par la suite. En 2013, la Suisse occupe le cinquième rang des pays exportateurs de joueurs vers les cinq grands championnats européens avec 41 joueurs évoluant principalement en Allemagne et en Italie[75].

Joueurs importants[modifier | modifier le code]

Joueurs les plus capés[76]
Rang Sélections Joueur Période Buts
1 118 Heinz Hermann 1978–1991 15
2 112 Alain Geiger 1980–1996 2
3 103 Stéphane Chapuisat 1989–2004 21
4 94 Johann Vogel 1995–2007 2
5 87 Hakan Yakın 2000–2011 20
6 84 Alexander Frei 2001–2011 42
7 83 Gökhan Inler 2006 6
8 81 Patrick Müller 1998–2008 3
9 80 Severino Minelli 1930–1943 0
10 79 Ciriaco Sforza 1991–2001 6
Meilleurs buteurs[76]
Rang Buts Joueur Période Sélections
1 42 Alexander Frei 2001–2011 84
2 34 Kubilay Türkyılmaz 1988–2001 62
34 Max Abegglen 1922–1937 68
4 29 André Abegglen 1927–1943 52
29 Jacques Fatton 1946–1955 53
6 26 Adrian Knup 1989–1996 49
7 23 Josef Hügi 1951–1961 34
8 22 Charles Antenen 1948–1962 56
9 21 Lauro Amadò 1935–1948 54
21 Stéphane Chapuisat 1989–2004 103
Heinz Hermann, joueur le plus capé de l'équipe suisse avec 118 sélections.

Le Vaudois Pierre Collet, né en 1890, est le premier recordman de l'équipe suisse. Sélectionné dès l'âge de 19 ans en équipe nationale, il atteint 18 sélections en 1920. Collet est notamment champion de Suisse en 1912-1913 avec le Montriond Lausanne (futur Lausanne-Sport)[77]. À 20 ans, Max Abegglen (1902-g0) marque trois buts lors d'une victoire sur le score de 5-0 contre les Pays-Bas. C'est ensuite l'un des meilleurs joueurs suisses lors du tournoi olympique de 1924, d'où son équipe ramène la médaille d'argent[78]. Son record de 34 buts marqués sous le maillot national de sera battu qu'en 2008 par Alexander Frei. Son frère André, auteur de 29 goals, est également l'un des meilleurs buteurs de l'équipe suisse.

Le Zurichois Severino Minelli (1909-1994) détient pendant de nombreuses années le record du nombre de sélections avec 80 matchs en équipe suisse entre 1930 et 1943. Meilleur défenseur suisse des années 1930, ce joueur réputé pour sa rudesse est sacré cinq fois champion de Suisse avec le Grasshopper Club Zurich[79]. Le Tessinois Lauro Amadò (1912-1971) marque 21 buts en 54 matchs entre 1935 et 1948. Relativement petit mais très agile, cet avant-centre est connu comme le spécialiste de la bicyclette[80]. Alfred Bickel (1918-1999) est sélectionné 71 fois en équipe nationale entre 1936 et 1954. Ailier massif, il participe notamment aux Coupes du monde de 1938 et 1950 et devient champion de Suisse à sept reprises en 21 ans avec le Grasshopper Club Zurich[81].

Le Neuchâtelois Charles Antenen (1929-2000) compte 22 buts en 56 matchs entre 1948 et 1962. Il est le premier joueur suisse, avec Willy Kernen, à participer à trois Coupes du monde (1950, 1954 et 1962). Auteur d'un doublé dès sa première sélection, il marque notamment un triplé contre la France de Roger Marche lors d'un match amical en 1953[82]. Jacques Fatton (1925-2011), ailier gauche franco-suisse, marque deux buts contre le Brésil lors de la Coupe du monde de 1950. Le match se termine sur le score de 2-2. Auteur de 29 goals en 53 sélections, il reste un des meilleurs buteurs de l'équipe suisse[83]. Le Bâlois Josef Hügi (1930-1995) est également l'un des meilleurs buteurs avec 23 buts en 34 matchs. Trois fois meilleur buteur du Championnat suisse avec le FC Bâle, il réalise la meilleure performance de sa carrière en 1960 en marquant cinq buts lors d'une victoire contre la France sur le score de 6-2[84]. Jakob Kuhn, futur entraîneur de l'équipe suisse, est réputé pour ses dribbles. Comptant 63 sélections en équipe nationale, il est six fois champion de Suisse et deux fois demi-finaliste de la Coupe des clubs champions européens avec le FC Zurich[85].

Le Zurichois Heinz Hermann, né en 1958, est le joueur le plus capé de la « Nati » avec 118 sélections entre 1978 et 1991. Réputé pour sa souplesse et ses accélérations, il est quatre fois champion de Suisse avec le Grasshopper Club Zurich[86]. Alain Geiger le suit de peu puisqu'il compte 112 matchs internationaux entre 1980 et 1996. Défenseur central sélectionné dès l'âge de 20 ans, il prend part à la Coupe du monde de 1994 puis arrête sa carrière après l'Euro 1996. Le Vaudois Stéphane Chapuisat, né en 1969, est le troisième joueur à dépasser cent sélections : il joue 103 matchs internationaux entre 1989 et 2004, pour un total de 21 buts. Deux fois champion d'Allemagne avec le Borussia Dortmund, Chapuisat est à ce jour le seul Suisse à avoir remporté la Ligue des champions en jouant la finale. Participant à la Coupe du monde de 1994 et à l'Euro 1996, il arrête sa carrière internationale après l'Euro 2004. Kubilay Türkyılmaz, attaquant d'origine turque né en 1967, est le premier à égaler Max Abegglen au nombre de buts : il marque 34 fois en 62 sélections entre 1988 et 2001. Il dispute l'Euro 1996, où il marque contre l'Angleterre lors du match d'ouverture (1-1).

Alexander Frei est actuellement le meilleur buteur de l'équipe suisse avec 42 goals en 84 sélections entre 2001 et 2011. Il participe à quatre grands tournois consécutifs : l'Euro 2004, la Coupe du monde de 2006, l'Euro 2008 et la Coupe du monde de 2010. Il est notamment quatre fois champion de Suisse avec le FC Bâle de 2010 à 2013. Plusieurs de ses coéquipiers en équipe de Suisse dépassent également 80 sélections : Johann Vogel (94), milieu défensif notamment trois fois champion de Suisse avec le Grasshopper Club Zurich et quatre fois champion des Pays-Bas avec le PSV Eindhoven, Hakan Yakın (87), premier Suisse à marquer plus d'une fois dans un Euro avec ses deux buts en 2008, et Patrick Müller (81), défenseur six fois champion de France avec l'Olympique lyonnais.

Une équipe multiculturelle[modifier | modifier le code]

À la suite des guerres de Yougoslavie, la Suisse a accueilli un grand nombre d'immigrés venant des Balkans. Plusieurs enfants d'immigrés (appelés segundos), qui ont grandi en Suisse, ont choisi de jouer avec l'équipe de Suisse. L'équipe de Suisse compte ainsi plusieurs joueurs d'origine kosovare (par exemple Behrami, Xhaka et Shaqiri), macédonienne (Mehmedi et Džemaili), croate (Gavranović) ou bosnienne (Seferović)[87],[75],[88]. Des segundos d'autres pays jouent également en équipe de Suisse : des joueurs d'origine italienne (Diego Benaglio et Tranquillo Barnetta), turque (Inler et Derdiyok), espagnole (Senderos également serbe et Rodriguez également chilien) ou africaine (Djourou né en Côte d'Ivoire et Fernandes au Cap-Vert)[89],[90].

Équipe actuelle[modifier | modifier le code]

Voici la liste des joueurs qui ont été sélectionnés pour le match de qualifications pour l'Euro 2016 contre la Lituanie le 15 novembre à Saint-Gall et en amical contre la Pologne le 18 novembre à Wroclaw.

Effectif de l'équipe de Suisse
Joueurs     Encadrement technique
P. Nom Date de naissance Sél. But(s) Club Depuis
1 G Mvogo, YvonYvon Mvogo 7 505 6/6/1994 (20 ans) 0 0 Drapeau : Suisse Young Boys
12 G Hitz, MarwinMarwin Hitz 9 958 18/9/1987 (27 ans) 0 0 Drapeau : Allemagne FC Augsbourg
21 G Bürki, RomanRoman Bürki 8 805 14/11/1990 (24 ans) 1 0 Drapeau : Allemagne SC Fribourg 2014
3 D Moubandje, FrançoisFrançois Moubandje 8 951 21/6/1990 (24 ans) 2 0 Drapeau : France Toulouse 2014
5 D von Bergen, SteveSteve von Bergen 11 519 10/6/1983 (31 ans) 47 0 Drapeau : Suisse Young Boys 2006
13 D Rodríguez, RicardoRicardo Rodríguez 8 155 25/8/1992 (22 ans) 28 0 Drapeau : Allemagne VfL Wolfsbourg 2011
20 D Djourou, JohanJohan Djourou 10 201 18/1/1987 (27 ans) 52 1 Drapeau : Allemagne Hambourg SV 2006
22 D Schär, FabianFabian Schär 8 412 12/12/1991 (23 ans) 10 4 Drapeau : Suisse FC Bâle 2013
7 M Frei, FabianFabian Frei 9 480 8/1/1989 (25 ans) 5 1 Drapeau : Suisse FC Bâle 2011
8 M Inler, GökhanGökhan Inler Capitaine 11 136 27/6/1984 (30 ans) 81 6 Drapeau : Italie Naples 2006
10 M Schönbächler, MarcoMarco Schönbächler 9 112 11/1/1990 (24 ans) 2 0 Drapeau : Suisse FC Zurich 2014
11 M Behrami, ValonValon Behrami 10 840 19/4/1985 (29 ans) 56 2 Drapeau : Allemagne Hambourg SV 2005
14 M Stocker, ValentinValentin Stocker 9 386 12/4/1989 (25 ans) 26 3 Drapeau : Allemagne Hertha Berlin 2008
16 M Fernandes, GelsonGelson Fernandes 10 339 2/9/1986 (28 ans) 50 2 Drapeau : France Rennes 2007
17 M Kasami, PajtimPajtim Kasami 8 239 2/6/1992 (22 ans) 5 1 Drapeau : Grèce Olympiacos 2013
23 M Shaqiri, XherdanXherdan Shaqiri 8 475 10/10/1991 (23 ans) 42 15 Drapeau : Allemagne Bayern Munich 2010
9 A Seferović, HarisHaris Seferović 8 340 22/2/1992 (22 ans) 20 4 Drapeau : Allemagne Eintracht Francfort 2013
18 A Mehmedi, AdmirAdmir Mehmedi 8 683 16/3/1991 (23 ans) 30 2 Drapeau : Allemagne SC Fribourg 2011
19 A Drmić, JosipJosip Drmić 8 172 8/8/1992 (22 ans) 16 5 Drapeau : Allemagne Bayer Leverkusen 2012
Sélectionneur
Sélectionneur(s) adjoint(s)
Préparateur(s) physique(s)
  • Drapeau : Suisse Oliver Riedwyl
Entraîneur(s) des gardiens



Légende


Appelés récemment[modifier | modifier le code]

Les joueurs suivants ne font pas partie du dernier groupe appelé mais ont été retenus en équipe nationale lors des 12 derniers mois.

Les joueurs qui comportent le signe Joueur blessé, sont blessés au moment de la convocation.

Pos. Nom Date de naissance Sélec. Buts Club Dernier appel
GB Yann Sommer 17 décembre 1988 (26 ans) 10 0 Drapeau : Allemagne Borussia Mönchengladbach v. Drapeau : Pologne Pologne, 18 novembre 2014
DF Stephan Lichtsteiner 16 janvier 1984 (30 ans) 71 5 Drapeau : Italie Juventus v. Drapeau : Pologne Pologne, 18 novembre 2014
DF Silvan Widmer Injury icon 2.svg 5 mars 1993 (21 ans) 1 0 Drapeau : Italie Udinese v. Drapeau : Lituanie Lituanie, 15 novembre 2014
DF Philippe Senderos Injury icon 2.svg 14 février 1985 (29 ans) 55 5 Drapeau : Angleterre Aston Villa v. Drapeau : Lituanie Lituanie, 15 novembre 2014
DF Fabian Lustenberger Injury icon 2.svg 2 mai 1988 (26 ans) 1 0 Drapeau : Allemagne Hertha Berlin v. Drapeau : Lituanie Lituanie, 15 novembre 2014
DF Loris Benito 7 janvier 1992 (22 ans) 0 0 Drapeau : Portugal Benfica v. Drapeau : Angleterre Angleterre, 8 septembre 2014
DF Reto Ziegler 16 janvier 1986 (28 ans) 35 1 sans club v. Coupe du monde 2014
DF Timm Klose 9 mai 1988 (26 ans) 8 0 Drapeau : Allemagne VfL Wolfsbourg v. Coupe du monde 2014 réservistes
ML Blerim Džemaili Injury icon 2.svg 12 avril 1986 (28 ans) 40 3 Drapeau : Turquie Galatasaray v. Drapeau : Pologne Pologne, 18 novembre 2014
ML Granit Xhaka Injury icon 2.svg 27 septembre 1992 (22 ans) 33 5 Drapeau : Allemagne Borussia Mönchengladbach v. Drapeau : Saint-Marin Saint-Marin, 14 octobre 2014
ML Tranquillo Barnetta 22 mai 1985 (29 ans) 75 10 Drapeau : Allemagne FC Schalke 04 v. Drapeau : Saint-Marin Saint-Marin, 14 octobre 2014
ML Pirmin Schwegler 9 mars 1987 (27 ans) 14 0 Drapeau : Allemagne Hoffenheim v. Coupe du monde 2014 réservistes
AT Michael Frey 19 juillet 1994 (20 ans) 0 0 Drapeau : France LOSC Lille v. Drapeau : Saint-Marin Saint-Marin, 14 octobre 2014
AT Mario Gavranović Injury icon 2.svg 24 novembre 1989 (25 ans) 11 4 Drapeau : Suisse FC Zurich v. Coupe du monde 2014
AT Eren Derdiyok 12 juin 1988 (26 ans) 46 8 Drapeau : Turquie Kasımpaşa v. Coupe du monde 2014 réservistes

Sélectionneurs[modifier | modifier le code]

Ottmar Hitzfeld, entraîneur de la Suisse de 2008 à 2014
Principaux sélectionneurs de la Suisse
Entraîneur Période[note 1] M
Drapeau : Autriche Karl Rappan 1937-1938, 1942-1949
1953-1954, 1960-1963
77
René Hüssy 1970, 1973-1976 26
Paul Wolfisberg 1981-1985, 1989 52
Daniel Jeandupeux 1986-1989 28
Drapeau : Allemagne Uli Stielike 1989-1991 25
Drapeau : Angleterre Roy Hodgson 1992-1995 41
Köbi Kuhn 2001-2008 73
Drapeau : Allemagne Ottmar Hitzfeld 2008-2014 61

Vingt-huit techniciens ont occupé la fonction de sélectionneur de l'équipe nationale depuis 1905 sans compter ceux qui ont assuré l'intérim. L'Autrichien Karl Rappan, entraîneur lors de 77 matches entre 1937 et 1963, détient le record de longévité[91].

Le Genevois François J. Dégerine est le sélectionneur de l'équipe suisse lors de ses cinq premiers matchs, entre 1905 et 1909. Également journaliste et dirigeant, c'est lui qui a eu l'idée d'un championnat national en 1897[92]. La commission des arbitres puis la commission technique de l'ASF gèrent ensuite l'équipe jusqu'en 1937. Deux techniciens sont engagés pour les tournois importants : l'Anglais Teddy Duckworth pour les Jeux olympiques d'été de 1924 et le Suisse Henry Müller pour la Coupe du monde de 1934. L'Autrichien Karl Rappan marque l'histoire du football suisse. Engagé en 1937, il accompagne l'équipe suisse lors de 77 rencontres jusqu'en 1963 lors de quatre périodes différentes (1937–1938, 1942–1949, 1952–1954, 1960–1963). Controversé à cause de son appartenance au Parti nazi, il met en place un système défensif venant d'Europe centrale qui sera connu sous le nom de « verrou suisse ». Mélange entre la défense de zone et la défense individuelle, il permet aux Suisses de rivaliser avec des équipes plus cotées. Rappan développe ensuite le catenaccio en ajoutant le poste de libéro[12]. Il qualifie la Suisse pour plusieurs Coupes du monde pendant son mandat. L'Italien Alfredo Foni emmène l'équipe suisse à la Coupe du monde de 1966. Ensuite, entre 1967 et 1991, neuf entraîneurs se succèdent sans obtenir une qualification pour la Coupe du monde ou le Championnat d'Europe. Paul Wolfisberg et ses « loups », comme ils étaient surnommés[72], obtient toutefois quelques résultats encourageants entre 1981 et 1985 et l'Allemand Uli Stielike, sélectionneur de l'équipe suisse de 1989 à 1991, obtient dès ses débuts une victoire contre le Brésil. L'Anglais Roy Hodgson, engagé en 1992, réussit à qualifier la « Nati » pour son premier grand tournoi depuis 28 ans. Son équipe atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde de 1994. Il qualifie également l'équipe pour l'Euro 1996. Il signe cependant un contrat avec l'Inter Milan en 1995 et c'est le Portugais Artur Jorge qui accompagne l'équipe lors de la phase finale. Le Franco-Suisse Gilbert Gress manque de peu la qualification pour l'Euro 2000 et l'Argentin Enzo Trossero ne parvient pas à qualifier l'équipe pour la Coupe du monde de 2002. L'ASF engage Köbi Kuhn, entraîneur de l'équipe suisse espoirs depuis 1995, en 2001. Avec 73 matchs à la tête de la « Nati » jusqu'en 2008, il devient le sélectionneur ayant le mandat le plus long depuis Karl Rappan. Kuhn atteint la phase finale de l'Euro 2004 et de la Coupe du monde de 2006 puis quitte son poste après l'Euro 2008 joué à domicile. L'ASF engage ensuite l'Allemand Ottmar Hitzfeld, qui a remporté deux fois la Ligue des champions en tant qu'entraîneur (avec le Borussia Dortmund et le Bayern Munich). Hitzfeld mène la « Nati » à la Coupe du monde de 2010, où elle bat l'Espagne, puis manque la qualification pour l'Euro 2012. Il qualifie l'équipe pour la Coupe du monde en 2014. Vladimir Petković, notamment entraîneur de la Lazio de 2012 à 2014, remplacera Hitzfeld après cette Coupe du monde. Il a signé un contrat qui dure jusqu'à fin 2015[93].

Équipe technique actuelle[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente l'équipe technique actuelle de l'équipe nationale[note 2],[94].

Encadrement technique actuel de l'équipe de Suisse
Nom Rôle
Drapeau : Croatie Drapeau : Suisse Vladimir Petković Entraîneur
Drapeau : Italie Antonio Manicone Entraîneur assistant
Drapeau : Suisse Patrick Foletti Entraîneur des gardiens
Drapeau : Suisse Oliver Riedwyl Entraîneur de condition physique

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Voir l’image vierge
Les principales villes d'accueil de la sélection.

La sélection suisse dispute sa première rencontre officielle à domicile le 8 mars 1908 au Stade des Charmilles à Genève face à la France. Elle évolue ensuite principalement au Stade du Wankdorf à Berne, au Stade du Hardturm à Zurich et au Stade Saint-Jacques à Bâle dès 1911, ainsi qu'au Stade de la Pontaise à Lausanne dès 1923. Ces cinq stades, situés dans les cinq plus grandes villes du pays, sont les plus utilisés pendant tout le XXe siècle[95]. Ce sont les sites de la Coupe du monde de 1954 avec le Stadio comunale Cornaredo de Lugano[96].

Plusieurs nouveaux stades sont construits au début du XXIe siècle. Le Parc Saint-Jacques, situé à Bâle et plus grand stade du pays avec une capacité de 36 000 places, est le principal stade de la « Nati » depuis sa construction en 2001. L'équipe nationale joue également au Stade de Genève, construit en 2003, et au Stade de Suisse construit à Berne en 2005[95]. Ces trois stades ainsi que le Stade du Letzigrund à Zurich accueillent le Championnat d'Europe 2008[97]. Les matchs amicaux sont parfois disputés dans des villes moins importantes, comme Lucerne ou Saint-Gall[95].

Le centre d'entraînement de l'équipe suisse est situé à Feusisberg, dans le canton de Schwytz[98].

Résultats[modifier | modifier le code]

Parcours en Coupe du monde[modifier | modifier le code]

Rencontre Espagne-Suisse pendant la Coupe du monde 2010.

Ne participant pas à la première Coupe du monde en Uruguay en 1930 pour des raisons de coûts, l'équipe suisse dispute son premier match de qualification en 1933 et participe sa première phase finale en 1934. La « Nati » prend part à neuf autres Coupes du monde jusqu'en 2014, dont une à domicile en 1954. Elle atteint les quarts de finale en 1934, 1938 et 1954.

Parcours en Coupe du monde
Phase finale Qualifications
Année Résultat Class. M V N D bp bc Class. M V N D bp bc
Drapeau : Uruguay 1930 Non inscrite
Flag of Italy (1861-1946).svg 1934 Quart de Finale 7e 2 1 0 1 5 5 1/3 2 1 1 0 4 2
Drapeau : France 1938 Quart de Finale 7e 3 1 1 1 5 5 1/2 1 1 0 0 2 1
Drapeau : Brésil 1950 Premier tour 6e 3 1 1 1 4 6 1/2 2 2 0 0 8 4
Drapeau : Suisse 1954 Quart de Finale 8e 4 2 0 2 11 11 Organisateur
Drapeau : Suède 1958 Non qualifiée 3/3 4 0 1 3 6 11
Drapeau : Chili 1962 Premier tour 16e 3 0 0 3 2 8 1/3 5 4 0 1 11 10
Drapeau : Angleterre 1966 Premier tour 16e 3 0 0 3 1 9 1/4 6 4 1 1 7 3
Drapeau : Mexique 1970 Non qualifiée 3/4 6 2 1 3 5 8
Drapeau : Allemagne 1974 Non qualifiée 3/4 6 2 2 2 2 4
Drapeau : Argentine 1978 Non qualifiée 3/3 4 1 0 3 3 5
Drapeau : Espagne 1982 Non qualifiée 4/5 8 2 3 3 9 12
Drapeau : Mexique 1986 Non qualifiée 3/5 8 2 4 2 5 10
Drapeau : Italie 1990 Non qualifiée 4/5 8 2 1 5 10 14
Drapeau : États-Unis 1994 Huitième de finale 16e 4 1 1 2 5 7 2/6 10 6 3 1 23 6
Drapeau : France 1998 Non qualifiée 4/5 8 3 1 4 11 12
Drapeau : Corée du Sud Drapeau : Japon 2002 Non qualifiée 4/6 10 4 2 4 18 12
Drapeau : Allemagne 2006 Huitième de finale 10e 4 2 2 0 4 0 2/6 10 4 6 0 18 7
Drapeau : Afrique du Sud 2010 Premier tour 19e 3 1 1 1 1 1 1/6 10 6 3 1 18 8
Drapeau : Brésil 2014 Huitième de finale 11e 4 2 0 2 7 7 1/6 10 7 3 0 17 6
Drapeau : Russie 2018 À venir
Drapeau : Qatar 2022 À venir
Total 10/18 - 29 9 6 15 38 52 - 118 53 32 33 178 137

Parcours en Championnat d'Europe[modifier | modifier le code]

Rencontre au Stade de Genève entre la Suisse (rouge) et l'Albanie (blanc) pour la qualification à l'Euro 2004.

L'équipe de Suisse participe pour la première fois aux qualifications du Championnat d'Europe lors de l'Euro 1964. Elle se qualifie pour la phase finale lors de l'Euro 1996, puis à nouveau en Euro 2004. La « Nati » prend part à son troisième Championnat d'Europe en 2008 en tant que nation coorganisatrice avec l'Autriche. Elle est à chaque fois éliminée lors du premier tour.

Parcours en Championnat d'Europe
Phase finale Qualifications
Année Résultat Class. M V N D bp bc Class. M V N D bp bc
Drapeau : France 1960 Non inscrite
Drapeau : Espagne 1964 Non qualifiée 2/2 2 0 1 1 2 4
Drapeau : Italie 1968 Non qualifiée 3/4 6 2 1 3 17 13
Drapeau : Belgique 1972 Non qualifiée 2/4 6 4 1 1 12 5
Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie 1976 Non qualifiée 4/4 6 1 1 4 5 10
Drapeau : Italie 1980 Non qualifiée 4/5 8 2 0 6 7 18
Drapeau : France 1984 Non qualifiée 2/4 6 2 2 2 7 9
Drapeau : République fédérale d'Allemagne 1988 Non qualifiée 4/5 8 1 5 2 9 9
Drapeau : Suède 1992 Non qualifiée 2/5 8 4 2 2 19 7
Drapeau : Angleterre 1996 Premier tour 13e 3 0 1 2 1 4 1/5 8 5 2 1 15 7
Drapeau : Belgique Drapeau : Pays-Bas 2000 Non qualifiée 3/5 8 4 2 2 9 5
Drapeau : Portugal 2004 Premier tour 15e 3 0 1 2 1 6 1/5 8 4 3 1 15 11
Drapeau : Autriche Drapeau : Suisse 2008 Premier tour 8e 3 1 0 2 3 3 Organisateur
Drapeau : Pologne Drapeau : Ukraine 2012 Non qualifiée 3/5 8 3 2 3 12 10
Drapeau : France 2016 À venir
Drapeau : Europe 2020 À venir
Total 3/13 - 9 1 2 6 5 13 - 82 32 22 28 129 108

Statistiques[modifier | modifier le code]

Nations rencontrées[modifier | modifier le code]

Carte des équipes rencontrées par la Suisse[note 3].
Nombre de matchs disputés contre l'équipe de Suisse de football :
  •      De 1 à 4 matchs
  •      De 5 à 9 matchs
  •      De 10 à 19 matchs
  •      De 20 à 34 matchs
  •      De 35 à 50 matchs
  •      Plus de 50 matchs

La sélection suisse a disputé 739 matchs contre 83 pays différents entre février 1905 et mars 2014. Elle a principalement affronté des équipes européennes, l'Italie (58 matchs) et l'Allemagne (51 matchs) étant ses adversaires les plus fréquents. Elle a affronté sa première équipe non-européenne en 1924, lors de la finale des Jeux olympiques d'été de 1924 contre l'Uruguay. L'équipe suisse se déplace pour la première fois sur un autre continent en 1950 à l'occasion de la Coupe du monde au Brésil, où elle affronte la Yougoslavie, le Brésil et le Mexique. Après avoir joué en 1963 contre le Maroc, sa première équipe africaine, elle devient le premier adversaire européen de la Côte d'Ivoire, du Zimbabwe et du Kenya en 1983. La « Nati » rencontre enfin une équipe de la Confédération asiatique de football, les Émirats arabes unis, en 1992, et une équipe océanienne, l'Australie, en 2010. Cette dernière fait cependant également partie de la Confédération asiatique ; l'équipe suisse n'a donc jamais affronté une équipe de la Confédération du football d'Océanie[99].

Bilan de la Suisse face aux sélections affrontées au moins vingt fois[100]
Adversaire Joués Victoires Matchs nuls Défaites Buts pour Buts contre
Drapeau : Italie Italie[101] 58 8 22 28 67 107
Drapeau : Allemagne Allemagne[102],[103] 51 9 6 36 65 138
Drapeau : Hongrie Hongrie[104] 44 9 5 30 58 127
Drapeau : Autriche Autriche[105] 43 12 5 26 60 108
Drapeau : France France[106] 43 12 5 26 60 108
Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas[107] 33 15 3 15 61 68
Drapeau : Suède Suède[108] 28 11 7 10 42 46
Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie[109] 27 7 6 14 38 58
Drapeau : Belgique Belgique[110] 27 9 6 12 37 49
Drapeau : Angleterre Angleterre[111] 22 3 5 14 19 52
Drapeau : Portugal Portugal[112] 20 9 5 6 30 25

La Suisse en bête noire ?[modifier | modifier le code]

Jusqu'à aujourd'hui, il n'existe pas réellement d'équipe dont la Suisse est régulièrement dite être la bête noire, mais il existe toutefois quelques nations qui auront plutôt bien réussi à la Suisse dans l'histoire de la sélection.

Pendant 50 ans, la Suisse est restée invaincue en compétition officielle contre le Portugal. Le 1er mai 1938, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 1938, la Suisse bat le Portugal sur l'unique rencontre (2-1). Pour le prochain match officiel, les deux nations se retrouvent en 1969 lors des qualifications de la Coupe du Monde 1970. Face à un Portugal qui avait terminé troisième de la Coupe du Monde 1966, la Nati va remporter une victoire de prestige en terre étrangère (2-0) et assurer le nul à domicile (2-2). Elle tient également en échec les Portugais deux fois lors des qualifications pour l'Euro 1988 (1-1 ; 0-0). La série prend cependant fin après être restée en vigueur pendant 50 ans lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 1990. Les Suisses perdent la double rencontre (1-3 ; 1-2) ce qui marque la fin de la bénédiction. À noter cependant que la Suisse a depuis remporté le seul match de phase finale de compétition contre le Portugal, un match de l'Euro 2008 à domicile (2-0).

Outre le Portugal, l'Albanie et l'Islande peuvent être citées comme des équipes de niveau pas trop modeste ayant parfois posé problème à de grandes équipes contre lesquelles la Suisse n'a jamais perdu (voire tout gagné).

Une malédiction contre la Russie[modifier | modifier le code]

En treize rencontres contre l'équipe de Russie, ère soviétique incluse, la Suisse totalise zéro victoire, cinq nuls et huit défaites. La Suisse n'est jamais parvenue, aussi bien en match amical qu'en match officiel, à se défaire de la Russie qu'elle a rencontré huit fois en matchs de qualification pour deux nuls et six défaites. Depuis la première confrontation entre les deux pays le 20 avril 1966, chaque rencontre a été à sens unique. En compétition officielle, la Suisse a rencontré la Russie pour la première fois lors des qualifications pour l'Euro 1976 et a perdu la double confrontation (0-1 ; 1-4). Après une défaite à domicile lors d'un match amical en 1983 (0-1), les Suisses ont retrouvé les Russes pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 1986. Tenus en échec à domicile (2-2), les Helvètes ont été balayé au match retour à l'extérieur (0-4).

Après la chute de l'Union soviétique, la Nati rencontre la Sbornaïa pour la finale de la Lunar New Year Cup (en) à Hong Kong en 1997. La rencontre est une nouvelle roulette russe. La Russie défait une fois de plus la Suisse qui voit le titre lui échapper sous les yeux (1-2). Les deux sélections se recroisent pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2002 et la double rencontre tourne au cauchemar pour la Suisse qui s'incline à domicile (0-1) avant de s'effondrer à Moscou (0-4). Le tirage au sort des qualifications de l'Euro 2004 place la Russie et la Suisse de nouveau dans la même poule. Les matchs entre les deux nations tournent au déjà vu puisque les Suisses tiennent le nul à domicile (2-2) avant de sombrer à Moscou (1-4). Cette ènième déroute contre la Russie en confrontation directe n'empêchera toutefois pas la qualification directe de la Suisse, bénéficiant des faux-pas russes dans les autres matchs de la poule, pour la compétition à laquelle la Russie se qualifiera également en passant par les barrages.

Classement FIFA[modifier | modifier le code]

Classement FIFA de l'Équipe de Suisse
Année 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Classement mondial[113] 12 7 18 47 62 83 47 58 63 44 44 51 35 17 44 24 18 22 17 12 8
Classement en Europe[113] 10 6 14 23 29 35 30 30 31 23 24 25 18 13 26 16 11 14 12 10 5

Légende du classement mondial :

  •      de 1 à 25
  •      de 26 à 50
  •      de 51 à 99

Après avoir obtenu huit victoires en dix matchs officiels depuis mai 1992[114], la Suisse est classée au troisième rang du premier classement FIFA en août 1993. C'est le meilleur rang de son histoire à ce jour. Elle descend ensuite progressivement du neuvième rang en octobre 1995 au 83e rang en décembre 1998, ce qui est son classement le plus bas jusqu'à maintenant. La « Nati » atteint le sixième rang en février 2014, son meilleur résultat depuis 1994, après n'avoir perdu aucun match pendant les qualifications pour la Coupe du monde de 2014[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La période correspond aux dates des premier et dernier matchs dirigés.
  2. Mis à jour le 1er mai 2014
  3. Carte à jour après la Coupe du monde de 2014, les matchs contre la RFA et l'Allemagne sont cumulés

Références[modifier | modifier le code]

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  4. Jung 2006, p. 25–29
  5. Jung 2006, p. 29–30
  6. Jung 2006, p. 33–34
  7. Jung 2006, p. 35–36
  8. Jung 2006, p. 36–38
  9. Jung 2006, p. 40
  10. Jung 2006, p. 41–43
  11. Jung 2006, p. 44–50
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  14. Eric Maggiori, « RIP le catenaccio italien », [So Foot]],‎ 28 juin 2012 (consulté le 5 avril 2014)
  15. F., « L'équipe de Suisse en grande forme a battu celle d'Allemagne par 4 buts à 2 », Gazette de Lausanne,‎ 10 juin 1938, p. 6 (lire en ligne)
  16. Jung 2006, p. 70–73
  17. Jung 2006, p. 79
  18. Jung 2006, p. 81–83
  19. Jung 2006, p. 105–106
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  27. Jung 2006, p. 134–138
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  47. Yves Terrani, « La «Nati» n'est pas un ténor du football mondial. Et ne le sera sans doute jamais », Le Nouveau Quotidien,‎ 4 septembre 1997, p. 31 (lire en ligne)
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  61. « La Suisse finit par un joli succès pour l'honneur », Radio télévision suisse,‎ 11 octobre 2011 (consulté le 30 mars 2014)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ducret, Le livre d’or du football suisse, Editions L'Age d'homme,‎ 1994, 370 p. (ISBN 2-8251-0602-X, présentation en ligne)
  • (de) Beat Jung, Christian Koller, Fabian Brändle, Jürg Ackermann et Thomas Knellwolf, Die Nati : Die Geschichte der Schweizer Fussball-Nationalmannschaft, Verlag Die Werkstatt,‎ 2006, 416 p. (ISBN 3895335320, présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]