Wikipédia:Sélection/Histoire de l'art

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Taj Mahal

Le Taj Mahal.

Le Taj Mahal est l’un des monuments les plus connus au monde. Situé à Âgrâ, au bord de la rivière Yamunâ dans l’Inde du nord, c’est un mausolée bâti par l’empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, plus connue sous le nom de Mumtaz Mahal.

Il a suscité de nombreux mythes et légendes, parmi lesquelles le « Taj noir », une réplique symétrique du Taj, en marbre noir, sur la rive gauche, que Shâh Jahân n’aurait pas pu bâtir faute de moyens.

En 1983, il a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Le Caravage

Le Caravage, craie sur papier par Ottavio Leoni, vers 1621, Florence, bibliothèque Marucelliana.

Michelangelo Merisi da Caravaggio, en français Caravage ou Le Caravage, est un peintre né le à Milan et mort le à Porto Ercole.

Son œuvre puissante et novatrice révolutionne la peinture du XVIIe siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal et l'emploi appuyé de la technique du clair-obscur allant jusqu'au ténébrisme. Il connaît la célébrité de son vivant, et influence nombre de grands peintres après lui, comme en témoigne l'apparition du caravagisme.

Il obtient en effet un succès foudroyant au début des années 1600 : travaillant dans un milieu de protecteurs cultivés, il obtient des commandes prestigieuses et des collectionneurs de très haut rang recherchent ses peintures. Mais ensuite Caravage entre dans une période difficile. En 1606, après de nombreux démêlés avec la justice des États pontificaux, il blesse mortellement un adversaire au cours d'un duel. Il doit alors quitter Rome et passe le reste de sa vie en exil, à Naples, à Malte et en Sicile. Jusqu'en 1610, l'année de sa mort à l'âge de 38 ans, ses peintures sont en partie destinées à racheter cette faute. Toutefois, certains éléments biographiques portant sur ses mœurs sont aujourd'hui revus, car des recherches historiques récentes remettent en cause le portrait peu flatteur qui a été longtemps propagé par des sources du XVIIe siècle et sur lesquelles on ne peut plus désormais se fonder.

Après une longue période d'oubli critique, il faut attendre le début du XXe siècle pour que le génie de Caravage soit pleinement reconnu, indépendamment de sa réputation sulfureuse. Son succès populaire donne lieu à une multitude de romans et de films, à côté des expositions et des innombrables publications scientifiques qui, depuis un siècle, en renouvellent complètement l'image. Il est actuellement représenté dans les plus grands musées du monde, malgré le nombre limité de peintures qui ont survécu. Toutefois certains tableaux que l'on découvre depuis un siècle posent encore des questions d'attribution.

Graffiti

Mur de tags au Forum de Barcelone (détail)

Un graffiti est une inscription ou un dessin tracé, peinte ou gravée sur un support qui n’est normalement pas prévu à cet effet. Les graffitis ont une grande importance aussi bien :

  • en archéologie : ils font partie, avec les textes épigraphiques, des témoignages écrits non littéraires et souvent populaires.
  • qu’en tant que culture et art contemporain, le graffiti se compose de nombreux courants et techniques qui en font une forme d’expression urbaine.
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Palais de Westminster

Big Ben, dominant le palais de Westminster, à Londres.

Le palais de Westminster (en anglais : Palace of Westminster), également désigné sous le nom de Chambres du Parlement (Houses of Parliament), est le lieu où siègent la Chambre des communes (House of Commons) et la Chambre des lords (House of Lords) du Royaume-Uni. Le palais borde la rive gauche (ouest) de la Tamise et se situe dans l’arrondissement londonien de la Cité de Westminster.

L’édifice servait à l’origine de résidence royale, mais aucun monarque anglais ou britannique n’y a plus vécu depuis le XVIe siècle. La plus vieille section du palais, Westminster Hall, remonte à l’an 1097. Cependant, la plus grande partie du bâtiment date du XIXe siècle : l’ancien Palais de Westminster, en effet, fut presque entièrement détruit par un incendie survenu le . L’architecte responsable de la reconstruction, Sir Charles Barry, inscrivit le nouveau bâtiment dans le plus pur style néogothique, en référence à l’époque des Tudor. L’une des attractions les plus célèbres du palais de Westminster est sa tour de l'Horloge (Clock Tower), qui abrite Big Ben.

Le palais, immense complexe de plus de mille pièces, contient en plus des salles de la Chambre des lords et de la Chambre des communes, les bureaux des commissions parlementaires, des bibliothèques, des vestibules, des salles à manger, des bars ou même des gymnases. Il est le lieu d’importantes cérémonies officielles, et tout particulièrement celle chaque année de l’ouverture de la session parlementaire (le State Opening of Parliament). Le palais de Westminster est étroitement associé dans les esprits aux deux chambres parlementaires, comme en témoigne parfois l’utilisation du terme Westminster pour désigner le Parlement.

Le Massacre des Innocents

« Le Massacre des Innocents » par Guido Reni.

Le Massacre des Innocents est une peinture à l’huile réalisée en 1611 par Guido Reni. Peu connue du grand public, elle était considérée comme un chef-d’œuvre du vivant de Reni.

Le sujet met en scène de manière baroque et rigoureuse un événement biblique raconté dans l’Évangile de Matthieu (II, 1-19). Les mages avaient annoncé la naissance à Bethléem du « roi des Juifs » et Hérode l’avait fait chercher en vain ; il ordonna alors la mise à mort de tous les enfants de la ville âgés de moins de deux ans.

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Hiroshige

« Atake sous une averse soudaine », estampe japonaise de Hiroshige

Utagawa Hiroshige (広重 歌川, Hiroshige Utagawa?) est un dessinateur, graveur et peintre japonais. Né en 1797 à Edo (aujourd'hui Tōkyō) et mort dans la même ville en 1858, il est un des derniers grands noms de l’Ukiyo-e, avant que la xylographie, moyen traditionnel d’expression de l’estampe, ne disparaisse avec l’avènement de l’ère Meiji et l’ouverture du Japon sur le monde occidental.

Fort d’une production estimée à plus de 5 400 estampes, il a su dépasser les traditionnels thèmes de l’Ukiyo-e pour s’imposer avec Hokusai en maître de la peinture de paysages. Leur influence sera considérable sur les peintres européens de la fin du XIXe siècle. Toulouse-Lautrec, Cézanne, Gauguin, Monet ou Van Gogh admirent leurs œuvres et souvent les imitent. Ils en retiennent la quintessence, dégagent de nouvelles techniques et font naître l’art moderne.

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Édouard Manet

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Édouard Manet (né à Paris le 23 janvier 1832 - mort à Paris le 30 avril 1883) est un peintre rationaliste français majeur de la fin du XIXe siècle.

Incompris par la majorité de ses contemporains, systématiquement rejeté par le Salon officiel de Paris, Édouard Manet symbolise à lui seul l’avènement de la modernité en peinture. Son style, très personnel, ne peut être classé dans aucune catégorie, tant l’homme oscille sans cesse entre l’impressionnisme d’un Claude Monet et le réalisme d’un Gustave Courbet.

Qu’il s'agisse du scandaleux Déjeuner sur l'herbe, de la troublante Olympia ou du paisible Argenteuil, nombreuses sont les œuvres de Manet occupant aujourd’hui une place essentielle dans l’histoire de l’art et dans la mémoire collective.

Diego Velázquez

Autoportrait de Diego Velázquez dans « les Ménines » (détail).

Diego Velázquez est un peintre du siècle d’or espagnol ayant eu une influence considérable à la cour du roi Philippe IV. Il est généralement considéré, avec Francisco Goya et Le Greco, comme l’un des plus grands artistes de l’histoire espagnole.

Son style très personnel s’inscrit résolument dans le courant baroque de cette période. Outre de nombreuses peintures à valeur historique ou culturelle, Diego Vélasquez est l’auteur d’une profusion de portraits représentant la famille royale espagnole, d’autres grands personnages européens ou même des gens du commun. Son talent artistique, de l’avis général, a atteint son sommet en 1656 avec la réalisation des Ménines, son principal chef-d’œuvre.

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Livre de Kells

Symboles évangélistes, page d’introduction extraite du livre de Kells.

Le livre de Kells est un manuscrit illustré de motifs ornementaux et réalisé par des moines celtiques vers l’an 800. Chef d'œuvre du christianisme irlandais et de l’art irlando-saxon, il constitue malgré son inachèvement l’un des plus somptueux manuscrits enluminés ayant pu survivre au Moyen Âge.

En raison de sa grande beauté et de l’excellence technique de sa finition, le manuscrit est considéré par beaucoup de spécialistes comme l’un des plus remarquables vestiges de l’art religieux médiéval.


Les Ambassadeurs

Hans Holbein the Younger - The Ambassadors - Google Art Project.jpg

Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune (1533), actuellement à la National Gallery de Londres, est l’un des chefs-d’œuvre du peintre. Triplement important, par ses résonances historiques, par sa richesse symbolique et par son excellence plastique, il comporte un étrange objet au premier plan resté longtemps mystérieux.

Ce n’est qu’au XXe siècle qu’un historien de l’art, Jurgis Baltrusaitis, redécouvrira que cette forme qui occupe le premier plan de la toile, et que l’on nommait souvent « os de seiche », était en fait l’anamorphose d'un crâne humain.

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Arts de l'Islam

Riza-i Abbasi, Deux amants, Iran, 1630.

L'expression arts de l'Islam (ou art islamique) s'applique à la production artistique ayant eu lieu depuis l'hégire (622 de l'ère chrétienne) jusqu'au XIXe siècle dans un territoire s'étendant de l'Espagne jusqu'à l'Inde et habité par des populations de culture islamique.

L'art produit dans le contexte du monde islamique présente une certaine unité stylistique due aux déplacements des artistes, des commerçants, des commanditaires et des œuvres. L'emploi d'une écriture commune dans tout la civilisation islamique et la mise en valeur particulière de la calligraphie renforcent cette idée d'unité. D'autre éléments ont été mis en valeur, comme l'attention portée au décoratif et l'importance de la géométrie et des décors tapissants. Toutefois, la grande diversité des formes et des décors, selon les pays et les époques, amène souvent à parler plus d'« arts de l'Islam » que d'un « art islamique ». Pour Oleg Grabar, l'art d'Islam ne peut d'ailleurs se définir que par « une série d'attitudes vis-à-vis du processus même de la création artistique ».

En architecture, des bâtiments aux fonctions spécifiques, comme des mosquées et des madrasas, sont créés dans des formes très variées mais suivant souvent un même schéma de base. S'il n'existe quasiment pas d'art de la sculpture, le travail des objets de métal, d'ivoire ou de céramique atteint fréquemment une grande perfection technique. Il faut aussi souligner la présence d'une peinture et d'une enluminure présentes dans les livres sacrés et profanes.

Les arts de l'Islam ne sont pas proprement religieux : l'Islam est ici considéré comme une civilisation plutôt que comme une religion. Contrairement à une idée reçue, il y existe des représentations humaines, animales et même de Mahomet : celles-ci ne sont bannies que dans les lieux ou ouvrages religieux (mosquées, madrasas, Corans), en dépit de quelques exceptions.

Baroque sicilien

Catane Badia Di Sant Agata.

Le baroque sicilien est une forme spécifique d’architecture baroque apparue en Sicile aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ce style comporte d’une part des caractéristiques typiquement baroques, telles que la profusion de courbes et d’ornements, mais se distingue aussi du courant européen par l’utilisation de masques ou d’anges souriants (les putti) et plus généralement par une flamboyance qu’il n'est possible de retrouver nulle part ailleurs.

Jusqu’à récemment mal étudié, peu reconnu et rarement apprécié malgré les recherches menées par Anthony Blunt dans les années 1960, ce type de baroque donne à la Sicile une forte identité architecturale.

Francisco de Zurbarán

autoportrait de Francisco de Zurbarán.

Francisco de Zurbarán (1598-1664) est un peintre du siècle d’or espagnol.

Contemporain et ami de Velázquez, Zurbarán se distingue dans les peintures religieuses — où son art révèle une grande force visuelle et un profond mysticisme — et il devient un artiste emblématique de la Contre-Réforme. D’abord très marqué par Le Caravage, son style austère et sombre évolue pour se rapprocher des maîtres maniéristes italiens. Ses représentations s'éloignent du réalisme de Vélasquez et ses compositions s'éclaircissent dans des tons plus acides.

Zurbarán fut célèbre avant trente ans, surtout grâce au cycle de la Merced Calzada, dont Alonzo Cano, maître peintre depuis 1626, avait refusé la commande. Il est resté très prisé après sa mort, et sa renommée dépassait largement les frontières de l'Espagne.

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Céramique islamique

Coupe aux chasseurs, Iran du Nord-Ouest, XIIe ‑ XIIIe siècle, musée du Louvre.

La céramique, considérée comme un « art mineur » en Europe, est l'un des médias artistiques les plus utilisés dans les arts de l'Islam à toutes les époques et dans toutes les régions.

Le statut de la céramique dans les mentalités du monde islamique est assez difficile à établir, d'autant que les pièces sont de qualité très variable, depuis la vaisselle commune jusqu'aux objets réservés à une élite. Les productions les plus coûteuses et les plus délicates ont évidemment un rôle de luxe, destiné à la cour, et ne sont pas forcément utilitaires.

La céramique est un art d'atelier, c'est pourquoi les noms de potiers restent le plus souvent inconnus, les pièces ne recevant pas de signatures. En revanche, on connaît un certain nombre de marques d'ateliers. Les lieux de production restent également souvent assez flous, d'autant que les céramiques sont fréquemment exportées, parfois sur de grandes distances, comme produits de valeurs ou comme contenants.

Paula Modersohn-Becker

Autoportrait aux camélias (Die Malerin mit Kamelienzweig) par Paula Modersohn-Becker, 1907, au musée Folkwang à Essen (Allemagne).

Paula Modersohn-Becker (8 février 187621 novembre 1907) est une peintre allemande et l’une des représentantes les plus précoces de l’expressionnisme dans son pays. Originaire de Dresde, elle s’engagea dans des études de peinture et rejoignit les artistes indépendants réunis à Worpswede, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Le manque d’audace des peintres worpswediens la poussa à s’ouvrir aux inspirations extérieures, par des séjours répétés à Paris près de l’avant-garde artistique.

Durant quatorze années, elle créa 750 toiles, treize estampes et un millier de dessins. Sa peinture présente des aspects mêlant l’impressionnisme de Cézanne ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l’art japonais ou encore la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du XXe siècle. L’artiste, jusqu’à aujourd'hui, reste méconnue au-delà des pays germanophones.

Ivoire Barberini

L’ivoire Barberini, musée du Louvre

L’ivoire Barberini est un objet d’art byzantin datant de l’Antiquité tardive. Il est conservé au musée du Louvre à Paris.

C'est un feuillet d’ivoire composé de quatre plaques sculptées dans le style classicisant dit théodosien tardif, représentant le thème de l’empereur triomphateur. L’œuvre est généralement datée de la première moitié du VIe siècle et attribuée à un atelier impérial de Constantinople, tandis que l’empereur figuré est identifié soit à Anastase Ier soit beaucoup plus probablement à Justinien.

Il n’est pas certain que le feuillet appartenait à un diptyque, c’est-à-dire qu’il existait un autre ensemble comparable de plaques formant un second feuillet, où aurait pu être représentée par exemple l’impératrice : le poids de ce premier feuillet est déjà trop important pour qu’il puisse être manipulé aisément et remplir une fonction utilitaire. Par ailleurs, il n’y a pas trace de charnière, qui pourrait indiquer une reliure.

La question de l’identification de l’empereur représenté sur le panneau central constitue le problème central qui a occupé les commentateurs de l’ivoire Barberini : son premier propriétaire moderne connu, Peiresc, y reconnaissait sans hésitation apparente Héraclius et faisait de l’officier lui offrant la statuette de victoire son fils Constantin III. Par la suite, on a reconnu sous les traits de l’empereur aussi bien Constantin Ier, que Constance II, Zénon Ier, et surtout Anastase Ier ou Justinien.

L’identification est compliquée par le fait que l’empereur représenté n’est pas nécessairement celui sous le règne duquel l’ivoire a été réalisé : la datation de l’ivoire n'est donc pas conclusive quant à l’identification de la figure impériale, mais elle est indéniablement une indication précieuse.

Missorium de Théodose

Copie du missorium au Musée national d'art romain de Mérida.

Le missorium de Théodose Ier est un grand plat d’argent d’apparat conservé à la Real Academia de la Historia, à Madrid. Probablement réalisé à Constantinople pour célébrer les decennalia (le dixième anniversaire du règne) de l’empereur Théodose Ier, il le représente en train de remettre un codicille à un haut fonctionnaire, flanqué de ses deux co-empereurs, Valentinien II et Arcadius. Il est caractéristique du style classicisant théodosien et considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie romaine tardive.

Le missorium provient d’un trésor d’argenterie, qui comprenait également deux coupes, découvert en 1847 à Almendralejo, près de Mérida (Espagne) dans la province espagnole de Badajoz. C’est un des plus beaux exemples d’argenterie des largesses impériales (largitio), c’est-à-dire de la catégorie de ces objets de luxe réalisés en vue des célébrations impériales (accession au trône, anniversaire de règne principalement) et offerts en ces occasions par l’empereur aux plus grands dignitaires de l’Empire.

Jean Siméon Chardin

Jean-Baptiste Siméon Chardin

Jean Siméon Chardin (16991779) est un peintre français du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels. Admiré de son vivant par Louis XV et Mme de Pompadour autant que par la bourgeoisie cultivée de l’époque, Chardin était un membre notoire de l’Académie des Beaux-Arts.

Il possède une remarquable faculté de concentration sur ce qu’il représente, et à propos des natures mortes, Gide va jusqu’à parler d'une « dévotion à l’objet ». Et si l’on a vu en lui le précurseur de Cézanne et du cubisme, il faut ajouter que le génie de Chardin consiste à maîtriser la construction, à la domestiquer, pour qu’elle ne vienne pas troubler la « délectation » du spectateur, pour reprendre l’expression de Poussin.

Temple de Sûrya (Konârak)

Une des représentations de Sûrya du sikhara, l’édifice principal du temple de Sûrya à Konârak.

Le temple de Sûrya - appelé aussi la Pagode noire - se trouve dans le village de Konârak dans l’État de l’Orissa en Inde. Il est reconnu pour son architecture et sa décoration comme un bâtiment majeur de l’Orissa, un État fameux en Inde pour le nombre et la beauté de ses temples, mais aussi de l’Inde entière.

Construit à la fin du style de l’Orissa (milieu du XIIIe siècle), il se trouvait à l’origine sur le rivage, mais l’ensablement de la côte l’en a éloigné. Le village où se situe le temple tire son nom de arka, une dénomination du soleil et kona, qui signifie coin, endroit.

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Représentation figurée dans les arts de l'Islam

Peintre peignant un portrait, Istanbul ?, fin XVe siècle

L'histoire de la représentation figurée dans les arts de l'Islam est un problème complexe, à l'intersection de facteurs religieux, sociaux, politiques et philosophiques.

Produits dans le monde islamique entre l'hégire (622) et le XIXe siècle, les arts de l'Islam sont le résultat d'une culture influencée par la religion musulmane. Or, en tant que religion du Livre, l'islam s'inscrit dans la continuité de la tradition judaïque de l'aniconisme. Pourtant, si les représentations animales et humaines sont, à quelques exceptions près, toujours absentes des espaces et objets religieux musulmans (mosquées, Corans, mobilier religieux), on en trouve un grand nombre dans les objets produits dans le monde islamique. Qu'il s'agisse d'œuvres profanes ou relevant d'une autre religion que l'islam, ces représentations figurées existent depuis les origines de la civilisation islamique. Elles sont d'une grande variété : animaux, personnages de cour, scènes de genre, personnages religieux comme Mahomet, etc.

Les conceptions musulmanes ont toutefois pu orienter les développements des arts de l'Islam, donnant la première place à la calligraphie, limitant les sculptures en trois dimensions, ou favorisant une esthétique de stylisation. Le développement du sufisme, puis l'influence européenne à partir de la période des trois empires ont au contraire favorisé des représentations plus réalistes : apparition du portrait, du modelé, de la perspective.

L'Exécution de Maximilien

« L’Exécution de Maximilien », par Édouard Manet.

En 1868, Édouard Manet représente dans L’Exécution de Maximilien la mort de l’empereur du Mexique Maximilien de Habsbourg, fusillé par les troupes républicaines après le départ de son allié français. Pour dénoncer son pays, qui avait promis de soutenir le jeune prince, Manet revêt les républicains de l’uniforme des soldats français, et pousse l’insolence jusqu’à donner au sergent les traits de Napoléon III.

« Tres de Mayo » par Francisco Goya.

Cette œuvre engagée s’inspire non sans une certaine ironie du Tres de Mayo de Francisco Goya (1814), où le peintre espagnol dénonçait les crimes des soldats de Napoléon Ier. Mais à l’inverse de l’œuvre de Manet, le tableau de Goya est loin d’être une réaction passionnée. Réalisé 6 ans après les faits, il correspond en réalité à une commande officielle de Ferdinand VII, rétabli sur le trône après le départ des français.

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Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard

Jacques-Louis David 007.jpg

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard est le titre de cinq versions du portrait équestre du premier consul Napoléon Bonaparte peints par Jacques-Louis David entre 1800 et 1803. Napoléon est représenté lors du franchissement du col alpin du Grand-Saint-Bernard par l'armée de réserve, épisode qui marque le début de la seconde campagne d'Italie.

Le premier portrait fut commandé par le roi d'Espagne Charles IV comme témoignage d'entente entre le royaume et la République française. Les trois versions suivantes furent commandées par le premier consul à des fins de propagande et furent les premiers portraits officiels de Napoléon, ils ornèrent le château de Saint-Cloud, la bibliothèque de l'hôtel des Invalides et le palais de la République cisalpine. La dernière version n'eut pas de commanditaire et fut conservée par David jusqu'à sa mort.

Archétype du portrait de propagande, le tableau fut de nombreuses fois reproduit en gravure, témoignage d'une importante postérité. Il influença des artistes comme Antoine-Jean Gros, et Théodore Géricault.

Art olmèque

Tête colossale n°1 de San Lorenzo

L’art olmèque se manifeste par une grande maîtrise de la sculpture et de la ciselure. Il ne sera dépassé par aucune autre civilisation précolombienne. Cette maîtrise est visible aussi bien dans l’art colossal que dans l’art miniature. La culture olmèque, entre 1200 av. J.-C. et 500 av. J.-C., première des grandes civilisations de la Mésoamérique, invente l’écriture, en utilisant les pictogrammes-idéogrammes et le calendrier. Mais c’est sans nul doute son art exceptionnel, tant par sa richesse iconographique que par ses qualités techniques, qui est une référence et un héritage pour toutes les cultures postérieures. Ainsi l’écriture maya va puiser ses racines dans le premier système glyphique élaboré par l’art olmèque. Les Toltèques, les Zapotèques jusqu’aux Aztèques et toutes les autres civilisations de l’Amérique moyenne vont se référer aux Olmèques dans de nombreux autres domaines qu’ils soient artistiques, techniques, religieux ou intellectuels.

Art safavide

Entrée de la mosquée du Shah

L’appellation art safavide regroupe la production artistique qui a eu lieu en Perse durant la dynastie éponyme, entre 1501 et 1722. Elle marque un apogée dans l’art du livre et de l’architecture persans alors que les arts mineurs tels que la céramique, l’art du métal ou le verre ont plus ou moins tendance à péricliter. Bien que nourri de culture persane, l’art safavide est fortement influencé par les cultures turkmène (eu égard aux origines de la dynastie), chinoise, ottomane et occidentale. La dynastie safavide est issue d’une confrérie appelée Safavieh qui apparaît en Azerbaïdjan vers 1301, avec le Shaykh Safi al-Din, qui lui donne son nom. Pratiquant le chiisme duodécimain, les safavides considèrent leur dirigeant comme le douzième imam, le déifiant et lui offrant une obéissance aveugle.

Statue de la Liberté

Statue de la Liberté

La Liberté éclairant le monde (Liberty Enlightening the World), plus connue sous le nom de statue de la Liberté (Statue of Liberty), est l'un des monuments les plus célèbres de la ville de New York. Elle est située sur l'île de Liberty Island au sud de Manhattan, à l'embouchure de l'Hudson et à proximité d'Ellis Island (États-Unis). Elle fut offerte par les Français en 1886, pour célébrer le centenaire de la déclaration d'indépendance américaine et en signe d'amitié entre les deux nations. L'inauguration de la statue fut célébrée le 28 octobre 1886 en présence du président des États-Unis, Grover Cleveland. L'idée vient du juriste et professeur au Collège de France, Édouard Laboulaye en 1865. Le projet est confié en 1871, au sculpteur français né à Colmar Frédéric Auguste Bartholdi. Le choix des cuivres devant être employés à la construction fut confié à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, qui eut l'idée d'employer la technique du repoussé. En 1879, à la mort d'Eugène Viollet-le-Duc, Frédéric-Auguste Bartholdi fit appel à l'ingénieur Gustave Eiffel pour décider de la structure interne de la statue. Ce dernier imagine un pylône métallique qui supporte les plaques de cuivre martelées et fixées. La statue fait en outre partie des National Historic Landmarks depuis le 15 octobre 1924 et de la liste du patrimoine mondial établie par l'UNESCO depuis 1984.

La statue de la Liberté, en plus d'être un monument très important de la ville de New York, est devenue l'un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression. Au plan de l'architecture, la statue rappelle le Colosse de Rhodes qui était l'une des sept merveilles du monde antique. Elle constitue enfin l'élément principal du Statue of Liberty National Monument qui est géré par le National Park Service.

Edward Hopper

Autoportrait d'Edward Hopper

Edward Hopper (22 juillet 1882 - 15 mai 1967) est un peintre réaliste et graveur américain, qui exerça essentiellement son art à New York, où il avait son atelier. Il est considéré comme l’un des représentants du naturalisme ou de la scène américaine, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il représenta des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également sur des affiches, des gravures en eau-forte et des aquarelles.

Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.

John Singer Sargent

Portrait de John Singer Sargent par Giovanni Boldini vers 1890

John Singer Sargent, est un peintre américain, né en 1856 à Florence (Italie) et mort en 1925 à Londres. Élève de Carolus-Duran et de Léon Bonnat, il étudie à l'école des Beaux Arts de Paris. Il est un ami ou un proche de grands artistes de l'époque, comme Claude Monet, Paul Helleu, Gabriel Fauré ou encore Edmund Gosse. Sargent est particulièrement connu pour son habileté dans les portraits, caractérisés par un style sophistiqué, une virtuosité visuelle et une certaine audace théâtrale. Il réalise sur commande les portraits des hommes et des femmes les plus célèbres, riches ou puissants d'Europe ou des États-Unis, comme ceux d’Auguste Rodin, John D. Rockefeller, Robert Louis Stevenson, ou encore ceux des présidents, Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson.

Éléphant de la Bastille

La fontaine de l'éléphant, projet d'Alavoine (vers 1813-1814). Il s'agit probablement de la vue exposée au Salon de 1814, ou d'une lithographie en couleur de celle-ci (Paris, musée Carnavalet).

L’éléphant de la Bastille est le nom couramment donné à un projet napoléonien de fontaine parisienne destinée à orner la place de la Bastille. Alimentée par l'eau de l'Ourcq acheminée par le canal Saint-Martin, cette fontaine monumentale devait être surmontée de la statue colossale d'un éléphant portant un howdah en forme de tour.

Confiée après 1812 à l'architecte Alavoine, sa réalisation fut remise en cause par la chute de Napoléon avant d'être abandonnée, après la Révolution de 1830, au profit de la colonne de Juillet. Seuls les infrastructures, le bassin et le socle de cette fontaine furent réalisés entre 1810 et 1830. Encore visibles de nos jours, ils servent de base à la colonne.

La statue de l'éléphant ne fut jamais exécutée en bronze, mais un modèle en plâtre à l'échelle 1, élevé en 1814 près du chantier puis détruit en 1846, constitua pendant une trentaine d'années un objet de curiosité qui suscita les commentaires de plusieurs écrivains avant d'être immortalisé par Victor Hugo dans une scène mémorable des Misérables mettant en scène le jeune Gavroche.

Jacques-Louis David

Autoportrait (1794) — Musée du Louvre, Paris, France.

Jacques-Louis David, peintre français né le à Paris et mort le à Bruxelles, est considéré comme le chef de file de l’École néoclassique, dont il incarne le style pictural et l’option intellectuelle. Il opère une rupture avec le style galant et libertin de la peinture du XVIIIe siècle représentée à l'époque par François Boucher et Carl Van Loo, et revendique l’héritage du classicisme de Nicolas Poussin et des idéaux esthétiques grecs et romains, en cherchant, selon sa propre formule, à « régénérer les arts en développant une peinture que les classiques grecs et romains auraient sans hésiter pu prendre pour la leur ».

Formé à l'Académie royale de peinture et de sculpture, il devient en 1785 un peintre renommé avec le Serment des Horaces. Membre de l'Académie des beaux-arts, il combat cette institution sous la Révolution et entame en parallèle à sa carrière artistique une activité politique en devenant député à la Convention et ordonnateur des fêtes révolutionnaires. Son engagement l'amène à voter la mort du roi Louis XVI, et son amitié pour Maximilien de Robespierre lui vaudra, à la chute de celui-ci, d'être emprisonné lors de la réaction thermidorienne. Ses activités politiques prennent fin sous le Directoire, il devient membre de l'Institut et se prend d'admiration pour Napoléon Bonaparte. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir impérial, et il réalise pour lui sa plus grande composition Le Sacre de Napoléon...

Grande Mosquée de Kairouan

Galerie devant la salle de prière de la mosquée.

La Grande Mosquée de Kairouan (arabe : الجامع الكبير بالقيروان), également appelée mosquée Oqba Ibn Nafi (arabe : جامع عقبة بن نافع) en souvenir de son fondateur, est l’une des principales mosquées de Tunisie située à Kairouan, parfois considérée comme la quatrième ville sainte de l’islam. L’édifice reste le sanctuaire le plus ancien et le plus prestigieux de l’Occident musulman. Il a été classé, avec la ville de Kairouan, au patrimoine mondial de l’Unesco en 1988.

Élevée par Oqba Ibn Nafi al-Fihri à partir de 670 (correspondant à l’an 50 de l’hégire), alors que la ville de Kairouan est fondée, elle est considérée, dans le Maghreb, comme l’ancêtre de toutes les mosquées de la région aussi bien que l’un des plus importants monuments islamiques et un chef-d’œuvre universel d’architecture. D’un point de vue esthétique, la Grande mosquée de Kairouan apparaît comme le plus bel édifice de la civilisation musulmane au Maghreb. Son ancienneté et la qualité de son architecture font d’elle un joyau de l’art islamique. Nombreux sont les ouvrages et les manuels d’art musulman qui font référence à la mosquée…