Wikipédia:Sélection/Langue catalane

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Raymond Lulle

Statue de Raymond Lulle à l'entrée de la cathédrale de Palma de Majorque

Raymond Lulle (Ramon Llull en catalan, Raimundus ou Raymundus Lullus en latin, رامون لیول en arabe) est un philosophe, poète, théologien, missionnaire, apologiste chrétien et romancier majorquin. Il naît vers 1232 à Majorque et meurt en 1316, probablement en mer, au large de Majorque.

Écrivain mystique, les principes de sa philosophie sont inséparables de son projet de conversion des infidèles. Il cherche à s'adresser à toutes les intelligences, chrétiennes ou non, dans la langue de ses interlocuteurs. Il opère par un jeu d'explications et de déductions, une combinaison des divers principes théologiques et philosophiques pour convaincre de la vérité chrétienne. Il a rencontré de vives oppositions avec les thomistes de l'ordre de Saint-Dominique qui ont obtenu temporairement une condamnation papale de ses écrits.

Considéré comme l'un des inventeurs du catalan littéraire, il est le premier à utiliser une langue néo-latine pour exprimer des connaissances philosophiques, scientifiques et techniques. Son œuvre en prose a grandement contribué à fixer la norme du catalan écrit. Malgré un certain hermétisme typique de son époque, Lulle nous reste proche par sa poésie qui fait de lui un des plus grands écrivains catalans. Son œuvre en vers répond au même projet didactique que son œuvre en prose...

Langues occitano-romanes

Langues et dialectes occitanoromans
Langues et dialectes occitanoromans.

Les langues occitano-romanes (catalan : llengües occitanoromàniques, occitan : lengas occitanoromanicas), appelées aussi langues occitanes, sont une branche des langues romanes qui englobe l'occitan (gascon inclus) et le catalan, élargie parfois à l'aragonais, au piémontais et au royasque.

Elles se parlent dans cinq pays d'Europe: en Andorre, en Espagne (Catalogne, Communauté valencienne, Îles Baléares, Frange d'Aragon, El Carche), en Italie (Vallées occitanes, Alghero, Guardia Piemontese), en France (Occitanie, Pyrénées-Orientales), et à Monaco, ainsi qu'historiquement dans le comté de Tripoli (Liban), en Algérie française et dans les possessions de la couronne d'Aragon : Duché d'Athènes, Sud de l'Italie,... On retrouve aussi des communautés linguistiques existantes ou historiques dans l'Europe protestante (Allemagne, Suisse,...) et dans le Nouveau Monde : Argentine, Uruguay, États-Unis,...

Un débat existe sur l'existence de ce groupe de langues où s'opposent des critères linguistiques à des critères politiques. Toutefois, dans leur forme écrite, le catalan moderne et l'occitan moderne sont hautement intelligibles; le pourcentage de lexique commun est supérieur à celui existant entre l'espagnol et le portugais. Les langues occitano-romanes sont donc très proches, de plus elles forment un continuum linguistique transitionnel entre les langues ibéro-romanes et les langues gallo-romanes. La proximité avec les parlers gallo-italiques peut aussi être relevée. De fait, il existe des raisons fondées pour considérer les langues occitano-romanes comme un groupe phylogénétique valide ; à la différence des anciennes classifications qui les faisaient appartenir à des groupes polyphylétiques différents.

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Loi sur les langues de l'Aragon (2013)

Prédominance linguistique par commune de l'aragonais, du catalan et du castillan.

La loi sur les langues de l'Aragon de 2013 (en espagnol : Ley de Lenguas de Aragón), officiellement loi 3/2013 du 9 mai sur l'usage, la protection et la promotion des langues et modalités linguistiques propres à l'Aragon, est un texte législatif approuvé par les Cortes d'Aragon le . Cette loi abroge la loi sur les langues de l'Aragon de 2009 et établit le nouveau cadre de régulation de la pluralité linguistique de l'Aragon.

La préparation et l'approbation de la loi ont fait l'objet de vives controverses sociales, politiques et médiatiques, liées aux tenants du catalanisme ou de l'anticatalanisme. En septembre 2015, le nouveau gouvernement de l'Aragon a annoncé son intention d'abroger la loi de 2013, pour rétablir celle de 2009.

La dénomination retenue par la loi de 2013 pour les langues propres et historiques de l'Aragon est le point qui a créé le plus de polémiques lors de la préparation de la loi ainsi qu'après son approbation. Ainsi, la loi supprime l'appellation aragonais et catalan pour désigner ces langues, comme cela était la règle dans la loi de 2009, et substitue deux circonlocutions, « lengua aragonesa propia de las áreas pirenaica y prepirenaica » (en français : « langue aragonaise propre aux zones pyrénéennes et prépyrénéennes ») (LAPAPYP) pour l'aragonais et « lengua aragonesa propia del área oriental » (« langue aragonaise propre à la zone orientale ») (LAPAO) pour le catalan. De plus, en soulignant le fait que ces deux langues sont constituées de modalités linguistiques propres, la loi permet que les dénominations officielles de ces langues peuvent être différentes suivant les communes qui peuvent ainsi utiliser des dénominations locales pour désigner ces langues.

Compte tenu de ce manque de reconnaissance de l'unité de chacune des deux langues, la nouvelle loi supprime les principaux organes de normalisation linguistique de l'aragonais et du catalan prévus par la précédente loi, comme l'action publique en faveur de la présence de ces langues dans l'environnement socio-économique.

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Dialectologie de la langue catalane

Carte dialectale du catalan.

La dialectologie de la langue catalane est l'étude des dialectes du catalan.

Sur le continent, le catalan est historiquement constitué d'une continuité de dialectes avec de larges zones de transition, ce qui fait que la division de la langue en dialectes selon des frontières précises est malaisée —hormis dans le cas des îles. Aucun dialecte identifié n'est totalement uniforme et chacun peut être divisé en différents sous-dialectes. De même, dans les zones de dialectes propres du catalan, on trouve des dialectes de transition vers les langues voisines, comme le bénasquais vers l'aragonais, ou le capcinois (ca) vers l'occitan.

Selon les propositions faites par Manuel Milà i Fontanals en 1861, le domaine linguistique du catalan est traditionnellement articulé en deux grands blocs verticaux, le bloc oriental et le bloc occidental, division basée sur un traitement différencié des voyelles non toniques.

Certains dialectes ont disparu, comme le minorquin de Bordj El Kiffan (en Algérie), ou le catalan de la bourgeoisie et des classes supérieures des principales villes de Sardaigne, de Sicile, ou de Naples, dont il reste certaines traces dans leurs parlers respectifs, sarde, sicilien et napolitain. De la même manière on trouve des influences du valencien de Murcie (ca), également éteint, dans l'actuel parler murcien.

Un cas remarquable de dialecte du catalan est le catalan salat (ca), résultat de l'interférence entre dialectes non frontaliers en raison de l'émigration, à l'époque moderne, de Majorquins au sud du domaine valencien.

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Els Segadors

Corpus de Sang, toile d'H. Miralles (1910).

Els Segadors (« les moissonneurs » en français) est l'hymne national officiel de la Catalogne depuis 1993. Il est inspiré par une ancienne chanson populaire. Les paroles actuelles ont été écrites en 1899 par Emili Guanyavents et la mélodie a été adapté par Francesc Alió en 1892.

Les paroles font référence à la guerre des faucheurs, soulèvement populaire de la population catalane entre 1640 et 1652 contre l'augmentation des taxes prélevées par Philippe IV d'Espagne pour financer la guerre de Trente Ans. Cet événement est connu sous le nom de guerre des faucheurs. La mélodie populaire remonte au XVIIe siècle, exception faite du refrain qui est postérieur et qui n'appartient pas à la légende.

Cet hymne servit de chant de ralliement des Catalans républicains pendant la guerre d'Espagne. Il fut interdit par la dictature franquiste. Actuellement, il retentit chaque année lors des événements de la Diada (fête nationale) le 11 septembre.

Créé en 1896 à Montserrat, lors d'une cérémonie de bénédiction du drapeau catalan, le Cant de la Senyera (« chant du drapeau »), hymne de l'Orfeó Català (« orphéon catalan ») : un poème de Joan Maragall i Gorina, mis en musique pour chœur mixte, a été utilisé de facto comme hymne catalan à l'égal d'Els Segadors, jusqu'à ce qu'en 1993 ce second hymne reçoive officiellement le statut d'hymne national.

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Institut d'Estudis Catalans

Logo de l'Institut d'Estudis Catalans.

L'Institut d'Estudis Catalans (IEC) (en français « Institut d'études catalanes ») est une institution académique, scientifique et culturelle catalane dont le but est la recherche scientifique dans tous les domaines, et plus spécialement la recherche dans tous les aspects de la culture catalane. Son domaine s'étend à tous les territoires de langue et culture catalane : Catalogne, Andorre, Pyrénées-Orientales, frange d'Aragon, Pays valencien, îles Baléares, El Carxe dans la Région de Murcie et L'Alguer en Sardaigne.

Il est composée de cinq sections : Philologie, Histoire et archéologie, Philosophie et sciences sociales, Sciences biologiques et Sciences et technologie.

L'Institut d'Estudis Catalans peut être comparé à l'Institut de France et les sections de l'IEC aux académies.

La section de philologie est chargée de la langue catalane. Elle peut être comparée à l'Académie française. Son travail est officiellement accepté dans une grande partie des Pays catalans : en Catalogne, aux îles Baléares et en Andorre, des territoires où le catalan a un statut d'officialité ou de coofficialité, ainsi que dans deux territoires où le catalan n'est pas officiel : les Pyrénées-Orientales et la frange d'Aragon où la majorité des institutions et des associations suivent les normes de l'IEC. Dans la Communauté valencienne, c'est l'Académie valencienne de la langue, dont le positionnement a toujours été commun avec celui de l'IEC, qui est officiellement chargée des questions linguistiques depuis sa création en 1998. Les universités de Valence, de Castellón et d'Alicante reconnaissent l'IEC comme institution normative.

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Jeux floraux

Les Jeux floraux (en catalan Jocs florals ; Jochs florals en catalan ancien ; ou encore Jocs de la Gaia Ciència) sont des joutes poétiques en langue catalane instaurées à Barcelone et à Valence au XIXe siècle, inspirées de celles autrefois célébrées par l'Académie des Jeux floraux du Languedoc.

L'instauration des Jeux floraux marque une étape importante dans le mouvement de renouveau des langue et culture catalanes connu sous le nom de Renaixença (« Renaissance »), et qui en Catalogne constitue le prélude à la politisation du catalanisme.

Au début du XXe siècle, ils inspirent l'instauration des Jeux floraux internationaux, concours espérantiste similaire célébré en Catalogne.

L'origine des Jeux floraux de Catalogne et Valence se trouve dans ceux que célébrait l'Académie des Jeux floraux de Toulouse, instaurés en 1323 et célébrées jusqu'en 1484, auxquels participaient également des troubadours et poètes de la couronne d'Aragon (l'occitan étant alors considéré comme la langue savante et utilisé dans la plupart des manifestations littéraires, particulièrement poétiques). À partir de 1393, et à l'initiative du roi Jean Ier d'Aragon, les jeux furent instaurés à Barcelone et se tinrent jusqu'à la fin du XVe siècle sous la bienveillance des monarques de la couronne d'Aragon.

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Valencien

Le valencien (en catalan : valencià), parfois dénommé catalan méridional, est un dialecte catalan traditionnellement parlé dans la plus grande partie du Pays valencien (actuelle Communauté valencienne), en Espagne, introduit par les colons de la principauté de Catalogne dans le Royaume de Valence nouvellement constitué après la reconquête des territoires musulmans par Jacques Ier d'Aragon dans la première moitié du XIIIe siècle.

Les auteurs valenciens donnèrent leurs lettres de noblesse au catalan littéraire et jouèrent un rôle de tout premier plan au cours de son Siècle d'or. À partir du XVIe siècle, avec l'union des Espagnes et la diffusion du castillan comme langue unique de la noblesse et des institutions, le catalan se trouve relégué au second plan de la monarchie hispanique mais reste la langue très majoritairement employée par le peuple, au Pays valencien comme dans le reste du domaine linguistique. Pendant la dictature franquiste (1939-1975), la langue reste à la marge des institutions, son usage public est généralement interdit et parfois réprimé, les publications en langue vernaculaire sont sévèrement contrôlées et la région connaît une importante immigration en provenance notamment d’Andalousie. Le valencien subit un important recul en termes de proportions de locuteurs, mais reste largement présent dans les provinces de Valence et Castellón, hors des grands centres urbains.

Aujourd'hui, le valencien rassemble près du tiers de l'ensemble des locuteurs de la langue catalane mais, reflétant les controverses politisées portant sur sa dénomination ou sa classification en tant que dialecte survenues depuis la Transition démocratique, il est toutefois considéré comme une langue distincte par une grande partie des Valenciens. À la suite de différentes sentences ou déclarations impliquant l'Académie valencienne de la langue (AVL), l'Institut d'Estudis Catalans, ainsi que le Tribunal constitutionnel, le conflit est toutefois réglé d'un point de vue légal, académique et institutionnel. Depuis 2006, le terme de « valencien » est académiquement et institutionnellement reconnu comme glottonyme officiel pour faire référence à la langue dénommée « catalan » dans le reste du domaine linguistique.

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Josep Carner i Puig-Oriol

Josep Carner en 1970.

Josep Carner i Puig-Oriol, surnommé Pere de Maldar, né le à Barcelone (Espagne) et mort le (à 86 ans) à Bruxelles (Belgique), est un poète, journaliste, dramaturge et traducteur espagnol d'expression catalane de la génération de 14. Également surnommé « prince des poètes catalans », c'est le représentant le plus important de la poésie du Noucentisme.

Il entre en 1897 à l'Université de Barcelone où il découvre le catalanisme. Il obtient une licence en droit et en philosophie. Il collabore alors aux revues Montserrat et L'Atlàntida et dirige de fait la revue Catalunya (1903-1905 puis 1913-1914) et Empori (1907-1908).

En 1911 il intègre la section philologique de l'Institut d'études catalanes, et collabore avec Pompeu Fabra à la normalisation et l'enrichissement de la langue catalane. Il écrit également une grande quantité de vers.

Au début du XXe siècle, il intègre La Veu de Catalunya, dans laquelle il écrit jusqu'à fin 1928. En 1915 il se marie avec la chilienne Carmen de Ossa (morte au Liban en 1935) dont il a deux enfants, Anna Maria et Josep.

Rénovateur de la poésie, de la langue et de la prose, il crée un nouveau style de journalisme politique. Avec Prat de la Riba au sein de la Généralité de Catalogne, il lutte pour la professionnalisation de la littérature catalane, qu'il considère comme adolescente.

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¡Cu-Cut!

Couverture du premier numéro.

Le ¡Cu-Cut! était une revue satirique hebdomadaire du début du XXe siècle, d'idéologie catalaniste et éditée à Barcelone. Publiée entre le et le , elle acquit une grande popularité, avec des tirages atteignant 60 000 exemplaires, et incluait une solide équipe de créateurs graphiques. Elle est en particulier passée à la postérité en raison d'événements survenus fin 1905, au cours desquels la rédaction du périodique fut saccagée par un groupe de militaires, qui reçurent a posteriori le soutien de leurs supérieurs. Les incidents et la polémique qu'ils suscitèrent furent à l'origine d'une crise politique révélatrice de la fragilité du régime de la Restauration bourbonienne.

Les incidents du ¡Cu-Cut!
Le 25 novembre 1905, la rédaction du ¡Cu-Cut! ainsi que celle de La Veu de Catalunya furent prises d'assaut par un groupe de militaires de la garnison de Barcelone, en réaction à une caricature antimilitariste de Junceda publiée deux jours auparavant, tournant en ridicule l'Armée et rappelant la débâcle de 1898, vécue comme un traumatisme par d'importants secteurs de la société espagnole et toujours vive dans les esprits. Le saccage est connue dans l'historiographie comme les « incidents du ¡Cu-Cut! » (« hechos del ¡Cu-Cut! » en castillan ; « fets del ¡Cu-Cut! » en catalan).

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Tirant le Blanc

Page de garde de la traduction espagnole (1511) de Tirante el Blanco.

Tirant le Blanc (en valencien : Tirant lo Blanc) est un roman de chevalerie de Joanot Martorell, écrit en valencien et paru pour la première fois à Valence en 1490. Cité dans Don Quichotte, il n'a été traduit en français qu'au XVIIIe siècle.

Le livre raconte en 487 chapitres les aventures d'un gentilhomme breton, Tirant le Blanc qui se fait connaître au cours de fêtes et de combats à la cour d’Angleterre, puis devient chef des forces armées qui volent au secours de l’île de Rhodes et de l’Empire grec qu’il défend contre l’invasion turque; ainsi que ses amours avec Carmésine, la fille de l'empereur de Constantinople.

Joanot Martorell, né en , commence à rédiger son roman le . Il ne met pas plus de cinq ans à l’écrire, car lorsqu’il meurt en , son manuscrit se trouve déjà entre les mains de Martí Joan de Galba (ca) auquel, contre un prêt d’argent, il l’a laissé en gage. Ce n’est qu’en que Galba entreprendra des démarches pour publier le manuscrit —l’imprimerie n’est introduite à Valence qu’en , neuf ans après la disparition de Martorell. L’affaire est conclue, mais Galba meurt dans les premiers mois de , sans avoir vu le livre imprimé.

Martorell et son Tirant le Blanc s’inscrivent dans le cadre historique du XVe siècle, le Siècle d'or valencien. Martorell se trouve en bonne compagnie et fréquente des Italiens. On sait en effet qu'il a séjourné un peu plus d’un an à la cour napolitaine, où réside le roi d'Aragon, à partir de , six ans donc avant de commencer à écrire son roman. Fait significatif, c’est probablement un membre de cette cour qui a écrit Curial et Guelfe, l’autre grand roman chevaleresque du XVe siècle valencien.

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Curial et Guelfe

Curial et Guelfe (Curial e Güelfa en catalan) est, avec Tirant le Blanc, l'un des romans chevaleresques les plus importants écrits en catalan. C'est en 1876 que Manuel Milà i Fontanals a signalé pour la première fois l'existence de ce manuscrit anonyme sans titre, rédigé entre 1432 et 1468. En 1901, Antoni Rubió i Lluch l'a publié pour la première et lui a donné ce titre, reprenant les noms des deux héros de l'œuvre. Plus tard, il a été à nouveau édité par Ramon Aramon (1930-33) et par Ramon Miquel i Planas et Alfons Par (1932).

Le roman, divisé en trois livres, narre les faits d'armes et les infortunes de Curial, le protagoniste, qui s'insèrent dans le cadre d'une trame amoureuse dominée par la jalousie de Guelfe. Fuyant le merveilleux, sauf à travers les rêves, ce roman est fort différent des romans de chevalerie tellement en vogue du Moyen Âge à la pré-Renaissance. Son auteur anonyme, pleinement conscient de son rôle d'écrivain, nous offre, avec des matériaux divers, historiques et légendaires, traités de façon très personnelle, un magnifique roman réaliste —sauf dans ses rares parties oniriques—, chevaleresque, courtisan et sentimental, conforme aux goûts du XVe siècle.

Le premier raconte comment Curial donc, jeune homme né dans une famille italienne noble mais pauvre, devient le protégé du marquis de Montferrat, son seigneur naturel, qui lui donne une éducation soignée. Il est protégé aussi par Guelfe, jeune veuve de quinze ans, sœur du Marquis. L'intérêt que lui porte la jeune femme suscite des jalousies, et Curial doit s'éloigner de sa protectrice, alors qu'un tendre et solide sentiment a vu le jour entre les deux jeunes gens. C'est le début d'une série d'aventures chevaleresques qui formeront le jeune homme. Il est accompagné par l'une des suivantes de Guelfe, Arta, qui prend le pseudonyme de Fête. Curial gagne l'Autriche où il prend part à un combat judiciaire, pour défendre la femme du duc d'Autriche, fille du duc de Bavière, accusée injustement d'adultère. Le jeune homme ayant vaincu, le duc de Bavière lui offre la main de son autre fille, la très belle Lachésis, qui est tombée amoureuse du héros. Bien que Curial n'ait pas accepté l'offre du Duc, Guelfe apprend la chose et se laisse aller à la jalousie, puis se retire dans un monastère. Lorsque le jeune homme revient à Montferrat, il se livre à diverses prouesses au cours des joutes qu'on y célèbre. C'est à son tour d'être jaloux de Bouche de Fare, qui prétend à la main de Guelfe.

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Chronique de Bernat Desclot

los nobles reys que hac en Aragó qui foren del alt linyatge del comte de Barcelona, Chronique de Bernat Desclot (Còdex del 1350-1450, Ms. 1), Biblioteca de Catalunya.

La Chronique de Bernat Desclot est une chronique historique, une des Quatre Grandes Chroniques de la littérature catalane. Intitulée originellement Llibre del rei en Pere d'Aragó e dels seus antecessors passats (Livre du roi Pierre d'Aragon et de ses prédécesseurs), elle est actuellement plus connue sous le nom de son auteur : Bernat Desclot. Elle raconte les faits historiques qui se sont produits dans la Couronne d'Aragon entre le règne de Pétronille d'Aragon et celui de Pierre III d'Aragon, le Grand, ce dernier étant le protagoniste du noyau principal de cette chronique.

Date de la rédaction
La date de la rédaction de cette chronique n'est pas mentionnée, même s'il semble bien que l'événement ayant motivé sa composition soit la conquête de la Sicile par les rois d'Aragon Pierre III, Alphonse III d'Aragon et Jacques II d'Aragon. La conquête ayant commencé en 1282, cela permettrait de supposer que la chronique a été écrite entre cette date et la décennie qui suit.

L'auteur
De Bernat Desclot, on ne sait que ce qu'il dit de lui-même dans son œuvre. Nous savons qu'il est l'auteur de la chronique, mais il est, des quatre auteurs des grandes chroniques catalanes, celui qui se fait le plus discret, à la différence, par exemple de Jacques Ier dans le Llibre dels fets ou de Ramón Muntaner dans sa chronique. Une seule fois, il se présente comme un témoin direct des faits qu'il raconte, préférant en général rester en retrait du récit.

Il semble que Desclot soit un chroniqueur officiel, un proche du roi qui a pu observer les faits qu'il raconte. C'est pour cela que les historiens parcourent les archives de la Couronne, à la recherche d'une information. Une des hypothèses qui a été la mieux accueillie, est celle de Miguel Coll i Alentorn, qui a avancé l'idée que le nom Desclot était une déformation de de Es Clot. Ce Clot ferait référence à un quartier de l'actuelle Barcelone, où on a la trace d'un Bernat Escrivá, originaire du Roussillon et qui aurait été écrivain du roi Pierre III le Grand et en suite camérier du roi Alphonse III, son fils et successeur. Son décès, en 1289, rend possible l'hypothèse.

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Arnaud de Villeneuve (médecin)

Portrait d'Arnald[us] de villa noua, gravure sur bois de La Chronique de Nuremberg, 1493.

Arnaud de Villeneuve (en catalan : Arnau de Vilanova ; en latin : Arnaldus de Villa Nova), né vers 1240, peut-être en Aragon, et mort en 1311, est un illustre médecin et théologien valencien, du Moyen Âge. Il est un artisan de la réappropriation par les Européens de la médecine savante gréco-romaine après sa longue éclipse qui suit l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. Par ses ouvrages, et son enseignement à Montpellier de la médecine de Galien, revue et simplifiée par Rhazès, il a fortement marqué les débuts de l'enseignement de la médecine à l'université.

En plus d'une œuvre médicale innovante, il est l'auteur de nombreux opuscules religieux qui plaçaient dans une perspective apocalyptique l'objectif d'une réforme radicale de l'Église. Formé chez les Dominicains, il finit par rompre avec eux pour se rallier aux thèses des Béguins et des frères Spirituels des Franciscains, prophétisant l'imminence des fins dernières et l'annonce d'un schisme violent divisant vraie et fausse Église.

Son lien avec les Franciscains spirituels et ses thèses prophétiques ont favorisé la création d'une légende autour de son personnage. Après sa mort, son nom fut associé à tort à un large corpus alchimique.

Il offre la figure de ce que pouvait être le savant engagé au Moyen Âge : à la fois médecin rationaliste dans l'exercice de son métier et homme de foi engagé dans les débats théologiques et moraux de son époque.

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