Wikipédia:Sélection/Grèce antique

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Achille

Achille à la cour du roi Lycomède

Achille (en grec ancien Ἀχιλλεύς / Akhilleús) est un héros légendaire de la guerre de Troie, fils de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, et de Thétis, une Néréide (nymphe marine). Il est fréquemment appelé « Péléide » ou « Éacide », épithètes qui rappellent son ascendance.

Sa mère le plonge dans le Styx, l'un des fleuves des Enfers, pour qu'il devienne invulnérable ; son talon, par lequel le tient Thétis, n'est pas trempé dans le fleuve et reste donc vulnérable, le fameux « talon d'Achille ». Il est éduqué par le centaure Chiron qui lui apprend les arts de la guerre, la musique et la médecine. Alors qu'il est encore adolescent, il choisit une vie courte, mais glorieuse, plutôt qu'une existence longue mais sans éclat. Caché par sa mère, qui veut l'empêcher de participer à la guerre de Troie, à la cour du roi Lycomède, le jeune homme est découvert par Ulysse et rejoint, avec son ami Patrocle, l'expédition grecque. Lors de la dixième année du conflit, une querelle avec Agamemnon le pousse à quitter le combat : c'est la « colère d'Achille » chantée par l’Iliade. La mort de Patrocle le pousse à reprendre les armes pour affronter Hector, le meilleur des Troyens. Achille trouve la mort peu après l'avoir tué, atteint à la cheville par une flèche de Pâris guidée par le dieu Apollon.

Achille est honoré comme un héros, voire comme un dieu par le monde grec. Beau, valeureux, champion d'une morale orgueilleuse de l'honneur, il incarne « l'idéal moral du parfait chevalier homérique ».

Dodone

Dodone

Dodone est un sanctuaire oraculaire dédié à Zeus et à la Déesse mère, révérée sous le nom de Dioné. Il est situé en Épire sur les pentes du mont Tomaros au sud du lac Pambotis, à 22 km au sud de Ioannina. C’est le plus vieil oracle de Grèce antique, d'après Hérodote, remontant peut-être au IIe millénaire av. J.-C., et l’un des plus célèbres avec ceux de Delphes et d’Ammon. Les prêtres et les prêtresses du bosquet sacré interprétaient le bruissement des feuilles de chêne sous le vent. Situé à l’écart de la Grèce des cités, il pâtit du développement de l’oracle de Delphes à l'époque classique mais reste important jusqu’à l’époque romaine.

Homère

Portrait imaginaire d'Homère

Homère est réputé avoir été un aède de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. C'est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. On ne sait rien de sa vie et son existence même est l'objet de discussions. Selon les traditions antiques, Homère aurait été aveugle et viendrait d'Asie Mineure.

Il était surnommé simplement « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. On lui attribue la paternité de l'Iliade et de l'Odyssée, deux des épopées les plus célèbres de la littérature, sources importantes pour la connaissance de la mythologie grecque, et notamment de la guerre de Troie et des retours. Les Anciens le pensaient également auteur de nombreuses autres œuvres, comme la Batrachomyomachia (« Bataille des grenouilles et des rats ») ou les Hymnes homériques.

Patrocle

Ménélas portant le corps de Patrocle (?), copie d'un original grec

Patrocle est un héros légendaire de la guerre de Troie, compagnon (souvent amant ou cousin selon les auteurs) d'Achille.

Son père est Ménétios, un Locrien d'Oponte. Son nom (en grec Πάτροκλος / Pátroklos) signifie d'ailleurs « gloire du père ». Contraint très jeune à l'exil, il trouve refuge à la cour de Pélée, en Phthie, où il se lie avec le fils de ce dernier, Achille. Tous deux partent combattre ensemble à Troie, et lorsque Achille se recoupe dans sa tente, il autorise pourtant Patrocle à porter ses armes. C'est au cours de son aristie, racontée dans la Patroclée (chant XVI de l'Iliade), que Patrocle qui décime les rangs troyens est tué par Hector qui est aidé par Apollon selon certains, événement qui décidera Achille à reprendre les armes pour venger sa mort. Après avoir vengé Patrocle, Achille lui fera des obsèques mémorables.

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Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace

Vue générale des vestiges du Hiéron depuis le sud-ouest.

Le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace est l'un des principaux sanctuaires panhelléniques. Il est situé sur l'île de Samothrace au large de la Thrace. Construit immédiatement à l'ouest des remparts de la cité de Samothrace, il en est indépendant comme le montre l'envoi d'ambassadeurs de la cité au sanctuaire lors des fêtes.

Il est célèbre dans l'ensemble du monde grec dès l'époque classique pour son culte à mystères, un culte chthonien qui n'est pas moins renommé que celui des mystères d'Éleusis. De nombreux personnages importants y sont initiés : l'historien Hérodote, l'un des rares auteurs à avoir laissé quelques indications sur la nature des mystères, le roi de Sparte, Lysandre, ainsi que de nombreux athéniens. Le culte est mentionné par Platon et Aristophane.

Le sanctuaire connaît une période de développement architectural spectaculaire à l'époque hellénistique lorsqu'il devient, suite à l'initiation de Philippe II, un haut-lieu national macédonien où les successeurs d'Alexandre le Grand rivalisent de munificence. Il demeure un lieu de culte important jusqu'à l'époque romaine incluse — l'empereur Hadrien le visite, l'écrivain Varron décrit une partie des mystères — avant de disparaître à la fin de l'Antiquité tardive.

Hésiode

Buste d'Hésiode (copie romaine d'un original grec)

Hésiode est, avec Homère, l'un des principaux aèdes de la période archaïque. Selon la tradition, il naît à Ascra, au pied du mont Hélicon, une des deux résidences des Muses qu'il louera systématiquement dans ses poèmes.

Son nom est attaché au genre de l'épopée didactique. Les anciens lui attribuaient de nombreuses œuvres, de manière plus ou moins fantaisiste. La plus importante, la Théogonie est une source de premier ordre pour la connaissance de la mythologie grecque : c'est le seul récit complet dont on dispose sur la génèse du monde, des dieux et des hommes. Les Travaux et les Jours, écrit à l'attention de son frère Persès, fournit également de précieuses indications sur l'organisation du monde rural dans la Grèce antique.

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Héraclès

Héraclès et son fils Télèphe

Héraclès (Hercule chez les Romains), demi-dieu par son père Zeus, fut l'un des héros grecs parmi les plus vénérés et se rendit célèbre pour les douze travaux qu'il accomplit. Nourisson, il possédait déjà une force exceptionnelle : il tua deux serpents qui étaient venus pour l'étouffer. Adulte, son arme favorite était la massue avec laquelle il est souvent représenté mais utilisait aussi son arc. Ses exploits lui valurent après sa mort d'être admis dans l'Olympe.

De nombreux lignages grecs prétendaient descendre des Héraclides (fils d'Héraclès).

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Iolaos

Héraclès et Iolaos (à gauche), mosaïque

Iolaos (en grec ancien Ίόλαος / Iólaos), fils d'Iphiclès et d'Automéduse, est un héros thébain. Il est l'un des plus fidèles compagnons de son oncle Héraclès, dont il conduit traditionnellement le char. D'après Euripide et plusieurs sources tardives, il passe aussi pour son éromène.

Secondant Héraclès dans de nombreux travaux, il en est plusieurs fois récompensé et est envoyé en Sardaigne, où il fonde une colonie et meurt à un âge avancé. Plusieurs cultes héroïques lui était dédiés en Sardaigne et Sicile. Un tombeau d'Iolaos, également visible à Thèbes, était utilisé par les couples pédérastiques pour se jurer fidélité.

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Nessos

Héraclès combat le centaure Nessos, amphore funéraire attique, vers 620-610 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

Nessos est un centaure célèbre qui a laissé son nom à la « tunique de Nessos » pour désigner un cadeau empoisonné.

La légende rapporte qu'Héraclès, accompagné de sa femme Déjanire, cherchait à traverser un fleuve tumultueux. Craignant pour sa femme, le héros accepte qu'elle soit portée par le Centaure, tandis qu'il traverse le fleuve à la nage. Mais Nessos en profite pour essayer d'abuser de Déjanire, et Héraclès lui décoche une de ses flèches empoisonnées. En mourant, le Centaure confie sa tunique à Déjanire, lui laissant croire qu'elle agit comme un philtre puissant. Lorsque celle-ci, plus tard, donne la tunique à son mari pour s'assurer de son amour, Héraclès est en fait consumé par le poison de sa propre flèche, resté sur le tissu, et préfère se donner la mort.

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Diomède

Diomède, copie d'une statue grecque, Glyptothèque de Munich

Diomède l'Argien, qui ne doit pas être confondu avec son homonyme Diomède de Thrace célèbre pour ses chevaux anthropophages, est un héros qui apparaît dans plusieurs conflits légendaires.

Fils de Tydée, un des sept contre Thèbes, il venge son père en prenant part à la guerre des Épigones au cours de laquelle il prend la cité thébaine. Il participe ensuite à la guerre de Troie, où selon le Catalogue des vaisseaux il commande 24 nefs de guerriers. Constamment protégé par Athéna, il figure le guerrier absolu dans l'Iliade où il se distingue par ses exploits martiaux et pousse l'audace jusqu'à s'attaquer aux dieux : il blesse Arès et Aphrodite, et poursuit Apollon. Après son retour de Troie, il est néanmoins en butte à la vengeance d'Aphrodite, qui détourne de lui sa femme ; Diomède part alors s'installer en Grande Grèce.

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Cénée

Cénis et Poséidon, gravure pour le livre VIII des Métamorphoses d'Ovide, 1563

Cénée est un héros thessalien qui cache une origine transexuelle : c'est une fille à naissance, du nom de « Cénis », née du roi lapithe Élatos.

Convoîtée pour sa beauté, Cénis est violée par Poséidon qui en échange lui accorde un vœu : elle fait alors le souhait de devenir un homme invulnérable et prend le nom de Cénée. Cénée est ensuite réputé être un des plus grands héros de son époque et, selon certains, prend la royauté sur les Lapithes. Quasi invincible, il périt néanmoins au cours d'un combat contre les Centaures, submergé par la masse des projectiles, après qu'il a causé chez eux de grandes pertes. Ce combat est longuement décrit au chant XII des Métamorphoses, Ovide n'hésitant pas à railler le héros à travers la bouche des Centaures : « Eh quoi ! Cénis, souffrirais-je que tu combattes encore ! car à mes yeux, Cénis, tu seras toujours une femme. As-tu donc oublié ton origine ? (...) Retourne à ta quenouille, reprends tes fuseaux, tords le fil entre tes doigts, et laisse aux hommes les combats et les dangers. »

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Minos

Minos juge aux Enfers

Minos, fils de Zeus et d'Europe, est un roi légendaire de Crète. Il reçoit le trône à la mort d'Astérion son père adoptif.
Pour prouver le soutien que lui accordent les dieux, il demande à Poséidon de lui offrir un animal qu'il lui sacrifiera. Poséidon fait alors sortir des flots un magnifique taureau blanc; mais Minos trouve le taureau si beau qu'il décide d'immoler une autre bête. Furieux de cette attitude, Poséidon rend le taureau fou et le fait dévaster les terres de Crète ; il inspire également à son épouse Pasiphaé une passion pour ce taureau, de leur union naîtra le Minotaure. Minos, honteux et craignant que le peuple ne découvre ce monstre, confie à Dédale la construction d'un labyrinthe, dans lequel il fait enfermer le Minotaure.

Après sa mort, il devient juge des Enfers; de son règne reste l'image d'un souverain juste et bon.

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Alimentation en Grèce antique

Kylix, type de vase à boire le plus fréquent en Grèce antique, v. 500 av. J.-C., British Museum.

Le régime alimentaire des Grecs antiques se caractérise par sa frugalité, reflet de conditions difficiles pour l'agriculture grecque. Il se fonde sur la « triade méditerranéenne » : céréales (orge et blé), huile d'olive et vin. Complété par des figues, des légumes et fruits secs ou encore du poisson séché. La viande est l’apanage des plus riches ou la marque des jours de fête, occasion de vastes sacrifices religieux. Les goûts restent simples et la cuisine, une simple activité domestique.

Les Grecs font trois repas par jour :

  • un petit-déjeuner (ἀκρατισμός / akratismós) composé de pain d'orge trempé dans du vin pur (ἄκρατος / ákratos), éventuellement agrémenté de figues ou d'olives ;
  • un déjeuner (ἄριστον / ariston) sommaire, pris vers midi ou au début de l'après-midi ;
  • un dîner (δεῖπνον / deĩpnon), le plus important repas de la journée, qui a généralement lieu la nuit tombée.

Il peut s'y ajouter un goûter (ἑσπέρισμα / hespérisma) en début de soirée.

Cette austérité est revendiquée par les Grecs face à des Perses jugés décadents. Quant aux Spartiates, qu'ils ne mangent que « le gras du bœuf et le noyau des olives », ou non, en tout cas leur brouet noir ne peut pas être qualifié de grande cuisine... En réalité, les Grecs se montrent plus frugaux qu’ils ne le sont, et chez les Barbares, ils savent faire preuve d’un solide coup de fourchette. À l’époque romaine, ils pourront même rivaliser avec le fameux Apicius.

Amphipolis

Les ruines d'Amphipolis vues par E. Cousinéry en 1831 : le pont sur le Strymon, les fortifications de la ville, l'acropole

Amphipolis (en grec ancien Ἀμφίπολις / Amphípolis) est une cité grecque de la région des Édoniens en Macédoine orientale. Elle occupe un haut plateau sur la rive est d'une boucle du Strymon, à 4 km au nord de son embouchure dans la mer Égée. Fondée en 437 av. J.-C., elle fut abandonnée au VIIIe siècle de notre ère.

Anaximandre

Représentation hypothétique d'Anaximandre (détail de l'Ecole d'Athènes, fresque de Raphaël).

Anaximandre de Milet (en grec ancien Ἀναξίμανδρος / Anaxímandros) (610 av. J.-C. – vers 546 av. J.-C.) est un philosophe grec présocratique. Il succéda à Thalès comme maître de l'école milésienne, et compta Anaximène et Pythagore parmi ses élèves.

Anaximandre passe pour premier philosophe à avoir consigné ses travaux par écrit. Seul un fragment est parvenu jusqu'à nous, mais les témoignages antiques permettent de se faire une idée de leur nature et de leur étendue, qui couvre la philosophie, l'astronomie, la physique, la géométrie mais aussi la géographie.

Strabon et Agathémère, deux géographes grecs très postérieurs à Anaximandre, affirment au début de leurs ouvrages sur la géographie que, selon Ératosthène, Anaximandre avait été la première personne à publier une carte du monde. Le cratère lunaire Anaximandre fut nommé en son honneur.

Civilisation mycénienne

Masque funéraire mycénien en feuille d'or, improprement appelé « masque d'Agamemnon », tombe V du cercle A de Mycènes, musée national archéologique d'Athènes.

La civilisation mycénienne est une civilisation égéenne de l’Helladique récent (fin de l'âge du bronze) s'étendant de 1650 à 1100 av. J.-C. environ, dont l'apogée se situe environ entre 1400 et 1200 av. J.-C. Elle se répand progressivement à partir du sud de la Grèce continentale sur le monde égéen dans son ensemble, qui connaît pour la première fois une certaine unité culturelle. Cette civilisation est notamment caractérisée par ses palais-forteresses, ses différents types de poterie peinte que l'on retrouve tout autour de la mer Égée, ainsi que son écriture, le linéaire B, la plus ancienne écriture connue transcrivant du grec. Depuis son déchiffrement par Michael Ventris et John Chadwick en 1952, la civilisation mycénienne est, de toutes les civilisations égéennes pré-helléniques, la seule connue à la fois par des vestiges archéologiques et des documents épigraphiques.

Le terme « mycénien » a été choisi par l'archéologue Heinrich Schliemann pour qualifier cette civilisation dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant que Charles Thomas Newton n'en définisse les caractéristiques en identifiant sa culture matérielle homogène à partir des trouvailles effectuées sur plusieurs sites. Ce nom est repris de celui de la ville de Mycènes (Péloponnèse), d'une part parce qu'il s'agit du premier site archéologique fouillé à révéler l'importance de cette civilisation et d'autre part en raison de l'importance que revêtait cette cité dans la mémoire des auteurs grecs antiques (en premier lieu Homère, qui faisait du roi de Mycènes le chef des « Achéens »). Par la suite, Mycènes s'est révélée n'être qu'un pôle de cette civilisation parmi d'autres, mais le terme de « mycénien » est resté utilisé par convention.

Cléopâtre VII

La Mort de Cléopâtre, de Reginald Arthur (1892).

Cléopâtre VII Philopator (en grec ancien : Κλεοπάτρα Θεὰ Φιλοπάτωρ / « Déesse qui aime son père »), puis Théa Néôteria Philopatris (en grec ancien : Θεὰ νεωτέρα Φιλοπάτριϛ / « Déesse nouvelle qui aime sa patrie »), est une reine d'Égypte antique de la dynastie des Ptolémées. D'origine macédonienne, elle est née vers 69 av. J.-C. et morte le

Elle règne sur l’Égypte entre -51 et -30 avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis au côté du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour ses relations avec Jules César et Marc Antoine avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Prenant part à la guerre civile entre ce dernier et Octave, elle est vaincue à la bataille d'Actium en -31. La conquête de l’Égypte par les Romains marque la fin de l'époque hellénistique. Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même. Sa mort tragique n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage, et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, l'une des femmes les plus célèbres de l'Antiquité.

Démosthène

Buste de Démosthène, copie romaine d'une statue de Polyeuctos, musée du Louvre

Démosthène, en grec ancien Δημοσθένης / Dêmosthénês, né à Athènes en 384 av. J.-C., mort à Calaurie en 322, homme d'État athénien, grand adversaire de Philippe II de Macédoine, l'un des grands orateurs attiques.

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Diacritiques de l'alphabet grec

Accents toniques représentés avec un accent vertical, forme erronée selon Haralambous.

L’alphabet grec originel ne possédait aucun diacritique : la langue s'est pendant des siècles écrite seulement en capitales. Les diacritiques, cependant, sont apparus à la période hellénistique et devenus systématiques au Moyen Âge, dès le IXe siècle ; le grec (ancien et moderne) tel que typographié actuellement est donc le résultat de plusieurs siècles d'évolution ; les diacritiques y sont maintenant obligatoires.

Époque hellénistique

Le monde hellénistique à la mort d’Alexandre.

L’époque hellénistique (IVe-Ier siècle av. J.-C.), si l’on excepte les figures d’Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l’éclat de l’époque classique grecque et la puissance de l’Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l’importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine.

Les limites chronologiques de la période hellénistique sont avant tout politiques et débutent avec les conquêtes d’Alexandre le Grand pour se terminer avec le suicide du dernier grand souverain hellénistique, la reine d’Égypte Cléopâtre VII. Les travaux archéologiques et historiques récents conduisent à réévaluer cette période et en particulier deux aspects caractéristiques de l’époque, l’existence et le poids des grands royaumes dirigés par des dynasties d'origine grecque ou macédonienne (Lagides, Séleucides, Antigonides, Attalides, etc.) mais aussi le rôle déterminant des centaines de cités dont l'importance, contrairement à une idée longtemps répandue, est loin de décliner.


Esclavage en Grèce antique

Esclave noir aux mains liées, Égypte ptolémaïque, musée du Louvre

L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il est considéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel : même les stoïciens ou les premiers chrétiens ne le remettront pas en cause.

L’étude de l’esclavage en Grèce antique pose des problèmes méthodologiques non négligeables. La documentation est disparate et très fragmentaire, concentrée sur la cité d’Athènes. Aucun traité ne porte spécifiquement sur le sujet. Les plaidoyers judiciaires du IVe siècle av. J.-C. ne s’intéressent à l’esclave qu’en tant que source de revenus. La comédie décrit des esclaves de comédie, la tragédie des esclaves de tragédie. Il est difficile de distinguer avec certitude un esclave d’un artisan dans la production iconographique ou parmi des stèles. Même la terminologie est souvent vague.

Guerres médiques

Léonidas aux Thermopyles par Jacques-Louis David.

Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire achéménide au début du Ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte.

Les guerres médiques marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à l'époque classique.

Même s'il ne faut pas en exagérer la portée – pour l'empire achéménide ce conflit semble initialement assez périphérique – les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de l'hégémonie athénienne en mer Égée, mais aussi comme la prise de conscience d'une certaine communauté d'intérêts du monde grec face à la Perse, idée que reprend, près de deux siècles plus tard, Alexandre le Grand.

Ces guerres sont dites « médiques » car les Grecs confondaient les Perses et les Mèdes, deux peuples unifiés par Cyrus le Grand au VIe siècle av. J.-C.

Héraclite d'Éphèse

Héraclite, huile sur toile d'Hendrick ter Brugghen, 1628, Rijksmuseum (Amsterdam)

Héraclite d'Éphèse (en grec ancien Ἡράκλειτος ὁ Ἐφέσιος / Hêrákleitos ho Ephésios) est un philosophe grec de la fin du VIe siècle av. J.-C.

La pensée d'Héraclite, parfois désignée sous le nom de mobilisme, est l'extrême opposé de l'éléatisme. En effet, pour Parménide, l'unité de l'être rend impossible la déduction du devenir et de la multiplicité ; pour Héraclite, au contraire, l'être est éternellement en devenir. Héraclite nie ainsi l'être parménidien.

Les choses n'ont pas de consistance, et tout se meut sans cesse : nulle chose ne demeure ce qu'elle est, et tout passe en son contraire.

« À ceux qui descendent dans les mêmes fleuves surviennent toujours d’autres et d’autres eaux. »

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Hilotes

Les Hilotes ou Ilotes (en grec ancien Εἵλωτες / Heílôtes) sont les serfs de Sparte. Il ne faut pas les confondre avec des esclaves-marchandises, qui existent par ailleurs mais qui sont plutôt rares. L'hilotisme se rencontre également dans d'autres sociétés grecques, comme la Thessalie, la Crète ou encore la Sicile.

Nicopolis d'Épire

Buste d’Agrippa, général d'Octave à Actium, trouvé à Nicopolis (musée de Nicopolis)

Nicopolis d'Épire, Actia Nicopolis ou encore Nicopolis ad Actium (en grec ancien Νικόπολις / Nikópolis, littéralement « la cité de la victoire »), est une cité grecque fondée par Auguste pour commémorer sa victoire navale d'Actium contre Marc Antoine le 2 septembre 31 av. J.-C. à l’embouchure du golfe ambracique. La ville est située sur l’isthme de la péninsule qui sépare le golfe ambracique de la mer Ionienne, à l’opposé du promontoire d’Actium, environ 6 km au nord de la ville moderne de Prévéza. Nicopolis a connu un développement florissant pendant la période romaine et l’Antiquité tardive, avant de péricliter à l’époque byzantine.

Pella

Atrium avec mosaïque de galets à décor géométrique dans une grande demeure de Pella

Pella (en grec ancien Πέλλα / Pélla) est la capitale du royaume de Macédoine à partir du début du IVe siècle av. J.-C. lorsqu’elle supplante Aigéai dans ce rôle. Elle est mise à sac par les Romains en 168 av. J.-C. et sombre dans l'obscurité à l'époque romaine.

Phalange (Antiquité)

Greek Phalanx.jpg

La phalange (en grec ancien φάλαγξ / phálanx) est une formation de combat d'infanterie utilisée depuis le milieu du IIIe millénaire av. J.‑C. en Mésopotamie par les Sumériens. Sa forme la plus connue est celle qui se répand dans l'ensemble de la Grèce antique à partir de la période post-géométrique (VIIe siècle av. J.-C.) jusqu'à la période hellénistique (1re moitié du IIe siècle av. J.-C.).

Philippes

Vestiges du centre de la ville : forum au premier plan, marché et basilique B au fond

Philippes (en grec ancien Φίλιπποι / Phílippoi) est une ville de Macédoine orientale, fondée par Philippe II en 356 av. J.-C. et abandonnée au XIVe siècle après la conquête ottomane.

Prostitution en Grèce antique

Courtisane recevant l’un de ses clients, lécythe attique à figures rouges du peintre d’Athéna, v. 460–450 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes

La prostitution en Grèce antique est une composante de la vie quotidienne dès l’époque archaïque. Dans les grandes cités grecques, notamment les ports, elle emploie une part significative de la population et représente donc une activité économique de premier plan, loin d’être clandestine : les cités ne la réprouvent pas et les maisons closes existent au grand jour. À Athènes, on attribue au législateur légendaire Solon la création de bordels étatiques à prix modérés. La prostitution concerne inégalement les deux sexes : femmes de tous âges et jeunes hommes se prostituent, pour une clientèle très majoritairement masculine.

Parallèlement, les lois réprouvent très sévèrement le viol de même que les relations hors mariage avec une femme libre (et dans le cas d’un adultère, le mari trompé a le droit de tuer l’offenseur pris en flagrant délit). L’âge moyen du mariage étant 30 ans pour les hommes, le jeune Athénien n’a d’autre choix pour avoir des relations hétérosexuelles que de se tourner vers ses esclaves ou les prostituées.


Sparte

Guerriers spartiates, amphore à figures noires (face B), peintre de Prométhée, Athènes (v. 570–565 av. J.-C.)

Sparte est l’une des principales cités grecques. Selon la mythologie, c’est le royaume de Ménélas, l’un des Atrides, époux d’Hélène. Fondée au VIIIe siècle av. J.-C., elle prend à l’occasion des guerres médiques la tête de la ligue panhellénique qui lutte contre les Perses, avant d’affronter Athènes, au cours de la guerre du Péloponnèse, pour l’hégémonie en Grèce.

Sparte est renommée pour le caractère très spécifique de ses institutions, attribuées au mythique Lycurgue. Entièrement tournée vers la guerre, la cité a ainsi organisé une éducation obligatoire et publique, célèbre pour sa rigueur.


Thalès

Thalès de Milet

Thalès de Milet, appelé communément Thalès (en grec ancien : Θαλής / Thalês), était un philosophe et savant grec né à Milet vers 625 av. J.-C. et mort vers l'an 547 av. J.-C dans cette même ville d'Ionie.

Il fut l'un des « Sept sages » de la Grèce antique et le fondateur présumé de l'école milésienne. Philosophe de la nature, il passe pour avoir effectué un séjour en Égypte, où il aurait été initié aux sciences égyptienne et babylonienne. On lui attribue de nombreux exploits arithmétiques, comme le calcul de la hauteur de la Grande Pyramide ou la prédiction d'une éclipse.

Personnage légendaire, qui semble n'avoir rien écrit, sa méthode d'analyse du réel en fait l'une des figures majeures du raisonnement scientifique. Il a su s'écarter des discours explicatifs délivrés par la mythologie pour privilégier une approche naturaliste caractérisée par l'observation et la démonstration.

Thalès de Milet est considéré comme le premier philosophe de la nature (φυσικός φιλόσοφος), scientifique et mathématicien grec. Il est d'abord un commerçant et un ingénieur mais il est aussi vu comme un homme politique, si l'on tient compte de sa participation au groupe des « Sept sages ».

Trière

Une trirème

Une trière ou trirème, ce dernier terme étant l’appellation latine, est une galère de combat antique, développée à partir du pentécontère.

Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.

Les trières apparaissent en Ionie et deviennent le navire de guerre dominant en Méditerranée de la fin du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. puis à nouveau, du fait de leur efficacité, durant l’Empire romain jusqu’au IVe siècle.

Philétas

Le philosophe (IIIe siècle av. J.-C.) de l'épave d'Antikythera illustre le modèle employé par Hecataeus en son bronze de Philétas.

Philétas ou Philitas de Cos (vers -340 - vers -285) est un érudit et un poète du début de l'époque hellénistique de la Grèce antique. Habitant Alexandrie, il vécut dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et fut nommé précepteur de l'héritier du trône de l’Égypte ptolémaïque. Il était mince et fragile ; Athénée le caricatura comme un érudit tellement plongé dans ses études qu'il en dépérit et en mourut.

Philétas fut le premier grand écrivain à la fois savant et poète. Sa réputation perdura pendant des siècles, sur la base de son étude pionnière des mots et de la métrique élégiaque. Sa liste de vocabulaire, Mélanges, décrit la signification des mots littéraires rares, y compris ceux qui avaient été utilisés par Homère. Sa poésie, notamment son poème élégiaque Déméter, était très respectée des poètes antiques. Toutefois, la plupart de ses œuvres ont été perdues.

Bataille de Marathon

Monument moderne commémorant la bataille.

La bataille de Marathon (en grec ancien : Μάχη τοῡ Μαραθῶνος) est un épisode majeur de la première guerre médique en 490 av. J.-C., ayant opposé un débarquement perse aux hoplites athéniens et platéens qui remportèrent la victoire. Elle se déroule sur la plage de Marathon, sur la côte est de l’Attique, à proximité d’Athènes.

À la suite de la révolte de l’Ionie, Darius décide de châtier les cités grecques qui avaient apporté leur aide à ses sujets rebelles. Après avoir pris Naxos et Érétrie, l’expédition perse, sur les conseils d’Hippias qui espère reprendre le pouvoir à Athènes, débarque sur la plage de Marathon. Après cinq jours de face-à-face, la phalange athénienne et platéenne écrase l’infanterie perse qui prend la fuite et rembarque au prix de lourdes pertes. L’armée grecque se replie alors rapidement sur Athènes pour empêcher le débarquement de l’autre partie du corps expéditionnaire perse à Phalère.

Cette victoire met fin à la première guerre médique. Une nouvelle attaque a lieu dix ans plus tard sous la direction de Xerxès. La bataille de Marathon joue un rôle politique important avec l’affirmation du modèle démocratique athénien et le début de grandes carrières pour les chefs militaires athéniens tels Miltiade ou Aristide.

Marathon reste une des batailles les plus connues de l’Antiquité, principalement grâce aux commémorations qu’elle a suscitées, telle la course du marathon inventée à l’occasion des Jeux olympiques de 1896 à Athènes.

Guerres médiques

Léonidas aux Thermopyles par Jacques-Louis David.

Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire achéménide au début du Ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte.

Les guerres médiques marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à l'époque classique.

Même s'il ne faut pas en exagérer la portée – pour l'empire achéménide ce conflit semble initialement assez périphérique – les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de l'hégémonie athénienne en mer Égée, mais aussi comme la prise de conscience d'une certaine communauté d'intérêts du monde grec face à la Perse, idée que reprend, près de deux siècles plus tard, Alexandre le Grand.

Ces guerres sont dites « médiques » car les Grecs confondaient les Perses et les Mèdes, deux peuples unifiés par Cyrus le Grand au VIe siècle av. J.-C.

Euphante

Euphante est un philosophe, historien et tragique grec du IVe siècle av. J.-C. (né avant 348 – mort après 292 av. J.-C.) originaire d'Olynthe en Chalcidique. Seulement recensée par un petit nombre de fragments, sa pensée relève de l'École mégarique. Euphante est l'auteur d'un discours, Sur la royauté, pour son élève Antigone II Gonatas, d'Histoires sur les événements de son temps ainsi que de plusieurs tragédies non identifiées. Aucune de ces œuvres n'a été conservée.