Culture chinoise

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Papier découpé
Taiji Fan, discipline d'arme associée au taiji quan
Lion chinois

La culture chinoise couvre un ensemble immense et complexe de réalisations dans les domaines les plus divers, dont les plus anciennes remontent à 10 000 ans, qui ont vu le jour sur le territoire de la Chine, la plus vieille entité géo-politique du monde moderne. On peut en effet considérer l'actuelle République populaire de Chine (à laquelle certains chinois proposeront de rattacher Taïwan, au moins sur le plan culturel), comme l'héritière directe, à travers les changements de dynasties et de régime politique, de l'empire Qin fondé en -221 par Qin Shi Huang. Cette continuité, qui a permis la diffusion efficace de pratiques, objets et concepts, confère à certains éléments de la culture chinoise un aspect généralisé qui transcende les différences régionales et historiques. On peut citer comme exemples le confucianisme, avec le régime mandarinal et la conception des rapports sociaux et familiaux qu'il a marqués de son empreinte, et le taoïsme, à l'origine de concepts philosophiques ou métaphysiques et de pratiques religieuses généralement adoptées dans le monde chinois. Le prestige de l'empire chinois a contribué à diffuser cette culture commune en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est ; il a également attiré de nombreux étrangers qui ont enrichi la civilisation chinoise. D'autres réalisations culturelles sont au contraires spécifiques à une région ou à une époque. À cet égard, la façon dont les divers domaines de la culture chinoise ont abordé l'influence occidentale et la modernité à partir du XIXe siècle et continuent de réagir à la mondialisation[1] est une question de grand intérêt. Le développement économique de la Chine remet en cause les traditions et les arts populaires, particulièrement dans les régions de l'intérieur. De nombreuses formes de la culture, telles que la broderie ou le théâtre, sont en train de disparaître[2].

Activités physiques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Sport en Chine et Arts martiaux chinois.

Les arts martiaux chinois, popularisés sous le nom de kung-fu ou boxes chinoises, également désignés par le terme mandarin wushu ou guoshu, sont constitués des centaines de styles différents de combat à main nue ou armé, qui ont été développés en Chine au fil des siècles. Leur origine est attribuée à des nécessités d'auto-défense, des activités de chasse et à la formation militaire dans l'ancienne Chine. Ces arts martiaux intégrèrent à leur pratique différentes philosophies et concepts, élargissant ses objectifs de seule auto-défense vers des objectifs d’entretien physique et finalement comme méthode d’éducation personnelle. À partir du XXe siècle, ces arts martiaux sont influencés par une approche sportive et compétitive, menant à la création d'un sport de compétition moderne : le wushu 武术.

De nombreuses références aux concepts et pratiques des arts martiaux chinois peuvent être trouvés dans la culture populaire. Historiquement, l’influence de ces arts se retrouve dans la littérature dès le IIe et IIIe siècle avant J.-C. (wuxia) et les performances artistique (l'opéra chinois 京剧 par exemple) de toute l’Asie. Plus récemment, cette influence s’est étendue aux films, dont les films de kung-fu, touchant ainsi un public beaucoup plus large et se propageant au delà de l'Asie et de ses racines ethniques.

Architecture[modifier | modifier le code]

Banque de Chine à Hong Kong

L’architecture chinoise, dont certains exemples datent de plus de 2 000 ans, est un aspect capital de la culture chinoise. Il y a des caractéristiques communes à l’architecture chinoise, indépendamment de la région ou de la destination spécifique.

Le plus important est l’emphase donnée à la dimension horizontale. En opposition à l’architecture occidentale qui tend à privilégier la hauteur et la profondeur, l’architecture chinoise souligne la largeur des bâtiments. Les galeries et les pavillons dans la Cité interdite, par exemple, ont des plafonds plutôt bas comparé aux résidences princières occidentales, mais leur apparence suggère la nature vaste de la Chine impériale. Ceci naturellement ne s’applique pas aux pagodes, qui de toutes façons sont relativement rares.

Pavillon chinois (Lille 2004)

L'unité de l'architecture traditionnelle en Chine est basée sur le pavillon (chinois : 堂 ; pinyin : táng), qui est la structure architecturale de base, que l'on retrouve aussi bien dans les ensembles religieux que dans la Cité Interdite. Ces pavillons, d'un seul niveau et construits sur une plate-forme de terre-battue, formés d'une charpente de bois et de quatre murs non porteurs, sont organisés autour de cours, pour former un ensemble où l'on progresse du sud au nord.

Les pavillons à étages (chinois : 阁 ; pinyin : gé ) et les bâtiments à étages (chinois : 楼 ; pinyin : lóu ) existent aussi, mais auront des fonctions plus spécifiques, telles que l'entreposage d'objets précieux (bibliothèques), ou l'accueil de très grandes statues, dont le Puning Si de Chengde est un bon exemple.

Une autre caractéristique importante est l’accent mis sur la symétrie, qui dénote un sentiment de grandeur qui s’applique à tout, des palais aux fermes. Les jardins en forment une exception notable, car ils sont aussi asymétriques que possible. Comme dans les peintures chinoises, le principe sous-tendant la composition du jardin est de créer un flux permanent, pour laisser l’observateur déambuler et aimer le jardin sans contrainte, comme dans la nature elle-même.

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Céladon Ming
Articles détaillés : Céramique chinoise , Sancai et Céladon.
Article détaillé : Laque et Broderie chinoise.

L'artisanat chinois a donné au monde la porcelaine.

La céramique chinoise, l'une des plus anciennes du monde, a en effet découvert le secret de la porcelaine véritable il y a près de 2 000 ans, sous la dynastie des Han de l'est, pour aboutir aux porcelaines « coquilles d'œuf », minces, dures et finement décorées, que l'Europe n'a réussi à imiter que vers le milieu du XVIIIe siècle.

Le Jade (玉)Chinois est aussi très connue .

La Chine est aussi connue par la soie (丝绸).

Arts visuels[modifier | modifier le code]

Art théâtral[modifier | modifier le code]

Opéra de Pékin
Articles détaillés : Opéra de Pékin et Théâtre chinois.

Télévision et cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma chinois.

Shanghai est le berceau historique de l'industrie du film chinois, donnant naissance dans les années 1940 et 1950 à des stars du film chinois comme Zhou Xuan, Ruan Lingyu et Hu Die. Après l'arrivée au pouvoir du communisme, la scène cinématographique est transférée de Shanghai vers Hong Kong, qui est resté depuis le cœur de l'industrie du cinéma chinois. À Hong Kong, la majorité des films fabriqués tournent autour des thèmes des arts martiaux (films Wu-xia), le crime organisé (en particulier les Triades chinoises), et d'autres thèmes traditionnels chinois. Tandis que ces films ont toujours été populaires sur le marché hong-kongais, ils le sont tout autant partout dans le monde, et particulièrement aux États-Unis. Cette réputation atteint son zénith dans les années 1970, alors que les arts martiaux sont très populaires aux États Unis. Désormais, dans les années 2000, les films chinois semblent bénéficier d'un regain de popularité à l'étranger. Dans les vingt dernières années, la Chine est en effet devenu un lieu important de l'industrie du film avec des films comme Adieu ma concubine, 2046, Hero, Suzhou River et Le Secret des poignards volants qui ont été acclamés par la critique autour du monde. Le réalisateur américain Quentin Tarantino envisage de tourner son prochain film, un film wuxia traditionnel, en Chine et d'en écrire les dialogues en Mandarin.

Un autre genre de films reconnu de façon internationale est celui qui se déroule dans le passé exotique de la Chine avec des symboles traditionnels et nostalgiques, notamment grâce aux réalisateurs Wong Kar-wai (Wang Jiawei en Mandarin) et Zhang Yimou.

Le dessin animé le plus célèbre en Chine est Xiyangyang yu Huitailang, présent sur plus de quarante chaînes de télévision et qui a donné lieu à deux long métrages.

Cuisine et gastronomie[modifier | modifier le code]

Dégustation de thé
Articles détaillés : Cuisine chinoise et Thé chinois.

La cuisine chinoise est l'une des plus réputées au monde.

Elle est à la fois liée à la société, à la philosophie et à la médecine. Elle distingue le cai, légumes cuisinés et par extension tout ce qui accompagne les céréales, le fan. Les aliments yin, féminins, humides et mous donc rafraîchissants sont les légumes et les fruits. Les aliments yang, masculins, frits, épicés ou à base de viande ont un effet réchauffant. Un repas doit donc non seulement harmoniser les goûts, mais également trouver un équilibre entre le froid et le chaud, les couleurs et les consistances.

Quant au thé, bien plus qu'une simple boisson d'agrément, il représente en Chine une véritable institution sociale et culinaire. On retrouve cette institution chez certains pays voisins de la Chine, tels que le Japon, ou la Corée.

Ethnies[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nationalités de Chine.

Jeux et loisirs[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Jeu chinois et Jeux de ruelle à Shanghai.

Langue[modifier | modifier le code]

Peinture et calligraphie

Littérature[modifier | modifier le code]

Article connexe : Art chinois.

La littérature chinoise a une place à part dans l'histoire de l'humanité, étant donné le culte réservé à la chose écrite en Chine et le caractère unique des caractères chinois, qui tirent leur origine de rites divinatoires et se différencient radicalement des systèmes phonétiques utilisés dans la majorité des autres langues.

Les ouvrages à caractère philosophique ont une large place dans la littérature chinoise, tout particulièrement pendant la dynastie Zhou, avec les « classiques » confucéens ou les classiques taoïstes ; puis c'est la poésie qui prend un rôle de plus en plus important, avec un point culminant pendant la dynastie Tang.

Puis la prose se développe, avec des œuvres aussi connues que Le Voyage en Occident, au XVIe siècle, ou encore le roman familial Hong Lou Meng 紅樓夢 que l’on peut traduire par : Le Rêve dans le pavillon rouge, au XVIIIe siècle.

Puis la littérature chinoise subit un choc d'ampleur jusque-là inconnue dans son histoire à la suite de la chute de la dynastie Qing et la fin de la culture classique lettrée, revendiquée avec véhémence lors du mouvement du 4 mai 1919.

Musique[modifier | modifier le code]

Orchestre chinois
Tête de dragon pendant une danse du dragon
Article détaillé : Musique chinoise.

La musique chinoise est fort ancienne et fort variée. Elle s'est développée indépendamment des autres musiques asiatiques, généralement modales (maqâm turco-arabe, dastgâh persan ou râga indien) du fait de l'enfermement de l'Empire du milieu,

Médecine et acupuncture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine chinoise.

La médecine traditionnelle chinoise constitue un des aspects les plus étranges de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic à partir du pouls, de la complexion du visage) comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé à changer son alimentation si besoin.

Cinq éléments de médecine chinoise (五行生剋)

Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites à la fin d'une consultation, sont destinées à « rééquilibrer les principes vitaux », contrebalancer les mouvements de chaud et de froid, à l'instar des médecines présocratiques en Occident.

Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées à travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.

Les Chinois se soignent également des douleurs musculaires à l'aide de la Gua Sha, technique qui consiste à « sortir » les toxines en raclant la peau, notamment sur le dos.

On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou « alternatifs ». Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.

Science et technologie[modifier | modifier le code]

Les chinois disent souvent qu’ils sont fiers de quatre grandes inventions. Ce sont la boussole, la poudre à canon, le papier et l’imprimerie.

Les mathématiques en Chine : Numération chinoise, Technique de la multiplication en Chine antique

Autres composantes culturelles[modifier | modifier le code]

Influence exercée par la culture chinoise[modifier | modifier le code]

L'influence de la culture chinoise sur ses voisins a été immense :

Sur le Japon 

Lorsque le Japon a découvert la Chine, celle-ci vivait l'une de ses périodes les plus brillantes, avec la dynastie Tang, où l'éclat artistique allait de pair avec l'innovation technologique, l'expansion territoriale et l'ouverture sur le monde, au travers de la route de la soie. Le Japon s'est alors mis à l'école de la Chine, pendant deux cents ans, en apprenant l'écriture (malgré son inadaptation à la langue japonaise), la peinture, la musique, la porcelaine, le calendrier lunaire, etc[3]..

Sur la Corée 

Sur le plan philosophique et religieux, la Corée a reçu de la Chine l'influence du taoïsme et du confucianisme. C'est aussi au travers de la Chine que le bouddhisme est arrivé en Corée. La Corée a appris de la Chine l'art de la porcelaine et du céladon, le yin et le yang, la géomancie. La peinture coréenne a été influencée par l'art bouddhiste venu de Chine.

Sur le Viêt Nam 

Le Viêt Nam a appris en particulier de la Chine sa culture religieuse et confucianiste. Le nord du Viêt Nam, en particulier, envahi par la Chine de 111 av. J.-C. jusqu'aux alentours de 1200 après J.-C., a adopté l'ensemble de la culture chinoise, tout en parvenant à préserver une certaine identité. Dans le sud du Viêt Nam en revanche, si l'influence de la Chine s'est fait sentir, il existait également une influence de la culture indienne qui s'exerçait sur les Khmers au Cambodge.

Sur le Tibet

Le Tibet, comme le Viêt Nam et pour des raisons analogues, a subi une influence de la Chine, mais plus encore de l'Inde (écriture alphabétique proche du devanagari, religion bouddhiste.). Un des grands classiques de la littérature chinoise est Pèlerinage à l'Ouest[4], qui relate les péripéties d'un Chinois en route vers les sources du bouddhisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur l'impact de la mondialisation et les relations entre droit du commerce international et culture, voir Paolo Farah, « L’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce : les règles internationales et les barrières culturelles internes» dans Lettre de l’Antenne franco-chinoise, Janvier 2006, pp. 1–12, [lire en ligne]
  2. Wang Xiaofeng, « La Chine traditionnelle en perdition. Toute une culture à sauver », dans Courrier international du 22/06/2006, n°816, [lire en ligne]
  3. CIVILISATIONS PEUPLES & MONDES, éditions LIDIS, page 220
  4. http://www.chine-nouvelle.com/articles/20050424-sunwukong.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pour des bibliographies plus spécifiques se reporter aux articles connexes ou détaillés correspondants.

  • Jacques Gernet, L'intelligence de la Chine - Le social et le mental, Gallimard, 1994
  • La pensée chinoise de Marcel Granet, (œuvre et illustrations téléchargeables)
  • Claude Larre, Les Chinois - Esprit et comportement des Chinois comme ils se révèlent par leurs livres et dans leur vie des origines à la fin de la dynastie Ming, Auzou, 1982
  • Jacques Pimpaneau, Chine, culture et traditions, Arles, Philippe Picquier,‎ (ISBN 978-2-87730-701-7)
  • Léon Vandermeersch, Sagesse chinoise - Une autre culture, Le Pommier, 2010