Wikipédia:Sélection/Éthiopie

Une page de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Falashas

Un jeune Falash Mura

Les Falashas (en hébreu פלאשים), ou Beta Israel (en hébreu ביתא ישראל), ou Bétä Esraél sont les Juifs d’Éthiopie.

Falasha signifie en amharique, « exilé » ou « immigrés ». Rarement utilisé par les Juifs d’Éthiopie, qui emploient plutôt Beta Israel (la « maison d’Israël », au sens de la « famille d’Israël »), il est généralement considéré comme dépréciateur. Depuis l’immigration en Israël, le terme Beta Israel tend à être remplacé, en Israël et au sein de la communauté elle-même, par « Juifs d’Éthiopie ». On trouve aussi, selon les régions d’Éthiopie, les termes Kayla (d’étymologie toujours discutée) et esra’elawi (israélite).

Les Beta Israel ont une origine mal définie. Ils ont vécu pendant des siècles dans le Nord de l’Éthiopie, en particulier les provinces du Gondar et du Tigré. Après avoir bénéficié de petits États indépendants jusqu’au XVIIe siècle, ils ont été conquis par l’empire d’Éthiopie, et sont devenus une minorité marginalisée, à laquelle il était interdit de posséder des terres, et accusée d’avoir le « mauvais œil ».

Bataille d'Adoua

Tapisserie éthiopienne commémorant la bataille d'Adoua.

La bataille d'Adoua est livrée près du village d'Adoua, au cœur de la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, le . Elle oppose les forces de l'Empire éthiopien du Negusse Negest Menelik II et celles du Royaume d'Italie dirigées par le colonel Baratieri. Elle achève, par la victoire des Éthiopiens, la première guerre italo-éthiopienne et clôt un XIXe siècle marqué par les diverses tentatives de pénétration en Éthiopie menées par les puissances coloniales.

En Italie, l'époque est celle de l'alliance du gouvernement de Francesco Crispi avec la droite ; l'Éthiopie sort, quant à elle, d'une période de conquêtes des régions du sud et de réorganisation intérieure. La place tenue dans la bataille par les peuples nouvellement intégrés à l'Empire participera à la constitution de l'unité nationale éthiopienne moderne.

Pour ce qui est des relations entre les deux pays, la bataille d'Adoua met fin à la première guerre italo-éthiopienne débutée en 1895, à la suite de la contestation du traité de Wuchale par Ménélik II. Le Royaume d'Italie abandonne ainsi ses ambitions impérialistes en Éthiopie et signe le traité d'Addis Abeba abrogeant le traité à l'origine du conflit, le

Menelik II d'Éthiopie

Menelik II.

Menelik II (ge’ez : ዳግማዊ ምኒልክ, dägmawi Menilek Écouter) (1844 - 1913), est Negus du Shewa, puis Negusse Negest d’Éthiopie.

Son règne est marqué par une politique de modernisation intérieure et d’extension de l’empire, jusqu’à sa forme contemporaine. Dans un contexte de menaces coloniales, celles-ci visent à constituer un glacis de protection autour des hauts plateaux éthiopiens.

Attaché aux traditions éthiopiennes et intéressé par les technologies occidentales, il adopte une série de réformes économiques, politiques et sociales afin de préparer l’Éthiopie au nouveau siècle. Il fonde la nouvelle capitale de l’empire, Addis-Abeba, en 1886.

Héritier du Negus du Shewa, Menelik est fait prisonnier à l’âge de douze ans et grandit à la cour de Tewodros II. Il s’enfuit à 21 ans et est couronné Negus du Shewa. Suite au décès de Tewodros II, il s’attelle à renverser son successeur Yohannes IV, agrandit son royaume et crée une force armée capable de soutenir ses projets impériaux.

Suite au décès de Yohannes IV, il se fait couronner Negusse Negest en 1889. La poursuite des campagnes d’expansion territoriale est interrompue durant la première guerre italo-éthiopienne. Celle-ci est close le 1er mars 1896 par la bataille d’Adoua qui consacre sa stature internationale et fait de son empire le symbole du maintien d’une indépendance africaine face au colonialisme européen.

En 1909, Menelik II est frappé par une grave maladie. Il désigne son petit-fils, Ledj Iyassou, comme successeur. Menelik II décède dans la nuit du 12 au 13 décembre 1913.

Mekonnen Welde Mikaél

Ras Mekonnen vers 1904.

Ras Mekonnen Welde Mikaél (ge'ez : ራስ መኮንን ወልደሚካኤል, Écouter) (9 mai 1852 - 21 mars 1906), également connu sous son nom de cavalier Abba Qagnew (ge'ez : አባ ቃኘው) est un homme politique et militaire éthiopien. Il est cousin du Negusse Negest Menelik II, et père de Teferi Mekonnen.

Durant toute sa carrière Mekonnen travaille en collaboration avec son cousin Menelik II, négus du Shewa puis Negusse Negest d’Éthiopie ; ces deux hommes constituant ainsi, selon les termes de Pétridès, « les constructeurs de l’Éthiopie du XXe ».

Né dans le royaume du Shewa et descendant de la noblesse éthiopienne, il prend part à l’âge de 29 ans aux campagnes de Menelik II. Il participe notamment à la conquête du Harer dont il devient gouverneur, un poste qu’il occupe jusqu’à son décès. Son contrôle sur toute la région de l’Ogaden constituant ainsi un vaste glacis de protection sur la façade orientale de l’empire éthiopien. Il dote la région de véritables infrastructures administratives et réussit à assurer une cohabitation entre les nouveaux habitants de Harer, de confession chrétienne et la population locale musulmane.

Représentant diplomatique de l’Éthiopie lors du traité de Wuchale conclu avec les italiens, il conduit dans les années suivantes une série de réformes économiques et financières afin de préparer le pays à la première guerre italo-éthiopienne. Au cours de celle-ci, déclenchée à partir de 1895, il mène les troupes éthiopiennes aux premières victoires d’importance à Amba Alagi et Meqelé, puis participe à la bataille décisive d’Adoua aux côtés de Menelik II, qui clôture le conflit.

De retour au Harer, il participe à partir de 1897 aux campagnes de l’ouest de l’Éthiopie. En 1901, Mohammed Abdullah Hassan lance une campagne contre les populations de l’Ogaden qui refusent de suivre son insurrection contre la présence britannique. En dépit du soutien anglais, la contre-offensive menée par Mekonnen ne parvient pas à soumettre le mouvement.

En 1902, il est reçu à Londres pour assister au couronnement d’Edward VII puis en France en juillet où il est reçu par le président Émile Loubet. Les années suivantes, il organise, en coordination avec la Grande-Bretagne, une nouvelle expédition militaire pour mettre fin, avec succès, au danger que représente Mohammed Abdullah Hassan sur l’Ogaden.

Le 21 mars 1906, alors qu’il part en direction d’Addis Abeba, Mekonnen meurt à Kulubi. Organisée à Addis-Abeba, la cérémonie du teskar, à laquelle assistent 10 000 personnes, est présidée par Menelik II.

Téwodros II d'Éthiopie

Téwodros II d'Éthiopie.

Téwodros II (ge'ez : ዳግማዊ ቴዎድሮስ, Degmawi Téwodros ; également appelé ዓፄ ቴዎድሮስ, Atsé Téwodros Écouter), (1818 - 13 avril 1868) né Kassa Hailou (ge'ez : ካሳ ሃይሉ), est un militaire et un homme politique éthiopien, Negusse Negest du 11 février 1855 jusqu'à sa mort. Il est également connu sous son nom de cavalier Abba Tateq (ge'ez : አባ ታጠቅ).

Téwodros naît en 1818, à Charghe, dans la province du Qwara, vers l'ouest de Gonder, alors capitale d'un Empire éthiopien divisé par les guerres des seigneurs du Zemene Mesafent. Son père, Hailou Welde Giyorgis, est gouverneur de sa province natale et un militaire tout comme son oncle Kenfou Hailou. Après une brève éducation dans un monastère, Téwodros intègre l'armée de Kenfou puis celle de Goshou Zewde du Godjam. Vers 1845, face à la fulgurante ascension de Téwodros, Menen lui offre le poste de gouverneur du Qwara et la main de sa petite-fille, Tewabetch Ali.

En 1852, Téwodros se lance dans une campagne pendant laquelle il bat les seigneurs du Nord les uns après les autres. Le 11 février 1855, Kassa Hailou est couronné sous le nom de Téwodros II. Son couronnement marque la fin du Zemene Mesafent, le début de l'histoire moderne du pays et l'initialisation du processus de centralisation achevé sous Haile Selassie Ier. Ainsi, il ne se contente pas d'unifier le Nord du pays ; il lance deux campagnes, la première vers le Wello et la seconde vers le Shewa. En 1856, Téwodros règne sur l'ensemble de l'Empire éthiopien véritablement unifié.

Durant son règne, il introduit diverses réformes de modernisation. Il publie des édits contre l'esclavage, bâtit les premières routes et organise un système politique et fiscal centralisé. Il constitue une véritable armée nationale remplaçant les diverses forces régionales. Cette vague de réformes inquiète les seigneurs locaux habitués à un pouvoir impérial faible et, dès 1860, plusieurs chefs entrent en rébellion. La même année, il perd le soutien de l'Église éthiopienne orthodoxe en ordonnant la redistribution de ses terres aux paysans. Au fur et à mesure, le Negusse Negest voit son pouvoir déstabilisé. Il réprime les mouvements de révolte et enferme des Européens suite à un différend diplomatique avec la Grande-Bretagne.

En avril 1868, Londres organise une expédition menée par Robert Napier afin de libérer les captifs enfermés à la forteresse de Meqdela. Le 13 avril 1868, l'ultime assaut est lancé sur le quartier général du Negusse Negest qui a refusé de se soumettre formellement à la Grande-Bretagne. Téwodros saisit alors son revolver et se donne la mort. S'il n'a su appliquer la majorité des réformes engagées, Téwodros reste pour les Éthiopiens, un dirigeant remarquable et un grand militaire, défenseur d'une Éthiopie unifiée et moderne.

Yohannes IV d'Éthiopie

Yohannes IV.

Yohannes IV (ge'ez : ዮሐንስ አራተኛ, Écouter) (1837 - 1889) est un militaire et un homme politique éthiopien, Negusse Negest de 1872 à 1889. Né Kassa Mercha (ge'ez : ካሳ መርቻ), il est également connu sous son nom de cavalier Abba Bezbez (ge'ez : አባ በዝብዝ).

Yohannes est né en 1837, à Mai Beha, une ville du Tegré, dans le Nord de l’Empire éthiopien. L’éducation de Yohannes est partiellement assurée par son père, Mercha, Shum du Tembien. Il occupe sa première fonction importante dans les années 1860 après avoir collaboré avec Téwodros II lors de la pacification du Tegré dont il devient le gouverneur. Progressivement, il prend ses distances avec le Negusse Negest et se rebelle ouvertement à la fin des années 1860. Il coopère avec les Britanniques lors d’une expédition conduisant à la chute de Téwodros en 1868. La même année, il commence à préparer son armée afin d’affronter le nouveau souverain, Tekle Giyorgis II. Celui-ci décide de soumettre Yohannes en 1871 mais le dirigeant du Tegré lui inflige deux défaites.

Le 21 janvier 1872, Kassa Mercha est couronné Negusse Negest d’Éthiopie sous le nom de Yohannes IV. Il poursuit l’œuvre unificatrice de Téwodros II tout en s’en distinguant. Favorable à l’unité du pays, il laisse néanmoins aux seigneurs locaux une certaine marge de liberté et fait de son mieux pour garder un équilibre politico-militaire entre les gouverneurs de provinces. Outre l’unification politique, il est très attaché à l’unité de l’Église éthiopienne orthodoxe et il lance de grandes campagnes de conversion au christianisme. Il lutte en parallèle contre les missionnaires étrangers qu’il perçoit comme un bras religieux de la diplomatie européenne.

Enfin, Yohannes IV a également été un défenseur de l’indépendance éthiopienne. Suite à l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’Éthiopie est la cible de divers plans d’invasion. La première guerre a lieu contre l’Égypte qui s’est installée dans la Corne de l’Afrique depuis le début des années 1870. Malgré une supériorité technique des Égyptiens, Yohannes IV remporte la bataille de Gundet et celle de Gura. Le second conflit, en 1887, oppose le Negusse Negest aux Italiens, présents à Metsewa depuis 1885. Après une victoire italienne, Ras Alula Engida, grand général de Yohannes IV, remporte la bataille de Dogali forçant ses ennemis à se retirer vers la côte.

Enfin, en 1889, il veut mettre fin aux offensives des Mahdistes soudanais qui touchent les populations éthiopiennes du Nord-Ouest. Le 9 mars 1889, il prépare une vaste armée et part vers Metemma où il affronte ses adversaires. Au cours de la bataille, Yohannes est touché à deux reprises. Le lendemain, il meurt de ses blessures, payant de sa vie la protection de l’indépendance de son pays.

S’il a été un unificateur moins impressionnant que Téwodros, sa politique n’a pas eu pour autant moins d’effet. Son règne a permis de préparer et faciliter la lutte de Menelik contre la nouvelle offensive coloniale italienne. Aux yeux des Éthiopiens, Yohannes demeure un souverain dévoué à sa religion et à sa patrie, pour laquelle il a su donner sa vie.

Équipe d'Éthiopie de football

L'équipe d'Éthiopie de football, surnommée les Walya (du nom du Walya ibex, le bouquetin d'Abyssinie) est constituée par une sélection des meilleurs joueurs éthiopiens sous l'égide de la fédération d'Éthiopie de football et représente le pays lors des compétitions régionales, continentales et internationales depuis sa création en 1947. Les Antilopes Walya, comme on les appelle dans le pays, disputent leurs rencontres à domicile au stade d'Addis-Abeba, situé dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Les Éthiopiens sont actuellement au 110e rang mondial selon le classement FIFA et au 28e rang africain. L'équipe est entraînée par Sewnet Bishaw, qui a pris son poste en novembre 2011. Sous sa direction, la sélection nationale s'est qualifiée pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations de football 2013, une compétition dont elle était absente depuis trente-et-un ans.

C'est l'une des trois équipes (avec le Soudan et l'Égypte) à prendre part à l'édition inaugurale de la Coupe d'Afrique des nations en 1957. L'Éthiopie a remporté l'édition 1962, disputée à domicile mais n'a plus eu de résultats probants dans la compétition depuis la fin des années 1960.