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Islam

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Ne pas confondre l'islam (et l'adjectif islamique) avec l'islamisme (et l'adjectif islamiste).
Ne pas confondre l'islam au sens religieux avec la civilisation islamique ou Islam.
La Kaaba, située à La Mecque en Arabie saoudite, est le centre de l'islam. Les musulmans du monde entier viennent y faire leur pèlerinage.
Station d'Abraham pour l'érection de la Kaaba.
Mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, celle-ci étant le plus ancien lieu de culte de l'Occident musulman. La niche est un joyau de l'art islamique au IXe siècle.

L'islam (arabe : الإسلام ; Alʾislām, la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu [1]; même racine sémitique que As-salam, la paix) est une religion abrahamique s'appuyant sur le dogme du monothéisme absolu (تَوْحيد, tawhid) et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu (الله, Allah) révélée à Mahomet (محمّد, Muḥammad), proclamé par les adhérents de l'islam comme étant le dernier prophète de Dieu[2], au VIIe siècle en Arabie ismaélite au sud-ouest de l'Asie [3]. Un adepte de l'islam est appelé un musulman ; il a des devoirs cultuels, les « piliers de l'islam ».

En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24,1 % de la population mondiale[4], ce qui fait de l'islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l'hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme avec lesquels il possède un certain nombre d'éléments communs.

L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme, qui représente 90 % des musulmans[5], le chiisme et le kharidjisme.

Les musulmans croient que Dieu est indivisible (sans fils)[6] et inimaginable (sans image)[7] et que l'islam est la religion naturelle au sens où elle n'a pas besoin de la foi en l'unicité divine pour constater l'existence de Dieu, cette vérité étant donnée tout entière dès le premier jour et dès le premier Homme (soit Adam)[8]. Ainsi, elle se présente comme un retour sur les pas d'Abraham (appelé, en arabe, Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant l'étalon-pied, la lieue de la Kaaba, le mille d'Abraham (milla ta Ibrahim)[9],[10],[11], c'est-à-dire une soumission exclusive à la volonté d'Allah[12],[13],[14].

Le Coran reconnaît l'origine divine de l'ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme[15], tout en estimant qu'ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d'une falsification partielle[16]: le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Livre de Moïse [17] identifié à la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l'Injil (l'Évangile de Jésus [18]).

Le Coran établit l'importance de la Sunna de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)[19],[20], récits appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des musulmans pour l'établissement de règles juridiques (fiqh) permettant la compréhension et l'accomplissement des adorations du musulman au quotidien. Les différentes branches de l'islam ne s'accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique, la charia, les deux autres étant le consensus (ijma’) et l'analogie (qiyas). Il établit également le devoir d'aimer la famille de Mahomet (Ahl al-Bayt).

Sommaire

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le croissant et l'étoile verts, symboles politiques de l'islam.

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلام, islām écouter, signifiant : « la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu »[1]. Il s'agit d'un nom d'action (en arabe اسم فعل ism fi'l), qui désigne l'acte de se soumettre volontairement, dérivé d'un radical sémitique, s.l.m, à l'origine d'une classe de mots signifiant la concorde, la complétude, l'intégrité ou la paix [21].

Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d'« Islam » avec une majuscule[22] désigne la civilisation islamique dans son ensemble[23], « un ensemble de traits matériels, culturels et sociaux durables et identifiables »[24].

Le nom d'agent (en arabe اسم فاعل ism fā'il) dérivé de cette racine est مُسْلِم muslim « celui qui est aminci » en vieil arabe [25],[26],[27],[28], à l'origine du mot anglais slim (mince), mais « celui qui se soumet » en arabe moderne, à l'origine du mot français musulman. Le mot « Musulman » avec une majuscule désignait au sein de l'ex-Yougoslavie une des communautés nationales (nationalité distincte depuis 1974) et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus[29]. Au temps de l'inquisition du Troisième Reich, le mot correspondait à la traque de toute personne circoncise du prépuce comme présomption d'appartenance religieuse[26],[27],[28].

La religion musulmane a été désignée autrefois en français par le mot « islamisme » (comme « judaïsme », « christianisme », « bouddhisme », « animisme », etc). Ce terme est de création française et son usage est attesté en français depuis le XVIIIe siècle, Voltaire l'utilisant à la place de « mahométisme » pour signifier « religion des musulmans » (ce qu'on nomme désormais « islam »). Au XXe siècle, le mot « islamisme », remplacé par celui d'« islam » dans cette ancienne acception, a changé de sens et s'est spécialisé pour désigner l'utilisation politique de l'islam[30], l'islamisme devenant alors une doctrine politique qui vise à l'expansion de l'islam[31].

Le mot Islam, qui peut alors porter une majuscule, a toutefois aussi en français un sens différent : il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une puissance politique et un mouvement de civilisation général[32].

L'adjectif « islamique » qualifie tout ce qui se rapporte à l'islam en tant que religion et en tant que civilisation.

Les termes « islam » et « musulman » ne sont employés couramment en français que depuis le XXe siècle [33]. C'est pourquoi, on trouve encore, particulièrement dans les anciens romans de chevalerie, les termes « mahométisme » (anciennement « mahométanisme »[33]) et « mahométan », qui sont tombés en désuétude depuis plus d'un siècle. Ces termes dérivent tous deux de « Mahomet ». Orthographié en français Mahomet (et en anglais Muhammad), le prénom du prophète de l'islam qui signifie en arabe « le loué », « le digne de louange », « le temple de la louange », fourche en « celui qui n'est pas loué ». En effet, il est à noter que le Ma marque la négation en arabe maghrébin moderne[33]. Ces déformations à visée apologétique remontent aux premières traductions du Coran au XIIe siècle en Al-Andalus (Espagne musulmane) qui s'inscrivaient alors dans le cadre d'une entreprise de réfutation de l'islam et de meilleure connaissance de la religion adverse initiée par l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, et poursuivie par l'anglais Robert de Chester[34]. Leur usage, actuellement, sans être insultant, prend le sens péjoratif de religion étrangère, inactuelle et surannée.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'islam est apparu en Arabie au VIIe siècle sous l'impulsion du prophète Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s'est étendu depuis l'océan Atlantique à l'ouest jusqu'à l'Asie centrale à l'est. Celui-ci n'est pas resté unifié longtemps ; la nouvelle religion a rapidement connue un premier schisme (première fitna) et plus tard un deuxième schisme (deuxième fitna). Ensuite, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d'unifier le monde islamique.

Territoire sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d'irham. Au moment de sa mort en 632, Mahomet avait réussi à réunir toute la péninsule arabique.

En dépit de ce morcellement de l'islam en tant que communauté politique, les empires des califes Abbassides, l’empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde. Les Arabes produisirent bon nombre de centres islamiques, de scientifiques, d’astronomes, de mathématiciens, médecins et d'illustres philosophes pendant l'âge d'or de l'islam (cf. Sciences arabes en terres d'islam). La technologie s'épanouit ; un investissement soutenu dans les infrastructures, telles que des systèmes d'irrigation et des canaux ; et surtout, l'importance de lire le Coran produisirent un niveau relativement élevé de l'instruction parmi la population.

Plus tard, aux XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. Après la Première Guerre mondiale, les restes de l'Empire ottoman furent partagés sous forme de protectorats européens.

Bien qu'affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du XXe siècle, l'identité islamique et la prépondérance de l'islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l'importance de l'islam dans le moulage du monde du XXIe siècle.

Démographie et géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la distribution mondiale des musulmans, exprimée en pourcentage dans chaque pays. Données du Pew Research.
Pays ayant une religion d'État. En vert, les pays musulmans, en bleu, ceux chrétiens, et en jaune, ceux boudhistes.

En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24,1 % de la population mondiale[4].

La diffusion de l'islam, hors du monde arabe, s'explique par la préférence communautaire, les migrations et les conversions.

L'islam est aujourd'hui la religion ayant la plus forte croissance démographique[35]. Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, l'islam pourrait dépasser le christianisme et devenir la première religion au monde d'ici 2070[36]. Cette croissance rapide s'explique essentiellement par un taux de fécondité plus élevé permettant un rajeunissement de la population[37].

L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de « République islamique ». Il s'agit alors officiellement de la religion d'État. Toutefois, ces Républiques ne sont pas les seules où l'imbrication du civil et du religieux est conforme à ce que veut la charia comme en Arabie.

Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et la place centrale qu'occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 422 millions d'Arabes[38], dont la grande majorité est musulmane[39]. En réalité, seulement 20% des musulmans vivent dans le monde arabe[37].

Un autre cinquième sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie, suivie par l'Inde. D'importantes communautés existent au Nigeria, Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine, en Europe, dans l'ex Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a 3,3 millions de musulmans aux États-Unis (soit 1 % de la population américaine)[4] et 2,1 millions de musulmans « déclarés » en France (soit 3,2% de la population française)[40] selon l'INED et l'INSEE, principalement issus de l'immigration auxquels il faut ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d'autant qu'il y a des conversions en sens inverse et des apostats. Toutefois, selon l'IPSOS, la perception du nombre de musulmans est globalement surévaluée dans 40 pays étudiés [41].

Les devoirs du musulman[modifier | modifier le code]

Tout musulman doit normalement respecter des obligations de culte pouvant prendre le nom de « piliers de l'islam » (arkān al-Islām)[42]. Si ces commandements sont d'origines coraniques, leur mise en place s'étend sur les premiers siècles de l'islam. Ainsi, la forme de la Chahada évolue après la mort de Mahomet[43] et certains aspects de la Salat sont encore discutés au IXe siècle[44].

Tronc commun : cinq « piliers de l'islam »[modifier | modifier le code]

Chahada gravée sur une colonne dans la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie.
Article détaillé : Piliers de l'islam.

Ces cinq "piliers" (arkān) sont présentés de manière séparée dans le Coran, et leur fixation au nombre de cinq fait référence au hadith selon lequel « L'islam est bâti sur cinq piliers »[45] :

1. Chahada, (« déclaration de foi ») : elle représente une partie credo islamique et consiste en une phrase très brève : écouter (« أشهد أن لا إله إلا الله و أشهد أن محمداً رسول الله ») « Je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité qu'Allah et que Mohamed est Son messager. », soit la foi en un Dieu unique (tawhid), Allah, et la reconnaissance de Mahomet comme étant son prophète ;

2. Salat, l'accomplissement de la prière quotidienne et ce cinq fois par jour ;

  • الصبح (Al-Sobh)
  • الظهر (Al-Dohr)
  • العصر (Al-Asr)
  • المغرب (Al-Maghreb)
  • العشاء (Al-Ichâa)

3. Saoum, le respect du jeûne lors du mois de ramadan ;

4. Zakat, l'aumône légale envers les nécessiteux, si on est imposable : elle consiste en un prélèvement obligatoire de 2,5 % dès un seuil d'imposition de 20 dinars (évalués à 84 grammes d'or de 18 carats) [33] ;

5. Hajj, (« pèlerinage ») : il consiste à se rendre à La Mecque au moins une fois dans sa vie, si on en a les moyens matériels et physiques ;

Ces cinq "piliers" (arkān) constituent la « [base] de la pratique religieuse de tous les musulmans, [qu'ils soient] sunnites (90 % des musulmans[5]) [ou] chiites »[46].

Dans le kharidjisme : un sixième pilier[modifier | modifier le code]

En plus des cinq "piliers" (arkān) visés ci-dessus, les kharidjites (littéralement, les « sortants » ou « dissidents ») rajoute un « sixième » pilier de l'islam [47] :

6. Djihad (« abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou « combat », voire « guerre sainte ») ;

Dans le chiisme : jusqu'à dix « auxiliaires de la foi »[modifier | modifier le code]

En plus des six "piliers" (arkān) visés ci-dessus, le chiisme duodécimain (représentant 80% des chiites[48]) en rajoute encore quatre[49], soit dix au total, qu'il nomme « Auxiliaires de la foi (en) » :

7. Khoms, (« cinquième du butin ») : il a été étendu par la suite à tout revenu qui ne correspond pas à un travail ou à un héritage (dons, offrandes, récompenses, primes, etc) afin de rémunérer les savants considérés comme les héritiers des prophètes ;

8. Al Wala' Wal Bara', (« la loyauté et le désaveu ») : elle régit les rapports de la Oumma avec le monde extérieur : elle implique de reconnaître l'autorité des douze imams de la maison du prophète Mahomet (Ahl al-Bayt) et de se désavouer de leurs ennemis ;

9. Amr-Bil-Ma'rūf Wa Nahi-Anil-Munkar, (« ordonnance du bien et interdiction du mal ») : elle régit les rapports internes de la Oumma [50].

10. Taqiya, (« arcane du secret »[51]) : elle consiste initialement à dissimuler sa foi pour échapper aux persécutions religieuses : par la suite, elle sera dévoyée pour cautionner des entreprises de subversion dans le cadre de l'activisme politique : en tout état de cause, elle est volontairement passée sous silence [51].

Les Ismaéliens (courant minoritaire) rajoutent aux six "piliers" (arkān) : (7°) la Wilayah (« amour et dévotion pour Allah, les prophètes et l'imam ») ; (8°) la Tahara (« pureté rituelle ») [52] ; et (9°) la Taqyia [51]. Par contre, les Druzes (branche de l'ismaélisme) les rejettent en bloc [49].

Les croyances de la foi musulmane[modifier | modifier le code]

Allah sur le cœur
Articles détaillés : Foi musulmane et 'Aqîda.

La définition de la foi musulmane (« إيمان », « al imane ») découle des textes en la matière. Sans être exhaustif, Mahomet a défini la croyance (ou la foi) par une parole qui signifie : « La foi (Imane) est que tu croies (1er) en Dieu, (2e) en Ses anges, (3e) en Ses livres, (4e) en Ses messagers et (5e) en la réalité du jour dernier et (6e) que tu croies en la réalité de la destinée, qu'elle soit relative au bien ou au mal »[53]. Mahomet a ajouté au credo islamique : « Quiconque dénie la croyance (en la venue) du Dajjâl, aura, certes, mécru, et quiconque dénie la croyance (en la venue) du Mahdi, aura, certes, mécru. »[54]. Sur la base d'autres hadiths, Ahmad Ibn Hanbal a affirmé : « La Balance (des bonnes et mauvaises actions) est vérité, le pont au-dessus de l'enfer (Sirât) est vérité, la foi en le Bassin et en l'intercession du Prophète est vérité, la foi en le Trône divin, la foi en l'Ange de la mort et en le fait qu'il s'empare des âmes, puis les rend aux corps, la foi en le fait que l'on soufflera dans le cor, dans l'imposteur (Dajjâl) qui se manifestera au sein de cette nation, et en le fait que 'Isa Ibn Maryam descendra et le tuera » [55].

Dans la jurisprudence religieuse, l'adhérent à l'islam est nommé mouslim (musulman, circoncis de la chair) et l'adhérent à l'imane est nommé mou'min (croyant, circoncis du cœur), sans pour autant faire de dissociation entre les deux car ces deux termes sont jugés indissociables et complémentaires du point de vue religieux. En effet, l'imam Abou Hanîfa (mort en 150H/767G) a explicité la position musulmane concernant le rapport entre l'imane et l'islam en ces paroles: « Ils sont comme le revers et le plat de la main », c'est-à-dire qu'ils sont inséparables, et par conséquent tout musulman (mouslim) est considéré comme croyant (mou'min) et vice-versa.

Les juristes musulmans ont dit que sans une acceptation totale de la foi (imane) par le cœur, l'appartenance de quiconque à l'islam est invalide. De même, toute conversion à l'islam n'est valable que par la foi (imane) dans le cœur et additionnée de la prononciation verbale des deux « témoignages de foi » (Ach-Chahadah) à savoir par exemple « Je témoigne qu'il n'y a de vraie divinité que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le Prophète de Dieu »[56]. Cependant, il existe plusieurs degrés de croyants (mou'minoun).

Dans l'islam, la croyance et la pratique, le fond et la forme, sont intimement liées. En effet, les versets coraniques décrivent souvent le croyant mou'min comme étant « celui qui croit et pratique de bonnes œuvres ». Bien évidemment, il est alors question du mou'min complet. Toutefois, ce lien met en lumière le fait que la spiritualité et l'action sont donc deux éléments fondamentaux qui participent de l'être du croyant. Les actes sont en effet le reflet de la foi et ils ne valent que selon leurs intentions. Autrement dit, les rites sont inutiles s'ils ne sont pas accomplis avec sincérité[57].

Allah[modifier | modifier le code]

Allah écrit en arabe
Article détaillé : Allah.

Allah (avec l'article agglutiné) est le terme sans pluriel, ni genre, utilisé par les musulmans et arabophones chrétiens et juifs en référence à Dieu, alors que le mot 'ilāh (arabe : إله) est le terme utilisé pour une divinité, une déesse ou un dieu, en général[7].

Le fondement doctrinal de l'islam est que Dieu (Allah en arabe) est unique. Le symbole de l'unicité de Dieu (tawhid) se décompose en trois couleurs primaires selon une position dogmatique remontant à l'Imam Ibn Taymiyya au XIVe siècle[58] :

  • Allah est Un dans la Maîtrise (tawhid ar-Rouboubiya)

(Ou, la foi en la maîtrise d'Allah) C’est le fait de reconnaître les œuvres spécifiques à Allah (tel le fait de donner la vie, la mort, la subsistance, etc). Reconnaître Allah comme Maître, c’est lui reconnaître :
- La création : Allah est Le seul Créateur ;
- La souveraineté : Allah est Le seul à détenir la souveraineté ;
- La gérance : Allah est Le Seul à gérer la création.

  • Allah est Indivisible dans l'adoration ou l'obéissance (tawhid al Oulouhiya)

(Ou, la foi en la divinité d'Allah) C’est le fait de vouer tout acte d’adoration à Allah, en toute exclusivité.

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Coran. Sourate 51, verset 56)

L’adoration telle que la définit Ibn Taymiyya est : « Un terme qui englobe tout ce qu’Allah aime et agrée comme œuvre apparente ou cachée. ».

Le début du verset de la lumière est inscrit en calligraphie arabe au centre du dôme de la basilique Sainte-Sophie actuellement utilisée comme un musée.
La salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan, soutenue par une forêt de colonnes en marbres de couleurs et de provenances diverses.
  • Allah est Impair dans le Nom et les attributs (tawhid al asma wa sifat)

(Ou, la foi en son nom et ses attributs) Allah dans le Coran s’est attribué un nom (voilé) et des qualificatifs, tout comme Mahomet dans sa Sounna (traditions) a attribué à Allah un nom (voilé) et des qualificatifs, que tout musulman se doit d'accepter :
- Tous les attributs d’Allah sont parfaits puisque chacun d’entre eux désignent un qualificatif qui est lui aussi au summum de la perfection : C’est pourquoi, les musulmans doivent invoquer Allah par ces attributs-là.
- Les attributs d’Allah sont tous parfaits, sans aucune faille.

« C’est à ceux qui ne croient pas en l’au-delà que revient le mauvais qualificatif, tandis qu’à Allah Seul est le qualificatif suprême et c’est Lui le Tout Puissant et le Sage. » (Coran. Sourate 16, verset 60)

Exemples d'attributs d'Allah : al-Wahid (l'unique) al-Rahmane (le miséricordieux) al-Rahime (le tout-miséricordieux) al-Afou (le tout-clément) al-Awal (le premier) al-Akhir (le dernier).

Ces trois composantes de l'unicité sont indissociables et forment à elles trois, le Tawhid, ou le premier article de la foi. Par conséquent, nul ne peut recevoir la lumière de l'islam s'il ne reconnaît pas dans son cœur, ne serait-ce que l'une de ses trois couleurs primaires.

Allah ne ressemble à aucune de ses créatures et aucune de ses créatures ne lui ressemble[59]. Les théologiens musulmans affirment que les versets qui donneraient en apparence des organes ou un emplacement à Allah ne doivent pas faire sujet de comparaison avec une créature.

Dieu est décrit dans le Coran à plusieurs reprises. À titre d'exemple, le verset de la lumière :

« Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d´un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l´huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. » (Coran. Sourate 24, verset 35)

Selon un hadîth, il est mentionné qu'Allah est impair et qu'il a enseigné à Mahomet quatre-vingt-dix-neuf attributs parfaits (asma'ou l-Lahou l-housna) entre autres (révélés dans le Coran). Ces qualités divines, donc éternelles[60], permettent au musulman qui les connaîtrait par cœur et les étudierait sans chercher à tous les dénombrer, d’entrer au paradis. En effet, les théologiens musulmans, se fondant sur une invocation de Mahomet aux termes de laquelle Allah n'aurait pas dévoilé tous ses attributs, s'accordent sur le fait qu'ils ne se limitent pas à quatre-vingt-dix-neuf, ni même à un autre nombre[61].

Un autre hadith affirme qu’Allah possède un nom inconnu des gens du commun. Selon une version de ce hadith, ce nom est qualifié de (الأعظم) Al-Adham qui veut dire « le plus grand » ou « le plus noble »[62]. Comme dans la tradition juive, le nom propre de Dieu est ineffable[63].

Anges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Malaikas (anges).

Le Coran affirme l'existence des anges, (croyance obligatoire pour tout musulman [64],[65]), qui sont les ambassadeurs (arabe : ملك malak , signifiant « ambassadeur ») de Dieu (comme ses homologues dont l'hébreu (malakh) et le grec (angélos)) dont ils exécutent ou transmettent les ordres. Du point de vue coranique, ils ne possèdent pas de libre arbitre contrairement aux djinns (êtres de feu) et aux humains et de ce fait sont soumis et adorent Dieu de la meilleure façon possible. Les quelques missions des plus essentielles des anges sont de communiquer les révélations de Dieu, de le glorifier, d'enregistrer les œuvres des hommes et de servir d'instruments dans les affaires humaines notamment pour Mahomet, de prendre l'âme des personnes au moment de leur mort et d'avoir une spécificité à leurs résurrections. Les musulmans croient que les anges sont faits de lumière, ils sont par ailleurs décrits dans ce verset par exemple : « Louange à Allah, Créateur des cieux et de la terre, qui a fait des Anges des messagers dotés de deux, trois, ou quatre ailes. Il ajoute à la création ce qu'Il veut, car Allah est Omnipotent. » (Coran. Sourate 35, verset 1)[65],[66],[67],[68]. Ainsi, l'Islam confirme l'imagerie actuelle qu'on se fait d'eux, il existe comme les humains des anges de genres masculins et féminins bien qu'ils ne peuvent procréer[65].

Parmi les anges, les archanges Gabriel (Jibrîl), Michel (Mîkâ'îl) et Raphaël (Isrâfîl)[69] jouent des rôles d'une importance considérable. A leur tête, l'archange Gabriel est chargé de la révélation (coranique entre autres[70]) en laquelle il y a vie pour les âmes et les cœurs. L'archange Michel est chargé de la pluie en laquelle il y a vie pour la terre, les plantes et les animaux. L'archange Raphaël est chargé de souffler dans la trompe en laquelle il y a vie des êtres après leur mort[71].

Écritures[modifier | modifier le code]

Selon le récit religieux musulman, les écritures révélées sont au nombre de 104 comme le rapporte ce hadîth : « Le grand compagnon Abou Dharr a demandé au Prophète (Que Dieu l’élève davantage en grade) (dans le sens) : « Combien de Livres Dieu a-t-Il révélés, ô Messager de Dieu? Le Prophète (Que Dieu l’élève davantage en grade) répondit : 104 Livres. » » (Rapporté par Ibn Habban)

Les plus connus sont le Coran (qour’ân) révélé à Mahomet, la Torah (tawrât) révélée à Moïse, les Psaumes (zaboûr) révélés à David, l'Évangile (injîl) révélée à Jésus[18],[72]. Il y aussi des références aux feuillets d'Abraham et de Moïse dans le Coran[73]. Selon les musulmans, le Coran est le dernier des livres révélés, car Mahomet est pour eux le dernier prophète et, de toutes ces écritures révélées, seul le texte du Coran serait demeuré intact. Le texte des autres livres révélés aurait été falsifié sur Terre, mais préservé dans les cieux.

Révélation du Coran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coran.
Calligraphie de la Sourate Al-Fatiha, sur une omoplate de chameau.

Le Coran (القرآن al qourān, « lecture » ou « lectionnaire ») est le livre le plus sacré des musulmans. C'est le premier livre connu à avoir été écrit en arabe, qu'il a contribué à fixer[réf. nécessaire] [74]. Les musulmans le considèrent comme la parole de Dieu, transmise à Mahomet.

Selon le récit religieux musulman, cette transmission de l'archange Gabriel à Mahomet aurait eu lieu de manière fragmentaire par voie auditive externe, par la voie du rêve prophétique ou par la voie de la révélation divine (وحي Wahy). La révélation qu'il a reçue, s'est étendue sur une période de vingt-trois ans, durant lesquels il est passé du statut de simple berger (puis commerçant) à celui de chef d'État [75].

Étant analphabète jusqu'à l'âge avancé de 40 ans[76], ce sont certains de ces compagnons lettrés par exemple Zayd ibn Thâbit, qui ont mis par écrit les versets du Coran au fur et à mesure des révélations qu'eut Mahomet. Dès qu'une révélation lui était faite, ses scribes la notaient sur des morceaux de cuir, des tessons de poterie, des nerveures médianes de palmes, des omoplates ou des côtes de chameaux[75], des feuillets. En somme, tout support sur lequel les scribes pouvaient écrire les versets que Mahomet dictait[77],[78].

Peu après la mort de Mahomet (en 632), un premier recueil du Coran fut compilé sous l'autorité du premier calife et beau-père de Mahomet, Abou Bakr As-Siddiq, qui, à la demande d'Omar ibn al-Khattâb, lorsqu'un grand nombre de compagnons ayant mémorisé le Coran par cœur furent tués à la bataille d'Al-Yamama, met le scribe du prophète Zayd ibn Thâbit à la tête d'une commission ayant pour mission de réunir tous les passages récités de son vivant afin de les sauvegarder dans un écrit déposé entre les mains de sa fille Aïcha, veuve de Mahomet. Lorsque le deuxième calife Omar ibn al-Khattâb lui succède, il relia le texte en un seul volume qui passa alors chez sa fille Hafsa, également veuve de Mahomet. C'est le troisième calife et gendre de Mahomet, Othmân ibn Affân (644-656), à la suite de divergences de récitations survenues entre irakiens et syriens, qui demanda à Hafsa de lui prêter le manuscrit en sa possession afin de fixer un texte unique et officiel à partir de cette édition et d'expédier des copies reliées dans les différentes provinces musulmanes[33]. Afin d'éliminer tous risques d'erreurs et de parer à toutes éventuelles contestations, la commission n'accepta que les écrits qui avaient été rédigés en présence de Mahomet et exigea deux témoins fiables à l'appui, qui avaient réellement entendu Mahomet réciter les versets en question[79]. Malgré ces efforts pour prévenir tout schisme à l'intérieur de l'islam, les kharidjites, par puritanisme, ont rejeté notamment comme apocryphe la sourate Yusuf, en ce qu'elle évoquerait en des termes scabreux la femme du Potiphar d'Égypte s'entichant du beau Joseph (Youssef dans le récit coranique) et ce, en dépit du récit biblique convergent quant à cette affaire[33].

Acquis aux vues des mutazilites [80], le calife Al-Ma’mūn à Bagdad, vers 820 proclame le Coran, manifestation de l'attribut de Allah appelé « Kalâm[81] de Allah », par dogme, incréé, éternel et inimitable. Les débats houleux se prolongeront ainsi jusqu'au IXe siècle. Ahmad Ibn Hanbal, aux prises avec une véritable inquisition musulmane, ayant assigné le rôle des autres écrits — hadîth, sunna — déclare finalement l'essence du Coran incréée de la première à la dernière page[82]. Il ne peut donc pas avoir été écrit, précédé, ni prolongé. Son origine n'est pas humaine. Cependant, cette non création du Coran n'est mentionnée explicitement, ni dans le Coran, ni dans les hadiths.

Le Coran est composé de cent quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Chaque chapitre est connu sous un ou plusieurs titres. Ces titres proviennent soit des premiers mots du chapitre, soit d'un épisode considéré comme prégnant. Ils n'appartiennent pas à la révélation et ne figurent pas dans les premiers manuscrits coraniques connus, mais furent rajoutés par des scribes pour distinguer les chapitres du Coran[75]. Si certains titres remontent à Mahomet, les autres se sont imposés par la force de l'usage, avec le temps. Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l'arabe âyah, « signe », « lettre » ou « révélation »).

Le Coran dit d'Othmân classe les chapitres du Coran, à quelques exceptions près, en fonction de la longueur. L'opinion dominante soutient que seul l'ordre des versets à l'intérieur des chapitres a été approuvé par Mahomet, alors que l'ordre des chapitres a été fixé par la commission qui a établi la Vulgate. Aussi, il est possible de dire que le lecteur lit aujourd'hui le Coran presque à l'envers, dans un ordre anti-chronologique, puisque les premiers chapitres, les plus longs, sont globalement formées de révélations parvenues à Mahomet vers la fin de sa vie. L'ordre chronologique du Coran est surtout un enjeu pour les juristes musulmans dans la mesure où, le Coran comporte des normes juridiques qui ont évolué, certaines en ayant abrogé d'autres. Or, pour déterminer les passages abrogés et abrogeants, encore faut-il connaître lesquels ont précédé les autres. La classification la plus consensuelle parmi les musulmans, est celle adoptée par la commission de l'Azhar qui a établi une édition égyptienne du Coran en 1923. Cette édition a la particularité d'indiquer en tête de chaque chapitre l'ordre dans lequel il a été révélé, et de distinguer les chapitres de la période mecquoise de ceux correspondants à la période médinoise[75].

S'il n'y a qu'un seul Coran, il existe sept lectures canoniques nommées Qirâ’at. En effet, lorsque le Coran a été fixé par écrit avec la Vulgate d’Othmân, il a été précisé ultérieurement la voyellisation établissant les règles de la psalmodie. Seules deux variantes de lectures du Coran (Qirâ’at) sont véritablement connues de la plupart des musulmans et ont fait l'objet d’une réelle diffusion dans le monde arabe : la lecture occidentale (en Afrique) ou lecture de Médine est connue sous le nom de « lecture de Warch » ; et la lecture orientale (en Asie) ou lecture de Koufa est connue, quant à elle, sous le nom de « lecture de Hafs », chaque nom étant tiré du nom du spécialiste de cette science. La différence entre les lectures tient avant tout à la psalmodie, la manière de lire, de prononcer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle de « lecture ». Mais il existe aussi et surtout des différences dans le découpage des sourates en versets, autrement dit dans la « dimension » des versets, ce qui explique également les différentes modalités de psalmodie[83].

La plupart des musulmans ont un grand respect pour le Coran et font les ablutions, c'est-à-dire se lavent comme pour faire les prières, avant de le toucher et de le lire [84],[85]. Les vieux exemplaires sont brûlés, et non détruits comme du vieux papier. Le statut théologique du texte le met en effet à l'écart de toute autre chose : le texte contenu dans le livre est censé être une manifestation de la puissance de Dieu et est considéré par les musulmans comme un miracle accordé à leur prophète.

La plupart mémorisent au moins une partie du Coran dans sa langue originale, l’arabe. Cette partie correspond aux versets nécessaires pour faire les prières quotidiennes. Ceux qui ont mémorisé le Coran en entier sont connus sous le nom de hāfiz.

La seule étude du texte se résume à l'apprendre par cœur et à en rechercher le sens transmis, et à le mettre en pratique. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque musulman. Pour celui-ci, le Coran est un livre saint qui n'aurait pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps : le texte ainsi que sa signification sont préservés sur Terre, c'est-à-dire qu'ils existent et sont détenus par la majorité selon un hadith de Mahomet, mais cela n'empêche en rien l'existence de mauvaises interprétations chez ceux qui ne sont pas « versés dans la science ».

Dogme de l'arabité[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Arabe et Arabes.

Le dogme de l'arabité proclame que le Coran a été révélé à Mahomet dans sa langue : « en une langue arabe très claire. » (Coran. Sourate 26, verset 195)

Selon le récit religieux musulman, la langue arabe aurait été révélée à Adam en 29 lettres de l'alphabet. Et Mahomet de préciser que : «  est une seule lettre » (c'est-à-dire la négation et non pas la hamza qui marque seulement un coup de glotte)[86].

Il existe plusieurs traductions du Coran de l’arabe vers des langues étrangères. De nombreuses versions modernes présentent le texte arabe sur la page de droite (l'arabe s'écrivant de droite à gauche) et la traduction sur la page de gauche (les écritures occidentales comme le français s'écrivant de gauche à droite).

Selon le récit religieux musulman, certains compagnons du prophète de l'islam (sahabas) auraient traduit des parties du Coran de son vivant. Ainsi, le compagnon Salman le Perse aurait traduit la première sourate Al-Fatiha (indispensable pour la prière) en persan, à la demande expresse des musulmans perses, leur permettant ainsi de prier avec la version persane « jusqu’à ce que leur langue se soit allégée à [la prononciation de la langue] arabe ». De même, le cousin germain de Mahomet, Jaafar ibn Abi Talib, aurait traduit en guèze les versets relatifs à la conception virginale de Jésus au Négus d'Éthiopie, lorsqu’il y fut envoyé comme ambassadeur avant l'Hégire [87].

Toutefois, après la mort de Mahomet, les courants les plus conservateurs de l'islam ont exprimé un refus catégorique de traduire le Coran considérant que la traduction n'est plus la parole de Dieu[87]. Certains musulmans pensent en effet que le Coran n'existe que dans sa version originale en langue arabe et que les traductions étant d’origine humaine sont imparfaites et faillibles et aussi en raison de caractéristiques polysémiques proprement intraduisibles de l’arabe, et enfin parce que le message aurait été révélé exprès dans cette langue. Ils considèrent donc les traductions seulement comme des commentaires ou des interprétations de sa signification, et non comme le Coran lui-même. L’explication et l’explicitation (rendre explicite l'implicite) du Coran dans toute autre langue que l’arabe ou en arabe, est communément admise.

Dogme de l'inimitabilité[modifier | modifier le code]

En réponse à ses contradicteurs, le dogme de l'inimitabilité proclame que le Coran est un miracle et qu'aucune parole humaine ne saurait le surpasser en beauté. Son inimitabilité sert le double objectif de prouver l'authenticité de :

  • l'origine divine du Coran comme émanant du créateur ;
  • la prophétie de Mahomet à qui il a été révélé comme messager pour le genre humain.

Il s’appuie sur un verset coranique : « Dis: "Même si les hommes et les djinns s´unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s´ils se soutenaient les un les autres" ». (Coran. Sourate 17, verset 88)

Selon la tradition islamique, un certain Musaylima al-kadhdhâb a tenté, en vain, de relever ce défi, déclarant à ses compatriotes du Nejd venus le trouver pour contrer la prophétie de Mahomet : « A moi aussi, l'ange Gabriel m'a apporté une sourate pareille », puis tournant en dérision la sourate Al-Fil notamment : « Dans la sourate L'éléphant, je vois l'éléphant. Qu'est-ce que c'est que l'éléphant ? Qu'est-ce qu'il signifie ? Qu'est-ce que ce quadrupède ? Il a une queue, et un bout de queue, et une longue trompe. Certes, c'est une création de notre Dieu le magnifique. »[88]. Par ailleurs, un certain nombre de poètes, dont Bashâr Ibn Burd (†784), Abū al-ʿAtāhiyya (†828), Al-Mutanabbi (†965) et Abu-l-Ala al-Maari (†1058), ont écrit des textes dépassant, selon eux, le Coran en éloquence[89].

Plusieurs recherches actuelles réinterrogent ce concept d'inimitabilité. En effet, Jean-Jacques Walter avance l'écriture du Coran par plusieurs auteurs[90] à partir de textes préexistants[91]. Le style du Coran, lui-même, fait débat et est considéré par Oliver Leaman comme syntaxiquement « maladroit » et « laid »[92]. En sens contraire, Anne-Sylvie Boisliveau, dans son étude, souligne que l'aspect unifié du style du texte et de l’argumentation nous démontrerait qu'il y a un « auteur » plutôt qu'un ensemble d’ « auteurs » en ce qui concerne la part quantitativement la plus importante du Coran qu'elle appelle « le discours sur le statut du texte coranique », et que le Coran aurait été composé à l'époque du Prophète. Par ailleurs, elle analyse que le caractère déroutant du Coran pour le lecteur occidental (habitué à la rhétorique grecque) viendrait en particulier de la rhétorique sémitique[93]. L'historienne Silvia Naef explique que selon elle, il n'existerait pas différentes couches rédactionnelles dans le Coran mais que seule l'apparition de points diacritiques a pu modifier les différentes divergences et canoniser la lecture du Coran au VIIIe siècle [94].

Selon plusieurs recherches numériques (avec ou sans l'aide de l'informatique), tout le livre serait construit sur le nombre 19 (nombre premier, c'est-à-dire indivisible en un nombre entier)[95],[96],[97],[98].

Chaîne prophétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prophètes de l'islam.

Les musulmans considèrent que l’envoi des prophètes est une miséricorde et une grâce d'Allah pour ses créatures, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l'au-delà. Leur fonction principale est donc de montrer aux gens le chemin, la voie (la charia) qui mène au bonheur éternel. Et pour prouver leur véracité, Allah les a appuyés par des faits hors du commun, à savoir les miracles qui constituent des défis implacables que personne ne peut contrecarrer ni imiter.

Tous les prophètes d'Allah ont fait valoir un bon comportement et une conduite exemplaire[99]. Ils sont nécessairement immunisés contre la mécréance, les grands péchés et les petits péchés reflétant une bassesse de caractère, ceci avant et après la mission prophétique. Le premier est Adam et le dernier est Mahomet.

Du point de vue musulman, tous les prophètes ont appelés à l'islam conçu comme la religion naturelle. Abraham est donc musulman au même titre qu'Adam, Noé, Moïse et Jésus. Paradoxalement, c'est Abraham qui partage la foi de Mahomet et non l'inverse puisque la vérité, selon le Coran, est connue dès le premier jour et dès le premier Homme, soit Adam[8].

Les textes expliquent qu'Adam a inauguré la fonction prophétique, tandis que c’est par Mahomet, le dernier, qu’elle a été clôturée. Leur nombre est très grand, citons en quelques-uns : Noé (Noûh), Abraham (Ibrâhîm), Loth (Loût), Ismaël (Ismâ'îl), Isaac (Ishâq), Jacob / Israël (Ya'qoûb / Isra'îl), Joseph (Yoûçouf), Job (Ayyoûb), Shelah (Sâlih), Eber (Âbir / Hoûd), Aaron (Hâroûn), Moïse (Moûçâ), Jonas (Yoûnous), Jéssé (Yâsa), David (Dâwoûd), Salomon (Soulaymân), Zacharie (Zakariyyâ), Jean-Baptiste (Yahyâ), Jésus (Issah)[100].

Prophétie de Mahomet[modifier | modifier le code]

Le nom de Mahomet, suivi de son titre "Messager d'Allah", inscrit sur la porte de la Mosquée de Médine en Arabie saoudite.
Article détaillé : Mahomet.

Il est possible de faire une histoire des représentations de Mahomet, mais pas une biographie historique au sens moderne du terme. L’ensemble des données non islamiques sur la vie de Mahomet ne dépassent pas une page[101].

Le chef religieux, politique et militaire arabe Mahomet (محمد en arabe), dont le nom est parfois aussi transcrit par Mohammed, Muhammad, etc. en français[102] est le fondateur de l'islam et de l'oumma, la « matrie[103]» en quelque sorte (sans aucune idée de communautarisme, mais au contraire d'universalisme). Il est considéré comme le dernier prophète du monothéisme par les musulmans et il n'est reconnu comme prophète que par cette congrégation. Ils ne le considèrent pas comme le fondateur d'une nouvelle religion, mais pensent qu'il est le dernier d'une lignée de prophètes de Dieu (du monothéisme) et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d'Adam, Abraham et d'autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l'homme au cours du temps[104],[105].

Selon le Coran, pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu'il reçoit d'Allah par l'intermédiaire de l'ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message. Le contenu de ces révélations sera compilé moins de 20 ans après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des musulmans[106].

Sa voie[modifier | modifier le code]
Décorations à l'intérieur de la médersa Tilla-Kari de Samarcande en Ouzbékistan. Un joyau exceptionnel de l'architecture islamique.
Articles détaillés : Sunna et Hadîth.

Le Coran établit l'importance de la Sunna (« voie », « chemin » ou « tradition ») de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)[19],[20], récits appelés hadîths. Les hadiths sont considérés comme des exemples à suivre par la majorité des musulmans. Les écoles de jurisprudence madhhabs considèrent les recueils de hadiths comme des instruments importants permettant de déterminer la sunna, la « tradition » musulmane. Le hadith était à l'origine une tradition orale qui rapportait les actions et coutumes de Mahomet. Cependant, à partir de la première fitna, au VIIe siècle, ceux qui ont reçu les hadiths ont commencé à questionner les sources des paroles[107]. Leur crédibilité est généralement proportionnelle au crédit des témoins qui les ont rapportés. Cette chaîne de témoins est appelée isnad. Il est généralement admis que c'est pendant le règne du calife ʿUmar II, au VIIIe siècle, qu'ont commencé les transcriptions par écrit de grands recueils de hadiths, qui se sont stabilisés au siècle suivant. Ces recueils sont, encore aujourd'hui, pris comme références dans les sujets en rapport avec le fiqh ou l'histoire de l'islam. Les authentiques sont admis par l'ensemble des musulmans sunnites.

Comme leur nom l'indique, les sunnites considèrent les hadiths constituant la Sunna comme des suppléments et des clarifications essentielles au Coran. Dans la jurisprudence islamique, le Coran contient le germe de nombreuses règles de comportement attendues d'un musulman. Cependant, de nombreux sujets, religieux ou profanes, ne sont pas encadrés par des règles coraniques. Les musulmans croient donc qu'en examinant le chemin de Mahomet et ses compagnons, ils pourront découvrir les comportements à imiter et ceux à éviter. Les intellectuels musulmans trouvent utiles de savoir comment Mahomet ou, à défaut, ses compagnons ont expliqué les révélations, ou à quelle occasion Mahomet les a reçues. Parfois, cela clarifiera un passage qui semblerait obscur autrement. Le contexte pouvant totalement bouleverser le sens que l'on peut donner à un verset. Les hadiths sont également une source historiographique et biographique.

Ils sont considérés comme une source d'inspiration religieuse par les sunnites et les chiites, alors que les coranistes considèrent que le seul Coran est suffisant.

Les chiites ont toutefois plus de réserves à l'égard des recueils sunnites car ils valident plutôt leur point de vue, ce qui fait qu'ils ont élaboré leurs propres ouvrages.

Sa famille[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Ahl al-Bayt.

Le Coran établit également le devoir d'aimer la famille de Mahomet (Ahl al-Bayt).

Résurrection et jugement dernier[modifier | modifier le code]

Selon l'islam un certain nombre d'évènements surviennent après la mort dont les plus importants sont :

  • Le jour du jugement : Il surviendra après la fin du monde dont seul Dieu connait l'échéance[108]. La durée sera de 50 000 ans[109]. La terre sera une autre terre ainsi que les cieux[110]. Allah jugera les gens sans intermédiaire.
  • Les étapes seront :
    • La résurrection physique : elle marque le début du jour du jugement. Les gens seront ressuscités par Allah, nus et incirconcis[111], afin d'être jugés.
    • Le rassemblement : tous les gens seront rassemblés en un lieu pour se faire juger.
    • L'exposition des actes : chacun verra exposés ses actes, bons ou mauvais.
    • La rétribution : en fonction de leurs actes, les gens seront récompensés ou châtiés.
    • La balance : les actes seront comparés, bons contre mauvais.
    • Le pont (al-sirat) : il relie la nouvelle Terre aux abords du paradis et il sera dressé au-dessus de l'enfer dans lequel, selon l'interprétation majoritaire, les « infidèles » chuteront (ceux qui n'acceptent pas le Coran)[112].
    • Le bassin (al-kawthar) : chaque communauté aura son bassin dont boiront les musulmans pieux avant d'entrer au paradis.
    • L'intercession : avec la permission d'Allah, ses prophètes, ainsi que d'autres pieuses personnes ou le coran, intercéderont pour les auteurs de grands péchés[113], qui méritent un châtiment (Tawassoul)
    • L'enfer (jahannama) : c'est un endroit dans lequel, selon l'interprétation majoritaire, seront châtiés les « infidèles »[112]. L'interprétation des versets coraniques relatifs à la « durée » du séjour infernal est l'objet de développements théologiques.
    • Le paradis (al-janna) : c'est une demeure de félicité éternelle réservée aux personnes unifiant Dieu, ainsi qu'aux personnes sincères.
    • La vision du Seigneur : les musulmans verront Allah, sans notion de distance et sans qu'il y ait un doute sur cette vision.

La majorité des musulmans croient à la question, au supplice et à la félicité de la tombe. Ceci n'est pas mentionné dans le Coran mais dans la Sunna. Selon cette dernière, après la mort, toute personne sera questionnée dans sa tombe par deux anges du nom de Mounkar et Nakir : « Qui est ton Seigneur ? Qui est ton prophète ? Quelle est ta religion ? »[114]. Les musulmans pieux répondront correctement à ces questions et auront la félicité dans leur tombe, tandis que les non-musulmans et certains musulmans désobéissants n'y répondront pas correctement et seront châtiés.

Prédestination du bien et du mal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Qadar.

Dans la compréhension musulmane, la prédestination du bien et du mal se rapproche du sentiment antique du fatum [8]. Elle consiste à croire que tout ce qui se produit dans ce monde - qu’il s’agisse des actes volontaires ou involontaires d'un individu - est prédestiné par Dieu. Ce qui arrive était déjà écrit. Les événements surviennent inéluctablement. La volonté de Dieu se réalise toujours selon sa sagesse éternelle. Ainsi, toute chose – bonne ou mauvaise – est connue de Dieu par avance, et se réalisera en temps voulu. Et celle dont Dieu n’a pas voulu l’existence, ne se réalisera pas. Par conséquent, même si tous les Hommes venaient à s'unir pour faire profiter d’un bienfait quelconque à un individu ou, à l'inverse, pour lui causer un tort qui ne lui a pas été prescrit, ils ne sauraient y parvenir.

Dieu a tout prescrit dans le « tableau préservé » (al-lawhou al-mahfoûdh) tel que l'enseigne le Coran : « C'est Nous (Allah) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu'ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Tableau clair. »[115]

Du reste, il est à noter que cette question du destin est à ce point controversée au sein de la Oumma et en dehors, qu'elle a conduit l'imam Abou Hanîfa (mort en 150H/767G) à mettre en garde contre l'écueil de la mécréance en voulant aborder ce mystère : « Ne savez-vous pas que celui qui examine le libre-arbitre est comme celui qui examine les rayons du soleil, plus il l'observe de près, plus il devient perplexe. »[116].

Dévoilement du Mahdi et du Dajjâl[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eschatologie islamique.

Il y a une controverse à propos de l’existence du Dajjâl (Antéchrist). Ce dernier ne serait pas expressément mentionné dans le Coran, mais certains hadîths parlent de lui [117].

Par ailleurs, la plupart des musulmans (sunnites et chiites) croient qu'avant la parousie, il y aura l'envoi du (roi [118]) Mahdi (littéralement, le « bien-guidé »)[119] pour éclairer le chemin du messie (arabe : masih المسيح , signifiant « celui qui s'essuie le visage »[120]).

Existence des Djinns[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Djinn et Iblis.

La plupart des musulmans croient en l'existence des djinns (cf. démonologie).

Il y a particulièrement un vif débat au sein de la congrégation au sujet d'Iblis (le diable) où deux avis sont opposés sur l'appartenance de Satan parmi les djinns (être de feu), ou à son stade particulier d'ange déchu (être de lumière). Les salafistes (tenants du dernier avis) fondent leur position sur la (seule) lecture de la sourate Al-Baqara, alors que les soufis (tenants du premier avis) fondent la leur sur celle de la sourate Al-Kahf notamment[121],[122],[123].

Selon le Coran, le péché de Satan est l'orgueil (compris en islam comme une fierté volée), ce qui l'a empêché de se repentir (comme Adam).

Retour de Isâ et des Yajûj et Majûj[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : ʿĪsā et Gog et Magog.

Le Coran dit que Îsâ (Jésus de Nazareth) est un prophète comme Adam [124]; qu'il n'a pas été tué ni crucifié mais qu'il a « été élevé vers Dieu »[125]; et qu'un « autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué » ; certains interprètes disent que cet autre individu était Judas [126],[127].

Dans la croyance populaire musulmane, le Christ reviendra à la fin des temps pour « tuer » l'Antéchrist [55],[128] et sauver les « agneaux de Dieu » des Yajûj et Majûj (Gog et Magog) [120].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le califat[modifier | modifier le code]

Dinar (en or estampé) du cinquième calife fatimide al-Aziz (r. 365-386 H / 975-996 J.-C.), frappée à Mahdia en 380 H / 990 AD. Conservé au Musée archéologique d’Aqaba, Aqaba, Jordanie. Diamètre: 18 mm, poids: 4 g.
Article détaillé : califat.

Les califes (arabe : خليفة signifiant « lieutenant », « successeur » ou « représentant »)) désignent les successeurs de Mahomet. Le porteur du titre a pour rôle de garder l'unité de l'islam et tout musulman lui doit obéissance, dans le cadre de la charia : c'est le dirigeant temporel et spirituel de l'Oumma, la « matrie[103]» en quelque sorte (sans aucune idée de communautarisme, mais au contraire d'universalisme).

Un différend politique entre sunnites et chiites conduira le califat à se diviser en deux visions très distinctes : l'une élective, l'autre héréditaire. Les premiers considèrent que le calife doit être élu pour ses qualités morales et islamiques, mais appartenir à la tribu de Quraych (tribu de Mahomet dont le monopole est récusé par les kharidjites)[129]. Les seconds considèrent que seul un successeur filial de Mahomet peut prétendre à ce titre. Dans ces conditions, un seul calife, Ali ibn Abi Talib (cousin de Mahomet), a pu faire consensus entre sunnites et chiites pour diriger l'ensemble de la « matrie[103]».

Mahomet est mort sans désigner de successeur et sans laisser un système pour en choisir un, mais plusieurs actes ont poussé l'unanimité des musulmans de l'époque à conclure qu'il préférait Abu Bakr (de son vivant même lorsqu'il était malade, il lui a demandé, et à personne d'autre, de diriger la prière). Par conséquent, le califat a été établi. Le calife a pour rôle de garder l'unité de l'islam et tout musulman lui doit obéissance : c'est le dirigeant de l'oumma, la « matrie[103]». Le titre khalifat rasul Allah, signifiant « successeur du messager de Dieu » est devenu le titre courant.

Les sunnites ne reconnaissent que les califes Abou Bakr As-Siddiq, Omar ibn al-Khattâb, Othmân ibn Affân, Ali ibn Abi Talib, Al-Hassan ibn Ali [130], et Omar ibn Abd-al-Aziz [131] comme « bien guidés » ou « bien inspirés » par Dieu.

En 1517, le califat passe aux Ottomans

Les chiites ne reconnaissent que le quatrième calife, étant Ali, père de tous les imams. Les chiites estiment que le calife suivant, Yazīd Ier a été coupable de la mort d'Hussein, et par là toute succession de califes aurait perdu sa légitimité. Par ailleurs, il existe une controverse autour du statut de musulman de Yazīd Ier.

A partir d'Omar ibn al-Khattâb, les califes se font également appelés amīr al-mu'minīn أمير المؤمنين « commandeur des croyants ». Cette ancienne appellation désignait le chef de l'armée[132]. Le titre a été raccourci et francisé en « amiral » et « émir ».

Aucun des premiers califes n'a dit avoir reçu des révélations divines, comme ce fut le cas pour Mahomet, soucieux de rester dans le droit chemin et craignant Allah. Mahomet étant le dernier prophète, aucun des califes n'a dit être un nabī, « prophète » ou un rasul « messager divin ». Les révélations faites à travers Mahomet ont rapidement été codifiées et écrites dans le Coran, qui a été accepté comme autorité suprême, limitant ainsi ce que le calife pouvait diriger. Cependant, les premiers califes étaient les chefs spirituels et temporels de l'islam, et insistaient sur le fait que l'obédience au calife en toutes choses était la marque d'un bon musulman. Le rôle est devenu cependant strictement temporel avec l'ascension des oulémas, et l'éloignement de certains califes de la pratique pure de la religion.

Après les quatre premiers califes (Abou Bakr, Omar, Uthman et Ali ibn Abi Talib), le titre a été revendiqué de manière controversée par les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans, ainsi que par d'autres lignées en Espagne, en Afrique du Nord et en Égypte. La plupart des dirigeants musulmans portaient simplement le titre de sultan ou émir, et prétaient allégeance à un calife qui avait souvent peu d'autorité. Le titre n'existe plus depuis que la république de Turquie a aboli le califat ottoman en 1924[133].

Alors que le califat a été un sujet de discorde entre dirigeants musulmans, il a été peu évoqué depuis 1924. De nombreux musulmans souhaiteraient le rétablissement du califat, mais des restrictions ainsi que l'activité politique de nombreux pays à majorité musulmane, combinés aux obstacles pratiques à l'unification de plus de cinquante États-nations en une seule institution ont limité les efforts pour le faire revivre.

La charia[modifier | modifier le code]

La roue du Paon, symbole de la charia.
Articles détaillés : charia, ijtihad et Droit musulman.

La charia (littéralement, « le chemin vers une source »[134] ou « le chemin menant à l'abreuvoir »[135]) est la loi islamique comprenant l'ensemble des obligations procédant du Coran et de la Sunna[136]. Depuis la Constitution de Médine, la charia (de Mahomet) n'a cessé de s'amplifier. Selon Yadh ben Achour [137], il est inexact de penser que la charia est inerte et immuable. Elle évolue en fonction des changements de conjonctures diplomatiques et sociologiques. Y voir un système condamné à la pure stagnation est faux. Ben Achour cite ainsi de nombreux exemples d'adaptations de la charia dans une analyse rigoureusement scientifique [137]. Elle embrasse tous les aspects de la vie individuelle et collective des musulmans[136]. Le système juridique islamique couvre tous les branches du droit, depuis les sujets très généraux de gouvernement et de politique étrangère jusqu'aux sujets de la vie quotidienne. Les « dissuasions pénales » qui ont été expressément légiférées par le Coran sont appelées hudud (hadd au singulier) et traitent spécifiquement des infractions pénales que sont ; le délit de vol (avec présomption irréfragable de vol de nécessité jusqu'à une certaine valeur fixée par la Sunna), le terrorisme (au sens de piraterie des sables à l'époque médiévale), le faux-témoignage, la diffamation (au sens de vantardise sexuelle masculine), le viol (avec circonstance atténuante de jeunesse pour les célibataires), l'inceste (au sens large : liens du lait, du sang et d'alliance), l'adultère (avec circonstance atténuante de jeunesse pour les célibataires), la prostitution sacrée (à l'intérieur de la Kaaba), la sodomie (du voleur[138]), la zoophilie (rendant lait et viande impropres à la consommation), la sorcellerie, les coups et blessures et homicide (volontaires), la mécréance (des yeux), l'apostasie et le sacrilège (atteinte à Dieu). Pour chacune de ces infractions, le juge musulman (cadi) a compétence liée et il ne peut donc pas prononcer une peine inférieure à celle légiférée par le Coran. En revanche, lorsqu'un comportement répréhensible n'a pas été expressément prévu par le Coran, le juge retrouve son pouvoir discrétionnaire, mais il est alors limité par une « peine plafond » réglementée par la Sunna. Le Coran détaille également les normes juridiques relatives aux « satisfactions équitables » (réparations financières) pour coups et blessures et homicides (involontaires), aux parts successorales, aux contrats de mariage et de prêt, outre des « us et coutumes » régissant les fêtes, la charité et la prière. Toutefois, ces prescriptions et ces prohibitions peuvent être tellement générales que les détails de leur application pratique sont renvoyées à la Sunna. A partir de ces principes généraux du droit musulman, les docteurs de l'islam (oulémas) ont déduit des normes juridiques, s'appuyant également pour se faire sur les hadiths et leurs interprétations.

Toutefois, depuis le XIe siècle, la pensée juridique islamique s'est cristallisée avec la fermeture des « portes de l'ijtihad » (c'est-à-dire « l’effort de réflexion ») par le calife abbasside Al-Qadir (craignant de voir son pouvoir menacé par des juristes indépendants) en vertu d'une ordonnance intitulée : Le Message sur le Destin (Risâla al-qâdiriya)[139],[140]. Si cette fermeture, qui n’était en rien une prescription divine, fut toujours contestée par de nombreux oulémas tels qu’Ibn Hazm (994-1064) ou As-Suyuti (1445-1505), elle perdure, de fait, par paresse intellectuelle ou par impéritie [141],[142]. Selon des recherches conduites par le Réseau international de solidarité WMUML en 2011 sur les lois dites islamiques (dénommées à tort charia)[143], il s'avère qu'en réalité, elles seraient basées sur la tradition et la coutume. Le terme charia est instrumentalisé par les autorités religieuses ou gouvernementales du pays afin de leur donner une soi-disant légitimité religieuse, mais avant tout pour établir, réétablir ou renforcer le patriarcat de la société[144].

Hiérarchie des normes[modifier | modifier le code]

La charia est, chez les sunnites, codifiée dans le cadre des quatre écoles juridiques : (1°) hanafite,(2°) malikite, (3°) chaféite, (4°) hanbalite [136]. Elles ne s'accordent que sur la hiérarchie suivante :

  • Le Coran est la source première de la jurisprudence islamique (fiqh)[145].
  • La Sunna est la deuxième source de droit[145]. Elle n'est pas un texte en soi comme le Coran, mais signifie l'ensemble des actes et des dires du prophète. Elle a été rassemblée et classée par les docteurs dans plusieurs œuvres. Deux ouvrages compilent les hadiths authentiques : le « Sahîh » d'Al-Bukharî qui est tenu pour le « livre le plus sûr après le Coran », et celui de Muslim. Mais les salafistes prennent aussi en considération de récents travaux d'authentification de hadiths de l'imam Al-Albani au XXe siècle. La place des hadîths fait l'unanimité chez les juristes qui admettent tous de contredire leurs consultations (fatwas) si un hadith authentique va à leur encontre.
  • La troisième source est le consensus (’ijmâ') des oulémas de tous les pays, à une époque donnée, sur le fondement coranique du verset 115 de la sourate An-Nisa condamnant la dissidence d'avec Mahomet et celui de son hadith exhortant explicitement les musulmans à suivre le consensus communautaire[146],[147].
  • La quatrième source est l'analogie (qiyâs : القياس, littéralement « la mesure ») qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement sur une chose analogue[148].

Seules ces quatre sources de droit sont communes aux quatre écoles de droit sunnites. Toutefois, il est à noter que si le consensus et le raisonnement juridique sont généralement considérés comme les sources tertiaires et quaternaires de la charia, ceci est contesté par certains religieux selon qui seuls le Coran et les hadiths sont sources de droit, comme certains salafistes. Pour d'autres groupes de l'islam organisés en rite ou madhhab, ces sources de législation sont regardées comme illicites (haram) au motif qu'elles auraient été mises en œuvre après la mort de Mahomet.

Personnalité des lois[modifier | modifier le code]

Selon Alain Besançon, le musulman croit à la perfection de sa Loi. De son point de vue, elle est modérée et tient le juste milieu, c'est-à-dire le chemin raisonnable de la vertu. Elle lui apparaît comme plus adaptée à la nature humaine que la loi chrétienne (notamment en matière de sexualité) et comme marquant par rapport à la loi juive, dont elle reprend bien des articles (cf. code deutéronomique), un adoucissement considérable (notamment en matière alimentaire), l'interdiction du vin (à raison des troubles sociaux générés) étant l'un des rares points où elle se montre plus sévère[8]. Il est à noter que le mot « charia » est employé à la même époque, en arabe, pour désigner la Torah, appelée alors la « charia de Moïse ». Il est également employé par les Arabes chrétiens pour désigner l'Évangile, appelée la « charia du Messie »[149].

Régime juridique du djihad[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Djihad.

Il ne faut pas confondre le « djihad » avec le « djihadisme », qui est une doctrine islamiste encensant le djihad armé (sous couvert de distinction du « djihad majeur » d'avec le « djihad mineur » pour relativiser l'un par rapport à l'autre ; innovation religieuse du IXe siècle[150]).

Le mot « djihad » (جهاد en arabe)[151] signifie « abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou « combat », voire « guerre sainte ». C'est un devoir religieux pour les musulmans. Sur le plan linguistique, la définition la plus académique est celle donnée par l'imam Ahmed el-Tayeb de l'Azhar : « C'est donner le maximum de ses capacités en tant que paroles et actes ». Sur le plan juridique (charia), la définition la plus rigoureuse est celle donnée par Ibn Taymiyya : « Le djihad est la capacité de déployer le maximum d'efforts pour obtenir l'amour de Dieu [...] Le djihad est le vrai zèle, déployé pour l'obtention de ce que veut Dieu en tant que foi et bon travail et le rejet de l'incrédulité, de la corruption et la désobéissance à Dieu » [152].

Classiquement, on distingue quatre types de djihad : par le cœur, ou par la parole, ou par la plume, et par l'épée[153],[154] ; les trois premiers constituant une obligation individuelle (fard ayn), le dernier constituant une obligation collective (fard kifaya)[155].

D'obligation individuelle[modifier | modifier le code]

Selon la doctrine musulmane, Mahomet aurait dit : « Celui d'entre vous qui assiste à un acte répréhensible, doit le changer par la plume ; s'il en est incapable, qu'il le fasse par la parole ; et s'il en est incapable, qu'il le fasse dans son cœur ; c'est le degré minimum de la Foi » [156]. Il va sans dire que des trois cas subsidiaires, c'est le djihad intellectuel qui apparaît comme étant le plus méritoire[157].

D'obligation collective[modifier | modifier le code]

Le djihad défensif[modifier | modifier le code]

En islam, le recours à la force est un monopole du chef de l'État[158]. Sous sa forme militaire, le djihad n'incombe qu'aux hommes pubères, puisque les femmes, les enfants, les insensés et les malades en sont exonérées[159]. Il consiste pour les musulmans à défendre leur religion, leurs personnes, leurs biens, leurs frontières, au besoin jusqu'au sacrifice de leur vie[160]. Toutefois, le suicide et a fortiori les attentats-suicides sont expressément interdits par le Coran[161]. Plusieurs sourates condamnent en effet le suicide et promettent même l'enfer aux défunts[162]. Pour les sunnites, le djihad ne peut jamais être déclaré contre des musulmans[163]. Pour les chiites (littéralement, les « partisans »), le djihad ne peut être décréter que par le Mahdi [47]. Pour les kharidjites (littéralement, les « sortants » ou « dissidents »), le djihad serait le « sixième » pilier de l'islam [47].

Le djihadisme[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Djihadisme.

L'origine des attentats-suicides reste, à ce jour, incertaine. Selon Ehud Sprinzak, les attentats-suicides seraient à mettre en relation avec les assassinats perpétrés par la secte chiite des Haschischins (littéralement, « mangeurs de haschich », afin de faire croire aux pressentis qu'ils sont d'ores et déjà au Paradis ; à l'origine du mot « assassin » en français) au XIe siècle. Au XVIIIe siècle, le suicide de l'« assassin », déjà associé au martyr, est utilisé par des communautés musulmanes de la côte de Malabar en Inde en lutte contre les européens[164]. Selon Noah Feldman, les premiers attentats-suicides pourraient remonter aux anarchistes européens du XXe siècle[165]. Toujours est-il que, selon Constance Sereni, (à l'échelle de masse) la stratégie militaire des attaques kamikazes (japonais : « vent divin ») serait plutôt une innovation du vice-amiral japonais Ônishi Takijirô au XXe siècle [166].  

Selon Noah Feldman et Denis MacEoin, depuis 1983 (lorsque des militants chiites ont fait exploser la caserne des Marines américains au Liban), l'attentat-suicide a « pénétré la conscience culturelle islamique » (dit Feldman) sous couvert de djihad « musulman » et subséquemment, de culte des martyrs (chahid), ce qui a permis sa banalisation malgré l'interdiction coranique du suicide, et autorisé par la suite des musulmans (sunnites ou chiites) à perpétrer des attentats-suicides[165],[167]

Clergé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Imam.
Lancement de l'Adhan à Médine.
Récitation de la Sourate Al-Fatiha à La Mecque.

La hiérarchie musulmane est la suivante : Le muezzin, dévolu de plein droit à un abyssin, fait l'appel à la prière. L'imam, dévolu de plein droit à un arabe, dirige la prière. Le recteur de la mosquée dirige la mosquée. Le cheikh, âgé d'une trentaine d'années révolues, est un chef de clan ou tribu. Le mufti ( arabe: مفتي ) est un jurisconsulte. Lorsque des musulmans sont divisés sur un sujet particulier, souvent face à des contradictions de fatwas, ils peuvent solliciter son arbitrage pour obtenir des éclaircissements sur l'interprétation de la charia. Le faqih ( arabe: فقيه ) est un maître en droit musulman. Le mouhaddith est un spécialiste du hadith. Le cadi est un juge dans un tribunal islamique. L'ouléma, 'âlim (arabe: عالِم), est un docteur de l'islam, un enseignant-chercheur en droit musulman. Dans le Coran, al-'Alîm (arabe: العليم), l'Omniscient est l'un des nombreux attributs de Dieu. Le molla ou mollah (Ayatollah ou Hodjatoleslam) est un érudit musulman dans des pays dont le langage a une influence perse (arabe : mawlān, مولًى, pl. mawâlin, موالٍ aide ; défenseur ; seigneur). Il est la plus haute autorité pour les chiites.

Jusqu'en 1055, le calife détenait le pouvoir temporel (politique et militaire) et spirituel (théologique et judiciaire).

En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum[168].

Dans le sunnisme[modifier | modifier le code]

Carte postale de 1900 montrant le minbar (chaire utilisée par l'imam pour son prêche) de la Grande Mosquée de Kairouan. Cette chaire du IXe siècle, toujours en place dans la mosquée, est le plus ancien minbar encore intact du monde musulman[169].

Comme dans le judaïsme, il n'y a pas de clergé au sens sacerdotal (c'est-à-dire médiateur entre Dieu et les Hommes) dans le sunnisme. Principale différence avec le chiisme, l'imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la Oumma qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien : en arabe, l'imam veut dire « modèle », « exemple » ou « guide », et dans le sunnisme, il suffit que l'imam soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être au service d'une congrégation religieuse. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus.

L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles : L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et l'ijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses (عِبادات [`ibādāt], pratiques cultuelles, pl. de عِبادة [ibāda]) ou sociales (مُعامَلات [mu`āmalāt], « comportements », pl. de مُعامَلة [mu`āmala]) dans une condition sociale, politique ou économique inédite.

  1. al-mujtahid al-mutlaq, capable de « se battre » en absence de texte, comme l'indique la racine de mujtahid, pour en tirer une casuistique, rapprocher des textes traitant des sujets similaires et en tirer la synthèse, élaborer les principes juridiques sans référence à une école particulière. Ces compétences sont reconnues exceptionnelles et rarissimes ;
  2. al-mujtahid al-mutlaq al-muntasib, le même mais dans le cadre d'une école interprétative ;
  3. al-mujtahid fil-madh'hab, dans le cadre d'une école interprétative, capable d'élaborer des réponses juridiques sur des questions nouvelles ;
  4. al-'âlim al-mutabahhir, le vulgarisateur des grands anciens qui doit connaître le Coran et la Sunna ;
  5. al-'âmîy, celui qui ne connaît que les grandes lignes de l'islam.

Les savants exégètes sont considérés comme les « héritiers » ou « successeurs » des prophètes.

Dans le chiisme[modifier | modifier le code]

Le chiisme orthodoxe de la branche usuli (clergé des ayatollah) reconnaît (contrairement aux Chiites Akhbari), a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques[170], tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé. Par bien des aspects, l'islam, pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée.

Chez les chiites, le titre d'imam désigne le chef spirituel et temporel de la communauté musulmane (calife pour les sunnites). Il est porté par les descendants d'Ali ibn Abi Talib (premier imam) et de Fatima Zahra (fille de Mahomet) jusqu'au douzième imam (Mahdi). Les imams sont considérés comme les dépositaires du sens secret de la révélation coranique et comme les seuls successeurs légitimes de Mahomet[171].

Culture islamique[modifier | modifier le code]

Ablations traditionnelles[modifier | modifier le code]

Scène de circoncision. Bas-relief de la tombe de Ankhmahor, à Saqqarah, en Égypte ancienne. C'est la plus ancienne illustration connue de la circoncision (env. 2300 avant JC).
Article détaillé : Fitra.

Outre la coupe des cheveux, la nature primitive (fitra) fixe aux hommes musulmans cinq ablations traditionnelles :

L'excision du clitoris (ou clitéroctomie) est une pratique attestée en Égypte à l'époque ptolémaïqiue mais mal connue[174]. Ni l'excision, ni même la circoncision, ne sont mentionnées dans le Coran. Selon les sociologues congolais, Régine Tchicaya-Oboa, Abel Kouvouama et Jean-Pierre Missie, l'excision fait débat entre les commentateurs « sunnites » qui la défendent soit comme recommandation, soit comme obligation, soit « sous la pression de l'État » comme un acte interdit[175][réf. incomplète]. En Guinée (pays à majorité sunnite[176]), les musulmanes défendent l'excision comme une obligation religieuse[177]. Selon le sociologue ivoirien Marcel Kouassi, « certains adeptes d'un islam traditionaliste » s'appuient sur plusieurs hadiths qu'ils considèrent comme « authentiques » pour défendre cette « tradition »[178]. Selon Habib Ellouze, l'excision s'expliquerait par le fait que : « dans les régions où il fait chaud, les gens sont contraints d'exciser les filles à titre de thérapie, car, dans ces régions, les clitoris sont trop grands et gênent l'époux [...] On excise ce qu'il y a en plus, mais ce n'est pas vrai que l'excision supprime le plaisir chez les femmes, c'est l'Occident qui a exagéré le sujet. L'excision est une opération esthétique pour la femme »[179],[180].

En effet, pour fonder leurs fatwas contemporaines, les salafistes se prévalent en particulier d'un hadith attribué à Mahomet selon lequel il aurait dit à une exciseuse de Médine : « Effleure et n’abuse pas, car elle rend le visage plus rayonnant et plus agréable pour le mari ». Or, ce hadith est signalé dans le recueil de l’imam Abou Dawoud (†888) qui le juge, lui-même, comme étant sur le fond, « non authentique » et, sur la forme, « faible » quant à la chaîne de transmission. Dans le même sens, l'imam Ahmed ibn Hanbal a rapporté que le transmetteur (Mohammed Bin Said Al-Masloub) a inventé pas moins de quatre mille hadiths qu'il a attribués à Mahomet et qu'il a été crucifié par le calife abbasside Al-Mansur pour athéisme (zandaqa)[181].

Toutefois, l'une des plus grandes références des salafistes, le cheikh al Albani (†1999), une des figures du wahhabisme saoudien, l'a authentifié dans sa « correction » contemporaine de l'imam Abou Dawoud selon les critères de son école juridique. Cette constitution de preuve par soi-même fait débat. Outre le fait que l'excision est jugée comme une transformation et une déformation de la création de Dieu par la blessure et l'amputation[182],[181], les soufis retournent l'accusation salafiste d'innovation religieuse blâmable (bid'ah) par un autre hadith de Mahomet selon lequel : « Ma Oumma ne s’accordera jamais sur une erreur[183]».

Pour mettre un terme à ce débat récurrent, le grand imam de l'Azhar au Caire, l'une des plus grandes références du monde sunnite, a fermement condamné l'excision dite pharaonique (car elle est attestée dès cette époque) au motif que les textes qui la recommandent (sous couvert de « circoncision islamique » ou même d'égalité entre les hommes et les femmes) sont totalement trafiqués par les salafistes pour habiller juridiquement ce qu'il considère comme un syncrétisme. Ce rite de passage et de reconnaissance de la petite fille dans sa société perdure tout autant chez les Falashas, les juives d'Éthiopie, que chez les Coptes, les chrétiennes d’Égypte[184].

Tabous alimentaires[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Halal, Haram et Dhabiha.

La loi islamique fournit un ensemble de règles prescrivant ce que les musulmans doivent manger. Ces règles spécifient ce qui est halal (halāl), c'est-à-dire légal. Ces règles se trouvent dans le Coran, qui décrit aussi ce qui est haram (harām), c'est-à-dire illégal. Il existe aussi d'autres règles venant s'ajouter à celles-ci qui ont été émises dans des fatwas par des mujtahids ; mais elles ne sont suivies que par leurs propres disciples et non l'ensemble des musulmans.

La loi islamique interdit aux musulmans de consommer de l'alcool[185] (et plus spécifiquement d'être ivre), de boire ou de manger du sang et ses produits dérivés, et de manger la viande d'animaux carnivores (par nature ou par définition) comme le chien ou le chat (les poissons piscivores n'étant pas considérés comme carnivores) et a fortiori omnivores comme le singe ou le porc et ses produits dérivés (la composition de certains savons peut contenir de la graisse animale à base de porc, avec la mention Lardate de sodium sur le produit ; la gélatine de porc peut également entrer dans la fabrication des bonbons, des glaces, des gâteaux, des yaourts, avec la mention E441 sur l'emballage)[186],[187]. Pour que la viande d'un animal terrestre soit halal, il faut que l'animal soit abattu de manière adéquate par une personne sensée tout en mentionnant le nom de Dieu (Allah en arabe). L'animal ne doit donc pas être étourdi [188] par un procédé mécanique, électrique ou gazeux, ni a fortiori tué par ébouillement ou électrocution, et la carcasse ne doit être saignée qu'à vif, après vérification du tranchant. (La mention « sans électronarcose » apparaît sur l'emballage.) Concrètement, l'animal allongé, la tête placée dans la direction de la Mecque, est abattu par le sacrificateur qui invoque, juste avant chaque abattage, le nom de Dieu (Allah en arabe) en proclamant « Bismallah Allahou Akbar », ce qui signifie « Au nom de Dieu le plus grand ». Par respect pour la vie animale, les membres doivent être dénoués avant toute incision. En cas d'abattage multiple, l'animal ne doit pas être torturé par la vue du sort qui l'attend. Tant que l'animal n'a pas expiré, le sacrificateur doit, en outre, surseoir à la découpe de la viande. Différentes règles s'appliquent aux poissons qui sont considérés comme égorgés par la sortie de l'eau. En général, les poissons à écaille sont toujours halal, bien que certaines fatwas déclarent les poissons dépourvus d'écailles (comme le poisson-chat) et les coquillages comme haram (cf. Cacherout). Par ailleurs, beaucoup de musulmans refusent de consommer du poisson d'élevage à raison des farines animales[189]. Les règles d'interdiction concernant les animaux peuvent être suspendues quand un musulman risque de mourir de faim et qu'aucune nourriture halal n'est disponible.

L'abattage rituel islamique est appelé dhabiha (dhabīḥah). D'après certaines fatwas, l'animal ne peut être abattu que par un musulman. Cependant, d'autres fatwas considèrent que d'après le verset 5:5 du Coran, l'abattage peut être fait par des « gens du livre » ou « gens de la Bible »[190]. La viande kasher est considérée comme halal.

Calendrier islamique[modifier | modifier le code]

Les phases de la lune forment la base du calendrier islamique .
Article détaillé : Calendrier musulman.

L’an 1 de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1er Mouharram (le 15 ou le de l’ère chrétienne, selon les auteurs théologiens ; la première époque est dite « astronomique », la seconde « civile »). Ce calendrier a été adopté dix ans après cet événement. On indique qu’une date est donnée dans ce calendrier en ajoutant la mention (calendrier musulman), (calendrier hégirien), (ère musulmane) ou (ère de l’Hégire); ou en abrégé, (H) ou (AH) (du latin anno Hegirae). Ce calendrier est caractérisé par des années de 12 mois lunaires qui sont plus courtes que les années solaires. Une année lunaire compte 11 jours de moins qu'une année solaire[191].

Chaque mois démarre au premier croissant de Lune visible à partir de la nouvelle Lune : selon l’endroit d’où est effectuée l’observation, le mois peut démarrer plus ou moins tôt.

Il est à noter qu'il existe un conflit méthodologique quant à la fixation de la date de début du ramadan. Contre la méthode oculaire (qui ne requiert aucun clergé), la société secrète [192] des frères musulmans milite régulièrement pour la méthode dite scientifique, c'est-à-dire celle des calculs astronomiques, sur la base d'une réinterprétation d'un verset du Coran. Cependant, le début du ramadan n'a jamais été fixé autrement que par l'observation du premier croissant de lune dans le ciel, à l'époque de Mahomet, de ses compagnons, et des musulmans sunnites des premiers siècles suivant la Sunna, et aucune information fiable ne permet d'établir d'autre méthode[193].

Fêtes musulmanes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Aïd al-Adha et Aïd el-Fitr.

Dans l'islam, deux fêtes sont particulièrement sacrées : l'Aïd al-Adha et l'Aïd el-Fitr.

D'autres jours ou mois sont également fêtés comme : Vendredi (Jour d'Aïd) : Le jour du vendredi est d'une importance considérable. Il correspond entre autres au jour de la création d'Adam, au jour de sa descente sur terre, au jour de sa mort, au jour où la religion a été parachevée (Coran. Sourate 5, verset 3), au jour du souffle (annonçant la fin du monde), au jour de la foudre et au jour de la résurrection. Selon Mahomet, « Ce jour est, pour Dieu, meilleur que les deux fêtes : le fitr et l'adhâ [...] tout dans l'univers redoute le jour du vendredi » (Rapporté par Ahmad et Ibn Mâja) [194] .

Achoura (Les dix plaies d'Égypte) : Le jeûne de Achoura n'est plus obligatoire depuis l'institution de celui du mois de Ramadan, mais il est recommandé. Pour les sunnites, il s'agit, dans la continuité du jeûne instauré par Moïse, de remercier Dieu d'avoir sauvé le peuple Hébreu dans sa fuite hors d'Égypte. Pour les chiites, c'est surtout la date anniversaire de la mort de l'imam Husayn, petit-fils de Mahomet.

Ramadan : Le mois de ramadan est le temps du jeûne pour les musulmans. Il correspond au quatrième des cinq piliers de l'Islam. C'est un temps privilégié pour se recueillir, prier, lire le Coran, etc. La rupture du jeûne se fait en général en famille, avant une nuit de prières, appelées les tarawihs.

Laylat al-Qadr (La nuit du Destin, une des nuits de la fin du mois du Ramadan) : anniversaire de la révélation du Coran vers 610.

Mawlid (Aïd Mawlid-ennabaoui) : Le Mawlid est l'anniversaire de Mahomet. L'anniversaire de Mahomet n'a jamais été célébré de son époque, ni par ses compagnons, ni par les musulmans sunnites des premiers siècles, et aucune information fiable ne permet d'en établir la date réelle. Cette fête n'a pas le caractère religieux des deux Aïds. Cependant, des traces de cette célébration existent dans la tradition musulmane. Il y a un vif débat au sein de la congrégation au sujet de la célébration du Mawlid qui opposent régulièrement les salafistes aux soufistes. Selon une position dogmatique de l'imam Ibn Taymiyya (revendiqué par les deux[195]), « Même si nos prédécesseurs ne le faisaient pas et qu’ils avaient de bonnes raisons, il n’y a rien qui soit contre ». Et d'ajouter encore : « Célébrer et honorer la naissance du Prophète et en faire un moment exceptionnel, comme le font certains, est une bonne chose en laquelle réside une grande récompense, à cause de la bonne intention d’honorer le Prophète »[196]. Ce débat a rebondi avec la question de la célébration de l'anniversaire de l'imam Mohammed ben Abdelwahhab et ce, durant une semaine en Arabie saoudite[197] .

Musique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Musique islamique et Tala' al Badru 'Alayna.

Selon la doctrine musulmane, Mahomet aurait dit à son épouse Aïcha conduisant une femme apprêtée à son mari (pour la nuit de noces) : « Ô Aïcha, vous n'avez fait aucun divertissement ? Pourtant, les Ansârs aiment les divertissements ! » (dans Al-Boukhârî, Ahmad et autres). Dans d'autres versions de cette hadith, Mahomet aurait ajouté : « Pourquoi n'avez-vous pas dépêché avec elle une femme qui joue du tambour et chante quelque chose ? ». Aïcha demanda : « Que doit-elle chanter, ô Envoyé de Dieu ? ». Mahomet aurait répondu : « Qu'elle chante ceci : "Nous sommes venues à vous, nous sommes venues à vous. Saluez-nous donc, que nous vous saluions. N'eût été l'or rouge, vos campagnes n'auraient pas pris. N'eût été le froment brun, vos vierges n'auraient pas grossies." »[198].

Toutefois, ce rapport à la musique fait toujours débat dans le monde musulman[199]. Dans les textes présentant la vie de Mahomet, en raison de certaines contradictions et/ou divergences d'interprétations, différents courants de pensée allant de l'interdiction de la musique à son autorisation s'opposent[200]. Il y a par exemple un vif débat au sein de la congrégation au sujet du mot « flûte » (de Satan) où deux avis sont opposés sur le sens littéral d' « instrument de musique » pour les salafistes, ou le sens métaphorique de « mensonge[201]» pour les soufis. Il est à noter particulièrement l’interdiction complète wahhabite de la danse et des chants, qui seraient des manifestations sataniques[202] selon cette obédience, les docteurs wahhabites allant même jusqu'à interdire la musique faisant l'éloge de Mahomet qui est pourtant une pratique ordinaire chez les sunnites et les chiites[203].

Architecture[modifier | modifier le code]

Mosquée de Cordoue en Espagne. Actuellement utilisée comme une cathédrale.
Article détaillé : Architecture islamique.

L'architecture islamique a été appelée l' « architecture du voile » parce que la beauté réside dans les espaces intérieurs (cours intérieures et pièces) qui ne sont pas visibles de l'extérieur (avec un point de vue dans la rue) et que l'on peut voir sans être vu (derrière un moucharabieh). La puissance infinie de Dieu est évoquée par la répétition des concepts mathématiques et des formes géométriques qui suggèrent l'infini. Les formes humaines ou animales sont le plus souvent écartées au profit de formes végétales et ce, pour ne pas concurrencer Dieu dans son monopole de la création. Le feuillage est fréquent mais généralement stylisé ou simplifié. La calligraphie arabe est utilisée pour décorer l'intérieur d'une structure au moyen de citations du Coran. En outre, l'utilisation de formes grandioses tel que les grands dômes, les hauts minarets, et les larges cours sont destinées à rappeler la grandeur de Dieu et procurer un sentiment d'élévation spirituelle.

Représentations en peinture et sculpture[modifier | modifier le code]

Les sunnites ne sacralisent pas d'icônes. Selon plusieurs hadîths de Mahomet[204], la malédiction de Dieu s'abat sur toute personne produisant (par le dessin, la sculpture…) un être doté d'âme y compris les animaux, car cela est considéré par eux comme allant contre l'esprit du monothéisme. Un certain aniconisme voire un iconoclasme plus ou moins strict existe donc dans l'islam. Ainsi, les musulmans se servent plutôt de versets du Coran calligraphiés comme dans le palais de l'Alhambra, des formes géométriques (arabesques) ou de représentation de la Kaaba pour décorer les mosquées, les maisons et les lieux publics.

En revanche, les chiites n'éprouvent pas de gêne à la reproduction de visages humains, comme ceux de personnalités cultes telles Ali et Hussein, alors que plusieurs hadiths laissent penser que cela est proscrit par Mahomet. En effet, contrairement aux Arabes, les Perses, à l'époque médiévale, disposaient déjà d'une longue tradition artistique (en matière de peinture et de sculpture) qui a perduré même après l'arabisation et l'islamisation de la Perse.

Symboles[modifier | modifier le code]

La Grande Mosquée de Kairouan est l'une des œuvres majeures de l'architecture musulmane ayant servi de modèle à plusieurs mosquées tant en Tunisie que dans l'ensemble du Maghreb. De plan arabe, elle possède une vaste cour à portiques et une salle de prière hypostyle. Fondée en 670, elle date dans sa forme actuelle du IXe siècle, Kairouan, Tunisie.

On associe souvent le symbole du croissant et de l'étoile à l'islam, bien qu'il lui soit antérieur. Selon Whitney Smith[205], le croissant est déjà utilisé sur les emblèmes, artefacts religieux et bâtiments de la Carthage punique. On retrouve le symbole du croissant dans l'Empire byzantin, repris à sa chute par l'Empire ottoman[206]. Lorsqu’il apparaît sur le drapeau ottoman, ce symbole est rapidement généralisé aux autres pays musulmans comme symbole de l’islam, alors qu’il pourrait être, à l’origine, propre à l'Afrique du Nord. Ensuite de l'arabisation et surtout de l'islamisation de la région, le croissant est complété par une étoile à cinq branches pour les cinq piliers de l'islam. En parallèle, l'étoile, initialement à huit branches[207], n'a été rajoutée sur le drapeau turque qu'en 1844[208] avant alignement sur cinq branches et généralisation à l'ensemble du monde musulman.

Un des symboles islamiques est la couleur verte[209]. Le vert résulte de la combinaison du jaune et du bleu. Du temps de Mahomet, les premiers drapeaux brandis par les musulmans étaient verts. Les drapeaux brandis par les Fatimides étaient également verts. Toutes personnes se réclamant des Ahl al-Bayt portaient un turban vert. L'attrait de cette couleur est simple : les Arabes étant un peuple du désert, le paradis a pour eux été décrit comme verdoyant, où des sources d'eau couleraient en abondance, où les fidèles porteront des habits de soie verts[210]. Avant l'islam, la légende d'al-Khidr (celui qui est vert), témoigne de l'importance de cette couleur pour ce peuple[211],[212],[213]. Enfin, Mahomet aurait déclaré que le vert était sa couleur préférée et portait souvent des habits et un turban de cette couleur. Autrefois, seuls les califes étaient autorisés à porter un turban de cette couleur[214]. On retrouve la symbolique du vert comme symbole du panarabisme aujourd'hui.

La cloche est un symbole rarement utilisé dans l'art islamique bien qu'un hadîth relatif à un échange de Mahomet et de El-Hareth ibn Hicham nous décrive la vision de Mahomet comme accompagnée d'un tintement de cloches : « […] la Révélation me vient tantôt comme le bourdonnement d'une cloche […][215]». Néanmoins on note par exemple la présence d'une grosse cloche très ancienne à la mosquée de Xi'an en Chine ou encore sur le minaret de la mosquée de la ville Saint-Louis au Sénégal.

Les grands courants théologiques de l'islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Courants de l'islam.

Les musulmans se partagent en trois branches principales : le sunnisme rassemble environ 90 % des musulmans [5], le chiisme environ 10 %, l'ibadisme (division du kharidjisme) moins de 1 %[216].

Principaux courants de l'islam.
Carte des pays où les musulmans représentent plus de 10 % de la population. En vert, les pays à majorité sunnite, en violet, ceux à majorité chiite, et en noir, ceux à majorité ibadiste.

La relation directe des croyants avec Dieu par le Coran et la liberté religieuse, vont amener la multiplication des tendances religieuses. L'affaiblissement progressif du pouvoir central et l'absence de clergé, autorise l'existence de différentes écoles politiques (sunnisme, chiisme, kharidjisme), juridiques (hanafisme, malikisme, chaféisme, hanbalisme, zaïdisme, jafarisme), philosophiques (ordres soufis) et théologiques (acharisme, maturidisme, atharisme, mutazlisme). À la mort du prophète de l'islam, la conquête arabe fulgurante et des différences ethnico-confessionnelles importantes, exacerbent les rivalités politiques. De nombreux questionnements sur la liberté de l'Homme, le péché, la foi, la souveraineté divine, la dévolution du pouvoir, etc, alimentées par des entreprises de subversion incessantes, provoquent la constitution d'écoles spécialisées tentant d'apporter des réponses appropriées aux problèmes des musulmans qui n'ont pas été détaillés dans le Coran, et de relever ainsi les nouveaux défis qui se posent à la oumma.

Le sunnisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sunnisme.

Le sunnisme (de sunna, « voie », « chemin » ou « tradition ») est le courant de loin le plus répandu. 90 % des musulmans sont sunnites [5]. Il est apparenté à une vision orthodoxe de l'islam[217].

En 2016, un congrès, inauguré par le grand imam de l'Azhar, Ahmed al-Tayeb, rassemblant 200 personnalités sunnites du monde entier, s'est réuni dans le but de définir l’identité de ceux qui se font connaître comme ahl as-sunnah wa l-jamāʻah (arabe : أهل السنة والجماعة ; « les gens de la tradition de Mahomet et du consensus de la Oumma ») ou, pour faire court, ahl as-sunnah (أهل السنة ; « les gens du sunnisme ») par opposition aux différents groupes considérés égarés.

A l'issue de leurs travaux, les dignitaires sunnites ont convenu que les gens du sunnisme sont :

Tout un chacun peut donc s'identifier plus ou moins à une école juridique (madhhab). Il y en a aujourd'hui quatre, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ce sont, dans l'ordre de leur apparition : le hanafisme (de Abou Hanîfa, 700-767) ; le malikisme (de Mâlik ibn Anas, 712-796) ; le chaféisme (de Al-Chafi'i, 768-820) ; le hanbalisme (de Ibn Hanbal, 781-856). Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de solutions juridiques (fatwa), mais partagent fondamentalement les mêmes croyances ('aqîda) qui sont, soit acharites, soit maturidites. Elles ne s'accordent que sur quatre sources de droit ; 1° le Coran, livre censé être révéler par Dieu ; 2° la Sunna, tradition de Mahomet constituée essentiellement de ses paroles (hadiths) ; 3° le consensus juridique (ijmâ') ; et 4° l'analogie juridique (qiyâs).

Le soufisme[modifier | modifier le code]

Les soufis croient que le Coran a deux niveaux de signification ; le zahir, sens externe ou apparent ; et le batin, sens interne ou caché.
Articles détaillés : Soufisme et Haqiqa.
Un marabout et son chapelet.

Le terme « soufi » apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du VIIIe siècle de l'hégire pour désigner des ascètes, des sages, des mystiques musulmans qui prient, jeûnent, portent des vêtements blancs rugueux (l'arabe sûf, signifie « bure », « laine »), car les premiers ascètes musulmans furent ainsi désignés à cause des vêtements de laine qu'il portaient ; (ils peuvent porter le muruga, manteau fait de morceaux rapiécés symbolisant le fagr, c'est-à-dire l'illusion du monde[220]). Le mot « soufisme » serait tiré de al-souf (ﺻﻮﻑ [ṣūf], « laine » qui donne صوفيّ [ṣūfīy], « laineux ») ; c'est ce que retient en tout cas l'historien Ibn Khaldoun. Le soufi portait en effet un vêtement de laine blanche censée apportée de la sagesse aux regards. La modestie et la pauvreté sont évoquées dans d'autres noms donnés à certains d'entre eux : derviche (persan : درويش [derwiš], « mendiant ») ou [faqīr] (en arabe: فقير, « pauvre »). René Guénon ajoute que le sens premier et fondamental du mot « soufi » est donné par « l'addition des valeurs numériques des lettres dont il est formé. Le mot soufi a le même nombre que El-Hekmah el-ilahiyah, c'est-à-dire la « Sagesse divine » ; le soufi véritable est donc celui qui possède cette sagesse, ou, en d'autres termes, il est el-ârif bi'llah, c'est-à-dire « celui qui connaît par Dieu », car Dieu ne peut-être connu que par Lui-même »[221].

Les docteurs de l'islam (oulémas) ont défini le soufisme (en arabe : تصوف [taṣawwuf], « initiation »[221]) comme « une science dont l'objectif est la réparation du cœur afin de le détourner de tout autre que Dieu[222]». En effet, Allah étant décrit dans un hadith comme un dieu « jaloux » [223], l'amour tient une place centrale dans l’enseignement soufi. Les plus illustres ouvrages sur ce sujet sont : Le Traité de l’amour d’Ibn Arabi et Le Livre de l’amour de l’imam al-Ghazâlî. Pour Ibn Arabi, « l'amour ne tolère pas l'association et cela seulement si l'essence de l'amant est une et indivisible » [223]. Et citant une formule : « Le soufisme ce n'est rien de plus que les cinq prières et l'attente de la mort » [224]. Pour René Guénon, reprenant à son compte une autre formule : « Si les Chrétiens ont le signe de la croix, les Musulmans en ont la doctrine » [225]. Ainsi, le soufisme est, pour ses adeptes, la dimension mystique intérieure de l'islam. Il peut être considéré comme un enseignement ésotérique de l'islam sunnite et un mouvement mystique et ascétique ayant influencé les dissidences chiites. Il connaît son apogée à Bagdad entre 750 et 950 sous le califat abbasside. Le soufisme est donc suivi par certains musulmans ; ceux qui sont alors appelées soufis.

Les soufis se font connaître, quant à eux, comme Ahl al-soufa (أَهلُ الصُّفَّةِ [ahl aṣ-ṣuffa], « les gens du banc » en référence à ceux qui vivaient dans la Mosquée du Prophète à Yathrib (Médine), et qui furent mentionnés dans le Coran comme « la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa face[226] ». Les soufis considèrent généralement que suivre la loi (charia) ou la jurisprudence islamique (fiqh) n'est que le premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des aspects internes ou plus spirituels de l'islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de l'ego (nafs). Les soufis cherchent à atteindre le fana (extinction du « moi » devant Dieu l'Unique) selon trois degrés ou étapes :

  • l'Islam (proprement dit) ; la Soumission à la Charia
  • l'Imane (qui est un don de Dieu) ; la Foi par la Tariqa
  • l'Ihsane (qui est le but de la voie) ; l'Excellence morale ou Vertu dans la Haqiqa [227].

La plupart des ordres soufis (tariqas) se rapprochent, soit du sunnisme, soit du chiisme. On les rencontre dans tout le monde islamique, du Sénégal jusqu'à l'Indonésie.

La souffa : l'abri pour dormir[modifier | modifier le code]

Selon Moktar Chakroun, la « souffa » (à l'origine du mot français « sofa ») était un endroit ombragé de palmes à l'extérieur de la cour de la mosquée du Prophète à Médine, une place ombragée adossée au mur de la mosquée par l'extérieur, où venaient se réfugier les pauvres et les sans-abris par temps pluvieux. Par la suite, c'était une chambre située au fond de la mosquée et réservée à l'hébergement des pauvres [228].

La zaouïa : le coin pour étudier[modifier | modifier le code]

Une zaouïa aux côtés des murs de la ville de Kairouan en Tunisie dans le début du XXe siècle.
Article détaillé : Zaouïa (édifice religieux).

Dans un premier temps, ce terme désigne un emplacement ou un local réservé à l'intérieur d'une structure plus vaste où les soufis (mystiques) pouvaient se retirer comme le laisse entendre le sens de la racine du mot arabe (angle ou recoin).

Par la suite, le mot désigne un complexe religieux comportant une mosquée, des salles réservées à l'étude et à la méditation ainsi qu'une auberge pour y recevoir les indigents. On y effectue les pratiques spirituelles et on y enterre les saints fondateurs des confréries soufies.

La confrérie soufie (رابِطة [rābita]) se regroupe dans un ribat (رِباط [ribāt]) parfois fortifié. Au Maghreb, ces confréries se sont développées dans le cadre urbain sous la forme des zaouïas. Les membres de ces confréries se font parfois appelés marabouts (مَرْبوط [marbūt] ou مُرابِط [murābit], « celui qui est attaché »).

Le salafo-wahhabisme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Salafisme et Wahhabisme.

Le wahhabisme est une secte [229] politico-religieuse, fondée par Mohammed ben Abdelwahhab, se revendiquant de l'islam sunnite hanbalite et se présentant comme le précurseur du réformisme salafiste. Pour ses adeptes, ce mouvement représente la revivification du salafisme. Pour ses contradicteurs, c'est plutôt une « énième faction kharidjite[229]». En effet, il est à noter qu'avant de se fondre dans la masse musulmane sunnite, la dynastie saoudienne (qui ne descend pas de la tribu de Quraych) se singularisait déjà par une confession minoritaire, le kharidjisme [230],[231]. Du reste, les salafistes djihadistes sont souvent qualifiés de « takfiristes » ou de « kharidjites » par leurs adversaires musulmans (chiites et sunnites), qui les accusent, entre autres, d'innover un « sixième » pilier de l'islam avec leur « djihad » armé. Des termes récusés par les salafistes [232] qui retournent la pareille (appellation polémique de kharidjite) en forme d'excommunication (takfir) de leurs contradicteurs musulmans[233].

Une des estimations les plus détaillées de la population religieuse dans le Golfe Persique est celle de Mehrdad Izady qui estime, « en utilisant des critères culturels et non confessionnels », à moins de 5 millions le nombre de salafistes ou wahhabites dans la (seule) région du golfe Persique (contre 28,5 millions de sunnites et 89 millions de chiites)[234],[235]; dont environ 4 millions en Arabie saoudite (surtout dans la région centrale du Nejd ) et le reste provenant majoritairement du Qatar et de l'Emirat de Charjah [234]. 46,87% des Qataris [234] ; 44,8% des Emiratis [234] ; 5,7% des Bahreïnis ; et 2,17% des Koweïtiens sont wahhabites[234]. Ils représentent environ 0,5% de la population musulmane dans le monde[236].

En 2016, le congrès de Grozny déclare que le wahhabisme ne fait pas partie du sunnisme [237],[218],[238]. Ce congrès réitère ainsi la mise au ban de l'Oumma de Mohammed ben Abdelwahhab prononcée dès le milieu du XVIIIe siècle par les shérifs et les muftis de la Mecque, avalisant alors une réfutation contre « l'égaré qui égare » intitulée : Le Livre de la prévention de l'égarement et de la répression de l'ignorance, et rédigée par le théologien hanbalite Souleyman ben Abdelwahhab (qui n'est autre que son propre frère)[239].

Le chiisme[modifier | modifier le code]

Mosquée de l'imam Husayn à Kerbala, en Irak. On distingue aussi deux longs minarets de la mosquée Al Abbas sur la photo.
Article détaillé : Chiisme.

Le chiisme est divisé en différentes branches, dont les principales sont le chiisme duodécimain (branche la plus importante), le zaïdisme et l'ismaélisme[240]. Chaque branche accepte différents descendants d'Ali ibn Abi Talib, cousin de Mahomet, comme imams. Après la mort de l'imam Ja'far al-Sâdiq qui est considéré comme le sixième Imam par les chiites duodécimains et les ismaéliens, les ismaéliens reconnaissent son fils Ismaïl ben Jafar comme son successeur alors que les chiites duodécimains suivent son autre fils Musa al-Kazim comme le septième imam. Les zaïdites considèrent, quant à eux, Zayd ibn Ali, l'oncle de l'Imam Jafar al-Sadiq, comme leur cinquième imam, et suivent donc une autre ligne de succession après lui.

Chiisme duodécimain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chiisme duodécimain.

Les duodécimains sont « ceux qui croient en la venue de douze imams ». Ils représentent 80 % des chiites[48]. On peut les séparer en deux grands groupes:

Chiisme septimain (ou ismaélien)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ismaélisme.

Les septimains sont « ceux qui croient en la venue sept imams ». L'ismaélisme (arabe : al-Ismā'īliyya الإسماعيلية ; persan: اسماعیلیان ; sindhi : اسماعيلي ; kurde: Ismaili ; Esmā'iliyān ) est une branche de l'islam chiite. Les ismaélites tirent leur nom de leur acceptation d'Ismaïl ben Jafar comme le successeur spirituel désigné à l'imam Ja'far al-Sâdiq, ce en quoi ils diffèrent des duodécimains, qui acceptent Musa al-Kazim, frère cadet de Ismaïl, comme le vrai Imam.

Chiisme quintimain (ou zaïdisme du Yémen)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zaïdisme.

Les quintimains sont « ceux qui croient en la venue de cinq imams ». Le zaïdisme ( arabe: الزيدية az - Zaydiyya) est la plus ancienne branche de l'islam chiite qui a émergé au début du VIIIe siècle. Elle est nommée d'après Zayd ibn Ali, le petit-fils de Al-Hussein ibn Ali. Les adeptes de l'école juridique (quasi-école de droit sunnite[241]) sont appelés zaydites et représentent environ 35-40 % des musulmans au Yémen[242]. En dehors de la question éminemment politique du califat, ils suivent un rite presque identique au rite hanafite pour la jurisprudence islamique et sont en général mutazilites pour la théologie[243].

Le kharidjisme[modifier | modifier le code]

Ghardaïa, la vieille ville ibadite en Algérie.
Articles détaillés : Kharidjisme et Ibadisme.
Mosquée wahhabite sur l'île de Djerba en Tunisie.

Le kharidjisme se divise à son tour en diverses communautés et tendances (sufrites, ibadites, etc). De nos jours la seule tendance kharidjite qui ne s'est pas éteinte ou marginalisée est l'ibadisme (tendance quiétiste proche du sunnisme[244]). Il se retrouve dans le sultanat d'Oman (qui pratique un ibadisme d'État), et dans quelques régions du Maghreb très localisées : en Algérie (chez les Berbères de Ghardaïa) et en Tunisie (île de Djerba).

Autres courants théologiques, sociologiques, idéologiques ou politiques liées à l'islam ou dérivant de l'islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mutazilisme.

Un quatrième courant, qui s'est éteint au Moyen Âge, le mutazilisme, est une école théologique rationaliste, en conflit avec le sunnisme naissant ; il est apparu à la fin du califat omeyyade, au milieu du VIIIe siècle, et a été éradiqué au XIe siècle par le sunnisme, en particulier par les acharites (disciples de al-Ach'ari 873-935, lui-même un ex-mutazilite) qui sont parvenus à venir à bout de son rationalisme jugé abusif, car il voulait tout submerger [245]. Cette école, dont des textes ont été redécouverts au XIXe siècle, connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains intellectuels, notamment en raison de ses conséquences politiques et de ses liens avec la démocratie[246]. Cependant, le mutazilisme a perdu tout crédit populaire à la suite de l'inquisition musulmane du calife Al-Ma’mūn pour imposer sa doctrine et ne récolta plus en retour que haines et persécutions[245].

Pour compléter la présentation de la religion musulmane, on ne peut éluder les pratiques populaires de l'islam. Souvent issues de syncrétismes avec les religions préislamiques, elles sont encore très présentes dans les sociétés rurales traditionnelles, qui mélangent animisme, culte des ancêtres, et religion révélée, s'exprimant essentiellement, en ce qui concerne l'islam, à travers des « confréries musulmanes ». Ces mouvements ou confréries s'apparentent grossièrement aux ordres religieux chrétiens non cloîtrés. Certains sont condamnés par l'islam qui les trouve hétérodoxes et réinstauratrices des vestiges archaïques de croyances superstitieuses. Il faut également mentionner l'apparition, au XXe siècle, des musulmans réformés ou libéraux qui visent à un aggiornamento général.

Lieux saints[modifier | modifier le code]

Le Mont Arafat, situé à La Mecque en Arabie saoudite, est le point d'orgue du pèlerinage. Les musulmans du monde entier affluent à cet endroit pour y être absous par Dieu.
Article détaillé : Lieux saints de l'islam.
  • La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite, abrite la Kaaba (« le Cube »). Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). Jusqu'à l'avènement de l'islam, il était dédié au dieu arabe Houbal, qui était vénéré par des rites de circonvolution autour de la pierre noire. Tout musulman se doit d'y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s'il en a la capacité physique et financière.
  • Médine (Madīnatu an-Nabî), où immigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l'islam. Selon ses propres paroles, « pour qui me visite après ma mort, c'est comme s'il m'avait visité de son vivant »[136].
  • Jérusalem (al-Qods) est la troisième ville sainte. C'est l'endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension. Le pèlerinage sunnite n'est admis que vers ces trois villes.

Par piété filiale, les sunnites reconnaissent un autre lieu saint : Hébron, lieu du tombeau d'Abraham, père d'Ismaël [136].

Les chiites reconnaissent deux autres lieux saints : Nadjaf, en Irak et Kerbala, lieu du martyre d'Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils de Ali, troisième imam, ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l'imamat c'est-à-dire la succession par l'imam Ali gendre du prophète et Hussein son fils (Hassan, son frère aîné ayant été tué). Tous les ans, a lieu la commémoration de ce massacre, à Kerbala.

Selon Paul Coulon[réf. insuffisante], les musulmans d'Éthiopie rajoutent à cette liste une quatrième ville sainte, celle d'Harar[247].

Dialogue interreligieux[modifier | modifier le code]

L'islam reconnaît tous les pères fondateurs du judaïsme (Moïse, David, Salomon) et du christianisme comme des prophètes, sans pour autant s'y limiter, et établit d'une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en Lui et un comportement de droiture.

L'attitude de l'islam par rapport à ces deux religions antérieures, connues sous le nom de « religions du Livre » ou « religions de la Bible », consiste à la fois à les respecter et à leur reconnaître une certaine vérité, mais les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (manipulations servant des besoins politiques, injustice, excès, etc.) (sourate 17, 30…).

Mahomet, considéré comme le dernier prophète par cette religion, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale, c'est-à-dire telle que définie par Ibrahim (Abraham).

L'apostasie dans l'islam vers une autre religion, quelle qu'elle soit, est fermement interdite par l'interprétation majoritaire du Coran[248].

Pour ce qui est de la tolérance religieuse, citons la lettre du Prophète aux évêques et chrétiens najrânites où ils purent exercer librement leur culte (ils purent en outre prier dans sa mosquée en s'orientant vers l'orient) en l'an 631. Il en fut de même pour les juifs de Médine conformément au verset 256 de la sourate 2 "Point de contrainte en religion"[249].

Rôles de genre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rôles de genre dans l'islam.

Les rôles de genre dans l'Islam sont simultanément colorés par deux préceptes coraniques : (1°) l'égalité spirituelle entre les femmes et les hommes ; et (2°) l'idée que les femmes sont destinées à exemplifier la Féminité et les hommes, la Masculinité[250].

L'égalité spirituelle entre les femmes et les hommes est détaillée dans la sourate Al-Ahzab :

« Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d´aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d´Allah et invocatrices: Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. » (Coran. Sourate 33, verset 35)

Par ailleurs, Mahomet rappela l'importance de la femme dans la réalisation du mou'min complet en disant : « Le Paradis se trouve sous les pieds de vos mères »[251],[252]. Enfin, dans les actes, selon Muhammad Hamidullah, le Prophète nomma une femme, Umm waraqah bint 'Abdallah bint al-Hârith qui avait appris le coran par cœur[253], imam des hommes et femmes de son quartier à Médine, « à titre exceptionnel »[254].

Aussi, à plusieurs reprises dans son discours d'adieu, il recommanda « d'assurer à la femme le meilleur traitement »[255],[256].

Toutefois, l'une des plus grandes références du salafisme, le cheikh Ibn Uthaymin, une figure du wahhabisme saoudien, estime, dans ses consultations juridiques (fatwas), que les femmes de bonnes mœurs ne doivent quitter leur domicile qu'avec l'autorisation du mari ou du « gardien ». Il précise même, très sérieusement, que : « La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères [257]». En réalité, selon la hedjazie Suhayla Zayn al-Abidin, le wahhabisme a servi à légitimer ce qui n’est rien d’autre que des coutumes locales najdies : « alors que l’islam a permis l’ijtihad (l’interprétation des textes) dans le but de s’adapter aux circonstances correspondant aux différents lieux et aux différentes époques, un groupe d’oulémas, qui n’est pas peu nombreux, s’est contenté de proclamer des interdictions au nom de sadd al-dharaʿi (« blocage des moyens », principe-clé du droit wahhabite). Ceux d’entre eux qui ont appliqué ce principe à la femme l’ont fait parce qu’ils la regardent avec des yeux païens (jahiliyya), et la traitent selon des coutumes et des traditions païennes, qui ne sont en rien une application de ce qu’a apporté l’islam » (in Al-Sharq al-Awsat, 30 mai 2004) [258],[259].

Critiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Critique de l'islam.

Les critiques négatives contemporaines, faites à l'islam par de nombreux auteurs de pays dont les systèmes politiques sont laïques ou séculiers, sont pratiquement les mêmes que celles faites aux deux autres religions monothéistes : obscurantisme, misogynie, phallocratie, homophobie, intolérance, éloge de certaines violences, etc, qui en sont les caractères extrémistes et qui dominent face aux notions de justice, de paix, d'égalité que l'on peut retrouver dans ces religions.

Par exemple, parmi les auteurs anglo-saxons, l'éthologiste britannique Richard Dawkins[260] estime que l'islam est incompatible avec les avancées récentes de la science, et en particulier la théorie de l'évolution, et a même émis le souhait personnel de « populariser l'évolution dans le monde islamique »[261]. Cette critique est formellement contredite par le médecin français Maurice Bucaille qui affirme dans son livre L'homme d'où vient-il ? : les réponses de la science et des Écritures saintes que l'évolution est tout à fait compatible avec les récits coraniques[262]. Pour l'historien tunisien, Mohamed Talbi, l'évolutionnisme est une vieille tradition dans la pensée musulmane, il cite entre autres Ibn Khaldoun[263].

Le journaliste anglo-américain Christopher Hitchens[264], est encore plus virulent à l'égard de l'islam et des religions en général : « Violente, irrationnelle, intolérante, alliée au racisme, au tribalisme et au sectarisme, revêtue d'ignorance et hostile à l'investigation libre, dédaigneuse des femmes et coercitive envers les enfants : la religion organisée doit avoir beaucoup sur la conscience ». Au sujet de l'islam, Hitchens soutient que cette religion est sexiste, intolérante, et comprend de nombreuses « sectes guerrières et contradictoires entre elles »[265]. Néanmoins, « l'affirmation fondamentale » de l'islamisme selon laquelle l'islam « ne peut s'améliorer et est définitif » est, selon lui, « absurde »[266]. Cependant, bien des critiques peuvent paraître infondées, comme l’accusation de racisme, de tribalisme ou d'intolérance. En effet, lors de son discours d’adieu, Mahomet a déclaré au contraire qu' « aucun Arabe n'a une supériorité sur un non-Arabe »[255]. Prophétisant les foutoûhât (« ouvertures à l'islam »[267]) entre autres de l'Égypte, il a recommandé de traiter ses habitants avec bienveillance : « Dieu vous recommande les gens de la protection (Ahl al-dimmah), les gens de l'argile noire (limon du Nil, ndlr), qui sont de teinte noire et ont les cheveux crépus car ils sont vos parents (par Agar, ndlr) et alliés (par Marie la Copte, ndlr) »[268]. Et d'insister : « il faut obéir à l'autorité légale, même détenue par un noir à nez coupé (adultère, ndlr) »[269],[270]. Dans sa biographie sur Mahomet, Maxime Rodinson fait une analyse contextuelle des réformes législatives et sociales de Mahomet, et souligne que celui-ci a fait des réformes concernant la condition féminine, l'esclavage, et la sécurité en général [271]. Après une étude contextualisée de ses réformes au regard de l'époque médiévale, Rodinson conclut : « Ainsi se constituait une législation qui, malgré ses lacunes, ses obscurités, son caractère occasionnel, était à maints égards un progrès sur l'état antérieur. Elle répondait bien aux nécessités particulières de la petite communauté médinoise en voie d'extension. Elle sauvegardait la sécurité de l'individu et protégeait certaines catégories particulièrement exposées. En général, la tendance existante à l'individualisme était encouragé, sans que le système tribal soit abandonné. Surtout au milieu de l'océan des coutumes imposées par la tradition et l'opinion publique, apparaissaient des éléments d'un véritable droit des prescriptions, en principe nettement formulées et valables pour tous. »[272]. Après la mort de Mahomet (en 632), le deuxième calife de l'islam Omar ibn al-Khattâb (mort en 644) a poursuivi ces réformes sociétales en abolissant l'esclavage pourtant traditionnellement ancré dans toute l'Arabie [273].

« Le futur de l'Islam se trouve dans le principe de l'accord des musulmans avec la conception de la [foi] universelle et la capacité, à travers cette universalité, de faire et d'abroger des lois. À mesure que les musulmans avancent, leurs lois peuvent, de même, avancer avec eux, et la prise de la mainmorte du droit canon peut se relâcher graduellement et légalement »[274].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Avertissement : la bibliographie ci-dessous est proposée à titre indicatif. La littérature sur l'islam étant très abondante, seuls quelques livres sont proposés. Toutefois, ces livres n'ont pas tous la même valeur didactique et leur choix repose sur celui de plusieurs éditeurs de cet article. Leur présence sur cette liste n'est en aucun cas gage de sérieux de l'ouvrage.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Michel Reeber, L'islam, Milan, coll. « Les Essentiels », , 128 p. (ISBN 978-2745963246) (pour une première approche)
  • Paul Balta, L'islam, Le Cavalier Bleu, coll. « Les idées reçues », , 127 p. (ISBN 978-2846702362) (également pour une première approche)
  • Jean-Loup Amselle, Islams africains : La préférence soufie, Le Bord de l'eau, coll. « Pour mieux comprendre », , 146 p. (ISBN 978-2356875181)
  • Henri de Saint-Bon, L'islam éclaté : Ses multiples branches et ramifications des origines à nos jours, Salvator, , 192 p. (ISBN 978-2706714405)
  • Pierre Conesa (préf. Hubert Védrine), Dr. Saoud et Mr. Djihad : La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite, Robert Lafont, , 306 p. (ISBN 2-221-19564-7)
  • Sabrina Mervin, Histoire de l'islam : Fondements et doctrines, Flammarion, coll. « Champs Histoire », , 381 p. (ISBN 978-2081386594)
  • Antoine Sfeir, L'islam contre l'islam : L'interminable guerre des sunnites et des chiites, Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », , 192 p. (ISBN 978-2253156543)
  • Mohammed Arkoun, L'Islam, Jacques Grancher, coll. « ABC », , 368 p. (ISBN 978-2733910146)
  • Dominique Sourdel et Janine Sourdel-Thomine, Vocabulaire de l'islam, PUF, coll. « Que sais-je ? » (no 3653), , 128 p. (ISBN 978-2-13-062768-5)
  • Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l'islam : entre écriture et histoire, Seuil, coll. « L'Univers historique », , 522 p. (ISBN 978-2020374941)
  • Édouard-Marie Gallez, Le Messie et son prophète, Aux origines de l’islam, 2 tomes, Versailles, Éditions de Paris (résumé)
    • Tome 1 : De Qumran à Muhammad
    • Tome 2 : Du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire Cette publication a constitué la thèse de doctorat en théologie/histoire des religions qu'É.-M. Gallez a soutenue à l'université de Strasbourg II en 2004.
  • Abdou Filali-Ansary, Réformer l'islam ? : Une introduction aux débats contemporains, Paris, La découverte, coll. « Poches Sciences », , 284 p. (ISBN 978-2707146748)
  • Anne-Marie Schimmel, L'islam au féminin : La Femme dans la spiritualité musulmane, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », , 219 p. (ISBN 978-2226109859)
  • Henri Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Folio, (ISBN 978-2-07-032353-1)
  • Roger du Pasquier, Découverte de l'islam, Seuil, coll. « Points-Sagesse », , 177 p. (ISBN 978-2020069434)
  • Marcel André Boisard, L'humanisme de l'islam, Albin Michel, coll. « Présence du monde arabe », , 3e éd., 432 p. (ISBN 978-2226008008)
  • Frithjof Schuon, Comprendre l'islam, Seuil, coll. « Points-Sagesse », , 192 p. (ISBN 978-2020045148)
  • (ar) Abdelmajid Charfi (trad. André Ferré), L'islam entre le message et l'histoire, Albin, coll. « L'islam des lumières », (ISBN 9782226154316)

Essais[modifier | modifier le code]

  • (ar) Le Coran (trad. Abdallah Penot), Alif, , 600 p. (ISBN 978-2908087314) (pour un essai de traduction)
  • (ar) Le Coran (trad. Denise Masson), t. 1, Gallimard, coll. « Folio classique », , 1233 p. (ISBN 978-2070372331) (également pour un essai de traduction)
  • (ar) Le Coran (trad. Denise Masson), t. 2, Gallimard, coll. « Folio classique », , 608 p. (ISBN 978-2070372348) (également pour un essai de traduction)
  • Didier Leschi, Misère(s) de l'islam de France, cerf, coll. « Actualité », , 164 p. (ISBN 978-2204117487)
  • Bernard Godard, La question musulmane en France : Un état des lieux sans concessions, Fayard, , 352 p. (ISBN 978-2213682488)
  • Ramine Kamrane, Le problème théologico-politique de l'islam. Le livre infaillible, L'Harmattan, , 116 p. (ISBN 978-2-336-00876-9)
  • Malek Chebel, Manifeste pour un Islam des lumières : 27 propositions pour réformer l'Islam, Fayard, , 224 p. (ISBN 978-2213676999)
  • Gilles Kepel, Les banlieues de l'islam : Naissance d'une religion en France, Points, , 425 p. (ISBN 978-2757853450)
  • Gilles Kepel, Banlieues de la République : Société, politique et religion à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, Gallimard, , 544 p. (ISBN 978-2-07-013682-7)
  • Gilles Kepel, Quatre vingt treize, Gallimard, (ISBN 2-07-013432-6)
  • Olivier Roy, La laïcité face à l'islam, Fayard, coll. « Pluriel », , 176 p. (ISBN 978-2818503720)
  • Olivier Roy, La sainte ignorance : Le temps de la religion sans culture, Seuil, coll. « La couleur des idées », , 275 p. (ISBN 978-2020932660)
  • Olivier Roy, L'islam mondialisé, Seuil, coll. « Points essais », , 240 p. (ISBN 978-2020676090)
  • Arno Tausch et Hichem Karoui, Les musulmans : un cauchemar ou une force pour l'Europe ?, L'Harmattan, coll. « Histoires et Perspectives Méditerranéennes », , 261 p. (ISBN 9782296139800)
  • Michel Orcel, De la dignité de l'islam : Réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie chrétienne, Bayard, coll. « Histoire des Religions », , 187 p. (ISBN 978-2227482210)
  • Ben Salama, Au Nom de l'Islam : Enquête sur une religion instrumentalisée, L'Atelier, coll. « Social éco », , 216 p. (ISBN 978-2708240582, lire en ligne)
  • Eric Geoffroy, L'islam sera spirituel ou ne sera plus, Seuil, coll. « La couleur des idées », , 217 p. (ISBN 978-2020969727)
  • Charles Saint-Prot, Islam : l'avenir de la Tradition entre révolution et occidentalisation, Rocher, , 618 p. (ISBN 978-2268066103)
  • Hamadi Redissi, Le pacte du Nadjd ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam, Seuil, , 342 p. (ISBN 978-2-02-096081-6)
  • Jean-Claude Barreau, De l'islam en général et du monde moderne en particulier, Belfond - Le Pré aux clercs, coll. « Pamphlet », (ISBN 978-2714427403)
  • (en) Bernard Lewis (trad. Denis-Armand Canal, Jacqueline Carnaud, Dominique Férault, Odette Guitard, Tina Jolas, Denise Paulme et Rose Saint-James), Islam, Gallimard, coll. « Quarto », , 1344 p. (ISBN 978-2-07-077426-5)
  • (en) Samuel P. Hungtington, Le choc des civilisations, Odile Jacob, coll. « Poche », , 545 p. (ISBN 978-2738108395)
  • (en) John Richard Bowen (trad. Patrick Savidan), L'islam, un ennemi idéal, Albin Michel, , 120 p. (ISBN 978-2226254801)
  • (en) John Richard Bowen (trad. Frédéric Sarter), L'Islam à la française, Steinkis, , 382 p. (ISBN 979-1090090040)

Littérature confessionnelle[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Mestiri et Moussa Khedimellah, Penser la modernité et l'islam, Institut International de la pensée Islamique (IIIT), (ISBN 9782952447102)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mohammad Abou Zahra (trad. Michel Galloux), L'imam Aboû Hanifa : sa vie et son époque, ses opinions et son fiqh, Al Qalam, , 503 p. (ISBN 978-2-909469-58-4), p. 209
  2. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulman, éd. Albin Michel, 1995, p. 274.
  3. Jean Baptiste Glaire, Encyclopédie catholique, répertoire universel et raisonné des sciences, des lettres, des arts et des métiers, formant une bibliothèque universelle, avec la biographie des hommes célèbres: ornée de plus de 3000 gravures dans le texte et refermant le résumé de plus de dix mille ouvrages, P. Desbarres, (lire en ligne)
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  8. a, b, c et d Alain Besançon, Trois tentations dans l'Eglise, Calmann-Lévy, (ISBN 9782702151150, lire en ligne)
  9. La religion de Muhammad suit celle de Abraham
  10. Comment Abraham aurait-il pu être un "musulman", alors que le Coran n'était pas encore révélé à son époque ?
  11. (en) Millat-e-Ibrahim: the way of Prophet Abraham
  12. Voir Sourate 2, verset 135 du Coran.
  13. Sourate 3, verset 67.
  14. Sourate 6, verset 161.
  15. Par exemple, Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) : « Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus [d'Israël], et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis. »
  16. Didier Hamoneau, La torah, l'évangile et le coran : étude critique, Créadif et Andalouss, , 223 p. (ISBN 2-909667-08-1), p. 158-159
  17. Sourate 46, verset 12.
  18. a et b Marc Monjou, « L'Évangile et le Coran », sur injil.free.fr (consulté le 30 mai 2016)
  19. a et b Didier Hamoneau, La torah, l'évangile, le coran : étude critique, Créadif et Andalouss, , 223 p. (ISBN 2-909667-08-1), p. 42
  20. a et b Par exemple, sourate 33 : Les coalisés (Al-Azhab) : « En effet, vous avez dans le Messager d´Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. »
  21. Entrée for šlm, p. 2067, Appendix B: Semitic Roots, The American Heritage Dictionary of the English Language, 4th ed., Boston, New York: Houghton Mifflin, 2000 (ISBN 0-618-08230-1).
  22. Jean Girodet, Dictionnaire des pièges et difficultés de la langue française, Bordas, , p. 506
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  25. ref, Hadith : Le prophète a dit : « Le croyant mange à satisfaire la faim d'un seul intestin. Le mécréant mange pour en remplir sept. », rapporté par Boukhari
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  28. a et b Dan Kaminski, Victoire du nazisme: Mauvaises nouvelles, BoD - Books on Demand France, (ISBN 9782810612079, lire en ligne), p. 178
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  30. Bruno Étienne, « L’islamisme comme idéologie et comme force politique », in Cités, no 14, éd. P.U.F., 2003 (Article en ligne, consulté le 13 juin 2011)
  31. le magazine L'Histoire no spécial, no 278
  32. Cette définition ressort de toutes les études générales d'histoire ou d'histoire de l'art sur l'islam, par exemple : "L'Islam", par G. Ryckman et Gaston Wiet, directeur du Musée arabe du Caire, p. 333, volume 3, in Histoire générale des religions, dir. Maxime Gorce et Raoul Mortier, 5 in-2°, Paris, Quillet, 1948. L'auteur précise dans l'introduction que le génie de Mahomet est d'avoir fait de l'islam un patriotisme dont le fondement est religieux. Le Larousse du XXe siècle donne à l'Islam le sens second d'ensemble des pays de religion islamique. Littré aussi, mais c'est au mot Islamisme, avec le "même sens que celui de Chrétienté pour les pays chrétiens."
  33. a, b, c, d, e, f et g Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid, Robert Laffont, , 2126 p. (ISBN 9782221094655), p. 555 et 556
  34. Sylvette Larzul, « Les premières traductions françaises du Coran, (XVIIe-XIXe siècles) », Archives de sciences sociales des religions,‎ , p. 147-165 (ISSN 0335-5985, DOI 10.4000/assr.21429, lire en ligne)
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  36. 1615 L. Street et NW, « The Future of World Religions: Population Growth Projections, 2010-2050 », sur Pew Research Center's Religion & Public Life Project, (consulté le 10 juin 2017)
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  39. Il y a environ 20 millions de chrétiens parmi les Arabes
  40. Frédéric Joignot, « En France, des jeunes de plus en plus fidèles à l'islam », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  41. Etienne Jacob, « La population musulmane largement surestimée en France », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
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  43. Edouard-Marie Gallez, Le messie et son prophète, Aux origines de l'islam, Éditions de Paris, vol.1, p. 488.
  44. Monnot, G.. "Ṣalāt." Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2016.
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  46. Lafitte, Serge. Chiites et sunnites. Plon, 2007, p. 41.
  47. a, b et c Quentin Ludwig, L'islam, Eyrolles, coll. « Pratique », , 223 p. (ISBN 978-2212547672, lire en ligne), p. 121
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  51. a, b et c Serge LAFITTE, Chiites et sunnites, EDI8, (ISBN 9782750912673, lire en ligne)
  52. « Bohras », sur archive.mumineen.org (consulté le 1er août 2016)
  53. Tradition (hadith) rapportée par Mouslim dans son livre "As-sahih"
  54. « Is Belief in al-Mahdi Part of Islamic Creed? | eshaykh.com », sur eshaykh.com (consulté le 7 août 2016)
  55. a et b Mohammad Aboû Zahra, L'imam Ibn Hanbal : sa vie et son époque, ses opinions et son fiqh, Al Qalam, , 519 p. (ISBN 978-2-909469-65-2), p. 293
  56. Pour les témoignages de foi, le nom véritable de Mahomet doit être conservé en arabe s'il est utilisé, seul ses surnoms sont susceptibles d'être traduits
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  61. (ar) Abou Hanifa (trad. Moussaoui Mahboub), Les fondements de la foi sunnite, Sabil, , 174 p. (ISBN 2-914246-33-1), p. 18
  62. hadith rapporté par Abu Da'ud et al-Tirmidhi, donc figurant dans leur Sunan respectifs
  63. « BnF - L'aventure des écritures - Arrêt sur », sur classes.bnf.fr (consulté le 6 août 2016)
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  65. a, b et c Malcolm Clark et Malek Chebel (trad. Maylis Gillier), L'Islam pour les nuls [« Islam for dummies »] (Education), 75005 Paris, Editions First (Marie-Anne Jost), Broché (ISBN 978-2-7540-0531-9)
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  73. (en) « Le Livre révélé à Moïse : "kitâb", différent des "suhuf" de ce prophète ? », sur Maison-islam.com
  74. « L'arabe, la langue du Coran - Comprendre l'islam », sur Comprendre l'islam (consulté le 25 décembre 2015)
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  76. Littéralement, le Coran affirme que Mahomet ne savait ni lire, ni écrire : « Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n´en n´écrivais aucun de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. » (Coran, 29 ; 48)
  77. Usmani, Mohammad Taqi; Abdur Rehman, Rafiq (editor); Siddiqui, Mohammed Swaleh (translator) (2000). An approach to the Quranic sciences. Karachi: Darul Ish'at. p. 181–9.
  78. Schimmel, Annemarie; Barbar Rivolta (Summer, 1992). "Islamic Calligraphy". The Metropolitan Museum of Art Bulletin, New Series 50 (1): 3.
  79. Sohaib SULTAN, Le Coran poche Pour les Nuls, EDI8, (ISBN 9782754043267, lire en ligne)
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  109. Coran [70:4] Les Anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans.
  110. Par exemple, Sourate 14 (Ibrahim) : « au jour où la terre sera remplacée par une autre, de même que les cieux et où (les hommes) comparaîtront devant Allah, l'Unique, Le Dominateur Suprême. »
  111. Ref. Hadith : Le prophète a dit « Les gens seront ressuscités le jour de la Résurrection pieds nus et incirconcis » rapporté par al boukhari et mouslim.
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  117. ref, Hadith : Le prophète a dit : « Vous informerais-je de ce que nul prophète n'a dit auparavant au sujet de l'Antéchrist ? Il est borgne et il viendra avec ce qui ressemblera au Paradis et à l'Enfer. Ce qu'il prétendra être le Paradis s'avérera être l'Enfer. » rapporté par Boukhari et Mouslim
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  121. Par exemple, sourate 2 : La vache (Al-Baqara) : « Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l´exception d´Iblis qui refusa, s´enfla d´orgueil et fut parmi les infidèles. »
  122. Par exemple, sourate 18 : La caverne (Al-Kahf) : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges: "Prosternez-vous devant Adam", ils se prosternèrent, excepté Iblis [Satan] qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu´ils vous sont ennemis? Quel mauvais échange pour les injustes! »
  123. ref, Hadith : Le prophète a dit : « Les Anges sont créés à partir de la lumière et les djinns le sont à partir d'une flamme et Adam l'a été à partir de l'argile. » rapporté par Mouslim
  124. Sourate 3 (La famille d'Amram), verset 59 : « Pour Allah, Jésus est comme Adam qu´Il créa de poussière, puis Il lui dit "Sois": et il fut. »
  125. sourate IV, versets 157, 158.
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  128. Bible : Jésus a dit : Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. (St-Luc, 19 : 27). Dans le même sens, il a dit : Je ne suis pas venu apporter la paix (romaine non-dit linéairement), mais le glaive. (St-Matthieu, 10 : 34)
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  182. Par exemple, sourate 4 : Les Femmes (An-Nisaa) : « (Satan dit : -) Certes, je ne manquerai pas de les égarer, je leur donnerai de faux espoirs, je leur commanderai, et ils fendront les oreilles aux bestiaux; je leur commanderai, et ils altéreront la création d´Allah. (Dieu dit : -) Et quiconque prend le Diable pour allié au lieu d´Allah, sera, certes, voué à une perte évidente. »
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  188. Par exemple, sourate 5 : La table servie (Al-Maidah) : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d´Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d´une chute ou morte d´un coup de corne, et celle qu´une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu´elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu´on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd´hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion: ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd´hui, J´ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J´agrée l´Islam comme religion pour vous. Si quelqu´un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché... alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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