Théodore Géricault

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Théodore Géricault
Théodore Géricault by Alexandre Colin 1816.jpg

Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.

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Œuvres réputées

Théodore Géricault, né le 26 septembre 1791 à Rouen et mort le 26 janvier 1824 à Paris, est un peintre et sculpteur français.

Incarnation de l’artiste romantique, sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreux mythes. Son œuvre la plus célèbre est Le Radeau de La Méduse (1818-1819).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Un portrait d'enfant par Géricault, ici Alfred de Dreux. vers 1816

Théodore Géricault naît dans une famille aisée de Rouen, originaire de la Manche, à Saint-Cyr-du-Bailleul où un lieu-dit du même nom, l’« Hôtel Géricault » existe toujours. Il y reviendra régulièrement pendant de nombreuses années, notamment chez ses cousins à Saint-Georges-de-Rouelley. C’est là qu’il découvre le milieu équestre, future source d’inspiration et qu’il y peint sa première œuvre connue  : son autoportrait (1808). De nombreux tableaux du peintre sont restés dans cette famille. Mais une majorité d’entre eux ont été détruits lors des bombardements de 1944. Géricault y a fait également le portrait de son oncle normand, le conventionnel Siméon Bonnesœur-Bourginière (Minneapolis Institute of Arts[1]), et de son cousin Félix Bonnesœur-Bourginière.

Le père du peintre, Georges (1743-1828), magistrat et riche propriétaire terrien, tient une manufacture de tabac. Sa mère, Louise Caruel (1753-1808), fille d'un procureur du parlement de Normandie,descend d’une vieille et riche famille normande. Vers 1796, la famille Géricault s’installe à Paris, 96 rue de l'Université. Elève médiocre "paresseux par délices"[2]. En 1806, il entre au Lycée Impérial où il a pour professeur de dessin, le prix de Rome Pierre Bouillon. En 1807 son oncle maternelle Jean-Baptiste Caruel de Saint-Martin(1757-1847) banquier et collectionneur épouse Alexandrine-Modeste de Saint-Martin (1785-1875)[3] qui a 28 ans de moins que lui. Le couple encourage Théodore Géricault à suivre des études artistiques. Le peintre fortuné ne connaît pas de problèmes d’argent et n’a pas besoin de vendre ses œuvres pour vivre, excepté à la fin de sa vie, à la suite de mauvais placements[4].

Apprentissage et succès au Salon[modifier | modifier le code]

Le Portrait équestre du Lieutenant Dieudonné ou l'Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (1812)
un des deux "Cavalier blessé" de 1814

Théodore Géricault étudie en 1810, dans l’atelier du peintre Carle Vernet, spécialiste de scènes de chasse. Il y fait la connaissance de son fils, Horace Vernet. Il étudie ensuite avec Pierre-Narcisse Guérin avant de s’inscrire, le 5 février 1811, à l’École des Beaux-Arts de Paris. Géricault pratique alors assidument la copie au Musée Napoléon (le Louvre) où les toiles italiennes, le 'Martyre de Saint Pierre Mise au Tombeau Assomption d'après Titien, française Jouvenet, Le Sueur Rigaud,Prud'hon , flamandes "La peste de Milan" d'après Jacob van Oost, Portrait d'après Rembrandt, Van Dyck, Rubens ont été rassembllées par Napoléon 1er. Il alterne les études, des Académies de nus masculins où l'influence de Michel-Ange se remarque, avec de nombreux poirtraits de chevaux aux écuries dont celui de Tamerlan, le cheval de l'Empereur. Ses camarades d'atelier notent sont goût pour les textures épaisses et riches et le surnomment : "le Cuisinier de Rubens". Guérin voit en lui "l'étoffe de trois ou quatre peintres"[5].En mai 1812, Vivant Denon, le directeur du Musée Napoléon, exclu Géricault pour son inconduite. Géricault loue une arrière-boutique sur le boulevard Montmartre et peint "Le Portrait équestre du Lieutenant Dieudonné" en 5 semaines d'un jet qu'il présente au Salon. Dans cette toile aux couleurs sombres et vibrantes, on voit toute la virtuosité du jeune peintre, notamment dans le choix de la position héroîque et du dessin du cheval. Accroché à côté du "Portrait de Murat" du Baron Gros qui aurait dit: "D'où cela sort-il ? Je ne reconnais pas cette touche !". Géricault reçoit la médaille d'or du Salon à 21 ans. Célèbre, Géricault s'installe, au 23 de la rue des Martyrs, non loin de Carle et Horace Vernet. Il peint de nombreuses scènes militaires. Il est entouré de nombreux peintres et amis, Delacroix, Léon Cogniet, Ary Scheffer, son élève Louis-Alexis Jamar[6] , et de Dedreux-Dorcy[7], Deux ans plus tard, Géricault présente  : Cuirassier blessé quittant le feu (1814, musée du Louvre). Formant un contraste saisissant avec la toile de 1812. Elle représente un officier sur une pente avec son cheval, s’éloignant de la bataille. Son regard, tourné vers la tuerie qu’il vient de quitter, traduit le désarroi, la défaite. Une autre toile présente un cuirassier est à terre désarçonné. Dramatiques et monumentaux, ces deux portraits, suscitent un certain intérêt distant lors du Salon de 1814, dans un Paris occupé par les Alliés.

Un amour romantique et impossible[modifier | modifier le code]

En 1814, Théodore Géricault s'éprend de sa tante Alexandrine, qui n'a que 6 ans de plus que lui. De cette liaison, qui va durer plusieurs années et qui s’avère désastreuse pour l’artiste, naquit le un fils Georges-Hippolyte[8]. Il est déclaré à sa naissance inconnu de père et de la bonne Suzanne. Il est reconnu à la mort de Géricault, par le père de Géricault Georges-Nicolas[9].

Sans doute, pour fuir cet amour partagé, Géricault s'engage dans la "Compagnie des mousquetaires[10] gris du Roy" Louis XVIII. Il accompagne le Roi à Gand, pendant les Cent Jours et le retour de Napoléon. Il revient en France fin 1815, caché par son oncle Bonnesoeur-Bouguinière dont il fait alors le portrait.

Une fois le scandale familial étouffé, Géricault se présente au concours du grand prix de Rome où il échoue. Géricault décide, en 1816, de partir pour l’Italie à ses propres frais. Il est durablement impressionné par les peintres de la Renaissance italienne, en particulier Michel-Ange,Titien qu'il copie ainsi que par Pierre Paul Rubens, par le mouvement qu’il donne à ses œuvres. Son ami le peintre Schnetz lui fait rencontrer Ingres à la Villa Médicis .Géricault quitte Rome en 1817 pour Paris. Parmi ses contemporains, Géricault porte une admiration particulière pour Antoine-Jean Gros dont il copia les œuvres à plusieurs reprises[11]. Delacroix explique : " Géricault aussi avait l'admiration de Gros. Il n'en parlait qu'avec enthousiasme et respect. Il lui était beaucoup redevable dans son talent, quoique leurs deux talents fussent dissemblables. C'est surtout dans la représentations des chevaux que Grios a été son maître. Géricault a mieux rendu la force dans les chevaux, mais il n'a jamais su faire un cheval arabe comme Gros. Le mouvement, l'âme, l'œil du cheval, sa robe, le brillant de ses reflets, voilà ce qu'il a rendu comme personne."[12]

Peignant des portraits Louise Vernet, les enfants Dedreux, mais aussi des scènes de genre "Le marché aux bœufs" Géricault semble toujours hanté par l'Italie et Michel-Ange et Titien ou Jules Romain] tant il accentue les effets dramatiques du clair-obscur et l'anatomie. Il peint de nombreuses scènes militaires : Le train d'artillerie ou l'artillerie changeant de position avec une étonnante économie de moyens. Pour le salon, Géricault cherche un sujet.

Le Radeau de la Méduse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Radeau de La Méduse.
Études de mains et pieds Musée Fabre (1818-1819)

En 1819, un nouveau Salon s’ouvre au Louvre. Géricault veut réaliser une œuvre immense, spectaculaire. Cherchant son inspiration dans les journaux, il y découvre l’« affaire de la Méduse », catastrophe maritime peu glorieuse que la monarchie restaurée avait tenté d’étouffer. Le fait divers que le peintre évoque par sa toile est celui du naufrage d’une frégate, la Méduse, le 2 juillet 1816, au large des côtes du Sénégal. Le moment culminant choisi par Géricault dans cette dérive qui dura treize jours, est celui où une partie des naufragés survivants sur un radeau, voient au loin le navire qui vient les sauver, le brick Argus. Géricault peint cet instant dramatique, où les hommes encore valides se lèvent pour faire signe au navire qui point, à peine visible, à l’horizon.

Le peintre a trouvé son inspiration. Soucieux d’ancrer son œuvre dans la réalité, il prend connaissance du récit de deux survivants : Alexandre Corréard, l’ingénieur géographe de la Méduse, et Henri Savigny, le chirurgien du bord. Il fait construire une maquette grandeur nature du radeau dans son atelier et demande à sept rescapés de la dérive du radeau de venir poser pour lui. Il va jusqu’à exposer dans son atelier des restes humains. Grâce à l’entremise d’un ami médecin à l’hôpital Beaujon, proche de son atelier, Géricault peut obtenir des bras et pieds amputés, afin de les étudier. De même, il dessine plusieurs fois une tête décapitée, obtenue à Bicêtre, où se trouvait une institution qui était tout à la fois hospice, prison et asile d’aliénés. Selon Charles Clément, son biographe, une puanteur étouffante régnait parfois dans son atelier de la rue du Faubourg-du-Roule. Géricault travaille avec acharnement, pendant une année entière, à une œuvre de cinq mètres sur sept qui est, selon l’expression de Michel Schneider, « une leçon d’architecture autant qu’une leçon d’anatomie ».

Le Radeau de La Méduse est présenté au musée du Louvre en 1819. Lors de l’accrochage, le tableau est placé beaucoup trop haut, à côté d’autres œuvres immenses.

La toile est reçue difficilement par la critique qui feint l'incompréhension : "L'auteur n'a pas cru devoir indiquer la nation ni la condition de ses personnages. Sont-ils grecs ou romains ? Sont-ils turcs ou français ? Sous quel ciel naviguent-ils ? a quelle époque de l'histoire ancienne ou moderne se rapporte cette horrible catastrophe ?"[13] ou encore " ce cadre immense et ces dimensions colossales qui semblent réservés pour la représentation des événements d'un intérêt général, tels qu'une fête nationale, d'une grande victoire, le couronnement d'une souverain ou un de ses traits de dévouements sublimes qui honorent la religion, le patriotisme ou l'humanité."[14]

Pour Jules Michelet en 1847, dans ses cours au Collège de France, Géricault peint "le naufrage de la France, ce radeau sans espoir,où elle flottait, faisant signe aux vagues, au vide, ne voyant nul secours".[15]

Géricault reçoit néanmoins la commande d'une toile, dont il confie la réalisation à Delacroix.

Séjour en Angleterre[modifier | modifier le code]

Le derby d'Epsom, 1821 (musée du Louvre)
Cheval attaqué par un lion d'après une gravure de Stubbs.Musée du Louvre
Cheval attaqué par un lion gravure de Stubbs. (1788)
Mazeppa, une des dernières toiles de Géricault avant sa mort, la légende de Mazzeppa, le jeune amant surpris avec la reine est condamné à être attaché nu sur un cheval fou dans la steppe jusqu'à sa mort.

Éreinté par la critique française, et en but avec sa famille, Géricault quitte Paris pour l’Angleterre où le Radeau de la Méduse est présenté outre-manche. La toile est applaudie par la presse anglaise - pour les raisons inverses, en miroir des critiques françaises - et le public, avec plus de 40 000 visiteurs ! D’avril 1820 à novembre 1821, il voyage en Angleterre et découvre à la fois les grands paysagistes anglais, dont Constable et Turner, et les courses de chevaux ; ce fut derechef toute une nouvelle série d’œuvres inspirée par « la plus grande conquête de l’homme » dont notamment le Derby d’Epsom (musée du Louvre). Le thème du cheval est un sujet central de son œuvre du début et surtout de la fin de sa vie. Il copie en particulier les œuvres de George Stubbs et de Ward. Et réalise de nombreuses lithographies de chevaux et de scènes de rues de la vie londonienne.

L'architecte anglais Cockerell témoigne dans son journal intime de son admiration pour le peintre français et nous livre son portrait : "admiration pour son talent et sa modestie (..)son profond sentiment de pitié, son pathétique,à la fois la vigueur le feu et la vitalité de son oeuvre (..) à la fois profond et mélancolique, sensible, vie singulière, comme celles des sauvages américains dont on parle dans les livres, baignant dans la torpeur pendant des jours et des semaines puis se livrant à des actions violentes, chevauchant, se précipitant se lançant s'exposant à la chaleur au froid toutes sortes de violences (...) Géricault n'a pas présenté dix oeuvres au public pourtant sa réputation est grande."[16]

Dernières années[modifier | modifier le code]

La mort de Géricault, par Ary Scheffer. À son chevet, figurent ses amis le colonel Bro de Comères et le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy.

En décembre 1821, le peintre revient à Paris, après être tombé malade en Angleterre. il ne se débarrasse pas de son état[17]. Son ami médecin-chef de la Salpêtrière et pionnier en études psychiatriques, Étienne-Jean Georget, lui propose de peindre les portraits de dix malades mentaux. De cette série il reste six toiles dont le monomane du Vol ou le Vendéen, portrait d'un saisissant réalisme d'un homme traumatisé par la Guerre civile de Vendée.

Outre ses peintures à l’huile, Géricault réalise également des lithographies, des sculptures, rares mais remarquables, et des centaines de dessins.

En 1822, Géricault a une relation suivie avec une certaine " Madame Trouillard", à qui il confie être malade.[18]. Bien qu'épuisé, Géricault continue de vivre "comme s'il était dans la plénitude de ses forces alors que les ravages d'une maladie dont le ferment était depuis plusieurs années dans son sang réapparut"[19]

Il tombe plusieurs fois de cheval, et se brise le dos en Août 1823.en tombant rue des Martyrs à Paris. Il est alité paralysé. Les médecins diagnostiquaient une phtisie de la colonne vertébrale [20]

Il meurt le 26 janvier 1824, après une longue agonie due officiellement à cette chute de cheval[21] ou plus probablement à une maladie vénérienne[22], ce qui fit dire au philosophe et critique d'art Élie Faure que « Géricault est mort d'avoir trop fait l'amour »[23].

Dans son Journal Eugène Delacroix décrit ainsi Géricault qu'il a connu : "Il a gaspillé sa jeunesse ; il était extrême en tout ; il n'aimait à monter que des chevaux entiers, et choisissait les plus fougueux. Je l'ai vu plusieurs fois au moment où il montait en selle; il ne pouvait presque le faire que par surprise; à peine en selle, il était emporté par sa monture. Un jour que je diner avec lui et son père, il nous quitte avant le dessert pour aller au bois de Boulogne. Il part comme un éclair, n'ayant pas le temps de se retourner pour nous dire bonsoir, et moi de me remettre à ta table avec le bon vieillard. Au bout de dix minutes nous entendons un grand bruit : il revenait au galop ; il lui manquait une des basques de son habit ; son cheval l'avait serré, je ne sais où, et lui avait fait perdre cet accompagnement nécessaire. Un accident de ce genre fut la cause déterminante de sa mort. Depuis, plusieurs années déjà, les accidents, suite de la fougue qu'il portait en amour comme en tout, avaient horriblement compromis sa santé ; il ne se privait pas pour cela tout à fait du plaisir de monter à cheval. un jour dans une promenade à Montmartre, son cheval s'emporte et le jette à terre. (...) Cette accident lui causa une déviation dans l'une des vertèbres "[24]

Puis sa dernière visite à Géricault le mardi 30 décembre 1823 : " Il y a quelques jours, j'ai été le soir chez Géricault. Quelle triste soirée.Il est mourant ; sa maigreur est affreuse. Ses cuisses sont grosses comme mes bras. Sa tête est d'un vieillard mourant. Je fais des vœux bien sincères pour qu'il vive, mais je n'espère plus. Quelle affreux changement. Je me souviens que je suis revenu tout enthousiasmé de sa peinture : surtout une étude de tête de carabinier. S'en souvenir. C'est un jalon. les belles études. Quelle fermeté. Quelle supériorité. Et mourir à côté de cela, qu'on a fait toute la vigueur et la fougue de la jeunesse, quand on ne peut se retourner sur son lit d'un pouce sans le secours d'autrui !"[25]

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans le caveau des Isabey en 1824, puis après la mort de son père déplacé dans le tombeau familial avec celui-ci en 1828.

Alexandrine Caruel de Saint-Martin meurt en 1875, dans sa propriété au Chesnay.

Un mythe romantique[modifier | modifier le code]

Tombeau de Théodore Géricault (1791-1824), réalisé par Antoine Étex en 1839-1840 – soit quinze ans après la mort du peintre – et financé par son fils naturel, Georges-Hippolyte Géricault.

La figure plus ou moins extravagante de Géricault - cavalier - héroïque - amant - vu par ses contemporains devient une des figures du romantisme une vingtaine d'année après sa mort[26]. Jules Michelet écrit sa vie dans son "Journal 1828-1848" et consacre un long passage au peintre dans son Cinquième Cours au Collège de France. Il voit dans le peintre un "peintre-magistrat", un juge sévère du Premier empire qui "dans les mélanges bâtards de la Restauration, conserva ferme et pure la pensée nationale.Il ne subit pas l'invasion, ne donna rien à la réaction". Géricault est un homme seul, génie pathétique et désespéré, pris dans des amours éphémères et des amitiés légères et envieuses alors que la France fait naufrage.[27]. Prosper Mérimée copie les figures de chevaux d'après Géricault[28], Alexandre Dumas écrit sur lui [29]. Delacroix écrit ses souvenirs de Géricault. Son fils Georges-Hippolyte Géricault lui consacre alors une tombe particulière au Père-Lachaise en 1840.

L'homme-cheval[modifier | modifier le code]

Le masque mortuaire de Géricault, on remarque l'extrême maigreur du visage, les yeux rétractés au fond des orbites.

La tombe est surmontée d'une statue de bronze ainsi qu’un bas-relief représentant Le Radeau de La Méduse, tous deux signés Antoine Étex. Pour ce dernier, Géricault est l'unique artiste depuis Phidias et l'Antiquité Grecque à avoir su dessiner les chevaux, jusqu'à proposer une étrange psycho-physionomie de l'artiste. Il affirme dans sa sixième leçon de son Cours de dessin : "Deux hommes ont peint le cheval, Gros y a largement touché: mais un seul l'a bien rendu, dans ses mouvements, dans sa fougueuse vie, dans ses mouvements, c'est Géricault (...) Géricault, c'est le cheval incarné.(...), il semble que l'âme d'un cheval soit venue se loger dans le corps d'un homme.Tous ses chevaux sont si vivants dans sa peinture, et de vraies races chevalines ! Il y a une chose singulière; j'ai sculpté Géricault, j'ai étudié son type; si on regarde sa tête, son masque moulé sur nature après sa mort, on trouve qu'il y a quelque chose qui se rapproche un peu de l'anatomie de la tête du cheval: il n'a pas le nez, les pommettes d'un homme ordinaire."[30]

À la fin du XXe siècle, la vie de Géricault est lue au travers de la psychanalyse, des interactions des pulsions de mort et de vie, du romantisme comme scandale, de la figure de l'inceste entre Géricault et sa tante Alexandrine en vis à vis du Radeau de la Méduse, singulièrement mis en avant par l'écricain Hervé Guibert, mort du Sida[31].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Une statue de bronze d’Antoine Étex orne la tombe de Théodore Géricault au cimetière du Père-Lachaise.
  • Cheval écorché ;
  • Cheval arrêté par un homme ;
  • Nymphe et Satyre ;
  • Bœuf terrassé par un tigre ;
  • Nègre brutalisant une femme ;
  • Statue équestre de l’empereur Alexandre ;
  • Lion au repos ;
  • Cavalier Antique ;
  • Écorché.

Références en littérature[modifier | modifier le code]

Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures dont des Géricault : « Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribeira, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Téniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. » (chapitre IX)

Théodore Géricault est le personnage principal du roman de Louis Aragon, paru en 1958, La Semaine Sainte.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.artsmia.org/viewer/detail.php?v=12&id=1587
  2. Philippe Grunchec,Tout Géricault, Flammarion paris 1981 p. 3
  3. petite-fille de Didier de Saint-Martin, Gouverneur des Îles de France (Maurice) et Bourbon (Réunion) puis Syndic de la Compagnie des Indes, de parents créoles, elle est orpheline de père Etienne de Saint-Martin,(né à l'Île Maurice en 1729) officier Gendarme des gardes du Roy puis Lieutenant des Gardes Françaises (décédé sans doute vers 1800) et de mère Alexandrine Jeanne Emilie de Vermonet (décédée le 19 janvier 1801 à Paris mariée à la Réunion en 1778)
  4. Son agent de change fit faillite in Eugène Delacroix, Journal,, éditions José Corti 2009, p. 1741
  5. idem note précdente p. 4
  6. qui a posé nu pour Le Radeau de la Méduse,seul modèle vivant au milieu des cadavres prêtés par l'hôpital Cochin,
  7. le modèle de la toile Artiste dans son atelier.
  8. il décédait le 31 décembre 1882 à Bayeux
  9. ainsi Georges-Hippolyte retrouvait son nom et l'héritage de son père et grand-père !
  10. crée le 6 Juillet 1814 et dissoute le 1 janvier 1816, la compagnie était constituée de 15 personnes !
  11. Voir par exemple le Portrait équestre de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie (1784-1814), vers 1812-1814, huile sur toile, 48 × 38 cm, musée national Eugène-Delacroix, Paris, d'après le tableau éponyme d'Antoine Jean Gros, cité par Dominique de Font-Réaulx,Un Géricault chez Delacroix, in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, mars/avril/mai 2014, no 27.
  12. in Eugène Delacroix, Journal,, éditions José Corti 2009, p. 1470
  13. Le Journal de Paris cité voir note 2
  14. Les Annales du Musée de Landon cité voir note 2
  15. in Jules Michelet, Cours professé du Collége de France 1847-1848 p 140 et 141 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k836887/f189.zoom
  16. in André Guyaux,Sophie Marchal, La vie romantique: hommage à Loïc Chotard, Paris Presse Universitaire de la Sorbonne, 2003, p161
  17. soigné par "des vétérinaires anglais la tache déplorable de déraciner un mal déplorable" in Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne: supplément, ou Suite ..., Volume 65 París, 1838, p 298 https://books.google.fr/books?id=CFCKG1VoJu8C&pg=PA298&dq=G%C3%A9ricault+chute+de+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CCUQ6AEwATgeahUKEwipltLG2IrHAhWECNsKHQAqAHo#v=onepage&q=G%C3%A9ricault%20chute%20de%20cheval&f=false
  18. En 1985 aparaissaient à Drouot 5 lettres d'amour de Géricault et 9 réponses de Mde Trouillard" in Italo Rota, Jean-Thierry Bloch, Géricault,Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris,1991 - 409 p
  19. in Sainte-Preuve,Biographie universelle et portative des contemporains: ou dictionnaire ...1834, p1861 https://books.google.fr/books?id=lB-wGysAVagC&pg=PA1864&dq=G%C3%A9ricault+chute+de+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CEgQ6AEwB2oVChMIupmP7NCKxwIViJbbCh0ThApF#v=onepage&q=G%C3%A9ricault%20chute%20de%20cheval&f=false
  20. c'est à dire une tuberculose osseuse, voir in Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne: supplément, ou Suite ..., Volume 65 París, 1838, p 298 https://books.google.fr/books?id=CFCKG1VoJu8C&pg=PA298&dq=G%C3%A9ricault+chute+de+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CCUQ6AEwATgeahUKEwipltLG2IrHAhWECNsKHQAqAHo#v=onepage&q=G%C3%A9ricault%20chute%20de%20cheval&f=false
  21. Dictionnaire de conversation a l'usage des dames et des jeunes filles..., Volume 6, p210 voir https://books.google.fr/books?id=IAmTXaSdXC8C&pg=PA219&dq=G%C3%A9ricault+chute+de+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CEoQ6AEwCDgKahUKEwjR5Yzh1IrHAhXoCNsKHbnZBEc#v=onepage&q=G%C3%A9ricault%20chute%20de%20cheval&f=false
  22. in David et son école, Revue étrangére de la littr̄ature, des sciences et des arts, Volume 6, p 104 -https://books.google.fr/books?id=ul9EAQAAMAAJ&pg=PA104&dq=G%C3%A9ricault+chute+de+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CB8Q6AEwADgKahUKEwjR5Yzh1IrHAhXoCNsKHbnZBEc#v=onepage&q=G%C3%A9ricault%20chute%20de%20cheval&f=false
  23. Charles Clément, Géricault, Paris, Didier, 1868, p. 8.
  24. in Eugène Delacroix, Journal,, éditions José Corti 2009, p. 1740
  25. in Eugène Delacroix, Journal,, éditions José Corti 2009, p. 110
  26. Eliane Reynold de Seresin, Théodore Géricault, le père du romantisme français: La fougue et la passion ...50 minutes , p. 13
  27. idem note 15 Cinquième Leçon
  28. in, Robert Baschet,Du romantisme au second empire, Mérimée: (1803-1870), Nouvelles éditions Latines, 1958 p. 37
  29. in Alexandre Dumas, Mes mémoires, 1863
  30. in Antoine Etex, sixième leçon, Beaux Arts: Cours public fait à l'association polytechnique ... Dix leçons ... p.133 https://books.google.fr/booksid=NS06AQAAMAAJ&pg=PA133&dq=etex+homme+cheval&hl=fr&sa=X&ved=0CC8Q6AEwA2oVChMI5vnh4ryKxwIVZWvbCh39lAQJ#v=onepage&q=etex%20homme%20cheval&f=false
  31. in Bruno Chenique,Actes du colloque La vie romantique: Hommage à Loïc Chotard,PUS, 2003 p. 166
  32. d'après le tableau éponyme d'Antoine Jean Gros, acquis par le musée en novembre 2013, auparavant dans une collection particulière.
  33. Présenté au Salon de Douai en 1823.
  34. Il s'agit d'une copie exécutée d'après une lithographie de Léon Cogniet, elle-même reproduisant en l'inversant le tableau peint par Géricault conservé au Louvre Chevaux de poste à la porte d'une écurie dans laquelle la composition est complétée d'un postillon abreuvant ses chevaux avec un seau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Aimé-Azam, La Passion de Géricault, Paris, 1970.
  • Aldaheff, Albert, The Raft of the « Medusa », Munich, Berlin, Londres, New York, Prestel, 2002.
  • Gilles Buisson, Géricault, de Mortain à Paris ; le conventionnel Bonnesœur-Bourginière, oncle de Géricault, préface de Denise Aimé-Azam, 18 p., OCEP, Coutances, 1986 ISBN 2-7134-0010-4(BR) : 30 F
  • Gilles Buisson, Le duc de Trévise, passionné de Géricault à Mortain en 1924, Revue de l’Avranchin et du pays de Granvillen, tome LXVIII, no 348, septembre 1991, no 463-495, et no 449, décembre 1991, p. 541-576
  • Gilles Buisson, Troubles psychopathologiques dans la famille mortainaise de Géricault, La Méduse, feuille d’information de l’Association des amis de Géricault, no 12, décembre 2003
  • Bruno Chenique, « Géricault, une vie et Lettres et documents », I:261-308 in Géricault, catalogue d’exposition édité par Régis Michel, 2 vol. Paris, 1991-1992.
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  • Charles Clément, Géricault, étude critique et biographique. Paris, Géricault, catalogue d’exposition. Los Angeles County Museum of Art, 1971.
  • George Oprescu, Géricault, monographie, 1927, édition française : Paris, La Renaissance du Livre, collection À travers l'Art français, 1927, 217 p.
  • Léon Rosenthal, Du Romantisme au Réalisme. Paris, réédition Macula, 1987.
  • Michel Schneider, Un rêve de pierre: Le Radeau de la Méduse. Géricault. Paris, Gallimard, NRF, 1991.
  • Jean Sagne, Géricault, Biographie, Fayard.
  • Géricault, Catalogue rétrospective du Grand Palais, 1991-1992, éd. Musée Nationaux.

Roman

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]