Médersa

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Médersa d'Ulugh Beg à Samarcande, en Ouzbékistan actuel, vers 1912, photographie de Sergueï Prokoudine-Gorski.

Une médersa, ou madrassa (arabe : مدرسة, madrasa, pl. مدارس, madāris), ou école coranique, est une université théologique musulmane.

Elles sont toujours administrées en waqf, fondation pieuse[1]. Les plus remarquables d'entre elles sont les Medersas mérinides du Maroc, plus précisément de la ville de Fès, et dont l'architecture est particulièrement remarquable[2].

Cette appellation est à rapprocher de l'hébreu Midrash (מדרש), dont la racine signifie examiner, interroger en profondeur.

On trouve les formes :

  • medrese, réservé aux écoles primaires, en Turquie ;
  • madresé, en Iran (persan : madreseh, مدرسه).

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine une médersa est un établissement d'enseignement (proche des universités médiévales) fondé pour la première fois aux alentours du Ve siècle de l'Hégire pour assurer l'enseignement supérieur religieux et diffuser les doctrines sunnites. Habituellement, les élèves étaient logés dans l'établissement, et les services du waqf les prenaient en charge pour leur permettre de se consacrer à leurs études. Une autre de leurs caractéristiques est que les enseignants y étaient nommés par l'État.

La première madrasa fut fondée à Bagdad au XIe siècle de l'ère chrétienne par le vizir persan Nizam al-mulk.

Développement[modifier | modifier le code]

Outre les madrassa en Iran, on trouve des madrasas en Anatolie sous les Seldjoukides puis sous les Ottomans, en Syrie et en Égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks, mais surtout au Maroc avec la plus importante d'entre elles, la Médersa Bou Inania de Fès.

Les madrasas anatoliennes de la période seldjoukide se caractérisent par leur matériau, la pierre et par leur cour étroite, voire inexistante en raison du climat froid de la région. Le portail est généralement prétexte à une débauche de décor sculpté. La tradition de la madrasa se poursuit en Anatolie aux xive et xve siècles, puis sous les Ottomans, ces édifices sont intégrés à d'immenses complexes.

Les Ayyubides fondèrent de nombreuses madrasas pour contrer le chiisme après la disparition des Fatimides en Égypte. Salah al-Din notamment, en fit construire de nombreuses au Caire et en Syrie, comme la madrasa Firdaws à Alep (1243). On trouve peut-être encore des influences anatoliennes dans ces bâtiments.

Bou Inania Madrasa, à Fes

C'est sans doute à l'époque mamelouke que naquit le concept d'un iwan par rite, comme cela est expliqué dans l'acte de waqf du complexe de Sultan Hasan. À cette époque, les madrasas étaient liées aux grands complexes sultaniens et émiraux. C'est dans celui de Qala'un que se trouve la première madrasa mamelouke bien conservée, mais celle du complexe de sultan Hasan est sans doute la plus belle.

À Ispahan se trouve la plus ancienne madrasa conservée, la Shah-i Mashhad, datée de 1175. On en connaît de nombreuses dans tout le grand Iran et en Inde, jusqu'au xviie siècle au moins. Dans ces régions particulièrement troublées, elles servaient mieux qu'ailleurs à diffuser les diverses propagandes. On en connaît aussi bien des Sunnites que des Chiites.

L'apparition de la madrasa au Maghreb est tardive (pas avant la dynastie Mérinide), et a lieu dans un contexte de soufisme vivace. De rite principalement malikite, ces établissements servent principalement à étendre le soufisme à des populations nomades souvent encore non islamisées. On en trouve de nombreux exemples magnifiques notamment à Fez, comme la madrasa Attarin, la madrasa Bu' Inaniyya, ou encore à Tlemcen avec la Medersa Khaldouniya.

En Espagne, l'enseignement avait lieu principalement dans les mosquées. On ne connaît donc qu'une seule madrasa dans cette région, qui dénote une importante influence mérinide : le palais de la Madraza (en) ou Madrasa Yusuf Ier à Grenade, décorée de stucs peints.

Exemples[modifier | modifier le code]

Cas des Comores[modifier | modifier le code]

Dans la République fédérale islamique des Comores (RFIC), puis dans l'Union des Comores, les medersas sont vues comme un modèle possible d'éducation démocratique[3] sans discrimination car touchant supposément tout le monde. Aussi à partir de 1976, les autorités des îles indépendantes y ont fait inscrire des activités d'éveil pour les jeunes préscolaires. Depuis 1994, il existe un projet pour étendre les disciplines d'enseignement mais les maîtres s'y refusent sans contreparties financières.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ahmed Tahiri Jouti, « L’institution des waqf et la finance islamique », Les cahiers de l'Islam,‎ (lire en ligne)
  2. Umfrance, « Les médersas de Fès », sur www.umfrance.fr (consulté le 4 octobre 2017)
  3. Enquête à indicateurs multiples (MICS 2000), Ministère du Plan de la RFIC
  4. arabe : baraka muḥammad, بركة محمد, bénédiction sur Muhammad

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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