Oqba Ibn Nafi al-Fihri

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Oqba Ibn Nafi
عقبة بن نافع
Oqba Ibn Nafi al-Fihri
Statue d'Oqba Ibn Nafi à Biskra, en Algérie.

Naissance 622
La Mecque
Décès 683 (à 61 ans)
Sidi Okba (près de Biskra)
Mort au combat
Origine Banu Fihr
Allégeance Califat Rachidun
Califat Omeyyade
Grade Émir
Conflits Conquête musulmane du Maghreb
Autres fonctions Gouverneur de la province d'Ifriqiya (666-674 / 681-683)

Oqba Ibn Nafi[1] (arabe : عقبة بن نافع‎ ʿUqbah ibn Nāfiʿ), né en 622 à La Mecque, et mort en 683 à Sidi Okba[2], est un gouverneur et général arabe au service du califat Rachidun depuis le règne d'Omar, puis plus tard, le califat Omeyyade sous les règnes de Muʿawiya Ier et Yazīd Ier, connu pour avoir mené la conquête musulmane du Maghreb. Il est le neveu de Amr ibn al-As, et est souvent surnommé al-Fihri en référence aux Banu Fihr, un clan lié aux Quraych.

Oqba a accompagné Amr ibn al-As dans la capture de villes au Maghreb, commençant avec Barqa, puis procédant à la Tripolitaine en 644. En 670, maintenant nommé émir, Oqba a commandé une armée musulmane en Ifriqiya, traversant les déserts égyptiens, et créant des postes militaires à intervalles régulières sur la route. Dans la région de l'actuelle Tunisie, il a fondé la ville de Kairouan, qu'il a utilisé comme base pour de futures opérations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Oqba Ibn Nafi est le fondateur de la grande Mosquée de Kairouan.

Oqba Ibn Nafi est né au sein du clan des Banu Fihri de la tribu des Quraych. Il est le neveu d'Amr ibn al-As[3], lieutenant du calife omeyyade Muʿawiya Ier, et gouverneur de l'Égypte.

Les premiers raids musulmans en Ifriqiya ont lieu en 647[4]. En 644, Oqba mène une campagne militaire victorieuse qui lui livra le Fezzan[5]. L'Ifriqiya tombe ensuite sous le joug omeyyade. Le calife omeyyade lui en confie le gouvernement en 666.

En 670, il fonde la ville de Kairouan, sur la ligne de confrontation entre Byzantins et musulmans. Il y édifie la Grande Mosquée de Kairouan[6].

La légende rapporte, que sur l'emplacement de la future Kairouan, un soldat de Oqba aurait trébuché sur une coupe en or enterrée dans le sable. Cette coupe aurait été reconnue comme ayant disparue de La Mecque quelques années plus tôt, et lorsqu'on la déterra, une source d'eau aurait jailli, donnant une eau qui serait venue de la même source que celle sacrée de Zamzam de la Mecque[7]. Cette histoire a fait de Kairouan un lieu de pèlerinage, puis une ville sainte (la Mecque du Maghreb), et la ville la plus importante d'Afrique du Nord.

En 675, Oqba est rappelé en Égypte et remplacé par un autre chef musulman : l'émir Abu al-Muhajir Dinar, mais il reprend son poste en 681-682, sous le règne du calife Yazid Ier[8].

Mort[modifier | modifier le code]

En 683, Il réalise une expédition, partant de l'Ifriqiya, atteignant l'océan Atlantique, et marchant jusqu'au rivières de Drâa et Souss (toutefois, l'étude critique des textes montre que cette expédition n'a pas dû dépasser la vallée du Chelif, et que la mer devant laquelle son chef prend Dieu à témoin de ne pouvoir avancer au-delà ne serait que la Méditerranée)[9].

Au retour de cette expédition, il est tué lors d'une embuscade tendue par une armée berbère et byzantine, menée par le chef berbère Koceïla. Il est mort au côté de son principal rival, Abu al-Muhajir Dinar. Ses armées ont évacué Kairouan, et se sont retirées à Barqa, en Libye[10]. D'après le récit d'Ibn Khaldoun, « ce fut Kahina qui poussa les Berbères de Tehouda à tuer Oqba Ibn Nafi pendant qu’il traversait la plaine qui s’étend au midi de l'Aurès »[11].

Son tombeau se trouve au centre de l'agglomération de Sidi Okba, à Biskra, en Algérie.

Référencement[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. aussi nommé Uqba ibn Nafi, Uqba bin Nafe, Uqba ibn al Nafia, ou Akbah. Nom complet : عقبة بن نافع بن عبد القيس القرشي االفهري / ʿUqba b. Nāfiʿ b.ʿAbd al-Qais al-Qurašī al-Fihrī
  2. (en) Nagendra Kr Singh, International encyclopaedia of Islamic dynasties: (a continuing series), Anmol Publ., (ISBN 9788126104031, lire en ligne), p. 1006
  3. (en) Nagendra Kr Singh, International encyclopaedia of Islamic dynasties: (a continuing series), Anmol Publ., (ISBN 9788126104031, lire en ligne), p. 112
  4. Pierre Daillier, Terre d'affrontements: le sud-tunisien, la ligne Mareth et son étrange destin, Nouvelles Editions Latines, (ISBN 9782723302746, lire en ligne), p. 29
  5. Pierre Pinta, La Libye, Karthala, (ISBN 9782845867161, lire en ligne), p. 179
  6. Markus Hattstein et Peter Delius, Islam: art and architecture, éd. Könemann, Cologne, 2000, p. 132
  7. Places of peace and power - Kairouan, Tunisia - Sacredsites.com
  8. Jacques Thiry, Le Sahara libyen dans l'Afrique du nord médiévale, Peeters Publishers, (ISBN 9789068317398, lire en ligne), p. 112
  9. Philippe Conrad, « La conquête musulmane de l'Occident », Nouvelle Revue d'Histoire,‎ (lire en ligne)
  10. (en) Jonathan Conant, Staying Roman : conquest and identity in Africa and the Mediterranean, 439–700, Cambridge New York, Cambridge University Press, (ISBN 0521196973), p. 280–281
  11. Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin de Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, Imprimerie du gouvernement, , 540 p. (lire en ligne), p. 193

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]