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Le Mystère d'Edwin Drood

Couverture du numéro du 6 septembre 1870 par Charles Allston Collins.

Le Mystère d'Edwin Drood (The Mystery of Edwin Drood) est le quinzième et dernier roman de Charles Dickens, mort subitement en avant qu'il puisse le compléter, épuisé par une tournée d'adieu de douze lectures publiques de ses œuvres. Seules six des douze livraisons mensuelles projetées ont été publiées par Chapman & Hall d'avril à , avec des illustrations de Samuel Luke Fidles et une couverture de Charles Allston Collins. Paru en volume le 31 avril de cette même année avec des illustrations de Marcus Stone, le roman, quoique donnant quelques indications sur la suite qui lui aurait été destinée, laisse de nombreux mystères, que critiques et écrivains s'essayent à élucider sans discontinuer depuis 1870.

L'histoire se déroule à Cloisterham, ville imaginaire inspirée à Dickens par Rochester, dans le Kent, dont la topographie, l'architecture et l'atmosphère, bien connues de lui, qui a passé une partie de son enfance dans la ville voisine de Chatham, sont fidèlement évoquées. Elle concerne surtout le jeune Edwin Drood, orphelin promis par testament à Rosa Bud, elle aussi orpheline, union assortie d'une coquette fortune. Edwin Drood est très lié à son oncle Jasper, personnage divisé, adepte des fumeries d'opium de Londres, ainsi que chantre, maître de chœur à la cathédrale de la ville et secrètement amoureux de sa future nièce. D'autres personnages assez mystérieux, comme les jumeaux Neville et Helena Landless, venus de Ceylan, compliquent les relations liant les divers acteurs de l'histoire.

Edwin et Rosa finissent par renoncer à leur union ; soudain, Edwin disparaît, et le manuscrit s'interrompt bientôt ; faute de suite, commence ce que Paul Schlicke a appelé « l'industrie de la résolution du mystère », qui se désigne aussi par « la littérature droodienne » (Droodian literature), longue série d'investigations, d'hypothèses, de solutions et fins en tous genres ; les spéculations, d'ailleurs, continuent à alimenter la chronique des faits divers de la littérature, le dernier avatar en étant l'adaptation télévisuelle du roman en deux parties, avec une suite annoncée comme « définitive », que BBC2 diffuse les 10 et .

Pour autant, le dernier livre de Dickens, qui, certes, s'apparente à un roman policier, peut aussi être lu comme la « culmination des thèmes et des motifs de ses précédents ouvrages » (« the culmination of themes and motifs in his earlier works »), ce que d'éminents critiques comme Edmund Wilson et Angus Wilson s'attachent à analyser.

Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe en novembre 1848

Edgar Poe (Boston, - Baltimore, ) est un poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur américain, ainsi que l'une des principales figures du romantisme américain. Connu surtout pour son poème Le Corbeau (1845) et ses contes; Histoires extraordinaires en 1856) — genre dont la brièveté lui permet de mettre en valeur sa théorie de l'effet, suivant laquelle tous les éléments du texte doivent concourir à la réalisation d'un effet unique —, il a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse et est considéré comme l’inventeur du roman policier avec des nouvelles comme La Lettre volée et Double assassinat dans la rue Morgue . Par ailleurs nombre de ses récits relèvent du fantastique (Metzengerstein - Les Aventures d'Arthur Gordon Pym) ou préfigurent le genre de la science-fiction (Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall).

L'influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l'ensemble du monde, non seulement sur la littérature, mais également sur d'autres domaines artistiques tels le cinéma et la musique, ou encore dans des domaines scientifiques. Auteur américain, il ne fait pas exception au proverbe qui dit que nul n’est prophète en son pays, car il a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. La critique contemporaine le place parmi les plus remarquables écrivains de la littérature américaine du XIXe siècle.

Jean-Patrick Manchette

Jean-Patrick Manchette, né le à Marseille, mort le à Paris, est un écrivain français, auteur de romans policiers, critique littéraire et de cinéma, scénariste et dialoguiste de cinéma, et traducteur. Reconnu comme l'un des auteurs les plus marquants du polar français des années 1970-1980, il est également connu pour ses opinions d'extrême gauche. Sur la couverture de la plupart de ses ouvrages, il est crédité en tant que J.P. Manchette, ou J-P Manchette.

Militant d'extrême-gauche pendant la guerre d'Algérie et auteur d'articles et de dessins pour le journal La Voie communiste, il s'écartera ensuite de l'action sur le terrain et se verra fortement influencé par les écrits de l'Internationale situationniste.

Son ambition initiale est de devenir scénariste pour le cinéma. Dans l'espoir d'y parvenir, il se lance dès 1965 dans une série de travaux alimentaires nombreux et variés : scénarios de courts métrages, écriture de synopsis, puis de deux films sexy pour Max Pécas (Une femme aux abois / La Prisonnière du désir et La Peur et l’amour). En 1968, il rencontre son premier succès en rédigeant, avec Michel Levine, les scénarios et dialogues de onze épisodes de la série télévisée Les Globe-trotters réalisée par Claude Boissol. Parallèlement, il écrit des novélisations de films à succès (Mourir d’aimer, Sacco et Vanzetti), et d’épisodes des Globe-trotters, des romans pour la jeunesse, des romans d'espionnage, etc. Seul ou avec son épouse Mélissa, il s'attaque également à la traduction de nombreux ouvrages de langue anglaise, majoritairement des romans policiers ou des livres sur le cinéma (mémoires de Pola Negri, biographies de Humphrey Bogart ou des Marx Brothers...).

Sherlock Holmes

Sherlock Holmes - The Man with the Twisted Lip.jpg

Sherlock Holmes est un personnage de fiction créé par Sir Arthur Conan Doyle dans le roman policier Une étude en rouge en 1887.

Détective privé et consultant doté d'une mémoire remarquable pour tout ce qui peut l'aider à résoudre des crimes en général, il a très peu de savoirs dans les domaines de la connaissance qu'il estime inutiles à son travail. Lors de ses enquêtes, relatées dans les 4 romans et les 56 nouvelles qui forment ce qu'on appelle le canon, il est fréquemment accompagné du docteur Watson.

Personnage très « typé », Sherlock Holmes est devenu l'archétype du « private detective » pour des générations d'auteurs populaires de roman policier sauf peut-être de Hercule Poirot « qui n'apprécie guère de fureter à quatre pattes et ne fait confiance qu'à ses « petites cellules grises », clin d'œil récurrent fait par Agatha Christie à son illustre prédécesseur.</ref>, éclipsant ses ancêtres historiques que furent le Chevalier Auguste Dupin d'Edgar Allan Poe et Monsieur Lecoq d'Émile Gaboriau, personnages auxquels Arthur Conan Doyle fait pourtant référence dans son œuvre.

John Dickson Carr

John Dickson Carr (Uniontown, Pennsylvanie, - Charlottesville, Virginie, ) est un écrivain américain de roman policier. Agatha Christie se disait « presque toujours piégée » par l'ingéniosité de ses intrigues.

Admirateur de G. K. Chesterton et de Conan Doyle, John Dickson Carr publie la majeure partie de son œuvre sous son patronyme, mais utilise également les pseudonymes de Carter Dickson, notamment pour les aventures de Sir Henry Merrivale, de Carr Dickson pour le roman The Bowstring Murders (1934) et de Roger Fairbairn pour de Devil Kinsmere (1937), un roman dont, insatisfait, il donne une nouvelle version en 1964 sous le titre Le Grand Secret. En France, depuis les années 1980, les éditeurs n'emploient plus que sa véritable signature pour coiffer ses titres. Carr est également l'auteur de La Chambre ardente, célèbre « énigme en chambre close », tout comme de Trois cercueils se refermeront.

Carr appartient à l'école classique, dite du whodunit, tout comme Agatha Christie, Margery Allingham, Rex Stout ou Ellery Queen. Son œuvre, qui couvre quatre décennies du premier roman, Le marié perd la tête (It Walks By Night), publié en 1930, au dernier, Les Nouveaux Mystères d'Udolpho (The Hungry Goblin), paru en 1972. Le tout compte 72 romans, 47 nouvelles, 92 pièces radiophoniques, 4 pièces pour la scène et la biographie de Sir Arthur Conan Doyle susmentionnée. Carr a également fait paraître des articles et critiques concernant la littérature policière.

Le thème dominant en est le crime impossible, dont Carr a exploré toutes les variantes possibles et imaginables, de la classique « chambre close » à l'assassin invisible, en passant par le meurtre commis sur une plage vierge de toute empreinte ou au sommet d'une tour inaccessible. Le modèle du genre est pour lui Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux qu'il a cherché à surpasser en élaborant un grand nombre de romans reprenant ce motif dont les solutions s'avèrent tout aussi renouvelées qu'implacablement logiques.


Dorothy L. Sayers

Dorothy Leigh Sayers (Oxford, Oxfordshire, - Witham, Essex, ) est une femme de lettres et romancière britannique, surtout connue pour ses romans policiers ayant pour héros l'aristocrate dilettante Lord Peter Wimsey.

Son goût du mystère s'y affirme déjà : l'une des publicités qu'elle crée est basée sur le personnage du Colonel Moutarde du jeu Cluedo. Après s'être intéressée un temps aux mouvements socialistes qui façonnent la société anglaise de l'entre-deux-guerres, elle publie en 1923 son premier roman policier, Lord Peter et l'Inconnu, qui met en scène l'aristocratique détective Lord Peter Wimsey, flanqué de son fidèle serviteur Bunter, dans une intrigue où Dorothy Sayers « se moque allègrement des sacro-saintes conventions du genre ». Si ses romans s'intègrent dans le cadre du traditionnel roman d'énigme, elle apporte au genre un ton humoristique, quelques traits acérés contre la société bien-pensante de l'époque, et affuble son héros d'une vie sentimentale faisant totalement défaut aux Sherlock Holmes, Hercule Poirot et autres célèbres limiers britanniques. En effet, Lord Peter s’éprend follement de la belle Harriett Vane, qu'il sauve de la pendaison dans Poison violent, et qu'il épousera à la fin de cycle dans Noces de crime.


Continental Op

Le Continental Op est un personnage de fiction créé par Dashiell Hammett en 1923. C’est un détective privé salarié de la branche de San Francisco de la Continental Detective Agency. Il ne donne jamais son nom lors de ses enquêtes et n’est identifié que par sa fonction. Son nom vient du fait qu'il est un agent (operator, en anglais) de la Continental. Il s'agit du premier enquêteur majeur qui établit le type du détective hard-boiled (dur-à-cuire). Dans l'histoire du roman noir, le premier roman du genre, dont le héros est le Continental Op, paraît « avec La Moisson rouge en 1929, après une décennie d'expérimentations dans les pages de la revue Black Mask ». Le personnage a été incarné à la télévision en 1978 par James Coburn, puis, en 1995, par Christopher Lloyd.

Les récits du Continental Op révèlent fort peu de choses de la vie du personnage antérieure à son entrée dans le métier de détective privée. D'abord à l'emploi de la branche de Boston de son agence, il s'enrôle en 1917 dans l'armée américaine et participe à la Première Guerre mondiale. À la démobilisation, il travaille, toujours pour l'agence de la Continental, à la succursale de Chicago, avant d'être affecté à celle de San Francisco. Limier plein d'expérience, il est en mesure de traiter des affaires les plus diverses, allant de la recherche de personnes disparues à la surveillance d'hôtel. Il est toutefois le plus souvent lancé sur des enquêtes criminelles impliquant des assassinats ou des vols. « De petite taille et massif (il pèse dans les quatre-vingt-cinq kilos), il approche la quarantaine, fume des Fatimas, aime le poker, possède de bonnes connaissances en boxe - ce qui lui est bien utile lors des bagarres - et déteste la marche à laquelle il préfère, même pour de courtes distances, les trajets en voiture ou en tramway ».


Georgette Heyer

Georgette Heyer (née le , morte le ) est un écrivain anglais de romances historiques, de romans policiers et de romans historiques. Sa carrière de romancière débute en 1921 lorsqu'elle imagine une histoire pour son jeune frère, dans le roman The Black Moth. En 1925, elle épouse George Ronald Rougier, un ingénieur des mines. Le couple vit plusieurs années au Tanganyika et en Macédoine avant de retourner en Angleterre en 1929. Après que son roman Ce merveilleux passé remporte un succès malgré sa parution durant la grève générale de 1926, elle estime que la publicité n'est pas si nécessaire. Jusqu'à la fin de sa vie, elle refuse d'accorder des interviews, confiant à un ami : « Ma vie privée ne regarde personne d'autre que moi et ma famille » (« My private life concerns no one but myself and my family »).

Jean Amila

Jean Amila, né Jean Meckert le dans le dixième arrondissement de Paris et mort le , est un écrivain français.

Connu sous son nom de naissance pour ses romans publiés dans la Collection Blanche des Éditions Gallimard, il l'est également sous les pseudonymes de John Amila, puis Jean Amila, utilisés pour ses romans policiers parus dans la collection Série noire. Il publie également d'autres romans populaires sous les pseudonymes d'Édouard, Edmond ou de Guy Duret, d'Albert Duvivier, de Mariodile et de Marcel Pivert.

Obtenant son certificat d'études primaires avec un an d'avance, Jean Meckert commence son apprentissage dans un atelier de construction de moteurs électriques dans le XXe arrondissement de Paris (1923). En 1927, il devient employé de bureau au Crédit lyonnais, puis connaît le chômage et les petits boulots. Parce qu'il « crevait de faim », il s'engage dans l'armée, entre janvier 1930 et mai 1932, au sein de la compagnie du camp de Satory de Versailles, où il obtient le grade de caporal.


Lew Archer

Lew Archer est un personnage de détective privé, créé en 1949 par l'écrivain américano-canadien Ross Macdonald. Avec le Continental Op et Sam Spade, héros de Dashiell Hammett, ainsi que le Philip Marlowe de Raymond Chandler, Lew Archer est considéré comme un des meilleurs exemples de la figure du détective privé de la littérature policière américaine et son créateur « comme l'un des grands écrivains de romans noirs de la seconde génération ».

Le nom de Lew Archer est un hommage à Dashiell Hammett : Miles Archer est le nom du collègue de Sam Spade assassiné dans Le Faucon maltais. Le personnage doit également son ironie, son sens de l'observation et de la déduction psychologique à Philip Marlowe, le héros de Raymond Chandler, « mais Macdonald réussit à imposer sa griffe personnelle et à donner à sa créature une identité propre ».

Lew Archer, dont le nom complet est Lewis Archer, est né vers 1914 à Long Beach, où il passe sa jeunesse et son adolescence, « une période difficile de sa vie puisqu'il traîne dans les rues, hante les salles de billard et se fait même arrêter pour vol ». Il s'engage dans l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale et participe à des opérations militaires d'envergure de la Guerre du Pacifique, dont la bataille d'Okinawa. À la démobilisation, il entre au service de la police de Long Beach dont le manque d'intégrité le dégoûte au point de le pousser, après cinq ans, à en quitter les rangs pour devenir détective privé. Ses débuts difficiles et ses horaires impossibles précipitent son divorce avec son épouse Sue. Cette blessure affective laisse des traces dans une mélancolie qui ne quitte jamais totalement. Il réside en Californie du Sud, à Santa Teresa, ville imaginaire, inspirée de Santa Barbara.


Le Grand Sommeil

Le Grand Sommeil (the Big Sleep) est un roman noir américain de Raymond Chandler, paru en 1939. Écrit en seulement trois mois, c'est le premier roman mettant en scène le personnage du détective privé Philip Marlowe. Remarquable par sa complexité, le récit compte de nombreuses trahisons, rebondissements et intrigues à tiroir. Classique parmi les classiques de la littérature populaire américain, ce roman est devenu une référence culturelle de la société américaine. Son adaptation au cinéma en 1946 par Howard Hawks sous le titre Le Grand Sommeil est un des grands classiques du film noir et, à l'époque, révèle pour la première fois à l'écran le couple, devenu mythique, formé par Humphrey Bogart et Lauren Bacall qui incarnent respectivement Philip Marlowe et Vivian Sternwood, les deux protagonistes principaux. Une seconde adaptation est réalisée en 1978 par Michael Winner avec Robert Mitchum dans le rôle de Marlowe. Le roman est traduit en français en 1948 par l'écrivain Boris Vian et publié au sein de la collection Série noire, dont il constitue l'un des fleurons. Il a depuis connu de nombreuses rééditions au sein des collections sœurs de l'éditeur Gallimard et s'est retrouvé parmi les meilleurs romans dans plusieurs classements littéraires internationaux.




Un mystère

Erle Stanley Gardner, l'auteur le plus publié dans la collection avec, principalement, les enquêtes de l'avocat Perry Mason.

Un mystère est une collection de littérature policière créée en 1949 par Sven Nielsen pour le compte des Presses de la Cité.

Avec plus de mille titres publiés, c’est historiquement la troisième collection française de littérature policière aux côtés du Masque et de la Série noire. « Presque aussi mythique » que cette dernière, la collection offre un large panorama de la littérature policière, touchant tous les genres depuis le roman noir jusqu'au whodunit, en passant par le roman d'espionnage et le roman policier humoristique.

À partir de 1945, les Presses de la Cité publient des romans de littérature policière avec deux petites collections, Cosmopolis et Puzzle, qui n’eurent pas un grand succès, et d’autres titres hors collection. Certains de ses titres comme Duel dans l'ombre de Peter Cheyney ou d'autres de Ngaio Marsh ou Mickey Spillane furent repris dans un des trois séries Un mystère.

Dans la même période, elles publient sous le label Un mystère neuf romans numérotés en chiffres romains. Le véritable lancement de la collection a lieu en 1949. Selon Maurice-Bernard Endrèbe, le nom de la collection est choisi par référence à l’édition américaine d’un roman de Patrick Quentin sur lequel figurait la mention A Mystery !. Le logo choisi par Nielsen est un petit éléphant tenant dans ses pattes un livre. La collection offre un large éventail de fictions policières : elle touche le roman noir (Bill Ballinger, Raymond Chandler, Ross Macdonald, Mickey Spillane) et le whodunit (Mignon G. Eberhart, Erle Stanley Gardner, Ellery Queen, Patrick Quentin), mais propose également des thrillers (William Irish, Ursula Curtiss, Margaret Millar), des romans de procédure policière (Ed McBain), des récits policiers humoristiques (A.A. Fair) et des romans d'espionnage (Jean Bruce, Len Deighton). Sur plusieurs couvertures, une pastille ou un bandeau annonce le genre propre au roman : noir, espionnage, thriller. Parmi les auteurs de la collection, on recense plusieurs auteurs français : Paul Gerrard, Fred Kassak, Michel Lebrun, S.A. Steeman. Erle Stanley Gardner avec cent onze titres, dont dix-huit sous son pseudonyme A.A. Fair, est l'auteur le plus publié dans la collection.



Nestor Burma

Nestor Burma est un détective privé de fiction, créé en 1942 par Léo Malet. « On peut le considérer comme le premier privé de la littérature policière française ». « Ce Gavroche monté en graine (selon l'expression de Boileau-Narcejac) entretient d'assez mauvais rapports avec la police officielle, toujours prête à le soupçonner des pires méfaits. Cynique, gouailleur, très désinvolte, il ne connaît pas toujours la réussite, mais ne laisse pas les dames indifférentes ». La plupart de ses aventures ont pour cadre la ville de Paris, notamment dans les romans de la série des Nouveaux Mystères de Paris, dont le titre est un clin d'œil aux Mystères de Paris d'Eugène Sue et dont l'action se déroule dans un arrondissement particulier de la ville, à chaque fois différent.

Nestor Burma, « le détective qui met le mystère KO, est fort proche d'un Spade ou d'un Marlowe, version française ». Bien que Malet ait précisé qu'il ne connaissait que les romans de Dashiell Hammett et que Burma a été créé bien avant Marlowe, le héros de Chandler, cette filiation entre le détective français et les privés américains s'explique par le ton des récits. Le discours critique, ironique et farci de sarcasmes de Nestor Burma à l'égard des institutions, des profiteurs, des nantis et de la société française d'après-guerre dans son ensemble, rejoint les propos acides, cynique et désabusés des grands enquêteurs du roman noir américain. Cependant, Burma n'est pas un simple clone francisé de ses modèles, car Léo Malet a mis beaucoup de lui dans son héros qui emprunte à son créateur « son indépendance, son franc-parler, ses difficultés financières et sa pipe à tête de taureau ». C'est pourquoi « Nestor Burma occupe une place privilégiée dans l'œuvre de Léo Malet : ce que ce dernier a vécu, il l'a transmis à son héros ; ce qu'il n'a pu ou osé vivre, il le lui a également accordé, faisant de ce personnage son véritable double ». Même s'il a voulu rendre le personnage antipathique « par haine imbécile du flic. [...] Je n'ai jamais été très flicophile et je voulais faire un personnage vraiment dégueulasse », il reconnaît n'y être pas arrivé, « mais comme sans le vouloir, j'ai dû y mettre un peu de moi-même, il a paru quand même plus sympathique que je n'aurai cru ».


Léo Malet

Léon Malet, dit Léo Malet, né le à Montpellier et mort le à Châtillon-sous-Bagneux, est un écrivain et poète français, auteur de nombreux romans policiers, dont la série ayant pour héros Nestor Burma, détective de choc.

Il a également écrit sous différents pseudonymes : Frank Harding, Léo Latimer, Lionel Doucet, Jean de Selneuves, Noël Letam, Omer Refreger, Louis Refreger et, en association avec les écrivains Serge Arcouët et Pierre Ayraud sous le pseudonyme collectif de John-Silver Lee. Il est pour certains « l'inventeur du roman noir français ».

Dès son retour de captivité, à la demande de Louis Chavance, Léo Malet se met à écrire des romans policiers adoptant d'emblée « l'écriture à la première personne, car j'avais remarqué en lisant La Moisson rouge de Dashiell Hammett et L'Adieu aux armes d'Hemingway, combien cela donnait un style plus spontané, plus direct. Selon la suggestion de Chavance, je pensais aussi à certains film comme Scarface ».

En 1941, il publie son premier roman Johnny Metal sous le pseudonyme de Frank Harding et crée le personnage de Johnny Metal, journaliste américain lui permettant « toutes sortes de libertés, sans avoir à m'emmerder avec le décor ». Dans son autobiographie, Léo Malet affirme qu'en écrivant ce roman, qui devait initialement être titré L'ordre est de tuer, il ne s'« était pas aperçu que Metal était l'anagramme de Malet ! ». Après ce premier succès (tirage à 40 000 exemplaires) , il publie en 1942 un « second faux policier américain, mijoté selon la même recette », La Mort de Jim Licking, qu'il signe Leo Latimer.

C'est en 1943 que Léo Malet publie 120, rue de la Gare, initialement intitulé L'Homme qui mourut au Stalag et refusé par un premier éditeur, mettant en scène son célèbre détective privé Nestor Burma. « L'authenticité du récit, qui n'est toutefois pas exempt d'aspects poétiques (notamment lorsque sont évoqués les rêves de certains personnages), mais aussi l'humour sarcastique dont fait preuve son héros, caractérisent 120, rue de la Gare, premier roman noir français ». Devant le succès du roman, « les dix mille exemplaires de mon bouquin sont partis dans la semaine » et « quinze jours après [la publication] (...), la maison de production cinématographique Sirius achetait les droits pour en tirer un film », il se remet à écrire un deuxième roman avec le même héros, Nestor Burma contre C.Q.F.D, publié en 1945.


Enid Blyton

Plaque commémorative à Southwark.

Enid Blyton, née le à East Dulwich (Londres) et morte le à Hampstead (Londres), est une romancière britannique spécialisée dans la littérature pour la jeunesse. Ses livres figurent parmi les meilleurs ventes mondiales depuis les années 1930, avec plus de six cents millions d'exemplaires écoulés. Ils connaissent toujours une immense popularité et ont été traduits dans près de 90 langues. Son premier ouvrage, Child Whispers (Murmures d'enfants), recueil de poèmes de vingt-quatre pages, a paru en 1922. Ses écrits abordent un large éventail de thèmes et de genres, dont l'éducation, l'histoire naturelle, le fantastique, les histoires à suspense et les récits bibliques. Elle est surtout connue pour avoir créé les séries Oui-Oui (Noddy), Le Club des cinq (The Famous Five), et Le Clan des sept (The Secret Seven).

Dans le sillage du succès de ses premiers romans, dont Les Aventures du fauteuil magique (Adventures of the Wishing Chair, 1937) et La Forêt enchantée (The Enchanted Wood, 1939), elle réussit à bâtir un empire littéraire, produisant jusqu'à cinquante livres par an, en plus des nombreux articles publiés dans divers revues et journaux. Son travail d'écriture n'est pas planifié et provient en grande partie de son inconscient. Elle tape ses récits au fur et à mesure qu'elle voit les événements se dérouler dans son imagination. L'ampleur de son œuvre et la vitesse avec laquelle elle est réalisée donnent lieu à des rumeurs selon lesquelles elle emploierait une armée de nègres, accusation qu'elle dément catégoriquement.

À partir des années 1950, l’œuvre d'Enid Blyton suscite une controverse grandissante chez les critiques littéraires, les enseignants et les parents. Elle est décriée pour son simplisme et en raison des thèmes qu'elle aborde, notamment dans la série Oui-Oui. Certaines bibliothèques et écoles interdisent ses œuvres et la BBC refuse de les diffuser des années 1930 aux années 1950 pour manque de valeur littéraire. D'aucuns reprochent également à ses livres d'être élitistes, sexistes, racistes, xénophobes et à contre-courant de la libéralisation de la société britannique de l'après-guerre, mais ils n'en demeurent pas moins des best-sellers jusqu’à sa mort en 1968.

Enid Blyton se sent investie de la mission d'inculquer à ses lecteurs des valeurs morales solides, susceptibles de les inciter à soutenir des causes nobles. En particulier, par le biais des clubs qu'elle fonde ou aide, elle les encourage à récolter des fonds destinés à des associations caritatives venant en aide aux animaux et aux enfants malades. Sa vie a été portée à l'écran dans un téléfilm de la BBC intitulé Le Roman d'Enid Blyton, avec Helena Bonham Carter dans le rôle principal, et diffusé pour la première fois au Royaume-Uni sur BBC Four en 2009. Ses livres ont également fait l'objet de plusieurs adaptations pour le théâtre, le cinéma et la télévision.