Wikipédia:Sélection/Pakistan

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Élections législatives pakistanaises de 2008

Partis arrivés en tête dans les districts du Pakistan.

Les élections législatives pakistanaises de 2008 ont eu lieu le pour renouveler les élus de l'Assemblée nationale et des quatre assemblées provinciales du Pakistan, après la fin de leur mandat de cinq ans reçu lors des élections législatives de 2002. Elles se déroulent dans un climat tendu et crucial pour l'avenir de la démocratie pakistanaise.

Ces élections étaient initialement prévues pour le . Cependant, l'assassinat de Benazir Bhutto, dirigeante du Parti du peuple pakistanais, principal parti d'opposition, et candidate aux élections, provoque d'importants troubles ainsi que le report des élections. Les attentats terroristes se multiplient dans un contexte de guerre contre les talibans, et le pouvoir militaire est accusé de concentrer trop de pouvoir alors que le président et ancien chef de l'armée Pervez Musharraf est arrivé au pouvoir en 1999 à la suite d'un coup d’État.

Le scrutin conduit à la défaite du parti au pouvoir, la Ligue musulmane du Pakistan (Q), qui soutenait le président Pervez Musharraf. Les deux principaux partis d'opposition arrivent en tête et le Parti du peuple pakistanais remporte le plus de sièges, sans obtenir de majorité absolue. Il forme alors une coalition avec d'autres partis d'opposition, visant surtout à isoler le pouvoir.

Les élections marquent un tournant politique majeur au Pakistan, avec un changement de gouvernement un mois plus tard et, six mois après, la démission du président Pervez Musharraf, au pouvoir depuis neuf ans, qui quitte le pays. Le scrutin marque également le retour à un pouvoir civil et le Parlement vote en 2010 une réforme constitutionnelle annulant les amendements votés en 2003 visant à augmenter les pouvoirs du président.

Mine de sel de Khewra

Dépôts de sel sur les murs d'une galerie de la mine de sel de Khewra

La mine de sel de Khewra, située à Khewra dans le Pendjab pakistanais, est la plus importante source de sel gemme du Pakistan au début du XXIe siècle, produisant en moyenne plus de 350 000 tonnes par an.

Découverte par les troupes d'Alexandre le Grand au IVe siècle av. J.-C., son exploitation commerciale ne commence qu'avec l'Empire moghol, plusieurs siècles plus tard. À partir de 1872, pendant l'occupation britannique, plusieurs modifications sont apportées dans le but d'augmenter sa production. Elle revient au gouvernement pakistanais après la partition des Indes en 1947.

En 2012, la société Pakistan Mineral Development Corporation exploite la mine, dont les réserves exploitables prouvées sont de 82 millions de tonnes minimum. Cette mine est aussi une importante destination touristique, qui attire plus de 40 000 visiteurs chaque année.

Seconde bataille de Swat

Un soldat pakistanais sur le Baine Baba Ziarat, le point culminant de la vallée.

Le nom de Seconde bataille de Swat désigne au sens large les opérations militaires qui se sont déroulées du 26 avril au 15 juillet 2009 dans cinq districts de la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa, dont surtout le district, ou vallée de Swat. Elle oppose l'armée pakistanaise à des mouvements islamistes armés, dont le plus important est le Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi (TNSM), qui avait progressivement repris le contrôle du district de Swat depuis environ deux ans, et qui avait récemment étendu son contrôle à d'autres régions environnantes. La zone de conflit correspond donc à la division de Malakand, ancienne subdivision administrative qui a compris tous les districts dans lesquels ces combats se déroulent

L'offensive se déroule en deux étapes : l’opération Black Thunderstorm est lancée à partir 26 avril 2009 dans plusieurs districts périphériques du district de Swat : d'abord dans le district de Lower Dir et de Buner puis dans ceux de Shangla et Malakand. Ensuite, la sous-opération Rah-e-Rast se concentre dans le district de Swat, principal fief des insurgés. Les opérations auraient mobilisé 30 000 soldats dont la moitié dans la vallée de Swat, dans une région peuplée de plus de 5 millions d'habitants, causé près de 2 000 morts et plus de trois millions de déplacés

L'opération est considérée comme un tournant du conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan, marquant un retournement de la stratégie d'Islamabad qui a conclu à peine quelques mois auparavant un accord de paix avec le TNSM et qui établit officiellement la charia dans la région. Face aux exactions commises par les islamistes et à la dégradation de la sécurité dans tout le pays, l'armée lance l'une des plus importantes batailles de ce conflit et remporte une victoire décisive.

Mouvement des avocats

La « longue marche » lancée par Nawaz Sharif à Lahore, le 15 mars 2009.

Le mouvement des avocats (Lawyers' Movement), le mouvement pour la restauration de l'ordre judiciaire (Movement for the Restoration of Judiciary) ou le mouvement des robes noires (Black Coat Protests) sont les noms donnés à un mouvement populaire de contestations lancé par les avocats et juges du Pakistan en réponse à des mesures prises par le président Pervez Musharraf. Il dure de mars 2007 à mars 2009.

Le mouvement proteste contre la révocation de juges des Hautes Cours et de la Cour suprême du Pakistan, dont le juge en chef Iftikhar Muhammad Chaudhry par le président de la République Pervez Musharraf. Il dénonce également la violation de la Constitution du Pakistan par le pouvoir exécutif, la concentration des fonctions de chef de l’État et de chef des armées dans les mains de la même personne et se bat plus largement en faveur de l'État de droit et de la démocratie.

Sans être à l'origine du mouvement, de nombreux partis politiques d'opposition s'y joignent à différents moments. Les plus importants sont le Mouvement du Pakistan pour la Justice, la Ligue musulmane du Pakistan (N) et le Parti du peuple pakistanais.

Le mouvement débute en mars 2007 quand les juges sont révoqués et continue en novembre 2007 quand Pervez Musharraf décrète l'état d'urgence et suspend ainsi la Constitution. Malgré la victoire de l'opposition aux élections législatives de février 2008 et la démission de Pervez Musharraf, la mobilisation continue car le nouveau pouvoir ne cède pas sur les principales exigences du mouvement. Ce dernier prend fin en mars 2009 avec le rétablissement des juges révoqués, notamment celui d'Iftikhar Muhammad Chaudhry au poste de juge en chef.

Muhammad Ayub Khan

Muhammad Ayub Khan.

Muhammad Ayub Khan (en ourdou, محمد ایوب خان), est un homme politique et militaire pakistanais, né le à Haripur et mort le à Rawalpindi. Général en chef de l'armée pakistanaise dès 1951, il s'empare du pouvoir et impose une dictature militaire après que, le , le président Iskander Mirza a abrogé la constitution et proclamé la loi martiale. Il a été président de la République islamique du Pakistan du au et est l'un des trois grands dirigeants militaires qu'a connus le pays.

D'origine pachtoune et né dans une famille rurale du district d'Haripur, Muhammad Ayub Khan reçoit une formation militaire puis s'engage au sein de l'armée indienne britannique en 1929 avant de rejoindre l'armée pakistanaise en 1947, lors de la création du pays. Il progresse rapidement dans la hiérarchie militaire, jusqu'à devenir le premier Pakistanais à diriger les forces armées de la jeune nation en 1951. Après avoir été nommé ministre de la Défense en 1954, il est le co-auteur d'un coup d’État contre le gouvernement civil le avec l'aide du président Mirza, qu'il renverse et remplace ensuite rapidement.

Dirigeant le pays pendant dix ans de manière autoritaire, Ayub Khan instaure une nouvelle constitution et entame des réformes économiques et sociales importantes. Il conduit une politique mêlant libéralisme économique, répartition de certaines richesses, réformes séculières et références à l'Islam. D'abord populaire, son pouvoir s'affaiblit progressivement après la deuxième guerre indo-pakistanaise de 1965. Il démissionne le à la suite de vastes contestations populaires. Son héritage politique est controversé, étant le premier chef militaire pakistanais auteur d'un coup d’État, marquant ainsi le début de conflits récurrents entre pouvoirs civil et militaire dans le pays.

Coup d'État du 5 juillet 1977 au Pakistan

Reconstitution d'une unité militaire pakistanaise.

Le coup d'État du 5 juillet 1977 au Pakistan, également connu sous le nom de code « opération fair play », a été mené par le chef de l'armée Muhammad Zia-ul-Haq qui renverse le gouvernement du Premier ministre Zulfikar Alî Bhutto. La prise de pouvoir aboutit à un régime militaire autoritaire dominé par la personne de Zia-ul-Haq. Il va durer près de onze années et organise une militarisation et une islamisation inédite de la société pakistanaise.

Le coup d’État se déroule dans le contexte des élections législatives du 7 mars 1977 et le mouvement de protestations qui suit le scrutin avec des manifestations contestant les résultats donnant le Parti du peuple pakistanais (PPP) largement vainqueur. Alors que le mouvement est violemment réprimé par le gouvernement, qui finit pourtant par accepter de négocier avec l'opposition, l'armée prend le pouvoir et réprime tant l'ancien pouvoir civil que l'opposition. Alî Bhutto est pendu le 4 avril 1979.

Le régime militaire de Zia-ul-Haq, qui s'étend de 1977 à 1988, est largement considéré comme le plus répressif et le plus conservateur des trois régimes militaires qu'a connus le pays. Il prend fin quand le général meurt dans l'écrasement de son avion, le 17 août 1988. Les élections législatives qui suivent conduisent à la victoire du Parti du peuple pakistanais dirigé par Benazir Bhutto, fille du Premier ministre renversé et figure de l'opposition au général Zia.

Coup d'État du 12 octobre 1999 au Pakistan

Le général Pervez Musharraf en 2005.

Le coup d’État du 12 octobre 1999 au Pakistan, mené sans effusion de sang par le chef de l'armée Pervez Musharraf, renverse le Premier ministre élu Nawaz Sharif et son gouvernement. La prise de pouvoir conduit à un régime militaire autoritaire dominé par la personne de Musharraf durant près de neuf années, avant qu'un mouvement de contestations et des élections législatives ne conduisent à sa démission.

Le , Musharraf est l'instigateur du coup d’État militaire contre le gouvernement civil de Nawaz Sharif, peu après le conflit de Kargil, dans un contexte tendu entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire. Nawaz Sharif avait tenté de remplacer Pervez Musharraf, alors en voyage au Sri Lanka en tant que chef d'état-major des armées, par le directeur général de l'Inter-Services Intelligence, Ziauddin Khawaja. L'armée reste cependant fidèle à Musharraf alors que Nawaz Sharif et d'autres membres de son entourage sont arrêtés et envoyés en exil.

Pervez Musharraf devient ensuite officiellement président de la république islamique en 2001, confortant son pouvoir par un plébiscite puis surtout par les élections législatives de 2002, qui mettent en place un gouvernement le soutenant. La condamnation internationale est par contre générale, mais s'atténue rapidement lorsque le Pakistan offre son aide aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Un régime présidentiel autoritaire est remis en place avec une réforme de la Constitution. Musharraf gouverne ainsi le pays jusqu'en 2008, date à laquelle il démissionne sous la pression d'un nouveau gouvernement civil.

Khawaja Nazimuddin

Khawaja Nazimuddin en 1948.

Khawaja Nazimuddin ou Khawaja Nazim-ud-Din (en bengali : খাজা নাজিমুদ্দীন ; en ourdou : خواجہ ناظم الدین) est un homme d'État pakistanais né le à Dacca (aujourd’hui capitale du Bangladesh) et mort le dans la même ville. Il a été gouverneur général de 1948 à 1951 puis deuxième Premier ministre du pays, du au .

Originaire d'une famille musulmane et ourdouphone du Bengale, il s'engage auprès de la Ligue musulmane dans les années 1920 en soutien à Muhammad Ali Jinnah, dont il sera un fidèle proche. Sous le Raj britannique, il est maire de Dacca de 1922 à 1929 avant de rejoindre le gouvernement local en tant que ministre de l'Éducation puis de l'Intérieur. Il est ensuite Premier ministre du Bengale entre 1943 et 1945 et doit faire face à une grande famine.

Soutenant la création du Pakistan, il devient ministre en chef du Bengale oriental quand le pays est créé en 1947 avant de remplacer le père de la nation Ali Jinnah en tant que gouverneur général en 1948. Il est ensuite le second chef de gouvernement de l'histoire du pays, jusqu'à son limogeage par Malik Ghulam Muhammad. Il ne parvient pas à imposer sa politique et est marginalisé, avant de rejoindre l'opposition au régime militaire de Muhammad Ayub Khan peu avant sa mort.

Huseyn Shaheed Suhrawardy

Huseyn Shaheed Suhrawardy.

Huseyn Shaheed Suhrawardy (en ourdou حسین شہید سہروردی, en bengali হোসেন শহীদ সোহ্‌রাওয়ার্দী) est un homme d'État, né le à Midnapore et mort le à Beyrouth. Meneur politique de la Ligue musulmane avant la partition des Indes, il a été le Premier ministre du Pakistan du au . L'un des plus importants meneurs bengalis, il est aujourd'hui honoré au Bangladesh.

Suhrawardy est issu d'une famille influente de Calcutta, capitale du Bengale. Après des études à Oxford et l'exercice du métier d'avocat, il rejoint la politique dans les années 1920 au sein du conseil municipal de Calcutta, dont il deviendra le vice-maire. Rejoignant la Ligue musulmane, il se bat pour les intérêts des musulmans bengalis et devient un membre important de cette formation. Il est ministre puis Premier ministre de la province de 1946 à 1947.

Après avoir échoué à faire valoir l'idée d'un Bengale indépendant, il arrive au Pakistan en 1949 puis rejoint la Ligue Awami, qui défend l'autonomie de la province. Personnalité importante au Pakistan oriental, il est ministre de la Justice de 1954 à 1955 puis Premier ministre entre 1956 et 1957, mais échoue à combler l'écart entre l'ouest et l'est du pays. S'opposant au régime militaire d'Ayub Khan qui prend le pouvoir en 1958, il est emprisonné en 1962 puis meurt d'une crise cardiaque en exil à Beyrouth.

Liaquat Ali Khan

Liaquat Ali Khan avec sa femme et leurs deux fils.

Nawabzada Liaquat Ali Khan ou plus simplement Liaqat ou Liaquat Ali Khan (en ourdou : لِیاقت علی خان) est un homme d'État pakistanais, né le à Karnal dans le Raj britannique et assassiné le à Rawalpindi, au Pakistan. L'un des dirigeants prééminents de la Ligue musulmane, il se bat lors de la domination britannique sur l'Inde pour les droits des musulmans, puis pour la création d'une entité souveraine séparée pour les musulmans du sous-continent indien. Particulièrement proche du fondateur du Pakistan Muhammad Ali Jinnah, il devient le premier Premier ministre du Pakistan après la création du pays, en poste du au . Il détient le record du mandat de Premier ministre le plus long de l'histoire du pays et est parfois considéré comme le successeur politique de Jinnah.

Issu d'une famille musulmane de riches propriétaires terriens et influente politiquement de Karnal, Liaquat Ali Khan vit sa jeunesse dans une Inde sous domination britannique. Il commence sa scolarité à domicile, puis dans les institutions publiques indiennes dans lesquelles il débute ensuite ses études supérieures. Il poursuit ces dernières à l'université d'Oxford d'où il sort diplômé en droit. Ayant commencé son militantisme dans des associations étudiantes de défense des droits des musulmans, il rejoint en Inde la Ligue musulmane dont il devient un membre prééminent, occupant plusieurs postes à responsabilité. Il est élu plusieurs fois député provincial et national, et participe au gouvernement britannique de transition vers l'indépendance en tant que ministre des Finances.

Liaquat Ali Khan est l'un des artisans de la création du Pakistan, dont il devient le premier chef du gouvernement. Durant ses quatre ans de fonction, il gère les troubles consécutifs à la partition des Indes ainsi que les mouvements massifs de population. Tentant d'étendre la souveraineté du Pakistan à tout le Cachemire, il affronte l'Inde lors de la première des trois guerres qui vont opposer les deux pays. Au niveau international, il tente un rapprochement avec les États-Unis tout en développant ses relations avec le bloc de l'Est et en rejoignant le mouvement des non-alignés. Sur le plan interne, il fait face aux oppositions socialiste et communiste et connait des tensions avec la hiérarchie militaire, préfigurant ainsi l'avenir politique du pays.

Zulfikar Ali Bhutto

Portrait de Zulfikar Ali Bhutto.

Ali Bhutto, de son nom complet Zulfikar Ali Bhutto (parfois désigné par l'acronyme ZAB ; en ourdou : ذوالفقار علی بھٹو) est un homme d'État pakistanais, né le à Larkana dans le Sind et mort le à Rawalpindi. Fondateur du Parti du peuple pakistanais (PPP) et socialiste, il a été au pouvoir de 1971 à 1977 et est l'une des figures majeures de l'histoire du pays.

Commençant sa carrière politique sous le régime militaire de Muhammad Ayub Khan, il est ministre des Affaires étrangères avant de démissionner en 1966. Il s'oppose ensuite au régime en fondant le PPP qui devient la force centrale du pays après les élections législatives de 1970 et la sécession du Bangladesh. Il est président de la République entre 1971 et 1973, puis Premier ministre de 1973 à 1977 après avoir fait adopter une nouvelle Constitution qui confère au chef du gouvernement la réalité du pouvoir exécutif.

Menant une politique se réclamant du socialisme islamique, il nationalise une partie de l'économie tout en étant critiqué pour son autoritarisme. Le , il est renversé par son chef de l'armée Muhammad Zia-ul-Haq après des élections législatives contestées, puis exécuté par pendaison en 1979.

Son héritage politique est considérable, son parti étant resté l'une des principales forces du pays. Sa fille, Benazir Bhutto, devient chef du parti en 1984 et sera deux fois Première ministre entre 1988 et 1996.