Guido Reni

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Guido Reni
Guido Reni - Self-portrait.jpg

Autoportrait (1632)
Musée des Offices

Naissance
Décès
(à 66 ans)
Bologne
Activité
Maître
Lieux de travail
Mécènes
Bernardino Spada
Influencé par
Œuvres réputées

Guido Reni dit Le Guide (né à Bologne le 4 novembre 1575, et mort le 18 août 1642 à Bologne) est un peintre italien qui appartient à l'école de Bologne. Guido Reni est imprégné par l'idéal maniériste de la grâce Michelangelesque (grazia) mais affirme un style particulièrement influencé par Le Caravage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guido Reni entre d'abord dans l'atelier de Denis Calvaert, peintre flamand installé à Bologne, puis poursuit son étude de la peinture à l'académie des Carrache, portant le nom de Accademia dei desiderosi (« de ceux qui désirent »), puis Accademia degli Incamminati (« de ceux qui progressent »), dans la même ville en 1595.

A Rome en 1602

En 1602, il se rend à Rome pour étudier les œuvres de Raphaël ainsi que les sculptures antiques. En effet, Reni a été littéralement fasciné par la Sainte Cécile de Raphaël[1], exposée alors dans l’église San Giovanni in Monte (en) à Bologne ; il s’en inspira pour sa première « pala » d’autel importante, le Couronnement de la Vierge, et en tira également une copie fidèle qui passa plus tard à Rome. Reni rejoint par la suite le chantier de la galerie Farnèse, où il assiste Annibal Carrache (Annibale Carracci) aux côtés du Dominiquin et de Giovanni Lanfranco.

Il sera marqué par le Caravage mais aussi par Raphaël. Pourtant, c’est l’œuvre du Caravage qui lui procure un choc bref mais très significatif et qui l’amène à se risquer dans l’interprétation de ce grand maître sans pour autant faillir à ses propres conceptions idéalistes. Au-delà de l’expérience naturaliste du Caravage, estimé pour son luminisme et sa valeur picturale, Reni affirme sa conception personnelle de l’art en tant que représentation du naturel expurgé de toute laideur, de toute vulgarité. À partir de ce moment, les incertitudes se dissipent ; d’un limbe crépusculaire commencent à émerger des figures d’une beauté raffinée, animées d’une vitalité douce et ferme, et dont l’expression est tout à la fois romantique et héroïque. La réussite de Reni s’amorce simultanément dans les cercles artistiques les plus importants de Rome et de Bologne, où il se rend alternativement et sans marquer de préférence. Fermé désormais à toute influence extérieure, il perfectionne son propre langage expressif dans la ligne du plus pur classicisme rythmique, mais en termes picturaux affinés, avec des reflets de tonalités d’une grande transparence et d’une précieuse délicatesse.[1]

En 1609, Reni travaille aux côtés de Dominiquin dans la réalisation de deux grandes fresques dans l'oratoire Sant'Andrea al Celio à Rome. Bellori, qui diffuse la théorie classique du beau idéal dans ses Vies d'Artistes (ca) (1676), raconte comment Annibale Carracci a appris quelle était la fresque la plus réussie : une vieille femme reste silencieuse devant celle de Reni mais parvient à expliquer l'histoire à son enfant devant Le Martyre de saint André de Dominiquin[2].

Installation à Bologne en 1614

Bien que renié par Annibal Carrache dans ses travaux, Reni, en 1614, atteint l'apogée de son succès et s'établit à Bologne. Quelle qu'ait été la cause de cette décision (désaccord avec la cour papale, qui l'aurait contraint à quitter Rome, comme le laissent entendre certaines sources, ou besoin d'une plus grande indépendance, plus aisément concevable dans une ambiance provinciale), le retour dans son pays natal coïncide avec un enrichissement de ses thèmes picturaux et de ses expériences. La grande et sévère « pala » des mendiants (Bologne, P.N.), construite sur deux registres (la Pietà et les Saints protecteurs de Bologne), comme un tableau du quattrocento, témoigne d'une crise spirituelle résolue en termes poétiques. Chacune des œuvres composées à cette époque représente une tentative nouvelle pour varier et enrichir intérieurement la vision de formes sublimées, inspirées par un sentiment religieux intense et profond ou conçues dans le climat contenu d'une évocation nostalgique des paradis perdus[1].

De la Crucifixion de l'église des Cappuccini (1616, Bologne, P.N.) aux quatre Hercule (Louvre), de l'Annonciation (Gênes, S. Ambrogio) à Atalante et Hippomène (Naples, Capodimonte), la tension croît à un tel point qu'elle devient difficilement soutenable dans les limites de l'équilibre classique que Reni se proposait d'atteindre. En effet, après 1620, Reni se permet des moments de grâce, d'élégance, de sentimentalisme théâtral qui alternent avec des sommets d'expression spirituelle. Il créera ainsi les personnages de femmes célèbres (Madeleine, Cléopâtre, Lucrèce, Sémiramis, Salomé, Judith), toutes exténuées par la même langueur amoureuse, caractéristique sur laquelle se fondera sa renommée la plus grande, mais aussi la plus caduque. A la même époque, il exécutera également de nombreuses toiles de sujets religieux d'un piétisme excessif. Parallèlement à la composition de ses œuvres, il concevait des images nouvelles dont la beauté immatérielle naissait d'une lumière de plus en plus irréelle. Sa palette s'éclairait peu à peu, prenant des reflets irisés. Ce furent ses évocations du paradis qui acquirent les premières une transparence lunaire (« pala » de la peste : la Vierge et l'Enfant entourés d'anges avec les saints protecteurs de Bologne, 1631-32, Bologne, P.N.).

Postérité

Son art séduira la première génération des grands collectionneurs français tels que Richelieu, Mazarin, le financier La Vrillière (en) ou encore le duc de Créquy.

Tombe de Guido Reni et
Elisabetta Sirani.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Adam et Ève (vers 1620)
Musée des beaux-arts de Dijon

On lui doit entre autres :

Installation à Bologne


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Laclotte, Michel., Dictionnaire des grands peintres, Larousse, (ISBN 2037200064, OCLC 30402077, lire en ligne)
  2. Mignot, Claude, et Rabreau, Daniel, (1945- ...).,, Histoire de l'art. [3], Temps modernes : XVe-XVIIIe siècles, Flammarion, impr. 2011 (ISBN 9782081244269, OCLC 758290706, lire en ligne).
  3. « David tenant la tête de Goliath », notice no 000PE026991, base Joconde, ministère français de la Culture
  4. Mère, Bologne (musée)
  5. Loth et ses filles, Londres (Musée)
  6. Déjanire, Louvre (notice)
  7. Bacchus et Ariane, Los Angeles (musée)
  8. Charité, Florence (Utpictura18)
  9. Dessin et Couleur, Louvre (atlas)
  10. St Sébastien, Dulwich (musée)
  11. Baptême, Vienne (musée)
  12. « L'Annonciation », notice no 000PE026992, base Joconde, ministère français de la Culture
  13. St Jean Baptiste, Nantes (rmn)
  14. Immaculée, Metropolitan (musée)
  15. « L'Enlèvement d'Hélène », notice no 000PE027002, base Joconde, ministère français de la Culture
  16. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 602
  17. Site internet Artliste.com consulté le 03/07/2011.
  18. St Joseph, Ermitage (musée)
  19. « Le opere nella sala 24: Guido Reni - Pinacoteca Nazionale di Bologna », sur www.pinacotecabologna.beniculturali.it (consulté le 29 octobre 2015)
  20. Cléopâtre, Florence (Utpictura18)
  21. « L'Assomption de la Vierge », notice no 000PE030348, base Joconde, ministère français de la Culture
  22. Bacchus, Dresde (Utpictura18)
  23. Ecce Homo, Louvre (atlas)
  24. (en) « The Adoration of the Shepherds », sur nationalgallery.org.uk

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]