Nouveau Testament

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Nouveau Testament (en grec : Ἡ Καινὴ Διαθήκη / Hê Kainề Diathếkê), est l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l'enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d'un processus de plusieurs siècles.

Le mot « testament » vient du mot grec διαθήκη (diathếkê : « testament, contrat, convention ») traduit en latin par testamentum (testament, témoignage). Le mot grec a un sens plus large (celui de contrat) que le mot latin. Aussi certains préfèrent-ils le traduire par Alliance.

Les chrétiens considèrent que la Bible se compose de l’Ancien Testament (écrits antérieurs à Jésus) et du Nouveau Testament.

Liste des livres inclus dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament comprend, selon l'ordre du canon occidental :

Le canon se clôt à 27 livres par autorité d'Église. De ce fait, il se ferme plus tôt qu'en Orient aux synodes régionaux de Carthage de 397 et de 419. Jusqu'aux dernières années du IVe siècle, il exclut l'épître aux Hébreux. Cette question n'est jamais traitée dans les conciles œcuméniques de la fin du siècle. Cette lacune assigne donc ces conciles au rôle de tribunal et au lieu d'espace où traiter des affaires des Églises dans un projet d'unification. En dépit des décrets de Gélase, les littératures apocalyptiques autres que celle de Jean seront recopiées et tenues pour partie prenante du Nouveau Testament jusqu'au milieu du Moyen Âge (XIIIe siècle).

Dans les Églises grecques c'est l'usage des livres dans les communautés qui détermine le canon. Le canon démarre à 22 livres, sans épître aux Hébreux, sans lettres de Jacques, ni 2 Pierre, ni 3 Jean non plus que Jude. Au milieu du IIIe siècle, l'œuvre de Cyprien de Carthage ne cite aucun de ces 5 livres non plus que la lettre à Philémon et, bien évidemment sans Apocalypse.

Cette opposition aux littératures apocalyptiques s'inscrit dans la lutte contre le millénarisme montaniste, attestée par Eusèbe de Césarée, puis par Grégoire de Naziance, Amphiloque d'Iconium (mort en 396) qui déclare à propos de l'Apocalypse :

Certains l'acceptent mais la plupart le disent inauthentique

L'école d'Antioche, avec Jean Chrysostome (347-407), Théodore de Mopsueste (393-466) s'en tient à un canon de 22 livres sans Apocalypse. Le concile In Trullo (692) ne règle rien.

Classement des livres[modifier | modifier le code]

Le classement des livres du Nouveau Testament n'est pas chronologique selon leur date d'écriture – qui n'est d'ailleurs pas connue avec précision (Voir problème synoptique) - mais répond à une progression logique :

  • la vie de Jésus, racontée sous les différentes perspectives par quatre disciples ;
  • l'histoire des débuts de l'Église primitive et en particulier la vie des apôtres Pierre et Paul;
  • les épîtres de Paul aux premières communautés chrétiennes (épitres "ecclésiastiques"), puis à des responsables (épitres "pastorales") : il y prodigue enseignement, conseils et éclaircissements sur la nouvelle foi ;
  • l'épitre aux hébreux, d'auteur inconnu, qui explique l'Ancien Testament à la lumière de l'œuvre de Jésus
  • Les épîtres dites "catholiques" (universelles) attribuées aux premiers disciples (Jacques "frère de Jésus", Pierre, Jean, Jude "frère de Jésus");
  • l'Apocalypse, qui signifie 'révélation', et que beaucoup considèrent comme une prophétie sur la fin des temps.

Présentation des quatre évangiles[modifier | modifier le code]

Évangiles synoptiques[modifier | modifier le code]

On appelle évangiles synoptiques les trois premiers évangiles : l’Évangile selon Matthieu, l’Évangile selon Marc et l’Évangile selon Luc. Ils ont en commun une grande partie de leurs récits et ont été vraisemblablement écrits à partir d'une source commune (la source Q) ou à partir de l’Évangile selon Marc.

Évangile selon Matthieu[modifier | modifier le code]

L'évangile selon Matthieu est le premier des quatre évangiles canoniques que contient le Nouveau Testament.

Ce livre est traditionnellement attribué à Matthieu, collecteur d'impôt devenu apôtre de Jésus-Christ.

Intention théologique[modifier | modifier le code]

Le premier évangile s'adresse avant tout aux juifs et aux rabbins de la synagogue, pour leur démontrer à l'aide des Écritures, l'Ancien Testament, que Jésus-Christ est réellement le Fils de Dieu et l'Emmanuel, Dieu avec nous depuis le début, le fils de David, l'héritier de tous les rois d'Israël et le Messie qu'ils espéraient. Dès l'entrée, Jésus est présenté comme Sauveur (cf. Mt 1,21), Emmanuel (1,23), roi (2,2), Messie ou Christ (2,4), Fils de Dieu (2,15), en accomplissement de toutes les prophéties.

Le nom de fils de David, qui lui est associé, et qui revient en dix occurrences[1], démontre que Jésus est le nouveau Salomon : en effet Jésus s'exprime comme la Sagesse incarnée. En vertu du titre de Fils de l'homme, qui parcourt l'évangile, et qui provient tout droit du prophète Daniel et du Livre d'Hénoch, Jésus se voit doté de toute autorité divine sur le Royaume de Dieu, aux cieux comme sur la terre.

Évangile selon Marc[modifier | modifier le code]

L'évangile selon Marc (κατὰ Μάρκον) forme avec les trois autres évangiles, le cœur du Nouveau Testament, la partie la plus récente de la Bible chrétienne. Le deuxième (par sa place) des quatre évangiles canoniques est aussi le plus bref et probablement le plus ancien ; c'est l'un des trois évangiles dits « synoptiques ».

Sa rédaction est attribuée à Marc, généralement identifié au Marc compagnon de Paul, puis de Pierre, que l'on connaît par le Nouveau Testament, spécialement les Actes des Apôtres et les épîtres de Paul et de Pierre.

Évangile selon Luc[modifier | modifier le code]

Présentation et intention de l'auteur[modifier | modifier le code]

L'évangile selon Luc (κατά Λουκίαν) a pour auteur Luc (médecin et selon la Tradition chrétienne, compagnon de saint Paul). Il raconte en historien la vie du Christ, même s'il n'a pas connu personnellement Jésus durant son ministère public. Il a composé également les Actes des Apôtres, qui sont la suite de son évangile et narrent les débuts de l'Église chrétienne. Les deux livres sont dédiés à « Théophile » (ami de Dieu), personnage réel ou fictif, figure de tous les « amis de Dieu ». Les deux ouvrages furent rédigés probablement dans les années 60, avant la destruction du Temple (en 70), et avant le martyre des apôtres Pierre et Paul (en 64 ou 67).

C'est le plus long des quatre évangiles retenus dans le Nouveau Testament.

Évangile selon Jean[modifier | modifier le code]

L’Évangile selon Jean (en grec Κατά Ιωαννην, Kata Iōannēn) est un évangile, c'est-à-dire un texte qui rapporte la vie et les paroles de Jésus de Nazareth dans le but de transmettre la foi chrétienne. Dans la tradition chrétienne c'est le dernier des quatre évangiles canoniques du Nouveau Testament, et il a été attribué à l'un des disciples de Jésus, l'apôtre Jean de Zébédée. Cette attribution à un témoin oculaire est aujourd'hui rejetée par certains historiens, qui l'attribuent à une communauté johannique au sein de laquelle il aurait été composé à la fin du Ier siècle mais les théologiens sont divisés sur le sujet – avec toutes sortes de variantes. L'attribution de l'évangile à un Jean le Presbytre, distinct du fils de Zébédée, a été défendue par plusieurs exégètes comme Jean Colson[2], Oscar Cullmann[3], François Le Quéré[4], Joseph A. Grassi[5], James H. Charlesworth[6], Xavier Léon-Dufour[7].

Signification théologique et originalité[modifier | modifier le code]

Cet évangile se démarque des trois autres évangiles canoniques, dits synoptiques, par sa composition, son style poétique, sa théologie, et probablement par ses sources[8].

Dans la doctrine trinitaire, l'évangile selon Jean est le plus important en matière de christologie, car il énonce implicitement la divinité de Jésus[9].

Les Actes des Apôtres[modifier | modifier le code]

Le récit des Actes des Apôtres, cinquième livre du Nouveau Testament, est la seconde partie de l’œuvre dédicacée à Théophile et attribuée à Saint Luc, la première partie étant l'Évangile selon Luc.

Le récit débute avec l'Ascension suivie de la Pentecôte et relate les débuts de l'Église primitive qui se constitua autour des Apôtres à Jérusalem et se répandit ensuite en Judée, Galilée et Samarie et dans les communautés juives de la diaspora, avant de se séparer d'elles.

Les épîtres de Paul[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament, 13 épîtres sont explicitement attribuées à Paul (L'Épître aux Hébreux étant anonyme) :

Saint Paul en prison, par Rembrandt, 1627.

On peut grouper ces lettres selon les thèmes traités et l'époque à laquelle elles auraient été écrites :

  • lettres à dominante eschatologique (les deux lettres aux Thessaloniciens ; la première aux Corinthiens)
  • lettres traitant de l'actualité du salut et de la vie des communautés (les deux lettres aux Corinthiens, lettres aux Galates, aux Philippiens et aux Romains)
  • lettres dites « de captivité » (l'épître à Philémon date de cette époque) qui parlent du rôle cosmique du Christ (Col ; Eph), parfois attribuées à un disciple ;
  • lettres dites « pastorales », traitant de l'organisation des communautés (épîtres 1 et 2 à Timothée et celle à Tite), (dont l'attribution est contestée)

D'après un passage de l'épître aux Romains, les épîtres auraient été dictées à un secrétaire[10]. On sait en effet que l'écriture n'était pas chose aisée et que les écrits étaient dictés à un ou plusieurs scribes.

Épîtres catholiques[modifier | modifier le code]

Les Épîtres catholiques ou épîtres universelles viennent immédiatement après les Épîtres pauliniennes. Ce sont : l'épître de Jacques, deux de Pierre, trois de Jean et une de Jude.

On les appelle catholiques car elles étaient adressées à un public plus large que celui des épîtres de Paul, c'est-à-dire à l'Église entière ou universelle au lieu d'une église purement locale comme par exemple celle d'Éphèse ou de Corinthe. Les épîtres catholiques font partie du canon protestant aussi bien que de celui des Églises catholique et orthodoxe.

Apocalypse[modifier | modifier le code]

Couverture de la Bible de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

L’Apocalypse ou Apocalypse de Jean ou encore Livre de la révélation, également appelé Révélation de Jésus-Christ est le dernier livre du Nouveau Testament canonique[11].

L'œuvre a été composée vers la fin du Ier siècle[12] par un auteur judéo-chrétien nommé Jean qui résidait à Patmos au moment de l’écriture du texte, et que la tradition a identifié parfois à l'apôtre Jean fils de Zébédée ou à Jean le Presbytre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bible de Jérusalem, 1998, page 1671.
  2. Jean Colson, L’Énigme du disciple que Jésus aimait, Paris, Beauchesne, 1969.
  3. Oscar Cullmann, Le Milieu johannique, étude sur l’origine de l’évangile de Jean, Neuchâtel-Paris, Delachaux et Niestlé, 1976.
  4. François Le Quéré, Recherches sur saint Jean, F.-X. de Guibert, 1994.
  5. J.A. Grassi, The Secret Identity of the Beloved Disciple, New York, Paulist, 1992.
  6. J.H. Charlesworth, The Beloved Disciple, Valley Forge, Trinity, 1995.
  7. Xavier Léon-Dufour, Lecture de l’Évangile selon Jean, Paris, Seuil.
  8. Burnet 2004, p. 68
  9. Une discussion technique détaillée se trouve dans l'article de Raymond E. Brown : « Does the New Testament call Jesus God? » in Theological Studies, n° 26 (1965), p. 545-73.
  10. Rm 16. 22
  11. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, éd. Bayard, 2011, p. 830.
  12. Raymond E. Brown, op. cit., p. 831.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard, 2000
  • Étienne Charpentier, Pour lire le Nouveau Testament, Cerf, 1982
  • Jacqueline Genot-Bismuth, Un homme nommé Salut, Éd. François-Xavier de Guibert, 347 p., 2° éd. 1995. L'auteur, israélite, est une spécialiste de la civilisation juive. Son livre démontre l'ancienneté des rédactions des évangiles, et en particulier de celui de Jean, qui aurait été un "Cohen".
  • Oscar Cullmann, Le Nouveau Testament , Paris, Presses Universitaires de France (« Que sais-je ? », n° 1231), 11 x 17 cm, 128 p., 1966.
  • John Arthur Thomas Robinson, Redating the New Testament , Londres, 1976. Trad.fr. Re-dater le Nouveau Testament , Paris, Ed. P. Lethielleux, 1987, Recension par André Mehat.
  • Régis Burnet, Le Nouveau Testament, PUF, coll. « Que sais-je ? »,‎ 2004
  • Wolfgang Kosack:Novum Testamentum Coptice. Neues Testament, Bohairisch, ediert von Wolfgang Kosack. Novum Testamentum, Bohairice, curavit Wolfgang Kosack. / Wolfgang Kosack. neue Ausgabe, Christoph Brunner, Basel 2014. ISBN 978-3-906206-04-2.

Liens externes[modifier | modifier le code]