Wikipédia:Sélection/Religions et croyances

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Divālī

Les lampes dīp (ou diya), allumées en l’honneur du retour de Rama à Ayodhya, et qui ont donné leur nom à Dīpāvalī.

Divālī, parfois appelé Dīpāvalī ou Diwali (hindi : दीपावली, Dīpāvalī, ou दिवाली, Divālī), est une fête majeure dans le monde indien. Divālī est la forme contractée de Dīpāvalī (ou Deepavali en translittération anglaise), selon son nom complet, tiré du sanskrit, rangée de lampes (dīpa avali).

Indissociable de la grande fête de Dussehra, qui a lieu vingt jours avant, elle commémore le retour de Rāma à Ayodhya. Ses habitants avaient alors éclairé les rues, où passait le roi, avec des lampes dīp.

Divālī est une fête très populaire en Inde : c’est celle des lumières, à l’occasion de laquelle on s’offre des cadeaux et tire des feux d’artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important (Baṛi Divālī, « la grande Divālī »), est consacré à la déesse Lakshmi, les quatre autres étant associés à différentes légendes et traditions…

Limpieza de sangre

Limpieza.jpg

La limpieza de sangre (en espagnol) ou Limpeza de sangue (en portugais), qui signifie « pureté de sang » en français, est un concept qui s'est développé en Espagne et au Portugal à partir de la fin du XVe siècle. Il renvoie à la qualité de vieux chrétien, dénué de toute ascendance juive ou maure, par opposition aux nouveaux chrétiens, juifs ou musulmans convertis (le plus souvent par la force) et dont on doutait de la réalité de la foi.

L'obsession de la pureté de sang entraîna, aux XVIe et XVIIe siècles, l'interdiction pour tous ceux ne pouvant se prévaloir d'un statut de limpieza de sangre d'accéder aux principales institutions civiles ou ecclésiastiques espagnoles, en exigeant pour tout candidat souhaitant intégrer ces corps, de produire un statut de pureté de sang appuyé sur une longue et coûteuse enquête.

Ces statuts étaient des documents d'ordre privé, spécifiques à chacune de ces institutions : si les souverains espagnols ne cherchèrent pas en général à s'y opposer, à aucun moment l'État espagnol ne les généralisa.

Subbotniks

Les Subbotniks, ou Subbotniki (russe : Субботники, « sabbatariens », c’est-à-dire « ceux qui suivent le shabbat »), parfois appelés Subbotnichestvo ou Sobbotniki, sont un ensemble de groupes religieux russes d’origine chrétienne ayant adopté des pratiques religieuses proches ou similaires à celles du judaïsme.

Ces groupes de paysans pauvres en rupture avec l’ordre social et religieux dominant se développent à l’extrême fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle dans un milieu déjà touché par les « hérésies » contre l’Église orthodoxe, en particulier celle des Molokans. Originellement chrétiens, mais revalorisant l’Ancien Testament dans une attitude typiquement scripturaliste, les Molokans ont donné naissance, ou au moins influencé, la naissance de groupes allant plus loin dans la remise en cause du Nouveau Testament. Au cours du XIXe siècle, les Subbotniks ont progressivement rompu tout lien avec le christianisme, et ont pour cela été fortement persécutés par le régime tsariste.

Arche de Noé

Tableau représentant la construction de l’arche de Noé,d'un maître français vers 1675, exposé au Magyar Szépmüvészeti Múzeum de Budapest.

L'arche de Noé, d'après la Bible, est un grand bateau construit sur l'ordre de Dieu afin de sauver Noé, sa famille et toutes les espèces animales d'un Déluge sur le point d'arriver. L'histoire figure dans le livre de la Genèse, du chapitre 6 au chapitre 9, correspondant à la Parasha « Noah ».

Selon l'hypothèse documentaire, cette partie de la Genèse se fonde sur deux sources anciennes quasiment indépendantes l'une de l'autre, et n'a atteint sa forme définitive que vers le Ve siècle av. J.-C. Ce processus de consolidation graduelle permettrait d'expliquer les confusions et les répétitions du texte. Le récit biblique de l'arche de Noé présente des similitudes avec un mythe mésopotamien décrit dans le Poème du Supersage datant du XVIIe siècle av. J.-C., dans la légende de Ziusudra qui pourrait dater de la même époque, puis repris au XIIe siècle av. J.-C. au plus tard dans la version assyro-babylonienne "standard" de l'Épopée de Gilgamesh, qui raconte comment un ancien roi appelé Uta-Napishtim fut invité par son dieu personnel à construire un navire, dans lequel il pourrait échapper au déluge envoyé par l’assemblée des dieux. D'autres versions, d'une ressemblance plus approximative, peuvent se retrouver dans de nombreuses cultures à travers le monde. L'histoire de l'arche a fait l'objet par les religions abrahamiques d'interprétations abondantes, mêlant raisonnements théoriques, problèmes pratiques et considérations allégoriques.

Dès le début du XVIIIe siècle, le développement de la biogéographie en tant que science naturelle réduisit progressivement le nombre de personnes prêtes à soutenir une interprétation littérale de l'aventure de Noé. Les littéralistes bibliques, cependant, continuent à parcourir la région du mont Ararat au nord-est de la Turquie, là où la Bible dit que l'arche de Noé se serait échouée à la fin de son périple.

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Falashas

Un jeune Falash Mura

Les Falashas (en hébreu פלאשים), ou Beta Israel (en hébreu ביתא ישראל), ou Bétä Esraél sont les Juifs d’Éthiopie.

Falasha signifie en amharique, « exilé » ou « immigrés ». Rarement utilisé par les Juifs d’Éthiopie, qui emploient plutôt Beta Israel (la « maison d’Israël », au sens de la « famille d’Israël »), il est généralement considéré comme dépréciateur. Depuis l’immigration en Israël, le terme Beta Israel tend à être remplacé, en Israël et au sein de la communauté elle-même, par « Juifs d’Éthiopie ». On trouve aussi, selon les régions d’Éthiopie, les termes Kayla (d’étymologie toujours discutée) et esra’elawi (israélite).

Les Beta Israel ont une origine mal définie. Ils ont vécu pendant des siècles dans le Nord de l’Éthiopie, en particulier les provinces du Gondar et du Tigré. Après avoir bénéficié de petits États indépendants jusqu’au XVIIe siècle, ils ont été conquis par l’empire d’Éthiopie, et sont devenus une minorité marginalisée, à laquelle il était interdit de posséder des terres, et accusée d’avoir le « mauvais œil ».

Achille

Achille à la cour du roi Lycomède

Achille (en grec ancien Ἀχιλλεύς / Akhilleús) est un héros légendaire de la guerre de Troie, fils de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, et de Thétis, une Néréide (nymphe marine). Il est fréquemment appelé « Péléide » ou « Éacide », épithètes qui rappellent son ascendance.

Sa mère le plonge dans le Styx, l'un des fleuves des Enfers, pour qu'il devienne invulnérable ; son talon, par lequel le tient Thétis, n'est pas trempé dans le fleuve et reste donc vulnérable, le fameux « talon d'Achille ». Il est éduqué par le centaure Chiron qui lui apprend les arts de la guerre, la musique et la médecine. Alors qu'il est encore adolescent, il choisit une vie courte, mais glorieuse, plutôt qu'une existence longue mais sans éclat. Caché par sa mère, qui veut l'empêcher de participer à la guerre de Troie, à la cour du roi Lycomède, le jeune homme est découvert par Ulysse et rejoint, avec son ami Patrocle, l'expédition grecque. Lors de la dixième année du conflit, une querelle avec Agamemnon le pousse à quitter le combat : c'est la « colère d'Achille » chantée par l’Iliade. La mort de Patrocle le pousse à reprendre les armes pour affronter Hector, le meilleur des Troyens. Achille trouve la mort peu après l'avoir tué, atteint à la cheville par une flèche de Pâris guidée par le dieu Apollon.

Achille est honoré comme un héros, voire comme un dieu par le monde grec. Beau, valeureux, champion d'une morale orgueilleuse de l'honneur, il incarne « l'idéal moral du parfait chevalier homérique ».

Dodone

Dodone

Dodone est un sanctuaire oraculaire dédié à Zeus et à la Déesse mère, révérée sous le nom de Dioné. Il est situé en Épire sur les pentes du mont Tomaros au sud du lac Pambotis, à 22 km au sud de Ioannina. C’est le plus vieil oracle de Grèce antique, d'après Hérodote, remontant peut-être au IIe millénaire av. J.-C., et l’un des plus célèbres avec ceux de Delphes et d’Ammon. Les prêtres et les prêtresses du bosquet sacré interprétaient le bruissement des feuilles de chêne sous le vent. Situé à l’écart de la Grèce des cités, il pâtit du développement de l’oracle de Delphes à l'époque classique mais reste important jusqu’à l’époque romaine.

Homère

Portrait imaginaire d'Homère

Homère est réputé avoir été un aède de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. C'est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. On ne sait rien de sa vie et son existence même est l'objet de discussions. Selon les traditions antiques, Homère aurait été aveugle et viendrait d'Asie Mineure.

Il était surnommé simplement « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. On lui attribue la paternité de l'Iliade et de l'Odyssée, deux des épopées les plus célèbres de la littérature, sources importantes pour la connaissance de la mythologie grecque, et notamment de la guerre de Troie et des retours. Les Anciens le pensaient également auteur de nombreuses autres œuvres, comme la Batrachomyomachia (« Bataille des grenouilles et des rats ») ou les Hymnes homériques.

Mosquée

Une mosquée est un lieu de culte où se rassemblent les musulmans pour les prières communes. L’ensemble architectural est le plus souvent entouré d’une ou plusieurs tours, ou minarets, dont le nombre est limité à six pour ne pas excéder celui de la mosquée de La Mecque qui en comporte sept. Le toit est souvent en forme de dôme. C’est du haut d’un des minarets que le muezzin (Moadhin) appelle à la prière au cours de l’adhan. Une mosquée est plus qu’un lieu de culte, c'est, également, une institution sociale, éducative et politique : elle peut, ainsi, être accompagnée d’une madrasa (école) , d’un centre de formation, voire d’une université. Elle sert aussi de lieu de rencontres et d’échanges sociaux.

Le nom mosquée, attesté en 1550 dans la langue française, est un emprunt à l’italien mosche(t)a, par le truchement de l'espagnol mezquita, venant lui-même de l’arabe مسجد masjid, lui-même emprunté à l'araméen masged. Il dérive d’une racine proto-sémitique signifiant « poser le front au sol » et rappelle qu’il s’agit d’un lieu de prosternation.

La première construite pendant le règne de l’islam serait la mosquée de Quba à Médine. Elle aurait été édifiée lors de l’hégire, fuite de Mahomet et ses compagnons de la Mecque à Médine. Quelques jours après avoir commencé sa construction, Mahomet aurait entamé la construction d’une deuxième mosquée à Médine, connue aujourd’hui sous le nom de masjid al-Nabawi, ou « mosquée du prophète ». D'après la tradition, son emplacement serait celui de la première prière de vendredi effectuée à Médine. Selon cette tradition, prié par les habitants de Médine d’accepter plusieurs terrains, Mahomet, pour ne froisser personne, laissa à sa monture, Qoçoua, le soin de déterminer le lieu d’arrivée en lui relâchant la bride. C’est ainsi qu’après nombre de détours elle s’arrêta enfin sur un large terrain vide et s’agenouilla. C’est sur ce terrain que la mosquée de Médine aurait été bâtie

Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace

Vue générale des vestiges du Hiéron depuis le sud-ouest.

Le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace est l'un des principaux sanctuaires panhelléniques. Il est situé sur l'île de Samothrace au large de la Thrace. Construit immédiatement à l'ouest des remparts de la cité de Samothrace, il en est indépendant comme le montre l'envoi d'ambassadeurs de la cité au sanctuaire lors des fêtes.

Il est célèbre dans l'ensemble du monde grec dès l'époque classique pour son culte à mystères, un culte chthonien qui n'est pas moins renommé que celui des mystères d'Éleusis. De nombreux personnages importants y sont initiés : l'historien Hérodote, l'un des rares auteurs à avoir laissé quelques indications sur la nature des mystères, le roi de Sparte, Lysandre, ainsi que de nombreux athéniens. Le culte est mentionné par Platon et Aristophane.

Le sanctuaire connaît une période de développement architectural spectaculaire à l'époque hellénistique lorsqu'il devient, suite à l'initiation de Philippe II, un haut-lieu national macédonien où les successeurs d'Alexandre le Grand rivalisent de munificence. Il demeure un lieu de culte important jusqu'à l'époque romaine incluse — l'empereur Hadrien le visite, l'écrivain Varron décrit une partie des mystères — avant de disparaître à la fin de l'Antiquité tardive.

Hindouisme

La déesse Saraswati

L'hindouisme est une très vieille croyance. Certains en voient l'origine à la civilisation de l'Indus.

À l'inverse d'autres religions, l'hindouisme n'a pas été fondé par un prophète et ne dépend pas d'un dogme central, sa pratique étant issue d'une tradition très ancienne. C'est donc une croyance créée par un humain, un ensemble de concepts philosophiques issues d'une tradition remontant à la protohistoire indienne, dotée d'une capacité à assimiler les croyances, et les philosophies, sans les opposer.

C'est une croyance polythéiste basée sur la croyance en un cycle de réincarnations, le Samsara, vécu comme une damnation. En effet, les vies successives sont selon la croyance définies en fonction du bilan des actions de l'individu, que l'on nomme Karma. Si la personne a fait de hautes actions et œuvré pour le Bien, sa vie future sera meilleure, et elle pourra éventuellement quitter le Samsara. Cette notion est récupérée comme base théologique de l'organisation complexe en castes de la société indienne, qui contraste avec l'absence de clergé et de dogme clairement établis. Il en résulte une pluralité de l'hindouisme, qui a évolué, parfois sous l'influence d'autres croyances, des Vedas au brahmanisme. Enfin, l'hindouisme est le cadre religieux et social dans lequel sont nés le bouddhisme, le jainisme, et le sikhisme.

Juifs

Magen David - étoile de David

Les juifs (Hébreu : יְהוּדִים, Yëhûdîm ; Yiddish : ייִדן, Yiden ; Ladino ג׳ודיוס, Djûdios) sont les adhérents au judaïsme. Ce sont aussi, avec une majuscule (Juifs), les membres du peuple juif ('am yëhûdî), également appelés enfants d'Israël.
Il existe en effet une distinction entre les deux définitions, la Halakha (loi religieuse orthodoxe) indiquant qu'on reste Juif (membre du peuple) même si on n'est plus juif (adhérent du judaïsme).

Ils forment un groupe dont la définition recoupe partiellement les catégorisations usuelles de groupe culturel, ethnique, national ou religieux. Ils se composent des descendants des anciens Israélites de Judée ainsi que des personnes converties au judaïsme au cours des siècles.

La définition que les Israélites puis les Juifs ont donné d'eux-mêmes a varié dans le temps. L'idée que les Juifs sont un peuple, le « peuple d'Israël », apparaît dès les premiers livres de la Bible, et a continué à être affirmée au cours des siècles. La définition religieuse a par contre évolué, l'archéologie décrivant des Israélites polythéistes aux périodes les plus anciennes. L'idée de « royaume d'Israël », qui date de la Bible, a également varié dans le temps, ayant été largement mise de côté par les autorités religieuses à compter du IIe siècle, avant d'être réintroduite par des laïques et quelques religieux sous la forme du sionisme au XIXe siècle. Enfin, des cultures juives très diversifiées dans l'espace et le temps ont encore complexifié l'approche de l'identité juive.

Le nombre total de Juifs est difficile à estimer avec précision, et fait l'objet de controverses. Selon un recensement effectué en 2002, il serait d'environ 13 millions, la majorité vivant en Amérique du Nord, en Europe et en Israël.

Grégoire de Nazianze

Icône de Grégoire de Nazianze.

Grégoire de Nazianze, ou « de Naziance », dit « le Jeune », ou encore Grégoire le Théologien, né en 329 en Cappadoce et mort en 390, est un théologien et un docteur de l'Église.

Issu d'une famille chrétienne, Grégoire de Nazianze fait ses études à Alexandrie puis à Athènes, où il rencontre Basile de Césarée, qui devient son ami. Il rentre à Nazianze où il est ordonné prêtre par son père. Ordonné ensuite évêque de Sasimes contre son gré par Basile de Césarée, il ne peut cependant s'y établir ; il reste alors chez son père, devenant le premier évêque auxiliaire de l'Église.

À la mort de son père, il décide de se retirer pour mener une vie cénobitique. Il est invité à Constantinople où il prend part à la lutte contre l'arianisme et contre les divisions de l'Église de Constantinople. Défenseur de la doctrine du concile de Nicée, il cherche à défendre la place de l'Esprit Saint dans la théologie orthodoxe...

Ulrich Zwingli

Ulrich Zwingli

Ulrich Zwingli — on trouve aussi Huldreich Zwingli et Huldrych Zwingli, et même Zwingle ou Zvingle ou encore Zuingle Haudry, en francisant — (1484-1531) est un réformateur religieux suisse. En étudiant la Bible, indépendamment de Martin Luther, il arrive à des conclusions analogues.

Très présent dans la société, il est un des principaux artisans des différentes tentatives de convertir, y compris militairement, la Suisse à la Réforme. En 1523, il parvient à faire adopter la réforme au canton de Zürich, premier canton à le faire. Il est, depuis Zurich, à l'origine des Églises réformées de Suisse alémanique, tandis que Guillaume Farel et Jean Calvin sont les principaux réformateurs en Suisse romande. Il est aujourd'hui encore l'une des principales sources d'inspiration des Églises réformées, et notamment du protestantisme libéral.


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Ragnarök

Pierre de Ledberg

Le Ragnarök (vieux norrois signifiant Consommation du Destin des Puissances) désigne, dans la mythologie nordique, une prophétique fin du monde où trois hivers sans soleil nommés Fimbulvetr se succèderont, suivis d'une grande bataille sur la plaine de Vigrid conduisant à la mort de la majorité des divinités, géants et hommes, avant une renaissance. Le Ragnarök est principalement relaté dans l’Edda poétique dans la section de la Völuspá, probablement écrite par un clerc islandais après l’an mil.

Le fait de savoir si le Ragnarök fait réellement partie de la mythologie nordique est aujourd'hui un sujet très discuté. De nombreux spécialistes affirment que les textes faisant référence à cette fin du monde prophétique sont inspirés des récits bibliques du jugement dernier, notamment de l'apocalypse et la fin de monde millénariste, et de l’Ecclésiaste. On y trouve également une comparaison avec les récits d'autres mythologies indo-européennes, qui pourraient indiquer une origine commune du mythe ou des influences extérieures, comme les textes scythes, gréco-latins, celtes, slaves, mais aussi finno-ougriens et nord orientaux « chamanistes »... Pour de nombreux érudits, ces influences empruntées aux autres cultures et réécrites par des clercs chrétiens sont attribuées à tort à la mythologie viking, et ont déformé la connaissance que nous avons de la foi scandinave.

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Agnosticisme

Thomas Henry Huxley, l'inventeur du mot agnostique.

L'agnosticisme est la position philosophique selon laquelle la vérité de certaines propositions, le plus souvent théologiques, concernant l'existence de Dieu ou des dieux est inconnaissable.

C’est une pensée fondée sur le doute tant qu'il n'existe pas de vérité scientifique établie. Cela consiste en une approche rationnelle et empirique des choses. La vérité parfaite et absolue, par définition fondée sur le dogme, ne peut être certaine. L'agnosticisme est souvent rapproché, à tort, à d'autres courants philosophiques, ou confondu avec eux.

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Livre des morts des Anciens Égyptiens

Papyrus d'Ani, vers 1200 av. J.-C. (Nouvel Empire égyptien).

Le Livre des morts des Anciens Égyptiens a pour véritable titre, à l'époque de l'Égypte antique, Livre pour Sortir au Jour. Le « jour » en question est celui des vivants, mais aussi de tout principe lumineux s'opposant aux ténèbres, à l'oubli, à l'anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le défunt Égyptien cherche à voyager dans la barque du dieu soleil et à traverser le royaume d'Osiris (version nocturne du soleil diurne en cours de régénération).

Il s'agit de rouleaux de papyrus, recouverts de formules funéraires, placés à proximité de la momie ou contre celle-ci, dans les bandelettes. Ces différents exemplaires du Livre des Morts ne sont pas tous identiques, car le bénéficiaire choisit les formules qui lui conviennent, probablement en fonction de ce qu'il peut s'offrir car ces manuscrits représentent un investissement non négligeable. Certains peuvent donc être courts, alors que d'autres reproduisent l'ensemble, ou presque, du corpus.

En 1842, l'égyptologue allemand Karl Richard Lepsius appela Todtenbuch (Livre des Morts) un papyrus conservé au musée égyptologique de Turin et dont il a effectué une première traduction. Ce nom est ensuite resté bien que dans la littérature égyptologique moderne on rencontre souvent la juxtaposition des deux titres, à savoir « Livre des Morts-Sortir au Jour ».

Convulsionnaires

Séance de secours : une femme se frappe à coups de battoir. La légende de la figure indique : « Percutiam et ego Sanabo » (Je frapperai et je guérirai - Deutéronome XXXII, 39). Gravure anonyme du XVIIIe siècle

Le vocable « convulsionnaires » a été forgé au XVIIIe siècle à partir du terme médical de convulsion. En effet, il servit à l’origine à désigner collectivement des individus atteints de troubles mentaux qui, lors de transes mystico-religieuses, présentaient des convulsions, entre autres manifestations spectaculaires. Le terme fut ensuite repris dans la désignation d’un mouvement politico-religieux, né dans le contexte de l’opposition janséniste à la bulle Unigenitus et à la répression politique et religieuse des prêtres appelants, appelé par ses acteurs « Œuvre des convulsions ».

Le mouvement convulsionnaire est riche d’interprétations. Il se situe au carrefour de l’histoire du jansénisme, de pratiques religieuses traditionnelles, d’un sentiment d’indignation du petit peuple parisien, de la naissance de l’opinion publique et du monde sectaire. Il évolue durant le XVIIIe siècle et pousse ses derniers développements jusqu’au cœur du XIXe siècle.

À la fois religieuse et scandaleuse, l’« œuvre des convulsions », est objet d’attention, de réprobation et d’interrogations pour ses contemporains, tout en étant fermement condamnée par l’Église. Les convulsions sont souvent vues comme une déchéance du jansénisme. Au milieu du XIXe siècle, Sainte-Beuve parle ainsi, dans son Port-Royal, d’« ignominie des convulsions ».

Pour saisir ce que fut le mouvement convulsionnaire, il faut faire coexister la rationalité pure avec les pratiques religieuses populaires teintées de merveilleux qui font le quotidien des quartiers commerçants du Paris de la première moitié du XVIIIe siècle. L’origine des convulsions tient à la querelle janséniste. Si les convulsions semblent ne rien avoir de commun avec l’austère piété des habitants de Port-Royal-des-Champs, leur existence est pourtant directement liée à la persécution contre les religieuses et les prêtres liés au jansénisme.