Wikipédia:Sélection/Monde byzantin

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Manuel Ier Comnène

Manuel Ier Comnène.

Manuel Ier Comnène (en grec, Μανουήλ Α’ Κομνηνός) (28 novembre 111824 septembre 1180) est empereur byzantin (11431180) à une période charnière pour l’empire. Manifestant sa volonté de le restaurer dans sa gloire passée et de réaffirmer Byzance dans sa suprématie du monde méditerranéen au XIIe siècle, Manuel poursuit une politique étrangère ambitieuse et énergique.

Pour ce faire, il s’allie au Pape et aux puissances occidentales montantes, envahit l’Italie, maîtrise le passage de la Deuxième croisade à travers son empire et établit un protectorat byzantin sur les royaumes croisés d’Outremer. Faisant face au jihad islamique en Terre sainte, il fait cause commune avec le Royaume de Jérusalem et participe à l’invasion de l’Égypte fatimide. Manuel recompose la carte politique des Balkans et de la Méditerranée orientale en plaçant les royaumes de Hongrie et d’Outremer sous l’hégémonie byzantine et en menant des campagnes agressives aussi bien à l’ouest qu’à l’est.

Toutefois, vers la fin de son règne, les réalisations de Manuel en Orient sont compromises par la défaite à la bataille de Myriokephalon qui, pour une large part, est due à son arrogance à attaquer une place forte turque bien défendue (défaite qui mènera à la fondation de l’Empire turc ottoman et la fin de Byzance).

Missorium de Théodose

Copie du missorium au Musée national d'art romain de Mérida.

Le missorium de Théodose Ier est un grand plat d’argent d’apparat conservé à la Real Academia de la Historia, à Madrid. Probablement réalisé à Constantinople pour célébrer les decennalia (le dixième anniversaire du règne) de l’empereur Théodose Ier, il le représente en train de remettre un codicille à un haut fonctionnaire, flanqué de ses deux co-empereurs, Valentinien II et Arcadius. Il est caractéristique du style classicisant théodosien et considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie romaine tardive.

Le missorium provient d’un trésor d’argenterie, qui comprenait également deux coupes, découvert en 1847 à Almendralejo, près de Mérida (Espagne) dans la province espagnole de Badajoz. C’est un des plus beaux exemples d’argenterie des largesses impériales (largitio), c’est-à-dire de la catégorie de ces objets de luxe réalisés en vue des célébrations impériales (accession au trône, anniversaire de règne principalement) et offerts en ces occasions par l’empereur aux plus grands dignitaires de l’Empire.

Ivoire Barberini

L’ivoire Barberini, musée du Louvre

L’ivoire Barberini est un objet d’art byzantin datant de l’Antiquité tardive. Il est conservé au musée du Louvre à Paris.

C'est un feuillet d’ivoire composé de quatre plaques sculptées dans le style classicisant dit théodosien tardif, représentant le thème de l’empereur triomphateur. L’œuvre est généralement datée de la première moitié du VIe siècle et attribuée à un atelier impérial de Constantinople, tandis que l’empereur figuré est identifié soit à Anastase Ier soit beaucoup plus probablement à Justinien.

Il n’est pas certain que le feuillet appartenait à un diptyque, c’est-à-dire qu’il existait un autre ensemble comparable de plaques formant un second feuillet, où aurait pu être représentée par exemple l’impératrice : le poids de ce premier feuillet est déjà trop important pour qu’il puisse être manipulé aisément et remplir une fonction utilitaire. Par ailleurs, il n’y a pas trace de charnière, qui pourrait indiquer une reliure.

La question de l’identification de l’empereur représenté sur le panneau central constitue le problème central qui a occupé les commentateurs de l’ivoire Barberini : son premier propriétaire moderne connu, Peiresc, y reconnaissait sans hésitation apparente Héraclius et faisait de l’officier lui offrant la statuette de victoire son fils Constantin III. Par la suite, on a reconnu sous les traits de l’empereur aussi bien Constantin Ier, que Constance II, Zénon Ier, et surtout Anastase Ier ou Justinien.

L’identification est compliquée par le fait que l’empereur représenté n’est pas nécessairement celui sous le règne duquel l’ivoire a été réalisé : la datation de l’ivoire n'est donc pas conclusive quant à l’identification de la figure impériale, mais elle est indéniablement une indication précieuse.

Justinien

Justinien, mosaïque de la basilique Saint-Vital de Ravenne, avant 547.

Justinien Ier dit Justinien le Grand (en latin, Imperator Caesar Flavius Petrus Justinianus Sabbatius Augustus, en grec ancien : Φλάβιος Πέτρος Σαββάτιος Ἰουστινιανός) est un empereur romain d'Orient, né vers 482 à Tauresium (Macédoine) et mort le à Constantinople. Ayant régné de 527 jusqu'à sa mort, il est l'une des principales figures de l'Antiquité tardive. Que ce soit sur le plan du régime législatif, de l'expansion des frontières de l'Empire ou de la politique religieuse, il a laissé une œuvre considérable.

D’origine modeste, il parvient aux faîtes du pouvoir grâce à l’action de son oncle et empereur Justin Ier dont il est l’un des principaux conseillers avant de devenir son successeur. Si son arrivée au pouvoir n’est pas sans troubles, puisqu’il doit faire face à la sédition Nika, il impose progressivement son autorité sur un Empire qui, depuis sa fondation, est constamment sur la défensive face aux assauts de nombreux adversaires et tente de faire perdurer l’héritage de Rome, au travers du projet de la restauration de l'Empire.

Justinien est souvent considéré comme le plus grand empereur de l’histoire byzantine ou encore comme le dernier grand empereur romain, avant que l'Empire romain d'Orient ne commence à se différencier de l’Empire romain dont il est le continuateur direct. Il est le dernier empereur à chercher à rétablir l’unité et l’universalité de l’Empire romain, ce qui l’amène à mener des guerres expansionnistes, principalement en Italie et en Afrique, tout en défendant victorieusement les frontières contre les Perses ou les Slaves. Au-delà de ses succès militaires, il entreprend une œuvre de codification législative de grande ampleur qui influence profondément l’évolution du droit en Europe pour les siècles à venir. Très pieux, il intervient fortement dans les affaires religieuses. Son ambition de reconstituer un Empire romain universel se confond avec sa volonté d’une foi chrétienne unique et universelle. De ce fait, il est très actif dans la lutte contre les dissidences religieuses, usant parfois de l’oppression et parfois du dialogue, notamment avec les monophysites, mêmes si ses résultats en la matière sont contrastés. En outre, il contribue à l’épanouissement de l’art byzantin, représenté par la construction de la basilique Sainte-Sophie mais aussi par de multiples autres édifices. Enfin, le règne de Justinien ne peut se concevoir sans le rôle des multiples personnages dont il a su s'entourer et qui lui ont permis de concrétiser ses ambitions, à l'image de sa femme, l'impératrice Théodora, de ses généraux, dont Bélisaire est le plus célèbre, du juriste Tribonien ou du préfet du prétoire Jean de Cappadoce.

Le règne de Justinien peut être décomposé en deux parties. De 527 à 540, les succès sont réels, souvent rapides et de grande ampleur. En revanche, la deuxième partie de son règne est plus contrastée. Les frontières de l’Empire sont assaillies et ses nouvelles conquêtes, notamment en Italie, sont compromises. Pour autant, si l’Empire vacille, la situation se rétablit sur l’ensemble des fronts et à sa mort, l’Empire romain d’Orient est à son apogée territorial. Sur le plan interne, la situation aussi se dégrade, parfois pour des raisons extérieures à l’empereur. La peste de Justinien et une série de catastrophes naturelles aboutissent à une profonde crise démographique dont les effets se font surtout ressentir après sa mort. En effet, sur bien des points, l’œuvre de Justinien apparaît inachevée. Ainsi, ses conquêtes territoriales ne lui survivent pas, de même que l'idée d'un Empire romain universel. Certains historiens ont pu critiquer les ambitions d’un empereur inconscient des forces réelles de son Empire et des enjeux les plus urgents auxquels il fait face. Pour autant, il reste encore aujourd’hui considéré comme un dirigeant de grande qualité, contribuant à faire rayonner l’héritage de la Rome antique.

Basile II

Basile II (enluminure du XIe siècle)

Basile II le Bulgaroctone (en grec Basileios BoulgaroktonosΒασίλειος Β΄ Βουλγαροκτόνος : tueur de Bulgares) empereur byzantin de 960 à 1025, né en 958, mort le 15 décembre 1025, fils de Romain II et de Théophano. C’est la figure la plus marquante de la dynastie dite « macédonienne » installée sur le trône par Basile Ier, issue d’une famille d’origine arménienne établie en Macédoine.

La période d’expansion de l’empire byzantin, qui avait commencé en 945, a été l’œuvre de plusieurs hommes politiques et administrateurs remarquables. Basile II est de ceux-là. Il donne à l’empire byzantin ce qui correspond à son espace géographique à son apogée : la péninsule des Balkans, l’Asie Mineure, le nord de la Syrie, la Haute Mésopotamie, l’Arménie et l’Italie du Sud : l’Empire qu’il laisse à son frère Constantin VIII est le plus vaste de l’histoire byzantine depuis le temps de Justinien.

Le règne effectif de Basile II dure 49 ans et est le plus long de toute l’histoire byzantine. Avec Justinien son règne est sûrement l’un des plus glorieux. Cependant les deux empereurs sont différents à bien des égards. Alors que Justinien était un intellectuel, Basile II est d’abord un soldat qui passe une grande partie de son temps avec son armée. Néanmoins, Basile est un très bon gestionnaire et un extraordinaire homme politique ; mais avant d’arriver à son but, le basileus a dû conquérir le pouvoir et écarter des usurpateurs.

Michel VIII Paléologue

Michel VIII représenté avec le Christ sur un hyperperion célébrant la reprise de Constantinople

Michel VIII Paléologue (grec : Μιχαήλ Η΄ Παλαιολόγος) (v. 1224 - ) est un empereur byzantin du XIIIe siècle qui règne entre 1261 et 1282.

Michel VIII, est empereur de Nicée de 1258 à 1261, puis empereur byzantin de 1261 à 1282. Il usurpe le trône de Nicée au souverain légitime Jean IV Lascaris. Son passage au pouvoir est souvent considéré comme le dernier grand règne de l’empire byzantin. Il reprend Constantinople et rénove la Cité Impériale. Ensuite, grâce à une diplomatie habile, il évite une croisade contre la Romanie (autre nom de l’Empire byzantin d’alors). Il utilise d’ailleurs bien plus la diplomatie pour régler ses différends que la manière forte à l’image des Vêpres siciliennes dont il est un facteur déclenchant important mais auquel il ne participe pas directement.

Cependant Michel VIII commet plusieurs erreurs, par exemple en supprimant les colons sur la frontière turque pour épargner aux finances byzantines déjà bien mal en point une dépense supplémentaire. À l’intérieur de l’Empire, il rénove certes Constantinople mais contribue par le renvoi du patriarche Arsène à créer une grave crise religieuse qui perdure bien après la mort des deux protagonistes. De plus, son alliance avec Gênes qui cède à la cité italienne de grands privilèges commerciaux dans l’empire, empêche le relèvement économique et participe ainsi à la future chute de l’empire byzantin.

Jean II Comnène

Jean II Comnène, mosaïque de l'église Sainte Sophie, Constantinople, (XIIe siècle).

Jean II Comnène, en grec ancien : Ιωάννης Β' Κομνηνός / Iôánnês II Komnênós, (Cilicie, ), est un empereur byzantin qui règne du au . Il est surnommé Kalojannis ou Calojanni, soit « Jean le Beau », beau intérieurement, d'une bonne âme (Kalos signifiant « beau », Jannis, « Jean »). Les chroniques de l'époque le décrivent de teint sombre, avec des traits plutôt ingrats et des cheveux noirs qui lui valent le surnom de Maurus. Son règne, avec celui de son fils Manuel, correspond à la dernière période d'expansion de l'Empire byzantin. Poursuivant l'œuvre de son père Alexis Ier Comnène, il lutte activement contre les Turcs seldjoukides en Asie Mineure, écrase définitivement les Petchenègues et pacifie les Balkans. Toutefois, les résultats de Jean II demeurent inconstants et mitigés (à Antioche, par exemple, et face à Venise), et expliquent que le bilan de son règne soit regardé, indépendamment de la personnalité de l'empereur, avec circonspection par les historiens. Ce phénomène est probablement accentué par le fait que son règne s'articule entre ceux, plus denses et plus dramatiques, d'Alexis Ier et de Manuel Ier, dont les personnalités semblent plus complexes que la sienne.

Césaropapisme

Othon Ier et le pape Jean XII

Césaropapisme est un mot né au milieu du XIXe siècle. Il désigne un système de gouvernement temporel (césar) qui, dans une volonté de domination universelle, cherche à exercer son pouvoir sur les affaires religieuses (pape). L’Empereur empiète donc sur les affaires de l’Église. Il occupe ainsi une place privilégiée dans la sphère législative et théologique de l’Église. Pour le cas des monarchies, on peut aussi parler de théocratie royale, gouvernement de la cité par Dieu, par l’élu de Dieu, le roi doit gouverner l’État et protéger l’Église. Le problème que posent les relations entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel est le suivant : il s’agit de savoir qui le dirige au nom de Dieu ; il faut donc déterminer si c’est le pape ou le patriarche qui est soumis à l’empereur en tant que citoyen romain ou si l’empereur est soumis au pape en tant que chrétien. La naissance du césaropapisme est contemporaine de la conversion au christianisme de l’empereur Constantin au début du IVe siècle. Ce mode de gouvernement est lié à l’Antiquité tardive et à l’Empire byzantin. En Occident, il concerne la période ottonienne.

Mistra

Le monastère de Pantanassa

La cité de Mistra ou Mystrás (en grec Μυστράς ou Myzithrás (Μυζηθράς) dans la Chronique de Morée) est une ancienne cité de Morée (Péloponnèse) fondée par les Francs au XIIIe siècle, près de l’antique Sparte. Elle est aujourd’hui en ruines.

Mistra fut fondée en 1249 par Guillaume II de Villehardouin, alors prince d’Achaïe, qui cherchait à construire une forteresse sur les hauteurs du Taygète dans le but de protéger Sparte, alors lieu de résidence favori des Villehardouin.

Fondée par les Francs, Mistra ne reste pas longtemps en leur possession. Fait prisonnier en 1259 à la bataille de Pélagonie, Guillaume doit céder Mistra en même temps que d’autres forteresses à Michel VIII Paléologue, en guise de rançon. L’empereur fait alors de Mistra la capitale du Despotat de Morée, statut qu’elle conserve jusqu’à la chute de l’Empire byzantin. En 1348, l’empereur Jean VI Cantacuzène nomme son fils Manuel à la tête du despotat, marquant le début d’une période de prospérité, à la fois économique, mais surtout culturelle, pour la ville. Désormais, Mistra est gouvernée par les fils ou les frères des empereurs byzantins. Sous le despote Théodore, Mistra est la deuxième plus grande ville de l’Empire après Constantinople, et l’ancien palais de Guillaume II devient la deuxième résidence des empereurs…

Guerres turco-byzantines

L'entrée de Mehmed II dans Constantinople est le symbole de la victoire définitive de l'Empire ottoman sur l'Empire byzantin.

Les guerres entre les peuples turcs et l’Empire byzantin s’étalent sur une période de près de quatre siècles, du milieu du XIe siècle à la chute de Constantinople en 1453.

Ces guerres n’ont pas seulement influé sur les deux belligérants : elles ont aussi compté parmi les éléments déclencheurs des croisades, entraîné la destruction de l’Empire byzantin, le successeur de l’Empire romain de l’Antiquité, et permis à l’Empire ottoman de devenir une des plus grandes puissances de l’époque.

Les premières escarmouches remontent au milieu du XIe siècle lorsque des bandes turques composées de Turcomans et de Seldjoukides s'installent à la frontière orientale de l'Empire byzantin. L'installation durable des Turcs sur le territoire de l'ancien califat abbasside après 1055 permet aux Seldjoukides de se renforcer et de s'étendre aux dépens de l'Empire byzantin. La victoire seldjoukide lors de la bataille de Mantzikert couplée aux guerres civiles byzantines permettent aux Turcs de s'installer en Asie mineure. L'arrivée au pouvoir des Comnène et la première croisade obligent les Seldjoukides à refluer des parties occidentales de l'Asie mineure sans pour autant que les Byzantins puissent récupérer l'ensemble de la péninsule anatolienne à l'image de leur défaite à Myrioképhalon. Le déclin byzantin de la fin du XIIe siècle entraîne la perte de certains territoires asiatiques aux profits des Seldjoukides qui ne peuvent pourtant pas profiter de la division de l'Empire byzantin après 1204, à cause de leur défaite à Antioche du Méandre, mais aussi parce que les Mongols soumettent les Seldjoukides dont le territoire est bientôt divisé en de multiples factions turques.

Après 1261 et la reprise de Constantinople par les Byzantins, les différents émirs turcs qui succèdent à l'État seldjoukide s'étendent aux dépens des territoires asiatiques de l'Empire byzantin et au début du XIVe siècle, la quasi-totalité de l'Anatolie est aux mains des Turcs malgré l'intervention de la compagnie catalane. C'est l'émirat ottoman qui tire le plus grand profit des difficultés byzantines ; il prend possession de Nicée et de Nicomédie vers 1330. Bientôt, les Ottomans traversent le Bosphore et s'installent en Europe, où ils soumettent progressivement l'ensemble des États chrétiens de la péninsule balkanique. Sous le règne de Bayezid Ier, à partir de 1389, Constantinople subit un blocus rarement mis en défaut par l'intervention de quelques aventuriers occidentaux. À cette date, l'Empire byzantin est réduit à la « banlieue » de Constantinople et au despotat de Morée. La défaite de Bayezid à la bataille d'Ankara en 1402 contre Tamerlan affaiblit l'Empire ottoman qui, pendant près d'une décennie, est en proie à une guerre civile et à la révolte d'émirats jadis soumis. Mais l'Empire byzantin ne profite guère de ce sursis et très vite, sa situation redevient semblable à celle de 1402. Après un premier siège en 1422, les Ottomans, conduits par Mehmet II, réussissent à s'emparer de la capitale byzantine en 1453. C'est la fin de ce qui subsistait encore de l'Empire romain, marquant symboliquement du même coup la fin du Moyen Âge et l'entrée dans la Renaissance.

Théodora Comnène (Despina Hatun)

Théodora, la princesse de Trébizonde, d’après Pisanello (détail).

Théodora Comnène, aussi connue sous le surnom gréco-turc de « Despina Hatun » (c’est-à-dire « Mademoiselle la Princesse »), est née à une date inconnue, probablement à Trébizonde, et décédée après 1478, à Diyarbakır (Turquie). Elle était la fille de l’empereur Jean IV de Trébizonde, un État byzantin situé dans la région du Pont.

Réputée pour sa très grande beauté, elle devint l’épouse d’Uzun Hasan, khan des Turkmènes de la Horde du Mouton Blanc (Ak Koyunlu). Demeurée chrétienne et supposée influente auprès de son époux, le principal rival de l’Empire ottoman dans l’Asie mineure de la seconde moitié du XVe siècle, elle suscita dans l’Occident de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance le mythe de la princesse de Trébizonde, alliant la figure de la demoiselle en détresse à celle de la femme d’influence, instigatrice potentielle d’une grande croisade contre les Turcs. Son image, plus ou moins galvaudée, inspira longtemps les artistes, parmi lesquels le peintre Pisanello ou encore Jacques Offenbach.

Jean Doukas (mégaduc)

Jean Doukas (en grec : Ἰωάννης Δούκας), né vers 1064 et mort avant 1137, est un membre de la famille Doukas et un parent d'Alexis Ier Comnène ainsi qu'un grand chef militaire lors du règne de celui-ci. En tant que gouverneur de Dyrrachium, il défend les possessions impériales dans l'Ouest des Balkans contre les Serbes. Il est nommé mégaduc et chasse les flottes turques de l'émir Tzachas de la mer Égée. Il réprime les rébellions en Crète et à Chypre et reprend le contrôle de la majeure partie de la côte occidentale de l'Anatolie pour le compte des Byzantins.

Licario

Licario, appelé Ikarios (en grec : Ἰκάριος) par les chroniqueurs grecs, est un amiral byzantin d'origine italienne au XIIIe siècle. En désaccord avec les barons de l'Eubée, sa terre d'origine, il entre au service de l'empereur Michel VIII Paléologue et reconquiert la plupart des îles de la mer Égée. En récompense, il reçoit l'Eubée comme fief et obtient le rang de mégaduc, ce qui fait de lui le premier étranger à obtenir une telle distinction.

Marine byzantine

L'enseigne impériale (basilikon phlamoulon) des navires byzantins au XIVe siècle, décrite par Georges Kodinos et reproduite dans l’atlas castillan Conoscimento de todos los reinos (ca. 1350).

La marine byzantine est la composante maritime des forces armées de l’Empire byzantin. À l’image de celui-ci, héritier de l'Empire romain, elle tire ses origines directes de la marine romaine. Cependant, comparée à cette dernière, la marine byzantine joue un rôle plus déterminant dans la défense et la survie de l’empire. Ainsi, la flotte romaine, bien inférieure en puissance et en prestige aux légions, fait face à peu de menaces maritimes importantes et reste cantonnée à un rôle de police. La mer est en revanche un aspect vital dans l’existence de l’Empire byzantin, ce qui a amené plusieurs historiens à parler d’« empire maritime ».

L'hégémonie romaine en Méditerranée est d'abord mise en cause par les Vandales avant que Justinien Ier n'élimine cette menace. À cette époque, l'introduction du dromon au sein d'une flotte permanente symbolise la rupture de la marine byzantine avec ses racines romaines. Ce processus s'accélère par les premières conquêtes musulmanes au VIIe siècle qui font du lac romain qu'était la Méditerranée un vaste champ de bataille entre Byzantins et Arabes. La flotte byzantine joue un rôle important dans les guerres contre les Arabes puisqu'elle défend à la fois les possessions lointaines de l'empire mais aussi Constantinople, avec le feu grégeois comme atout capital permettant de sauver cette dernière à plusieurs reprises.

Initialement, la défense des côtes byzantines et des abords de Constantinople est assurée par la grande flotte des Karabisianoi. Néanmoins, cette mission est peu à peu dévolue aux flottes thématiques (régionales) tandis qu'une flotte impériale centrale est maintenue à Constantinople, protégeant la ville et formant le cœur des expéditions navales. À partir de la fin du VIIIe siècle, la marine byzantine, bien organisée et puissante, domine en Méditerranée. Malgré la persistance de l'antagonisme avec les marines musulmanes, rythmé d'une alternance de succès et de déboires, les Byzantins retrouvent au Xe siècle leur position de suprématie en Méditerranée orientale.

Au cours du XIe siècle, la marine commence à décliner à l'image de l'empire. Les Byzantins doivent faire face à de nouveaux défis maritimes venant de l'Occident. Ils sont peu à peu contraints de se reposer pour leur défense sur les marines des cités-États italiennes telles que Venise ou Gênes, ce qui n'est pas sans lourdes conséquences pour l'économie et la souveraineté byzantines. Une certaine renaissance se dessine sous les Comnène mais elle est suivie d'une autre période de déclin qui culmine avec la division de l'empire après la quatrième croisade en 1204-1205. Après la restauration de l'empire en 1261, plusieurs empereurs Paléologue tentent de faire revivre la marine byzantine mais leurs efforts n'ont que des effets temporaires. Jusqu'au milieu du XIVe siècle, la flotte byzantine, qui pouvait à certaines époques déployer des centaines de navires, est limitée à une douzaine de vaisseaux au mieux et le contrôle de la mer Égée passe définitivement aux mains des Italiens et des Ottomans. Cette marine diminuée n'en reste pas moins active jusqu'à la chute de l'Empire en 1453...

Andronic II Paléologue

Fresque représentant Andronic II Paléologue, située au monastère de Saint-Jean-le-Précurseur près de Serrès.

Andronic II Paléologue, né le , mort au mont Athos le , est empereur byzantin du au . Il est le fils de Michel VIII Paléologue et de Théodora Vatatzès.

Il hérite d'un empire restauré à la suite de la reprise de Constantinople par son père en 1261. Toutefois, malgré cet important succès, Michel VIII n'a pas eu les moyens de rétablir l'empire dans ses anciennes frontières et Andronic devient empereur d'un État épuisé par la politique extérieure de son père. En effet, Byzance doit faire face à de nombreuses menaces sur ses différentes frontières et Andronic est en présence de nombreux défis, à la fois internes et externes. Souvent dénigré, car son règne marque le début d'un déclin inéluctable, Andronic n'a pas les moyens de surmonter tous les défis qui se présentent à lui. En effet, les finances de l'État sont à sec et ses forces armées sont considérablement diminuées, tandis que l'économie de l'empire est asphyxiée par les guerres entre Venise et Gênes auxquelles il est souvent mêlé. Enfin, les diverses querelles religieuses qui émaillent le règne d'Andronic fragilisent encore plus l'Empire byzantin déclinant. Malgré tout, Andronic a contribué à réaliser une entreprise de renaissance culturelle, ainsi que des réformes financières et judiciaires durables.

Au cours de son règne, Andronic II prend le contrepied de la politique de son père. Il met en place une réforme financière drastique qui réduit les effectifs de l'armée, s'oppose à la politique d'union religieuse avec Rome et tente de freiner l'avance turque en Asie Mineure.

Histoire de l'Empire byzantin

Drapeau de l’Empire byzantin.

L’histoire de l’Empire byzantin s’étend de 395 à 1453. En tant qu’héritier de l’Empire romain, l’Empire romain d’Orient, qui devint l’Empire byzantin, puise ses origines dans la fondation même de Rome. Dès lors, le caractère prédominant de l’histoire byzantine est l’exceptionnelle longévité de cet empire, pourtant confronté à d’innombrables défis tout au long de son existence, comme en témoigne le grand nombre de sièges que dut subir sa capitale, Constantinople. La création de cette dernière par Constantin en 330 peut constituer un deuxième point de départ à l’histoire de l’Empire byzantin, avec la division définitive de l’Empire romain, en 395. En effet, l’emplacement de Constantinople, au carrefour entre l’Orient et l’Occident, contribua grandement à l’immense richesse de l’Empire byzantin. Cette richesse, couplée à son très grand prestige, firent de lui un empire respecté, mais aussi très convoité. En outre, la richesse des sources historiques byzantines permet d’avoir un aperçu complet et détaillé de l’histoire byzantine, bien que l’impartialité des historiens, souvent proches du pouvoir, soit parfois contestable.

Héritier de la Rome antique, l’Empire byzantin développa rapidement des caractéristiques qui lui furent propres. Georges Ostrogorsky décrit l’Empire byzantin comme « la synthèse de la culture hellénistique et de la religion chrétienne avec la forme romaine de l’État ». Cette évolution progressive d’un Empire romain à un empire plus spécifique se fit au cours du VIIe siècle, après que l’empire eut, avec des fortunes diverses, essayé de restaurer l’universalité de l’Empire romain à l’image de l’œuvre de Justinien.

Les conquêtes arabes de la Syrie, de l’Égypte et de l’Afrique du Nord, associées aux pénétrations bulgares dans les Balkans et lombardes en Italie, contraignirent l’Empire byzantin à se refonder sur de nouvelles bases. L’historiographie moderne retient parfois cette transition comme le passage de la forme proto-byzantine (ou paléo-byzantine) de l’empire à sa forme méso-byzantine. Cette dernière se prolongea jusqu’en 1204, et fut caractérisée, dans un premier temps, par la période iconoclaste, qui vit s’affronter partisans et adversaires des images, jusqu’au milieu du IXe siècle. Ce conflit interne empêcha l’empire de mener une politique extérieure offensive, mais les empereurs parvinrent tout de même à défendre Constantinople contre les périls extérieurs, notamment arabes…

Chute de Constantinople

Le siège de Constantinople en 1453 – miniature réalisée à Lille en 1455 (manuscrit de Bertrandon de la Broquière, BNF, MS fr. 9087, f. 207v).

La chute de Constantinople a eu lieu le , lors de la prise de la ville par les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de l’Empire byzantin.

Le siège qui débute au début du mois d’avril 1453 intervient alors que la situation de Byzance s’est considérablement dégradée lors des siècles précédents. En 1453, l’empire se réduit aux alentours de Constantinople et au Péloponnèse et il n’est plus en état de résister à la puissance montante qu’est l’Empire ottoman à cette époque. Ce dernier a déjà assiégé Constantinople à deux reprises sans résultats mais contrôle l'Anatolie et une grande partie des Balkans. Malgré de multiples appels à l’aide des Byzantins en direction de l’Occident, seules quelques rares troupes italiennes combattent aux côtés des 5 000 défenseurs byzantins conduits par l’empereur Constantin XI. Ces 7 000 à 8 000 hommes sont largement surpassés en nombre par les 80 000 à 100 000 soldats ottomans soutenus par une flotte de plus de 120 navires. Après avoir résisté à plusieurs assauts, les Byzantins finissent par céder le 29 mai 1453. S’ensuit un large pillage de la ville puis l’entrée de Mehmed II dans la cité. Il gagne à cette occasion l’épithète de Fatih (le Conquérant) et fait de Constantinople la nouvelle capitale de son empire qui entre dans sa période faste...

Sac d'Amorium

Miniature du manuscrit Skylitzès dépeignant le siège de la ville par les Arabes.

Le sac d’Amorium par le califat abbasside à la mi-août 838 est l’un des évènements majeurs dans la longue histoire des guerres arabo-byzantines. La campagne abbasside est dirigée par le calife Al-Mu'tasim en personne en représailles à une expédition byzantine conduite par l’empereur Théophile sur les terres frontalières arabes l’année précédente. Mu'tasim vise la ville d’Amorium, une cité byzantine de l’Anatolie occidentale qui est le berceau de la dynastie régnante mais aussi l’une des plus importantes villes byzantines de l’époque. Le calife rassemble une armée exceptionnellement grande qu’il divise en deux parties : la première pénètre profondément dans l’Asie Mineure byzantine tandis que la seconde, située au nord, défait les troupes conduites par Théophile à Anzen. Les troupes abbassides convergent ensuite vers la ville d’Ancyre abandonnée par les Byzantins. Après le sac de la cité, elles se dirigent vers le sud, en direction d’Amorium qu’elles atteignent le 1er août. Théophile, qui fait face à des intrigues de cour à Constantinople et à la révolte de l’important contingent khurramite de son armée, ne peut intervenir.

Amorium est puissamment fortifiée et possède une garnison importante. Toutefois, un traître révèle aux Arabes un point faible dans la muraille, où les assiégeants concentrent leurs attaques jusqu’à dégager une brèche. Au cours d'une tentative de négociation, les Byzantins, incapables de percer les lignes adverses, retirent imprudemment leurs troupes du secteur de la brèche, ce qui permet aux Arabes d'entrer dans la ville et de s'en emparer. La plupart de ses habitants sont massacrés et les autres sont réduits en esclavage. Amorium est complètement détruite et ne parvient pas, par la suite, à retrouver sa prospérité d’antan. La majorité des survivants sont finalement relâchés après une trêve signée en 841 mais plusieurs personnalités importantes sont conduites à Samarra et exécutées dans les années suivantes après avoir refusé de se convertir à l’islam. Ils sont dès lors désignés comme les « 42 martyrs d’Amorium »...

Siège de Constantinople (717-718)

Description du feu grégeois, manuscrit de Jean Skylitzès.

Le second siège arabe de Constantinople en 717-718 est un siège terrestre et maritime de Constantinople, la capitale de l'Empire byzantin, par les Arabes du Califat omeyyade. La campagne est le point culminant de trente ans d'attaques et d'empiètement par les Arabes sur les régions frontalières de l'Empire byzantin alors en plein désordre interne. Les Arabes dirigés par Maslama ben Abd al-Malik envahissent l'Asie Mineure byzantine en 716. Ils espèrent initialement exploiter la guerre civile en cours entre le général Léon l'Isaurien et Théodose III mais Léon parvient à mettre la main sur le trône avant le début du siège.

Après avoir passé l'hiver sur les côtes d'Asie Mineure, l'armée arabe passe en Europe et pénètre en Thrace au début de l'été 717. Elle construit des lignes de siège pour mettre en place un blocus de la cité, qui est protégée par les imposants remparts théodosiens. La flotte arabe qui accompagne l'armée et doit compléter le blocus par mer est neutralisée peu après son arrivée par la marine byzantine et son feu grégeois. Cela permet à Constantinople de continuer à être ravitaillée par mer tandis que l'armée arabe est frappée par la famine et la maladie au cours de l'hiver inhabituellement dur qui suit. Lors du printemps 718, les deux flottes arabes envoyées en renfort sont détruites par les Byzantins après que leur équipage chrétien a fait défection. En outre, une armée de soutien envoyée à travers l'Asie Mineure tombe dans une embuscade et est vaincue. Ces évènements, couplés avec l'attaque des Bulgares sur leurs arrières, forcent les Arabes à lever le siège le 15 août 718. Lors de sa retraite, la flotte arabe est presque totalement détruite par des tempêtes et des attaques byzantines...

Thomas le Slave

Miniature du manuscrit Skylitzès de Madrid, une version de la chronique de Jean Skylitzès représentant Thomas à cheval et habillé comme un empereur byzantin, négociant avec les Arabes. La rébellion de Thomas est l'un des épisodes les plus richement illustrés du manuscrit.

Thomas le Slave (v. 760 - octobre 823) est un chef militaire byzantin du IXe siècle particulièrement connu pour avoir mené une révolte de grande envergure contre l’empereur Michel II l’Amorien.

D’origine slave, cet officier vient de la région du Pont (dans le nord-est de la Turquie actuelle) et monte dans la hiérarchie, de même que les futurs empereurs Léon V et Michel II, sous la protection du général Bardanès Tourkos. Après l’échec de la rébellion de Bardanès en 803, Thomas tombe en disgrâce jusqu’à l’intronisation de Léon V. C’est à ce moment-là qu'il est élevé à un commandement militaire important. Après le meurtre de Léon et l’usurpation du trône par Michel l’Amorien, Thomas se révolte et réclame le titre impérial pour lui-même. Il parvient à s’assurer rapidement du soutien des thèmes de l’Asie Mineure et conclut une alliance avec le califat abbasside. Après avoir vaincu les troupes et la marine des thèmes maritimes, il fait voile avec son armée vers Constantinople pour l’assiéger. Michel II fait alors appel au khan bulgare Omourtag qui envoie ses troupes combattre l’armée de Thomas. Si les Bulgares sont repoussés, ils parviennent à infliger de lourdes pertes aux rebelles qui finissent par s’enfuir quand Michel décide de se porter à leur rencontre. Thomas trouve refuge à Arcadiopolis où il est finalement capturé et exécuté.

La rébellion de Thomas est l’une des plus importantes de l’histoire de l’Empire byzantin mais ses circonstances précises restent floues du fait de la coexistence de récits historiques concurrents, dont certains comprennent des faits inventés par Michel. De ce fait, la rébellion se voit attribuer différentes motivations et forces agissantes. L’Oxford Dictionary of Byzantium résume ainsi : « La révolte de Thomas a été diversement attribuée à une réaction contre l’iconoclasme, à une révolution sociale ou une révolte populaire, à une révolte des groupes ethniques non grecs de l’empire, aux ambitions personnelles de Thomas et à son désir de venger Léon V ». De même, les conséquences de la révolte, notamment sur la situation militaire de l’empire, sont discutées.

Alexis II Comnène

Alexis II dans le Promptuarii Iconum Insigniorum.

Alexis II Comnène (en grec byzantin : Αλέξιος Β’ Κομνηνός), né le 10 septembre 1169 et mort en octobre 1183, est empereur byzantin de 1180 à 1183. Fils de Manuel Ier Comnène et de Marie d'Antioche, il épouse en 1180 Agnès de France, fille de Louis VII et d'Alix de Champagne et rebaptisée Anna.

Alexis II est couronné coempereur deux ans après sa naissance et succède à son père quelques mois après son mariage. Sa mère, Marie d’Antioche, assume la régence avec le protosébaste Alexis Comnène, neveu de Manuel Ier. Leur régime favorise à tel point les marchands italiens et l’aristocratie du palais que le mécontentement populaire permet à Andronic Comnène, un autre membre de la famille Comnène, de fomenter une révolution qui chasse la régence à la suite du massacre des Latins de Constantinople. Affectant la plus parfaite loyauté à l’endroit de l’empereur, Andronic fait couronner Alexis II une deuxième fois le 16 mai 1182. D’un caractère faible, surtout porté vers les plaisirs, l’adolescent fait tout ce que lui demande Andronic, y compris condamner à mort sa propre mère l’année suivante. En septembre 1183, Andronic se fait couronner coempereur, puis, n’ayant plus besoin d’Alexis II, fait étrangler celui-ci deux mois plus tard.

Alexis Ier Comnène

Alexis Comnène Ier (image tirée d'un manuscrit grec de la bibliothèque du Vatican).

Alexis Ier Comnène (grec : Ἀλέξιος Α' Κομνηνός, v. 1058-1118) est empereur byzantin du 1er avril 1081 au . Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d’Anne Dalassène et le neveu de l’empereur Isaac Ier Comnène.

Son règne de 37 ans est l’un des plus longs de l’Empire byzantin et aussi l’un des plus agités. À son arrivée au pouvoir, l'Empire sort d'une période de guerres civiles qui ont mis à bas les structures impériales solides de l'ère macédonienne tandis que les menaces extérieures s'amoncellent, conduisant à des pertes territoriales importantes, allant jusqu'à menacer la survie même de l'Empire. De ce fait, les premières années du règne d'Alexis sont toutes entières consacrées à la lutte d'abord contre les Normands puis contre les Petchénègues et les Seldjoukides. Il parvient dans un premier temps à défendre efficacement les frontières de l'Empire avant de parvenir à reconquérir une partie de l'Asie Mineure dans le sillage de la Première croisade, même si ses relations avec les Croisés sont ambivalentes. En parallèle de cette intense politique étrangère, il procède à des réformes de grande ampleur de toute l'administration de l'Empire, fondant la légitimité de sa famille sur un réseau d'alliances matrimoniales particulièrement denses. La famille impériale devient le cœur du pouvoir. Enfin, il est aussi très impliqué dans les affaires religieuses de son époque.

À sa mort Alexis lègue à son fils un territoire consolidé et agrandi. Son œuvre restauratrice et réformatrice est l'une des plus importantes de l'histoire de l'Empire byzantin. Cependant, si à court et moyen terme le gouvernement d'Alexis Ier est un succès, son bilan reste contrasté. Il ne parvient qu'imparfaitement à rétablir la puissance byzantine car la reconquête de l'Asie Mineure reste partielle. En outre, l'économie de l'Empire commence à subir la concurrence des républiques italiennes. Il est aussi accusé d'avoir mis fin à un début de renaissance culturelle. Enfin, les bases sur lesquelles repose désormais l'autorité impériale, c'est-à-dire sur les liens familiaux, apparaissent comme fragiles à long terme.

Bataille de Dyrrachium (1081)

L'Italie et les Balkans en 1084.

La bataille de Dyrrachium (près de l’actuelle Durrës, en Albanie) eut lieu le 18 octobre 1081 et opposa l’Empire byzantin sous la conduite de l’empereur Alexis Ier Comnène et les Normands d’Italie du Sud, dirigés par Robert Guiscard, duc d’Apulie et de Calabre. L’affrontement, qui se termina par la victoire des Normands, se produisit aux abords de la ville de Dyrrachium (aussi connue sous le nom de Durazzo), capitale byzantine de l’Illyrie.

Après la conquête de l’Italie byzantine et de la Sicile sarrasine par les Normands, l’empereur byzantin, Michel VII, fiança son fils à la fille de Robert Guiscard. La déposition de l’empereur Michel fournit à Robert Guiscard le prétexte qu’il cherchait pour envahir l’Empire byzantin en 1081. Son armée mit le siège devant Dyrrachium, mais sa flotte fut défaite par les Vénitiens. Le 18 octobre, les Normands engagèrent le combat contre l’armée byzantine commandée par l’empereur à l’extérieur de la ville. Au début, l’aile droite de l’armée byzantine réussit à mettre en déroute l’aile gauche des Normands. Les mercenaires varègues se joignirent aux forces byzantines dans la poursuite des fugitifs mais furent rapidement isolés du gros des troupes et massacrés. Les chevaliers normands au centre des troupes attaquèrent alors le centre de l’armée byzantine, la battirent et la mirent en déroute.

Cette victoire permit aux Normands de s’emparer de Dyrrachium en février 1082 et d’avancer vers l’intérieur, s’emparant de la plus grande partie de la Macédoine et de la Thessalie. Mais Robert Guiscard dut bientôt quitter la Grèce, l’empereur romain germanique, Henri IV, ayant attaqué le pape Grégoire VII, son allié. Guiscard laissa son fils Bohémond avec la responsabilité des troupes de Grèce. Après une série de succès sur l’empereur, Bohémond fut cependant défait par celui-ci près de Larissa. Forcé de retourner en Italie, Bohémond perdit successivement tous les territoires gagnés initialement par les Normands au cours de cette campagne. Ce fut le début de la restauration de l’Empire sous les Comnènes.

Justin Ier

Profil de Justin Ier sur une pièce de monnaie.

Justin Ier (latin : Imperator Caesar Flavius Iustinus Augustus ; grec ancien : Φλάβιος Ίουστίνος Αϋγουστος, comme empereur Ίουστίνος Α Ό Μέγας) est né en 450 ou 452 près de Niš et mort le à Constantinople. Il devient empereur byzantin à un âge avancé, le , et règne jusqu'à sa mort. Il est le fondateur de la dynastie justinienne.

D'origine modeste, il s'élève jusqu'à la magistrature suprême par la voie des armes. De simple soldat du corps des Excubites, il devient général et mène diverses campagnes sous le règne d'Anastase lors desquelles, sans faire montre de talents militaires exceptionnels, il prouve sa fidélité à l'empereur. Devenu membre de l'aristocratie de Constantinople et chef des Excubites, il occupe une place centrale dans le processus de succession d'Anastase. Sans qu'il soit possible de savoir le rôle exact qu'il joue, il tire parti de circonstances favorables pour apparaître comme un candidat de compromis et être nommé empereur en 518.

Son règne, long d'une dizaine d'années, est relativement calme. Il rompt avec la politique religieuse d'Anastase et se plie aux conclusions du concile de Chalcédoine. Par conséquent, il rétablit les relations avec la papauté, sans pour autant réprimer violemment le monophysisme. Sur le plan intérieur, il consolide sa légitimité en éliminant ses rivaux et parvient à pacifier la vie urbaine en luttant contre la violence des factions. Enfin, sa politique étrangère est principalement tournée vers l'Orient. D'abord en paix avec les Sassanides, il manœuvre pour accroître l'influence byzantine dans le Caucase, jusqu'à déclencher une guerre ouverte avec les Perses, tandis qu'il soutient le développement du christianisme en mer Rouge.

Le personnage de Justin a souvent été l'objet de jugements sévères ou caricaturaux, tant par les chroniqueurs contemporains que par les historiens modernes : ses origines auraient fait de lui un berger inculte, inapte à gouverner, qui serait parvenu au pouvoir grâce à un concours de circonstances et qui, frappé par une sénilité grandissante, n'aurait régné qu'en nom sous la tutelle de son neveu et futur successeur Justinien. Si l'influence de Justinien sur son oncle est indiscutable, et s'il apparaît clairement comme le successeur désigné de Justin, des analyses plus nuancées sont peu à peu apparues, remettant en cause l'idée d'une mainmise absolue de Justinien sur les destinées impériales entre 518 et 527.

Guerre des Vandales

Cate de la guerre des Vandales (533-534) entre l'empire Byzantin et le royaume des Vandales.

La guerre des Vandales oppose de 533 à 534 les Vandales et l'Empire romain d'Orient. Elle aboutit à l'annexion du royaume vandale par les Romains d'Orient.

Les Vandales occupent l'Afrique du Nord romaine depuis le début du Ve siècle et y ont établi un royaume indépendant. Sous leur premier roi, Genséric, la flotte vandale mène des actions de piraterie dans toute la Méditerranée, met à sac Rome et repousse une importante armada de l'Empire d'Orient venue les envahir en 468. Après la mort de Genséric, les relations avec l'Empire d'Orient se normalisent, même si des tensions subsistent en raison de l'adhésion des Vandales à l'arianisme et à leur politique de persécution des partisans du concile de Chalcédoine. En 530, un complot palatin à Carthage renverse le roi Hildéric, favorable aux Byzantins, et le remplace par son cousin Gélimer. L'empereur byzantin Justinien trouve là un prétexte pour intervenir. Après avoir signé la paix avec les Sassanides en 532, il envoie une expédition en Afrique commandée par le général Bélisaire et dont les événements sont narrés par Procope de Césarée, le secrétaire personnel du commandant byzantin. Justinien profite des rébellions en Sardaigne et en Tripolitaine, qu'il a peut-être provoquées et qui déstabilisent le royaume vandale. En effet, les forces de celui-ci sont dispersées, notamment leur marine qui ne peut s'opposer aux Byzantins.

La force expéditionnaire romaine part de Constantinople à la fin du mois de juin 533. Après avoir navigué le long des côtes de Grèce et du sud de l'Italie, elle débarque à Caputvada au début du mois de septembre, à la surprise de Gélimer. Ce dernier rassemble ses forces et affronte les Byzantins lors de la bataille de l'Ad Decimum, près de Carthage, le 13 septembre. Son plan est d'encercler l'armée adverse mais la coordination entre ses différentes forces est défaillante et les Vandales sont vaincus. Bélisaire peut alors s'emparer aisément de Carthage tandis que Gélimer se replie vers Bulla Regia. Il rassemble le reste de son armée, comprenant les éléments envoyés réprimer la rébellion sarde. En décembre, il se dirige vers Carthage pour l'affrontement décisif lors de la bataille de Tricamarum. Là encore, Bélisaire est victorieux et Gélimer doit se réfugier dans les montagnes, avant de se rendre au printemps.

Bélisaire revient à Constantinople avec le trésor royal des Vandales et Gélimer comme captif. Il y jouit d'un triomphe tandis que la préfecture du prétoire d'Afrique est créée. Toutefois, le contrôle impérial ne s'étend pas sur l'ensemble de l'ancienne Afrique romaine et est contrecarré par les rébellions des tribus maures, qui ne sont matées qu'avec difficultés. Finalement, c'est l'intervention de Jean Troglita qui rétablit la paix dans la province en 548.

Jean Troglita

Jean Troglita (en latin : Ioannes Troglita, en grec médiéval : Ἰωάννης Τρωγλίτης) est un général byzantin du VIe siècle. Il participe à la guerre des Vandales lors de laquelle les Byzantins reprennent le contrôle de l'Afrique du Nord et sert dans cette région comme gouverneur militaire local entre 533 et 538 avant d’être envoyé en Orient, pour combattre les Sassanides. En tant que dux Mesopotamiae, Troglita se distingue dans plusieurs batailles, ce qui attire l'attention de l'empereur Justinien Ier. À l'été 546, Justinien choisit Jean Troglita comme commandant des forces byzantines en Afrique. Il doit faire face à une série de révoltes parmi les tribus maures ainsi qu’à l’intérieur de l’armée impériale. Troglita remporte rapidement une première victoire contre les Maures de Byzacène lors de l’été 546-547. Toutefois, il est défait à l’été 547 par les tribus de Tripolitaine et l’Afrique est alors sujette à des raids destructeurs. Troglita réorganise son armée et s’assure le soutien de plusieurs chefs tribaux. Peu après, il affronte et défait une coalition aux champs de Caton à l’été 548. Cette victoire met fin à la révolte mauresque et ouvre une ère de paix en Afrique byzantine. Troglita est aussi impliqué dans la guerre gothique en envoyant à deux reprises des troupes pour renforcer les Byzantins combattant les Ostrogoths. Moins connu que les grands généraux de Justinien comme Bélisaire et Narsès, son action permet néanmoins de consolider de manière décisive le contrôle byzantin sur l'Afrique du Nord récemment conquise, qui devient rapidement une province prospère.

Les exploits de Jean Troglita, notamment contre les Maures, sont le sujet du dernier poème épique en latin de l’Antiquité, le Iohannis seu de Bellis Libycis (La Johannide ou Sur les Guerres de Libye) de Corippe, qui constitue la principale source de l’époque sur la vie de Jean Troglita.

Paul Paléologue Tagaris

Broderie représentant un aigle bicéphale byzantin, accompagné d'une inscription mentionnant un patriarche de Constantinople prénommé Paul (possiblement Paul Paléologue Tagaris).

Paul Paléologue Tagaris (en grec moderne : Παῦλος Παλαιολόγος Τάγαρις), né vers 1320 ou 1340 et mort après 1394, était un moine grec byzantin et un imposteur. Même s'il descendait de la famille Tagaris, Paul prétendait avoir également un lien avec la dynastie des Paléologues qui régnait sur l'Empire byzantin à cette époque. Adolescent, il fuit son mariage et devint moine. Mais ses pratiques frauduleuses l'impliquèrent dans un scandale. Fuyant Constantinople, il voyagea beaucoup, de la Palestine à la Perse et au royaume de Géorgie et, finalement, via l'Ukraine et le royaume de Hongrie, vers le royaume germanique d'Italie, la Grèce latine, le royaume de Chypre et le royaume de France.

Au cours de sa longue et tumultueuse carrière, Tagaris fut nommé évêque orthodoxe. Il vendit des ordinations à des ecclésiastiques en prétendant être le patriarche orthodoxe de Jérusalem, délaissa l'orthodoxie grecque pour le catholicisme romain avant de revenir sur sa décision, soutint à la fois le Saint-Siège et l'antipape d'Avignon durant le grand schisme d'Occident, et intrigua pour être nommé patriarche latin de Constantinople. Enfin, quand ses escroqueries furent démasquées, il retourna à Constantinople, où il se repentit et confessa ses péchés devant un synode en 1394.

Cyrus de Panopolis

Cyrus ou Kyros de Panopolis (nom complet en latin : Flavius Taurus Seleucus Cyrus Hierax, en grec : Κύρος ὁ Πανοπολίτης) est un poète, haut fonctionnaire impérial puis évêque de l'Empire romain d'Orient du Ve siècle. Né vers 400 à Panopolis en Égypte, il rejoint la cour impériale de Théodose II à Constantinople grâce à l'impératrice Eudocie qui apprécie sa poésie. Devenu préfet de Constantinople puis préfet du prétoire d'Orient, il participe activement à la rénovation de la ville et promeut l'utilisation du grec, langue de la majorité de la population dans l'Empire d'Orient, en lieu et place du latin dans l'administration impériale. Accusé de sympathie pour le paganisme à la suite d'intrigues au palais impérial, il est disgracié en 441 puis exilé à Cotyaeum, ville dont il devient évêque. De retour à Constantinople après la mort de Théodose II en 450, il s'implique dans des œuvres de charité et se lie à Daniel le Stylite, avant de mourir vers 470.

Il est de son temps reconnu comme un grand poète. Seuls trois de ses poèmes collectés dans l'Anthologie Palatine nous sont parvenus : un fragment de panégyrique de Théodose II, une lamentation en lien avec son exil de Constantinople et un épigramme qu'il aurait fait graver sur la colonne de Daniel le Stylite.

Andronic Ier Comnène

Pièce à l'effigie d'Andronic Ier Comnène.

Andronic Ier Comnène (en grec byzantin : Ανδρόνικος Αʹ Κομνηνός), né vers 1118 et tué le , est empereur byzantin de à sa mort. Fils du sébastocrate Isaac Comnène et petit-fils d’Alexis Ier, il arrive tardivement sur le trône, alors qu'il est âgé de plus de soixante ans. Auparavant, sa vie est parsemée d'événements chaotiques. Il s'oppose à plusieurs reprises à son cousin, l'empereur Manuel Ier, qui est contraint de l'emprisonner quand Andronic ne s'enfuit pas parmi les différents États voisins de l'Empire byzantin.

À la mort de Manuel, Andronic ne tarde pas à profiter du vide du pouvoir engendré par la minorité d'Alexis II et l'incapacité de ses régents à faire valoir leur autorité. Il se porte à la tête d'une rébellion unissant la population de la capitale et les membres de l'aristocratie mis de côté sous les précédents empereurs Comnène. Son arrivée sur le trône, marquée par le massacre des Latins de Constantinople, inaugure un règne troublé et violent. Il a l'ambition de réformer en profondeur l'administration de l'Empire, ce qui donne de lui l'image d'un empereur hostile à l'élite dominante, un constat aujourd'hui en partie nuancé. Surtout, il réprime avec violence les oppositions qui se dressent contre lui, emprisonnant, tuant ou mutilant ses rivaux potentiels. Il s'aliène rapidement une bonne partie de l'aristocratie dominante, fait face à de multiples révoltes tandis que les frontières de l'Empire sont assaillies, notamment par les Normands. Finalement, deux ans après sa prise du pouvoir, il est renversé par une révolte spontanée conduite par Isaac II Ange et exécuté au terme d'une atroce agonie.

En dépit de la brièveté de son règne, la personnalité d'Andronic tout autant que ses réformes ambitieuses ont suscité un fort intérêt de la part des historiens qui portent un regard ambivalent sur lui. Il est loué pour son désir de réforme, mais sévèrement jugé pour son despotisme qui contribue à plonger l'Empire dans une période troublée, aboutissant au sac de Constantinople en 1204.

Théodora (impératrice, vers 500-548)

Théodora représentée sur une mosaïque de la Basilique Saint-Vital de Ravenne, 547 de notre ère.

Théodora (en grec, Θεοδώρα) est une impératrice byzantine née vers 500 à Chypre et morte en 548 à Constantinople. Elle a régné conjointement avec Justinien, dont elle devient l'épouse légitime en 525, soit deux ans avant leur couronnement simultané.

La jeunesse de Théodora est incertaine et comporte plusieurs zones d'ombres. La principale source sur la première partie de sa vie est l'Histoire secrète, un ouvrage controversé, à la fois violent et pornographique, dans lequel il est difficile de distinguer le vrai du faux. Elle est la fille d'un dresseur d'ours et belluaire qui était attaché à l'hippodrome de Constantinople. Sa mère serait une danseuse et actrice. Avant de devenir la maîtresse du futur empereur Justinien, Théodora est, selon Procope de Césarée, danseuse et courtisane. Lorsqu'elle rencontre Justinien, elle a déjà reçu une solide formation culturelle et religieuse, et semble avoir eu une première expérience de la vie politique à un niveau local.

Séduit par la personnalité de Théodora, en qui il voit plus qu'une simple concubine, Justinien décide de l'associer au pouvoir. Leur règne conjoint, de 527 à 548, constitue une période de transformation majeure pour l'Empire byzantin. Théodora semble ainsi avoir eu une influence importante sur les réformes législatives de Justinien, notamment vis-à-vis des droits des femmes. Même si elle ne partage pas les projets d'expansions territoriales de son mari, elle paraît l'avoir globalement soutenu dans sa politique. Son intervention supposée lors de la sédition Nika permet à Justinien de préserver son trône à un moment critique. L'empereur n'hésite d'ailleurs pas à la consulter de manière générale, y compris pour son plan de reconstruction de la capitale, à la suite de cette révolte. En somme, les deux laissent l'image d'un couple soudé, malgré quelques divergences comme sur la question des monophysites.

Loin d'exercer le pouvoir de manière solitaire, l'impératrice semble s'être appuyée sur un vaste réseau de relations politiques, au premier rang duquel se trouve sa fidèle collaboratrice Antonina et le chef des eunuques Narsès.

Personnalité aux multiples facettes, elle laisse l'image d'une femme au tempérament affirmé, à la fois habile et impitoyable. Son parcours fait partie des exemples les plus remarquables d'ascension sociale. Ses nombreuses représentations artistiques témoignent de la fascination des auteurs à son égard à travers les siècles. Sainte de l'Église orthodoxe, elle est commémorée le 14 novembre.

Irène l'Athénienne

Un solidus à l'effigie d'Irène.

Irène l'Athénienne (en grec ancien Εἰρήνη ἡ Ἀθηναῖα) est une impératrice byzantine, née vers 752 à Athènes et morte le sur l'île de Lesbos. Elle règne en tant que régente pour le compte de son fils de 780 à 790 puis en tant qu’impératrice régnante (Βασιλεύς , basileus) de 797 à 802. Elle est la première femme de l'histoire à régner seule, en tant que basileus.

Issue d’une famille de l'aristocratie athénienne, elle est choisie à l’issue d’un concours de beauté par l’empereur byzantin Constantin V comme épouse pour son fils Léon IV. Elle se marie avec ce dernier en 768 puis monte sur le trône avec lui. Cependant, après cinq ans de règne, Léon IV meurt brutalement. Irène devient alors régente pour le compte de leur fils, Constantin VI, qui est alors âgé de 9 ans.

Lorsqu’elle arrive au pouvoir, la société byzantine est secouée par un grave conflit interne, appelé la « querelle des images », qui oppose les partisans et les opposants aux icônes religieuses. Fervente iconodule, Irène organise alors le deuxième concile de Nicée en 787 afin de rétablir le culte des icônes qui avait été interdit sous ses prédécesseurs.

Lorsque son fils atteint la majorité, elle affiche son intention de se maintenir au pouvoir et de régner seule, ce qui provoque la rébellion d’une partie de l’armée. En 790, une révolte éclate. Constantin VI en profite pour renverser sa mère et prendre le pouvoir. Deux ans plus tard, il décide cependant de la rappeler auprès de lui et la nomme co-impératrice. Par toute une série de manœuvres, Irène s’arrange alors pour rendre son fils impopulaire auprès de l’opinion publique et de l’Église. En 797, elle le renverse par un coup d’État et lui fait crever les yeux. Elle troque alors son titre de « basilissa » (mère de l’empereur) pour celui de « basileus » (empereur), devenant officiellement la « femme empereur ».

Sur le plan intérieur, elle mène une politique fiscale généreuse, favorisant le commerce et l’artisanat et allégeant les impôts dans les grandes villes. Elle fait également cesser les persécutions contre les moines et fait restaurer le monastère du Stoudion, qui devient alors le grand centre intellectuel de l’Empire.

Sur le plan international, elle s’efforce de consolider les frontières de l’Empire par la diplomatie plutôt que par la guerre. Elle met notamment fin temporairement aux raids arabes qui ravagent l’Asie Mineure. La principale réussite du règne d'Irène, tant comme régente que comme impératrice régnante, se trouve dans les Balkans où elle parvient à repousser les Bulgares et les Slaves et à assurer le contrôle de l'Empire sur toute la bande littorale en Thrace et en Macédoine. Ses relations avec l’Occident et Charlemagne sont ambiguës. Les deux souverains entretiennent des rapports tantôt amicaux tantôt hostiles, sur fond de lutte d’influence pour le contrôle de la péninsule italienne. À la fin de son règne, elle semble vouloir se rapprocher de lui. D’après Théophane le Confesseur, un mariage entre les deux souverains est même évoqué, même si ce n’est pas certain.

En 802, sa santé décline. Son ministre des finances, Nicéphore, en profite pour la renverser par un coup d’État. Irène est alors exilée sur Prinkipo puis sur l’île de Lesbos où elle meurt en 803.

Elle laisse l’image d’une femme intelligente, à la fois ambitieuse et sans scrupule, mais également d’une grande piété, comme en témoignent les nombreuses églises qu’elle fit bâtir au cours de son règne.

L’héritage d’Irène est contrasté. Si, en Orient elle reste vénérée par l’Église orthodoxe comme celle qui a œuvré pour la restauration des images, en Occident son règne a été longtemps éclipsé par celui de l’empereur Charlemagne, celui-là même qu’elle a, semble-t-il, failli épouser.