Wikipédia:Sélection/Mythologie nordique

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Sleipnir

Odin Rides to Hel, dessin de William Gershom Collingwood réalisé en 1908.

Sleipnir est, dans la mythologie nordique, un cheval fabuleux à huit jambes capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs, monture habituelle du dieu Odin. Il est mentionné dans l’Edda poétique et dans l’Edda en prose comme le fils de Loki et d’un puissant étalon, Svaðilfari. Décrit comme « le meilleur de tous les chevaux » et le plus rapide, il devient après sa naissance la monture d’Odin qui le chevauche dans la région de Hel ; toutefois, le dieu s’en sert surtout pour traverser le pont Bifröst qui mène à la troisième source d’Yggdrasil, là où se tient le conseil des dieux. L’Edda en prose donne de nombreux détails sur les circonstances de la naissance de Sleipnir et précise, par exemple, qu’il est de couleur grise. Sleipnir est également mentionné dans une énigme figurant dans la Saga de Hervor et du roi Heidrekr, ainsi que dans la Völsunga saga, comme ancêtre du cheval Grani.

Ragnarök

Pierre de Ledberg

Le Ragnarök (vieux norrois signifiant Consommation du Destin des Puissances) désigne, dans la mythologie nordique, une prophétique fin du monde où trois hivers sans soleil nommés Fimbulvetr se succèderont, suivis d'une grande bataille sur la plaine de Vigrid conduisant à la mort de la majorité des divinités, géants et hommes, avant une renaissance. Le Ragnarök est principalement relaté dans l’Edda poétique dans la section de la Völuspá, probablement écrite par un clerc islandais après l’an mil.

Le fait de savoir si le Ragnarök fait réellement partie de la mythologie nordique est aujourd'hui un sujet très discuté. De nombreux spécialistes affirment que les textes faisant référence à cette fin du monde prophétique sont inspirés des récits bibliques du jugement dernier, notamment de l'apocalypse et la fin de monde millénariste, et de l’Ecclésiaste. On y trouve également une comparaison avec les récits d'autres mythologies indo-européennes, qui pourraient indiquer une origine commune du mythe ou des influences extérieures, comme les textes scythes, gréco-latins, celtes, slaves, mais aussi finno-ougriens et nord orientaux « chamanistes »... Pour de nombreux érudits, ces influences empruntées aux autres cultures et réécrites par des clercs chrétiens sont attribuées à tort à la mythologie viking, et ont déformé la connaissance que nous avons de la foi scandinave.

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Cheval dans la mythologie nordique

Odin et son cheval Sleipnir sur la Pierre de Tjängvide.

Le cheval dans la mythologie nordique est présent aussi bien dans les Eddas que dans les sagas, où il possède la particularité d’être quasiment toujours nommé, qu’il soit associé aux dieux Ases et Vanes, aux héros ou à leurs ennemis. Cet animal n’a pas qu’un simple rôle de monture ou de véhicule puisqu’il est également étroitement associé à la cosmogonie des anciens Scandinaves et à une profonde symbolique d’inspiration probablement chamanique, plusieurs études ont ainsi mit en avant le fait que le cheval se voie confier la charge d’emporter les morts au Valhalla comme psychopompe, celle de tirer le char du soleil et celui de la lune, ou encore celle d’éclairer le monde avec sa crinière. Le cheval est lié à de nombreux éléments vitaux comme la lumière, l’air, l’eau et le feu.

Cette importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu’il possédait chez les anciens Scandinaves, comme l’attestent également les rituels liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande, qui étaient censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique, comme la Germanie et l’Islande.

Gullfaxi

Gullfaxi d'après un dessin au crayon traité sous GIMP.

Gullfaxi est, dans la mythologie nordique, un cheval très rapide à la crinière d'or ou dorée, appartenant originellement selon le Skáldskaparmál à Hrungnir le jötunn. Ce dernier croise le dieu Odin dans le monde de Jötunheimr où, suite à un court dialogue avec le dieu, il affirme que Gullfaxi est un cheval plus rapide que Sleipnir, la monture à huit jambes d'Odin. Défiant le dieu de l'emporter à la course, Hrungnir enfourche alors Gullfaxi et chevauche aussi vite que possible derrière Odin et Sleipnir, mais dans sa fureur, il se fait emporter jusqu'aux portes de la forteresse d'Ásgard où Odin l'invite à boire. Après des altercations avec les dieux, Hrungnir est tué par Thor, qui confie alors le cheval Gullfaxi à son fils Magni en récompense de son aide après sa lutte contre le géant, provoquant la déception de son père, Odin.

Gullfaxi est, à l'instar d'autres chevaux fabuleux de la mythologie nordique, une monture à la symbolique chamanique, puisque capable de courir aussi bien dans le ciel, sur la terre que sur la mer, mais aussi de voyager entre deux mondes, celui de Jötunheimr et celui d'Ásgard. On le retrouve quelquefois dans la culture populaire puisqu'il a probablement inspiré Tolkien pour créer sa cavalerie fictive de la Terre du Milieu.

Grani

Grani d'après une illustration de Fredrik Sander (édition suédoise de l'Edda poétique, 1893).

Grani (ou Greyfell) est, selon les textes qui composent l'Edda poétique et la Völsunga saga, dans la mythologie nordique, un cheval gris fils de la propre monture à huit jambes d'Odin, Sleipnir. Il est capturé puis chevauché par le héros Sigurd grâce aux conseils d'un vieil homme qui est en fait le dieu Odin déguisé. Ce cheval est ensuite mentionné durant plusieurs épisodes où il accompagne Sigurd dans ses aventures. Grani possède des pouvoirs merveilleux, une grande force ainsi qu'une remarquable intelligence, il le prouve notamment en franchissant le cercle de flammes qui entoure la valkyrie Brunehilde et en refusant de se laisser chevaucher par un autre que son maître (dans la Völsunga saga), puis en pleurant la mort de Sigurd auprès de Guðrún, la femme de celui-ci (dans le Guðrúnarkviða II).

Plusieurs théories ont été proposées, notamment par Carl Gustav Jung, pour décrypter sa symbolique, et voient dans Grani un animal psychopompe lié au feu.

L'histoire de Grani, étroitement liée à celle de Sigurd (ou Siegfried selon les versions) a été reconstituée de diverses façons et avec plus ou moins de succès à partir de sources fragmentaires anciennes, notamment au XIXe siècle dans de nombreuses adaptations de la légende des Nibelungen, et plus récemment dans La Légende de Sigurd et Gudrún retranscrite par Tolkien, ou encore dans la trilogie de La Malédiction de l'Anneau par Édouard Brasey. Dans l'opéra de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen, Grane est le nom du cheval de Brunehilde.

Vidar

Vidar combat Fenrir. Illustration de W. G. Collingwood (1908).

Dans la mythologie nordique, Vidar (en vieux norrois : Víðarr) est le dieu Ase de la forêt, de la vengeance et du silence (il est surnommé l'« Ase silencieux »). Il est le fils d'Odin et de la géante Gríðr. Vidar est l'un des dieux les plus puissants après Thor. Bien qu'il soit discret dans les mythes, il tient un rôle capital le jour de la bataille prophétique du Ragnarök, où il venge la mort de son père Odin en transperçant de son épée le cœur du loup Fenrir ou en lui arrachant la mâchoire à l'aide de ses chaussures magiques. Il survit à cette fin du monde et, avec un nombre réduit d'autres dieux rescapés de la catastrophe, il participe au renouveau de l'Univers.

Le rôle discret de Vidar dans les textes laisse peu de possibilités à l'étude de sa symbolique. Toutefois, des spécialistes ont rapproché son silence des abstinences rituelles connues dans diverses sociétés, surtout les abstinences liées aux actes de vengeance, qui trouvent un écho également chez un autre dieu nordique, Vali, auquel il est lié. Certains spécialistes ont vu en Vidar un rôle cosmique, ce qui a suscité des comparaisons avec d'autres personnages de mythologies indo-européennes.

Svadilfari

Loki, sous forme de jument, séduit l'étalon Svaðilfari alors que le géant maître-bâtisseur tente de le retenir. Illustration de Dorothy Hardy pour l'ouvrage de H. Hélène Adeline Guerber, 1909.

Svadilfari (en vieux norrois Svaðilfari) est, dans la mythologie nordique, un étalon appartenant au géant maître-bâtisseur. Évoqué dans le Hyndluljód, son histoire figure dans le Gylfaginning où il est employé pour la construction de la forteresse d'Ásgard à la suite d'un pari avec les dieux Ases sur la possibilité de la terminer en un semestre. Grâce à sa grande force, ce cheval charrie une quantité incroyable de matériaux pour son maître. Le géant s'apprêtant à terminer la construction de la forteresse dans les temps, les Ases forcent le dieu Loki à trouver une solution pour l'en empêcher. Loki se transforme en jument et séduit Svadilfari qui se détourne de son travail, et avec lequel il engendre le cheval à huit jambes, Sleipnir.

Plusieurs théories sont avancées pour décrypter la symbolique de ce cheval nocturne doué de dons magiques ainsi que sa relation avec le dieu Loki, et mettent en relation son mythe avec d'autres mythes indo-européens.

Sigyn

Loki et Sigyn (1863), de Mårten Eskil Winge.

Sigyn est, dans la mythologie nordique, une déesse, femme de Loki et mère de Nari ou Narfi. Elle est mentionnée brièvement dans les sources islandaises : l'Edda Poétique, compilée au XIIIe siècle à partir de sources plus anciennes, et l'Edda de Snorri, écrite au XIIIe siècle. Sigyn n'est associée qu'au seul mythe du châtiment de Loki où, en femme fidèle, elle récupère dans un récipient le venin de serpent qui goutte sur le visage de son mari enchaîné, dans le but d'alléger ses souffrances.

Sigyn est représentée sur la croix de Gosforth, datée du Xe siècle, et sa plus ancienne mention provient du poème scaldique Haustlǫng, du IXe siècle, et préservé dans l'Edda de Snorri, ce qui suggère qu'il s'agit d'une déesse germanique ancienne, et non d'une création récente.