Hans Holbein le Jeune

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Hans Holbein le Jeune
Hans Holbein the Younger, self-portrait.jpg

Autoportrait

Naissance
Décès
Entre le 8 octobre et le 18 novembre 1543 (âgé de 46 ans)
Londres, Royaume d'Angleterre
Nationalité
Activités
Mouvement
Influencé par
A influencé
peintre sur bois
Œuvres réputées

Hans Holbein le jeune est un peintre et graveur allemand, né à Augsbourg en 1497 et mort à Londres le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du peintre Hans Holbein l'Ancien, il est le frère cadet du peintre Ambrosius Holbein (vers 1493/94 - vers 1519), avec lequel il étudie dans l'atelier paternel qui était alors un des plus fameux et recherché de la ville. Hans et son frère Ambrosius profitèrent aussi sans doute de l'enseignement de leur oncle, Hans Burgkmair, l'un des plus grands peintres allemands de l'époque[1].

En 1515, il se rend à Bâle, haut lieu de l'humanisme. De 1516 à 1526. Il réalise des portraits, pour la haute bourgeoisie commerçante, en particulier celui des Époux Meyer, Jacob Meyer étant alors bourgmestre de la ville. En 1517, à Lucerne, l'administration communale lui commande de petits travaux de décoration et il réalise des fresques, aujourd'hui détruites, pour la demeure du bourgmestre Jacob von Hertenstein, pour lesquelles il fit probablement appel à son père. Les dessins préparatoires montrent des innovations qui évoquent un voyage à Milan avec son oncle Hans Burgkmair pendant l'année 1518.

En 1519, de retour à Bâle, il est conféré maître par la Guilde des peintres et signe le Portrait de Bonifacius Amerbach, humaniste, hommes de lettres et juriste. Amerbach est un vieil ami d'Érasme et lui présentera Holbein 4 ans plus tard. La même année, il épouse Elsbeth, une riche veuve. En 1520, il obtient la citoyenneté bâloise et en 1521 commence les fresques aujourd'hui disparues de la Salle du Grand Conseil. C'est aussi l'année de la naissance de son fils Philipp. En 1523, il rencontre Erasme de Rotterdam qui vit à Bâle depuis 1521 et fera de lui deux portraits, qui deviendront plus tard son laisser passer pour l'Angleterre où Erasme les envoie à ses amis anglais[1].

Lors d'un voyage en France en 1524, il découvre Léonard de Vinci. Il y apprend sa fameuse technique "des trois crayons", consistant à exécuter les portraits à l'encre noire, à la sanguine et à la craie blanche[2]. Durant cette période, il accomplit également de nombreux voyages en Italie, à Rome et Florence. Influencé par Matthias Grünewald, son style s'ouvre aux nouvelles conceptions de la Renaissance italienne. Il travaille également à des compositions religieuses, décorations murales, cartons de vitraux et gravures.

En 1526, fuyant la Réforme, il part pour Londres, recommandé par Érasme à Thomas More. Il revient à Bâle en 1528, où il s'achète une maison, après avoir vécu en Angleterre dans une atmosphère de liberté intellectuelle et spirituelle qui va lui manquer à Bâle. La ville est alors en proie au fanatisme et à l'intolérance religieuse qui font fuir Erasme réfugié à Fribourg.

Christine de Danemark
1538, Londres

Il est donc de retour à Londres en 1533. Mais là aussi Thomas More est tombé en disgrâce et la liberté d'esprit n'est plus au rendez-vous. Ses commanditaires ne sont plus les humanistes mais les riches marchands qui veulent être représentés avec tous les attributs de leur pouvoir[1]. Cette époque constitue l'apogée de sa carrière. Il exécute le projet d'un arc de triomphe pour l'entrée d'Anne Boleyn à Londres et peint le tableau Les Ambassadeurs en 1533. Ce dernier est particulier. En effet, une partie de cette œuvre est réalisée selon le procédé de l'anamorphose. Ainsi, si le regard se positionne par rapport à la tranche droite du tableau, on voit apparaître un crâne humain au milieu des deux personnages. La présence de ce crâne fait de ce tableau un memento mori, qui rappelle à l'humilité. Les deux personnages représentés étant invités à se souvenir qu'ils sont mortels comme tout un chacun.

En 1536, nommé peintre-valet de chambre d'Henri VIII, il devient en peu de temps le peintre officiel de la cour d'Angleterre. Entre 1538 et 1539, il voyage en Europe afin de faire le portrait des princesses candidates au mariage avec Henri VIII après la mort de Jane Seymour. En 1540, c'est Anne de Clèves que le roi épouse.

En 1543, en pleine gloire, il meurt de la peste. Son testament nous apprend l'existence de deux fils naturels, qu'il dote généreusement[1].

Recherchant derrière les apparences les expressions marquantes des visages, il cherche à réunir les traditions gothiques et les nouvelles tendances humanistes.

Christ mort
1521, Bâle

Réception[modifier | modifier le code]

Selon Anna Dostoïevskaïa, qui fait un rapport circonstancié de l'accident, et qui craint une nouvelle crise d'épilepie à cette occasion, Fiodor Dostoïevski, grand admirateur d'Holbein, est fort secoué lorsqu'il voit à Bâle, en juin 1867, son tableau Le Corps du Christ mort dans la tombe ; selon lui, « ce tableau peut faire perdre la foi[3]. » Le tableau l'a tellement troublé qu'il en fait une brève description dans L'Idiot[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

À Bâle[modifier | modifier le code]

Le musée d'art de la ville de Bâle possède la plus importante collection au monde d'œuvres de la famille Holbein.

Les Ambassadeurs
1533, Londres

À la cour d'Angleterre[modifier | modifier le code]


Gravures[modifier | modifier le code]

En 1526, il réalise une série de 41 gravures sur bois « Danse macabre ». Elles seront publiées sans texte en 1530, puis en 1538, dans un recueil intitulé « Simulacres et historiées faces de la mort » ; en 1545 les gravures, primitivement au nombre de 41, furent portées à 53 et accompagnées de sentences latines et de quatrains moraux français. Il ne s’agit pas de farandoles où la mort entraîne ses victimes vers leur fin et les scènes ne se passent pas non plus dans les cimetières, la mort fait irruption dans la vie quotidienne, elle interrompt les activités de chacun, qu’il s’agisse du travail du négociant, de l’activité du juge, du médecin ou encore du chevalier. La mort surprend les hommes dans leurs occupations ou dans les plaisirs qu’offre la vie ; elle ne fait aucune distinction d’ordre ou de classe. Cependant, toujours agressive et moqueuse, « la mort » d'Holbein prend les allures d’un justicier, l’œuvre de l’artiste a un côté subversif dans la mesure où il dénonce les abus du pouvoir, les autorités religieuses qui profitent de leur statut et la puissance des plus riches. Certes, il montre que la mort touche tout le monde mais avec ironie et férocité il ridiculise les puissants (dans le domaine religieux et politique) en dénonçant leurs travers ou leurs manquements au rang qu’ils doivent tenir ou aux serments prononcés.

Dessins[modifier | modifier le code]

  • Christ au repos, 1519, dessin à la plume et au pinceau sur papier brun, Kupferstichkabinett, Berlin[12]
  • Etude de mouvement d'un corps féminin, 1535, dessin à la plume et au pinceau, Kunstmuseum (Bâle)[12]
  • Portrait de jeune homme, pierre noire et sanguine, 30 × 19 cm, Collection Ian Woodner, New York[13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Giuliana Zucoli Bellantoni, « Holbein », Regards sur la peinture, no 39,‎
  2. a et b Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion,‎ , 335 p. (ISBN 2-08-012451-X), p. 122-123
  3. Myriam Kissel, Julien Green et Fedor Dostoïevski : une écriture mystique, l'Harmattan, 2012
  4. Fiodor Dostoïevski, L'Idiot, Partie II, chapitre 4. Gallimard, La Pléidade, p. 265-266.
  5. Manuel Jover, « Holbein le jeune de Bâle à Londres », Connaissance des Arts, no 637,‎ , p. 34
  6. Calendrier des expositions, « Russie, Moscou », Connaissance des Arts, no 638,‎ , p. 169
  7. a, b, c, d et e Sylvie Blin, « Les Portraits de Hans Holbein », Connaissance des Arts, no 608,‎ , p. 6-15
  8. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ , 308 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.487
  9. a et b (en) Bernice Davidson, Paintings from the Frick Collection, Harry N. Abrams, Incorporated, New York,‎ (ISBN 0-8109-3710-7), p. 34-37
  10. a, b et c Wolfgang Prohaska, Le Kunsthistorisches Museum de Vienne : Peinture, C.H. Beck/Scala Books,‎ (ISBN 3 406 47459 4), p. 102-103
  11. Nicolas d’Archimbaud, Louvre, Editions du Club France Loisirs,‎ , 335 p. (ISBN 2-7441-1984-9), p.154
  12. a et b Expositions, « Hans Holbein le jeune à l’honneur à Bâle », L’Objet d’Art, no 315,‎ , p.16-17
  13. Véronique Prat, Chefs d’oeuvre secrets des grandes collections privées, Albin Michel,‎ (ISBN 2-226-03427-7), p.170

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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