Néo-classicisme

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Le néo-classicisme est à la fois un mouvement artistique, un style et une période qui émerge dans l'Europe des Lumières vers 1750, dont l'apogée se situe vers 1780 jusqu'à 1800 pour voir son influence décliner à partir de 1810 jusqu'à 1830 avec la concurrence du romantisme. Le néo-classicisme se diffuse dans l'architecture la peinture, la sculpture, les arts graphiques et les arts décoratifs caractérisé par l'influence de l'art antique grec et romain.

Né à Rome au moment où l'on redécouvre Pompéi et Herculanum, le mouvement se propage en Europe et aux Etats-Unis par l'intermédiaire des écrits des théoriciens d'un retour à l'antiquité dont le principal représentant fut l'archéologue et historien d'art Johann Joachim Winckelmann qui préconisait un retour à la vertu et à la simplicité de l'antique après le baroque et les excès des frivolités du rococo des années précédentes. Cette expression nouvelle d'un style ancien voulut rallier tous les arts à ce qu'on appela alors « le grand goût». Il fut choisi par les nouvelles républiques issues des révolutions française et américaine car ce style représentait symboliquement la démocratie de la Grèce antique et de la République romaine. La Rome impériale devint un modèle sous Napoléon Ier, mais avec l'émergence du mouvement romantique, ce style disparut peu à peu.

En architecture et en décoration, plusieurs styles découlent du néo-classicisme, dont les principaux sont le style Adam, le style Directoire, le style Empire, le style fédéral et le biedermeier.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture néo-classique.

En peinture le néo-classicisme apparaît au début des années 1760 et s'inscrit dans un mouvement de réaction contre le style ornementé du rococo, en prônant un retour à la simplicité qui caractérisait, selon ses promoteurs dont Winckelmann, le style antique. Deux artistes préfigurent le néo-classicisme Pompeo Batoni issu du classicisme romain et Joseph-Marie Vien qui vient du rococo. Raphaël Mengs premier chef de file du mouvement en peinture, est le peintre qui fut le plus étroitement lié aux théories esthétiques prônées par Winckelman, sa grande fresque le Parnasse résulte d'une collaboration avec l'archéologue et théoricien allemand, et présente les caractéristiques de ce style en peinture, par l'orthogonalité générale de la scène, des thèmes inspirés par l'Antiquité grecque et romaine, la forme et la ligne primant sur la couleur, et l'absence de profondeur donnant à l'ensemble l'aspect d'un bas-relief[1].

Trois autres peintres participent à l'essor de ce courant pictural : Angelica Kauffmann, Gavin Hamilton, et Benjamin West. Mouvement apparu à Rome, les artistes italiens suivent le mouvement initié par Batoni, quatre artistes sont représentatifs, les milanais Giuseppe Bossi et Andrea Appiani, le romain Vincenzo Camuccini et le bolonais Pelagio Palagi.

Alors que la vogue de la peinture néo-classique s'impose assez vite en Grande-Bretagne et en Allemagne, avec James Barry, Johann Heinrich Füssli, William Blake, et Johann Heinrich Wilhelm Tischbein, la France met plus de temps à adopter ce style qui s'installe à partir de 1775 après la réorganisation des arts en France, à la suite de l'accession de Louis XVI au trône, mettant fin au Rococo qui dominait sous le règne de Louis XV. L'enseignement de Vien qui dirige l'Académie de France à Rome, va faire de ses élèves : Pierre Peyron, Jean-Baptiste Regnault, François-André Vincent et Jacques-Louis David les premiers représentants français du néo-classicisme picturale[2]. David, converti tardivement au néo-classicisme, enthousiasme la critique au salon de 1781 avec son Bélisaire demandant l'aumône et va s'imposer en 1785 comme le nouveau chef de file du mouvement en peinture avec Le Serment des Horaces qui en devient le manifeste pictural. Il forme lui aussi des élèves venus de toute l'Europe, et qui seront regroupés sous le nom d'École de David. La première génération autour de 1780, voit se distinguer Antoine-Jean Gros, François Gérard, Anne-Louis Girodet et Jean-Germain Drouais. À la fin du XVIIIe siècle, le néo-classicisme est marqué par un mouvement de dissidence au sein de l'école de David, mené par la secte des Barbus. Celle-ci prônait une radicalisation du style néo-classique, en s'inspirant de l'Antiquité grecque la plus archaïque, dont le tableau la Mort de Hyacinthe de Jean Broc, un de ses membres, est représentatif. Ils reprochaient à David de ne pas aller assez loin dans sa conversion vers le « grec pur », illustré par son tableau Les Sabines.

Au début du XIXe siècle le néo-classicisme est représenté par une nouvelle génération d'artistes, dont se démarque Jean-Auguste-Dominique Ingres, tandis que les anciens élèves de David, Gros avec sa Bataille d'Eylau et Girodet avec les Funérailles d'Atala amorcent une évolution vers la peinture romantique. Avec l'avènement de l'Empire napoléonien, les artistes néo-classiques, tant français, comme David, Gros, Girodet, et Gérard, qu'italien, comme Bossi et Appiani, se mettent au service de Napoléon Ier et célèbrent ses victoires. Le style Empire culmine en peinture avec le Sacre de Napoléon toile monumentale de David qui impose le néo-classicisme comme courant officiel du régime. À partir de 1810 le néo-classicisme décline, laissant de nouveaux courants picturaux s'imposer, le romantisme en Grande-Bretagne dès le début du XIXe siècle, le romantisme et le mouvement nazaréen en Allemagne, le style troubadour, puis le romantisme, en France, et le purisme en Italie.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sculpture néo-classique.

En Europe, la sculpture avait été profondément influencée par les formes classiques depuis la Renaissance, aussi l'impact révolutionnaire des principes néo-classiques y fut-il moins prononcé que sur les autres arts. En règle générale, les sculpteurs néo-classiques évitaient de représenter des personnages aux attitudes théâtrales et d'utiliser le marbre coloré qui étaient des caractéristiques de la sculpture baroque tardive et rococo. Ils préféraient des contours précis, une noble immobilité et affectionnaient tout particulièrement le travail du marbre blanc.

Principaux représentants[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Teatr Wielki à Varsovie
Article détaillé : Architecture néo-classique.

Principaux représentants[modifier | modifier le code]

Arts décoratifs[modifier | modifier le code]

Détails des interieurs de Derby House par Robert and James Adam (1777).

Le néo-classicisme imprime les différents styles décoratifs de la fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle. En partie le style Louis XVI, style de transition entre le rococo et le néo-classique, incorpore des éléments du néoclassicisme dans le mobilier. Les styles Directoire et Empire sont pleinement marqués par l'esthétique néo-classique, tout en ajoutant concernant ce dernier, des éléments décoratifs inspirés du Moyen-Age, en Allemagne le Biedermeier s'inspire aussi du néo-classicisme dans le mobilier et l'architecture.

Arts graphiques[modifier | modifier le code]

Les arts graphiques ne font pas exception dans l'adoption du néo-classicisme. Dans la gravure Giovanni Battista Piranesi est un des artistes les plus influents dans la représentation d'architectures antiques. Plusieurs artistes vont développer une technique de gravure au trait, sans effets de relief, s'inspirant des peintures de vases de la Grèce antique. John Flaxman aussi sculpteur, va graver une série de planches illustrant les récits d'Homère, qui ont une grande influence sur les artistes , dont Jacques-Louis David.

Le dessin[modifier | modifier le code]

Le dessin néo-classique est d'abord marqué par l'inspiration des ruines antiques copiées à Rome au milieu du XVIIIe siècle. Hubert Robert est avec Piranese l'artiste représentatif de cette esthétique des ruines à travers ses dessins qui mèlent fantaisie rococo et influence de l'antique[3]. L'allemand Asmus Jacob Carstens et l'anglais John Flaxman font évoluer le dessin néo-classique vers le trait pur sans indication de volume, inspiré des dessins des vases grecs et des bas-reliefs[4]. Dans un registre plus sensuel et opposé à la linéarité de Carstens et Flaxman Pierre-Paul Prud'hon réalise une série d'académies dessinées à la craie sur papiers teintés, dont le sfumato témoigne de l'influence de Léonard de Vinci sur son œuvre[5]. Jean-Auguste-Dominique Ingres poursuit la tradition néo-classique dans le dessin et se distingue par ses portraits dessinés entre 1800 et 1820 alors qu'il réside à Rome[6]. Joseph Anton Koch, se spécialise dans le thème du paysage néo-classique dessiné à l'encre et particulièrement les paysages montagneux de Suisse qui symbolisaient pour lui une certaine vision du sublime par leur caractère grandiose[7].

Renouveau du néo-classicisme[modifier | modifier le code]

Un second néo-classicisme est apparu après la Première Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

  • Mario Praz (trad. Constance Thompson Pasquali), Goût néoclassqiue, Paris, Le Promeneur, (1re éd. 1974) (ISBN 2876530783)
  • Michael Levey (trad. Jean-François Allain), L'Art du XVIIIe siècle : Peinture et sculpture en France 1700-1789 [« Painting and sculpture in France, 1700-1789 »], Paris, Flammarion, (ISBN 2080124226)
  • Rolf Toman (dir.), Néoclassicisme et Romantisme : Architecture - Sculpture - Peinture - Dessin, 1750-1848, Potsdam, H.F.Ullmann, (ISBN 978-3-8331-3557-6)
  • Daniela Tarabra (trad. Todaro Tradito), Comment identifier...les Grandes périodes stylistiques : De l'art roman, à l'Art nouveau, Paris, Hazan, coll. « Clés et repères », (ISBN 978-2-7541-0373-2)
  • Guillaume Faroult (dir.), Christophe Leribault (dir.) et Guilhem Scherf (dir.), L'Antiquité révée : Innovations et résistances au XVIIIe siècle, Paris, Gallimard, (ISBN 978-2-07-013088-7)
  • (en) Allison Lee Palmer, Historical Dictionary of Neoclassical Art and Architecture, États-Unis, Scarecrow Press, (ISBN 0-8108-6195-X)

Architecture et décoration[modifier | modifier le code]

  • Noël Riley (dir.) et Patricia Bayer, Grammaire des arts décoratifs : De la Renaissance au Post-modernisme, Paris, Flammarion, (ISBN 2080113275), « Le néo-classicisme », p. 127-209
  • Owen Hopkins, Les Styles en architecture : Guide visuel, France, Dunod, (ISBN 978-2-10-070689-1), « Néoclassicisme », p. 96-121

Peinture[modifier | modifier le code]

  • Patricia Fride R. Carrassat et Isabelle Marcadé, Comprendre et reconnaître les mouvements dans la peinture, Paris, Larousse, (1re éd. 1993) (ISBN 2-03-511342-3)