Clair-obscur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Clair-obscur (homonymie).
Retable de san Giobbe, vers 1497, huile sur bois, 471 × 259 cm, Venise , Galeries de l'Académie.

Le clair-obscur (italien « Chiaroscuro ») est une pratique artistique permettant de produire sur le plan de l'image des effets de relief par la reproduction des effets de l'ombre et de la lumière sur les volumes perceptibles dans l'espace réel. Elle consiste, en général, à réaliser des gradations de couleur sombre sur un support plus ou moins clair mais parfois, à l'inverse, par des couleurs claires sur un support sombre. Dès le début du XVIe siècle le dessin en clair-obscur s'effectue sur un papier teinté en demi-teinte, et pour les parties les plus claires avec des rehauts clairs. Lorsque le clair-obscur s'effectue sans transition perceptible, par des gradations fondues on parle, depuis Léonard de Vinci qui en fut l'initiateur, de sfumato. Lorsque des parties claires côtoient immédiatement et sans dégradé des parties très sombres, créant des effets de contrastes parfois violents, et que l'ombre domine l'ensemble du tableau on parle de ténébrisme pour qualifier cet effet de style. Le procédé du clair-obscur a été mis au point dès la Renaissance, mais porté à son effet maximum par Le Caravage et ses suiveurs, puis par des peintres des écoles du nord, notamment Rembrandt.

Le clair-obscur en peinture[modifier | modifier le code]

La systématisation du clair-obscur le plus accentué, chez Le Caravage, a une signification : le monde terrestre est plongé dans l’obscurité tandis que l’intrusion divine se signale par la lumière de l'action. Ce procédé permet d’augmenter la tension dramatique, de figer les attitudes à un moment précis, de mettre en volume les personnages et de donner l’illusion du relief.

Ces peintures sont devenues plus ternes et plus sombres qu'à l'époque de leur création, par l'effet du vieillissement des pigments et des vernis.

Le clair-obscur en littérature[modifier | modifier le code]

Le clair-obscur est une figure de style appelée oxymore qui consiste à placer l'un à côté de l'autre deux mots opposés afin de créer un 3e sens. Ce procédé littéraire crée un paradoxe et débouche le plus souvent sur une métaphore. Exemple : « Cette obscure clarté » (Corneille, Le Cid)

Balzac se serait inspiré de cette technique dans ses ouvrages pour décrire les différents aspects de ses personnages, en raison de son admiration pour Rembrandt, notamment dans la description du colonel Chabert dans le livre du même nom.

Jacques Prévert s'en est servi par ailleurs dans son poème La Grasse matinée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

et leurs peintres