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Chronique anglo-saxonne

La première page de la Chronique de Peterborough.

La Chronique anglo-saxonne (Anglo-Saxon Chronicle) est un ensemble d'annales en vieil anglais relatant l'histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d'Alfred le Grand, à la fin du IXe siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d'Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.

Le manuscrit original de la Chronique est perdu, mais il en subsiste neuf copies, dont l'état de conservation et l'importance historique varient. La rédaction de la plus ancienne copie subsistante semble avoir débuté vers la fin du règne d'Alfred, tandis que la plus récente est composée à l'abbaye de Peterborough au début du XIIe siècle et mise à jour jusqu'en 1154. Les différentes copies de la Chronique reflètent souvent les intérêts et les biais des abbayes où elles ont été rédigées. Il leur arrive de faire preuve de partialité dans leur récit, voire d'omettre complètement certains événements. Certaines se contredisent également entre elles.

Malgré ces problèmes, la Chronique constitue la principale source historique pour la période comprise entre l'abandon de la Bretagne par les Romains en 410 et la conquête normande de l'Angleterre en 1066 : une grande partie des informations présentes dans la Chronique n'apparaît nulle part ailleurs. Ses manuscrits sont également des sources importantes pour l'histoire de la langue anglaise : la fin du texte de la « Chronique de Peterborough » est notamment l'un des plus anciens exemples connus de moyen anglais.

Sept des neuf manuscrits subsistants de la Chronique anglo-saxonne sont conservés à la British Library. Les deux autres se trouvent à Oxford et Cambridge.

Ælle de Sussex

Portrait fantaisiste d’Ælle dans le Saxon Heptarchy de John Speed (1611).

Ælle (également Aelle ou Ella), aurait été le premier roi du Sussex, dans le sud de l’Angleterre, à partir de 477 et peut-être jusqu’en 514. Les informations à son sujet sont si maigres que son existence même ne peut être affirmée avec certitude.

D’après la Chronique anglo-saxonne, Ælle et trois de ses fils, venus du continent, auraient débarqué en Grande-Bretagne près de l’actuel promontoire de Selsey Bill – l’emplacement exact a probablement été submergé depuis – et affronté les Bretons. En 491, ils auraient remporté une victoire sur le site du village actuel de Pevensey, massacrant un grand nombre de leurs adversaires et mettant en fuite les autres. Si les événements rapportés par la tradition sont invérifiables, la toponymie du Sussex montre clairement que la région fut soumise à une colonisation extensive et ancienne des Saxons, appuyant l’idée qu’il s’agirait d’une de leurs premières conquêtes…

Ceawlin

Ceawlin, également orthographié Ceaulin ou Caelin (mort v. 593) est un roi du Wessex, dans le Sud-Ouest de l'actuelle Angleterre. Il est peut-être le fils de Cynric et le petit-fils de Cerdic, qui, selon la Chronique anglo-saxonne, a conduit les premiers Saxons sur le territoire du futur royaume de Wessex. L'époque de Ceawlin correspond à l'achèvement de l'invasion anglo-saxonne de la Bretagne ; à sa mort, les Bretons ont été presque entièrement chassés du Sud de l'Angleterre.

La chronologie de la vie de Ceawlin est très incertaine : selon les sources, son règne a duré sept, dix-sept ou trente-deux ans, et l'exactitude, voire la véracité de certaines dates de la Chronique anglo-saxonne ont été remises en question. La Chronique mentionne plusieurs batailles de Ceawlin entre 556 et 592, parmi lesquelles le premier affrontement connu entre différents groupes d'Anglo-Saxons. Il semble néanmoins que, sous le règne de Ceawlin, le Wessex ait connu une expansion territoriale importante, bien qu'elle ait été, en partie, perdue par la suite au profit d'autres royaumes anglo-saxons. La Chronique le liste également comme l'un des huit bretwaldas, nom donné aux souverains ayant exercé la suzeraineté sur tout le Sud de l'Angleterre ; on ignore cependant l'étendue exacte de son pouvoir.

Ceawlin meurt vers 593, un an après avoir été déposé, peut-être par son successeur Ceol. Diverses sources lui donnent deux fils, Cutha et Cuthwine, mais les généalogies présentant ce détail ne sont pas fiables.

Æthelberht de Kent

Statue d’Æthelberht à la cathédrale de Cantorbéry.

Æthelberht (vers 560 ? – 616) est roi de Kent de 580 ou 590 jusqu’à sa mort. Il est le premier roi anglo-saxon à se convertir au christianisme.

Il est le fils d’Eormenric, à qui il succède comme roi selon la Chronique anglo-saxonne. Il épouse, probablement avant son avènement, une princesse mérovingienne, Berthe, fille du roi de Paris Caribert, s’alliant ainsi au plus puissant royaume d’Europe occidentale. Æthelberht lui-même semble avoir dominé l’Angleterre en son temps : Bède le Vénérable le mentionne comme le troisième roi à exercer l’imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne ».

C’est peut-être l’influence de Berthe qui incite le pape Grégoire Ier à envoyer le moine Augustin évangéliser la Grande-Bretagne. Augustin arrive dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne. Peu de temps après, Æthelberht reçoit le baptême, des églises sont fondées et les conversions massives au christianisme commencent dans son royaume. Æthelberht pourvoit la nouvelle église de terres à Cantorbéry, où est fondée la future abbaye Saint-Augustin.

Æthelberht a laissé un code de lois qui constitue le plus ancien document législatif écrit dans une langue germanique connu. Sous son règne, le Kent est un pays prospère, commerçant intensivement avec le continent et recommençant à battre monnaie, pour la première fois depuis l’invasion anglo-saxonne.

Æthelberht a été canonisé pour son rôle dans la propagation du christianisme parmi les Anglo-Saxons.

Augustin de Cantorbéry

Représentation d'Augustin, détail d'une miniature d'un manuscrit du Roman de Brut, XIVe siècle, British Library, Egerton 3028.

Augustin est un moine bénédictin mort entre 604 et 609. Chef de la mission envoyée pour convertir les Anglo-Saxons, il devient le premier archevêque de Cantorbéry en 597.

Prieur dans une abbaye de Rome, Augustin est choisi par le pape Grégoire le Grand pour prendre la tête de la mission grégorienne. Après son arrivée en Angleterre, en 597, il reçoit du roi Æthelberht de Kent l'autorisation de s'installer à Canterbury et de prêcher dans le royaume de Kent. Æthelberht lui-même finit par recevoir le baptême. Augustin établit des évêchés à Londres et Rochester en 604, et il est probable qu'il fonde également des écoles pour la formation d'un clergé local.

Augustin meurt à une date incertaine entre 604 et 609. Il est considéré comme « l'apôtre des Anglais » et l'un des fondateurs de l'Église anglaise. Son ministère est principalement connu grâce à l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, rédigée au début du VIIIe siècle. Il est vénéré comme saint et fêté le 26 (jour anniversaire de sa mort) ou le 27 mai.

Eadbald de Kent

Pièce frappée sous le règne d'Eadbald.

Eadbald est roi de Kent de 616 à sa mort, le 20 janvier 640.

Fils du roi Æthelberht et de la princesse franque Berthe, Eadbald succède à son père, qui a fait du Kent le plus puissant royaume de l'Angleterre anglo-saxonne. Resté païen alors qu'Æthelberht était devenu le premier roi anglo-saxon à se convertir au christianisme, Eadbald ne reçoit le baptême qu'un certain temps après son avènement et se sépare de sa première femme à la demande de l'Église. Il se remarie avec Emma, une princesse franque, qui lui donne deux fils, Eormenred et Eorcenberht, ainsi qu'une fille, Eanswith.

Sous le règne d'Eadbald, le rayonnement du royaume de Kent diminue, mais il reste suffisamment puissant pour conserver son indépendance vis-à-vis d'Edwin de Northumbrie, notamment grâce au fructueux commerce qu'il pratique avec les royaumes francs. Le Kent et la Northumbrie entretiennent de bonnes relations, symbolisées par le mariage d'Edwin avec Æthelburg, la sœur d'Eadbald. Après la mort d'Edwin, en 632 ou 633, Æthelburg retourne dans le Kent, mais elle envoie ses enfants à la cour franque, à l'abri des intrigues d'Eadbald et d'Oswald, le successeur d'Edwin. La dynastie royale du Kent s'unit également à celle d'Est-Anglie à travers le mariage d'Eorcenberht et Seaxburh, fille du roi Anna d'Est-Anglie.

À la mort d'Eadbald, en 640, son fils Eorcenberht lui succède. Il est possible qu'Eormenred ait régné conjointement avec son père ou son frère.

Rædwald

Casque de parade retrouvé à Sutton Hoo ayant pu appartenir à Rædwald.

Rædwald ou Redwald est roi d’Est-Anglie dans le premier quart du VIIe siècle. C’est le premier souverain de ce royaume qui représente davantage qu’un simple nom, principalement grâce à l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable.

Rædwald se convertit au christianisme lors d’un séjour au royaume de Kent, sans pour autant abandonner totalement ses anciennes croyances. Après avoir vaincu Æthelfrith de Northumbrie sur la rivière Idle vers 616/617, il place le prince Edwin de Deira, qui s’était réfugié à sa cour, sur le trône de Northumbrie. Selon Bède, Rædwald est le quatrième des rois anglo-saxons à avoir exercé l’imperium sur toute l’Angleterre au sud de l’Humber, et la Chronique anglo-saxonne en fait l’un des huit bretwaldas, bien qu’il soit impossible d’évaluer avec certitude l’étendue de son pouvoir.

Rædwald meurt vers 624, et son fils Earpwald lui succède. Il pourrait être le roi enterré dans le tertre numéro 1 de Sutton Hoo, bien que d’autres candidats aient été avancés.

Earpwald

La mort d'Earpwald imaginée par le cartographe John Speed dans son Theatre of the Empire of Great Britaine (1610-1611).

Earpwald, Eorpwald ou Erpenwald est un souverain du royaume d'Est-Anglie dans la première moitié du VIIe siècle.

Fils de Rædwald, il accède au pouvoir vers 624, puis se convertit au christianisme sous l'influence d'Edwin de Northumbrie à une date incertaine, 627 ou 632. Peu après avoir reçu le baptême, il est assassiné par un noble nommé Ricberht, dont les motifs sont vraisemblablement aussi politiques que religieux, et l'Est-Anglie retourne au paganisme pour quelques années, jusqu'à l'avènement de Sigeberht.

Earpwald est le premier roi anglo-saxon à mourir pour la foi chrétienne, ce qui lui vaut d'être vénéré comme un saint martyr de l'Église. Son règne n'est quasiment connu que par l'entremise de l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable. Il pourrait avoir été inhumé à Sutton Hoo.

Ricberht

Ricberht ou Ricbert est un Anglo-Saxon ayant vécu au VIIe siècle.

Il n'est connu qu'à travers l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, qui le décrit comme un païen ayant assassiné le roi Earpwald d'Est-Anglie vers 627. Bien que Bède ne le précise pas, il est possible que Ricberht soit ensuite monté sur le trône pour régner sur les Angles de l'Est pendant les trois années qui séparent la mort d'Earpwald de l'avènement de Sigeberht. Cette période constitue une interruption dans la christianisation du royaume d'Est-Anglie, débutée sous Earpwald et reprise sous Sigeberht. Ricberht pourrait ainsi incarner une réaction païenne aux progrès de la nouvelle religion.

Sigeberht d'Est-Anglie

Sigeberht ou Sigebert est roi d'Est-Anglie au début des années 630. Son règne, principalement connu grâce à l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, est marqué par la conversion définitive de son royaume au christianisme.

Selon les sources, Sigeberht est le fils ou le beau-fils de Rædwald. Son nom suggère un lien avec le royaume d'Essex ou la dynastie mérovingienne. Exilé en Francie sous le règne d'Earpwald, fils et successeur de Rædwald, il y reçoit le baptême et une éducation chrétienne. Il monte sur le trône d'Est-Anglie après la mort d'Earpwald. Dès son avènement, il demande à Félix de Burgondie d'évangéliser son royaume. Il institue des écoles pour enseigner le latin, sur le modèle de celles qu'il a connues dans les royaumes francs.

Vers 632 ou 634, il abdique en faveur d'Ecgric, qui régnait jusqu'alors à ses côtés, et se retire dans un monastère. Quelques années plus tard, l'Est-Anglie est attaquée par les armées de Penda, roi païen de Mercie. Sigeberht est tiré de sa retraite pour mener ses anciens sujets au combat, mais Ecgric et lui sont vaincus et tués. Il est vénéré comme martyr après sa mort.

Ecgric

Ecgric, Ecric ou Egric est roi d'Est-Anglie au début du VIIe siècle.

Déjà associé au pouvoir par Sigeberht vers le début des années 630, Ecgric lui succède après son abdication, vers 632 ou 634. Quelques années plus tard, peut-être en 635 ou 636, l'Est-Anglie est attaquée par les armées de Penda, le roi païen de Mercie. Sigeberht quitte son monastère pour diriger la défense du royaume aux côtés d'Ecgric, mais ils sont tous deux tués au combat.

Edwin de Northumbrie

Edwin et Paulin imaginés par le cartographe John Speed dans son Theatre of the Empire of Great Britaine (1610-1611).

Edwin ou Eadwine (Deira, 585-586 – Hatfield Chase, 632-633) est roi de Deira et de Bernicie de 616 à sa mort. Il est le deuxième monarque à régner en même temps sur ces deux royaumes du nord de l'Angleterre, qui fusionnent par la suite pour donner la Northumbrie, et le premier à se convertir au christianisme.

Fils du roi Ælle de Deira, Edwin est contraint à l'exil lorsque le roi Æthelfrith de Bernicie conquiert le Deira. Ses pérégrinations le conduisent à la cour du roi Rædwald d'Est-Anglie, qui vainc Æthelfrith en 616, permettant à Edwin de monter sur les trônes de Bernicie et de Deira. Après la mort de son protecteur Rædwald vers 624, Edwin devient le plus puissant souverain de Grande-Bretagne : Bède le Vénérable l'inclut dans sa liste des rois ayant exercé l'imperium sur les autres monarques anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne ».

Edwin reçoit le baptême en 627 sous l'influence de sa femme, la princesse Æthelburh de Kent, et du missionnaire romain Paulin, qui devient le premier évêque d'York. Après dix-sept ans de règne, Edwin est vaincu et tué en 633 à la bataille de Hatfield Chase par les armées coalisées du Gallois Cadwallon ap Cadfan et du païen Penda de Mercie. L'œuvre de sa vie ne lui survit pas. La Bernicie et le Deira sont à nouveau séparées sous deux rois païens, et leur réunification est le fait d'Oswald, un fils de son rival Æthelfrith.

Paulin d'York

Statue de Paulin à la cathédrale de Rochester.

Paulin ou Paulinus (mort le ) est un missionnaire romain et le premier évêque d'York.

Membre de la mission envoyée par le pape Grégoire Ier pour convertir les Anglo-Saxons, Paulin débarque en Angleterre en 604. Après quelques années passées dans le Kent, il est sacré évêque, probablement en 625, et accompagne la princesse Æthelburg de Kent en Northumbrie, où elle épouse le roi Edwin. Paulin réussit à convertir Edwin et un certain nombre de ses sujets au christianisme et construit plusieurs églises en Northumbrie. Après le décès d'Edwin en 633, il fuit la région avec Æthelburg et retourne dans le Kent, où il occupe jusqu'à sa mort le poste d'évêque de Rochester.

Paulin est vénéré comme un saint par les Églises catholique et anglicane. Il est fêté le 10 octobre.

Cædwalla

Cædwalla confirme les privilèges accordés à Wilfrid (fresque du début du xvie siècle à la cathédrale de Chichester).

Cædwalla (vers 659 – 20 avril 689) est roi du Wessex de 685 ou 686 à 688, année de son abdication.

Exilé du Wessex durant sa jeunesse, Cædwalla réalise son premier coup d'éclat en envahissant le royaume des Saxons du Sud et en tuant leur roi Æthelwealh. Chassé peu après par deux vassaux du roi défunt, il prend sa revanche après être monté sur le trône du Wessex. Durant son court règne, il soumet le Sussex, conquiert l'île de Wight et étend également sa domination sur le Surrey et le Kent, qu'il envahit à deux reprises. Bien qu'il n'ait pas reçu le baptême, il entretient de bonnes relations avec l'évêque Wilfrid et apporte son soutien à l'Église.

Cædwalla abdique en 688, peut-être en raison de blessures reçues durant la conquête de l'île de Wight. Ine lui succède à la tête des Saxons de l'Ouest. De son côté, l'ancien roi se rend en pèlerinage à Rome. Il y meurt le 20 avril 689, quelques jours après avoir été baptisé par le pape Serge Ier.

Ine de Wessex

Ine est roi du Wessex de 688 ou 689 à 726 ; il est principalement connu pour son œuvre législative.

Il se révèle incapable de conserver les gains territoriaux réalisés par son prédécesseur Cædwalla, qui avait soumis une grande partie du Sud de l'Angleterre à son autorité. À la fin du règne d'Ine, les royaumes de Kent, de Sussex et d'Essex se sont libérés de la domination des Saxons de l'Ouest. Il parvient toutefois à garder le contrôle de l'actuel Hampshire, et il étend son royaume vers le sud-ouest aux dépens des Bretons de Cornouailles.

Ine est le premier roi du Wessex, et le premier roi anglo-saxon en dehors du Kent, à émettre un code de lois. Son texte offre un éclairage important sur l'histoire de la société anglo-saxonne et illustre la foi chrétienne d'Ine. Le commerce connaît une croissance importante sous son règne, ce dont témoigne l'expansion de la ville d'Hamwic, l'actuelle Southampton. Les premières pièces de monnaie frappées au Wessex datent vraisemblablement de cette période, bien qu'il n'en subsiste aucune portant le nom d'Ine.

Ine abdique en 726 pour se rendre en pèlerinage à Rome, suivant l'exemple de son prédécesseur. Æthelheard lui succède sur le trône du Wessex.

Wihtred

Photographie de quatre stèles basses alignées dans un cimetière.

Wihtred, né vers 670, est roi de Kent de 690 ou 691 environ jusqu'à sa mort, le 23 avril 725.

Fils d'Ecgberht Ier et frère d'Eadric, Wihtred monte sur le trône après une période confuse, durant laquelle le royaume de Kent est brièvement conquis par Cædwalla de Wessex et déchiré par des conflits dynastiques. Il succède à Oswine, probablement issu d'une autre branche de la famille royale.

Les annales de l'époque ne rapportent que de rares incidents survenus au cours du long règne de Wihtred. Peu après son avènement, il promulgue un code de lois qui a été préservé dans un manuscrit, le Textus Roffensis. Ces lois prêtent une attention importante aux droits de l'Église et punissent notamment les mariages irréguliers et les cultes païens. À sa mort, en 725, ses trois fils Æthelberht, Eadberht et Alric lui succèdent.

Wulfhere de Mercie

Statues de l'évêque Chad et des rois Peada et Wulfhere à la cathédrale de Lichfield.

Wulfhere est roi de Mercie de 658 jusqu'à sa mort, en 675.

Fils de Penda, Wulfhere devient roi après une révolte contre la domination northumbrienne en Mercie. Son avènement marque la fin de la suprématie d'Oswiu de Northumbrie sur le sud de l'Angleterre. Il étend son autorité sur la vallée de la Tamise aux dépens du Wessex et conquiert l'île de Wight et les régions environnantes, qu'il offre au roi Æthelwalh de Sussex. Sa domination s'étend également sur le Surrey, l'Essex et le Kent, mais pas sur la Northumbrie.

Wulfhere est le premier roi chrétien de Mercie, mais la date et les raisons de sa conversion sont inconnues. Il meurt encore jeune, probablement de maladie, et son frère Æthelred lui succède. Il est décrit dans la Vita sancti Wilfrithi comme « un homme à l'esprit fier, et à la volonté insatiable ».

Æthelred (roi de Mercie)

Un vitrail moderne de l'église Saint-Jean de Chester présentant sa fondation par Æthelred en 689.

Æthelred est roi de Mercie, royaume anglo-saxon des Midlands, de 675 à 704.

Fils de Penda, Æthelred monte sur le trône à la mort de son frère Wulfhere. Dès sa première année de règne, il envahit le royaume de Kent et ses troupes détruisent la ville de Rochester. En 679, il met en déroute l'armée de son beau-frère Ecgfrith de Northumbrie à la bataille de la Trent. Cette victoire importante marque la fin de l'influence northumbrienne au sud du Humber. En revanche, ses efforts pour rétablir la domination mercienne dans le sud de l'Angleterre sont vains.

Æthelred est un souverain pieux et généreux à l'égard de l'Église. Son règne voit la réorganisation des évêchés anglais par l'archevêque de Cantorbéry Théodore de Tarse. Æthelred se lie également d'amitié avec l'évêque northumbrien Wilfrid durant l'exil de ce dernier : il lui confie des responsabilités épiscopales en Mercie et le soutient lors du concile d'Austerfield.

Æthelred épouse la princesse northumbrienne Osthryth, qui est assassinée en 697. Il abdique en 704, laissant le trône à son neveu Cenred, le fils de Wulfhere. Après son abdication, il devient moine à l'abbaye de Bardney, qu'il avait fondée avec son épouse. C'est là qu'il est inhumé après sa mort, survenue à une date inconnue. Son fils Ceolred devient roi après Cenred, en 709. Il est possible qu'il ait eu un autre fils nommé Ceolwald, qui est mentionné dans une liste de rois comme l'éphémère successeur de Ceolred.

Cenred de Mercie

La Mercie au début du VIIIe siècle.

Cenred ou Coenred (fl. 675-709) est roi de Mercie de 704 à 709. Il est le fils du roi Wulfhere de Mercie et de son épouse Ermenilda de Kent. À la mort de son père, en 675, son oncle Æthelred devient roi. Celui-ci abdique pour entrer dans les ordres en 704, et Cenred monte alors sur le trône.

On ne sait pas grand-chose du bref règne du Cenred, en-dehors d'une mention d'invasions galloises dans une source contemporaine. Cenred abdique en 709 pour se rendre en pèlerinage à Rome, où il se fait moine et meurt à une date inconnue. Ni femme ni enfants ne lui sont connus, bien que des chroniques ultérieures fassent de lui l'ancêtre du roi Wigstan de Mercie (mort en 849). Son cousin Ceolred, fils d'Æthelred, lui succède.

Æthelbald de Mercie

Le nom d'Æthelbald sur Ismere Diploma.

Æthelbald est roi de Mercie de 716 à sa mort, en 757. Il monte sur le trône à la mort de son cousin Ceolred, qui l'avait chassé du royaume. Durant son long règne de trente-neuf ans, il redonne à la Mercie la prééminence qu'elle avait connu au siècle précédent sous les rois Penda et Wulfhere, dominant les royaumes anglo-saxons voisins. Le chroniqueur Bède le Vénérable le décrit ainsi comme suzerain de toute l'Angleterre au Sud de l'Humber, bien qu'il n'apparaisse pas dans la liste des bretwaldas figurant dans la Chronique anglo-saxonne.

Æthelbald est tué par ses gardes du corps en 757. Son successeur Beornred, d'origine inconnue, règne moins d'un an avant d'être remplacé par Offa, qui poursuit l'expansion commencée par Æthelbald.

Offa de Mercie

Monnaie d'Offa.

Offa est roi de Mercie de 757 à sa mort, en juillet 796.

Il monte sur le trône dans un contexte troublé : Æthelbald, roi depuis 716, est assassiné en 757, et son successeur Beornred ne règne que quelques mois avant d'être supplanté par Offa. Après avoir rétabli l'autorité mercienne sur les peuples des Midlands, Offa étend vers 770 sa suzeraineté sur les royaumes de Kent et de Sussex. Il s'allie avec le roi Beorhtric de Wessex et soumet l'Est-Anglie dans les années 780.

À la fin de son règne, Offa est sans conteste le plus puissant monarque de Grande-Bretagne. Il entretient une correspondance avec Charlemagne et finance la construction de nombreux établissements religieux, malgré ses relations conflictuelles avec l'archevêque de Cantorbéry Jænberht. Il ne parvient cependant pas à établir une dynastie durable : son fils et successeur Ecgfrith ne lui survit que cinq mois, et c'est un cousin éloigné, Cenwulf, qui devient roi après lui.

De nombreux historiens considèrent Offa comme le plus important monarque anglo-saxon avant Alfred le Grand. Un témoignage évident de sa puissance est la digue d'Offa, une barrière de terre de 130 km de long édifiée sous son règne à la frontière du pays de Galles. Son règne a longtemps été considéré comme une étape vers l'unification de l'Angleterre, mais ce point de vue n'est plus majoritaire parmi les historiens.

Cenwulf de Mercie

Monnaie de Cenwulf.

Cenwulf (également orthographié Coenwulf ou Kenulf) est roi de Mercie de 796 à sa mort, en 821.

À la mort d'Ecgfrith, fils et éphémère successeur du puissant Offa, Cenwulf, qui ne leur est pas apparenté, accède au pouvoir. Dès son avènement, il est confronté à la rébellion des habitants du Kent et de l'Est-Anglie, qui avaient été soumis par Offa. Le Kent est reconquis dès 798, tandis que l'Est-Anglie conserve son indépendance jusqu'en 805 au plus tard. Cenwulf mène également plusieurs campagnes contre les Gallois et entre en conflit avec la Northumbrie à au moins une occasion, tout en y soutenant vraisemblablement les adversaires du roi Eardwulf.

Une longue querelle oppose Cenwulf à Wulfred, archevêque de Cantorbéry, qui s'oppose au contrôle séculier des établissements religieux. Leur antagonisme est tel que Wulfred se retrouve empêché d'exercer ses fonctions pendant au moins quatre années. Ce n'est qu'après la mort de Cenwulf que la situation est apaisée au terme de négociations entre sa fille Cwenthryth et l'archevêque.

Le successeur de Cenwulf est son frère Ceolwulf, qui ne règne que deux ans avant d'être déposé. D'après une légende ultérieure, le fils de Cenwulf, Cynehelm, aurait été assassiné dans le cadre de luttes intestines. Quoi qu'il en soit, Ceolwulf est le dernier membre de la famille de Cenwulf à gouverner la Mercie. L'hégémonie mercienne sur le sud de l'Angleterre ne survit guère à Cenwulf, dont les successeurs sont éclipsés par l'ascension du Wessex.

Eardwulf de Northumbrie

Le Nord de l'Angleterre à l'époque d'Eardwulf.

Eardwulf est roi de Northumbrie de 796 à 806, et peut-être à nouveau de 808 à une date inconnue, vers 810 ou 812, voire 830.

D'origine noble, Eardwulf est mentionné pour la première fois vers 791, lorsque le roi Æthelred Ier tente de le faire tuer, sans succès. Æthelred est assassiné en avril 796, et Eardwulf monte sur le trône un mois plus tard, après l'éphémère règne d'Osbald. Son arrivée au pouvoir ne satisfait pas tous les assassins d'Æthelred, et l'un d'eux, Wada, se révolte contre Eardwulf. Il est vaincu et tué à Billington Moor en 798. Le roi Cenwulf de Mercie apporte son soutien aux opposants d'Eardwulf, incitant ce dernier à entreprendre une campagne contre la Mercie en 801. La paix est rapidement conclue entre les deux royaumes.

Eardwulf est déposé en 806 et remplacé par un certain Ælfwald. D'après une source carolingienne, il récupère le pouvoir deux ans plus tard, avec l'aide de Charlemagne et du pape Léon III, mais les sources anglo-saxonnes sont muettes à ce sujet. On ignore ainsi tout de son éventuel second règne, ainsi que la date de son décès : des dates allant de 810 à 830 ont été proposées. Son fils Eanred et son petit-fils Æthelred II règnent par la suite sur la Northumbrie.

Eardwulf est couramment identifié au saint Hardulph auquel est dédiée l'église de Breedon on the Hill. C'est peut-être là qu'il a été inhumé.

Egbert de Wessex

Portrait d'Egbert dans un manuscrit généalogique du XIIIe siècle (British Library Royal MS 14 B V).

Egbert ou Ecgberht est roi du Wessex de 802 jusqu'à sa mort, en 839.

Fils du roi Ealhmund de Kent, il est contraint à l'exil dans les années 780 par les rois Offa de Mercie et Beorhtric de Wessex. Après s'être réfugié à la cour de Charlemagne, il s'empare du trône du Wessex à la mort de Beorhtric. Les vingt premières années de son règne sont peu documentées, mais il parvient vraisemblablement à préserver son indépendance vis-à-vis de la Mercie, qui est alors le plus puissant royaume de l'île.

En 825, Egbert remporte la bataille d'Ellendune contre Beornwulf de Mercie et s'empare dans la foulée de l'Essex, du Kent, du Sussex et du Surrey, régions qui se trouvaient jusqu'alors dans l'orbite mercienne. Quatre ans plus tard, en 829, il vainc Wiglaf de Mercie et le chasse de son royaume, dont il prend le contrôle, avant de recevoir la soumission du roi de Northumbrie. Les triomphes d'Egbert, qui domine alors toute l'Angleterre, lui valent le titre de bretwalda dans la Chronique anglo-saxonne.

Egbert ne parvient cependant pas à asseoir durablement son hégémonie, et Wiglaf reprend le pouvoir en Mercie moins d'un an après avoir été chassé du pouvoir. Néanmoins, le Kent, le Sussex et le Surrey restent acquis au Wessex, et Egbert les attribue à son fils Æthelwulf, qui y règne sous son autorité. À la mort d'Egbert, Æthelwulf lui succède à la tête du Wessex, mais les royaumes du Sud-Est ne sont entièrement intégrés que deux décennies plus tard.

Wiglaf de Mercie

Le Sud de l'Angleterre sous le règne de Wiglaf.

Wiglaf est roi de Mercie de 827 à 829, puis de 830 à sa mort, survenue en 839 ou 840.

D'ascendance incertaine, il monte sur le trône d'un royaume en proie à d'intenses luttes dynastiques et dont la mainmise sur le reste de l'Angleterre est remise en question par l'ascension du Wessex. Après seulement trois années de règne, il est chassé du pouvoir en 829 par Egbert de Wessex, qui prend directement le contrôle de la Mercie. Néanmoins, Wiglaf recouvre son trône dès l'année suivante, et conserve le pouvoir pendant la décennie qui suit.

Le très faible nombre de monnaies frappées durant son second règne trahit peut-être une relation de vassalité vis-à-vis d'Egbert, mais il n'en existe aucune preuve explicite, et Wiglaf se comporte par ailleurs en souverain parfaitement indépendant. Il rétablit l'influence mercienne dans une partie de ses anciennes dépendances, notamment dans le Berkshire et en Essex, mais les autres restent acquises au Wessex.

Wiglaf meurt en 839 ou 840. Une tradition de l'abbaye d'Evesham lui donne pour successeur son fils Wigmund, mais la plupart des sources ne le mentionnent pas et font succéder à Wiglaf un certain Beorhtwulf, qui ne lui est pas apparenté. Wiglaf est inhumé à Repton, près de Derby.

Æthelwulf de Wessex

Æthelwulf dans un manuscrit généalogique du xiiie siècle (British Library, Royal MS 14 B V).

Æthelwulf est roi du Wessex de à sa mort, le .

Fils du roi Egbert de Wessex, il devient le souverain du Kent et des autres royaumes du sud-est de l'Angleterre en 825, après la victoire de son père à la bataille d'Ellendun. Il succède à son père à la tête du Wessex à sa mort. Son règne connaît quelques attaques vikings et voit le maintien de bonnes relations avec le royaume anglo-saxon voisin de Mercie. Ses dernières années sont marquées par un pèlerinage à Rome en 855 et par la révolte de son fils aîné Æthelbald à son retour en Angleterre. Afin d'éviter une guerre civile, Æthelwulf partage son royaume avec lui.

Æthelwulf souffre d'une piètre réputation chez les historiens jusqu'à la fin du XXe siècle : il est considéré comme un roi médiocre, dominé par sa piété. Cette image est progressivement réévaluée, et les historiens actuels soulignent ses compétences de monarque. Sous son règne, la maison de Wessex gagne en puissance et en prestige, et c'est sur les fondations posées par Æthelwulf que son fils Alfred le Grand peut bâtir ses succès.

Beorhtwulf

Beorhtwulf ou Berhtwulf est roi de Mercie de 839 ou 840 à sa mort, vraisemblablement survenue en 852.

D'ascendance inconnue, il appartient peut-être à la famille de Beornwulf, qui règne sur la Mercie dans les années 820. Il succède à Wiglaf à la tête d'un royaume affaibli par les luttes dynastiques et la montée en puissance du Wessex voisin. Son règne est principalement marqué par les offensives des Vikings sur les rivages de son royaume : il subit une défaite face à eux à Londres en 851.

Beorhtwulf et son épouse Sæthryth ont deux fils, Beorhtfrith et Beorhtric, mais aucun d'eux ne lui succède sur le trône. C'est un certain Burgred, d'origine inconnue, qui monte sur le trône après lui.

Æthelflæd

Æthelflæd dans le cartulaire de l'abbaye d'Abingdon, vers 1220. Manuscrit de la British Library, Cotton MS Claudius B VI, f.14.

Æthelflæd ou Ethelfleda, probablement née dans les années 870 et morte en 918, est la fille aînée du roi de Wessex Alfred le Grand.

Épouse de l'ealdorman Æthelred de Mercie, elle règne à ses côtés jusqu'à sa mort, en 911, après quoi elle gouverne seule la Mercie, cas extraordinaire pour l'époque. Elle poursuit avec succès la lutte contre les Vikings en collaboration avec son frère Édouard l'Ancien et fonde plusieurs forteresses dans les Midlands pour défendre son pays contre les Vikings. Elle dirige également une campagne contre les Gallois.

Après s'être emparée des forteresses vikings de Derby et Leicester, Æthelflæd meurt à Tamworth le . Elle ne laisse qu'une fille, Ælfwynn, qui est rapidement déposée par Édouard. Celui-ci unit ainsi la Mercie au Wessex, préparant la naissance du royaume d'Angleterre.

Alphège de Cantorbéry

On demande conseil à Alphège.Miniature du Speculum historiae de Vincent de Beauvais (vers 1400-1410) attribuée au Maître de la Cité des dames. Bibliothèque royale des Pays-Bas, 72 A 24.

Alphège ou Ælfhēah en vieil anglais, également appelé Elphège ou Alfège, est un ecclésiastique anglo-saxon né vers 953-954 et mort le .

La piété d'Alphège, moine ermite à l'abbaye de Bath, lui vaut d'être promu évêque de Winchester en 984, puis archevêque de Cantorbéry en 1006. Durant ses six années d'archiépiscopat, il promeut le culte de son prédécesseur Dunstan et encourage l'éducation. En 1011, il est capturé par des maraudeurs vikings. Ayant refusé d'être échangé contre une rançon, il est lynché l'année suivante.

Alphège est canonisé en 1078. Un siècle plus tard, Thomas Becket, son lointain successeur, lui remet son âme avant d'être assassiné.

Æthelstan

Æthelstan présente un livre à saint Cuthbert. Vie de saint Cuthbert, Corpus Christi College, Parker Ms.183, f.1v.

Æthelstan ou Athelstan (vers 894 – 27 octobre 939) est roi des Anglo-Saxons, puis des Anglais, de 924 à sa mort. Il est considéré comme le premier roi d'Angleterre et l'un des plus grands monarques de la période anglo-saxonne de l'histoire du pays.

Fils d'Édouard l'Ancien, Æthelstan est d'abord reconnu roi par les Merciens, et rencontre une certaine résistance dans le Wessex, qui a peut-être élu roi son demi-frère Ælfweard pour succéder à Édouard. Ælfweard ne survit que quelques semaines à leur père, mais Æthelstan n'est sacré roi qu'en septembre 925. Il conquiert le royaume viking d'York en 927 et devient le premier roi anglo-saxon dont l'autorité s'étend à toute l'Angleterre. En 934, il envahit le royaume d'Écosse et contraint le roi Constantin II à reconnaître son autorité. Écossais et Vikings s'allient contre Æthelstan et envahissent l'Angleterre en 937, mais il remporte une victoire retentissante sur leur coalition à Brunanburh.

Sous le règne d'Æthelstan, le gouvernement du royaume devient plus centralisé : il exerce un contrôle accru sur la production de chartes et convoque fréquemment à ses conseils des personnalités importantes venues de régions périphériques. Des rois étrangers, notamment gallois, assistent également à ces conseils, témoignage de leur soumission à Æthelstan. Son activité diplomatique s'étend à toute l'Europe, notamment à travers le mariage de ses sœurs à plusieurs souverains du continent. Il subsiste une grande quantité de textes de lois de son règne : ses réformes législatives s'appuient sur celles de son grand-père Alfred le Grand et témoignent de sa préoccupation quant aux atteintes à la loi et aux menaces qu'elles font peser sur l'ordre social. Æthelstan est également un roi dévot, un collectionneur de reliques et fondateur d'églises réputé. Sa cour devient l'un des principaux centres du savoir du pays, annonçant la réforme bénédictine de la fin du siècle.

Jamais marié, Æthelstan ne laisse pas d'héritier pour lui succéder. C'est son demi-frère cadet Edmond qui monte sur le trône à sa mort, en 939. Les Vikings profitent de la situation pour reprendre York, qui n'est définitivement reconquise par les Anglais qu'en 954.

Ealdred

Ealdred ou Aldred est un ecclésiastique anglo-saxon mort le 11 septembre 1069.

Après avoir été abbé de Tavistock, Ealdred est élu évêque de Worcester en 1046. À partir de 1056, il administre également le diocèse de Hereford après la mort de l'évêque Léofgar. Outre ses devoirs religieux, il est également un proche conseiller du roi Édouard le Confesseur et réalise plusieurs voyages diplomatiques pour son compte. Il participe également à la défense de ses diocèses contre les Gallois.

Ealdred est élu archevêque d'York à Noël 1060, mais il n'abandonne l'évêché de Worcester qu'en 1062. En tant qu'archevêque, il assure la construction et l'embellissement de plusieurs églises dans son diocèse et s'efforce de réformer son clergé. Lors de la crise de succession qui suit la mort d'Édouard le Confesseur en janvier 1066, il apporte son soutien à Harold Godwinson, et il est possible que ce soit lui qui l'ait couronné roi. Après la mort d'Harold à Hastings, il commence par rallier Edgar Ætheling avant de se soumettre à Guillaume le Conquérant, qu'il sacre le 25 décembre 1066 à Westminster.

Le nouveau roi reste méfiant à l'égard de la noblesse et du haut clergé anglo-saxons, et Ealdred fait partie de ceux qu'il ramène avec lui en Normandie en 1067 pour mieux les surveiller. Lorsque le Nord de l'Angleterre se révolte contre Guillaume en 1068, Ealdred lui reste fidèle. Il meurt l'année suivante, et le roi nomme un Normand, Thomas de Bayeux, pour lui succéder.

Stigand

Stigand représenté sur la tapisserie de Bayeux.

Stigand est un ecclésiastique anglais mort le 21 ou le 22 février 1072. Il est archevêque de Cantorbéry de 1052 à 1070.

Issu d'une famille anglo-scandinave, Stigand entre au service du roi Knut le Grand en tant que chapelain de la fondation royale d'Ashingdon en 1020. Il joue ensuite un rôle de conseiller auprès du roi, puis de ses fils et successeurs. Sous le règne d'Édouard le Confesseur, Stigand semble devenir le principal responsable de l'administration du royaume. Il est nommé évêque d'Elmham en 1043, puis évêque de Winchester quatre ans plus tard. En 1052, il est choisi pour succéder à l'archevêque de Cantorbéry Robert de Jumièges, qui s'est enfui d'Angleterre. Comme son prédécesseur n'est pas mort, il ne bénéficie pas d'une légitimité incontestée, et plusieurs évêques anglais élus dans les années qui suivent préfèrent être sacrés par son homologue d'York, voire par le pape.

Ayant conservé le siège de Winchester en plus de celui de Cantorbéry, Stigand accumule au fil des ans une immense fortune personnelle : il est le troisième homme le plus riche d'Angleterre en 1066, après le roi Édouard et le comte Harold Godwinson. Cette année-là, il assiste aux derniers instants du roi, puis au couronnement de son successeur, Harold. Après la mort de ce dernier à la bataille d'Hastings en octobre, il se soumet à Guillaume le Conquérant. Le jour de Noël, il assiste au sacre de Guillaume, mais n'y officie pas : c'est l'archevêque d'York Ealdred qui couronne le nouveau roi.

En dépit de pressions croissantes, Stigand continue à apparaître à la cour et à consacrer des évêques pendant plus de trois ans. Il est déposé en 1070 par des légats pontificaux et emprisonné à Winchester, où il trouve la mort deux ans plus tard. Par la suite, les Normands noircissent volontiers son image pour justifier de la nécessité de réformer le clergé anglais.

Le Retour de Beorhtnoth, fils de Beorhthelm

La statue de Beorhtnoth (ou Byrhtnoth) à Maldon.

Le Retour de Beorhtnoth, fils de Beorhthelm (The Homecoming of Beorhtnoth Beorhthelm's Son) est une pièce de théâtre en vers allitératifs de J. R. R. Tolkien parue en 1953. Son action se déroule en Angleterre, peu après la défaite des Anglo-Saxons face aux Vikings à la bataille de Maldon. Elle met en scène Torhthelm et Tídwald, deux serviteurs chargés d'aller récupérer le corps de leur seigneur Beorhtnoth, tombé au combat lors de cette bataille.

Tolkien situe sa pièce dans la continuité du poème en vieil anglais La Bataille de Maldon. Elle est précédée d'une introduction, dans laquelle Tolkien retrace brièvement le contexte historique du récit, et suivie d'un essai sur le mot anglo-saxon ofermod, qui apparaît dans La Bataille de Maldon pour décrire le caractère de Beorhtnoth et dont le sens exact est incertain.

Seax de Beagnoth

Le seax de Beagnoth, exposé au British Museum.

Le seax de Beagnoth, ou scramasaxe de la Tamise, est un couteau à un tranchant anglo-saxon du IXe siècle. Il a été découvert dans la Tamise en 1857 et se trouve désormais au British Museum de Londres.

Ce seax est une arme de prestige qui présente des motifs complexes en incrustations de cuivre, de bronze et de fils d'argent. L'un des côtés de la lame porte deux inscriptions en runes anglo-saxonnes : les vingt-huit lettres de cet alphabet, suivies du nom ᛒᛠᚷᚾᚩᚦ (Beagnoth). L'alphabet joue probablement un rôle magique, tandis que le nom pourrait être celui du propriétaire de l'arme ou du forgeron.

Les autres armes blanches d'origine anglo-saxonne ou viking gravées de caractères présentent soit des inscriptions en alphabet latin sur la lame, soit des inscriptions runiques sur la garde ou le fourreau. Le seax de Beagnoth est l'une des rares armes de cette époque dont la lame arbore des runes, et le seul objet connu portant l'intégralité de l'alphabet runique anglo-saxon.

Bataille d'Hastings

Harold Rex Interfectus Est : la mort du roi Harold sur le champ de bataille, représentée sur la Tapisserie de Bayeux.

La bataille d'Hastings s'est déroulée le à une dizaine de kilomètres au nord de la ville d'Hastings, dans le Sussex de l'Est. Elle oppose le dernier roi anglo-saxon d'Angleterre, Harold Godwinson, au duc Guillaume de Normandie, et se solde par une victoire décisive de ce dernier.

Hastings s'inscrit dans la crise de succession ouverte par la mort du roi Édouard le Confesseur en janvier 1066. Élu et sacré successeur d'Édouard, Harold doit faire face aux invasions lancées par des prétendants à la couronne. Il vainc le roi de Norvège Harald Hardrada le 25 septembre à Stamford Bridge, dans le Yorkshire, mais pendant ce temps, le duc Guillaume de Normandie a débarqué dans le Sussex, à l'autre bout du pays. Harold se précipite à sa rencontre à marche forcée.

La bataille dure du matin jusqu'au soir du 14 octobre. Postées au sommet de la colline de Caldbec, les troupes anglaises résistent aux premiers assauts ennemis. Les Normands ont alors recours à une ruse : ils feignent de fuir avant de se retourner sur les Anglais lancés à leur poursuite. L'armée anglaise finit par céder et se débander après la mort d'Harold, et la victoire revient à Guillaume.

Grâce à sa victoire, le duc de Normandie peut marcher jusqu'à Londres, et il est sacré roi d'Angleterre le jour de Noël à Westminster. La conquête normande de l'Angleterre n'est véritablement achevée que plusieurs années plus tard. Hastings marque un tournant dans l'histoire de l'Angleterre, dont elle inaugure la période anglo-normande.

Édouard le Martyr

Un penny d'argent frappé à Ipswich sous le règne d'Édouard.

Édouard le Martyr (vers 962 – 18 mars 978) est roi d'Angleterre de 975 à sa mort.

Fils aîné, peut-être illégitime, du roi Edgar, il lui succède à sa mort, mais non sans heurt, car une partie de la noblesse préfère rallier son demi-frère cadet Æthelred. C'est en grande partie le soutien des archevêques Dunstan de Cantorbéry et Oswald d'York qui permet à Édouard, encore adolescent, d'être couronné.

Le bref règne d'Édouard est marqué par une violente réaction anti-monastique : la noblesse profite de la succession difficile et de la jeunesse du roi pour déposséder les monastères bénédictins du royaume des biens que leur avait cédés le roi Edgar. Dans le domaine politique, la querelle opposant les deux principaux nobles du royaume, les ealdormen Ælfhere de Mercie et Æthelwine d'Est-Anglie, est près de dégénérer en guerre civile ouverte.

Édouard est assassiné à Corfe Castle après moins de trois ans de règne, dans des circonstances troubles, et Æthelred lui succède. Il est rapidement considéré comme saint et martyr, et son culte prospère à l'abbaye de Shaftesbury, où ses reliques sont transportées en 981. Plusieurs hagiographies lui sont consacrées, dans lesquelles il apparaît fréquemment comme une victime des machinations de sa belle-mère Ælfthryth, la mère d'Æthelred. L'Église orthodoxe, l'Église catholique et l'Église d'Angleterre le fêtent le 18 mars.

Hygeberht

Hygeberht (également appelé Hygebeorht, Higbert ou Hygebald) est un prélat anglo-saxon de la deuxième moitié du VIIIe siècle.

Évêque de Lichfield à partir de 779, Hygeberht est élevé au rang d'archevêque en 787 en accord avec le souhait du roi Offa de Mercie, qui cherche vraisemblablement à réduire l'autorité de l'archevêque de Cantorbéry sur son royaume. Malgré les réticences du chapitre de Cantorbéry à reconnaître la nouvelle situation, c'est Hygeberht qui sacre l'archevêque Æthelhard en 793.

Après la mort d'Offa, en 796, son successeur Cenwulf s'efforce de rétablir la situation antérieure. Il obtient gain de cause au concile de Clofesho, en 803, qui décide le retour de Lichfield au rang de simple évêché. Mais Hygeberht n'occupe déjà plus ce poste à cette date : il abdique entre 799 et 801, et c'est en tant qu'abbé qu'il assiste à ce concile. C'est là sa dernière apparition dans les sources.

Wilfrid

Vitrail à l'effigie de Wilfrid dans la cathédrale de Chichester.

Wilfrid ou Wilfrith, né vers 633 et mort en 709 ou 710, est un religieux anglo-saxon.

Originaire de Northumbrie, Wilfrid bénéficie dans sa jeunesse du soutien de la reine Eanflæd et étudie à Lindisfarne et à Canterbury avant de se rendre sur le continent pour poursuivre sa formation à Lyon et à Rome. De retour en Angleterre, il joue un rôle important dans l'adoption de la méthode romaine du calcul de la date de Pâques lors du concile de Whitby en 664. Nommé évêque d'York la même année, il ne le devient effectivement qu'en 669 et fait preuve d'une grande activité dans son diocèse en fondant plusieurs églises et monastères. L'important pouvoir qu'il détient en tant que seul évêque du Nord de l'Angleterre suscite la méfiance du roi Ecgfrith et de l'archevêque Théodore de Tarse, qui le dépose en 678. Après avoir fait appel en vain au pape, Wilfrid s'exile dans le royaume de Sussex, où il entreprend la conversion des Saxons du Sud et fonde l'évêché de Selsey.

Wilfrid retrouve brièvement son siège d'York dans la deuxième moitié des années 680, mais il en est à nouveau chassé en 691 par le successeur d'Ecgfrith, Aldfrith. Il se rend alors en Mercie et apporte son soutien à l'effort missionnaire en direction de la Frise. En 702, un concile réuni afin de régulariser la situation de Wilfrid décide la confiscation de tous ses biens. Il tente une nouvelle fois de plaider sa cause à Rome, mais ses opposants profitent de son absence pour l'excommunier. Le pape intercède en sa faveur, et après la mort d'Aldfrith, un accord est conclu entre les différentes parties, laissant à Wilfrid les monastères de Hexham et Ripon. Il meurt quelques années plus tard, en 709 ou 710.

Peu après sa mort, Étienne de Ripon rédige une hagiographie de Wilfrid, la Vita sancti Wilfrithi, qui constitue la principale source des historiens modernes à son sujet. Bède le Vénérable parle également beaucoup de lui dans ses écrits, de manière moins dithyrambique. Le portrait de Wilfrid que ces sources permettent de dessiner est contrasté : un prélat ambitieux au train de vie dispendieux qui se montre néanmoins tout dévoué à son Église, comme en témoignent ses efforts missionnaires et ses fondations. Il fait rapidement l'objet d'un culte, avec une fête le 24 avril ou le 12 octobre.

Liste des rois de Kent

L'ascendance d'Æthelberht II dans le Textus Roffensis, un manuscrit du xiie siècle qui comprend l'une des quatre recensions de l'« Anglian collection ».

La liste des rois de Kent réunit les souverains du royaume anglo-saxon de Kent, depuis ses fondateurs légendaires, les frères Hengist et Horsa, qui auraient vécu au milieu du Ve siècle, jusqu'à son annexion au royaume de Wessex, au début du IXe siècle.

Grâce à l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, cette liste peut être établie avec précision jusqu'à la mort du roi Wihtred, en 725. Après cette date, l'histoire du Kent doit être reconstituée à partir de sources moins précises, comme les chartes et monnaies émises par les rois, dont la succession est par conséquent plus difficile à reconstruire, d'autant que la royauté est à cette époque régulièrement partagée entre deux monarques dont l'un gouverne la moitié orientale du royaume et l'autre, la moitié occidentale.

Casque Pioneer

Le casque Pioneer.

Le casque Pioneer ou casque de Wollaston est un casque anglo-saxon du VIIe siècle.

Il est découvert en mars 1997 à Wollaston, dans le Northamptonshire. Il se trouve dans un état fragmentaire, avec un côté et l'arrière manquants. Bien qu'il soit peu décoré, il s'agit d'un objet prestigieux, dont le propriétaire était vraisemblablement un guerrier de haut rang.

Son élément le plus notable est la figurine de sanglier qui lui sert de cimier. Dans la culture germanique, cet animal permet d'invoquer la protection divine : des casques ornés de sangliers sont mentionnés à plusieurs reprises dans le poème Beowulf. Le casque Pioneer est l'un des rares objets de ce genre retrouvés par l'archéologie, avec le casque de Benty Grange.

Il est exposé au Royal Armouries Museum de Leeds. Son nom fait référence à l'entreprise Pioneer Aggregates, qui a financé les fouilles et la restauration de l'objet.

Sanglier de Guilden Morden

Dessin de 1904.

Le sanglier de Guilden Morden est une figurine en bronze du VIe ou VIIe siècle représentant un sanglier. Découverte dans une tombe anglo-saxonne à Guilden Morden, dans le Cambridgeshire, elle est léguée au British Museum en 1904 par Herbert Fordham, le fils de son découvreur.

Le sanglier est représenté de manière simplifiée : c'est surtout sa longue crinière qui permet de l'identifier. La forme des pattes avant et arrière suggère qu'il était monté à l'origine sur un autre objet, vraisemblablement un casque. Des casques ornés de figurines de sanglier sont mentionnés à plusieurs reprises dans le poème Beowulf, et deux casques de ce genre ont été retrouvés en Angleterre : ceux de Benty Grange et de Wollaston. Dans la culture germanique, le sanglier est un animal symboliquement important, qui joue un rôle protecteur.

Laurent de Cantorbéry

La pierre tombale de Laurent à l'abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry.

Laurent (Laurence ou Lawrence en anglais, Laurentius en latin) est un prélat chrétien mort le . Membre de la mission grégorienne envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons au christianisme, il devient le deuxième archevêque de Cantorbéry après Augustin, le chef de la mission, mort entre 604 et 609.

Durant son archiépiscopat, Laurent s'efforce en vain d'amener les évêques de l'Église celtique à adopter les coutumes romaines. Il est également confronté à une réaction païenne dans le royaume de Kent après la mort du roi Æthelberht, son premier souverain chrétien, en 616. Le fils et successeur d'Æthelberht, Eadbald, finit par adopter à son tour la religion chrétienne. Sa conversion est généralement attribuée à Laurent, mais elle pourrait s'être produite après sa mort.

Laurent est révéré comme un saint après sa mort. Il est fêté le 3 février. Son successeur à Cantorbéry est Mellitus, un autre membre de la mission grégorienne.

Mellitus

La pierre tombale de Mellitus à l'abbaye Saint-Augustin de Cantorbéry.

Mellitus est un prélat chrétien mort le . Membre de la mission grégorienne envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons au christianisme, il devient le premier évêque de Londres, puis le troisième archevêque de Cantorbéry.

Arrivé dans le royaume de Kent en 601, avec la deuxième vague de missionnaires, Mellitus est sacré évêque de Londres par l'archevêque Augustin de Cantorbéry en 604 et baptise Sæberht, le roi des Saxons de l'Est. Le pape Grégoire le Grand, commanditaire de la mission, lui écrit pour recommander aux missionnaires de procéder à une conversion graduelle des Anglo-Saxons, en faisant de leurs temples des églises et de leurs sacrifices des fêtes chrétiennes.

Après la mort des protecteurs de la mission grégorienne, les rois Sæberht et Æthelberht de Kent, Mellitus est chassé de Londres vers 617 par les fils païens de Sæberht. Il se réfugie en Francie, puis rentre en Angleterre après la conversion d'Eadbald, le fils et successeur d'Æthelberht. Néanmoins, il ne peut retrouver son siège londonien. Il devient archevêque de Cantorbéry en 619, succédant à Laurent. Après sa mort, cinq ans plus tard, il est vénéré comme saint.

Juste de Cantorbéry

Statue de Juste dans la cathédrale de Rochester.

Juste (Justus en latin) est un prélat chrétien mort entre 627 et 631. Membre de la mission grégorienne envoyée en Angleterre pour convertir les Anglo-Saxons au christianisme, il devient le premier évêque de Rochester, puis le quatrième archevêque de Cantorbéry.

Arrivé dans le royaume de Kent en 601, Juste est sacré évêque de Rochester par l'archevêque Augustin trois ans plus tard, en 604. Il est contraint de fuir en Francie après la mort du roi Æthelberht de Kent, en 616, mais il retrouve son diocèse dès l'année suivante. À la mort de Mellitus, en 624, il lui succède comme archevêque. Il est vénéré comme saint et fêté le 10 novembre, jour anniversaire de sa mort.