Naturalisme (peinture)

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Au XIXe siècle, en peinture, comme en littérature, le terme « naturalisme » a servi pour désigner un mouvement artistique en Occident entre, approximativement, 1880 et 1900[1], et faisant suite au réalisme pictural qui a mis très longtemps à convaincre critiques et publics. Il en reprend partiellement les traits, en accordant, comme chez Gustave Courbet, une importance primordiale au motif, à la nature perçue telle quelle, au monde paysan, plutôt qu'à des scènes historiques, mythologiques ou religieuses figées par les canons académiques. Il prend position en faveur du peuple et du monde ouvrier, qui jusqu'à là échappaient à la représentation. Ce mouvement, marqué par le développement de la photographie[2], la médecine, les sciences exactes, l'histoire sociale, pratique, dans sa forme, soit à la manière académique, comme celle de Jean-Léon Gérôme, soit emprunte certains effets picturaux aux impressionnistes, dont elle hérite aussi. Une part importante du mouvement naturaliste illustre la perspective darwinienne de la vie et la croyance en la futilité des efforts de l'Homme face à la puissance de la Nature[C'est-à-dire ?].

Le naturalisme, mouvement artistique dans la peinture occidentale : autour de 1880-1920[modifier | modifier le code]

Le mouvement naturaliste est depuis peu[3] distingué du réalisme et de divers courants de la peinture au XIXe siècle.

Si le réalisme, en peinture comme en littérature, a pour but la réalité objective, plus-tard, les naturalistes veulent « reproduire la nature telle qu'elle est »[4]

Les peintres naturalistes choisissent de mettre en scène des paysans, des ouvriers et des pauvres et aussi la classe moyenne, en ville et à la campagne, au travail, au repos, en société, dans leurs pratiques religieuses: ils ont des choix plus ciblés sur les faits de société que Courbet, qui leur sert néanmoins de référence. La personnalité d'Émile Zola a été déterminante dans les choix des naturalistes [5]. Les formats sont bien plus monumentaux que ceux des peintres réalistes du milieu du XIXe siècle, Courbet, Millet… Ils renouent avec la formule de Caravage où le premier-plan est quasiment à l'échelle un sur un. Les détails sont toujours dépeints de manière à mettre l'accent sur des parties significatives : des visages épuisés ou réjouis, des mains déformées par le travail ou fines et lisses, des objets du quotidien marqués par l'usage… Les couleurs sont parfois claires, souvent brossées, les toiles gardant un aspect inachevé : des souvenirs de la peinture impressionniste.

Ils utilisent le savoir-faire appris dans les écoles des Beaux-Arts : c'est le cas pour Thomas Eakins, mais aussi pour Jules Bastien-Lepage, formé par Alexandre Cabanel ; Leon Charles Canniccioni, Jules-Alexis Muenier et Pascal Dagnan-Bouveret, formés par Jean-Léon Gérôme[6], lui-même fort intéressé par l'usage de la photographie comme document pour les peintres dès 1860 [7]. Tous feront plus ou moins usage de la photographie, certains feront leurs propres photographies dans ce but, avec l'entraide disponible dans les sociétés de photographies qui se sont multipliées jusque dans les provinces parfois avant 1880, mais surtout après 1888, moment de l'apparition de l'appareil Kodak portable à la main. L'épreuve photographique est alors agrandie scrupuleusement, souvent par la méthode de la mise au carreau, mais la composition nécessite souvent de sélectionner (éliminer certains détails), hiérarchiser (certaines parties sont simplement esquissées tandis que d'autres sont précisément détaillées) et le montage de plusieurs parties prises dans plusieurs photographies est souvent la solution la plus pratique. On fait alors appel successivement aux modèles, aux lieux, aux animaux, aux accessoires pour des prises de vues nombreuses en vue d'un seul tableau.

Les peintres[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Danemark[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Jules Breton, La Fin du travail (vers 1887), 84 × 120 cm, New York, Brooklyn Museum.

Quelques exemples[N 1] :

Italie[modifier | modifier le code]

Hollande[modifier | modifier le code]

Hongrie[modifier | modifier le code]

Norvège[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Les sculpteurs[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

  • Vincenzo Vela 1820-1891

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prosper Marilhat (1811-1847), peintre orientaliste a pu montrer un certain attachement à la restitution de paysages vus, il n'en appartient pas pour autant au naturalisme. Il était plus proche du Romantisme français, dans la proximité de Delacroix.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ces dates approximatives sont données par : Fride-Carrassat et Marcadé 2010, p. 76
  2. Weisberg 2010
  3. Les Mouvements dans la peinture, Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé, Larousse2010. Article Naturalisme, p. 76-78.
  4. René Dumesnil, Le Réalisme et le Naturalisme, 1955 : p. 12.
  5. Weisberg 2010, p. 24
  6. Gabriel P. Weisberg : Thomas-Maurin, Delmas et Boudon 2012, p. 90 sq.
  7. Weisberg 2010, p. 31

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel P. Weisberg, L'illusion de la réalité : Peinture, photographie, théâtre et cinéma naturaliste, 1875-1918: exposition, Amsterdam, Van Gogh Museum, et Helsinki, Musée des Beaux-Arts de l'Atheneum, 2010-2011, Bruxelles, Fonds Mercator, , 223 p. (ISBN 97890-6153-940-7).
  • Frédérique Thomas-Maurin, Julie Delmas et Élise Boudon, À l'épreuve du réel : Les peintres et la photographie au XIXe siècle, Lyon, Fage éditions, , 182 p. (ISBN 978-2-84975-271-5).
    Avec la participation de Gabriel P. Weisberg.
  • Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé, Les mouvements dans la peinture, Paris, Larousse, , 240 p. (ISBN 978-2-03-585639-5).
  • Caroline Mathieu, Musée d'Orsay, Guide, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, , 263 p. (ISBN 9782711821297).

Articles connexes[modifier | modifier le code]